Les aventures de Shizukanaru prennent un autre tournant ! Le démon silencieux poursuit sa route mais pas seul.
Comme toujours, venez naviguer à ses côtés sur Shinsekai Dream !
Retour difficile sur Duty Island - Part 1
C'était le trou noir absolu. Dans ma tête résonnait implacablement « angoisse ». Et la douleur l'accompagnait partout. Autour de moi, en moi, dans ma tête, dans mon corps. Plus rien ne comptait si ce n'était elle. Mon esprit était vide, blanc, vierge. Aucune pensée si ce n'était toujours la même, un vrai parasite. Qu'était donc ce mot ? Quelle définition mettre dessus ? Pourquoi s'imposait-il à moi indépendamment de ma volonté. J'avais mal. Je voulais que cela cesse. Je devais retourner démolir pierre par pierre s'il le fallait cette maudite tour monstrueuse. Et pourtant, cette volonté fut balayée par cette voix enfantine qui soufflait ce mot dans ma tête.
Angoisse
Blanc. Tout était blanc. Lentement, je comprends que mes yeux sont ouverts et que je fixais donc quelque chose. Brusquement, je me relevais mais mes côtes me firent horriblement mal. Les souvenirs jaillissaient au fur et à mesure que tous les endroits douloureux de mon corps s'éveillaient. Aussitôt, je regardais mon poignet droit et constatai qu'Angry était toujours là. En revanche, je ne portais pas mon sweat mais seulement des bandages sur l'intégralité du torse. Ma lèvre inférieure me semblait plus épaisse que d'habitude. Ah, c'est vrai, j'avais pris un vilain coup qui me l'avait fendue.
– Tu es finalement réveillé.
Je sortis de mes pensées et tournais la tête vers le colonel Fury. Il était à ma droite, appuyé contre un bureau, tenant un dossier dans ses mains, un cigare non allumé en bouche, son unique œil me fixant avec détermination. Je hochais simplement la tête pour le saluer.
– Ton dossier médical, m'indiqua-t-il, comme tout le reste te concernant, il va disparaître d'ici quelques heures, le temps que le protocole médical fixe ton traitement. D'après les médecins, tu as trois côtes cassés, une fracture du bord supra-orbitaire, aucune lésion intestinale, des écorchures mineures et une collection d'ecchymoses impressionnante.
Je comprenais pourquoi respirer était devenu douloureux ainsi que les élancements dans ma tête. Je guérissais en moyenne trois fois plus vite qu'un humain, mes douleurs diminueraient donc d'ici une poignée de jour mais il me ferait sans doute un mois pour que je sois de nouveau complètement opérationnel. C'était un minimum correcte me semblait-il.
– Si toi tu es dans cet état, je n'ose pas imaginer celui des hommes poissons. Combien de mort ? Cinq ? Dix ? demanda-t-il. A ce dernier chiffre, je hochais la tête. C'est un bon début Shizukanaru. Très encourageant. De fait, on a donc décidé grâce à ta percée miraculeuse de continuer immédiatement nos efforts pour les chasser. Deux collègues venant de Yamato ont été appelés pour te seconder dans ta tâche. Ils arriveront d'ici une poignée d'heure. Repose toi au maximum pour être prêt à retourner à Konomi. Là bas, tu seras sous les ordres du sergent Murasa, tu lui dois une complète obéissance comme à moi même. Reviens me voir plus tard avec tes collègues pour les ordres officiels.
Sur ce, Fury partit, emportant mon dossier médical avec lui. J'allais repartir là bas. Parfait. J'avais des ordres, une mission, cela me suffisait amplement. Sur un tabouret, je remarquais mon sweat, aussitôt, je me levais, faisant cliqueter les deux ornements argentés qui lestaient mes mèches de cheveux, et saisissais mon vêtement avant de l'enfiler aussitôt puis me rallongeais pour dormir un peu comme me l'avait ordonner Fury. Les deux cornes sur les côtés de ma capuche frottaient le tissu mais l'odeur familière du cuir m'endormit très vite.
Je me réveillais en entendant des bruits de voix et de pas. Aussitôt, je me remis assis non sans grimacer et fixait la porte.
Je ne m'étais pas trompé, à peine eut-on frappé qu'une fille à peine plus vieille que moi physiquement parlant entra suivi du directeur Hirusen et d'une femme un peu plus mature dans une tenue indigène avec une corne sur la tête. Aussitôt, je délaissais la gamine qui me causait et s'approchait de moi pour détailler l'indigène. Elle portait une tenue légère et plutôt dévergoigneuse qui semblait faite de cuir mais qui était néanmoins couverte de poil partout. Sur sa tête une unique corne se dressait dans un bandeau et je compris que ce n'était que de l'ornementation.
Je me détachais donc de cette femme à la chevelure semblable à la mienne pour me reporter sur la pièce en générale, on parlait de moi. La petite râlait à propos du fait que j'avais été envoyé seul tandis qu'Hirusen défendait le parti de ses supérieurs. De nouveau, on s'approcha de moi. J'avais l'habitude d'être l'objet de curiosité. Cependant, la jeune femme souleva sa lourde frange qui couvrait son front et me dévoila un œil frontal puis elle me sourit d'un air entendu et replaça ses cheveux. Etait-ce que de l'esbroufe ? L'oeil paraissait réel. Toutefois, sa corne factice faisait chuter lourdement mon intérêt.
Hirusen était parti, j'avais cru entendre dans la conversation que ses deux collègues étaient censés se faire débriefer par Fury, celui-ci étant dans le bureau d'Hirusen pour une raison qui m'échappait. Selon toute logique, ces deux là ne connaissaient pas la base, je devais donc les conduire moi même puisque de toute façon, je devais revoir Fury.
Péniblement, je me levais, cherchais mes rangers, les trouvais, les enfilais et me remis debout. Le sergent Murasa dit quelque chose à propos de ma santé mais je l'ignorais totalement, de même que la femme indigène qui faisait un mouvement dans ma direction, pour sortir de la pièce. Le sang me battait les tempes et mes oreilles bourdonnaient, je n'entendais que des bribes des protestations de la fille, invoquant tout un tas de raison médical, mais je me dirigeais tout de même droit vers le bureau d'Hirusen. Celui-ci était juste au dessus de l'infirmerie, au deuxième étage. Les escaliers furent une épreuve inattendue. Curieusement, lever les jambes faisait vibrer mes côtes et nulle ascension ne me parut aussi longue. Toutefois, je n'en fis paraître rien devant les deux femmes qui me lorgnaient du coin de l'oeil. Enfin, nous arrivâmes devant la porte du bureau d'Hirusen sur laquelle je frappais prudemment. J'entendis clairement la voix du colonel Fury nous invitant à entrer ce que nous fîmes, la fille en première, que je suivis, l'indigène me suivant.
Je ne prêtais pas attention au bureau que j'avais vu des centaines de fois et me mis simplement sur le côté, écoutant attentivement les ordres de mon supérieur.
– Sergent Murasa, Kyulin, Shizukanaru, commença Fury, comme vous le savez, nous avons ordonné une attaque sur Konomi par Shhizukanaru ici présent. Il y est allé seul et a réussi à débarrasser l'île d'approximativement dix ennemis sur l'équipage d'une quarantaine d'hommes poissons que comporte Konomi. Ainsi, Hirusen et moi-même vous ordonnons de poursuivre le travail amorcé par Shizukanaru et de débarrasser l'archipel Kokoyashi de ce fléau. Pour ce faire, vous avez carte blanche. Des questions, Sergents ?
La jeune fille à l'uniforme marin, remarquais-je seulement maintenant, ouvrit la bouche, les sourcils froncés. Allait-elle de nouveau faire une esclandre ?
