Me revoici, le chapitre est un peu court mais je suis occupée en ce moment, donc je préfère vous donner un petit chapitre plutôt que de vous faire attendre. Shizu doit faire face à deux collèges : Minamitsu Murasa et Shiranui Kyulin. Toutes deux sont jouées par deux hommes sur le forum. Nous formons donc une équipe inversée.
Comme toujours, je vous encourage à venir nous rejoindre sur Shinsekai Dream !
Retour difficile sur Duty Island Part 2
La petite brune ne dit rien mais assura seulement :
– Dans mon prochain rapport, je décrirai Konomi comme une île calme exempte de tout danger.
Assurance ou présomption ? Je le verrais bientôt lors de notre mission sur Konomi. Toujours est-il que nous quittâmes les lieux tous les trois. Je regardais en biais la petite brune. Elle portait une ancre de petite taille à la hanche, par dessus un uniforme marin blanc et bleu écume. D'une banalité sans nom. Je la suivis, elle prenait les devants comme une meneuse et nous mena à l'armurerie où elle prit deux pistolets silencieux qu'elle s'équipa et nous invita à en faire de même :
– Je vous laisse le soin de vous préparer. Retrouvons-nous sur les quais dans une heure. C'est un peu court, mais, il me semble que certains aient envie d'en découdre, dit elle en me regardant droit dans les yeux.
Que sous entendait-elle la petit brune en me fixant comme cela ? Je n'avais exprimé aucunement un désir de me battre et pourtant elle me regarda droit dans les yeux comme si elle me connaissait. Sur mon poignet, je sentais le bracelet d'Angry chauffer un peu, signe qu'il essayait de m'incorporer de la colère. Heureusement, elle partit très vite, sans doute s'occuper du nécessaire pour notre mission, me laissant seul dans l'armurerie avec l'indigène. Je partis néanmoins très vite, ne repérant aucune arme qui pourrait compenser ma relation avec Angry, et me rendis sur le pont, là où la petite sergent nous avait donné rendez-vous.
J'étais enfin seul. Fury savait que je n'aimais pas les missions à plusieurs mais il semblerait qu'on lui ait forcé la main à lui aussi sur ce coup là. L'indigène si peu vêtue arriva elle aussi en avance et tenta d'attirer mon attention par des sourires, des regards ou autres expression corporelles. L'ignorant royalement, je m'assis sur le bord du ponton et observais l'océan, attendant simplement que le temps passe. La jeune femme s'assit aussi à côté de moi et poursuit sa démarche, m'observant en souriant. De nouveau, je sentis Angry se manifester, me chauffant le poignet, propageant des soupçons de colère en moi. Les femmes étaient-elles toutes aussi énervantes que ces deux là ?
En soupirant, je me levais et me mis à faire les cents pas quand enfin notre supérieur arriva, des matelots déposèrent de quoi se ravitailler dans un petit voilier. Ainsi donc, c'était notre embarcation. Je sautais dedans et grimaçai à ma réception en me tenant les côtes. J'avais oublié. L'indigène s'approcha de moi et s'apprêta à poser une main compatissante sur mon épaule mais je me déplaçais et me mis bien au fond du bateau, assis, avec la ferme intention de ne rien faire du court voyage qui nous attendait. Le précédent que j'avais fait était encore bien ancré dans ma mémoire.
L'indigène et la petite brune montèrent à bord aussi et s'aidèrent mutuellement pour lancer notre petite embarcation. Confortablement calé contre le bastingage, je fermais les yeux, me laissant bercer par la mer et chassa les deux femmes de mes pensées, me fermant à tous les bruits extérieurs. Irrémédiablement, je m'endormis.
Lorsque je m'éveillais, j'avais atrocement partout. Ma position n'avait pas été si confortable que cela finalement et mes côtes se plaignaient du traitement que je leur faisais subir. En regardant autour de moi, je réalisa que nous étions arrivés à Kokoyashi. Nous étions dans une crique, pas celle où j'avais été moi-même. Je ne savais pas du tout où nous étions sur l'île. Devant moi, mes deux collègues repliaient la voile et parlaient entre elles d'une chose qui m'était complètement indifférente.
– Ah voilà qu'il se réveille, tu vas pouvoir nous donner quelques informations sur l'île, déclara-t-elle en souriant.
Devais-je considérer cela comme un ordre ? Il était hors de question que je lui raconte quoique ce soit, j'en avais strictement rien à faire qu'elles soient au courant toutes les deux. Je connaissais la situation, c'était le plus important.
Prudemment, je me levais et débarquais sur le sable légèrement humide. Le vent soufflait et mes décorations métalliques roulèrent légèrement sur le haut de mon torse, j'étais de retour sur le lieu de ma première défaite. Prenant ma légère avancée pour une indication, les deux femmes me suivirent et j'en profitais donc pour continuer ma route, cherchant mes repères sur l'île que j'avais brièvement explorée il y a quelques jours. Au loin, j'apercevais de la verdure, peut-être était-ce le bosquet que j'avais traversé. Pour le savoir, je devais aller voir par moi-même.
J'entrepris donc de me diriger vers là-bas quand ma supérieure m'interpella :
– Shizukanaru, tu penses que c'est par là ?
Je haussais les épaules et continuais ma route sans me retourner vers elle. La route ne fut pas bien longue et nous arrivâmes très vite à ce qui était bel et bien le bosquet que j'avais traversé. En revanche de quel côté nous étions, c'était la vraie question.
Ventre-Dieu ! Pressant le pas malgré mes douleurs, j'arrachais un bout de papier qui était fixé à un arbre et le regardais attentivement. Dessus était dessiné grossièrement mon portrait, mes cornes ayant soudainement pris vingt centimètres de plus, mes yeux devenus rouge sang et ma bouche grimaçait un sourire sordide duquel dépassait des dents qui s'apparentaient à des crocs. Machinalement, je passais mon pouce le long de mes dents, chiffonnais et jetais le morceau de papier, sans prendre la peine de lire le descriptif en dessous.
L'indigène le ramassa, le lut brièvement et le passa à la petite brune non sans commenter.
– Nous doutons que vous ayez pu faire une chose pareille, affirma-t-elle en me souriant.
Le sergent lut à voix haute :
– « Cet individu est recherché pour le meurtre de plusieurs hommes poissons, nous, issus de la race supérieure, ainsi que pour séquestration, torture sur l'un de nos frères pour son seul plaisir. » Charmant portrait dis donc, on peut dire que tu as fait forte impression.
De nouveau, je me contentais de hausser les épaules. Qu'elles pensent de moi ce qu'elles veulent, cela n'avait aucune forme d'importance pour moi.
