Chapitre 3: Une rencontre inattendue
Quand je me réveillais, j'entendis l'eau couler dans la sale de bain, juste à côté de la chambre. Du bruit? Juste à côté? Marche arrière toute, danger. Je me défis des couvertures en quatrième vitesse et tentais de me lever. Cependant, le drap s'était entortillé autour de mes jambes et je m'étalais au sol avec fracas. Aussitôt, le bruit de l'eau cessa.
Je me débattais dans les draps, mais ma panique me faisait faire n'importe quoi, je n'étais pas prête de me libérer. Puis la porte de la salle d'eau s'ouvrit et je me figeais, observant la personne qui en sortait. Il s'agissait d'un jeune homme blond qui devais avoir 18 ans. Sa carrure était imposante, de même que sa taille. Ses jambes, déjà, étaient très musclées. Je remontais lentement mon regard le long de ses mollets, puis de ses cuisses et de la serviette qui les recouvraient, pour arriver sur des abdominaux et des pectoraux en béton armé, puis je me risquais à le dévisager. Ses cheveux blonds coupés courts encadraient un visage dur, comme taillé dans le roc, orné de deux saphirs perçants. Un léger sourire étirait ses lèvres fines, ce qui achevait de donner à son visage cet air rieur et dangereux qui m'avait tout d'abord tétanisée. Si il avait l'intention de me tuer, je n'aurais aucune chance.
Cependant, il n'en fit rien. Il s'abaissa à ma hauteur et approcha ses mains de mon visage. Par pur réflexe je me recroquevillais en position fœtale, m'attendant certainement à recevoir un coup. Au lieu de cela, je sentis ses main se poser délicatement sur mes poignets, pour les éloigner doucement de ma tête. Lorsque je risquais un regard vers lui, il me renvoya un sourire rassurant, presque tendre. Puis, pour la première fois depuis que je l'avais vu, il me parla:
-Je ne te ferais rien, ne t'en fais pas. Je veux juste t'aider pour l'instant. Tu permet? ajouta-t-il tandis que sa main se dirigeait vers le drap qui enserrait mes chevilles.
Je hochais rapidement la tête et il défit le nœud qui me retenait en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire.
-Merci, soufflais-je, merci beaucoup.
Puis je me relevais bien vite, et il en fit de même.
-Bon, amorça-t-il, je vois bien que tu n'es pas une muette, et personne ne peut entrer dans ce bâtiment à part eux et les tributs. J'ai donc deux questions à te poser: quel district? Et pourquoi es tu dans ma chambre?
Ah... C'était un épineux dilemme. Devais-je tout lui avouer, ou bien tenter une fuite, au risque de tomber sur les pacificateurs... dans les deux cas, la tâche était difficile. Aussi, je tentais une manœuvre d'évitement.
-Eh bien, si je pouvais éviter de te le dire, ça m'arrangerais.
Presque aussitôt, je sentis sa poigne de fer enserrer mon bras.
-Tu ne sortiras pas d'ici en un seul morceau si tu ne me dis rien...
Je me fis toute petite, intimidée par sa force et sa stature. Il m'impressionnait, cela va sans dire. Et, au vu du petit sourire qui barrait son visage, il le savait très bien. Je lui répondais donc, ne pouvant m'empêcher de bégayer:
-Si... si je te le dis je... enfin ils me tueront aussi. Et toi avec.
-Tu ne connais pas la dernière, ma belle. On est déjà condamnés. Sur vingt quatre...
-Vingt cinq, le coupais-je.
-Euh... Non, je ne pense pas. Deux tributs par district, et il y a douze districts. 12 x 2 = 24, CQFD.
-Tu m'as oubliée dans le calcul. Je suis l'exclusivité! Le vingt-cinquième tribut... Je viens du District 13!
