Chapitre 5: Dans les coulisses d'un zoo humain
-Cache toi! M'ordonna-t-il.
Je me relevais à la vitesse de l'éclair, et entrais dans la salle d'eau sans attendre tandis qu'il ouvrait la porte. Bien que plusieurs mètres me séparaient d'eux, je n'étais pas rassurée. Cato pouvait aisément me trahir, même si ça me tuait de l'admettre. Aussi, je m'agenouillais devant la porte, l'oreille collée à la serrure.
-... traîne dans le bâtiment, soyez sur vos gardes. Elle est dangereuse.
-Moi qui pensais que la sécurité était efficace au Capitole, railla mon hôte, me voilà bien déçu!
-Elle l'est. Cette jeune fille est seulement plus résistante aux somnifères que l'on ne se l'imaginait.
Alors ils m'avaient droguée... Voilà qui expliquait ces vertiges occasionnels depuis mon réveil.
D'ailleurs, tandis que la pensée de ces vertiges me vint à l'esprit, j'en ressentit un plus présent que les précédents troubler mon sens de l'équilibre. Je dus me raccrocher à l'évier, manquant au passage de renverser un verre, ce qui aurait à tous les coups accéléré mon arrestation.
Une fois pleinement remise, je posais encore une fois mon oreille contre la porte afin d'écouter la conversation.
-... La cérémonie débute dans une demi-heure, vous devriez descendre, disait le Pacificateur.
-Je n'aurais rien contre, mais je pense que me présenter avec une simple serviette en guise de vêtements ne m'apporterait pas beaucoup de sponsors.
-En effet... Je vais vous laisser vous préparer.
Sur ce, j'entendis la porte d'entrée claquer et les pas de mon compagnon d'infortune se diriger vers la salle d'eau. Je me relevais promptement et m'éloignais de la porte, pour qu'il ne sache pas que j'étais restée à l'écouter parler au représentant de l'ordre établit.
Lorsqu'il entra, il me trouva assise dans la douche, la porte fermée. Il s'approcha lentement, le visage fermé, posa sa main contre la paroi et pianota dessus, tandis qu'un sourire apparaissant peu à peu sur ses lèvres.
Presque aussitôt, de l'eau tiède coula de la pomme de douche. Je sursautais, ce qui le fit rire de bon cœur. Puis, une fois remise, je souris et me relevais, me plaçant sous le jet d'eau, toujours habillée de mon jean et mon t-shirt noir. Puis j'entrepris de me laver les cheveux, sans le lâcher du regard. Pour une fois que je pouvais m'amuser, je n'allais pas m'en priver. Mais il ne réagit pas comme je m'y attendais. Au contraire. Il ouvrit la porte de la douche et de m'y rejoignit, maintenant sa serviette autour de sa taille.
Une fois à l'intérieur, il se plaça également sous le rideau d'eau, me forçant à reculer. Il continua à s'avancer vers moi, tandis que je reculais pour finir dos à la paroi. À ce moment, il se pencha vers moi et me murmura:
-Termine ta douche et habille toi, princesse, on a du boulot.
-Où... où va-t-on?bafouillais-je.
Il était déjà sorti de la douche, puis il se tourna vers moi et me répondit, avec un petit sourire torve, avant de quitter la salle d'eau.
-La parade de présentation des tributs. Je te laisse te déshabiller et te laver, je vais te prendre une tenue digne de ce nom chez Clove.
Un fois qu'il fut sorti, j'ôtais mes vêtements et laissait l'eau chaude couler sur ma peau, me délassant tout en lavant et parfumant ma peau d'une douce odeur de framboise. J'en profitais également pour finir de laver mes cheveux.
Une fois ma douche terminée, j'attrapais une serviette et la nouais autour de ma poitrine pour cacher mes attributs. Puis je peignais mes cheveux, jusqu'à ce que Cato revienne, entrant sans frapper. Je me retournais vers lui en sursautant..
-Tu m'as fait peur! Et tu aurais pu frapper, j'aurais très bien pu être nue!
-Et alors?demanda-t-il en souriant en coin. On est dans ma chambre que je sache... Je peux donc faire ce que je veux.
-Tu es incorrigible, dis-je en riant.
-Je sais, et j'en suis fier. Bref, tu veux voir ta tenue?
-Oui, mais... Enfin, je ne vais pas la mettre sans rien en dessous, tu vois?...
-Bien sûr. Tu as de la chance que je penses à tout...
Nous retournâmes dans sa chambre, où m'attendaient un top vert en plumes de paon et en métal, un pantalon noir qui donnait volontairement un aspect détérioré, détruit, ainsi que des sous-vêtements chair, et des basket montantes noires. Je pris les vêtements et allais les enfiler dans la salle de bain. Une fois revenue, je me mirais dans le miroir, dos à Cato. Je l'avais presque oublié, jusqu'à ce que je sentes ses mains sur mes épaules.
-Pas mal... Mais il faudrait que tu te coiffes. Ne serais-ce que t'attacher les cheveux, ajouta-t-il en me tendant un élastique, dont je m'emparais pour me faire une tresse sur le côté.
-Voilà, c'est fait. À présent... comment vais-je descendre?
-Pour commencer, enfile ça.
Il me lança une jupe blanche, ainsi qu'une veste galonnée de la même couleur. Une tenue de muette.
Je l'enfilais bien vite, sans prendre la peine de retourner dans la salle de bain. Je sentais son regard glisser sur mon corps, donnant l'illusion du nu à cause des sous-vêtements chair qu'il avait lui-même choisi.
-Et maintenant?demandais-je.
Il fourra ma belle tenue de parade dans un sac qu'il me tendit.
-On imaginera qu'il s'agit de linge sale que je t'aurais demandé demandé de descendre.
-Et comment je fais, si on me le demande? Je ne suis pas censée pouvoir parler...
-C'est écrit sur le côté du sac.
-Oh...
Je rougit de ma propre bêtise, et m'emparais rapidement du sac avant de me diriger vers la porte. Mais il me rattrapa par le bras et m'attira contre lui, chuchotant à mon oreille:
-Tu n'oublies rien?
Je me sentis virer au carmin, tandis que je bégayais un « je ne crois pas » quasi-inaudible. Un petit sourire collé au lèvres, il ouvrit ma veste, que j'avais boutonnée de travers, pour ensuite la refermer correctement.
-Maintenant tu es parfaite. Au rez de chaussé, troisième à gauche. Attends moi là.
M'arrachant à son emprise, et toujours aussi rouge, je m'empressais de sortir de la chambre, retrouvant une allure normale une fois dans le couloir pour ne pas éveiller les soupçons.
La suite du trajet se déroula sans anicroches. Même pendant le trajet dans l'ascenseur, bien que je sois entourée de deux pacificateurs: ils ne m'accordèrent même pas un regard.
Une fois arrivée au rez de chaussée, comme il me l'avait demandé, je l'attendis derrière la troisième porte à gauche... Un placard à balais... Très classe, comme intention de sa part.
Je l'attendais ainsi cinq à dix bonnes minutes. Lorsqu'il ouvrit la porte, je manquais de peu la crise cardiaque. Il était en tenue de parade: on aurait dit un empereur romain, il irradiait d'une puissance et d'un charisme phénoménaux. Si j'avais été une citoyenne du capitole, je l'aurais sponsorisé à coup sûr: il ne semblait pas être un pari risqué.
-Tu ne t'es pas changée?
-Non, je... Je... n'y ai même pas pensé.
-Eh bien dépêche toi. La parade commence dans dix minutes et il va falloir te dégoter un cheval... Je crois qu'ils en ont en réserve pas loin de la piste... Allez, change toi.
Je m'exécutais rapidement puis me tournait vers lui.
-C'est bon?
-Attends.
Il m'observa quelques secondes avant de sortir quelques mèches de ma coiffure impeccable et de les ébouriffer. Puis, armé d'un crayon de khôl noir (qu'il avait sans doute subtilisé à sa styliste) il s'escrima à redessiner mon regard. Après deux bonnes minutes, il se recula à nouveau et observa son œuvre.
-C'est mieux. Allez, en piste.
Il ouvrit le chemin, distrayant deux ou trois gardiens tandis que je me faufilais derrière eux afin de rejoindre la piste. Là, il m'indiqua un box où étaient regroupés trois chevaux, chacun arborant une teinte de noir différente. Je rejoignis le box discrètement tandis qu'il montait sur son char, près à entrer. Ce qui arriva quelques minutes plus tard. La parade avait commencé, les 7 premiers districts étaient déjà en train de défiler, et je venais à peine de réussir à forcer la serrure de ce maudit box. Des trois montures, je choisis celle dont la robe était la plus sombre et m'efforçais de l'enfourcher, la bête étant dépourvue de selle. Fort heureusement, à défaut de selle, elle avait déjà un mors, ce qui me permit de la diriger tandis que je la guidais vers les portes, que venaient de franchir les tributs du 11. À peine ceux du 12 s'étaient ils engagés que les battant commencèrent à se resserrer. Je me doutais que ma présence n'était pas passée inaperçue, particulièrement depuis que trois pacificateurs couraient dans ma direction. Aussi, je lançais mon cheval à pleine vitesse et déboulait dans l'avenue aussi vite qu'une flèche quitte son arc.
Aussitôt, un silence de mort s'abattit sur le capitole et une voix emplit la rue toute entière.
-Attendez un instant... Mais... Non, c'est impossible! Mesdames et messieurs, nous avons un 25ème tribut cette année...
Au même instant, les bannières qui entouraient la portion de route où je me trouvais s'enorgueillirent d'une couleur écarlate et la mention « District 13 » apparut sur chacune d'entre elles, surplombant une image me représentant. Depuis que Cato avait fini son travail, je n'avais pas eu l'occasion de me regarder, mais si je l'avais fait j'aurais sans doute exulté: Les traits de Khôl sur mes yeux me faisaient un regard de biche et les mèches folles encadrant mon visage me donnaient un air sauvage, mystérieux, insaisissable. En cinq minutes il m'avait rendue plus parfaite que je ne l'avais jamais été.
Puis soudain, quelqu'un applaudit, puis quelqu'un d'autre, et pour finir, toute la foule crépita d'applaudissements tandis que je suivais le cortège avant de me ranger au côté des autres chars. J'étais à présent un tribut comme les autres, et non plus un animal traqué.
oOoOoOoOoOoOo
Je tiens à m'excuser du retard que j'ai pris pour l'écriture de ce chapitre mais j'étais un peu occupée par mon bac français et après, j'ai eu un défaut d'inspiration.
Deuxième mauvaise nouvelle: Je ne publierais pas beaucoup de chapitres pendant les prochaines vacances, étant donné que j'aurais rarement accès à un ordinateur. Mais je m'efforcerais de mettre de nouveaux chapitres à mes deux histoires aussi souvent que possible (et hop, je m'auto-place une petite pub). En attendant, bonnes vacances à tous.
