Chapitre 8: Happy Hunger Games and may the Odds be ever in your favour.

Une fois l'hovercraft posé, les pacificateurs nous emmenèrent chacun dans une pièce différente. Dans la mienne, il y avait une table de métal, ainsi qu'une chaise, un tube de verre, une porte grillagée et.. Livya! Je lui sautais au cou et elle sourit tristement, me caressant les cheveux.

-Allez, ma belle. Dernière réunion pour aujourd'hui. Tu vas rentrer dans l'arène par l'intermédiaire de ces tubes de verre. Là haut, tu entendras le décompte, puis le gong. Ne descends pas de ta plaque avant le gong, ou ils te feront sauter. Et au son du gong, ne cherche pas à aller à la corne d'abondance, c'est toujours un bain de sang a-bo-mi-nable.

-Je sais tout ça, Livya. Ne t'inquiète pas pour moi, je saurais me débrouiller toute seule. J'ai survécu pendant 17 ans, je ne mourrais pas aujourd'hui. Je chercherais de l'eau et un abris pour la nuit, aussi loin de la Corne que possible. Demain je m'occuperais de la nourriture et des armes. Je ne chercherai pas le combat, je ne me battrai que si je ne peux pas faire autrement. J'attendrais au moins trois jours pour chercher les carrières, pour qu'ils aient bien entamé leurs réserves. Commencer par leur couper les vivre, supprimer leurs ressources. Puis attendre qu'ils s'affaiblissent et enfin leur tomber dessus. Je tuerais Cato en premier, car les autres s'occuperont de moi dès que je poserais un pied sur leur terrain.

-Ne te mets pas en danger, ma belle. Tu n'as pas à te venger de lui, laisse les autres s'en occuper. Survis.

-Si ils ont le choix entre lui et moi, c'est moi qu'ils pourchasseront en premier. Et je tiens à cette vengeance.

À ces mots, une voix résonna dans le bâtiment entier:

-30 secondes.

Je me tournais vers Livya pour une dernière étreinte, puis me dirigeais vers le tube en verre qui m'emmènerait vers ce qui serait sûrement mon tombeau. Une plaque métallique me fit monter, passant à travers la terre. Lorsque je débouchais dans l'arène, le soleil m'éblouit. Une fois ma vue accommodée à la forte luminosité, je distinguais une création en métal dorée ressemblant à une conque géante. Au dessus s'affichait le décompte avant le début de la tuerie. 15 secondes.

Je regardais autour de moi. Tous les tributs étaient là, de Marvel à Katniss, et tous regardaient le compte à rebours. Tous sauf un. Cato.

50 secondes.

Il me regardait, un petit sourire collé à ses lèvres fines, ses yeux d'azur fixés aux miens.

25 secondes.

Sur ma plaque, je me tournais dos à la corne d'abondance, et à lui par la même occasion. Pas besoin de tentation supplémentaire. Fuir loin de la corne.

3 secondes.

Attraper un de ces sac à dos. Peut être deux.

2 secondes.

Me réfugier dans les sous bois. Trouver de l'eau.

1 seconde.

Se préparer à courir.

Le gong.

Fuir! Je m'élançais vers la forêt, subtilisant au passage deux sacs à dos. Courir sans regarder derrière moi, sans faire attention aux cris d'agonie des plus faible. S'enfoncer dans la forêt, trouver de l'eau.

Toujours plus loin.

Une heure plus tard, après de nombreuses chutes, je m'arrêtais, dans une zone où la forêt était dense et pleine de fougères et de mousses. Il devait y avoir de l'eau. Après m'être dissimulée dans un fourré, j'ouvris mes sacs. Une corde, du fil de nylon, un sac de couchage, une gourde vide, de quoi purifier l'eau et trois couteaux. Sans doute mes meilleures armes.

La corde, pour tendre des pièges. Un nœud coulant à hauteur d'homme, dissimulé derrière les feuilles, ou au sol, tapis sous des fougères. La pendaison ou la capture. Au choix.

Le nylon. Faire des collets dans les arbres, sur le sol et peut être même dans l'eau, qui sait, pour attraper de quoi me substanter. Ou encore piéger mes concurrents comme avec la corde.

Le sac de couchage. Me réchauffer la nuit. Je pourrais dormir n'importe où. Si je choisis un arbre, m'attacher avec la corde. J'avais le sommeil agité quand j'étais nerveuse.

La gourde. Trouver de l'eau, dans une rivière ou sous la pluie en pendant la gourde à une branche d'arbre. La purifier.

Les sacs en eux-même. Renforcés et solides. Bonne protection contre les attaques au lancer de couteaux, ou contre les flèches. Encombrants au corps à corps. Pouvoir les retirer à tout instant. Toujours avoir assez de nourriture pour deux jours. Je ne pouvais pas compter sur d'éventuels sponsors.

Les trois lames. Affutées au maximum. Trouver de quoi entretenir leur tranchant. Des pierres feront l'affaire. En avoir toujours une sur moi, au minimum. Instrument de mise à mort, salvateur dans mon cas. Je ne survivrais pas longtemps si je venais à les perdre. En prendre grand soin. En réserver une à Cato. Cette ordure immonde ne verrait pas le coup arriver. Viser entre les deux yeux. Ne pas l'attaquer dans le dos. Ce n'est pas digne de moi, seul un lâche ferait cela.

Une fois l'inventaire terminé, et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne à moins de 25 mètres en regardant à travers la végétation et en écoutant les bruits de la forêt, je me relevais.

Les fourrés n'étaient pas sûrs la nuit. Et le soir, les carrières écumeraient la forêt, pour parfaire leur tableau de chasse, j'en étais sûre. Me restaient les arbres. Des pins, des bouleaux, des hêtres et des sapins, agrémentés de quelques saules.

Les branches des pins étaient bien trop hautes pour me permettre de grimper en les utilisant. Une chute me serait fatale. Idem pour les bouleaux qui, en plus, avaient des branches fines et un tronc plus lisse.

Me restaient les hêtres et les sapins. Les uns seraient plus difficiles à escalader pour les carrières, que leurs poids empêcheraient de se hisser dans les premières branches. Quant à moi, ma corde me servirait Je l'attacherais à ma taille, la ferais passer par dessus une grosse branche et me hisserais à la force des bras. Ou j'escaladerais le tronc, tout simplement. Les autres avaient un feuillage plus dense, qui me dissimulerait mieux, et les nombreuses branches empêcheraient toute tentative d'attaque à distance hasardeuse. Et l'escalade me fatiguerait moins.

J'optais pour les sapins. Je venais de commencer mon ascension lorsque j'entendis un bruit sourd. Le premier coup de canon.