Je poste directement le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous plaira aussi!
Et merci à Mambanoir, qui m'a dit comment poster une histoire en plusieurs chapitres
2. Premières lettres
« Debout ! »
J'ouvre les yeux, et aperçoit le visage de Mathilde, entre les rideaux de mon baldaquin. Je les referme aussitôt en grognant.
Ma couette s'écarte d'elle-même, et je me redresse en baillant.
« Quelle heure il est ? Je demande à Mathilde qui tient encore mes draps.
- Huit heures. Ils vont distribuer les premières énigmes ce matin ! »
Je regarde son sourire de gosse avec mépris.
« Me dit pas que tu comptes sérieusement participer ?
- Si, pourquoi ? Ça peut être marrant.
- De résoudre des énigmes stupides ?
- Je me demande c'est quoi ce trésor, dit-elle sans m'écouter. »
Je me lève de mauvaise grâce, et enfile mon uniforme, à peine réveillée. Quelques plumes rousses sont restées sur l'épaule, et je les enlève en pensant à Cookie, dans la volière.
Je mets mes chaussures, et me rend dans la salle de bains où je me bats avec mes mèches blondes indisciplinées. Trina, à côté de moi, a déjà attaché ses beaux cheveux lisses et noirs en deux nattes, et je la regarde avec jalousie.
« Je te déteste.
- Et en quoi c'est une découverte ? Me répond-elle.
- Tu ne veux pas me donner tes cheveux ?
- Si je peux récupérer tes longs cheveux blonds, je te les offre tout de suite. »
Je repose la brosse sur le lavabo en grimaçant, et me détourne de mon image. Comment peut-elle envier mes cheveux qui sont toujours dans tous les sens ?
Franchement, j'ai l'impression d'avoir des dreads locks, parfois.
Je ramasse mon sac de cours à côté de mon lit, et on sort toutes les quatre du dortoir. On traverse la salle commune, puis on passe à travers le passage, débarquant à côté des cuisines, et du tableau à la coupe de fruits.
Dans la grande salle, la plupart des élèves sont déjà en train de prendre leur petit déjeuner, et on a du mal à se frayer un passage jusqu'à la table des Poufsouffle.
A la table des Gryffondor, Siana, entre deux autres gamines, me fait un signe de la main, et je lui fais signe en retour.
Mais c'est qu'elle deviendrait presque sociable !
Un peu plus loin, Black la regarde fixement, puis me regarde, et je vois presque les rouages de son cerveau périmé se mettrent en route pendant qu'il fait le rapprochement entre nos deux tignasses blondes et notre air aimable.
Je m'assoie entre Clara et Trina, et me sert un bol de café fumant. Il me faut bien ça pour supporter une journée de cours. Mathilde fait passer les emplois du temps, et j'attrape le mien en lui souriant. C'est beau de voir que certains préfets s'occupent de leur travail avec sérieux !
Lundi :
9h-12h – Défense contre les forces du mal
13h-17h – Potion
Mardi :
9h-11h – Botanique
13h-15h – Astronomie
15h-17h – Histoire de la magie
Mercredi :
9h-12h – Métamorphose
14h-17h – Sortilèges
Jeudi :
9h-12h – Défense contre les forces du mal
Vendredi :
9h-12h – Potion
14h-16h – Métamorphose
Que du plaisir !
Et bien sur je commence avec défense contre les forces du mal, en commun avec les Gryffondors. Super !
J'aurais plus l'impression de visiter le zoo que d'être en cours, sympathique !
« Eileen ! »
Je lève la tête vers Eric, le capitaine de l'équipe de Quidditch.
« Quoi ?
- L'entraînement de l'équipe se fera tous les mercredis soirs, ça te va ?
- Ok. A quelle heure ?
- Dix-huit heures ! »
Il fait passer l'information aux autres joueurs, et Trina acquiesce de la tête.
« Quoi ? Je demande.
- J'ai toujours pensé que faire du sport te défoulait ! Je te trouve moins agressive après les matchs et les séances d'entraînement.
- Je ne suis PAS agressive !
- Bien sur que non. »
Elle boit une gorgée de son jus de citrouille, et se tait.
Pourquoi tout le monde me voit comme un monstre ? Je suis tout à fait normale, c'est juste que je ne me laisse pas marcher sur les pieds !
Et que fait-elle de l'effet apaisant qu'ont sur moi les yeux de Lupin ?
Quoique ça, je ne vais peut-être pas lui en parler…
Un hibou brun se pose devant moi, et interrompt mes pensées.
Aussitôt, Trina l'attrape, et Mathilde revient vers nous.
« LadySexy, lit-elle sur l'enveloppe. C'est pour toi. »
Elle me tend la lettre, et Mathilde, Clara et elle me regardent l'ouvrir. J'enlève fébrilement le cachet de cire, et déplie le parchemin, en espérant que ce n'est pas un taré qui m'écrit.
« Chère jeune fille cynique, je lis à haute voix, je suis moi aussi à Poudlard, et à la recherche d'une petite amie différente des autres. Tu dois l'être, vu que tu as publié cette annonce où tu te décris comme cynique.
Que recherche-tu exactement chez un garçon ? En tout cas, je peux déjà te dire que les mauvais caractères ne m'effraient pas, et mes amis trouvent que j'ai beaucoup d'humour. Affectueusement, un garçon Poudlardien. »
Clara me sourit, tandis que Mathilde m'arrache la lettre des mains pour la relire.
« C'est trop mignon ! S'exclame Clara. Il a l'air gentil, non ?
- Tu crois qu'il est dans quelle maison ? Me demande Trina.
- Si ça se trouve, c'est quelqu'un qu'on connaît ! S'écrit super discrètement Mathilde. »
Elle regarde autour d'elle, sans voir que tous les élèves de Poufsouffle nous fixent de travers.
Quelqu'un qu'on connaît ?
Mon regard glisse vers la table des Gryffondor et un certain garçon au regard châtain, puis je me secoue la tête.
Pas la peine de rêver, Eileen !
« Voici la première énigme ! »
Mrs Lowe, qui est aussi notre directrice de maison, nous distribue un morceau de parchemin chacun, et je fourre le mien dans ma poche sans même l'ouvrir.
Clara ouvre le sien, et le lit rapidement, avant de réfléchir, les yeux vers le haut, le parchemin toujours dans les mains. Trina lit le sien, puis jette un coup d'œil à celui de Clara.
« Mais ce ne sont pas les mêmes ! S'exclame-t-elle. »
Et effectivement, les élèves des différentes maisons semblent se faire la même réflexion.
Apparemment, Dumbledore trouve ça normal. Il a du se dire que son jeu n'était pas marrant si on avait tous la même énigme. Là, c'est chacun pour soi.
Je finis mon bol d'une traite, et me relève.
« Bon, je vous attend devant la salle, ok ? »
Prises par leur énigme, elles ne m'entendent pas, et je sors de la grande salle en rêvassant. Je parcours les couloirs tranquillement, quand un croche-pied me fait tomber et que je m'étale de tout mon long, mon sac giclant à quelques mètres de là.
Mon bras se tord douloureusement, et je me redresse en gémissant.
Debout, appuyé contre le mur, Dolohov rigole, sa baguette ayant lancé le sort de croc en jambe à la main.
« Ça va pas non, espèce de crétin ! Je m'écris en me tenant le bras. »
Il perd son sourire, et fronce les sourcils en s'approchant de moi, sa baguette toujours levée.
« T'as un problème, blondasse ?
- Oui, et c'est toi !
- Je vais te faire passer l'envie de jouer les fortes têtes, alors ! »
Il brandit sa baguette dans ma direction, mais une voix l'empêche d'aller plus loin.
« Je peux t'aider, Antonin ? »
Dolohov se tourne vers le bout du couloir, et a un rictus méprisant.
« Je n'ai besoin de personne, Lupin, et surtout pas de toi !
- Alors dégage et laisse la tranquille ! »
Avec un dernier haussement d'épaules, Dolohov s'en va d'un pas traînant, en me jetant un dernier regard méprisant. Lupin s'approche de moi et me tend une main.
« Ça va ? »
J'acquiesce, et attrape sa main pour me remettre sur mes jambes, mon poignet toujours contre moi.
« Tu ne devrais pas lui répondre. Dolohov est un imbécile, et il cherche des ennuis à tout le monde. Si tu lui réponds, il va continuer à t'embêter.
- Alors je devrais le laisser me marcher dessus ? Je demande en frottant mon poignet.
- Non. Mais tu peux l'ignorer. Montre moi ça ! »
Je le regarde sans comprendre, et il attrape mon bras avec douceur.
Il écarte la manche de mon uniforme, et palpe mon poignet du bout des doigts. Je grimace un peu.
« Tu as mal ?
- Un peu. Mais ça passe.
- Tu veux aller à l'infirmerie ?
- Non, c'est bon. Merci. »
Il relâche mon poignet, et je regrette presque qu'il ne l'ait pas gardé dans sa main.
« Eileen ! »
Mathilde, suivit par Trina et Clara, arrivent en courant, avec un grand sourire sur les lèvres. Mathilde tient un parchemin dans les mains.
« Y en a un autre qui est arrivé ! »
Mathilde arrive sur moi, et me mets la lettre dans les mains. J'en conclue que j'ai reçu un autre courrier adressé à LadySexy.
Je prends la lettre en prenant soin de cacher le nom dessus, et les filles m'entraînent vers la salle de cours.
Lupin m'adresse un dernier sourire, et disparaît dans le couloir.
« Alors, vas-y, ouvre là ! Me chuchote Mathilde.
- Lis nous ça ! »
Je décachette le parchemin, et commence ma lecture.
« Chère LadySexy, je suis aussi à Poudlard, et je serais ravi de te rencontrer pour des relations… »
J'interrompt ma lecture, et écarquille les yeux.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Demande Trina en essayant de lire à l'envers.
- Ainsi que pour expérimenter ton côté sexy, je continue. Mes muscles sont impatients de se heurter à ton cynisme. Dans quelle maison es-tu ? Dans l'attente de te rencontrer. Garçon sexy. »
Je froisse le parchemin, et le met rageusement dans ma poche.
Puis je fusille du regard mes trois amies.
« Franchement, c'était sûr !
- Quoi ? Se défend Trina.
- Je ne vais recevoir que des lettres de tarés comme ça !
- Ce n'est pas parce qu'un seul type un peu bizarre…
- LadySexy ! Vous n'avez pas trouvé mieux ? Franchement, on dirait que je cherche exactement ce que ce type me propose !
- Je crois que tu recevrais des lettres comme ça même si tu te faisais appeler douce et pure ! Fait remarquer Clara. »
Elle a raison. Mais je les hais toutes les trois pour ça.
Elles me connaissent trop.
Et elles deviennent un peu trop têtues. Elles devraient arrêter de me fréquenter !
« Entrez ! Entrez ! »
Le professeur Chaire nous fait entrer, et je suis mes amies dans la salle en balançant au passage la lettre dans la corbeille. On sort nos affaires, et Mathilde me fait passer un bout de parchemin.
Tu comptes répondre au premier ?
J'attrape ma plume, et lui répond.
Je ne sais pas. Tu penses vraiment que je suis incapable d'attirer un garçon ?
Bien sur que non. Tu es jolie, et très gentille quand tu n'agresses pas les gens. Seulement la plupart des garçons ont peur de toi. Cette annonce peut te faire rencontrer d'autres mecs.
Je soupire en froissant son dernier parchemin.
Est-ce que tous les mecs que je connais ont peur de moi ?
Même… Oui, certainement.
Je m'affale dans le fond de ma chaise, et mets les mains dans mes poches. J'y sens le papier de l'énigme, et le sort de ma poche.
Je le déplie sans hâte, et parcours l'unique phrase.
Là où est ton ombre.
Là où est mon ombre ?
C'est quoi cette histoire ? Mon ombre est derrière moi. Comme d'habitude.
Avec un haussement d'épaules, je range le papier dans mon sac, puis me redresse et écoute le prof distraitement.
Mon ombre ?
En parlant d'ombre, dans la situation où je me trouve (c'est-à-dire assise pour trois heures avec un professeur spécialiste des troubles du sommeil), c'est la solution idéale.
Parfois, je dois dire que les jeux moldus ont du bon.
Enfin, sauf le saute mouton, le colin-maillard, et quelques autres jeux idiots de ce genre (non, ne me demandez pas comment je les connais, sinon je serais obligée de vous tuer après).
Bref, avant de déblatérer sur les jeux les plus gênant s de l'histoire, je m'apprêtais à m'occuper (intelligemment, bien sur) avec mon ombre.
Ou plutôt, avec l'ombre de ma main.
Je fais un peu de lumière avec ma baguette, et projette l'ombre de ma main sur le mur derrière moi, au fond de la salle. Je dois dire que je suis douée pour les ombres chinoises.
Hop, un chien. Un écureuil. Un serpent.
Et un aigle surgit du ciel (comprendre : plafond) pour dévorer mon serpent.
Je lève la tête vers Black, dans l'autre rangée de tables, et le fusille du regard.
« Tu t'ennuie à ce point ? Me chuchote-t-il.
- T'as pas l'air non plus super intéressé.
- C'est toi qui me distrais avec ton spectacle juste dans mon dos.
- C'est tout juste de ton niveau intellectuel, ça tombe bien. »
Il me sourit d'un air méprisant.
« C'est toi qui me dis ça ? »
Je hausse un sourcil.
« De quoi tu parles, Black ? Tu pourrais traduire, je ne parle pas le babouin !
- Oh, je me disais juste que si tu penses que les blondes dans ton genre courent les rues…
- Quoi ? »
Il me fait un clin d'œil, puis se tourne vers Potter qui est occupé à faire voler avec sa baguette des minuscules avions en papier.
Des blondes dans mon genre ? Qu'est-ce qu'il a voulu dire par là ?
Quel genre, en plus ? Je suis juste un peu cy…
Cynique ? Attendez, c'était quoi déjà ?
J.f Poudlardienne, 1 brin cynique, taille moy., blonde…
Oh mon Dieu !
Non, ce n'est pas possible ! Après tout, il ne peut pas avoir vu cette annonce, puisqu'il faut savoir lire pour ça.
Mais en même temps, pour ce qui est des blondes cyniques, il n'en existe effectivement pas des tonnes.
J'ouvre la bouche d'horreur, et Black me fait un nouveau clin d'œil, accompagné d'un rire moqueur.
Super !
