Voilà le troisième chapitre! Merci à tous pour toutes vos review qui m'on vraiment fait plaisir, et merci à Elayna qui m'a mis ma première review sur cette histoire.
Bonne lecture à tous!
3. Rapprochements
« Attention, Eileen ! »
Eric a hurlé à travers tout le terrain, et je frappe de toutes mes forces dans le cognard. Celui-ci vole de l'autre côté du terrain, puis revient dans ma direction. Je frappe de nouveau dedans, et Eric se place dans sa trajectoire. Il le stoppe en vole en le saisissant des deux mains, puis redescend se poser sur le terrain.
Je descend à mon tour, ma batte toujours à la main, et me pose près de lui, les joues rosies par le vent et les cheveux ébouriffés.
« Très bien, me dit-il, tu as toujours autant de hargne ! »
J'éclate de rire, et lui rend ma batte.
« Si tu veux, je peux mettre moins de force.
- Pour que je perde le meilleur batteur de l'école ? Pas question ! Maintenant, je vais entraîner le reste de l'équipe.
- J'ai quartier libre ?
- Oui. Tu peux filer ! »
Je ne me le fais pas dire deux fois, et je me dirige vers les vestiaires, mon balai sur l'épaule.
Si il y a bien une chose sur laquelle mes amies ont raison, c'est que les séances d'entraînement me défoulent. Et ça m'avait manqué pendant l'été.
Et j'ai plus encore besoin de me défouler depuis que Black m'a fait comprendre qu'il savait pour l'annonce, il y a deux jours.
Je serais prête à lui offrir deux douzaines de bananes s'il la fermait en retour, mais non seulement je n'ose pas aborder la question avec lui, mais en plus je ne suis pas certaine qu'il sache effectivement qu'il s'agit de moi.
Bref, je suis in the merde, comme on dit.
Et je me vois mal aller m'asseoir à la table des Gryffondors et aborder la question mine de rien.
« Dis donc, Black, la dernière fois, tu faisais bien référence à l'annonce que mes amies ont passé pour moi parce qu'elles pensent que je suis désespérée ? »
Déjà qu'on peut pas s'encadrer, mais si en plus je lui tends la perche pour me battre…
Je me déshabille dans le vestiaire vide, quand j'entends un bruit. Je sursaute, et plaque ma robe aux couleurs de ma maison sur ma poitrine. Entrent alors deux joueurs rouge et or, qui apparemment sont trop stupides pour vérifier si le terrain est pris avant de venir s'entraîner.
Et qui sont ces joueurs ?
Oui, exactement, Potter l'attrapeur et son copain Black (qui d'ailleurs ne fait même pas partie de l'équipe !).
Et je me mets à hurler.
Ok. Dans le genre discret, y a mieux, surtout qu'ils ne m'avaient pas vu. Mais vous auriez fait quoi à ma place ?
Je crie donc super fort, et Potter et Black me voient, uniquement vêtue d'une robe froissée que je tiens devant mes… euh, formes.
Et dans un même réflexe, ils ont la délicatesse de détourner la tête en rougissant.
« Sortez ! Je crie comme une hystérique. Sortez ! »
Je saute à moitié sur place, et me sens au bord de la crise de nerfs.
Potter et Black se précipitent dehors, et je les regarde sortir à travers mes yeux qui s'emplissent de larmes. Pourquoi ça n'arrive qu'à moi, ce genre de trucs ?
Je ramasse mes habits que j'enfile en vitesse, puis attrape mon sac et sort du vestiaire.
Les deux idiots sont encore devant la porte, et Black ouvre la bouche pour me parler, mais je m'enfuie vers le château, sans un regard de plus pour eux.
oOoOoOoOo
Mathilde sautille à côté de moi, et j'ai envie de l'attacher.
« Tu pourrais arrêter de te conduire comme un kangourou, s'il te plait ?
- Je crois que j'ai résolue mon énigme ! »
L'énigme. Je l'avais oublié celle là. Personnellement, je n'ai pas cherché longtemps. Je ne suis pas fan des casses têtes, et je n'ai vraiment absolument entièrement aucune idée de cet endroit où mon ombre se trouve.
« C'était quoi ton énigme ?
- Au creux de ta main.
- Et tu penses que ça veut dire quoi ?
- Au début, j'en avais aucune idée, mais hier, ça m'a semblé évident. Au creux de ma main ! »
Elle me regarde comme si répéter la phrase était censé me faire comprendre quelque chose de spécial. Mais je comprends juste que ma meilleure amie devrait arrêter les énigmes, j'ai l'impression que ça la rend sourde.
« Oui, je dis patiemment. Et alors ?
- Et alors au creux de…
- Oui, j'ai compris l'idée, merci ! »
Elle commence à m'agacer.
« Et alors ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Mais enfin, c'est évident ! Le creux est en faite le cœur !
- Quel cœur ? Le cœur de lion ? »
Elle me regarde sans comprendre, et je hausse les épaules. Apparemment, elle a aussi perdu son sens de l'humour en même temps que ses oreilles.
« Le cœur du château ! »
Je hoche la tête, comme si tout était clair.
« Et ta main dans l'histoire ?
- Elle représente le pouvoir. Tu vois ! Tout est lié ! »
Je ne vois rien du tout, sauf qu'elle a perdu la boule. Ce qu'elle raconte n'a ni queue ni tête.
« Oui, bien sur, je dis, le pouvoir et le cœur.
- Je te l'avais dit. C'est évident. Il faut chercher un trône au centre du château. »
Sans moi alors. Parce que je n'ai jamais rien entendu de plus stupide ! Et il y a un trône que je lui proposerais bien, mais je doute qu'elle trouve ça drôle.
Je me contente donc de continuer à hocher la tête. Ne jamais contrarier un fou, tout le monde sait ça.
Black s'approche alors de moi, en passant une main dans ses cheveux.
« Meath, je peux te parler ? »
Je regarde autour de moi comme s'il parlait à quelqu'un d'autre.
« A moi ?
- Euh… oui. »
Curieuse de savoir ce qu'il me veut, je le suis sans rien dire vers l'autre côté du couloir.
En faite, je me doute qu'il veut sans doute parler de l'incident d'hier dans les vestiaires. Ce dont je me passerais bien. Surtout que je n'en ai parlé à personne.
Une humiliation suffit, je ne voudrais pas que mes copines meurent de rire à cause de moi, les gentilles compatissantes.
« Qu'est-ce que tu veux ? Je demande froidement.
- Eh bien, c'est pour hier… enfin…
- Je n'ai pas spécialement envie d'en parler.
- Je voulais juste dire qu'on est désolé, avec James, et qu'on a rien vu du tout. »
Oh là là, il ne pourrait pas parler moins fort ?
Je suis sûre que Mathilde a dû entendre, vu comment elle se penche vers nous avec sa discrétion habituelle.
« C'est bon, c'est oublié, c'était un accident. »
Il acquiesce, puis se retourne et va vers ses amis.
Mais cette fois, c'est moi qui le retiens.
« Black ? »
Il se retourne vers moi.
« Quoi ?
- Euh… »
Mon Dieu, si vous existez, aidez moi sur ce coup là !
« Lundi, en cours, tu m'as parlé d'un truc. Est-ce que… enfin… »
Il sourit, le salaud, et à un petit rire moqueur.
« L'annon…
- Chut ! »
Je regarde autour de nous, les joues brûlantes, en espérant que personne n'a entendu cet abruti.
« Justement, je n'ai pas vraiment donné mon accord pour ça… enfin… si tu pouvais ne rien dire, ce serait sympa. »
Peut-être que le mot sympa est de trop, puisqu'on parle de Black. Mais bon, peut-être qu'il se taira !
« Ok. Je dirais rien. »
J'ai de nouveau droit à l'un de ses clins d'œil agaçants, et il file vers ses amis. Je retourne vers Mathilde, un poids en moins sur l'estomac.
« Qu'est-ce qu'il te voulait ?
- Trouver un marchant de cacahuètes.
- Très drôle.
- Je lui ai indiqué un magasin à pré au lard, je m'y fournis déjà pour ses amis. »
Elle me tourne le dos en boudant, et je lève les yeux au ciel.
« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Demande Clara en arrivant avec Trina. »
Je hausse les épaules pour signifier que ça n'a aucune importance, et Trina me donne un coup de coude en me cassant deux côtes au passage.
« Alors, tu lui a répondu ?
- De quoi tu parles ?
- De ce garçon gentil qui t'as écrit.
- Non. Et je ne compte pas le faire.
- Tu devrais. Qu'est-ce que tu risques après tout ? »
Euh, laissez moi réfléchir… ma dignité !
« Faut sauter sur toutes les occasions ! S'exclame Trina. Dès qu'un garçon surgit, hop ! »
Pauvres garçons. On a beau parler de moi, la technique de mangeuse d'hommes de Trina est assez redoutable. Depuis son entrée à Poudlard, elle a dû sortir avec au moins vingt garçons différents.
Et à sa façon de me parler, je dirais qu'elle a une nouvelle cible en vue.
« Ok, je lui dis. C'est qui ?
- De quoi tu parles ? Demande-t-elle innocemment.
- Du garçon que tu as en vue ! »
Elle sourit comme une gamine.
« Un Gryffondor !
- Pitié ! Dis moi que ce n'est pas un des maraudeurs !
- Non. Pourtant, ils sont vraiment super beaux. Mais j'ai quelqu'un d'autre en vue !
- Qui ?
- Lui. »
On se retourne toutes les trois en même temps vers la porte de la salle, pour voir un grand type dont le nom m'échappe entrer dans la classe avec un de ses amis dont le nom m'échappe aussi.
Je ne sais pas grand-chose d'eux, sauf qu'ils ont l'air aussi aimables qu'une porte de prison, et que celui qu'elle nous désignait est aussi beau que les fesses d'un dragon.
Mais je crois que se serait salaud de lui dire…
« Il est moche ! Fait remarquer Mathilde d'une voix forte. »
Et la palme de la délicatesse est remise à…
« Sympa ! Remarque Trina.
- Bah quoi, c'est vrai !
- Mais t'étais pas obligé de le dire si gentiment, je la coupe.
- Il n'est pas moche ! Se défend Trina.
- Il a l'air gentil, dit Clara sans y croire.
- Adorable ! Commente Mathilde, et on éclate toutes de rire. »
Trina retrouve son sérieux, et fait mine de s'énerver.
« Puisque c'est comme ça, je vais de ce pas passer à l'attaque ! »
Elle envoie ses cheveux en arrière dans une parfaite imitation de la groupie typique, et entre dans la salle. Les élèves commencent à entrer à leur tour, et on les suit faiblement. On se dirige vers le fond de la classe, et je comprends l'arnaque.
Trina est assise à côté de sa victime, tandis que l'ami de celui-ci la fusille du regard, quelques mètres plus loin, les fournitures qu'il avait été cherché dans les mains.
Je laisse Mathilde et Clara s'asseoir côte à côte, et prend place à la table libre devant elles.
L'ami de la victime regarde dans ma direction, et je jure intérieurement.
Pas dur de décrypter son regard.
Place libre. Poufsouffle débile. Blonde. Travaille pour deux. Seins raisonnables.
Il fait un pas dans ma direction, et je me demande sérieusement si je dois ensorceler la chaise à côté de moi, mais mon salut vient tout seul.
« Je peux m'asseoir ? »
Je lève les yeux vers Lupin, et le regarde avec toute la gratitude dont je suis capable. Il me sourit, et prend place près de moi.
« Merci, je chuchote.
- De rien. J'ai vu que tu avais vraiment besoin d'aide. »
J'acquiesce de la tête en regardant l'autre type se placer à côté de Pettigrow. Pauvre gars. Il avait l'air sympa. Le sacrifier comme ça, c'est injuste.
Tant pis pour lui ! Je profiterais de la présence de Lupin à sa place.
Le professeur Chaire entre avec son habituel sourire accueillant (qu'on peut traduire comme « qu'est-ce que vous faites dans mon cours ? Cassez-vous ! »), et je reçoit un morceau de papier dans la tête.
Je me tourne vers Black, et me retient à grand peine de lui jeter ma table en retour.
« Alors, tu as trouvé un moyen d'attirer un pauvre homme dans tes filets, Meath ?
- Oh, mais je ne veux que toi, Black ! Viens près de moi ! »
Je fais mine de me faire vomir, et il a un ricanement méprisant. Ce que je peux détester quand il fait ça ! Je lui donnerais bien un bon coup de pied dans le…
« Je sais que je suis irrésistible. Et j'aime bien les blondes cy…
- La ferme ! »
Il semble se rappeler qu'il a promis de rien dire, puis prend un air gêné. En plus, il a accepté de se taire y a pas cinq minutes ! C'est Tom dix secondes, qu'on devrait l'appeler, celui là.
« Désolé… »
Pardon, c'est à moi qu'il parle ? Il vient bien de dire qu'il était désolé ?
Appelez Mulder et Scully, les gars, parce que les aliens semblent avoir fait des dégâts par ici. D'ailleurs, on doit voire rien qu'à ma tête que je suis sidérée, parce que Lupin éclate de rire en me regardant.
« Trop fort ta tête ! »
Oui, merci, on me le dit souvent, haha.
Sans vouloir vexer les garçons de notre cher établissement, je pense que si un spécialiste des compliments vient distribuer son bouquin dans l'école, il n'aura aucun mal à faire fortune. Parce que les sorciers semblent incapables d'en faire.
« Merci, je m'en souviendrais pour le casting du prochain Gremlins. »
Il me regarde sans comprendre, puis pouffe de rire. Derrière moi, Clara, dont la mère est moldue, éclate de rire.
« Désolé si je t'ai vexé, s'excuse Lupin. C'est juste que ça te semble si bizarre que ça qu'il puisse s'excuser ?
- Qui, ton ami babouin ?
- Si tu parles de Sirius, oui.
- Non, il vient s'excuser de sa passion pour moi tous les matins dans la grande salle. Tu ne l'as pas vu ?
- Idiote ! »
Il me dit ça avec un grand sourire, et je lui sourit en retour, sans me vexer (deviendrais-je sociable, ou bien c'est lui qui a cet effet sur moi ?). Finalement, je ne sais pas si c'était une idée qu'il s'assoit à côté de moi.
Je me mets à rougir comme une idiote, et Trina me fait un clin d'œil de l'autre bout de la classe.
Je sens un autre regard sur moi, et me tourne vers Black, les joues encore rouges.
Il me regarde comme s'il avait envie de me tuer, et je fronce les sourcils en détournant la tête.
Il peut être vraiment flippant quand il veut celui là !
Lupin le regarde aussi, et hausse les épaules dans sa direction, comme pour lui demander ce qu'il lui prend. Black secoue la tête, puis se tourne vers James sans plus de cérémonies.
Si un traducteur qui comprend les garçons passe par là, qu'il me fasse signe, parce que je n'ai absolument rien pigé de ce qui vient de se passer.
« Je m'en doutais. »
Je regarde Lupin sans comprendre.
« De quoi ? Que Sirius est un ba…
- Que tu peux être vraiment attachante quand on te connaît.
- Tu pensais aussi que j'étais un monstre ? »
Finalement, Mathilde avait peut-être raison.
« Non. J'ai toujours pensé que tu aboyais plus que tu ne mordais. »
J'éclate de rire.
« Tu sais vraiment parler aux filles, toi ! »
Il rougit, puis se met à rire.
« Désolé. »
Je ne sais pas pourquoi, mais quoi qu'il dise, je n'arrive pas à me vexer…
oOoOoOoOo
J'attrape ma plume, et me caresse le bout du nez avec en réfléchissant. Qu'est-ce que je peux mettre ?
Aucune idée. Mathilde ou Trina aurait pu me le dire, malheureusement je ne veux pas qu'elles sachent que je lui écris.
Qui ? Mais ce charmant garçon qui a répondu à l'annonce.
Alors, comment commencer une lettre adressée à un inconnu ? Allons-y au fur et à mesure.
Je trempe ma plume dans l'encre, et la penche sur le parchemin.
Cher garçon Poudlardien,
Déjà, c'est un début. Mais difficile de mettre autre chose !
Je ne sais pas pourquoi je t'écris. Cette annonce n'était pas mon idée, et j'étais folle furieuse en la découvrant.
Très bien, Eileen ! Ce garçon va succomber, c'est sur !
Mais ta lettre m'a touché, et j'ai eu envie de parler au garçon qui se disait non effrayé par les caractères forts.
Car pour ce qui est de cette partie, l'annonce disait bien vraie. Tu as de l'humour ?
Très bien, parce qu'il en faut pour supporter les harpies comme moi !
De mieux en mieux. Ce garçon va s'enfuir immédiatement, c'est sur !
Mais bon, c'est la vérité d'après mes amies, non ?
Si tu continues de lire cette lettre, c'est que mes paroles ne t'ont pas fait peur. Tu es donc une personne courageuse, c'est bien !
J'aimerais donc en savoir plus sur toi. Tu fais du Quidditch ?
Dans quelle maison es-tu ? En quelle année ?
Affectueusement, la jeune fille cynique qui aimerait beaucoup un autre surnom que LadySexy.
Voilà. Je trouve ça pas top mal. Et après c'est quitte ou double.
Soit il est intéressé, et il me répond, soit il prend ses jambes à son cou et m'envoie une bombabouse par courrier spécial !
