Chapitre 5! Merci à tous de continuer à lire, et surtout de m'envoyer tant de gentilles reviews
Bonne lecture!
5. Le match
On entre tous sur le terrain, notre balai sous le bras, et mon ventre se sert comme avant chaque match. On fait face aux joueurs de Gryffondor aux robes écarlates, et Eric sert la main à Potter, qui est capitaine depuis la rentrée (un choix déplorable si vous voulez mon avis, sauf si son équipe parle le chimpanzé).
On se toise du regard gentiment (du genre « je vais te mettre la pâtée ! »), puis on se recule d'un pas, toujours alignés les uns en face des autres au centre du terrain.
Dans les gradins, un boucan du diable règne, et je me tourne vers les filles, au premier rang. Mathilde, les joues peintes aux couleurs or et blanc de Poufsouffle, lève son pouce vers moi, tandis que Trina écrase son poing de façon significative dans sa main, sous le regard désapprobateur de Clara.
Je vois Potter regarder aussi vers les gradins, et je suis son regard. Il ne quitte pas des yeux Lily Evans, son béguin, qui se tient à côté de Mary MacDonald, sa meilleure amie. Elles tiennent une banderole des Gryffondors, et se tiennent à côté des maraudeurs.
« Enfourchez vos balais ! »
Sous le cri de l'arbitre, on enfourche nos balais, et le coupe de sifflet annonçant le début du match retentit sur le terrain. Ma batte dans la main droite, je donne un puissant coup de talon, et m'envole en même temps que les autres, le vent glacial s'engouffrant dans mes cheveux.
Au moins, je sais que quand j'atterrirais, je ressemblerais à l'épouvantail du magicien d'Oz !
Un cognard s'approche d'un des poursuiveurs de notre équipe, et je descends vers lui. Je me place devant lui, et renvoie le cognard de toutes mes forces vers Potter, qui vole un peu plus loin.
Il l'évite avec une pirouette, et se remets au dessus des joueurs pour chercher le vif d'or des yeux.
J'ai jamais compris l'utilité de mettre un bigleux pour chercher ce petit machin, mais bon, après tout c'est un bon attrapeur, je dois bien lui accorder.
Plus loin, Finn, un de nos poursuiveurs, se saisit du souaffle, et se dirige vers les cercles adverses. Il tire, et marque…
« 10-0 pour Poufsouffle ! Annonce l'élève de Serdaigle chargée de commenter tous les matchs. Les joueurs dorés mènent la partie, est-ce que Gryffondor va rattraper bientôt ce retard ? »
Je frappe dans un autre cognard qui s'approchait de moi, puis fait un tour du terrain joyeux (par joyeux, j'entend inutile, je ne m'amuse pas à jouer au rodéo avec mon balai en criant youpi !).
Enfin, les entraînements difficiles et rigoureux de Eric payent !
Parce qu'entre ses séances douloureuses, les cours, la nouvelle énigme (à laquelle je n'ai toujours rien pigé, vous vous en doutez) à résoudre, et ma correspondance régulière (et secrète) avec ce mystérieux élève, les deux premiers mois de cours sont passés très vite.
Mais je dois dire que je suis à bout de force !
Enfin, au moins, je ne me suis battue avec personne ! Et aucun de mes profs n'a envoyé de lettre à maman. Elle peut être fière de moi.
Même Mrs Lowe ne m'a pas réclamé les lignes qu'elle m'avait donné pour son nez que j'avais fracassé (de toutes façons je les avais pas faite).
Et je ne me dispute même plus avec Black (Sirius ! Pas Black, Sirius !). On est ami maintenant. C'est-à-dire que quand on se croise dans les couloirs, on s'échange un « salut » poli. Une révolution après nos « Tiens, le babouin ! » et « Tiens, la sauvage ! ».
Un cognard fonce vers Eric, et je plonge devant, le renvoyant vers les rouge et or.
« Merci ! Me dit Eric.
- De rien, je réponds en mimant un salut militaire.
- Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
- Tu traînerais ton visage défiguré dans les cirques ! »
Il éclate de rire, et je me dirige de nouveau vers les poursuiveurs.
Un batteur de Gryffondor passe près de moi, et je reconnais l'ami de la victime de Trina (vous ais-je dis que je ne connais toujours pas son nom ? Et que Trina fait presque partie intégrante de leur groupe à force de vouloir attirer l'attention de sa victime apparemment aveugle ?).
Il envoie un cognard vers Finn, qui a de nouveau le souaffle.
Je l'intercepte au dernier moment, et le renvoie vers l'homme revolver (bah quoi ? Lui non plus je connais pas son nom !). Il bondit avec son balai en l'évitant, puis se penche en avant avec sa batte, renvoyant le cognard dans ma direction.
Je le renvoie aussitôt avec un revers (haha, je savais bien que les termes moldus de tennis me serviraient un jour !), et il le renvoie d'un geste souple en visant ma tête.
« Mais que se passe-t-il ? »
La voix retentit dans tout le stade.
« Alors que les deux équipes se battent pour marquer le second point de ce match, il semble bien que deux batteurs des équipes adverses se soient engagé un combat avec l'un des cognards ! »
Je sens les regards des supporters se tourner vers nous, mais je les ignore et renvoie le cognard de toutes mes forces, manquant de tomber de mon balai. Je me raccroche au dernier moment, et l'enfourche de nouveau.
C'est alors que j'entends la voix.
« Vous allez me tuer ? »
Je regarde autour de moi, mais il n'y a que les joueurs pris par le souaffle et le jeu.
« Non. Pas encore.
- Vous n'avez plus besoin de moi, reprend la voix de mon père.
- Si. Encore un dernier service. »
Le visage de mon père m'apparaît alors, maigre et sale, et il baisse la tête, résigné.
« ATTENTION ! »
Je sors de ma torpeur, et vois le cognard, de nouveau renvoyé par revolver, se diriger droit sur moi.
Puis c'est le noir total…
oOoOoOoOo
Je reprends conscience lentement, et sens que je suis allongée dans un lit. Je n'ai pas la force d'ouvrir les yeux.
« Vous croyez qu'elle va se remettre ? demande la voix de Mathilde, près de moi. »
Je sens d'autres présences, à côté d'elle, mais n'arrive pas à savoir de qui il s'agit.
« Bien sûr ! répond la voix de l'infirmière. J'ai réussi à réparer son nez, et la chute lui a été évité de peu. Elle pourra sortir dès demain. »
Mon nez ?
Oui, je me souviens vaguement du cognard écrasant les os de mon visage. Il a dû être salement cassé. Et ça explique pourquoi il me fait si mal…
« Elle est très pâle, remarque la voix de Clara.
- Normal, répond celle de Trina, tu as vu avec quelle force le cognard l'a frappé en pleine tête ?
- Et tu as vu de quelle hauteur elle est tombée ? Renchérit Mathilde.
- Heureusement que Eric l'a rattrapé, dit Clara d'une voix calme. »
J'entrouvre les yeux, et la lumière du soleil couchant m'aveugle. Je gémis, puis cligne des paupières. Le visage de Mathilde apparaît au dessus de moi, entouré de ceux de Trina et Clara.
« Tu te sens bien ? Me demande Mathilde.
- Tu veux qu'on appelle l'infirmière ? »
Je secoue la tête, et me redresse sur mes oreillers.
« Ca fait combien de temps que je suis là ? Je demande d'une voix pâteuse.
- Presque une heure. La plupart des élèves doivent être en train de manger maintenant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ? »
Je pose la question plus pour la forme que pour savoir. Mes souvenirs sont assez flous, mais il m'en reste assez pour comprendre. Et l'image de mon père est encore gravée sur mes rétines.
« Avec John, vous vous lanciez le cognard, m'explique Trina, et puis ensuite, tu as fait une drôle de tête, et tu t'es pris le cognard. »
Elle dit ça avec une grimace, mais je pense que ça peut facilement s'expliquer avec les taches de sang sur ma robe. Je porte une main à mon nez douloureux.
Je n'ai retenu qu'une chose de son discours. L'homme revolver à un nom ! John (c'est moche !).
« On s'amusait comme deux crétins ! Je fais.
- C'est vrai que ça semblait puéril, consent clara. »
Toujours la même, Clara !
Heureusement, après tant d'années d'amitié, je suis devenue bilingue. Puéril, ça veut dire débile.
On est passé pour deux mongoliens dans les airs à se renvoyer une balle particulièrement sauvage, sans même s'intéresser au match.
En gros, c'est ce qu'on peut comprendre.
« Pourquoi tu ne l'as pas renvoyé ? Demande Trina. »
Mais si ! Tu n'as pas, vu, je l'ai rattrapé avec ma tête ! Et je l'ai défoncé, haha !
« J'ai vu quelque chose… »
Elles prennent une mine intéressée, et je sens mon cœur s'accélérer. Et si elles me croient folles ?
« Qu'est-ce que c'était, demande Mathilde, à bout de patience. »
J'hésite un quart de seconde.
« Mon père. »
Trina hausse un sourcil, Clara fronce les siens, et Mathilde se contente d'ouvrir la bouche, puis de la refermer.
« Dans les gradins ? Demande-t-elle finalement.
- Non. Il n'était pas là !
- Tu veux dire que tu as cru l'apercevoir ? Insiste Trina.
- Mais non ! Je l'ai vu dans me tête ! »
Super.
Dis comme ça, c'est sur, elle vont m'interner. Quelle idée j'ai eu aussi de raconter que je vois mon père ? Et dans ma tête en plus ?
Franchement, si l'une d'elles me disait ça, je l'enfermerais aussitôt.
Elles me regardent toutes d'ailleurs comme si j leur avais dit être Helga Poufsouffle en personne.
« Tu as mangé, ce midi ? »
Je fusille Mathilde du regard. Je vais devenir un vrai revolver, à force, moi aussi !
« Oui, merci ! Ce que je veux dire, c'est que tout a soudainement disparu, et que j'ai entendu sa voix. Et je l'ai vu, j'ai vu son visage comme s'il était là !
- Tu es sûre de ne pas l'avoir imaginé ?
- Certaine ! C'est la deuxième fois que ça m'arrive !
- Ah bon ?
- Arrêtez de me regarder comme si j'étais folle, s'il vous plait !
- C'était quand la première fois ?
- Au bord du lac, quand on était avec les maraudeurs.
- Et c'est la seule fois ?
- Oui. Je croyais avoir rêvé, mais aujourd'hui ça semblait vraiment réel. Je voyais son visage comme s'il était à côté de moi. »
Leurs regards se croisent, dans une interrogation muette, et je les laisse délibérer silencieusement sur mon état mental.
Après tout, peut-être que j'ai vraiment perdu la boule ! Et le cognard que je me suis pris dans la tronche n'a rien dû arranger…
Enfin, Mathilde se tourne vers moi.
« Tu l'as vu en direct ?
- Pardon ?
- Je veux dire, tu as vu ce qu'il faisait en ce moment ?
- Je ne sais pas. Je sais juste qu'il était prisonnier, et affreusement maigre.
- Qu'est-ce qu'il disait ? Demande Clara. »
Je me concentre sur ses paroles, mais j'ai du mal à me les rappeler exactement.
« Je sais juste qu'il pensait être tué. Mais quelqu'un lui répondait qu'il avait encore besoin de lui. »
Clara fronce de nouveau ses sourcils.
« Qui c'était, ce quelqu'un ?
- Aucune idée.
- Tu crois qu'il est en vie ? »
Je hausse les épaules en signe d'impuissance, puis soupire. Je suis peut-être folle, mais en tout cas ces visions ne sont pas agréables (surtout quand on se prend un cognard en pleine tête à cause d'elles).
« Au fait, Je m'exclame en repensant au cognard, qui a gagné ?
- Nous ! Me répond Mathilde en brandissant un poing victorieux.
- Tout a été très vite, en faite, explique Trina. Au moment où tu es tombée, Gryffondor venait de marquer, et on avait le vif d'or. Mais dans la cohue générale,, et Eric qui t'a rattrapé au vol, on a dû vérifier si le point avait été marqué quand il était dans les buts, et à quel moment le vif avait été attrapé. Mais le vif était bon, et Eric a assuré qu'il était dans les buts, alors… »
J'acquiesce, un sourire jusqu'aux oreilles. 160 à 10, ça nous place directement en première position du classement.
« Bon, je m'exclame, revigorée, vous croyez qu'il faudra combien de temps à l'infirmière pour s'apercevoir de mon absence ? »
Trina éclate de rire, et Mathilde réfléchit.
« Je dirais pas loin d'une heure.
- Je croyais qu'elle voulait te garder jusqu'à demain ? Fait remarquer Clara.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Mais je me sens en pleine forme, et j'ai une faim de loup ! Et je compte bien aller dîner avec vos sales têtes et notre équipe gagnante ! »
Trina me donne un coup de poing dans l'épaule.
« Merci pour nos sales têtes, l'éclopée ! »
Je lui tire la langue en enfilant mes chaussures, puis me lève et les suis discrètement dehors.
oOoOoOoOo
Quand on entre dans la grande salle, je sens tous les regards se tourner vers nous, mais je garde mes yeux fixés sur la table de notre maison. Les élèves de Poufsouffle nous voient, et éclate alors un boucan pas possible, mené par Eric, qui se lève et me donne une tape dans le dos.
Je récupère mes organes sur le sol, et m'assois sur le banc entre mes amies.
Trina me fracasse aussitôt les côtes ave son coude.
« Tu pourrais épargner mes derniers os intacts s'il te plait ?
- Regarde ! Me dit-elle en ignorant mon sarcasme. A la table des Gryffondors ! »
Je suis son regard, et voie John, debout à la table des Gryffondors, à côté de la VdT (Victime de Trina, vous suivez ?), qui est assis et mange sans le voir. Face à John, Black (Sirius, Sirius !) serre les poings en criant.
John crie en retour, et secoue la tête en ajoutant un truc. Black semble être sur le point de rétorquer, mais Lupin, qui semble s'être levé, pose sa main sur l'épaule de Black comme il l'avait fait dans le train.
Black desserre les poings, puis va se rasseoir à côté de Potter, rageur.
Trina se tourne vers moi.
« Tu as vu ? Tu as vu ça ?
- Non, je contemplais la tapisserie ! C'est pas ça que tu voulais me mon…
- Pourquoi tu crois qu'ils s'engueulaient ?
- Je sais pas. Peut-être que Black pense que leur équipe a perdu à cause de John.
- En tout cas, il a l'air remonté contre lui ! Je me demande ce qu'ils se sont dit. »
Je hausse les épaules, signifiant que je m'en fiche comme même un peu.
« De quoi vous parlez ? Demande Mathilde en se tournant vers nous. »
Je lève les yeux au ciel pendant que Trina lui explique, et voie John, le regard fixé sur moi, se lever et se diriger vers nous.
« Mon Dieu ! S'écrie Trina, il vient par ici.
- Et alors ? Demande Clara, il est armé ? »
Trina la fusille du regard, et j'éclate de rire. Pour une fois que Clara fait du sarcasme !
« Eileen ? »
Je me tourne vers John, qui se tient debout à côté de moi, l'air gêné.
« Oui ?
- Je peux te parler ?
- Euh… d'accord ! »
Je me lève, et il m'entraîne un peu plus loin, c'est-à-dire à l'écart des mes amies et leurs oreilles qui traînent.
« Je voulais m'excuser, commence-t-il, pour tout à…
- Pourquoi ? Ce n'est pas ta faute ! On s'est comporté comme deux idiots, et je n'ai pas été assez vite. Tu n'y es pour rien.
- Tu ne m'en veux pas alors ?
- Bien sur que non !
- Ok. Ben, merci… »
Il tourne les talons.
« Euh, John !
- Oui ? »
J'en reviens pas de ce que je vais faire. Mais Trina me tuera si je ne lui demande pas.
« Pourquoi Black t'a engueulé ? il pense que les Gryffondors ont perdus à cause de toi ? »
Il me regarde bizarrement, et danse légèrement d'un pied sur l'autre.
Il doit se dire : pourquoi cette cruche ne se mêle pas de ce qui la regarde ?
« Euh… un truc comme ça, oui… »
Réponse vague, et je sens que ce n'est pas tout à fait la vérité, mais il s'éloigne avant que je puisse parler à nouveau. Je le regarde se rasseoir à sa table, à côté de l'indifférent de service qui lève à peine les yeux, et vais me rasseoir à mon tour.
« Alors ? Attaque aussitôt Trina. Qu'est-ce qu'il voulait ?
- S'excuser de m'avoir pété le nez avec un cognard.
- Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Que ce n'était pas de sa faute.
- Et c'est tout ? »
Je lève les yeux au ciel.
« Non, j'ai ajouté que j'avais des visions en ce moment !
- Je veux parler de Black ! Tu lui as demandé pour…
- Oui. Mais il est resté vague. Il m'a dit comme toi. »
Trina acquiesce en regardant leur table, comme si de toutes façons il ne pouvait en être autrement.
« J'aimerais votre attention ! »
Toutes les têtes se tournent vers Dumbledore, qui s'est levé.
Pitié, qu'il ne rajoute pas d'énigme en plus, ou je me pend !
« Comme vous le savez, demain nous fêtons Halloween ! »
Non, je pensais que c'était Noël demain !
Mathilde me lance un regard noir, et je comprends que j'ai pensé à voix haute.
« Pour célébrer ça, j'aimerais que nous fassions cela comme les moldus. »
Trina et Mathilde se tournent vers Clara et moi, qui vivons parmi les moldu (moi à cause de ma mère qui est née-moldue, Clara parce qu'elle est elle-même née-moldue), et nous interrogent du regard.
Je n'ose pas répondre, horrifiée. Dumbledore n'insinue comme même pas que…
Je croise le regard de Clara, qui emble penser la même chose.
Un brouhaha s'élève des différentes tables, venant des élèves qui demandent aux nés-moldus comment les moldus fêtent Halloween.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? Demande Trina. Je ne savais pas que les moldus fêtaient Halloween !
- Bien sur que si, répond Clara.
- Et ils font quoi ? Demande Mathilde, soupçonneuse.
- Ils se déguisent.
- Pardon ? S'exclament Trina et Mathilde en cœur.
- Ils se déguisent, répète Clara.
- En quoi ?
- En sorcière, en zombie, en vampire, j'énumère. Ça dépend. »
Trina et Mathilde ne semblent pas en revenir.
« Et on doit se déguiser en sorcière ? Mais on EST des sorcières !
- Oui, j'avais remarqué figure toi !
- S'il vous plait ! dit Dumbledore d'une voix forte. »
Le silence revient.
« Merci. Donc, comme vous l'ont certainement expliqué vos camarades, les moldus se déguisent. Et vous devez vous demander pourquoi je vous demande de vous habiller comme vous êtes ! Mais je ne veux pas que vous vous déguisiez en VRAI sorcier. Vous devrez avoir un déguisement d'Halloween typiquement moldu, et donc coller à l'idée qu'ils se font des sorciers. Mais pour éviter que vous cherchiez parmi les livres moldus, il y aura un thème précis, qui sera « sorcières et vampires ». Donc, demain soir, je veux toutes les filles en sorcières moldues et tous les garçons en vampires moldus. »
Il se rassoit, et un vacarme assourdissant explose dans toute la salle.
« Quoi ? S'exclame Mathilde. On doit se déguiser ? Comme des gosses ?
- Apparemment.
- Super, je marmonne dans ma barbe. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas humilié en public.
- Moi, je trouve l'idée marrante, finalement, dit Trina avec un grand sourire. »
Je la dévisage comme si elle était devenue folle.
« Eileen, tu sais à quoi doivent ressembler nos costumes ?
- Oui. Quand j'étais petit, on fêtait Halloween comme les moldus. Une idée de ma mère.
- Moi aussi, dit Clara. J'adorais ça. Et ensuite on allait frapper aux portes. Tu y allais aussi ? Me demande-t-elle.
- Non. Ma mère ne voulait pas qu'on sorte seules pour aller voir des inconnus. »
Sursaut de bon sens de ma mère, je dois dire. Mon père se moquait d'elle en disant qu'on ne risquait rien, mais je suis contente qu'elle nous en ait empêché.
Franchement, aller faire semblant de menacer les habitants de la ville déguisés comme des débiles, très peu pour moi.
« Tu crois qu'on pourra garder certains de nos habits ? Demande Trina à Clara, surexcitée.
- Oui, tu peux mettre ton chapeau.
- C'est tout ?
- Je crois, oui. »
Non, j'ajoute intérieurement. Elle peut rajouter son chaudron et son balai, mais je pense que ce serait un peu trop encombrant. Surtout si tous les élèves de l'école ont la même idée.
Un hibou brun que je reconnais aussitôt se pose devant moi, et tend sa patte dans ma direction.
« Oh, qui est-ce qui t'écris ? Demande Mathilde.
- Ma mère. »
Je me sens un peu coupable de mentir à ma meilleure amie, mais c'est pour la bonne cause.
Je décroche la lettre au hibou, et le laisse boire de mon jus de citrouille en la décachetant. Je l'ouvre enfin, et la lis en l'éloignant des yeux suspects de mes amies.
Chère amie Poudlardienne,
J'aimerais te poser une question : es-tu Eileen Meath ?
Répond moi vite
Ton ami Poudlardien.
Et merde !
Comment il a su ? Dans nos lettres, on a toujours fait attention à ne rien dire de nous. On s'en est limité aux cours et aux évènements du château. Je n'ai même pas mentionné que j'avais une sœur.
Ou alors, comme me l'avait fait remarquer Black, après tout, les blondes cyniques ne sont pas si nombreuses…
Qu'est-ce que je dois lui répondre ?
Bisous, et à demain!
