Nouveau chapitre, posté plus tôt cette fois, désolée pour les chapitres précédents. En tout cas, je suis contente qu'ils vous plaisent, et merci encore pour toutes vos reviews!
Bonne lecture
8. Le trône du roi
« Non ! »
Mathilde croise les bras, et fait la moue.
« Mais pourquoi ? Insiste-t-elle. Tu peux bien me le dire !
- Je t'ai dit que c'était un mauvais sort !
- Et je ne suis pas complètement idiote ! »
Je soupire, et ne répond pas. Depuis samedi, elle m'a harcelé constamment pour savoir d'où venait ma couleur de peau. Elle a compris que cette histoire de sort était un bobard, mais je ne veux pas lui dire que c'est Dolohov qui m'a fait ça !
Heureusement, ma peau a retrouvé une couleur normale en un jour. Mais j'ai du rester clouée au lit de l'infirmerie toute la journée dimanche, sous la bonne garde de l'infirmière qui n'a pas voulu me lâcher.
Tout ça sous prétexte que je m'étais enfuie la dernière fois.
Faut pas exagérer tout de même !
Et puis une fois que j'ai bu la potion, je ne vois pas l'utilité de rester dans un lit pendant un jour ! Je pouvais faire la même chose dans mon dortoir, merci bien !
Enfin, en contrepartie de ma séquestration, l'infirmière a accepté que je reçoive des visites toute la journée. Ce qui fait que Mathilde, Clara et Trina ont passées la journée avec moi.
Même Eric, John et les maraudeurs sont venus me voir. Mais je soupçonne les maraudeurs de n'être venu que parce que Lupin est encore plus pâle. Et qu'il est entré à l'infirmerie ce matin.
« Allez ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Je pousse la porte du vestiaire des filles, et entre en levant les yeux au ciel. Elle n'abandonne jamais !
Je pose mon sac sur un banc, et jette un sort de bouclage sur la porte.
Précaution que j'ai prise après l'incident de la rentrée…
« Tu t'enferme ? Demande Mathilde en regardant la porte. Tu as peur que quelqu'un entre ?
- Simple précaution, je marmonne. »
Je commence à me déshabiller, et sors ma robe de quidditch de mon sac.
« Pourquoi Eric vous fait continuer l'entraînement ? Me demande-t-elle.
- Il veut qu'on garde le niveau. »
Elle me lance un regard qui signifie « ce type est un obsessionnel », et j'éclate de rire.
« Peut-être qu'il espère qu'au prochain match, je ne confondrais pas ma tête avec ma batte ! »
C'est à son tour d'éclater de rire. Puis elle semble se rappeler quelque chose, et se tourne vers moi, aussi excitée qu'une gosse.
« Au faite, ça y est ! »
Je finis d'enfiler ma robe.
« Ca y est quoi ?
- J'ai trouvé !
- Tu as trouvé quoi ?
- Le trône ! »
Je lève les yeux au ciel en me retenant de m'enfuir. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas remis son trône sur le tapis !
Et puis la connaissant, elle va encore m'embarquer dans un truc dingue, comme cette fois l'année dernière où elle a décrété que faire du sport était bon pour la santé, et qu'elle m'a réveillé pendant une semaine à cinq heures du mat' pour aller faire du footing dans le parc. En plein hiver !
Elle n'a abandonné finalement que parce qu'à la fin de cette semaine, j'étais au bord de la crise de nerfs et que je lui ai dit franchement que si elle continuait ça, je l'attendrais dans mon lit avec une pelle !
C'est aussi pour ça que je ne lui ai pas dit que j'avais résolue ma première énigme. Elle me harcèlerait pour que je résolve la seconde, et m'embarquerait dans ses théories foireuses.
« Et c'est quoi, d'après toi ? »
Elle me regarde d'un air supérieur.
« Enfin, c'est tellement évident ! Tu ne devines pas ? »
Et voilà qu'elle recommence à me parler par question. Je vais faire un malheur, je vous le dis !
« Mathilde, s'il te plait, explique moi ton idée !
- Le trône, pour le trouver, il faut trouver le roi ! »
Merde. Je ne sais pas pourquoi, je m'attend au pire.
« Et alors ? Je demande à contrecoeur.
- Le roi, c'est le directeur !
- Dumbledore ? Je ne vois pas le rap…
- Son trône, c'est son siège ! Dans son bureau ! »
Elle me regarde avec ses yeux brillants, et j'ouvre la bouche.
Mon Dieu, ma meilleure amie est folle !
« N'importe quoi ! »
Elle fait la moue, et recroise ses bras.
« Tu es jalouse parce que j'ai résolu mon énigme et pas toi ! »
Je me tourne vers elle, mon balai à la main. Je sais parfaitement où elle veut en venir.
« Non ! »
Elle décroise ses bras et joint ses mains.
« S'il te plait, Eileen ! Je ne vais pas y aller toute seule !
- Et qu'est-ce qu'on lui dirait ? Un truc du genre « excusez moi monsieur, mais on peut venir dans votre bureau pour trouver une énigme » ?
- On ira en pleine nuit !
- J'ai dit non !
- S'il te plait, Eileen ! »
Et là, je fais une énorme erreur. Je la regarde dans les yeux.
Elle a pris ce petit air suppliant et triste qui me convainc à chaque fois, et je me sens flancher.
« Bon, d'accord ! Mais je te préviens, t'as intérêt à prévoir ton coup, parce que si on se fait choper…
- J'ai tout prévu ! Ce soir, on sera la discrétion même.
- Ce soir ? Je crie. T'es dingue !
- Allez, tu peux pas me laisser tomber comme ça !
- Ok, ok ! Mais tu me revaudras ça ! »
Elle me saute au cou, et m'étrangle à moitié.
« Merci, Eileen, je t'adore ! »
Je grimace en retour. Je regrette déjà d'avoir accepté.
« Eileen ? »
C'est Eric, impatient, qui frappe à la porte.
« Oui, j'arrive !
- Dépêche, toute l'équipe est déjà sur le terrain ! »
Je m'écarte de Mathilde, et ouvre la porte d'un coup de baguette. Dehors, Eric, ronchon, m'attend patiemment.
« Pas trop tôt ! Dit-il dans sa barbe.
- C'est parce que je suis la seule fille, c'est normal que je mette plus de temps !
- C'est pas plutôt parce que tu discutait avec miss je-hais-le-quidditch ? »
Mathilde le fusille du regard, et Eric lui sourit en retour. Ces deux là passent leur temps à se lancer des vannes depuis que Mathilde, le jour où j'ai passé les essais pour l'équipe en troisième année, a lancé haut et fort qu'elle trouvait ce jeu débile, et qu'elle ne comprenait pas pourquoi je m'y intéressais.
Eric n'était pas encore capitaine, mais il est venu près de nous, et a lancé haut et fort en retour que ceux qui n'appréciaient pas le quidditch étaient soit des débiles, soit des morues.
En clair, on est amis depuis ce jour, et ils s'adorent, même s'ils sont tout le temps en train de s'envoyer des vannes.
« Je devais lui dire quelque chose d'important ! Ca ne pouvait pas attendre, se défend Mathilde.
- Et tu t'es dit que la mettre en retard pour son entraînement était mieux ? »
Mathilde lui tire la langue, et Eric se renfrogne.
Je me mets sur la pointe des pieds, et l'embrasse sur la joue.
« Désolée, je ne serais plus en retard, promis ! »
Et je file sur le terrain, suivis par Mathilde qui est morte de rire, et Eric qui s'est détendu mais dont les joues sont roses.
oOoOoOoOo
« Eileen ! Lève toi ! »
Mathilde chuchote à côté de mon lit, et je me redresse lentement. Apparemment, les autres dorment.
Je me lève lentement, et Mathilde me fait signe de ne pas faire de bruit en me tendant des habits.
« Mais je suis encore habillée, je lui chuchote. »
En plus, c'est elle qui m'a dit de garder mes habits le temps que les autres s'endorment, pour gagner du temps !
« Enfile ça ! »
Elle a haussé le ton, et j'attrape l'habit pour la faire taire. Puis je me mets sur mes pieds, et elle me suit dans la salle de bains. Dans l'obscurité, j'ai du mal à trouver le sens du vêtement, et Mathilde m'aide à l'enfiler en faisant un boucan d'enfer.
« Super discret ! Je commente.
- Chut ! »
Elle remonte une fermeture éclair dans mon dos, et j'essaie de voir mon corps.
« Je rêve ou tu m'as fais mettre une combinaison en cuir ?
- Et alors ?
- Où tu les as eu ? Et pourquoi on doit mettre ça ? Je croyais qu'on allait dans un bureau, pas dans une boite SM ! »
Je l'entends soupirer.
« C'est Clara qui m'a dit que les voleurs moldus s'habillaient comme ça ! Et j'ai cousu moi-même nos combinaisons, alors tu pourrais me respecter.
- Tu les as cousu ? Toi ?
- Oui. Avec un très bon sort ! »
Je lève les yeux au ciel, même si elle ne peut pas me voir.
« Tu es cinglée ! Il ne manque plus que les masques ! »
Elle me tend une paire de bottes, et je les enfile de mauvaise grâce.
On sort du dortoir sur la pointe des pieds, et je suis Mathilde vers la salle commune, désespérée.
Me voilà déguisée en Catwoman (promis, j'arrête les séries télé américaines), embarquée dans une effraction du bureau du directeur en plein milieu de la nuit.
Je n'ai plus qu'à espérer m'en tirer vivante.
On sort ensuite dans le couloir, et Mathilde brandit sa baguette.
« Lumos ! »
Une faible lumière envahit le couloir, et je regarde ma meilleure amie en me retenant d'éclater de rire.
« Le bonnet était obligatoire ? »
Elle me fusille du regard.
« Ca fait partie du déguisement. »
Elle sort un autre bonnet de sa poche, et me le tend.
« Tiens, enfile le tien.
- Tu plaisantes ? J'ai accepté de mettre cette combinaison ridicule, mais tu peux te gratter pour le bonnet !
- Mes combinaisons ne sont pas ridicules ! Je nous trouve plutôt sexy, même ! »
Irrécupérable ! Elle est bonne à enfermer.
Comme je sais qu'on ne doit pas contrarier les fous, j'attrape son bonnet, et me le mets sur le crâne.
« Voilà, t'es contente ?
- Oui. Allez, souris ! C'est l'aventure !
- Et c'était obligatoire de faire l'aventure à une heure du mat' ?
- Oui. Tout est toujours plus amusant la nuit ! »
Bien sur.
« Eteint ta baguette, le concierge va nous repérer !
- Nox. »
Sa baguette s'éteint, et on longe le couloir discrètement, sans faire de bruit. Tout d'un coup, Mathilde se tourne vers moi. On parcourt une dizaine de couloirs, et on se dirige vers la gargouille qui garde l'entrée du bureau du directeur.
« Bon, je dis, on essaye quoi ? »
Mathilde hausse les épaules.
« Un peu tout. Phénix ! »
La gargouille ne bouge pas d'un centimètre.
« Euh, il faut peut-être quelque chose de plus intello, pour Dumbledore, je dis. Métamorphomage ! »
La gargouille est toujours aussi impassible.
« Animagus ! Tente Mathilde.
- Enigme !
- Trône !
- C'est nul ! Essaie plutôt euh… Elfe !
- Encore mieux ! Remarque Mathilde. Licorne ! »
La gargouille n'a pas bougé, mais elle sourit sans retenue, amusée par nos essais.
« Je suppose que vous ne pouvez pas nous aider ?
- Non. Il faut que vous trouviez vous-même, me répond-elle.
- Zut ! Bon, euh, balai !
- Citrouille !
- Vampire !
- Chaudron !
- Baguette !
- Harpie ! »
On crie tout un tas de mots à la gargouille, de plus en plus énervées.
« Encre ! Crie Mathilde.
- Plume en sucre ! »
La gargouille s'écarte aussitôt, souriant de plus belle.
« Enfin ! Dit-elle. Ce n'était pas si compliqué. »
On soupire toutes les deux de soulagement, puis on saute sur les marches de l'escalier qui apparaît.
« C'est super excitant, commente Mathilde ! »
Elle sautille sur place, et je me contente d'acquiescer. Je ne veux pas lui donner raison, mais je commence moi aussi à apprécier notre virée nocturne !
Faut dire aussi que je pensais qu'on ne trouverait jamais le mot de passe !
L'escalier s'arrête, et on monte les dernières marches, débarquant devant une porte imposante en bois.
Je regarde Mathilde, qui hésite autant que moi.
« Bon, je fais. Tu ouvres ?
- Oui… tout de suite… »
Elle lève une main hésitante, et frappe à la porte.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? Je m'écrie, t'es dingue ?
- Mais euh… »
Elle rougit, et semble s'apercevoir qu'elle vient de frapper à la porte d'un bureau dans lequel on compte s'introduire illégalement, et ça en plein milieu de la nuit.
Je me prend la tête entre les mains, puis essaie d'ouvrir la porte moi-même.
« T'es complètement barje, je dis à Mathilde. Fais toi soigner !
- Oui, bon, ça me stresse, tout ça ! »
J'abaisse la poignée, et le miracle se produit : elle est ouverte.
On entre, excitées comme des gosses le matin de Noël, et on regarde le bureau de Dumbledore, nos baguettes devant nous.
La seule fois où on est venues, c'était cette fameuse fois où on avait repeint magiquement la grande salle en rose. Mais c'était il y a deux ans.
Le bureau n'a pas beaucoup changé, a part quelques objets bizarres en plus.
Mathilde attrape une espèce de briquet sur une des étagères.
« Qu'est-ce que c'est, ça ? »
Elle ouvre le couvercle du petit briquet d'argent, et nos baguettes s'éteignent aussitôt. Je me cogne dans un coin du bureau, et gémit de douleur.
« Mais qu'est-ce que t'as fait ? Je demande.
- Je sais pas ! Tout s'est éteint à cause de ce machin ! »
Je l'entends rouvrir le briquet, et nos baguettes se rallument aussitôt. Mathilde repose le briquet sur l'étagère, sans le quitter des yeux.
« C'est quoi ?
- Je sais pas ! Touche plus à rien en tout cas !
- Ok. Bon, il faut examiner le bureau. »
Elle me rejoint devant le beau bureau de bois (chêne, pin, tout ça, moi je fais pas la différence), et on scrute la surface attentivement.
Bon, jusqu'ici c'était marrant, mais comment convaincre Mathilde qu'il n'y a aucune chance pour que quelque chose apparaisse sur ce bureau vu que ses hypothèses sont toutes plus idiotes les unes que les autres ?
Simple, suffit de tourner ça gentiment.
Mathilde contourne le bureau, et commence à regarder en dessous.
« Euh… Mathilde… »
Un bruit m'interrompt, et je sursaute en me tournant vers la porte. Mathilde se précipite à côté de moi, et on se serre l'une contre l'autre.
« Tu as entendu ? Je chuchote.
- Oui. Ca venait du couloir. Tu crois que c'est le concierge ?
- Je sais pas, mais il va voir que la porte est ouverte.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- On file ! »
J'attrape sa main, et je descends les marches sur la pointe des pieds, scrutant le couloir. On débarque dans le couloir, et je sens mon cœur battre dans tous les sens.
Mon Dieu, faites que ce ne soit pas le…
« Eh, vous deux ! »
Le concierge !
Criant de peur, on se met toutes les deux à courir dans le sens opposé, le concierge derrière nous.
« Merde merde merde ! Je m'écrie en courrant. »
On parcourt les couloirs sans savoir où aller, prenant les embranchements et les escaliers au hasard. Je remercie Mathilde mentalement en courrant pour ne pas avoir mis de talons aux bottes, et continue de courir dans tous les sens.
Enfin, on débarque dans le hall d'entrée ?
Apparemment, on a découvert un nouveau couloir…
« Dehors ! S'écrie Mathilde. »
J'acquiesce, et la traîne vers la porte. On franchit les marches, et on s'enfonce vers le lac sans cesser de courir.
On s'arrête enfin devant le lac, et on reprend notre souffle l'une contre l'autre.
« Tu crois qu'il nous a suivis ? Demande Mathilde en haletant.
- Je sais pas. J'espère que non.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
Je hausse les épaules. On est dans la merde, c'est tout ce que je sais.
Un grognement nous parvient, et on sursaute de nouveau. On se tourne d'un même mouvement vers la forêt.
« Qu'est-ce que c'était ? Demande Mathilde.
- Je ne sais… »
Je pousse un cri quand un monstre surgit de l'obscurité.
Puis je m'aperçois que le monstre est en faite le chien qui est venu me voir samedi soir. Il vient vers moi en remuant la queue.
« Salut toi, je dis. Ça faisait un bail !
- Tu as déjà vu ce chien ?
- Oui, samedi soir. »
Je me penche vers le chien, et lui caresse son museau au poil ébouriffé. Mais le chien se dégage avec un jappement, et sautille vers le château.
« Il a l'air un peu fou, me dit Mathilde. »
Le chien revient vers nous, et aboie. J'approche ma main pour le caresser, mais il aboie plus fort et repart vers le château. Je hausse les épaules, et m'assoie dans l'herbe. Mathilde se laisse tomber à côté de moi en soupirant.
« Bon, on a plus qu'à attendre que le concierge ait abandonné les recherches, dit-elle.
- Dans une demi heure, on rentre ! »
Bisous, et à demain!
