Chapitre 10, qui arrive tôt aujourd'hui! merci encore une fois à tous de m'envoyer tant de reviews gentilles et de me soutenir!
Bonne lecture
10. Le réveil
J'ouvre les yeux difficilement, et voie Clara au dessus de moi. Elle a l'air inquiet. Je grommelle quelque chose, et elle se penche plus près.
« Quoi ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est plutôt à moi de demander ça. »
Je me redresse en baillant, et voit Mathilde qui se réveille elle aussi, Trina assise sur son lit.
Mathilde se redresse elle aussi, son bonnet qu'elle a gardé en travers du crâne. Le mien est perdu dans la forêt, je crois.
« Bon, commence Trina, laquelle des deux m'explique ce que vous faite dans cette tenue, et couvertes de sang ?
- Euh. Disons que j'ai entraîné Eileen dans une drôle d'aventure, et que c'est trop long à raconter ! »
Trina fronce les sourcils.
« Vous vous êtes amusées sans nous, et en plus vous ne nous racontez même pas ?
- Ok, ok ! Marmonne Mathilde. Mais c'est un peu long !
- J'ai tout mon temps !
- J'ai cru avoir résolu mon énigme, et on a été dans le bureau de Dumbledore.
- Attend ! C'est quoi le rapport avec son bureau ?
- Je croyais que l'endroit indiqué par l'énigme était son bureau. »
Trina ouvre de grands yeux, puis éclate de rire.
« C'est nul !
- Tu veux que je continue ou quoi ?
- Mais oui ! Désolée, je te promets de plus rire !
- On a réussit à entrer, mais après le concierge est arrivé, donc on s'est enfuis, et on s'est retrouvées dehors.
- Dans le parc ?
- Au début. Ensuite, on s'est retrouvées dans la forêt. »
Clara grimace.
« Beurk ! La forêt interdite ?
- Elle fait flipper !
- Merci, on a remarqué ! Surtout quand on s'est fait attaqué par un cerf ! »
Je croise le regard de Mathilde, et je comprends qu'elle non plus ne veut pas évoquer le loup garou.
« Par un cerf ?
- On entendait plein de bruit, et on a eu peur, alors on est revenues au château.
- Et c'est là qu'on est tombé sur le concierge et Dumbledore, je termine. »
Clara se lève d'un bond.
« Quoi ? Vous vous êtes fait prendre ?
- Oui.
- De quoi vous avez écopé ? Demande Trina, sans cesser de sourire.
- De cinquante points en moins et d'une retenue jusqu'à la fin de la semaine avec Hagrid. »
Trina fait la moue.
« Hagrid ? On dit qu'il est à moitié sauvage !
- Il est peut-être gentil, dit Clara sans y croire. »
Je me lève lentement, et pousse un cri de douleur en posant ma jambe sur le sol. L'entaille n'est peut-être pas très profonde, mais j'ai mal dans toute la jambe.
Je me lève difficilement, et voie Mathilde qui grimace en bougeant son bras.
Elle a une autre coupure dans le cou.
On se regarde mutuellement, puis on se dirige d'un pas traînant vers la salle de bains. J'ai tellement mal au crâne que ma vue se trouble, et en plus ça me donne la nausée.
Je regarde nos deux silhouettes dans le miroir, et je suis sur le point de demander qui sont les deux choses qui nous regardent.
Nos cheveux sont dans tous les sens, et on a des cernes noirs énormes sous les yeux.
Ma joue a du être écorchée quand je me suis ramassée face contre terre, parce qu'elle est entaillée, et que j'ai du sang séché sur le visage. Mathilde a du sang dans le cou à cause de son entaille, et il s'étale jusque sur son menton.
Notre combinaison est dans un sale état, et le cuir pourtant solide est déchiré et sale. Mathilde a une manche lacérée, dont les morceaux sont collés sur son bras par le sang de sa blessure.
Quant à moi, ma jambe est dans un état identique, l'entaille s'étend du haut de la botte au dessus du genou.
Je grimace en touchant ma joue du bout des doigts, et mon reflet fait de même.
J'attrape une brosse, et démêle au moins ma crinière, avant de passer la brosse à Mathilde.
J'ai encore plus mal au crâne !
« J'ai mal aux cheveux ! Commente Mathilde en brossant ses cheveux bruns. »
Elle repose la brosse, et soupire en baillant.
« Suis crevée ! Dit-elle. J'ai mal partout, et j'arrive à peine à traîner ma carcasse.
- Bienvenue au club ! Faut qu'on se traîne à l'infirmerie.
- On vous accompagne ! Intervient Trina. »
Elle a déjà son uniforme, et je me dis que je ne serais jamais en état d'aller en cours. Surtout avec quatre heures de sommeil seulement.
« Ok. Mais j'ai pas la force de me changer ! »
Trina me fixe de travers.
C'est vrai qu'en temps normal, j'aurais préféré mourir plutôt que de traverser le château habillée d'une combinaison de cuir, seulement là je serais prête à faire n'importe quoi, même a y aller à poil si j'ai l'assurance qu'on me donne un truc contre le mal de crâne au bout !
On sort de la salle de bains, puis on descend dans la salle commune.
Aussitôt, les regards se tournent vers nous, et Eric vient à notre rencontre.
« Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Lowe a dit que vous étiez dispensées de cours. »
Je regarde Mathilde, et elle hausse les épaules pour me faire comprendre qu'elle ne comprend pas non plus.
A moins qu'elle s'en foute parce qu'elle a trop mal aux paupières.
« Quand ça ?
- Tout à l'heure. Elle vient de partir. Elle a dit que vous deviez aller à l'infirmerie, et que vous pouviez sauter les cours ce matin, sur ordre de Dumbledore. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a dit qu'elle n'en savait rien, que Dumbledore ne lui avait pas précisé, et que je ferais mieux de me demander pourquoi on a perdu cinquante points en une nuit. »
Il fronce les sourcils.
« Cette vieille pie ! Je m'en fiche des points ! »
Ce que je comprends parfaitement. Eric n'est pas préfet en chef, et n'en a pas le profil. C'est lui qui m'a incité à sécher mon premier cours.
« Alors, qu'est-ce qui vous est arrivé ?
- Trop longue histoire ! Mais je te la raconterais si tu veux une fois que j'aurais pris un truc contre le mal de crâne !
- Ah oui, désolé ! »
Il semble un peu paniqué.
« Oui, allez-y ! Je vous apporterais quelque chose à manger. »
Je lui souris en remerciement (même si mon sourire doit ressembler à une grimace). Ce type est adorable !
Trina me tapote le bras, et on sort de la salle commune lentement, débouchant près du tableau à la coupe de fruits de la cuisine.
Je les suis dans les couloirs sans regarder où je mets les pieds, et c'est le boucan ambiant que me fait comprendre qu'on est arrivé dans le hall d'entrée.
Je lève les yeux, et croise le regard de dizaines d'élèves, qui nous fixent avec curiosité, ou bien en rigolant. C'est sur que deux filles en cuir et pleines de sang, c'est assez singulier.
On traverse silencieusement le hall, quand un cri m'interpelle.
« Eileen ! »
Je m'arrête, et me tourne vers Siana.
« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? »
Elle semble à moitié hystérique.
« Rien, je marmonne, je vais très bien !
- Tu es pleine de sang ! Et Mathilde aussi ! »
Elle a les larmes aux yeux.
« C'est bon, c'est juste quelques égratignures, je me suis battue avec une racine ! Ok ?
- Tu vas à l'infirmerie ?
- Oui.
- Ok. Je t'accompagne !
- Non. Va déjeuner d'abord ! »
Elle soupire, puis hoche la tête.
« Bon, d'accord ! Mais ensuite tu ne pourras pas te débarrasser de moi ! Sauf si tu veux que j'envoie un rapport en règle à maman ! »
Elle file vers la grande salle, et je reprends la route avant que…
« Eileen ? Mathilde ? »
Et merde ! Qui peut bien…
Sans surprise, je vois Potter, Black et Pettigrow s'approcher. J'avais oublié que Lupin est à l'infirmerie. Et j'avais oublié qu'ils se pointent toujours au moment où je voudrais passer inaperçue.
Ils s'arrêtent à notre hauteur, et je vois que Black semble mal en point. Il a un cocard, et les boutons ouverts de sa chemise laissent apercevoir un bandage maladroit sur son torse.
Pourquoi les garçons passent-ils leur temps à se battre ?
Ils devraient apprendre à communiquer ! Comme m… non, pas moi. Mais comme Mathilde !
« Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? »
La question semble de pure forme, mais Black a vraiment l'ai inquiet.
« Longue histoire. Mal crâne. Infirmerie. »
Je leur ai fait la version résumée, mais si je reste une minute de plus ici je m'évanouis !
« Vous voulez qu'on vous accompagne ? »
Plus la force de répondre. Je vacille en me retournant vers les filles, et je sens une main me saisir le bras pour me maintenir sur mes jambes.
Je me tourne en marchant vers Black.
« C'est bon, je m'en sors ! »
Il me sourit en réponse, et serre plus fort mon bras.
On arrive enfin à l'infirmerie, et si j'étais plus en forme, je danserais de joie. On entre avec fracas, et l'infirmière vient nous accueillir aussitôt.
« Vous voilà ! Le professeur Dumbledore m'a prévenu. Mais pourquoi ne vous a-t-il pas envoyé ici hier soir ? Vous êtes dans un état ! A croire que même les professeurs sont inconscients ! »
Elle continue sa tirade en nous saisissant Mathilde et moi par le bras, et nous fait asseoir sur deux lits.
A force, je deviens une habituée de l'endroit ! Elle devrait me faire une carte de fidélité.
Elle revient avec un nombre incalculable de potions et d'onguent, et les pose sur une petite table.
Elle nous tâte le front.
« Comment vous sentez vous ?
- J'ai mal à la tête. »
Elle verse l'une de ses potions dans deux verres, et nous en tend un chacune.
« Buvez ça ! Et jusqu'à la dernière goutte ! »
Je porte à mes lèvres la potion, et la bois en me retenant de la recracher. Ce truc est vraiment dégueu !
Je repose mon verre en grimaçant, et regarde l'infirmière s'occuper de Mathilde.
Elle lui désinfecte sa plaie dans le cou, puis y passe une crème. Elle découpe ensuite sa manche, et s'occupe de sa blessure au bras.
« Avec quoi vous vous êtes fait ça ?
- Avec une branche, en tombant !
- vous êtes salement amochée ! Heureusement, la branche n'a pas ouvert trop loin ! »
Elle applique un bandage sur la longue entaille, et se tourne vers moi.
« A vous ! »
Elle m'attrape le visage, et regarde ma plaie sur le visage.
« C'est en tombant ?
- Oui.
- Bon. La plaie est superficielle. »
Elle désinfecte ma plaie avec un produit qui pique, et je me retiens de lui demander si elle est obligée de me barbouiller de whisky.
« Aïe !
- Ne faites pas l'enfant ! Ça ne pique pas beaucoup !
- Vous n'avez qu'à vous en badigeonner ! »
Elle soupire sans répondre, sûrement par habitude de me soigner ces derniers temps, et me passe une crème sur la coupure.
« Ca pue !
- Ça sent les fleurs !
- C'est bien ce que je dis !
- Pour la dernière fois, mademoiselle Meath, ne faites pas l'enfant ! Et tenez vous tranquille ! »
Je fais la moue, et elle attrape sans ménagement ma jambe, m'arrachant un cri de douleur.
Je suis sure qu'elle l'a fait exprès !
Je la fusille du regard, mais elle découpe le pantalon de cuir sans lever la tête. Je me tourne vers les autres pour obtenir un soutien, mais ils semblent sur le point d'éclater de rire.
« Comment vous vous êtes fait ça ? »
Je baisse la tête vers ma jambe.
« Euh… une branche… »
Je sens mes joues rougir. Il faut vraiment que j'apprenne à mentir.
« Elle avait des griffes, cette branche ? »
Je rougis de plus belle.
« Des griffes ! S'exclame Trina.
- Je croyais que vous n'aviez vu qu'un cerf ! Dit Clara. »
Je croise le regard de Mathilde.
« C'est quel animal qui t'a griffé ? Demande Black.
- Un chien. »
Ils semblent tous soulagés, sauf Black, qui blêmit.
Après tout ça aurait pu être pire ! Si ç'avait été le loup garou, je serais devenue un loup garou aussi !
Je frissonne en repensant à notre nuit, et l'infirmière tourne un peu ma jambe.
« Oui, ça ressemble à des griffes de chien. C'est trop étroit pour des griffes de loup, et les sombrals n'ont pas de griffes d'après Hagrid. »
Les sombrals ?
De quoi elle parle ? C'est quoi un sombral ?
Et puis il semble que finalement, il y a bien de vrais loups dans la forêt.
« L'entaille est profonde, vous avez de la chance que ce ne soit pas infecté ! »
Elle désinfecte la plaie, et je me mords la lèvre pour ne pas crier, les mains crispées sur le drap.
Puis elle sort la crème, et me badigeonne la profonde plaie douloureuse. Elle applique ensuite un bandage, et repose ma jambe.
« Vous avez besoin de dormir, mes petites ! »
Elle nous tend une nouvelle potion.
« Buvez ça, ça vous fera dormir.
- Pas question ! Je n'ai pas sommeil ! »
J'ai tellement envie de dormir que je pourrais m'endormir en marchant, mais je ne veux pas être clouée encore une journée dans cet endroit !
L'infirmière me fusille du regard.
« Buvez ! Tout de suite ! Ou je vous promet de demander au directeur de rallonger votre retenue jusqu'à Noël !
- Vous êtes collées ? Demande Black. »
Je ne réponds pas, tandis que Trina commence à leur raconter notre petite escapade dans le bureau du directeur, puis dans la forêt, et bois ma potion d'une traite.
L'infirmière m'allonge ensuite sur le lit, et j'ai vaguement conscience de poser la tête sur les oreillers, ainsi que de voir Eric entrer avec des petits pains, avant de sombrer dans le sommeil.
Bisous, et à demain!
