Ayant rendez-vous le lendemain dans l'après-midi, les Pilleurs de l'Ombre passèrent une bonne partie de la nuit à répéter. Le lendemain, Seiji marmonna ce qui lui tenait à cœur depuis la veille.

- Il y a juste un problème, les gars. On pue.

- Euh, oui, effectivement, répondit Hisaishi en se tournant vers Odion.

- Mise à part se frotter avec de la neige, on peut pas faire grand chose, répondit Odion en soupirant.

- Seiji-kun a raison. On ne peut pas gâcher une telle opportunité à cause de notre odeur.

Brusquement, Seiji prit une profonde inspiration, retira ses vêtements et sorti dehors, se jeter dans la neige.

Zoltan le ramena par la peau du coup en lui hurlant dessus. Il avait les lèvres bleues et il tremblait en claquant des dents. Shiita l'enroula dans son sac de couchage et lui servit un verre de Sake.

Odion releva soudain la tête, les yeux brillant. Il prit une casserole et sorti à son tour, la rempli de neige et la posa sur le réchaud, poussé au maximum. Il alla ensuite chercher le peu de savon qu'il leur restait et qui leur servait surtout à se laver les mains. Après avoir rappelé -inutilement- à ses camarades d'économiser l'eau et le savon, ils se lavèrent chacun leur tour. Ils enfilèrent enfin leur vêtements de concert, qu'ils ne mettaient que pour cette occasion et qui étaient légèrement parfumés - ils avaient "emprunté" du parfum via les testeurs des magasins de beauté où ils avaient acheté, pour faire bonne mesure, de l'ombre à paupière pour Shiita.

Ils se mirent ensuite en marche, avec leurs instruments, vers l'endroit qui allait peut-être changer leurs vies.

Bouches bées devant la magnifique demeure de leur client, les Pilleurs de l'Ombre laissèrent à Odion le soin de les présenter à leur hôte, une démone sophistiquée, les cheveux noirs relevés en queue de cheval, ses yeux rouges les scrutant un à un.

- Très bien, dit-elle finalement. Votre employeur ne sera pas là pour assister à votre répétition, il s'occupe des derniers préparatifs pour la soirée de demain. Vous allez donc me montrer ce que vous savez faire. Je m'appelle Kagura.

Elle les introduisit dans un petit salon où elle leur tendit trois partitions. Une version modifiée de La danse macabre de Saint Saëns afin d'être adaptée à leur trois instruments.

- Qui va jouer ? demanda-t-elle en les scrutant du regard.

Odion désigna lui-même, Hisaishi et Seiji.

- Très bien. Allez-y.

La démone se montra satisfaite de leur prestation. Néanmoins, les prévint-elle, ils joueraient sur le piano qui se trouvait dans le Grand Salon qui était inaccessible pour le moment à cause des préparatifs. Elle tint ensuite à voir Shiita et Zoltan porter un plateau de verre dans un chemin tracé au sol avec des livres. Pendant cet exercice, elle leur coupa la route, les héla d'un claquement de doigt alors qu'ils mettaient la table et leur fit servir du champagne dans des flutes en cristal.

Elle leur exposa ensuite le programme de la soirée du lendemain, leur expliquant qu'ils auraient des uniformes à porter, et qu'ils travailleraient de 18h, heure à laquelle commençait la soirée, jusqu'à ce que le dernier invité s'en aille. Les musiciens auraient un quart d'heure de pause toutes les quatre heures. Quant aux serveurs, cela dépendrait du service et des invités.

- Ca vous effraie ? demanda-t-elle, comme si c'était une question éliminatoire.

- Absolument pas, répondit Odion. Cela nous est même arrivé de jouer six heures d'affilées. Ce que nous pouvons également vous proposer c'est d'effectuer un roulement. C'est à dire que les musiciens mangeront chacun leur tour pour éviter de faire chuter l'ambiance.

Elle hochait la tête de satisfaction quand un grand démon entra dans la pièce. Costume, veste et cravate blancs, ses longs cheveux noirs et ondulés tombant sur ses épaules, ses yeux naturellement khôlés... Les Pilleurs de l'Ombre devinèrent qu'ils avaient là leur client.

- Messieurs bonjour, les salua-t-il alors qu'ils s'inclinaient profondément. Mademoiselle. Alors Kagura ? Comment ça se passe ?

- Ils sont bien, Naraku, lui dit la démone. Il y a moyen qu'ils fassent quelque chose de correct demain soir.

- Bien, très bien.

Il se tourna vers la fenêtre.

- Ecoutez, continua Naraku, je ne veux pas prendre le risque que vous soyez bloqués à cause de la neige alors vous passerez la nuit ici. Je vais vous assigner un appartement avec tout le nécessaire, ne vous inquiétez pas. La soirée peut être longue alors reposez-vous tout le temps nécessaire. Kagura viendra vous chercher une heure avant le concert pour que vous vous accordiez et prépariez. Soyez prêts.

- Oui, Monsieur, répondit Odion.

- Le salaire dépendra de votre prestation et du retour des invités. Nous verrons cela après la soirée. Bien, vous pouvez disposer. Kagura, met-les au dernier.

Ils montèrent ainsi des volées et des volées d'escaliers. Kagura les rassura en leur rappelant qu'ils avaient tout le nécessaires dans leur appartement et que, au besoin, ils étaient à l'étage des domestiques et qu'ils ne devaient surtout pas hésiter à les solliciter.

L a demeure était un véritable labyrinthe, Zoltan comprit pourquoi leur client, Naraku, les faisaient escorter. Etrangement, ils ne virent pas un seul domestique. D'ailleurs, se demanda Zoltan, pourquoi leur faire faire le service, si ils avaient des domestiques ?

Il en était là de sa réflexion quand ils débouchèrent sur un palier. Le toit partait légèrement en pente sur leur droite. Kagura se dirigea tout au fond du couloir et ouvrit une porte de bois, semblable aux dizaines d'autres présentes à cette étage.

- Bienvenus, leur dit-elle en s'écartant pour les laisser entrer.

Il la remercièrent et pénétrèrent dans leur appartement. Ils entendirent la clé tourner derrière eux.

- Et ben, on risque pas de se sauver, marmonna Odion. Cela étant...

Ils se tournèrent vers la pièce principale. Une cuisine ouverte, une table basse autour de laquelle s'étalaient six coussins, des placards dans lesquels ils trouvèrent des futons moelleux pour le côté pièce à vivre et de la nourriture dans la cuisine. L'appartement comptait aussi une salle de bain avec douche et baignoire ainsi que des toilettes séparées.

- C'est un peu rudimentaire, plaisanta Hisaishi. Mais c'est génial !

- Je peux prendre une douche ? demanda Seiji. Pitié ?

- Vas-y bonhomme, lui dit Zoltan. Moi je vais aider Odion à faire à manger. Hisaishi, tu jettes un œil sur ce qu'ils veulent qu'on joue demain s'il te plaît ?

- Et moi ? demanda Shiita.

- Tu n'auras qu'à aller te laver après Seiji, lui dit Odion. Repose-toi en attendant.

La soirée passa très rapidement. Chacun alla se laver soigneusement, c'était si agréable d'être propre ! Puis Odion leur servi des ramens et ils allèrent se coucher tôt. Odion mit le réveil à six heures, pour une dernière répétition, un bon repas et une bonne sieste jusqu'à quatre heures où ils pourraient se préparer pour la soirée.

Le soir venu, Odion, Hisaishi et Seiji s'installèrent rapidement, au fond de la salle, alors que Shiita et Zoltan filaient en cuisine. Odion resta debout, Seiji s'installa sur le tabouret, Hisaishi devant le piano à queue qui occupait une bonne partie de l'espace réservé. Sur un signe de Kagura, ils commencèrent à jouer, les doigts d'Hisaishi glissant sur le piano tandis que Seiji et Odion se regardaient. Au moment convenu, ils prirent une inspiration et se lancèrent dans la même mélodie, accompagnant en douceur Hisaishi dans une musique lente et douce, le temps que les invités s'installent. Profitant de la liberté de mouvement que lui conférait son violon, Odion se balançait au rythme de son archet et en profitait pour observer la salle. Les tables, rondes, pouvant accueillir six personnes, étaient disséminées dans la pièce. La plupart des convives ne les regardaient pas. Odion eut un soupir qui fit trainer sa note. C'était bien parce qu'ils avaient besoin d'argent… Faire partie du décor ne leur correspondait pas…

Au bout de trois heures et demie, Seiji leur fit discrètement signe qu'il n'en pouvait plus. Ils terminèrent leur morceau. Pendant qu'Odion s'installait au piano dans l'indifférence générale, Hisaishi et Seiji se glissèrent en cuisine. Le fondateur du groupe ferma les yeux. Et il décida d'improviser. Laissant voler ses doigts sur les touches, d'abord lentement puis de plus en plus vivement dans une mélodie qui avait pour seul tempo les battements de son cœur. Au bout d'un quart d'heure, il laissa redescendre le rythme, rouvrant les yeux, enchaînant avec un morceau qu'il connaissait tant qu'il pourrait le faire en observant les démons. Bien évidemment, aucun d'eux n'écoutait vraiment ce qu'il se passait. Il croisa le regard d'un démon loup qui semblait s'ennuyer ferme. Lui seul battait la mesure avec son pied. Le démon lui adressa un signe de tête auquel Odion répondit par un sourire. Il ignorait délibérément Kagura dont le regard insistant lui commandait de se concentrer sur sa musique quand ses yeux se posèrent sur la table de Naraku. Un démon, grand, les cheveux d'un blanc pur, tirant légèrement sur l'argenté, s'était retourné pour le regarder jouer. Troublé par son regard fixe posé sur lui, Odion rata une mesure mais se reprit en enchaînant sur un autre air, appelant ainsi ses camarades à l'aide. Ah, la musique et ses codes… Hisaishi et Seiji achevèrent rapidement leur repas et rejoignirent Odion. Seiji prit le violon, Hisaishi la flute. Et l'air d'Odion se transforma en une valse. Avec surprise, il vit le démon qui les observait se lever et inviter Kagura à danser, en s'inclinant devant elle. Bientôt, toute la salle valsait. Incrédule, Odion tenta d'échanger un regard avec les deux autres mais l'un et l'autre étaient concentrés sur leur instrument. Deux heures passèrent encore quand Odion se décida à prendre une pause. Il retrouva Zoltan en cuisine.

- Ca se passe bien ? demanda-t-il à son ami.

- Ca peut aller. Mis à part le fait que l'on soit complètement transparent. Même les domestiques ne nous regardent pas… Ils nous donnent les assiettes à servir, point.

- Et oui, que veux-tu… Cela dit, on ne l'est pas pour tout le monde...

Il lui parla du démon loup et du démon aux cheveux blancs. Zoltan et lui se penchèrent par la porte, jetant un œil à la salle.

- Tiens, regarde, à la table de Naraku, Shiita est en train de les servir.

Les convives avaient cessé de danser, reprenant leurs places. A côté du démon blanc se trouvait un autre, visiblement plus jeune mais lui ressemblant beaucoup. Il suivit brièvement Shiita du regard quand elle lui tendit une coupe de vin blanc. Puis reporta son attention sur la discussion.

La jeune fille revint rapidement vers eux.

- Ouf ! J'avoue que je commence à être crevée ! Ils ne nous avaient pas dit que les lumières seraient tamisées !

- Non. Dis, Shiita, tu sais qui c'est le grand blanc, là-bas.

- Non, mais il doit être important pour être à la table de notre employeur…

Odion hocha lentement la tête.

Puis il termina rapidement son repas et rejoignit ses camarades.

Le reste du concert se déroula sans incident, les Pilleurs tentant de se surpasser à chaque note.

Enfin, vers 3h, la soirée prit fin. Ils étaient fatigués, avaient les jambes et les bras mous mais globalement, Odion rassura ses camarades en leur disant qu'ils pouvaient se montrer assez satisfaits : ils avaient tout de même réussi à accrocher quelques regards, quelques pieds qui battaient la mesure. Bien sûr, on n'en était pas encore aux foules en délire, plaisanta-t-il mais c'était un premier pas.

Les Pilleurs de l'Ombre patientaient à l'entrée de l'imposante demeure de Naraku, leurs instruments sur l'épaule. Enfin, Odion sorti de l'imposante demeure, l'air déconfit.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive, Odion ? Demanda Zoltan. Il n'était pas content ?

- Oh, si très content. Il est très satisfait et fera peut-être encore appel à nous. Il nous trouve très professionnels pour des humains et nous remercie d'avoir fait le ménage dans l'appartement.

- Et .. ? l'encouragea Hisaishi.

- Et il nous paye en chèque.

- Quoi ? Mais...

- Je lui ai dit que nous n'avions pas de compte en banque. Il est désolé mais il n'a pas de liquide. C'est ça ou rien.

Seiji baissa la tête. C'était un beau rêve, rien de plus.

Déçus, ils prirent le chemin de leur masure, soupirant à la pensée du chemin à faire, de l'ambiance froide de la pièce.

- Attendez !

Ils firent volte face. Odion reconnu immédiatement le démon qui les avaient observé pendant la soirée.

- Je vous ai entendu parler, je suis désolé, je n'ai pas pu faire autrement. Ecoutez, j'ai été profondément séduit par ce que vous avez fait cette nuit et je voudrais vous aider. Puis-je avoir votre chèque, monsieur ... ?

- Appelez-moi, Odion, Monsieur, je vous en prie.
- Très bien, Odion. Attendez, je vais voir ce que je peux faire pour vous.

Et le démon disparut avec le chèque dans l'imposante demeure de Naraku.

- Et si il ne le ramène pas ? demanda Seiji.

- Il n'a pas l'air méchant, répondit Zoltan. Et en plus... il s'est excusé. Un démon qui s'excuse, je n'aurais jamais cru voir ça. De toute façon, que veux-tu qu'on fasse d'un bout de papier ?

- Si Zoltan le pessimiste dit ça, plaisanta Shiita.

L'homme lui tirait la langue quand le démon reparut.

- Voilà ma proposition : Naraku me fait un chèque et je vous reverse l'équivalent en liquide, qu'en pensez-vous ?

- Vous... vous feriez ça pour nous? s'exclama Odion. Mais... pourquoi ?

- Parce que vous m'avez impressionné cette nuit. Et parce que je voudrais que vous acceptiez de jouer à la fête qu'organise ma belle fille dans une semaine. Elle voudrait "l'amour" comme thème. Le délai est un peu court mais je voudrais vraiment que vous acceptiez. Je n'ai trouvé personne qui dont la musique me plaît autant que la votre. Les démons sont imbus d'eux-mêmes et leur musique est fade, les humains trop terrorisés pour enchaîner deux notes. Ecoutez, je vous propose de venir en discuter chez moi, au chaud. J'en profiterai pour vous donner la somme qui vous est due.

Odion échangea un rapide coup d'œil avec ses camarades puis accepta.

A leur grande surprise, le démon les fit monter dans une limousine noire aux vitres teintées. Il leur proposa des boissons et un en-cas. Puis il leur posa des questions. Leurs prénoms, depuis quand ils se connaissaient, depuis quand datait leur groupe, le nombre de concerts qu'ils avaient fait ...

- Dites-moi, est-ce que vous chantez aussi ?

- Oui, oui, Monsieur, répondit Hisaishi -Odion avait la bouche pleine- C'est notre activité principale. Odion et Shiita-chan sont nos chanteurs. Et Zoltan, Seiji-kun et moi les accompagnons en musique.

- Qu'est-ce que vous chantez comme type de musique ? L'amour, ça vous inspire ?

- La plupart de nos chansons sont autobiographique, répondit Shiita. Ou s'inspirent de fait que nous avons vus et qui nous ont marqués. Elles s'inscrivent principalement dans la Pop. Et oui, l'amour nous inspire, répondit-elle en souriant.

- Mais, quelle sorte d'amour ? demanda Odion. L'amour fraternel, familial, fleur bleue, déçu ?

Le démon leur sourit. Pour des humains, ils étaient vifs. Il était satisfait d'avoir su les mettre à l'aise. Peut-être même que… il réalisa soudain qu'il n'avait pas répondu à la question d'Odion.

- Elle n'a donné que ce mot. J'imagine qu'il peut regrouper tout ce que vous avez dit. Alors, êtes-vous intéressés ? Au niveau du délai, ça ira ? Sinon, je peux la convaincre de le décaler.

Seiji n'en croyait pas ses oreilles. Ce démon s'excusait, les aidait, leur proposait un contrat, les faisait monter dans sa limousine, s'intéressait vraiment à ce qu'ils faisaient et s'adaptait même à leur contraintes... Mais qui était-il ?

- Oui, nous sommes intéressés, répondit Zoltan en souriant. Au niveau du délai, ça ira. Nous répétons régulièrement.

- Combien de temps Naraku vous avait-il prévenu pour cette soirée ?

- Deux jours.

- Deux jours ?! s'exclama le démon, outré.

* Ce genre de choses arrivent régulièrement. On fait souvent appel à nous en dernière minute en guise de remplaçants par exemple.

La limousine s'arrêta enfin devant un portail en fer forgé surmonté d'un T portant en guise de chapeau un rond noir rempli d'ivoire. Au loin, dans le parc immense, cachées derrières les arbres, on devinait les formes d'une demeure au moins aussi imposante que celle de Naraku.

- Je vais chercher votre argent. Je vous laisse discuter entre vous en attendant.

Pas besoin de discussion. Les Pilleurs de l'Ombre étaient unanimes. Chanter, c'était leur gagne-pain et leur passion. Si ils commençaient à faire les difficiles, il n'étaient pas sortis de l'auberge comme disait Zoltan.

Quand le démon revint, Odion lui signifia qu'ils étaient d'accord. Le démon sourit et sorti du porte-document qu'il avait emmené avec lui une feuille de papier blanc. Un contrat. Le tout premier de leur carrière ! Odion le lut attentivement, ouvrant de grands yeux devant le salaire promit, deux fois supérieur à celui que Naraku leur avait accordé, détaillant les conditions et finalement, signa au nom du groupe. Le démon signa à son tour puis il tendit la main à Odion. Ce dernier hésita un instant.

- Dans le milieu des affaires, quand un contrat est conclu entre deux parties, il est d'usage que les deux parties se serrent la main, dit le démon en riant. Ce ne sont pas mes griffes qui vous effraient j'espère ? Je ne suis malheureusement pas un chat, je ne peux pas les rétracter.

- Non, non Monsieur, pas du tout, dit Odion en lui serrant la main.

- Je sais ce que vous pensez, lui dit le démon en lui tendant une enveloppe avec son salaire. Un démon qui serre la main d'un humain ? Oui, Pilleurs de l'Ombre, je serre la main des humains, je les emploie, je les paie. Il n'y a pas de raison, n'est-ce pas ? Tout travail mérite salaire.

- Oui, Monsieur.

- Parfait.

Il tapa à la vitre de la limousine :

- Sôta, ramène-donc les Pilleurs de l'Ombre chez eux.

- Bien, Monsieur Taishô.

- Messieurs, mademoiselle, au plaisir de vous revoir. Je reprendrai contact avec vous dans la semaine pour les modalités. Répétez-bien, termina-t-il en souriant.

- Sôta, le chauffeur, déposa les Pilleurs de l'Ombre au bout de leur rue, ces derniers ne souhaitant pas que le chauffeur de leur employeur voie dans quelle misère ils vivaient. Malgré la neige accumulée sur la route la voiture n'avait glissée ni à l'aller ni au retour. Ils poussèrent la porte de leur refuge et Zoltan pressa Odion de question, il avait bien vu que son ami avait pâli.

- Alors, qu'est-ce que t'as ? Tu es blanc comme un linge depuis qu'on est parti.

- Taishô... Notre employeur est Monsieur Taishô...

- Oui, et alors ? demanda Seiji.

- Taishô-sama est... le dirigeant de cette partie du pays... C'est un Daiyôkai… Son titre exact est le Seigneur des Terres de l'Ouest...

- QUOIIIII ?

- C'est lui ?

- Oh mon dieu, on va bosser pour le Seigneur des Terres de l'Ouest...