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Bonne lecture
12. Affrontement
« Tu es au courrant ? »
Je lève un sourcil. De quoi elle parle ?
« Mathilde, de quoi tu parles ?
- Il va y avoir un bal, pour Noël !
- Et en quoi c'est censé m'intéresser ?
- On ne peut y aller qu'à partir de la cinquième année. C'est super, y aura presque personne !
- Tu parles ! Dis Trina en se retournant, je suis sûre que tous les élèves de cinquième, sixième et septième année vont rester exprès pour les vacances !
- Mesdemoiselles, je vous dérange ? »
Le prof d'histoire de la magie, Binns, lève la tête (ce qui est rare chez ce fantôme impassible) et nous fixe de son regard meurtrier.
« Euh non, on parlait des… gobelins ! Invente Trina.
- Cinq points en moins pour Poufsouffle pour ce mensonge ! Et maintenant, on reprend le cours, si vous le voulez bien ! »
Il rebaisse la tête vers ses notes, et Trina tire la langue en le fixant.
« De toutes façons, je suis coincée ici pendant les vacances, maman m'a écrit ce week-end. Alors je suppose que je serais obligée d'aller me montrer à cet affligeant bal grotesque ?
- Tu le trouves affligeant parce que tu iras seule !
- Toi aussi.
- Non. J'irais avec Greg.
- Qui ?
- Mais si, ce Serdaigle qui me plait !
- Il t'a invité ?
- Non. Mais s'il ne le fait pas, j'irais lui demander. »
Je me mets à tousser.
« Tu quoi ? Je siffle. Hors de question ! Une fille ne demande pas à un garçon de sortir avec elle. C'est à lui de se bouger !
- Il ne sait même pas que j'existe ! En plus, l'affiche pour le bal y est depuis seulement ce matin.
- De toutes façons, je me fiche de ne pas avoir de cavalier. Et Clara non plus n'en a pas. »
Pas la peine de parler de Trina, je suppose qu'elle ira avec John, vu qu'ils filent le parfait amour ! D'ailleurs, je trouve étrange que Clara n'en ai pas, vu qu'elle est super jolie ! Et elle a les yeux bleus les plus beaux qui soient !
« Invite Lu…
- T'es dingue ? J'irais seule, ça ne me dérange pas ! Et puis qui s'étonnera que Meath-la-vache n'ait pas de cavalier ? »
Depuis la semaine dernière, j'ai toujours du mal à digérer que mes soit disants amies ne m'aient jamais parlé de ce surnom ! Il a fallu que cette garce de cinquième année me le dise !
Et je suis sûre que elle, elle en aura un, de cavalier !
On se fusille du regard chaque fois qu'on se voit, et j'attends toujours une occasion de me venger !
Mais je n'ai pas parlé d'elle à Mathilde, elle me traiterait d'associable. Elle lève les yeux au ciel à chaque fois que je m'embrouille avec quelqu'un, comme si c'était ma faute !
En plus, je ne me suis embrouillée qu'avec Dolohov et cette peste depuis la rentrée. Ce qui est relativement peu.
Maman serait fière de moi.
Bien sûr, je me serais bien passée de sa lettre de la semaine dernière, dans laquelle elle me félicitait d'être une vraie cause perdue pour la discipline, et que je verrais quand je rentrerais ce qu'il en serait de mes « balades nocturnes », pour reprendre ses propres mots. En bref, elle n'est pas contente.
Elle m'a même menacée de m'envoyer une beuglante, la prochaine fois.
Et c'est dans cette adorable lettre qu'elle me signalait que Siana et moi devions rester à Poudlard pour Noël, vu qu'elle compte se rendre au bureau de papa à Londres, où il resterait certaines de ses affaires.
« Oh, allez, tu plais à beaucoup de garçons !
- Laisse tomber, je te dis ! En plus, ça m'évitera de chercher une robe !
- Tu rigoles ? Si tu viens, même sans cavalier, il te faut une belle robe ! Et ne pas avoir de cavalier est une raison de plus ! Pour leur faire regretter de ne pas t'avoir invité !
- Oui, bon, j'achèterais un petit truc.
- Il ne reste plus qu'un peu plus d'un mois. Mon Dieu ! Il faut qu'on se dépêche ! »
Je soupire.
« Pitié, ne te transforme pas en gourde !
- Je veux juste une jolie robe ! »
Je me tourne vers le tableau pour toute réponse et me plonge dans l'histoire passionnante que le prof nous raconte. En tout cas, une chose est certaine : ce bal ne sera pas un soucis pour moi ! J'ai déjà assez d'ennuis.
La sonnerie annonçant la fin des cours retentit, et je commence à ranger mes affaires. En sortant de la classe, je tombe sur l'amie de Siana, qui semble m'attendre.
« Eileen ! »
Elle a la voix tremblante, et je m'aperçois qu'elle est assez pâle.
« Oui ?
- C'est Siana… »
Je sens mon estomac se nouer.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ?
- Elle est à l'infirmerie.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Ma voix monte dans les aigus, et je commence à paniquer. S'il vous plait, faites qu'il ne lui soit rien arrivé de grave !
« Elle s'est disputé avec ce type de la dernière fois, le Serpenta… »
Je n'écoute pas la fin de sa phrase, et pars en courrant.
« Eileen ! Où tu vas ? »
Je ne me retourne pas pour répondre à Mathilde, et continue d'avancer sans m'arrêter, tel un automate.
J'ai l'estomac qui est tombé dans mes chevilles, et mon cœur bat contre ma poitrine.
Mes jambes me guident, sans que j'aie besoin d'y réfléchir.
Dans le hall d'entrée, des élèves sont amassés devant le tableau d'affichage.
Une affiche annonce :
Soir de Noël
Un bal est organisé
A partir de vingt heures
Sont autorisés à y participer les élèves à partir de la cinquième année, sauf si invitation
Je bouscule quelques élèves pour passer, et continue mon chemin, prenant l'escalier qui mène à la salle de métamorphoses.
Je ne sais même pas d'où je sais qu'il a cours là.
J'arrive devant la porte, d'où les élèves continuent de sortir, et le voie.
Négligemment appuyé contre un mur, il discute avec ses amis, sans me voir.
« Dolohov ! »
M'entendant crier, il tourne son visage vers moi, et a un rictus mauvais. Il doit être fier de ce qu'il a fait !
Je serre les poings.
« Tu es mort ! »
Et avant même d'y avoir réfléchis, je me jette sur lui. Littéralement.
Je lui envoie mon poing dans la figure, ce qui le fait partir en arrière. Il attrape mon uniforme, et je tombe à la renverse, l'emportant avec moi.
Je le roue de coups de pieds comme je peux, tandis qu'il m'arrache les cheveux pour m'écarter.
« Lâche moi, espèce de tarée ! Mugit-il. »
Tout en tenant mes cheveux d'une main, il m'envoie son poing dans le ventre.
Son coup me coupe le souffle, et je crie de rage en enfonçant mon poing dans son ventre.
Il grimace légèrement sous ma faible force, et tire plus fort sur mes cheveux en me saisissant un bras.
Il me tord le bras, et j'envoie mon genou en essayant de viser son entrejambe, ce qui n'est pas évident quand on est allongée sur le sol.
J'atteins tout de même son point sensible, et il lâche mes cheveux pour protéger son point blessé. Il tient toujours mon bras, et me le tord un peu plus.
Et c'est là qu'on nous sépare.
Deux bras le saisissent par les épaules et le relèvent, tandis que deux autres bras solides me ceinturent et me relèvent sans délicatesse.
« Lâchez moi, je crie. Je vais le tuer !
- Calme toi ! Me dit la voix de Black dans mon cou. »
Black ! Qu'est-ce qu'il fait là ?
Je vois que c'est Potter qui tient Dolohov fermement. Ils doivent avoir le cours en commun avec les Serpentards.
Je me débats pour me libérer, et Black me serre plus fortement contre lui.
J'ai envie de vomir à cause du coup de poing que j'ai reçu, mon poignet me fait mal, et j'ai les cheveux dans tous les sens. Dolohov, lui, a le nez en sang, et grimace encore de douleur de mon coup de genou.
Je sens Black me tirer à l'écart, sous le regard des curieux.
Enfin, on arrive dans un autre couloir, et il me libère. Je me dégage, furieuse.
« De quoi tu te mêles ? »
Il me fait face, et fronce les sourcils.
« Enfin, tu es dingue de t'attaquer à lui ? Il est deux fois plus gros que toi !
- Ça ne te regarde pas !
- Je peux savoir ce qui t'a pris ?
- Il a attaqué ma sœur !
- Et tu t'es dit que tu allais te faire casser la gueule toi aussi pour être assortie ? »
Il m'énerve !
« Non, je n'ai pas réfléchis, je voulais juste qu'il paye c'est tout ! Il s'en est pris à une fillette de onze ans ! »
Il soupire.
« Je sais. Mais tu n'as fait que le mettre encore plus en rogne. Il va se venger. Tu aurais dû en parler à un professeur, ça ne t'est pas venu à l'esprit ? »
Franchement ? Non.
Parce que je m'inquiétais pour ma sœur.
« Non, je dis tout bas. J'ai réagis au quart de tour. Je sais que c'était bête, mais de savoir ma sœur à l'infirmerie, ça m'a rendu dingue ! »
Et voilà que j'ai les larmes aux yeux !
Je me transforme en mauviette ou quoi ?
Je m'essuie discrètement les yeux du bout des doigts.
Black me sourit gentiment.
« Ce n'est pas une honte de pleurer. »
Je rigole en reniflant.
« Si. »
Je n'ai pas pleuré depuis au moins trois ans.
La dernière fois, c'était quand j'ai appris la disparition de mon père. Depuis, j'ai toujours gardé les yeux secs.
Les larmes, c'est pour les bébés.
Il rigole doucement en secouant la tête.
« Tu joues toujours les dures ?
- Toujours. »
J'ai encore plus envie de pleurer, je ne sais pas pourquoi.
Si il pouvait partir ! Je ne veux pas qu'il me voie pleurer.
« Désolée.
- T'excuse pas. C'est ta sœur, et tu l'aimes. »
Il me fait un clin d'œil complice.
« Même si tu prétend le contraire !
- Faut bien que je la protège. Elle voudrait faire croire qu'elle est forte… »
Ma voix se perd dans un sanglot, et je fonds en larmes, comme une idiote.
Je renifle en m'essuyant encore les yeux, et je sens une main m'essuyer la joue. Je lève mes yeux humides vers Black.
« Tu dois me prendre pour une idiote.
- Non.
- Merci.
- De quoi ? De ne pas te prendre pour une idiote ?
- Oui. »
Il éclate de rire, et ouvre doucement ses bras.
« Allez, viens ! »
Je me repose contre lui naturellement, et laisse libre cours à mes larmes.
Je sanglote contre son torse, comme une gamine, et curieusement, je me sens réconfortée entre ses bras qui m'entourent et me caressent le dos.
Il me berce doucement, et je me sens apaisée.
Je me calme enfin, et m'écarte légèrement en levant les yeux vers lui.
Je suis de taille moyenne, mais lui est gigantesque, je lui arrive juste à l'épaule. Encore une injustice incroyable !
« Désolée, je répète en reniflant. »
Il me tend un mouchoir.
« Tiens. »
J'attrape le mouchoir en papier, et me mouche bruyamment. Puis je me mets à rire.
« Tu avais prévu un stock au cas où ?
- J'ai toujours des mouchoirs au cas où une harpie se mettrait à pleurer, dit-il gentiment.
- Hé ! »
Je lui donne un coup de poing sur l'épaule.
« Je ne suis pas une harpie.
- Non, tu es… c'était quoi, le terme ? Ah oui : cynique.
- Ce sont les mots de mes amies, pas les miens ! »
Il fait mine de ne pas écouter.
« Pardon, tu disais ?
- Que tu peux vraiment être un babouin parfois. »
Il me regarde en fronçant les sourcils, sans perdre son sourire.
« Babouin ? Ça faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé comme ça. Je devrais peut-être t'appeler de nouveau la sauvage ?
- Tu devrais plutôt m'appeler la vache, si je suis bien informée. »
Il fronce les sourcils, sans sourire cette fois.
« Quoi ? La vache ? »
Je secoue la tête.
C'est sortit tout seul, je ne sais pas pourquoi. Et je regrette d'avoir sortit cette bêtise. En plus, s'il ne connaissait pas mon surnom, maintenant j'ai vendu moi-même la mèche !
« Laisse tomber, je dis des bêtises !
- Comment ça ? Qui t'appelle la vache ?
- Pas toi, j'espère ? Je dis en rigolant.
- Je suis sérieux. Il y a des gens qui t'appellent la vache ?
- Il paraît. »
Je hausse les épaules. Comme si je m'en fichais. Et je m'en fiche. N'est-ce pas ?
« Après tout, je suis une garce, non ? Je dis en souriant. »
Il secoue la tête.
« Je trouve ça nul, comme surnom !
- Y a pire !
- Et tu n'es pas une vache. »
Je fais mine d'être soulagée.
« Tu me rassure, je commençais à me voir pousser des taches noires ! »
Il rigole, et je tourne les talons.
« Bon, je vais voir comment va ma sœur. Merci encore !
- De rien.
- Ah, et si tu pouvais ne pas raconter que j'ai pleuré… »
Je rougis, et il lève un pouce dans ma direction.
« Je suis une vraie tombe ! Comme pour le reste. »
Je rougis de plus belle en m'en allant, tandis que son rire me parvient.
oOoOoOoOo
L'estomac à nouveau serré, je pousse la porte de l'infirmerie. Qui sait dans quel état est ma sœur ?
J'ai à peine fais un pas à l'intérieur que Mathilde me saute dessus.
« Où tu étais passé ? Tu es partie comme une furie ! »
Je prends un air dégagé, même si je me doute que mes cheveux ébouriffés et mon uniforme débraillé ne trompent personne.
« Euh… je… »
Mathilde fixe enfin mon uniforme défait.
« Tu t'es battu ? »
Elle a parlé de sa voix douce et discrète, et je regarde par-dessus son épaule sans répondre. Je croise le regard de Trina, Clara, Siana et son amie, qui me dévisagent.
Je me précipite à côté de ma sœur.
« Comment tu vas, qu'est-ce qu'il t'as fait ? »
Je l'observe sous toutes les coutures, mais je la trouve en bon état, assise sur le lit tranquillement.
« C'est bon, me dit-elle en m'écartant, je n'ai rien !
- Mais je croyais que…
- Si tu n'étais pas partie crier vengeance sans écouter Anna, tu aurais entendu qu'il m'a juste envoyé un sort de saucissonnage. »
Je fronce les sourcils.
« Mais alors qu'est-ce que tu fais ici ?
- Son sort m'a fait tomber et je me suis tordue la cheville, c'est tout !
- Et pourquoi tu m'as fait prévenir ?
- Parce que si tu l'avais appris par quelqu'un d'autre, tu serais montée sur tes grands chevaux ! Mais apparemment, tu es comme même allée te jeter sur Dolohov ! »
Je rougis. Elle a raison, je lui en aurais voulu de ne pas me prévenir.
« Alors, dit Trina, tu t'es battue avec lui ?
- Oui. J'étais tellement énervée que je me suis jeté sur lui sans baguette. »
Elle grimace.
« Un combat moldu ? C'est vulgaire !
- Qui a gagné ? Demande clara.
- Personne, on nous a séparé. »
Mais je crois que je vais éviter d'évoquer les maraudeurs, et ma crise de larmes dans les bras de Black.
« Mais pourquoi il s'en est pris à Siana ? Demande Mathilde. Je croyais que votre petite guerre était terminée ? »
Je rougis.
« Euh, pas tout a fait…
- C'est-à-dire ?
- Tu te souviens, tu voulais savoir d'où me venait ma couleur de peau ?
- Quoi ? C'était lui ?
- Oui. Et il est partit avec des furoncles sur la tronche ! »
Elle soupire.
« Pourquoi ça ne m'étonne pas ?
- C'est lui qui a commencé !
- Tu es une vraie gamine ! »
Gamine ?
Je devrais me laisser faire par cet espèce de gorille débile ?
« Oui, bon, il faut bien que je mérite mon nom, non ? »
Mathilde éclate de rire.
« Je t'aime bien quand même, va ! »
Je souris en fronçant les sourcils, et soupire intérieurement de soulagement qu'elles n'aient pas vu mes yeux rouges.
« Bon, je ne compte pas m'éterniser ici ! »
Je me redresse, et Mathilde fait de même, pendant que Trina et Clara se lèvent.
« Moi non plus, ronchonne Siana, mais l'infirmière ne veut pas me lâcher avant au moins une heure ! »
Elle fait la moue, et Mathilde me fait un clin d'œil en me poussant dehors.
« Tiens, ça me rappelle quelqu'un ! »
Je la fusille du regard pendant qu'on marche dans le couloir.
« Epargne moi tes commentaires ! Cette infirmière est un vrai fléau !
- Bien sur !
- Eileen ! Attends ! »
Je m'arrête et sourit à Lupin. Il a meilleure mine depuis qu'il est sortit de l'infirmerie samedi.
« Je peux te parler ?
- Oui. »
Je fais signe aux filles de continuer sans moi, et elles disparaissent au coin du couloir, sur un dernier clin d'œil de Mathilde qui articule silencieusement « fonce ».
Je me tourne de nouveau vers Lupin, qui a l'air gêné.
« Alors… tu voulais me parler ? »
Il plante ses yeux doux dans les miens, et je me tais. Il ouvre la bouche, hésitant.
« Je voulais te dire…
- Oui ? »
J'ai le cœur qui bat contre mes côtes, et mes oreilles bourdonnent.
« Voilà… je suis amoureux. »
Oui, je sais ce que vous allez me dire!
La fin est assez... enervante! Mais la suite arrive dès demain! Patience
Bisous
