Voilà enfin le chapitre tant attendu avec le bal! Ou du moins, avec sa première partie
Bonne lecture! Et merci encore pour toutes vos reviews!
20. Préparation
Trina se plante devant Clara et moi, bras écartés.
« Alors ? De quoi j'ai l'air ? »
D'une abrutie. Incontestablement.
Allez Eileen. Cherche en toi le courage, et les mots qu'il faut pour lui dire gentiment.
A côté de moi, Clara à la bouche ouverte. La pauvre. Elle doit être trop choquée.
« T'as jamais eu l'air aussi con ! Dit Mathilde en revenant de la salle de bains. »
Clara se retient de pouffer, et j'éclate de rire, m'enfonçant dans le matelas du lit de Clara un peu plus. Le visage de Trina se décompose, et elle porte une main à la chose qui lui tient lieu de chapeau.
« Vous n'aimez pas ?
- Euh, je commence, c'est que… »
Clara hoche la tête pour approuver mon manque d'éloquence.
« A ce point là ? Insiste Trina. »
Elle a des yeux larmoyants, et j'espère pour elle que le mascara dont elle vient de se mettre dix couches est water proof.
« Mais d'où tu sors cette chose ? Je demande pour changer de sujet. »
Appréciez mon civisme, quand même. Je change de sujet du tout au tout là !
« Je l'ai commandé. C'est la dernière mode ! »
Je hoche la tête, comme si c'était évident.
« Chez les phacochères ? »
Elle me jette un oreiller qui traînait par là à la figure.
« C'est malin ! Bon, je suppose que je ne devrais pas le mettre ? »
Bien sur que si. Un peu d'animation, c'est toujours bon à prendre dans ce genre de bal. Mais si elle veut survivre à la soirée sans finir en photo dans les albums souvenirs de la majorité des élèves de l'école, elle a plutôt intérêt à enlever l'alien qui lui dévore la tête.
Elle l'enlève en boudant, et le pose soigneusement sur son lit. Elle ferait un tabac avec ça dans les Halloween moldus. Clara fixe le chapeau avec dégoût, se demandant apparemment si elle peut le toucher sans danger.
J'essuie mes larmes de rire, et Mathilde me regarde en fronçant les sourcils.
« Ton mascara va couler. »
Je hausse un sourcil en me redressant.
« Je ne suis pas maquillée. »
C'est un détail, mais je pense qu'il est important qu'elle le sache. Au cas où elle aurait l'intention d'aller voir un ophtalmologue.
« Non, approuve-t-elle, et tu n'as pas ta robe non plus ! »
Je soupire. J'aurais dû savoir qu'elle voulait en venir là.
« Le bal est dans deux heures.
- Justement, il ne te reste que deux heures pour te préparer. »
Je prends une fausse mine horrifiée.
« Non ! Tu crois que je vais avoir assez de temps pour enfiler ma robe ? »
Même en le faisant exprès, je ne vois pas comment je pourrais prendre autant de temps pour mettre ma robe, me maquiller et…
Bon, ok, il me faudra un peu de temps pour mes cheveux. Mais je m'en fiche qu'ils restent indisciplinés. Ça fait leur charme. Et mon ami Poudlardien s'en fiche.
Non ?
Je me lève, et attrape Mathilde par le bras.
« Si je te demande un truc, tu peux m'aider ? »
Elle a un sourire ravi.
« Bien sûr ! Qu'est-ce que tu veux ? »
oOoOoOoOo
« Aïe ! Je crie encore une fois. Fais attention ! »
J'entends Mathilde soupirer sur mon épaule.
« Arrête de faire la gamine, et tiens ta tête droite ! »
Je grimace de douleur tandis qu'elle tire un peu plus sur mes cheveux pour les enduire de son produit bizarre. Quand je lui ai demandé de me coiffer, elle a sauté tellement haut qu'elle a dû en laisser un trou dans le plafond. Et elle s'est jetée sur sa valise et celle de Trina, pour en sortir une demi douzaine de flacons de produits que je ne connaissais même pas.
« Je t'ai demandé de me coiffer, pas de me lifter !
- Arrête de dire des bêtises ! »
Elle relâche un peu mes mèches douloureuses, mais pour me percer un tympan.
« Trina ! T'en es où ? »
Bien sûr, j'ai demandé à Mathilde sur le ton de la confidence de m'aider.
Elle a donc tout de suite demandé de l'aide à Trina, pendant que Clara se prépare lentement en venant se moquer de moi de temps en temps.
Rappelez moi pourquoi elles sont encore mes amies ?
Trina revient de la salle de bains, une serviette toujours autour des cheveux, et une nouvelle armée de pinceaux et de tubes dans les mains. Elle se penche sur moi, et je fonce les sourcils.
« Dégage avec tes trucs ! »
Elle soupire, et lève les yeux vers Mathilde.
« Je veux juste te…
- Barbouiller, oui, j'avais compris. Mais je peux me maquiller toute seule, merci bien.
- Même pas un peu de…
- Non ! »
Elle boude, et se relève, en emportant ses tubes malsains.
Non mais. Du coup, elle attrape Clara au bond, alors que celle-ci sort de la salle de bain, vêtue de sa jolie robe bleue assortie à ses yeux.
« Et voilà ! »
Je me retiens de demander à Mathilde si elle a effectivement réussi à m'arracher jusqu'au dernier cheveu, et me lève de ma chaise. Je me place devant le miroir de la salle de bain, et pousse un sifflement admiratif.
« Waw ! »
Mathilde se met derrière moi, et me regarde par-dessus mon épaule.
« Oui. Je dois dire que je suis fière de moi. »
Bon. Finalement, elle peut rester mon amie. Mes cheveux, loin de ressembler à leur crinière habituelle, tombent parfaitement souples et lisses dans le creux de mon dos. J'ai la raie sur le côté, et une tresse très fine glisse au milieu de mes cheveux.
« Merci, je dis à Mathilde. T'as réussis à faire quelque chose de ma crinière. »
Elle lève les yeux au ciel.
« Arrête de l'appeler ta crinière ! Tu as des cheveux magnifiques. »
Je fais la moue à mon reflet. On ne doit pas avoir la même notion de magnifique. Non seulement ils sont indomptables, mais en plus certaines des mèches ondulent un peu. Je vous jure !
Ça me fait donc une sorte de crinière rebelle qui heureusement m'arrive à la taille, parce que sinon le tout volerait en lévitation au dessus de mon crâne.
« Bon, je vais mettre ma robe ! »
Elle me suit d'un regard curieux, et je souris en allant chercher l'étoffe emballée dans mon armoire. Je la sors, et ferme les rideaux de mon baldaquin pour l'enfiler.
Je sais que Mathilde est impatiente de la voir, vu que j'ai refusé de sortir de la cabine hier. Non mais et puis quoi encore ? Je n'allais certainement pas me montrer à moitié nue alors que Black attendait tranquillement à côté !
Du coup, j'ai choisi toute seule ma robe. Et j'espère avoir fais le bon choix.
J'enfile la robe, et me bats un instant avec la fermeture éclair. Puis je me redresse et ouvre mes rideaux. Je rejoins mes amies dans la salle de bain, et Mathilde jette un regard appréciateur à ma robe.
J'en conclue qu'elle est pas si mal.
Au moins un truc de rassurant. Parce qu'allez savoir pourquoi, mais je suis de plus en plus stressée par cette soirée. Sans doute à cause du Poudlardien…
N'importe quoi. Qu'est-ce que je raconte ? C'est parce que je vais devoir apporter illégalement de la nourriture à une dizaine de gosses décérébrés.
Sauf ma sœur bien sur. Elle est très intelligente. Mais elle pense avec son estomac.
Je me maquille soigneusement en poussant du coude les trois autres greluches devant le miroir, puis applique une dernière couche de rouge à lèvres d'un rouge pétant.
Je m'écarte légèrement pour me regarder, et on se retrouve toutes les trois côte à côté à observer notre reflet, aussi stressées les unes que les autres.
Mathilde, à ma droite, porte une main à son chignon orné de petites fleurs du même bleu que sa robe.
Clara, elle, inspire à fond, soulevant le voile léger qui orne le devant de sa robe verte, tripotant la fleur blanche sur le côté de sa coiffure.
Trina, elle, sourit, mais je comprends pourquoi. Sa robe moulante rouge, qui ne s'évase qu'à partir des genoux, lui va à ravir. Elle a laissé ses cheveux noirs détachés, et les a coiffés dans une sorte de crinière qui ressemble à s'y méprendre à celle que j'arbore d'habitude. La seule touche claire sont ses yeux bleus.
Je soupire, et fixe mon reflet. Ma poitrine est moulé par le tissu marron glacé brillant, et est soutenue par un ruban noir noué dans mon dos. La robe moule mes hanches légèrement, puis tombe autour de mes talons.
« Bon, je dis. On est prête. »
Elles acquiescent, mais aucune de nous ne bouge.
« On va devoir y aller. »
Elles acquiescent de nouveau, et Trina est la première à bouger.
Elle fait quelques pas, et écarte les bras comme une star.
« Allez les filles ! S'exclame-t-elle. Ce soir, on s'éclate ! »
Je me mets à rire, et on la suit vers la sortie de notre chambre.
Une dernière prière, Eileen ?
Oui. Ne pas me casser la gueule avec ces talons gigantesques. Et bien sûr, survivre à la soirée sans m'humilier.
Autant dire mission impossible.
J'aurais dû rester dans mon lit. Quoique au prix de la robe, autant la montrer !
On descend dans la salle commune, où d'autres filles en robes de bal finissent de se préparer, ou bien attendent l'heure de la soirée. C'est-à-dire dans dix minutes.
Je jette un coup d'œil autour de moi, et vois Shelly-la-babouine qui se met une vingtième couche de rouge à lèvres, à en juger par l'épaisseur qu'elle arbore déjà. On dirait un mérou.
Et sa robe, un bustier surmontant une montagne de tulle rose, est absolument… bon, elle est jolie.
Mais j'aime pas le rose d'abord.
« Eric n'est pas là ? Me demande Mathilde. »
Je secoue la tête.
« Non, on s'est mis d'accord pour se rejoindre dans le hall. Il voulait pas être le seul gars dans la salle commune, au milieu d'une dizaine de filles hystériques. »
Et je le comprends parfaitement. Mathilde aussi, puisqu'elle hoche la tête en fixant trois filles qui hurlent en se disputant un tube de rouge à lèvres.
« Bon, intervient Trina, c'est l'heure ! On y va ? »
On hoche la tête. Quelques filles sortent déjà dans le couloir, suivies du regard par quelques élèves qui ne sont pas encore en quatrième année, et sont donc soit en pyjama, soit en jean et tee-shirt.
Je crois que c'est pour nous narguer.
Je sors dans le couloir à la suite des autres, et frissonne dans la fraîcheur du lieu. J'espère au moins qu'ils ont chauffé la grande salle. Sinon, ma tenue comprendra un manteau d'esquimau digne d'une expédition dans le grand nord !
On parcourt les couloirs en masse, puis on descend dans le hall. Des dizaines de garçons s'y tiennent, et attendent leur cavalière.
Je sens mon estomac se nouer, et je me fige dans les escaliers.
Mon dieu !
Et si je faisais demi tour ? Il est encore temps, non ?
Mathilde m'attrape le bras.
« Pas question de t'enfuir, Cendrillon, me souffle-t-elle à l'oreille. »
Zut. La traîtresse !
Et puis franchement, si elle savait à quel point je vais jouer les Cendrillon cette nuit !
Trina rejoint John, très élégant, qui sourit en la voyant. Et Clara rejoint elle Lupin, qui écarquille les yeux comme s'il n'en revenait pas.
Bizarrement, cette image ne me rend pas triste. Je les trouve très beaux. Et ils vont bien ensemble.
Et moi, je ne vais avec personne.
Et je vais vieillir seule, entourée d'une bande de hiboux qui me dévoreront le visage quand je crèverais de solitude.
« Eileen, gronde Mathilde qui a commencé à descendre, bouge toi ! »
Ouais, ouais !
J'inspire à fond, et…
Oh. Mon. Dieu.
J'écarquille les yeux d'horreur, et Mathilde suit mon regard. Je la voie ouvrir la bouche d'horreur.
Se dirigeant vers la grande salle, une bonne dizaine de faux père noël traverse le hall. Ils ont les costumes les plus moches de l'histoire des pères noël de supermarché.
Et j'espère pour leur avenir qu'ils ne comptent ni m'approcher, ni chanter des horreurs de Noël !
Ils disparaissent, et je descends à la suite de Mathilde. Elle rejoint Marc avec un grand sourire, puis me fait un clin d'œil et part vers la grande salle.
Je m'efforce de sourire comme si j'avais confiance en moi, et descend les dernières marches.
Eric se tient près de l'escalier, et lève les yeux vers moi. Il me sourit d'un air ravi, et me rejoint en bas quand j'arrive.
« Waw ! dit-il sans cesser de sourire. Tu es superbe ! »
Je me sens rougir, et il me tend galamment son bras. Je l'attrape, et on se dirige vers la grande salle.
Quand on entre, je vois que la salle est peine à craquer. Des groupes d'élèves discutent un peu partout. Des chaises ont été installées sur les côtés, et un buffet s'étend au fond, à la place que prend d'habitude la table des professeurs.
Plus loin, Mathilde, Trina et Clara discutent, accompagnées de leurs cavaliers. Près de Lupin se tiennent els maraudeurs et leurs cavalières.
Et Pettigrow tout seul, bien sûr.
Je croise le regard de Black, auquel est accrochée Shelly-la-débile, et il me fait un clin d'œil.
Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je préfère ne pas le savoir.
On les rejoint, et Mathilde nous met d'office une coupe dans les mains.
« Joyeux Noël ! »
On se tourne vers le faux père noël à l'air pervers qui vient de nous accoster.
« Joyeux Noël ! Répondent les autres. »
Le type se rapproche encore, et s'adresse aux seins de notre petit groupe.
« Alors, vous passez une bonne soirée ?
- On vient juste d'arriver, je dis en puisant dans mes réserves de patience. »
Il se tourne vers mes seins.
« Et qu'avez-vous demandé au père noël ?
- La tranquillité ! Je dis d'un ton sec. »
Il hésite un instant.
« Euh, oui… c'est bien. Et vous êtes en quelle année ? »
Oh là là, mais il va pas me lâcher, celui-là !
« En sixième année. Et mon visage est un peu plus haut. »
Gêné, il lève le visage jusqu'à mes yeux. Je le fusille du regard.
Eric entoure mes épaules de son bras, et le type part sans demander son reste.
« Eh bah ! Je dis en buvant une gorgée de ma coupe, j'espère qu'ils sont pas tous comme ça ! »
Parce que sinon, je vais être obligé d'aller chercher ma baguette (bah oui, où voulez-vous que je la mette, avec cette robe ?).
« Joyeux Noël ! »
On fusille tous du regard le second père noël qui vient d'arriver.
« Tire toi ! Je lui dis.
- Euh…
- Allez vite, t'as perdu ta hotte ! »
Choqué, il s'en va vers un autre groupe, et attrape au passage une coupe de champagne qu'il vide d'une traite.
Mathilde lève les yeux au ciel.
« Eileen, essaye d'être gentille, juste ce soir ! »
Je la fusille du regard.
« Ce n'est pas de ma faute si ces pervers no…
- Pourtant, c'est pas ce qu'il y a à mater ! »
Mon royaume pour ma baguette !
« Tu t'es vu, la guenon ? »
Shelly tire le bras de Black.
« Non mais t'as vu comment elle me parle !
- Et tu sais pas te défendre ? Je lui dis avant que Black ait pu en placer une.
- Qui a faim ? »
Les autres acquiescent à la proposition de Clara, et on se dirige vers le buffet.
Cette soirée commence très mal, et je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'elle va pas s'arranger.
Je reste un peu en arrière avec Eric, Mathilde et Marc, et on se dirige vers l'autre côté du buffet.
Eric me tend une assiette, et s'en prend une également.
« Allez, souris ! Me dit-il gaiement. Suffira d'éviter les pervers, et cette garce en robe rose. »
Je lui souris en me servant des pommes de terre.
« Non, je n'aurais pas dû m'énerver. Je vais essayer d'être gentille. C'est Noël après tout. »
Il hoche la tête, et prend une poignée de chips.
« Même si ce n'était pas Noël, je crois que je ne verrais plus jamais le père noël de la même façon ! »
Je regarde deux pères noël en train de boire dans un coin, les joues rouges.
« Non, effectivement. Heureusement, le bal est interdit aux jeunes élèves. »
Les pauvres. Ils pourraient être traumatisés à vie !
Et ens… oh non !
Siana !
Zut. Il faut que je lui apporte de la nourriture.
Et comment faire ça discrètement ?
On se dirige vers des chaises avec nos assiettes, et j'ai une idée en m'asseyant.
Mathilde regarde mon sourire.
« A quoi tu pense ?
- A un commerce de transport de nourriture. »
Elle hausse un sourcil interrogateur, et j'avale une bouchée de salade de riz en réponse.
« Tu veux faire affaire avec moi ? »
Alors, vous voulez la suite? lol
A bientôt!
