Voilà la suite du bal de noël. J'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre, c'est la première fois depuis le premier chapitre. Donc j'espère que vous l'aimerez, j'y ai travaillé dur lol.

Bonne lecture

21. Commerce et rendez-vous

« Je ne sais pas où vous avez péché cette idée, mais c'est complètement dingue ! »

Je lève les yeux au ciel, et jette un gâteau de plus dans la hotte que le faux père noël tient devant lui.

« Ouais bah c'est tout ce que j'ai trouvé ! »

Et quand j'ai été le voir pour lui exposer mon plan, il m'a sourit et m'a dit qu'il serait ravis de pratiquer un commerce illégal, plutôt que de faire semblant d'amuser une bande d'ados attardés en robes du soir.

Je me suis pas vexée pour les ados attardés, et il a oublié que je l'avais envoyé paître sans cérémonie quand il était venu nous voir, juste après son collègue pervers.

« Dites cheese ! »

Un flash nous aveugle, et je fusille Mathilde du regard.

« Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je garde des souvenirs. »

Oui. Très bien.

Je suis en train de voler de la nourriture illégalement, avec un faux père noël, je lui demande de l'aide. Discrètement.

Et elle, elle me prend en photo ?

Mais elle débloque totalement !

« Mathilde, je demande calmement, tu te drogues ? »

Elle me sourit de plus belle.

Ah, il semble que j'ai touché juste. Dire que je ne soupçonnais rien !

« Enfin, c'est marrant, non ? Je veux garder un souvenir de ça pour toi ! »

Oui, tu as raison.

Je serais ravie de me souvenir toute ma vie de mon commerce illicite de bouffe avec un faux père noël. Vraiment.

Bon. Quand elle est partie en plein milieu du repas pour aller chercher l'appareil photo que ses parents lui offraient DEMAIN, je n'ai rien dit.

J'ai même accepté de poser avec elle, Clara et Trina, puis avec nos cavaliers.

Ça, ok.

Mais là, elle commence à mériter sa place à sainte Mangouste, section fous furieux.

Mais je veux bien la laisser en liberté si elle m'aide. Et puis bon, c'est vrai qu'elle m'a laissé aussi en liberté quand elle m'a vu parler à la table.

Finalement, on doit être deux folles, et on est amies à cause de ça.

« Et si tu nous aidais plutôt ? Je demande à la folle.

- Je t'aide, me révèle-t-elle. Je supervise ! »

Heureusement qu'elle le précise, parce que c'est pas évident comme ça. Mais bon, je la laisse superviser, et je mets des pâtisseries en plus dans la hotte.

« Bon, il y en a assez ! »

Le père noël remet sa hotte.

« Sortez de la grande salle, je lui dis tout bas. Je vous rejoins tout de suite. »

Il hoche la tête, et me mime le salut militaire, avant de filer vers le hall.

Bon, à mo…

« Alors, tu ne quittes plus le buffet ? »

Pourquoi ça ne m'étonne pas ?

Il faut toujours que Si… Black soit au mauvais endroit au mauvais moment.

« J'ai très faim ! Je réponds négligemment. »

Il jette un coup d'œil à la table désertée de toute nourriture.

« Oui, effectivement ! »

Voilà, il me prend pour une ogresse.

Et puis je m'en fiche, non ?

« Et toi, Sirius, tu es aussi venu manger les restes ? »

Il hausse un sourcil, et je me demande ce que j'ai dis de stupide.

« Tu m'appelle par mon prénom ? »

Et merde.

C'est même pas stupide, c'est affligeant.

Qu'est-ce qu'il me prend ?

Ça doit être son costume noir. Ou plutôt le stress de mes activités illicites.

« Euh… »

Quelle éloquence, Eileen !

Non, là, tu te surpasses !

« Oui, apparemment. Tu préférais Black ? »

Dans le top dix des questions stupides, je crois que « tu préfères être appelé par ton nom de famille ? » arrive en troisième place. Juste après « t'es mort ? » et « c'est qui l'abruti dans le miroir ? ».

« Non non. On s'était mis d'accord pour nos prénoms, tu te souviens ? »

Oui. Et lui n'a aucun mal à m'appeler Eileen.

Mais bon, déjà je ne l'appelle plus babouin.

« Oui, c'est vrai. Tu vois, j'y arrive ! »

Après près de trois mois, mais j'y arrive.

Et puis zut. Je m'en fiche !

N'est-ce pas ?

« Bon, je dois y aller ! »

Et je file vers le hall.

Quand j'y arrive, le père noël m'attend près de la porte, avec Mathilde.

« Et maintenant ? Demande-t-elle.

- Maintenant, on cherche les animaux à nourrir ! »

Il ouvre la bouche pour répondre, mais je me prends une boule de papier dans la figure.

« Merci pour les animaux ! Me dit Siana en sortant d'un recoin. »

Elle est suivie par une dizaine d'élèves de différentes années, et j'ouvre la bouche en grand.

« Mais vous êtes super nombreux !

- Oui, je dois dire que ma petite idée a eu du succès. »

Je rêve. Ma sœur a monté un plan complètement dingue. Et le pire, c'est que ça semble marcher.

Le père noël enlève sa hotte, et lui tend.

« Tenez ! C'est votre cadeau de noël ! Blague-t-il. »

Siana lui prend, et ils se jettent tous dessus.

« Bon, je dis, on va vous laisser, avant de se faire prendre ! »

On repart vers la grande salle, mais Siana m'interpelle.

« Eh, Eileen !

- Ouais ? »

Elle me fait un clin d'œil.

« T'es super sexy ! »

Je rougis, et la laisse engloutir un éclair au chocolat en retournant dans la grande salle.

« Je pensais vraiment pas m'amuser autant ! Commente le père noël.

- Vous savez, dit Mathilde sur le ton de la conversation, on s'y fait à force, quand on la connaît.

- Toi par contre, je rétorque, on s'y fait jamais ! »

Surtout quand elle nous mitraille avec son flash pendant un quart d'heure. Et pendant qu'on distribue de la nourriture. Je suis sûre qu'elle a dû rendre aveugle au moins cinq des élèves affamés. Les pauvres !

Rappel : trouver les photos et les planquer.

Non mais vraiment, c'est dur de voler de la nourriture quand votre meilleure amie trouve rien de mieux à faire que vous prendre en photo pendant l'opération.

Je me laisse tomber sur une chaise à côté d'Eric et Marc qui discutent à propos d'une cuisse de poulet semble-t-il, et Mathilde et le père noël s'assoient près de moi.

« C'est quoi, votre nom ? Je lui demande.

- Santa Claus ! Plaisante-t-il.

- Et en vrai ?

- Scott. »

Il sourit, et enlève son bonnet, qu'il me tend.

« Tenez ! Ca vous fera un souvenir. »

Je le prends en souriant.

« Merci. Désolée par contre, mais si je vous donne un vêtement, je vais devoir me balader toute nue ! »

Ce qui plairait certainement à ses collègues, soit dit en passant. Mais bon, lui a l'air normal.

Faut dire qu'il doit être un peu plus âgé que les autres. Il doit avoir près de quarante ans. Si je lui demande son âge, il va se vexer ?

Oui. Certainement.

« Votre attention s'il vous plait ! »

Oh non. Dumbledore va encore faire un discours.

Un million de gallions à celui qui le fait taire !

« J'espère que vous passez une bonne soirée ! »

En tout cas, elle était très bonne avant que tu l'ouvres.

Bon, je suis méchante là. On m'a pourtant toujours appris d'être gentille avec les personnes âgées. Sauf que lui il est pas à l'hospice, il s'accroche ici !

« Mais pour enfin commencer la soirée sous un autre angle, je vous demande d'accueillir les vampir's brothers ! »

Sa phrase se perd dans un ensemble de hurlements hystériques, venus de plusieurs filles qui apparemment aiment les groupes de vampires. Ou peut être qu'elles ont un goût immodéré pour le sang.

Enfin là, elles ressemblent plus à une bande de gourdes qu'à une bande de vampires.

Quatre types entrent alors, et ils ont autant l'air de vampires que mon ours en peluche.

Ils montent sur une estrade que le vieux fo… Dumbledore fait apparaître, et commencent à gratter leurs guitares.

« Allez, viens danser ! »

Je regarde derrière moi comme s'il existait une possibilité que Mathilde s'adresse au mur.

« Pardon ? Je demande finalement.

- Allez, viens ! »

Elle m'attrape le bras, et m'entraîne de force sur la piste.

Zut, j'ai horreur de ça. J'aurais dû dire que je viens de bouffer un âne, et que je dois attendre trois heures avant de bouger.

Je me laisse porter par la musique, et je danse avec Mathilde. Puis les autres viennent nous rejoindre, et je danse avec Eric.

« Dommage que ce soit pas un slow ! Glisse-t-il à mon oreille. »

Je me sens rougir comme une gourde, et il me sourit en me faisant un clin d'œil. Je sens un regard sur moi, et je me tourne vers Shelly-dont-je-me-fous, qui me regarde avec insistante en se frottant contre Sirius.

Ou en dansant avec lui.

Là, j'avoue avoir un doute. Si elle veut devenir euh… professionnelle, elle est sur la bonne voix. Sinon, pour la danse, même les gestes que fait ce père noël bourré là bas, ça ressemble plus à de la danse.

Elle me regarde des pieds à la tête, et hausse un sourcil, avant de se déhancher un peu plus.

Ah, elle veut jouer à ça ?

Je m'approche un peu d'Eric, et me déhanche en rythme, sans quitter son regard. Il se laisse entraîner, et se rapproche de moi. Il pose ses mains sur mes hanches, et on suit le même rythme, rapide et enjoué.

Je recroise le regard de Shelly-la-primate et elle semble en colère.

Je lui souris hypocritement, et reprend ma danse sous les regards de pas mal d'élèves. Mais pour une fois, je me fiche complètement du regard des autres.

Tout ce qui compte, c'est la tête que tire cette guenon !

La musique finit bientôt, et l'un des chanteurs s'avance sur le bord de la scène.

« Dans quelques minutes, il sera minuit, alors nous changeons de registre, et… »

Mon cerveau coupe la fin de sa phrase, et j'ouvre la bouche en grand.

Merde merde merde !

Minuit ? Déjà ?

Oh non, c'est pas possible, je suis pas prête.

Bon, du calme, Eileen.

Je ferme la bouche, inspire à fond, et donne le bonnet de père noël à Eric.

« Tiens, tu me le garde ?

- Oui. Où tu vas ? »

Vite, une bonne excuse.

Ce qui bien sur exclu totalement « je vais rejoindre un autre mec en plein milieu du parc en te laissant tomber ».

« Je vais me rafraîchir un peu… dehors ! »

Il hoche la tête, et hausse un sourcil.

« Tu es sûre que ça va ?

- Oui oui, j'ai juste un peu chaud ! »

Bon, arrête de parler Eileen ! Ça vaudra mieux.

Je tourne les talons, et me dirige d'abord vers l'une des tables. Scott s'y tient, et me sourit.

« C'est moi ou ça cache un autre garçon ? »

Ok.

C'est si flagrant ?

« Euh… »

Je rougis, et il éclate de rire, le salaud.

« C'est qui ?

- J'en sais rien, justement ! Je rétorque en boudant. »

Il me tend un verre.

« Bois un coup alors, ça t'aidera ! »

Je le remercie d'un sourire, et bois cul sec le verre d'e…

« Oh mon dieu ! »

Je tousse en m'étouffant, et Scott me tape dans le dos.

« J'aurais peut-être dû préciser que c'était du gin. »

Du quoi ?

J'ai l'impression d'avoir avaler du parfum.

Et mes entrailles me brûlent. Je dois être toute rouge.

« Merci, j'arrive à dire d'une voix faible, ça m'aide là… »

Il ne relève pas le sarcasme, et me reprend le verre.

« Bon, allez, file à ton rendez-vous ! »

Je hoche la tête en soufflant comme un bœuf, et sors de la grande salle.

Finalement, l'air frais me fera effectivement du bien.

Je traverse le hall sans voir Siana et les autres parasites, et je sors enfin dehors.

Il y a des statues de glace un peu partout, et le parc est illuminé.

Est-ce qu'on a droit de la bouffer, la glace ?

Parce que bon, jouer les femmes en feu ça peut être marrant, mais là j'ai un rendez-vous. Et ce n'est pas avec un cirque.

Je traverse le parc, et m'approche du lac. Il n'y a personne.

Je commence à avoir froid, et je frissonne en fixant la surface du lac.

J'ai le cœur qui bat à tout rompre, j'ai l'impression qu'il essaye de sortir de ma poitrine pour aller vivre sa vie. Je me sens rouge comme une tomate.

Et l'alcool n'y est plus pour rien.

Je crois.

« Eileen ? »

Le chuchotement vient de derrière moi.

Je suis sur le point de me sentir mal.

Ou bien de m'enfuir en courant, je sais pas trop.

Si je me casse en prenant mes jambes à mon coup, vous croyez qu'il se vexera ?

« Ne bouge pas ! »

Ça tombe bien, je ne peux pas.

Ou alors, je m'évanouis.

Mais s'il pouvait arrêter de chuchoter, que je reconnaisse sa voix !

« Tiens, pour que tu me reconnaisse… »

Un cactus entre dans mon champ de vision, tenu par une main ordinaire. Qui dépasse d'une manche de costume ordinaire.

C'est un tout petit cactus en pot, et je me mets à rire.

« Où tu l'as trouvé ? Je demande. »

Super.

Admirez les sujets de conversation que je peux avoir lors d'un rendez-vous !

« Ne te retourne pas ! »

Et comment je vais le voir alors ?

Parce que au cas où il n'aurait pas remarqué, je n'ai pas des yeux derrière la tête.

Et puis bon, se tourner le dos toute la nuit, ça risque d'être un peu bizarre.

Pour pas dire super débile.

« Mais… »

Je me tais en voyant ses mains, de nouveau dans mon champ de vision, tenir un foulard.

« Euh… qu'est-ce que tu fais ? »

Non, je ne panique pas.

Mais bon, avouez qu'un foulard, c'est louche !

Mon Dieu, et si c'était Dolohov ?

Ne soit pas conne, Eileen, Dolohov ne sait pas écrire. Et n'est certainement pas romantique.

Quoique le Poudlardien non plus, à bien y réfléchir.

« Fais moi confiance. »

Il a chuchoté dans mon cou, et je me sens rougir de plus belle.

Je deviens super gourde, alors qu'il se dépêche avant que mon vocabulaire se limite à « euh », « hein ? » et « oh ».

Il pose le foulard délicatement sur mes yeux, et je le sens faire un nœud derrière ma tête.

Est-ce que je dois lui dire que ça servait à rien de le faire délicatement, vu que son foulard vient certainement d'étaler mon maquillage ?

« Voilà. Retourne toi. »

Je tourne sur moi-même, et il prend mes mains pour me guider dans sa direction.

« Pourquoi tu ne veux pas que je te vois ? »

Il reste silencieux quelques secondes.

« Parce que je ne sais pas comment tu réagiras quand tu me connaîtra. »

Je fronce les sourcils.

« Je te connais ?

- Pas vraiment. »

C'est pas une réponse ça.

« Je préfère attendre d'être sûr que tu m'aime. »

Je me sens rougir.

J'espère que le foulard dissimule mes joues aussi.

« Tu es belle quand tu rougis. »

Je souris.

« Merci.

- Tu sors avec Eric ? »

J'éclate de rire.

« C'est la deuxième fois que tu me demande ça. Non, je ne sors pas avec lui.

- Très bien. »

Je sens une note de fierté dans sa voix.

« Jaloux ?

- Oui. Tu as dansé avec lui, et pas avec moi. »

La musique nous parvient de l'intérieur.

« Tu veux danser ? Je propose en haussant les épaules. »

Il rit à son tour, mais sans cesser de chuchoter.

Je dois le connaître, sinon il ne me cacherait pas sa voix.

« Normalement, ce n'est pas le garçon qui doit inviter la fille ? »

Je hausse les épaules.

« Peut-être, je sais pas. Mais bon, faut bien que quelqu'un le fasse ! »

Il semble d'accord, et je devine qu'il acquiesce.

« Très bien, alors dansons. »

Je le sens plus proche de moi.

La chanson est un slow.

Il guide mes mains vers ses épaules, qui entre parenthèses sont assez hautes, puis pose ses mains sur ma taille.

Il nous guide, et on commence à danser lentement, sur la musique.

Peu à peu, je me détends.

Je n'ai plus froid. Peut-être parce que je suis dans ses bras.

On danse enlacés, et je me sens apaisée. Comme Lupin était capable de m'apaiser avant.

Avant. Il me semble que c'était il y a des siècles.

Je resterais bien là à danser, toute la nuit.

« Je t'aime, glisse-t-il à mon oreille alors qu'on danse toujours. »

Je souris contre son épaule.

Sa phrase m'irradie.

Vous savez, comme ces bêtises qu'on raconte dans les cours de yoga, sur les soleils intérieurs, et les rayons de bonheur.

Et bien là, mon soleil intérieur frise la canicule.

Et mes organes doivent être bronzés pour dix ans au moins.

« J'aimerais te voir.

- Bientôt, dit-il. »

J'entends son sourire dans sa voix.

« Tu es tellement belle ! »

Il joue avec des mèches de mes cheveux, et je me sens m'empourprer de nouveau.

« Même quand tu voles de la nourriture avec de faux père noëls ! »

Il rit doucement, et je souris à mon tour.

« C'est top secret !

- Alors je ne dirais rien. »

Je souris de plus belle.

« Merci.

- De rien… »

On s'arrête de danser, lentement.

Je sens son souffle sur mon visage.

Mon cœur essaie avec succès de fracturer mes côtes.

Mon Dieu. Je n'ai jamais été embrassée.

Son souffle chatouille mon nez. Puis mes lèvres.

Il semble s'arrêter près de ma bouche. Comme s'il hésitait.

Je me hausse sur la pointe des pieds, lentement.

« Embrasse moi, je murmure près de sa bouche. »

Bien sûr, je tiens à m'excuser pour votre crise cardiaque

Bientôt la suite lol

Bisous