Nouveau chapitre, avec un titre tout aussi naze que les précédents --" lol

Merci encore pour vos nombreuses reviews, qui me fotn énormément plaisir.

Bonne lecture!

24. Contact

« Maintenant, j'éteins ! »

Sur ces mots, Mathilde se lève, et éteins les lumières de la salle déserte dans laquelle elle nous a traîné.

Je me suis déjà sentie idiote (notamment quand je me suis retrouvée sur le sol avec shelly-le-raton-laveur), mais là, je me sens SUPER conne, assise au milieu de mes amis.

Mathilde éteint la lumière, et reviens s'asseoir.

« Ils ne devraient pas tarder. »

J'ouvre mes yeux que j'avais fermés, et me redresse.

« Quoi ? Qui ? »

Ne me dites pas qu'elle a invité des gens alors que je vais délirer et parler à une vision !

Déjà, j'ai accepté que Eric soit là, mais si ça devient une activité touristique, ce sera sans moi !

« Euh… »

Il fait trop sombre, mais je suis sûre qu'elle rougit.

Merde, qui elle a invité ?

« Disons que je voulais une salle tranquille, alors j'ai demandé à Clara… »

Euh, et alors ?

Je me tourne vers Clara.

« Tu a subi une opération transsexuelle, dernièrement ? »

Mathilde m'envoie quelque chose à la figure.

« Idiote ! »

Quoi ?

Elle me parle de mec, et ensuite me parle de Clara !

« C'est parce que j'ai demandé à quelqu'un, explique Clara. »

Non, ne me dites pas qu'elle a demandé à…

« Vous êtes là ? »

La lumière de quatre baguettes envahi la pièce, et les silhouettes des maraudeurs se découpent devant nous.

Et merde !

Ils regardent la pièce vide, et le cercle formé.

« Vous faites quoi ? »

Apparemment, Mathilde ne leur a pas dit en les invitant ce qu'on fichait ici en pleine nuit.

« Je me ridiculise ! J'explique.

- Vous avez une drôle de façon d'utiliser la salle, dit Lupin. »

Quoi ? Qu'est-ce qu'il veut dire ?

Déjà, en arrivant, la porte n'était pas visible, et Clara et Mathilde sont passées devant trois fois pour la faire apparaître. Tout ça pour une salle vide, alors je ne vois vraiment pas comment rendre le lieu plus attirant !

« Comment ça « utiliser » ? Je demande.

- La salle sur demande donne ce que l'on veut, explique Lupin.

- Ok. C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire qu'il faut demander à la salle ce qu'on veut trois fois de suite pour qu'elle apparaisse, m'explique Mathilde. »

Ce qui explique les allers-retours.

« Mais pourquoi t'as pas demandé une salle confortable ? Je remarque.

- Et vous savez que même une fois dedans, elle fait ce qu'on veut ? Remarque Lupin.

- Quoi ? Super ! »

Je pense très fort à des coussins, et à un sol plus confortable.

Une moquette apparaît alors partout, et des dizaines de coussins jonchent le sol.

« Super ! Dit Trina avant de s'allonger sur les coussins près d'elle. »

Le cercle s'élargit, et les maraudeurs s'assoient autour de moi avec les autres.

« Bon alors, qu'est-ce qu'on fait, demande Sirius, on la brûle ? »

Je le fusille du regard.

« Très drôle !

- On est pas dans une secte, remarque Eric avec un sourire. »

Le salaud. Déjà, il s'est bien marré quand je lui ai parlé de mes visions et que je lui ai demandé s'il voulait venir.

Sirius le fusille du regard. Il n'a pas dû apprécier sa blague.

« Bon, je dis quand le silence revient, on est là pour essayer de me mettre dans le noir, alors on se tait, et on éteint les baguettes, ok ? »

Les baguettes s'éteignent.

« Pourquoi on te met dans le noir ?

- Parce que je me suis badigeonnée de peinture phosphorescente et que je me demande si elle brille encore.

- Très drôle !

- C'est ça ou rien, alors silence ! »

Non mais.

Je vais pas en plus raconter des choses gênantes, comme par exemple que je vois mon père.

On reste donc dans le noir un moment, et j'essaie de fixer la moquette sombre.

Au bout d'un moment, je baille bruyamment, et la voix de Mathilde s'élève.

« Alors, tu vois rien ?

- Si, je vois que je suis en train de m'endormir !

- Et moi je vois que je m'emmerde ! Remarque finement Trina. »

Mais elle a raison.

On s'emmerde, et ça ne sert à rien !

« Toi et tes idées ! Je dis à Mathilde. »

Puis je m'allonge sur le dos en m'affalant sur des coussins, fixant le plafond.

« Bientôt… »

La voix retentit, et je reconnais aussitôt celle d'un des mangemorts.

Je ne peux pas bouger, et je vois juste le visage de mon père, affaibli.

« Ensuite, on pourra se débarrasser de lui. »

Mon père tourne son visage vers moi.

« Aidez moi ! »

Je me redresse en sursaut, et reprend mon souffle en cherchant autour de moi.

« Eileen ? »

Je me prend le visage entre les mains, et essaie de contrôler mes membres tremblants.

« Mathilde ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? »

Elle doit entendre mon souffle précipité.

« Je… »

Je n'arrive pas à parler.

« Où tu es ? »

Une baguette s'allume, et le visage de ma meilleure amie apparaît près de moi.

Elle approche la baguette de mon visage.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Ça a marché ? »

Je hoche la tête.

« Il m'a vu. Encore. »

Mais je n'ai pas pu lui parler.

Et franchement, dans le genre expérience de l'au-delà, je trouverais plus agréable de discuter avec un alien.

Mais si je veux aider mon père, il va falloir que je prenne mon mal en patience.

« Ça va ? »

J'acquiesce de nouveau.

« Oui. On peut recommencer. »

Elle éteint sa baguette, mais un autre se rallume, et le visage de Sirius me fixe.

« Attendez un peu ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'est quoi cette histoire ? »

La baguette de Lupin s'allume aussi.

« Oui c'est quoi cette histoire ? On se met dans le noir, et ensuite tu parles d'un truc que tu aurais vu ! Je pige rien ! »

Je soupire, et sors ma baguette de ma poche, avant de l'allumer à mon tour.

« Je veux bien vous raconter, mais vous vous foutez pas de moi, ok ? Sinon, vous pouvez sortir ! Je ne vous ai pas invité ! »

Bon. C'était peut-être un peu sec, mais déjà que ça m'enchante pas trop notre petite séance, alors si en plus une bande de babouins doit se fendre la poire, autant laisser tomber tout de suite.

« On ne se moquera pas ! M'assure sirius. »

Je croise son regard, et il soutient le mien pendant un moment.

Finalement, je baisse la tête vers la moquette.

« Ok. Bon, je me suis rendue compte ces deniers mois que j'avais des euh…

- Des seins ? Propose Potter en riant à sa blague. Oui, on a vu ! »

J'inspire à fond pour m'empêcher de le jeter par la fenêtre, mais Sirius donne une tape derrière la tête de son ami.

« Ecrase, Cornedrue. »

Potter prend une mine boudeuse, et je remercie Sirius du regard.

« Donc, je disais que depuis quelques mois, j'ai des visions. »

Je me sens rougir en disant ça.

C'est comme si je criais : enfermez moi, je suis folle à lier.

« Et je vois mon père, je continue avant qu'on m'interrompe. Il semble prisonnier de deux mangemorts, qui veulent attaquer le ministère. On veut savoir quand. »

En plus, raconté comme ça, ça semble vraiment n'importe quoi. Du grand art.

« Hein ? Dit Lupin en grimaçant. »

Ce qui doit exprimer l'idée générale, vu la tête que tirent les maraudeurs.

Même Pettigrow n'a jamais eu l'air aussi débile.

Je me tourne, suppliante, vers Mathilde. C'est elle qui s'est chargé d'expliquer les détails à Eric.

« On cherche à parler à son père pour savoir quand les mangemorts vont attaquer le ministre, répète-t-elle. »

Lupin hoche la tête.

« C'est dingue cette histoire ! »

Je hoche la tête aussi. En effet, c'est dingue.

« Oui, c'est dingue, et il est probable que je perde la boule après, ou que ce soit déjà fait, donc si on pouvait s'y mettre avant qu'on m'interne, je vous en serais reconnaissante. »

Ils hochent la tête, et on éteint de nouveau les baguettes.

Le silence règne, et je me rallonge sur le dos, fixant à nouveau le plafond noir.

« Aidez moi… »

Mon père, face à moi, répète ces mots.

Il me voit, et ses yeux se plantent dans les miens.

« Aidez moi, je vous en prie, qui que vous soyez… »

Je ne peux pas bouger. Ni parler.

Tout ce que je peux faire, c'est écouter sa supplication discrète, murmurée, et voir son visage émacié.

« Dites moi au moins qui vous êtes. »

Je respire de plus en plus fort.

Il faut que je parle. Que je réponde.

« Papa… »

Les mots ont franchis mes lèvres, enfin. Il fixe mon visage, et plisse les yeux.

« Je vois mal… »

Sa voix est faible, et il secoue la tête. Comme si ce qu'il percevait ne pouvait pas être vrai.

« Eileen ? »

Je reconcentre mes forces pour lui parler.

« Papa. »

Je respire bruyamment. Lui parler m'essouffle, et me serre la poitrine.

« Combien… »

Je m'arrête, et inspire à fond.

« Combien sont-ils ?

- Eileen, c'est toi ? »

Je ferme les yeux, et me concentre juste sur les sons.

« Combien sont-ils…

- Deux. Ils sont deux… »

Sa voix se perd, et je n'entends plus rien…

« Eileen ! »

Le cri me fait ouvrir les yeux, et l'air entre de nouveau dans mes poumons.

J'inspire à fond, et ma poitrine se soulève légèrement.

« Eileen ! »

Le visage de Mathilde se penche sur moi, et je me redresse difficilement en suffocant.

Mathilde me lève le visage à la lueur des baguettes des autres.

Je la vois mal, je crois que je suis en train de pleurer.

« Oh mon Dieu tu m'as fait peur ! »

Elle me sert contre elle, et je la repousse doucement en reprenant mon souffle.

« Je vais très bien, alors laisse moi respirer un peu s'il te plait.

- C'était quoi ça ? »

Je me tourne vers Sirius. Il fronce les sourcils, et semble en colère.

« De quoi tu parles ? Je demande.

- De toi ! Tu ne bougeais plus, et ensuite tu as arrêté de respirer. »

Ah bon ?

« C'était super flippant, commente Trina.

- Je lui ai parlé, je dis simplement.

- A ton père ? Demande Mathilde.

- Oui. Ils ne sont que deux.

- C'est tout ce que tu as pu lui demander ? »

Je hoche la tête.

« Oui. J'ai dû mal à lui parler.

- Nous on a rien entendu, dit Eric.

- Tu dois lui parler par ta pensée. »

Bien sûr, ça m'arrive, parfois.

Pas plus tard qu'hier, j'ai eu une longue conversation télépathique avec le ministre lui-même.

« Il faudrait savoir quand ils comptent attaquer, et comment, dit Clara au bout d'un moment.

- Parce que vous comptez recommencer ? S'exclame Sirius.

- Je suis d'accord, ça devient dangereux ! Approuve Eric. »

Je lève les yeux au ciel.

« C'est bon, du calme les peureux, ça ne me fait rien du tout. »

J'aurais juste besoin d'une bouteille d'oxygène, mais bon, vaut mieux pas le demander.

« Allez, on éteint ! »

Les baguettes s'éteignent, et je me rallonge face au plafond que je commence à haïr.

« Eileen, tu es là ? »

Mon père regarde autour de lui, et croise enfin mon regard.

« Ah, tu es là… »

Je concentre mon souffle.

« Je n'ai pas beaucoup de temps. Il faut que… »

Mon souffle se coupe, et j'inspire difficilement en fermant les yeux.

« Dis moi quand ils veulent attaquer le minist… »

Je tousse, et perd un moment conscience du cachot.

« Et comment ils veulent l'attaquer. Vite. »

Il réfléchit un instant, me laissant dans le silence, et j'ouvre les yeux à nouveau sur lui.

« Ils vont attaquer avec du polynectar. Ils m'ont pris des cheveux, et me gardent au cas où. Ils vont attaquer avec plusieurs doubles.

- Quand ?

- Le trois janvier. Le soir du trois janvier. Le ministre sera revenu.

- C'est tout ce que tu… tu sais ?

- Oui. Eileen, prévient le ministre, mais ne fais rien, d'accord ?

- Il ne me croirait pas, pa… »

Je tousse en perdant mon souffle.

« Eileen, promets moi de ne rien faire !

- Papa, je ne peux pas…

- Qu'est-ce qu'il se passe là dedans ? Crie la voix d'un des mangemorts.

- Eileen, crie mon père, ne fais rien ! »

La porte s'ouvre, et les mangemorts entrent.

« Eileen…

- Papa ! »

Mon hurlement se perd dans les ténèbres, et mon souffle qui m'a permis de le pousser s'éteint.

« Eileen… »

Ce n'est pas la voix de mon père.

Je connais cette voix, mais je n'arrive pas à me concentrer dessus.

Je ne respire plus, et mes poumons me font mal.

Il n'y a plus que du noir autour de moi.

J'ai mal, et je ne sais pas si mes yeux sont ouverts.

« Eileen… »

Est-ce que c'est la même voix ?

Si elle pouvait m'aider.

Ma gorge est serrée, l'air ne circule plus, et la voix est faible.

Je sombre doucement, mais je ne sais pas où.

Il me faut de l'air…

Enfin, l'air pénètre dans mes poumons. J'ouvre les yeux, et inspire difficilement en produisant un léger sifflement.

Ma poitrine se soulève, et j'inspire de nouveau, avec difficulté. C'est comme si je ne savais plus respirer.

Des visages flous se tiennent au dessus de moi. Je ne les distingue pas.

Une lumière venue du plafond m'aveugle, et l'étau qui m'enserre la poitrine me libère peu à peu.

« Eileen, tu te sens comment ? »

Qui est-ce ?

On dirait la voix de Clara.

« Serre la main si tu m'entend. »

Je voudrais acquiescer à sa voix. Je sens une main dans la mienne. Je concentre mes forces pour la serrer.

« On va te redresser. »

Ma vue est un peu plus nette. Mathilde et Eric se penchent sur moi, et me soulèvent. Je me retrouve assise, appuyée contre eux.

Mathilde a les yeux pleins de larmes.

« Qu'est-ce… »

J'inspire à nouveau.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je balbutie.

- Comme tout à l'heure, tu as arrêté de respirer, dit Clara d'une voix un peu tremblante. On a essayé de t'appeler, mais tu ne te réveillais pas.

- C'est quand je lui parle, j'explique d'une voix faible. Ça m'empêche de respirer.

- J'ai dû utiliser la respiration artificielle, m'explique Clara. »

C'est pour ça que l'air est revenu d'un coup !

« C'est pour ça que l'air est revenu. Merci. »

Je lui sers la main plus fort.

« Mais je en savais pas que tu avais des notions de secourisme.

- J'ai mon brevet de secouriste, me dit-elle en souriant. »

Ce dont je ne me plains pas.

Même que ce soit une fille qui m'ait embrassé à pleine bouche pour me réanimer, je m'en fiche. J'ai bien cru que j'allais y passer avec ces conneries.

« Nous aussi, dit Mathilde. »

Merde, j'ai pensé à voix haute.

« C'est quoi ça, ce brevet ? Demande Trina.

- C'est une sorte d'examen où on nous apprend à sauver les gens, explique Clara.

- On peut dire que c'est bien tombé, commente Eric.

- Oui. Mais au moins, je sais quand ils vont attaquer. »

Ils me fixent tous d'un air impatient.

Ah, j'aime leur sollicitude !

J'ai failli crever, et bien sûr, dès qu'on parle des mangemorts, je peux mourir sur le sol, tant que je leur raconte.

« Ils attaqueront le trois janvier ; le soir. Avec du polynectar.

- Qu'est-ce qu'on va faire ? Demande Mathilde. »

Je me redresse un peu plus, péniblement.

« Vous, je ne sais pas, mais moi, je compte bien y aller ! »

Voilà, à bientôt pour la suite

Bisous