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Bonne lecture!
28. La bataille
On se tourne tous d'un même mouvement vers le hall, et on se fige en voyant que le ministre Hoffton est déjà là. Il discute avec trois autres sorciers. Le reste du hall est désert.
Il règne un silence pesant, et nous on était limite en train de gueuler dans notre coin.
« Bienvenue, monsieur le ministre ! S'exclame le plus petit des trois.
- C'est Johnston ! Je m'écris en reconnaissant la voix de tout à l'heure. »
Un concert de « chut » me répond, tellement discret que même un sourd à l'autre bout de la ville ne pourrait pas passer à côté. Les trois sorciers se tournent vers notre planque.
« Vous n'avez rien entendu ? Demande le ministre.
- On aurait dit des sifflements, répond un des sorciers en caressant sa moumoute »
Et merde. Ils regardent par là. Le sorcier à perruque fait mine de s'approcher, mais un PLOP attire alors l'attention dans une autre cheminée.
On se tord le cou pour voir dedans, tandis que le ministre et les trois autres sorciers s'approchent doucement, baguette levée.
« Qui est-ce ? Demande Hoffton. »
Ils s'approchent encore, et on se décale pour mieux voir.
Dans la cheminée, un homme faible et maigre essaye de tenir sur ses jambes.
« Papa ! Je souffle. »
Sirius serre mon bras comme si j'allais y aller.
Je ne suis pas si conne !
Mon père, où la personne qui se tient là, se redresse encore un peu, et regarde le ministre.
« Aidez moi… j'étais… prisonnier… »
Il parle tout bas, et articule difficilement.
« Meath ? Dit enfin le ministre. William Meath ? »
Mon père acquiesce, et le ministre baisse sa baguette avant de venir le soutenir.
« Mais on vous croyait mort !
- Echappé… »
Il se tait, et s'appuie sur le ministre. Celui-ci regarde les trois autres, qui ont baissés leurs baguettes.
« Il faut prévenir du secours ! »
L'un d'eux fait mine de partir, mais mon père lève alors sa baguette, qu'il avait cachée dans sa manche, et le stupéfie.
Le sorcier à perruque s'écroule par terre, et le ministre lâche mon père, qui se redresse en souriant.
« Expelliarmus ! »
Son cri résonne dans tout le hall, et les baguettes des deux autres sorciers et du ministre s'envolent pour atterrir dans sa main.
Heureusement qu'on n'était pas dans son champ de vision, sinon il nous aurait désarmé.
Le ministre s'écarte aussitôt, se plaçant devant ses deux collègues. Je dois lui reconnaître qu'il ne manque pas de courage.
« Qui que vous soyez, dit-il, je suppose que vous me voulez moi !
- C'est exact ! Lui répond mon père.
- Vous n'aurez pas le temps de me tuer. Dès que des sorts de désarmement sont lancés dans le hall, les sorciers postés à l'entrée moldue sont prévenus magiquement. »
J'ouvre la bouche en grand.
Mais alors on ne sert à rien ?
Mon père éclate de rire.
« Je sais. C'est pour ça que j'ai pris mes précautions ! »
Le ministre fronce les sourcils, mais mon père n'a pas le temps d'expliquer que deux autres personnes arrivent par le côté menant à l'entrée moldue.
Il s'agit de deux autres doubles de mon père, dont l'un doit être le vrai. L'un des deux tient sa baguette en l'air, tenant deux sorciers ligotés en lévitation devant lui.
Il vient se placer avec un sourire à côté de l'autre, et laisse tomber sur le sol plus loin les sorciers.
« C'est impossible ! Dit enfin le ministre. »
Il semble ne pas en croire ses yeux.
« Il vous fallait le code d'entrée pour parvenir à…
- Nous l'avions ! »
Et soudain, je comprends. Pourquoi ils ont gardé mon père.
Ils avaient besoin du polynectar, mais aussi du code d'entrée. Seul un membre du personnel pouvait le connaître. Bien sûr, on a appris en cours qu'il était changé tous les ans, mais aussi que celui des aurors reste le même. Ils ont un code spécial.
Mon père est tombé à pic. Ils avaient besoin de quelqu'un, et cet auror seul les pourchassait à l'autre bout du pays. Il est tombé dans leurs filets.
« Oh merde ! Je souffle enfin. »
Près de moi, les visages de mes amis que je distingue dans la pénombre suffisent à me faire comprendre que eux aussi ont saisis le plan des mangemorts. Alors que nous, on a aucun plan.
Le mangemort qui vient d'arriver pousse l'autre devant lui.
« Heureusement, dit-il, le vrai Meath nous a aidé. »
Le ministre écarquille les yeux.
« Meath ? Non, c'est impossible ! »
Il regarde mon père (le vrai), comme pour obtenir un démenti, mais celui-ci se contente de le fixer, immobile, les yeux dans le vague.
« Inutile de lui parler, dit le premier double qui tient les baguettes. On a du… le faire obéir de force ! »
Le ministre serre les poings.
« Il est sous l'imperium ?
- Oui. C'est qu'il nous a donné du fil à retordre. Mais quelques sorts et il devient sage. »
Il éclate de rire à sa blague, et l'autre rit aussi. Seul mon père ne rit pas, toujours immobile.
Puis le double fronce les sourcils en tendant sa baguette.
« Une dernière loi, monsieur le ministre ?
- Allez brûler en enfer !
- Vous d'abord ! »
Il lève sa baguette un peu plus haut.
« Avada Keda…
- Stupefix ! »
Le rayon rouge jaillit de ma baguette, tandis que mon cri retentit dans tout le hall.
Le double évite mon sort d'un bond, et se tourne vers moi en fronçant les sourcils. Je baisse les yeux sur mes bras, et m'aperçois avec horreur que je suis parfaitement visible.
Le sort de Clara n'aura pas été efficace longtemps.
« D'où tu sors, toi ? »
Il brandit sa baguette dans ma direction, mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche, une dizaine de sorts envahissent le hall, et il doit reculer d'un bon, suivit par l'autre double.
Mon père reste debout sans bouger, tandis que le ministre et ses deux collègues regardent mes amis surgirent de notre cachette, parfaitement visibles, leurs baguettes brandies.
Les maraudeurs viennent tous les quatre se mettrent devant moi, et je me redresse en relevant ma baguette.
« Mais d'où vous venez ? S'exclame le double devant.
- Peu importe ! S'exclame l'autre. Ils ne font pas le poids, ce ne sont que des gamins ! »
Il lève sa baguette.
« Endoloris ! »
On bondit pour éviter son sort, se dispersant dans le hall.
Je regarde mon père, encore au milieu du hall.
« Papa ! Je m'écris. Cours ! »
Il ne bouge pas, et je jure entre mes dents.
« Endoloris ! »
Le sort me frôle, et évite de peu Mathilde qui se tenait derrière moi. Je regarde le ministre et les deux autres, désarmés dans un coin.
« Occupez vous de lui ! Je leur crie en jetant des sorts au hasard avec les autres. »
Le ministre acquiesce, et attrape mon père par le bras.
Il semble complètement dépassé par la situation.
A savoir, une dizaine de gamins surgis de nulle part et sans techniques qui lancent des sorts dans tous les sens en criant.
Malheureusement, les deux doubles ne semblent pas vraiment dépassés, et lancent des sortilèges interdits vers nous en avançant.
« Qu'est-ce qu'on fait ? Je crie entre deux sorts aux autres. »
On recule de plus en plus, et si on ne trouve pas quelque chose, on va se faire démolir !
« Courrez ! S'écrit Potter. »
Sans se concerter, on tourne les talons et on s'enfuit dans le premier couloir dans un même mouvement, envoyant des sorts par-dessus notre épaule aux deux doubles qui nous coursent.
Devant nous, le ministre et les deux autres, ainsi que mon père, disparaissent dans un couloir, et on prend l'autre embranchement.
Un sort doloris passe à côté de moi, et frappe de plein fouet Mathilde. Elle s'écroule sur le sol en hurlant, et on s'arrête tous, horrifiés.
Je l'aide à se relever, les larmes aux yeux, tandis que Eric brandit sa baguette vers les doubles.
« Endoloris ! »
Son sort atteint un des doubles, qui s'effondre, et Eric crache par terre en le regardant, tandis que l'autre double le relève.
« Ça t'apprendra ! Crie-t-il. »
Il se tourne vers nous, et retrouve son air neutre.
« Qu'est-ce que vous attendez pour courir ? »
On se remet à courir au hasard des couloirs, et je soutiens toujours Mathilde, qui retrouve des forces en courrant.
On entre enfin dans une salle encombrée d'étagères, et on referme la porte derrière nous.
On se réfugie au fond, derrière une étagère remplie de baguettes casées, quand on entend la porte s'ouvrir.
John nous fait signe de ne pas faire de bruit, et on acquiesce. Je demande d'un signe de tête à Mathilde si ça va.
Elle acquiesce en relevant sa baguette.
« On sait que vous êtes là ! Crie l'un des doubles. »
J'entend leurs pas entrer dans la pièce, et la porte se refermer en claquant.
« Il n'y a pas d'autre sortie ! Vous devrez bien vous montrez ! Ou bien on vous trouvera nous même ! »
Un fracas nous parvient, et je comprends qu'ils viennent de faire tomber une étagère.
A ce rythme, dans cinq minutes ils nous ont trouvé.
« Qu'est-ce qu'on fait ? Souffle Mathilde.
- Il faut les attaquer en retour ! Dit John. On doit les stupéfixer !
- Mais ils évitent les sorts, ou les arrêtent avec d'autres ! Je dis.
- De toutes façons, il faut bien se défendre ! Dit Clara.
- Oui, et attendre que le ministre appelle du secours, ou viennent nous aider. »
Autrement dit, on est dans la merde.
« Bon, a trois on se lève, et on attaque ! Dit Sirius. Pendant ce temps, Trina et Mathilde, vous couchez l'étagère pour nous protéger, ok ? »
On acquiesce, et on se tient prêt.
Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Et on a très peu de chances de s'en tirer.
Mais je dois dire que c'est aussi assez excitant. Dommage que Mathilde ne soit pas en état de prendre des photos.
Mais qu'est-ce que je raconte ?
« Un… »
J'avale ma salive difficilement.
Une dernière prière, Eileen ?
Euh… oui, ne pas mourir. Et sinon, euh…
Non, j'ai vraiment pas d'idées. Et dire qu'on est censé voir notre vie défiler.
Moi, tout ce que je vois, c'est que mon jean est déchiré, et que le sol est vraiment inconfortable.
Et aussi qu'on est dans la merde, mais ça c'est pas vraiment une découverte.
« Deux… »
Mais POURQUOI on ne sait pas transplaner.
Mais non, je suis conne. On ne peut pas transplaner d'ici. Dire que mon père m'a dit de ne pas venir. Pourquoi je ne l'ai pas écouté ?
« Trois ! »
Je me lève en même temps que les autres, et lance un endoloris en visant les doubles, tandis que l'étagère s'écroule sur le sol dans un vacarme assourdissant.
Trina et Mathilde la relèvent sur le côté pour nous faire un rempart, et on se baisse derrière en envoyant d'autres sorts.
Les doubles nous bombardent aussi, et des objets explosent un peu partout, projetant leurs éclats un peu partout.
Un sort me frôle le visage, et je sens ma joue me brûler, avant de sentir quelque chose couler dessus.
Folle de rage, j'envoie quelques doloris en plus, mais les doubles les contre de la même façon que le reste.
« Rendez vous, vous n'avez aucune chance ! »
Un sort lancé par Potter atteint le double qui a crié, et il crie de douleur, avant de jeter un sort qui atteint Lupin. Celui-ci s'écroule sur le sol en se tenant le ventre.
Clara, près de moi, se relève d'un bond, les sourcils froncés.
« Endoloris ! »
Son sort atteint un des doubles, et elle envoie des objets qu'elle attrape au hasard vers eux en les injuriant, oubliant toute prudence.
« Bande de cons ! Hurle-t-elle. Vous commencez à m'énerver ! »
Un sort des doubles la frôle, mais elle ne semble pas le voir, et continue de lancer des sorts en envoyant des objets que les doubles évitent.
Je l'attrape par le bras, et essaie de la forcer à se baisser.
« Clara, baisse toi ! »
Elle semble revenir du monde des fous furieux, et se penche à nouveau. Elle envoie aussitôt quelques sorts, et je l'imite en me disant que j'espère bien ne jamais la mettre en colère.
On envoie d'autres sorts, mais les doubles les évitent, et se rapprochent de quelques pas.
« Qu'est-ce qu'on fait ? Je crie.
- Il faut sortir ! Crie Eric. »
Je saute par-dessus l'étagère couchée, et brandit ma baguette sur un double.
« Stupéfix ! »
Le sort l'atteint, et il s'écroule sur le sol.
L'autre double se tourne vers moi, sa baguette levée, et ouvre la bouche.
Oh mon Dieu. Ça y est, je vais mourir !
Au moins, s'il vous plait, faites que les autres puissent sortir d'ici sains et saufs !
Terrorisée, je ferme les yeux en attendant le sort fatal, mais un autre bruit me parvient.
Un bruit d'explosion.
J'ouvre les yeux, et vois la porte exploser. Des débris de métal volent un peu partout, et je me protège le visage avec les bras.
Le double à côté de moi se protège, puis brandit sa baguette vers l'ouverture.
« Qui est là ? Montrez vous ! »
Il fronce les sourcils, et se poste face à la porte. Un bruit de pas se fait entendre, et enfin, une silhouette apparaît dans l'embrasure.
Je relâche ma respiration en reconnaissant Dumbledore.
Pour une fois, je suis contente de le voir.
Le double, surpris, hésite un instant, sa baguette toujours levée. Apparemment, Dumbledore réussit là où une dizaine de gamins ont échoués : il l'a surpris.
Mais il reprend vite contenance, et serre sa main sur sa baguette.
« Avada Kedav…
- Stupefix ! »
Dumbledore, plus rapide, l'atteint de plein fouet, et le deuxième double s'écroule à mes pieds.
Je pousse un soupir de soulagement, et baisse ma baguette, tandis que les autres enjambent l'armoire derrière laquelle ils s'étaient relevés en me voyant me jeter sur l'un des doubles.
Mathilde me serre contre elle un instant.
« Oh mon Dieu ! J'ai bien cru qu'on allait y passer !
- Oui, moi aussi ! »
Je me tourne vers Dumbledore.
« C'est le ministre qui vous a prévenu ? »
Il secoue la tête, avec son petit sourire mystérieux.
« Non. Il a appelé des aurors extrêmement compétents. Mais qui se sont perdus en vous cherchant.
- Alors comment vous avez su qu'on était là ? »
Son sourire s'agrandit.
Le genre de sourires que seul lui peut avoir alors que dix de ses élèves viennent de frôler la mort.
« Vous pensiez sérieusement que les cheminées du château n'étaient pas surveillées ? Et surtout, vous pensiez que l'absence de dix élèves passerait inaperçue ? »
Franchement ? Oui.
Je souris malgré tout, et je vois que les autres aussi. Sans doute le bonheur d'être en vie.
« Et mon père ? Je demande ?
- Je suppose qu'il s'agit de l'homme qui était avec le ministre et ses deux collègues ? Il va bien, mais je crois qu'un séjour à sainte mangouste ne sera pas de trop. »
J'acquiesce, les larmes aux yeux. J'ai bien cru qu'ils allaient le tuer, lui aussi.
Sirius joue avec quelques unes de mes mèches.
« Finalement, tu l'as sauvé ! »
J'acquiesce encore. Oui.
« Bon, et si je vous ramenais à l'école ? Propose Dumbledore. »
Enfin une parole censée !
Bisous, à bientôt!
