Bonjour tout le monde ! Voilà la suite ! En fait, ça sera plutôt un Three-Shot je pense, parce que je ne pouvais tout simplement pas développer leur relation comme je le souhaitais en deux chapitres x) Bref, j'ai avancé plutôt rapidement, car je voulais absolument poster ça aujourd'hui. En effet, je pars en camping toute la semaine prochaine, et ne pourrais donc pas avancer la dernière partie. J'espère que vous me pardonnerez !

Je dois remercier les nombreux lecteurs (plus de 350 ! Ouah !) qui ont jeté un coup d'oeil à cette fic. Vous êtes géniaux !

Plus encore, un gros merci à toutes les personnes qui ont mis ma fic en favori ou qui la suivent ! C'ets adorable de votre part ! Merci, vraiment.

Et surtout, surtout, je fais un gros poutou et un énorme giga-méga-merci aux 6 personnes qui m'ont laissé une review. Sérieusement, vous pouvez pas savoir à quel point ça fait plaisir de recevoir une review en tant qu'auteur. Merci, vous êtes des amours. Normalement j'ai répondu à ceux qui ont un compte, mais pour les anonymes :

ania : Merci ! et la suite est là ;)

77hildegard : Merci, je suis contente que tu aimes et j'espère que tu aimeras toujours autant la suite !

Disclaimer : Et... non, Harry et Draco ne sont toujours pas à moi, comme le reste de leur monde. Tout est à JKR. Niveau playlist, "On se tourne autour" de Kyo, "Kashmir" de Led Zep (*.*) et "I was made for Lovin' You" de Kiss.

Je vous retrouve plus bas, en espérant que vous apprécierez votre lecture !


Un mois environ avait passé depuis l'épisode de la sortie en boîte. Ce genre de sortie ne s'était reproduit qu'une fois depuis, et Potter semblait l'éviter pendant deux ou trois jours après. Son comportement ne semblait avoir ni queue ni tête, et Draco était plus ou moins calmé, mais après la période « d'évitement », Potter revenait. Et les bagarres recommençaient. Aujourd'hui, tout avait commencé après une simple remarque de Draco à Weasley au sujet de ses études.

« – Eh bien quoi ? Tu t'es rendu compte que tu n'étais qu'un froussard incapable de faire Auror, la Belette ? »

Et une fois de plus, Potter était sorti de ses gonds. Il lui avait sauté dessus, et lui assénait à présent de bons coups de poings dans la mâchoire. Draco ressentit soudain une violente douleur à l'arcade et riposta sans hésiter, faisant passer son rival sous lui d'une torsion des reins pour lui envoyer son poing, que Potter stoppa sans encombre.

« – Malfoy ! On avait dit pas d'insultes ! Tu le fais exprès ou quoi ? Espèce de salaud ! »

Draco bloqua les poignets de sa Némésis, les jambes de chaque côté du corps fin et bronzé.

« – Je suis désolé ok ? Bon sang Harry, on dirait que tu ne me connais pas ! Je suis un con cynique et moqueur, c'est comme ça ! Si tu dois péter les plombs à chacune de mes remarques, on va pas s'en sortir. »

Potter cessa de gigoter sous lui et poussa un profond soupir. Derrière eux, Ron et Hermione étaient restés pétrifiés devant la réaction de leur ami, qui finit par fermer les yeux. Draco se détendit. Il... se sentait étrangement à sa place, installé sur le bassin de Harry Potter. Ce dernier finit par bouger, rouvrant les yeux et lui intimant d'une voix douce :

« – Tu pourrais te lever ?

– Si tu me promets de ne pas me frapper... »

Harry sourit doucement, et Draco se leva. Le Gryffindor se redressa à son tour et s'excusa envers les deux autres membres du Trio. Puis il se tourna vers Draco et lui fit signe de le suivre. La tête pleine d'interrogation, il obtempéra. Mais qu'est ce qui pouvait se passer dans la petite tête brune ? Il était vraiment bizarre. Un coup à deux doigts de le tuer, un coup calme et souriant. Fichu lion. Impulsif, comme tous les membres de sa maison. Et puis, après toutes ces années, il n'avait toujours pas compris que Draco n'était pas un ange ? Son caractère n'allait pas changer du tout au tout comme ça, parce que Môssieur Potter lui avait fait l'ultime honneur de le laisser habiter dans sa maison.

Il était ainsi, Draco. Moqueur, sarcastique, emmerdant. Mais cela ne l'empêchait pas d'être quelqu'un de bien, parfois. Seulement, Potter ne semblait pas le comprendre. Draco soupira lorsqu'ils arrivèrent à leur palier. Toujours silencieux, le brun ouvrit la porte de la salle de bain, laissa le blond entrer et le fit s'asseoir sur le bord de la cuvette des toilettes. Puis il se tourna et sortit du placard une trousse de pharmacie, dans laquelle il prit une compresse et du désinfectant.

Ce fut presque avec douceur que Harry commença à désinfecter l'arcade droite de Draco, qui grimaça sous le léger picotement. Il tenta de fixer son « infirmier » dans les yeux, mais Potter faisait tout pour ne pas le regarder. Il finit par lui attraper le poignet.

« – Tu m'expliques ? Tu me frappes puis tu me soignes ? T'es quoi, Potter, mon infirmière ? »

Il sentit le sorcier se crisper légèrement, puis il lui répondit :

« – J'essaie de créer un lien avec toi, histoire qu'on arrête de s'entre-tuer. Tu ne me facilite pas la tâche. »

Draco allait répondre, mais son vis à vis se releva brusquement et partit dans sa chambre, et en ferma la porte sans lui laisser le temps de répondre. Quelques secondes plus tard, une musique résonnait.

Et nos mains qui se cassent sur les portes closes
Nos joues qui se glacent quand on prend la pose
Nos doigts qui s'écorchent à la couleur des roses
Et tes jambes qui s'écartent à la chaleur d'un autre

Nos yeux qui se cachent sous les ecchymoses
Nos voix qui s'écharpent dans ce qui les opposent
Moi j'ai cherché l'écharde, l'origine des maux
Mais ton lit restera mon dernier tombeau

On se tourne, tourne, tourne autour
Moi je tends, tends, l'autre joue
Il n'y a pas de magie ici il n'y a pas de poésie mais
Il n'y a pas de violence ici quelques pages qu'on a déchirées

Draco appuya son front contre la porte. Il ne comprenait pas, mais il savait qu'il avait merdé. Une fois de plus, comme d'habitude. Par les couilles de Merlin, mais que voulait donc Potter ? Il frappa dans la porte, énervé. Il avait un réel besoin de comprendre. Et non, ça n'avait rien à voir avec le fait que le corps d'Harry, qu'il entrevoyait le matin à travers les parois de la douche, était plus que tentateur. Ça n'avait rien à voir avec ces putains d'yeux verts. Et ça n'avait sûrement rien à voir avec son envie de tout savoir de lui.

« – Laisse moi entrer ! »

Du mouvement derrière lui. Hermione le contemplait, inquiète.

« – Draco... ça ne sert à rien, quand il est comme ça il vaut mieux le laisser. »

Sans se préoccuper des conseils de la jolie brune, le Slytherin cogna à nouveau contre la porte. Ce fut un Harry furibond qui finit par ouvrir, avant de retourner s'asseoir derrière son bureau pour se plonger dans ses cours. Draco fit quelques pas dans la pièce, repérant rapidement les photos sur les murs, les Maraudeurs qui riaient, Lily et James, Hagrid, les camarades de dortoir d'Harry. Remus, Tonks et un bébé... Teddy. Alors qu'il allait dire quelque chose, n'importe quoi, pour briser le silence, la porte se ferma. Potter et lui lancèrent un même regard abasourdi vers elle, alors que résonnait un marmonnement... Potter se jeta sur la poignée qu'il agita vainement.

« – Hermione ? Mais tu fais quoi là ?

– Ron et moi, on en a marre de vous voir vous disputer. Donc voilà, on va se faire un resto et vous ne serez libérés que quand nous rentrerons.

– Mais... Il est à peine 17h !

– On se voit dans cinq ou six heures alors... »

Les deux garçons échangèrent un regard, puis hurlèrent d'une même voix.

« – HERMIONE ! »

Seul le bruit des pas décroissant dans l'escalier leur répondit. Harry poussa un long soupir et repartit s'asseoir derrière son bureau. Draco préféra s'installer dans le pouf et attraper un livre dans la bibliothèque. Comme il s'y attendait, ce fut Potter qui craqua en premier. En tant que Slytherin, de plus Malfoy, il était habitué à rester en silence un long moment, contrairement au Gryffindor. Ce genre de personne avait besoin de parler sans arrêt, Draco vivait avec trois d'entre eux depuis trois mois, il avait pu le remarquer.

« – Écoute... On va jouer à un jeu. »

Draco leva un sourcil incrédule. Sérieusement ?

« – Tu me sors de ma lecture passionnante pour... un jeu ? »

Oui, il savait parfaitement que le sarcasme était bien reconnaissable dans sa voix.

« – Ta lecture n'est pas passionnante, je le sais j'ai lu ce bouquin. Ça s'appelle le jeu de la Vérité. Le but, c'est de se poser des questions et de se dire la vérité. »

Deux yeux gris se levèrent au plafond, observant silencieusement les bannières rouge et or, pour dériver lentement sur le grand lit à baldaquin et enfin sur Potter. Le temps semblait suspendu, comme si la maison elle-même retenait son souffle. Comme si la réponse de Draco allait être capitale. Les cheveux blonds pâle ondulèrent au rythme du hochement de tête.

À peine quelques minutes plus tard, Draco était toujours sur son pouf, alors que Harry était installé sur le lit. Et il se demandait pourquoi, par Merlin, avait-il accepté de jouer à ce jeu stupide.

« – Réponds Draco. »

Il soupira.

« – Oui, jusqu'à mes quinze ans je disposais de ce que je voulais quand je le voulais. J'étais pourri gâté, c'est ce que tu voulais entendre ?

– Pas forcément.

– Ok. Pour préciser : je voulais juste que mon père soit fier de moi. J'étais persuadé que la vie était simple, que quelqu'un serait toujours derrière moi pour me protéger et réparer mes conneries. Je me suis lourdement trompé. Et toi Potter ? Comment vivais-tu pendant ton enfance ? »

Le brun eut un sourire mélancolique. Ses yeux se troublèrent, perdus dans le vague, puis il fixa les photos sur son mur avant de déclarer d'une voix atone :

« – J'ai passé ma première année de vie dans les bras de parents aimants et heureux, et les dix suivantes dans un placard. Ma famille me haïssait, mon cousin me frappait, j'étais le souffre-douleur de l'école. Je faisais la vaisselle, le ménage, mon oncle me frappait quand ce n'était pas assez propre. Je n'avais jamais rien à Noël et pour mon anniversaire. J'ai eu droit à une chambre et à des vêtements plus corrects – c'est à dire ceux de mon cousin mais moins sales – après mon entrée à Hogwarts. Ça te va ? »

Draco resta silencieux. Alors, c'était ça, l'enfance du Survivant ? Il avait toujours pensé que Harry avait vécu heureux, gâté, dans une famille qui le vénérait. Il s'était trompé, comme souvent quand il s'agissait de son rival.

« – J'aurais pas pensé. À toi. »

Potter sembla réfléchir, l'observant intensément tout en se redressant sur les draps.

« – Comment ça se passait avec Snape ?

– Severus était l'homme le plus râleur et renfermé que j'ai jamais connu. Cependant, il était aussi le plus protecteur et le plus attentionné des hommes quand il le voulait. En tant que parrain, il a remplacé mon père à bien des égards. En tant que professeur, je n'aurais pas entamé ces études sans lui. Enfin, en tant que combattant, il a été extrêmement courageux, plus que je ne le serais jamais. »

Il ne put s'empêcher de laisser sa voix trembler sur les derniers mots. Severus lui manquait terriblement. Harry se laissa retomber sur le dos.

« – Et toi, par rapport à Black ?

–Sirius était mon parrain, il a remplacé mon père l'espace de deux ans. Je l'aimais, il était le seul qui savait me réconforter. Le seul aux yeux de qui je voulais briller. J'aurais dû aller vivre avec lui. Il avait le même goût du risque et des ennuis que mon père et moi, et il me manque, tout comme Snape doit te manquer. »

Un silence.

« – Draco... Qu'as-tu vécu ? Je veux dire, vraiment. Ce que tu as dit au procès... C'était plat, sans vie. Il y a plus. »

Que répondre à ça ? Saint Potty venait de le percer à jour... Draco soupira profondément. Il n'avait aucune envie de parler de ça. De plus, rien ne l'y obligeait. Excepté ces putains d'iris couleur absinthe qui lui collaient des frissons partout.

« – Il était là tout le temps. Même quand Il partait, il y avait cette présence dans la maison. Et Bellatrix, qui torturait les gens en riant. Quand Il avait des accès de colère, Il tuait n'importe qui. Mon père lui était soumis. Tous lui étaient soumis. Et parfois, la nuit, j'entendais des hurlements venir du salon. Je détestais porter la Marque, devoir répondre à toutes ses exigences. Je détestais quand Il laissait glisser son regard le long de mon corps et qu'Il me déshabillait du regard, en silence. Et je me haïssais, parce que j'étais faible et lâche, parce que je n'avais pas la force de résister. »

Le regard du Seigneur des Ténèbres sur lui le fit frissonner. La salle du Manoir était plongée dans l'obscurité donnée par le crépuscule, et Voldemort était assis sur un trône, Nagini sifflant à ses pieds.

« – Draco Malfoy... J'espère que tu as rempli la mission dont tu étais chargé... »

Draco prit son air le plus froid, barricada son esprit et répondit :

« – Oui Maître. Les cris de ces Muggles étaient... Délicieux. »

Surtout, ne pas faiblir. Ne pas montrer l'horreur que lui inspirait la situation. Ne pas montrer le frisson qui le prenait face à la voix traînante et sifflante.

Draco s'ébroua machinalement, comme pour effacer encore mieux ce à quoi il venait de penser, sous le regard pensif d'Harry. Le brun semblait hésiter entre le croire et lui cracher au visage que tout était faux. Un soupir.

« – A moi. Potter, pourquoi ne m'as-tu pas serré la main dans le train ? »

A sa grande surprise, Harry se mit à sourire, amusé.

« – J'étais un gamin paumé qui arrivait dans un monde auquel il ne connaissais rien. Les seuls à m'avoir tendu la main et à ne pas m'avoir jugé parce que j'étais Harry Potter étaient Ron, sa famille, Hagrid. Et toi, tu osais les insulter devant moi ? Je ne pouvais pas le supporter. D'ailleurs, je dois t'avouer un truc Malfoy. Si ce jour-là, je t'avais serré la main dans le train, tout aurait été différent, parce que je serais allé à Slytherin.

– Quoi ?

– Oui : le Choixpeau a hésité entre Slytherin et Gryffindor pour moi, sûrement dû à la part de Voldemort en moi. Ainsi, si je t'avais serré la main, j'aurais choisi Slytherin pour être avec toi alors que là j'ai voulu être à Gryffindor comme mes amis et mes parents. »

Draco resta silencieux. Il ne se serait pas douté que c'était finalement grâce à lui que le Survivant était allé à Gryffindor. Mais, s'il avait été à Slytherin, peut être que le Horcruxe en lui aurait pris le dessus. Peut être qu'il n'aurait pas été le Sauveur, mais l'instrument de la réussite de Voldemort. Partagé entre une étrange forme de fascination et de terreur, Draco frissonna. Après tout, heureusement qu'il ne lui avait pas serré la main. Harry lui jeta un regard amusé.

« – Je commence à être à court d'idées...

– Moi aussi. »

Ils échangèrent un sourire et Draco se sentit bête. Il détourna le regard, gêné par il ne savait trop quoi. Si on lui avait qu'un jour il serait capable de parler calmement et amicalement avec Harry Fuckin' Potter il ne l'aurait pas cru. Soudain, une nouvelle idée lui vint à l'esprit et il demanda doucement, presque timidement – timidement ! Il était un Malfoy bon sang !

« – Tu pourrais me montrer ton Animagus ? »

Harry leva un sourcil, surpris.

« – C'était à mon tour de demander un truc. Dis moi un truc sur toi que je ne sais pas et je le fais.

– Tous les Death Eaters plus ou moins proche du Lord sont des Animagus. J'en suis un. »

Sous le choc, Potter entrouvrit la bouche, ne semblant pas y croire. Draco eu un sourire fatigué. Il se souvenait encore de l'apprentissage, où sa tante Bellatrix lui hurlait dessus sans cesse. Il avait fini par réussir, en peu de temps, poussé par les autres Death Eaters et par la volonté de sauver sa famille. Souplement, il monta sur le lit, face à Potter qui le fixait d'un air choqué, ferma les yeux, et laissa la transformation agir. Il était rouillé, manquait d'entraînement. Pourtant, au bout de quelques instant, un loup arctique se tenait face à lui, tranquillement assis, la queue enroulée autour des pattes comme un chat. Draco rit mentalement face au regard de Potter qui semblait prêt à bondir à l'autre bout de la pièce. Histoire de le calmer, il se coucha et tira la langue, ce qui eut le mérite de tirer un rire à Harry.

Ce dernier ferma les yeux à son tour et bientôt, un furet au poil noir se tenait à sa place. Le petit animal s'approcha prudemment du loup, et Draco avança le museau pour le renifler. Harry sentait bon, un mélange de musc et d'épice – sûrement son gel douche – et une pointe de menthe fraîche. Et puis son poil de furet était tout doux... Il se recula un peu et se prépara à se retransformer, mais Harry semblait en avoir décidé autrement. En effet, il lui fila soudain entre les pattes.

Ce fut un loup stupéfait qui observa un furet slalomer entre ses autres pattes. Mais à quoi pensait-il ? Draco-le-loup se remémora ses premières transformations... L'Animagus prenait souvent le pas sur l'humain. C'est ce qui arrivait donc à Potter. Il hésita, un peu. Puis finalement, il se coucha tranquillement et décida d'attendre que Harry-le-furet revienne à lui tout seul. Au bout de plusieurs minutes, submergé par un furet hyperactif, le loup bailla. Il avait faim et sommeil. Il plissa les yeux, soupira, et se roula en boule, ignorant le furet qui sautillait toujours autour de lui. Enfin bon, de toute façon, ce n'était pas comme s'il allait dormir... Il sentit peu à peu Harry-le-furet se calmer. Ses yeux se fermèrent tout seuls. Et bientôt, un léger ronflement se fit entendre dans la chambre d'or...

.

HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP

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Harry se précipita dans la salle de bain, dont il ferma la porte à clé avant de s'y adosser. Il souffla profondément. Un jour de plus. Un jour de plus à éviter Malfoy le matin. Cela faisait presque un mois que, en revenant plus tôt que prévu car Hermione s'inquiétait et s'en voulait de les avoir laissés seuls, les deux amoureux les avaient découverts dans la chambre d'Harry, profondément endormis l'un contre l'autre. C'était le bruit que faisait Ron en s'étouffant qui les avait réveillés. Leur forme animale avait cédé pendant leur sommeil, et ils étaient donc blottis l'un contre l'autre.

Cet... événement avait grandement perturbé Harry. En effet, la première chose qu'il avait vue en se réveillant avait été les yeux encore embués par le sommeil et les cheveux en bataille de Draco Malfoy. Et cette image ne l'avait pas quitté depuis. Parce que, par la barbe de Merlin, Malfoy était un connard, mais au réveil il était magnifique. Pire que ça même. Donc depuis, il l'évitait par tous les moyens, quitte à être ridicule. Et non non, il n'était pas un lâche ! Au contraire : s'empêcher volontairement de contempler une telle beauté c'était très courageux. Ainsi, comme tous les matins, il se précipitait dans la salle de bain à la première sonnerie de son réveil, et se douchait tellement rapidement qu'il arrivait à ne pas croiser son rival – ex-rival ? - avant la fin du petit-déjeuner. Ensuite, il partait à toute vitesse, chargeait ses amis de surveiller Draco à midi et ne le retrouvait que pour le repas du soir. Bien sûr, il avait une bonne excuse : les examens de première année approchaient, et ils étaient réputé pour leur difficulté. Ron était extrêmement stressé, alors il en profitait pour dire que lui aussi et qu'il révisait entre midi et deux.

Une fois sous l'eau chaude, Harry laissa dériver sa main sur son corps aux muscles sculptés par l'entraînement, mais aussi par la quête des Horcruxes : il n'avait jamais repris les kilos perdus. Il était beau, d'après ses conquêtes, Ginny et Hermione, mais dans sa tête, il restait le petit binoclard qui se faisait frapper à la récré et dont on ne voulait pas en sport. Il restait le maigrichon à lunettes qu'on traitait de petit moche. Il avait beau avoir refait toute sa garde-robe avec Ginny, Luna et Hermione, il se souvenait encore des habits vieux et trop grands qu'on lui donnait.

Le jeune sorcier sourit faiblement. À côté de Malfoy, il avait l'air ridicule. Oui, parce que Malfoy était beau, il devait le reconnaître. Avec ses yeux d'acier en fusion, son corps parfait, pâle, mince et musclé mais sans trop, ses fichus cheveux blonds et fins dans lesquels on n'avait qu'une envie : y passer la main, sa bouche légèrement rosée, ses doigts de pianiste. Harry grimaça. Il devait vraiment arrêter de penser à ça. Les révélations que Malfoy et lui avaient partagées ne voulaient rien dire. Il y avait toutefois beaucoup de choses qu'il avait été étonné d'apprendre mais... Enfin bon, en parler ne voulait pas dire qu'ils étaient amis. Non ?

Harry se dépêcha de sortir de la douche, s'habilla en un tour de main et se précipita au bas des escaliers, entendant juste le bruit de la porte du Slytherin qui s'ouvrait alors qu'il commençait à descendre. Après un petit déjeuner rapide, il fila avec Ron au Ministère, où se déroulait la première partie écrite de l'examen.

La salle était grande, avec des tables séparées. Les étudiants prirent place. Ils étaient peu nombreux, la profession étant présentée comme dangereuse. Un Auror au teint basané et aux yeux sombres était chargé de les surveiller. Chacun se dirigea vers la table à son nom, et Harry vida toute pensée de son esprit. Il devait se concentrer à tout prix. Malfoy devait passer ses examens lui aussi... Bon sang, ne pouvait-il pas arrêter de penser à lui ? Il lut les premières questions et sourit. Facile. Il avait cherché des Horcruxes, identifié les Reliques de la Mort, vaincu le plus grand Mage Noir de leur époque. Il pouvait réussir. Ron lui adressa un regard stressé et Harry lui répondit par un clin d'œil. Tout allait bien se passer.

Trois heures plus tard, Hermione les attendait fébrilement à la sortie de l'examen. Elle se jeta dans les bras de Ron en leur demandant comment ça s'était passé, et poussa un soupir de soulagement à la vue de leurs mines réjouies.

« – Je n'ai jamais douté de votre réussite, affirma-t-elle. »

Ses deux amis échangèrent un regard amusé. Hermione disait souvent cela, mais ne le pensait pas toujours. Elle était comme ça, ne leur parlait jamais de ses inquiétudes. Ron l'embrassa sur les yeux attendris du plus petit, qui se rappela la première fois qu'il les avait vu s'embrasser.

Il y eut un grand fracas lorsque les crochets de Basilic tombèrent en cascade des bras d'Hermione. Se ruant sur Ron, elle passa lui passa les bras autour du cou et l'embrassa en plein sur la bouche. À son tour, Ron lâcha les crochets et le balai qu'il tenait entre les main et lui rendit son baiser avec tant de fougue qu'il la souleva de terre.

« – C'est vraiment le moment ? Interrogea Harry d'une voix timide. »

Voyant que sa question n'avait d'autre effet que de resserrer l'étreinte de Ron et d'Hermione qui se balançaient sur place en s'embrassant, il haussa le ton :

« – Hé ! Il y a une guerre en cours ! »

Il s'écartèrent un peu l'un de l'autre tout en restant enlacés.

« – Je sais, mon vieux, répondit Ron qui avait l'air d'avoir reçu un Cognard sur l'occiput, mais justement : c'est maintenant ou jamais, tu ne crois pas ? »

Harry retint un gloussement en se remémorant la scène. Ils étaient quand même incroyables, de s'embrasser comme ça alors que le monde autour d'eux s'écroulait. Mais... à bien y réfléchir, ce n'était pas si idiot. Ils auraient tous pu y passer cette nuit-là, alors il valait tout aussi bien que tous se soient dit ce qu'ils voulaient se dire. D'ailleurs... il se questionna intérieurement. À qui aurait-il aimé parler en dernier ? Ron et Hermione... Non, ils savaient déjà tout de lui. Ginny ? Il se posait déjà des questions à propos de ses sentiments pour elle. Alors... la réponse lui apparut soudain.

Durant les jours qui suivirent, Harry se tortura l'esprit entre deux examens oraux. Avant son examen de Potions, il commençait déjà à accepter la situation. Après celui de Métamorphose, il songea que tout ça était loin d'être une évidence. Il se refusait à croire ce que son esprit lui imposait pourtant. À la fin de la session d'examen, il s'assit sur une marche de l'immense escalier de Grimmauld Place, posa son visage fatigué sur ses genoux et examina le fond du problème. Ce n'était pas tant ce qu'il voulait dire. Finalement, la personne à qui il adresserait ces mots serait même plutôt logique. Ce qui le dérangeait, c'était le fait qu'il les aurait dit dans cette situation précise qu'était une guerre.

Harry Potter aurait tout simplement voulu demander à Draco Malfoy pourquoi. Pourquoi il faisait ça, pourquoi il ne résistait pas, lui qui étais fier et indomptable. Pourquoi ils n'avaient pas pu être amis. C'étaient des questions qui étaient revenues durant leur... enfermement. Il rougit. Ridicule. Non, en réalité, c'était vraiment le fait que la personne à laquelle il aurait aimé parler avant de mourir soit Draco Malfoy qui le rendait dingue. Ce mec était partout, il infestait ses pensées, il infestait sa vie. Fichu Malfoy.

Ce fut avec un soupir qu'il accueillit l'apparition de Kreattur.

« – Maître Harry... Miss Luna est dans le feu. »

Harry hocha la tête et transplana dans la cuisine, où la tête de Luna l'attendait. Il lui fit un grand sourire et s'agenouilla pour se mettre à son niveau.

« – Bonjour Harry. Oula, tu as des pensées troublées. Je peux voir plein de Joncheruines autour de toi.

– Bonjour Luna ! Tout va bien, ne t'inquiète pas.

– Si tu le dis... Harry, je voulais vous inviter, Hermione, Ron et toi, à venir manger Vendredi soir. J'ai quelqu'un à vous présenter. »

Le Gryffindor lui fit un grand sourire ravi. Finalement, Luna avait trouvé quelqu'un qui l'acceptait, elle et ses bizarreries.

« – Ça dure depuis quand ?

– Six mois, répondit la jeune fille, rêveuse. Elle s'appelle Amaya.»

Le visage de Luna avait pris des teintes rosées, et un doux sourire naquit sur ses lèvres. Harry ne fut même pas surpris. Il avait toujours su que Luna était à part.

« – Parfait ! Vendredi, quelle heure ?

– Dix-neuf heures. Tu peux amener Draco. »

Après un instant de silence, le plus âgé hocha la tête. Ils se dirent au revoir, et elle partit. Harry resta un instant à genoux, inquiet de devoir annoncer cela à son meilleur ennemi. Comment allait-il réagir ? De plus, passer une soirée entière en tête à tête – ou presque – avec lui allait être compliqué. Il se leva, s'appuya sur la gigantesque table en bois massif et décida d'attendre l'heure du repas ici.

Vendredi soir, les quatre habitants de Grimmauld Place avaient utilisé la Poudre de Cheminette pour se rendre chez Luna. Ils étaient à présent installés dans le petit salon, serrés sur le canapé sauf leurs hôtes qui avaient pris des chaises. Amaya était une sorcière de vingt-deux ans, d'origine africaine, aux magnifiques cheveux longs et montés en coupe afro aux pointes multicolores. Sa peau couleur cacao semblait luire par instant. Luna leur apprit qu'elles s'étaient rencontrées dans les bureaux du Chicaneur, où Amaya prenait son premier jour de travail. Le coup de foudre, précisa la plus âgée. Le fond musical que Luna avait mis fit frissonner Harry, qui ne put s'empêcher de regarder Malfoy, se demandant se qu'il pensait.

Oh, let the sun beat down upon my face, stars to fill my dream.
Oh, laisse le soleil taper sur mon visage, les étoiles remplir mon rêve.
I am a traveler of both time and space, to be where I have been.
Je suis un voyageur du temps et de l'espace, pour me retrouver là où j'ai été.
To sit with Elders of the gentle race, this world has seldom seen.
S'asseoir avec les Anciens de la noble race, ce monde a rarement vu ça.

They talk of days for which they sit and wait, and all will be revealed...
Ils parlent de jours durant lesquels ils s'assoient et attendent, et tout sera révélé...

Talk and song from tongues of lilting grace, whose sounds caress my ear.
Paroles et chants de langues à la grâce musicale, dont les sons caressent mon oreille.
But not a word I heard could I relate, the story was quite clear.
Mais pas un mot que j'entendis puis-je le raconter, l'histoire était très claire

Le repas venait de commencer et le groupe discutait joyeusement – à l'exception de Malfoy, qui restait silencieux dans son coin. Le canard laqué préparé par Amaya était un délice aux dires de tous les convives, surtout de Ron qui mangeait avec son appétit habituel. Hermione lui fit les gros yeux lorsqu'il tenta de se resservir pour le troisième fois et proposa plutôt sa part à Draco. Ce dernier eut presque l'air surpris et déclina poliment, prétextant qu'il désirait garder sa ligne. Harry pensa distraitement qu'il n'avait nul besoin de faire attention, il avait un corps parfait. Arrivés au dessert, ayant tous plus ou moins bu, la conversation dériva sur l'amour.

« – Eh bien, le coup de foudre j'y crois mais dans notre cas, ça a plutôt été une longue connaissance et découverte de l'autre, s'écria Ron. Et pourtant, notre amour est réel et durable ! »

Il réagissait aux propos de Luna qui affirmait que seul le coup de foudre réunissait les vrais amants. Hermione approuva vivement son petit ami, et ajouta calmement :

« – Je pense que votre couple durera, il n'y a qu'à voir comment vous tenez l'une à l'autre, cependant je maintiens que seule une réelle connaissance de l'autre permet à un couple de rester ensemble longtemps. »

Harry restait indécis devant le débat.

« – Les Âmes Sœurs se reconnaissent au premier regard, dit doucement Luna. Tu ne crois pas Draco ? »

Elle avait posé ses yeux bleu glacier sur le visage pâle et lui fit un sourire. Harry posa à son tour son regard sur le blond, qui semblait surpris qu'on lui demande son avis. Pourtant, après un long soupir et un coup d'oeil vers le ciel, il se lança, de sa voix traînante :

« – Je pense que les Âmes Sœurs sont des personnes ayant une relation très forte, oscillant entre la haine et l'amour. Leur passion peut être destructrice si elle n'est pas contrôlée, où acceptée. Ces personnes se reconnaissent au premier regard, oui, et elle se haïssent ou s'aiment au premier regard. »

Il se tut, posa ses yeux sur Harry, sembla hésiter.

« – Regardez : Ron et Hermione se sont tout d'abord détestés avant de s'aimer passionnément, se sont fait du mal en ne voulant pas le reconnaître. Blaise et Théo ont emmerdé tout le dortoir avec leurs disputes ou leurs ébats nocturnes des plus bruyants et passionnés, et maintenant ils ont réussi à construire une relation saine. Severus et Sir... »

Il se tut brusquement, conscient de ce qu'il allait révéler, et Harry le regarda avec des yeux ébahis. Allait-il réellement dire Sirius ? Pourtant, Snape et Black se haïssaient. Tout le monde le savait. Draco détourna le regard et toussota, gêné.

« – Malfoy ? Tu n'allais quand même pas sous entendre que Sirius et Severus... Oh par Merlin !

–Ecoute Potter... Ce qui se passait entre eux ne nous regardait pas. Je les ai juste surpris un soir en débarquant dans les appartements de mon parrain. Point. »

Après quelques secondes d'horreur, Harry se mit à envisager la chose. Était-ce, finalement, si terrible ? Il savait que Severus avait été un des plus nobles sorciers de cette Guerre, et il parvenait à l'apprécier à présent. Alors... Pourquoi pas ? Mais la discussion n'était pas finie. Amaya suggéra, l'air innocent :

« – Mais, euh, Draco... Harry et toi, vous ne vous êtes pas détestés au premier regard ? C'est ce que j'avais cru comprendre... »

Il y eut quelques instants de silence à la fois outragé pour certains, ébahi, amusé, et enfin tétanisé pour d'autres, et les deux sorciers hurlèrent en même temps :

« – Quoi ? C'est pas pareil ! »

Puis ils se fusillèrent du regard, tentative un peu gâchée par leurs rougissements respectifs. Harry le fit rapidement disparaître en avalant un verre de Whisky Pur-Feu. Bon sang, non il n'était pas amoureux de Malfoy. Mais le couple n'en avait pas fini avec eux. Luna continua avec tout autant d'innocence que sa compagne :

« – C'est vrai Harry, et puis se battre autant indique une forte tension sexuelle entre vous. »

Draco manqua de s'étouffer avec son verre d'eau, tandis que Harry restait bouche-bée, trop abasourdit pour émettre le moindre son. Lorsque l'un eut fini de s'étouffer et que l'autre soit parvenu à rebrancher son cerveau, ils protestèrent dans un bel ensemble.

« – Non mais rien à voir...

– Malfoy et moi ? Non mais jamais, puis...

– Pas mon style, trop Gry...

– ... Pas les blonds et...

– ...Obstinés et impulsifs, et puis...

– Serpent !

– Pote Potty ! »

De nouveau, ils se lancèrent un regard noir, tandis qu'Hermione gardait un silence pensif et que Ron semblait avoir reçu un sort de Pétrification. Mais le cerveau d'Harry fonctionnait à plein régime, et il devait s'avouer que parfois, plutôt rarement – enfin, pas souvent quoi – durant ses bagarres avec le blond, il avait ressenti une sorte de, euh, de désir. Pas vraiment fort, enfin, pas toujours, mais quand même... Et puis, c'était quand même pas sa faute si Draco était bien foutu. Et s'il avait de beaux yeux gris. Et s'il était intelligent, mignon au réveil avec une petite bouille qui lui donnait envie de le protéger et... Oh par les couilles de Merlin.

Harry ne savait pas ce qui pouvait bien se passer dans sa tête, mais ça devait s'arrêter. Immédiatement.

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HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP

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Draco poussa un énorme soupir en se levant. Les vacances avaient été... étranges. Tout d'abord parce que Harry, l'avait ignoré et évité tout juin en prétextant trop de travail – bien sûr, il n'avait même pas besoin d'aller faire les examens pour les réussir ! De plus, tous n'étaient pas en vacances : Ron continuait à gérer Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux avec Georges, Amaya travaillait toujours au Chicaneur, Ginny s'entraînait avec les Harpies de Holyheads, Hermione n'avait eu que deux semaines de vacances (qu'elle avait pris avec Ron, une semaine au Terrier et une semaine en France) du fait de son travail au Ministère et enfin ils avaient continué à étudier en prévision de la rentrée. Lorsqu'ils étaient au Terrier, Ginny, stressée de ne pas être à la hauteur, les forçait à s'entraîner avec elle. Harry avait été relégué au rang de Poursuiveur, tout comme Georges. Cependant, ils réalisèrent vite qu'ils avaient besoin d'une équipe adverse et appelèrent Angelina à la rescousse, ainsi que Lori, une amie de Ginny qui faisait partie des Harpies. Malgré tout, comme Ron et Charlie occupaient le rang de Gardiens, il leur manquait un joueur.

Ce fut ainsi que Draco eut la surprise de voir Potter lui demander, dans un marmonnement ennuyé et un peu rougissant – non ça, il l'avait rêvé, Potter rougissant devant lui ? – lui avait demandé s'il voulait bien faire Poursuiveur. Après un court silence, durant lequel le blond avait fixé l'Attrapeur en plissant les yeux, incertain sur la conduite à tenir, il avait hoché sèchement la tête. Il s'était donc retrouvé avec Charlie, Georges et Angelina contre Ron, Ginny, Harry et Lori. Les matches étaient plus ou moins intéressants, malgré l'absence de Batteurs et d'Attrapeurs, et Draco devait reconnaître qu'il s'amusait. Et bien sûr, le fait qu'il rate parfois la balle n'avait rien à voir avec le corps de Potter en action.

Il fallait pourtant avouer que la plastique du brun avait sur lui un certain attrait. Premièrement parce que Harry jouait torse nu, comme tous les autres garçons, et que sa musculature fine et souple était attrayante. Deuxièmement, à cause de ce fameux Magyar à Pointes, qui était bien réel, et épousait les formes de son porteur à la perfection. Et troisièmement parce que les gouttes de sueur roulant sur ce même torse étaient... eh bien... Draco verrouilla ses pensées en sortant de la salle de bain. Potter n'avait pas changé sa fichue habitude de parvenir invariablement à se doucher avant lui. S'il ne l'évitait plus, à la place, il prenait une étrange couleur rosée en le voyant s'approcher de lui et lui en mettait une dès qu'il osait « trop la ramener ».

Cette situation le rendait fou. Fou, car lui, Draco Lucius Abraxas Malfoy, se voyait obligé de reconnaître suite à « l'incident de la chambre » qu'il éprouvait peut-être, un petit, tout petit, désir pour Potter. Pas de quoi le réveiller la nuit, hein. Non, juste suffisant pour le faire se perdre dans les yeux verts et le déconcentrer quand il voyait le corps bruni par le soleil. Ainsi, Draco était plus ou moins content que Potter ne lui parle pas trop, cela lui évitait des réactions trop embarrassantes. Mais en même temps, durant les premiers mois, il s'était, en quelque sorte, habitué à la présence d'Harry dans la salle de bain, son « b'jour » endormi et sa façon de boire son chocolat chaud, avec les moustaches à la fin. Ces derniers mois, même s'il n'avait rien fait pour changer les choses, il avait été ennuyé par tout ça.

En arrivant dans les grands bâtiments qui s'occupaient des études botaniques, naturalistes et potionnistes, il fut content de retrouver Neville et Luna. Ces derniers lui adressèrent un salut amical avant de filer respectivement vers les serres de botanique et la salle de deuxième année d'études des Créatures Magiques. Draco rejoignit rapidement le labo de Potion, où il retrouva Théodore. Le jeune homme voulait devenir Guérisseur et avait donc, sur les quatre année de formations, des cours de potions durant les deux première années. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et firent mine de s'intéresser à ce qu'expliquait le professeur au sujet du programme de deuxième année.

« – Hey Draco, ça va ?

–Oui, juste Potter qui est lourd à supporter. »

Théodore eut un large sourire.

« – Oui, je disais ça de Blaise aussi...

– Hein ? Quoi ? Non mais ça va pas ou quoi ? Il n'y a rien entre Potter et moi !

– Oui oui, c'est ça... »

Le châtain n'ajouta pas un mot. Devant eux, le professeur continuait son cours, et leur lança un regard noir, que Draco effaça d'un sourire désolé. Ce cours était pourtant un de ceux qu'il préférait. La salle était claire, lumineuse, totalement différente des cachots de Hogwarts. L'homme aux cheveux blond foncés était plutôt sympathique, ne se concentrant pas que sur le fait que Draco était un Malfoy. L'ancien Slytherin finit par remarquer Théodore, qui bien que toujours silencieux, se contentait de lui lancer quelques oeillades amusées, ce qui finit par agacer Draco qui chuchota sèchement :

« – Bon, vas-y, qu'est ce qu'il y a ?

– Rien, rien. C'est juste que tu es vraiment obsédé par Potter.

– Mais... mais pas du tout ! »

Draco était horrifié d'avoir été percé à jour. En même temps, Théodore était un de ses meilleurs amis, Slytherin qui plus est , il n'avait donc aucun mérite...

« – Draco, tu me parle de lui dans chacune de tes lettres, quand tu vois, je suis même sûr que tu rêve de lui. »

Mais de quoi se mêlait-il ce con ? Théodore avait beau être son ami, il... Zut, il était chiant. Bon, il avait presque raison. À un point près : il ne rêvait pas de Potter. Enfin, pas souvent. Ça avait arriver une ou deux fois. Peut être même quatre ou cinq, mais bon, pas plus. Oh, et puis si ça lui arrivait, c'était pas la fin du monde. Si ? Dégoûté de lui-même et énervé contre son ami, Draco ne dit plus un mot jusqu'à la fin du cours. Il lui restait tout de même un peu de dignité, après tout.

Le soir même, en atteignant le palier du cinquième étage, il se trouva face à face avec sa Némésis. Draco hésita un instant, incapable de se détacher des émeraudes qui lui faisaient face, le ventre serré par il ne savait trop quoi. Potter s'écarta légèrement pour lui laisser le passage et il l'effleura en rentrant dans sa chambre. Il ferma la porte derrière lui et s'assit sur le grand lit vert, perturbé. Harry avait sursauté en le touchant. Que devait-il comprendre ? Non, il ne ressentait rien pour lui. Au fil des mois passés ensemble, il avait cessé de le détester et comprenait mieux qui était Harry Potter. Il désirait peut-être son corps, mais ce n'était qu'un désir physique, dû à la beauté de l'autre.

Un soupir sortit d'entre ses lèvres, tandis qu'il laissait son esprit divaguer. Potter était magnifique, musclé mais sans trop, fin, pas trop grand. Et il avait ces yeux couleur forêt en été, qui semblaient luire quand il était heureux. Sans parler de ses cheveux, que Draco pressentait fins et doux. Enfin, « pressentait ». Il les avaient touché lors de leur « sieste improvisée », alors il pouvait même l'affirmer. Oui, il pouvait dire qu'il connaissait les courbes du corps de Potter par cœur, à force de les avoir observées, caressées du regard. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était le goût de sa peau, de ses lèvres. Plutôt sucrée, comme son gel douche fruité, ou le goût du musc et de la sueur après un entraînement ? Et la texture, serait-elle ferme et rêche, douce, élastique... Il y avait tant de choses qu'il voulait tester avec le corps de Potter. Et c'était bien ce qui lui faisait peur.

Il ramena un bras sur ses yeux et laissa son autre main caresser doucement les draps de soie qu'il avait achetés avant de détacher un à un les boutons de sa chemise argentée . Bon sang, pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ? Il ne pouvait pas être... Normal ? Un rictus naquit sur ses lèvres. Bien sûr que non. Il était un Malfoy, il était forcément spécial. Le repas chez Luna lui revint en tête, ce qu'il s'y était dit. Leur réaction à propos de leur pseudo « coup de foudre » avait été virulente. Mais était-elle vraiment sincère ? Oui, évidemment. Potter était l'ennemi naturel des Malfoys, et les Gryffindors haïssaient les Slytherins, c'était sûr et certain. Perdu dans ses pensées, Draco sursauta lorsque quelqu'un toqua à sa porte.

« – Entrez ! lança-t-il. »

Il fut surpris de voir un Harry un peu gêné lui faire face, et se redressa, inconscient de la vision qu'il offrait au brun. Sa chemise entrouverte montrait son torse pâle aux muscles délicats et une ligne de poils blonds qui dépassait de l'élastique de son boxer. Aussi, il ne compris pas la soudaine dilatation des pupilles ni la crispation de Potter, qui sembla éprouver de la difficulté à lui proposer une sortie en boîte le lendemain, vendredi soir. Sans réfléchir, Draco accepta.

La musique des Bizarr' Sisters finissait de résonner dans la boîte bondée. Comme la première fois, le blond était accoudé au bar, un verre à la main, et regardait les autres danser. Tout le monde avait l'air heureux, même Potter qui dansait avec un beau blond baraqué. Il savait parfaitement que pour une fois, il avait bu plus que de raison, et qu'il n'était pas vraiment dans son état normal. Il sourit en terminant son verre, les yeux toujours braqués sur sa proie, un petit brun mignon. Ce soir, il n'avait pas envie de rentrer seul.

Tonight I wanna give it all to you.
Ce soir, je veux tout te donner
In the darkness.
Dans l'obscurité
There's so much I wanna do.
Il y a tant de choses que je veux faire
And tonight I wanna lay it at your feet.
Et ce soir, je veux le mettre à tes pieds
'Cause girl, I was made for you.
Parce que chérie j'ai été fait pour toi.
And girl, you were made for me.
Et toi tu as été faite pour moi.

Draco se leva avec une grâce féline et se glissa sur la piste. Les corps brûlants qui se collaient à lui le firent bientôt soupirer d'aise, alors qu'il parvenait à atteindre sa proie. Le petit brun n'hésita pas à se blottir contre son torse, avec un regard tentateur. Mais une fraction de seconde plus tard, les billes d'argent croisèrent les émeraudes étrangement furieuses de Potter et Draco eut un sourire amusé, et il défia silencieusement son rival. C'était à celui qui chaufferait le mieux son compagnon. Bientôt, le jeune brun commença à haleter dans les bras forts de Draco, qui se frottait contre lui, glissant sa main sous ses vêtements et malaxant le fessier délicatement musclé. Il pouvait sentir la légère érection se frotter contre sa cuisse, et lança un regard triomphant à Harry... Avant de déchanter en voyant SON brun gémir contre la peau de l'espèce de faux blond. Enfin, pas son brun, mais... Il n'était pas... Bref. C'était juste que Potter l'agaçait tellement, et il devait reconnaître qu'il le désirait alors...

Avec une sorte de violence, il rapprocha un peu plus sa proie contre lui, laissant ses yeux brûlants accrocher ceux de sa Némésis, qui eut un sourire étrangement amusé. La colère de Draco redoubla. Ce petit enfoiré osait être amusé ? Il mordit le cou de petit brun, qui lui susurra son prénom à l'oreille. Ayden, Aylen, un truc comme ça. Il s'en fichait. Tout ce qui comptait, là, maintenant, c'était Potter. Ce n'était plus pour coucher avec le brun dans ses bras, non, tout ce qui comptait, c'était ce duel silencieux, cet échange furieux. Ils ne chauffaient plus leur partenaires, non, ils se chauffaient de loin, s'aguichaient en silence. Leur jeu de regard finit par lasser Draco, qui se prit à rêver d'un autre corps contre le sien. Un corps plus épais, moins fragile, qui aurait des yeux verts envoûtants et des cheveux noirs en bataille et qui serait marqué par la Guerre comme lui l'était.

Leur danse les avaient peu à peu rapprochés, et bientôt, Draco s'aperçut qu'ils étaient côte à côte, leur partenaires se frôlant et leur donnant presque l'impression d'être encore plus proches. Du coin de l'œil, le Slytherin aperçut Potter se mordre la lèvre en basculant la tête vers l'arrière, dans une posture de total abandon au grand blond. Draco fut prise d'une soudaine bouffée de colère mêlée de désir. Il le voulait. Maintenant, sans concession et sans hésitation. Il voulait voir ce regard, cette façon de respirer fort, il voulait que cet abandon soit pour lui, uniquement pour lui et pas pour cet espèce de grand hippogriffe. Était-ce l'alcool ? Peut être. D'un geste, il laissa le petit brun en plan pour arracher Harry aux bras de l'autre. Surpris, Harry se débattit un instant, avant de se laisser aller contre Draco.

Ce dernier ne savait plus trop quoi faire. Son érection se faisait douloureuse au contact du corps dont il rêvait, mais son esprit lui hurlait qu'il était en train de faire la plus grosse connerie de sa vie. Et pour arranger le tout, deux yeux d'un vert embrumé par les vapeur d'alcool se levèrent vers lui et Harry lui souffla à l'oreille :

« – Tu fais quoi là, Draco ? »

Sa voix était un peu rauque, plus lente qu'à son habitude, abrutie par le désir et le Whisky Pur-Feu. Draco frissonna, et plongea son nez dans le cou offert, inspirant à plein poumon son odeur : musc, épices, terre après la pluie... Avoir un Animagus loup l'avait rendu plus sensible. Il sentit plus qu'il ne vit Harry basculer la tête, lui donnant un accès total à sa peau. Mû par une envie irrésistible, il baisa la peau, la mordilla, la lécha. Émerveillé par sa douceur, son goût un peu salé. Draco ne savait plus ce qu'il faisait, ni pourquoi. Tout ce qu'il avait en tête, c'était Harry, son odeur, son goût, le désir qui montait en lui comme un vague irrépressible.

Alors, il n'hésita plus, il ne pouvait plus supporter ça. Des images nées de son imagination quelques nuit auparavant lui revinrent en mémoire. Le lit de son brun, les draps rouge sang, lui en train de l'embrasser à perdre haleine. Cet instant, où ils s'étaient éveillés dans les bras l'un de l'autre, nez à nez. La douceur des cheveux d'Harry sous ses paumes, et l'éclat de ses yeux quand il riait. Avec une sorte de désespoir, Draco s'empara des lèvres rosées, cherchant à peine à prendre le contrôle du baiser. Après un instant de surprise, il sentit que Harry lui rendait son étreinte. C'était bon, si bon. Il glissa une de ses jambes entres celles de son ex-rival, la frotta contre la bosse conséquente qu'il avait devinée quelques fractions de seconde plus tôt, et sentit une décharge de plaisir le traverser en entendant le gémissement du Gryffindor.

Draco rompit le baiser, noya ses yeux dans ceux face à lui. Il n'était plus temps de douter, de s'interroger. Non, à présent, il voulait juste s'abandonner dans ces bras bronzés, voir le visage d'Harry rougir, se contracter de désir. Il voulait le voir s'offrir tout entier à lui. Ce fut pour toutes ces raisons qu'il transplana, emmenant Harry dans sa chambre rouge à Grimmauld Place. Le brun n'eut même pas le temps d'être surpris, vacillant un instant sur ses pieds avant que Draco ne l'embrasse à nouveau. C'était bien plus qu'un simple baiser : ils s'embrassaient à perdre haleine, collés l'un à l'autre. Il s'embrassaient comme lorsqu'ils se battaient, avec violence et passion. Le blond tira sa baguette de sa poche et, d'un informulé, les mit nus tout deux et lâcha l'objet au sol. Puis il recula d'un pas, ses mains toujours posées sur les hanches fines mais puissantes, et détailla le corps de son amant.

« – Tu es magnifique... »

Il put sentir Harry frissonner à ces mots, avant qu'il ne se coule à nouveau contre lui pour mordiller son cou. Ses longs doigts pâles parcoururent le dos musclé avec satisfaction, jusqu'aux fesses fermes et douces. Là, il s'arrêta, se délectant de sentir Harry contre lui. D'ailleurs, la main étonnamment fraîche du susnommé caressait doucement son torse, s'arrêtant sur chacune de ses cicatrices.

« – C'est moi qui te les ai faites... »

Draco l'embrassa à nouveau pour le faire taire, prenant son visage dépourvu de lunettes rondes – ça lui allait si bien, les yeux enfin découverts ! – en coupe dans ses mains. Et, laissant enfin ses dernières barrières tomber, il l'entraîna sur le lit, le laissant le surplomber. Plus rien ne les arrêtait. Plus de coups, plus de Voldemort, plus de maisons rivales. Juste eux, eux et leur désir dévorant. La nuit leur appartenait.


Eh oui ! Je suis méchante ! Oui oui, je vous coupe là, je sais, je suis affreuse.

Pour être sûrs de bénéficier d'un vrai lemon, bien long et tout, au prochain chapitre, je me vois obligée très chers lecteurs, de vous faire du chantage. Si si. Du chantage à la review. N'hésitez donc pas à m'en laisser, à me dire ce que vous pensez de tout ça, de l'avancée de leurs sentiments, de leur caractère dans cette fic. Si jamais il y a des fautes, dites le moi, je vais faire de mon mieux pour les changer.

Donc voilà, je vous dit à dans environ deux semaines !

Bisous baveux, Erwaël.