Coucou ! Je sais que j'ai été un peu longue pour poster, mais voilà enfin le dernier chapitre ! Un grand merci à tout ces lecteurs (plus de 1200 vues ! Ouah !) et surtout, merci aux deux personne ayant laissé une review sur le précédent chapitre ! C'est vraiment un plaisir d'avoir des avis !
Dans ce chapitre se trouve le lemon promis, dans la troisième partie. Je dois vous avouer que j'ai vécu un petit moment d'hésitation, devant le peu de retours sur le second chapitre, et que j'ai failli ne pas poster. Cependant, lorsque j'ai commencé un truc, je le finis en général. Et je voulais pas décevoir les personnes m'ayant dit que la fic lui plaisait.
Je ne vais pas quémander des reviews, je l'ai fait dans les deux premiers chapitre et j'ai bien vu que ça n'avait aucun effet. Alors voilà, faites ce que vous voulez.
Disclaimer : tout est toujours à JKR. Niveau musiques : Dream On de Aerosmith, Undisclosed Desires de Muse et Fall for You de Seconhand Serenade.
« Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière. »de Charles Baudelaire
« Une fois qu'on a éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité. » de Sir A. Conan Doyle, dans Sherlock Holmes.
Draco Malfoy pensa qu'il était le plus con de tous les hommes de la Terre et, dans un mouvement d'humeur, il écrasa son poing contre le miroir face à lui, avant de grogner sous la douleur. La vitre avait explosé sous l'impact, et sa main saignait. Un rapide regard autour de la pièce lui apprit qu'il n'y avait pas de bandages suceptibles de l'aider. Après avoir entouré sa blessure d'un serviette, il attrapa sa baguette et lança un Reparo informulé, avant de transplaner jusqu'à son université, sans prendre la peine de descendre à la cuisine. Les autres savaient qu'il allait partir.
Une fois arrivé, il chercha rapidement Théodore du regard, et soupira de soulagement quand il l'aperçut, ce qui ne fut pas le cas de son ami, qui poussa un cri en voyant l'état de sa main.
« – Bon sang, Draco ! Mais qu'est ce que t'as fait ?! »
Bien que furibond, le châtain s'occupa tout de même de la main blessée. Il enleva les petits morceaux de verre à l'aide d'une pince à épiler, sans toutefois faire preuve de douceur, et provoquant ainsi quelques protestations de la part de Draco. Au final, il lança un sort de soin et dit sèchement :
« – Voilà ! Monsieur est guéri ! »
Draco le regarda avec agacement avant de lui lancer :
« – Eh, c'est quoi ton problème ?
– Mon problème ? Mon problème ? »
Les yeux de Théo s'étaient plissé jusqu'à ne plus être que deux fentes menaçantes. Il s'approcha lentement de Draco de manière à envahir totalement son espace personnel.
« – Tu veux le connaître mon problème, connard ? C'est toi mon problème ! Toi et ta tête d'enterrement, tes soupirs à fendre l'âme, ta mauvaise humeur à la con et tes coups de colère inutiles. Tu fais chier, Draco ! T'es là sans l'être, tu rumines, tu envoies tout le monde balader. On dirait une gamine de quinze en plein chagrin d'amour ! Bordel, Draco, Blaise et moi nous sommes tes amis ! Et je ne sais pas ce qui s'est passé avec Harry mais... Bordel, parles-en ! Et arrête de faire ta drama-queen ! »
Le blond vacilla, ébranlé par la tirade de son ami. Il ne pensait pas avoir été aussi infernal ces dernières semaines. Et surtout, il ne croyait pas que quiconque avait compris pourquoi. Des flash-backs lui revinrent. Harry l'embrassant, Harry le prenant, baisant sa nuque, la sensation de son sexe en lui, sa main sur sa peau. Et puis, au matin, la fuite. Le regard abasourdit d'Harry alors que Draco sortait du lit pour retourner dans sa chambre. Ses mots, comme une claque. « – C'était rien, pour toi ? Pour moi non plus. » Et puis cette douleur dans le cœur, lancinante, effrayante. Ce vide en lui qui le faisait serrer son oreiller, la nuit, lorsqu'il était seul. Non, il ne pensait décidément pas que Théo avait remarqué ce qui se produisait dans son esprit actuellement.
Bon sang ! Ce qu'il pouvait être ridicule. Comme si Harry pouvait lui manquer. Non, ça n'avait rien à voir. C'était juste que d'habitude, il prenait et n'était pas pris. Là, il avait été au dessus, puis en dessous. Draco Malfoy n'était pas un soumis, mais un dominant ! Et ce qui s'était passé avec Potter n'était qu'une erreur. Une simple et énorme erreur. Et bien sûr, elle ne se reproduirait jamais. De plus, il ne risquerait jamais de devoir raconter tout ça à son meilleur ami... Non, ce n'était pas le genre de truc que Théodore pouvait entendre. Surtout pour une certaine partie, très dérangeante et dont il avait particulièrement honte. Le regard argent croisa les billes brunes qui lui faisaient face, et Draco sentit ses bonnes résolutions s'effondrer. Avec une hésitation peu habituelle chez lui, il commença à parler. Expliquant ce qui s'était passé cette nuit-là, et le matin suivant, et ce qui arrivait depuis. Cependant, il ne pouvait pas tout dire. Il ne pouvait pas expliquer ce qui lui était revenu quand Potter s'était retiré. Théodore hochait la tête, soudain compréhensif, et ayant une meilleure vue globale de la situation, il finit par soupirer.
« – Draco. Ni moi ni Blaise ne pouvons t'aider là. C'est un truc que tu dois résoudre tout seul. »
Son ami lui jeta un regard dubitatif. Il n'y avait rien à résoudre. Rien n'arriverait plus, Harry se foutait de lui. Point. N'est ce pas ? Raaah, ce que tout ça pouvait l'énerver. Et puis, il le rendait dingue, le brun, avec son regard furieux et ses cheveux en bataille. Qu'il aille se faire foutre. C'était lui qui l'avait dit, non ? C'était lui qui avait dit que ça ne voulait rien dire. Alors maintenant, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. Point barre. Un nouveau soupir désespéré de Théodore fit revenir le blond à la réalité, et il leva un sourcil inquisiteur.
« – Draco.. si tout cela ne voulait rien dire, pourquoi est-ce que tu te tortures ? Et pourquoi tu ne peux t'empêcher d'essayer de lui trouver un sens ? »
En rentrant à Grimmauld Place bien plus tard dans la journée, Draco ne put s'empêcher de se reposer la question. Enfin, se la reposer... Il n'avait cessé d'y penser toute la journée, et une part de lui avait trouvé une réponse. Les deux mains agrippant fermement le lavabo, il fixait son reflet comme si ce dernier était le miroir du Risèd et allait lui révéler tant de choses. Son passé, son présent... Son futur ? Ses désirs les plus profonds lui paraissaient inconnus. Il ne se connaissait pas lui-même, en réalité. Pourquoi est-ce que tout devait être compliqué comme ça ? De toute façon, il devait faire sa vie avec une femme, et pas un homme ! Et Potter n'avait rien à voir là-dedans !
Every time that I look in the mirror.
Chaque fois que je (me)regarde dans la glace.
All these lines on my face getting clearer.
Tous ces traits de mon visage deviennent plus marqués.
The past is gone.
Le passé a disparu.
It went by, like dusk to dawn.
Il a filé aussi vite que l'espace du soir au matin.
Isn't that the way.
N'est ce pas ainsi.
Everybody's got their dues in life to pay.
On a tous des comptes à rendre dans la vie.
Yeah I know, nobody knows,
Ouais je sais, personne ne sait,
Where it comes and where it goes.
D'où on vient et où on va.
I know it's everybody's sin.
Je sais c'est un péché qu'on commet tous.
Draco poussa un long soupir fatigué. Pourquoi, pourquoi ne pouvait-il être tranquille ? Il aurait aimé être seul, mais il se trouvait là, bloqué dans cette maison où tout lui revenait à la figure à chaque instant. Les photos des Maraudeurs, de la famille Weasley, des amis du Trio, des articles sur Harry qu'Hermione entretenait soigneusement... Des tas de bibelots et de livres ayant appartenu à la famille Black, à son cousin Sirius. Tout cela le rendait dingue. On aurait pu appeler cela de la culpabilité inutile... Mais les Malfoys ne ressentaient pas ce genre de choses, n'est ce pas ? Et tout ça sans compter Kreattur qui lui avait chuchoté un jour qu'il avait le nez de « Mademoiselle Bellatrix ». Franchement, tout cela le faisait chier. Il avait hâte d'en avoir fini avec cette prison. Il devait reconnaître qu'il aimait les études qu'il avait entreprises. Il souriait à l'idée d'être Maître des Potions, même s'il se doutait qu'on ne le prendrait jamais à Hogwarts. Travailler avec les potions était quelque chose qu'il avait toujours aimé, dès son plus jeune âge, quand Severus venait au Manoir pur lui donner des cours... Il repensa à Grimmauld Place, à ce que Severus et Sirius avaient sûrement vécu ici.
Et puis, il y avait Potter. L'odeur de Potter dans la salle de bain, le reste de son petit déjeuner sur la table, la marque de son corps dans le fauteuil qu'il venait de quitter quand Draco entrait dans la pièce. Sa voix qui résonnait dans la maison vide quand il discutait avec quelqu'un dans le feu, son rire lorsque Ron faisait une blague ou une maladresse. Ses yeux concentrés et ses cheveux qui s'emmêlaient lorsqu'il faisait un tour en balai juste sous les fenêtres de la chambre verte. Ce con était partout. C'était une véritable horreur. Sans compter qu'il devait bien reconnaître que coucher avec lui n'avait pas résolu grand chose... Le blond sursauta en entendant un coup contre la porte de la salle de bain.
« – Draco! Ça fait une heure que je poireaute, sors de là ! »
Un frisson parcourut son corps pâle à l'entente de la sécheresse du ton, et Draco se recomposa un masque de froideur pour ressortir. Il jeta un regard glacial au brun, qui feignit ne pas le remarquer, avant de qu'il ne s'engouffre dans la pièce pour se laver les dents. Draco attendit de rentrer à nouveau dans sa chambre pour laisser son désarroi apparaître sur ses traits marqués par les nuits sans sommeil. Étrangement, il commençait à craquer. Il ne pouvait plus supporter tout ça. Il avait des cauchemars la nuit, souvent. Il en faisait de plus en plus. Ce genre d'affreux songes-souvenirs, où il revoyait les tortures de Voldemort, de Bellatrix, de son père sur des innocents. Et... le regard de Voldemort sur lui, sa main qui, un jour, n'avait pas hésité à caresser son torse, puis à descendre...
Le Slytherin se crispa et verrouilla automatiquement la partie de son esprit qui contenait ces souvenirs. Son regard parcourut rapidement la chambre, s'ancrant machinalement à tout ce qui l'entourait et qui prouvait qu'il était bien à Grimmauld Place et plus au Manoir, et il s'écroula sur le lit, ramenant ses jambes contre lui dans une position fœtale. Après tous ces mois passés à Grimmauld Place, il pensait qu'il irait mieux. Que les cauchemars qu'il faisait avant son procès se seraient définitivement envolés. Mais, après avoir connu un mieux – c'est à dire une presque disparition – les mauvais rêves étaient réapparus, encore plus fort, suite à sa nuit avec Potter. Ce dernier avait, de manière totalement inconsciente, réveillé ce qui dormait en lui. Et à présent, il était si seul...
Draco serra son traversin contre lui. Un Malfoy ne pleurait pas. Un Malfoy était fort. Un Malfoy était... Une larme roula sur joue et s'écrasa sur ses draps. Une larme de fatigue, d'incompréhension. Il ne savait plus où il en était, avec qui ou contre qui il se battait. Contre lui-même peut-être. Et ce fut ainsi qu'il finit par s'endormir, roulé en boule sur les draps de soie, une trace de sel séchant doucement sur son visage. Cette nuit-là, comme beaucoup ces derniers temps, il rêva.
Et comme dans un film d'horreur, il était pétrifié. Incapable d'effectuer ne serait-ce qu'un il y avait cette main, glacée, blanche, qui glissait sur son torse. Les hurlements derrière lui, ceux des Mudbloods qu'il torturait. Le visage de craie face au sien esquissa un sourire terrifiant.
« - Connais-tu la peur, jeune Malfoy ? »
Et toujours cette main, qui descendait, toujours plus bas, avant de se stopper. Et soudain, l'espace d'une fraction de seconde, il était entièrement nu. La honte le submergea, et il voulut bouger, fuir, loin. Les cris dans son dos se firent déchirants. L'Autre était habillé – et il allait le rester, il le savait, cette scène il l'avait déjà vécue, tellement de fois... Il tenta de se reculer, sans pouvoir. Terreur. Honte.
« - Pense à ta famille... »
La voix s'était faite caressante, mielleuse, dégoûtante. Alors Draco cessa de bouger. Il ferma les yeux, laissa le sort le plaquer sur le matelas et emprisonner ses poignets au dessus de sa tête. Il ne voulait pas, ce serait sa première fois en dessous, mais pas avec Lui... Il barricada son esprit, tenta de sortir de son corps, de ne pas ressentir. Mais il n'y parvint pas. Bruissement des vêtements, le poids d'un corps au dessus du sien. Des doigts qui s'introduisaient en lui, qui le préparaient sans ménagement. Il se débattit, et enfin, commença à hurler.
Soudain, il ouvrit les yeux, sursautant violemment, et se débattit contre le corps qui était à côté du sien. Il haletait, terrifié, hors de lui, tenta de frapper celui qui le tenait. Son esprit paniqué et confus partait dans tous les sens, et il sentit un esprit se mêler à ses pensées, apercevant les images de son cauchemar. Non, NON, il ne fallait pas, il ne devait pas...
« – Draco, calme-toi, c'est moi, c'est rien, je suis là... »
Le blond reconnut la voix de Potter. Il voulut se reculer, complètement honteux de ce que le brun venait de voir, mais ce dernier le retint, le forçant à se caler contre lui, le nez contre son épaule. Draco abandonna, se blottit contre le corps fin, tremblant et en sueur. Il ne pouvait pas croire que sa Némésis aie vu ça... Son pire cauchemar et sa pire honte. Il aurait voulu oublier ça. Des paroles continuaient à s'échapper de la bouche d'Harry.
« – Je suis là, il est mort, il te fera plus rien, je le laisserai plus jamais... Je suis désolé, Draco, je voulais pas mais j'en avais marre de tes cauchemars, je voulais te réveiller, mais ton esprit s'est tendu vers moi et.. J'ai vu... C'est affreux ce qu'il a fait, mais ça n'arrivera plus... Ce n'était qu'un rêve... »
Un rire cassé s'échappa de la bouche de Draco.
« – Il est tard pour dire ça... T'étais où hein ? Le Sauveur.. T'étais où putain ? Quand il torturait les gens, quand il m'a fait ça ? Tu foutais quoi ? Je te hais Potter, je te hais pour tout ça. Tu m'as sauvé du Feudeymon mais bordel... C'était ce jour là que t'aurais dû venir. Tu sais, quand il me... quand il me pilonnait, et que j'avais l'impression d'être déchiré en deux, je suppliais, je hurlais, pour que quelqu'un, n'importe qui, vienne me sauver. Et je t'ai demandé, toi, pas à voix haute mais au fond de moi je voulais que tu débarques. »
Sa voix s'était brisée sur la fin de sa phrase. C'était pour ça qu'il avait fui, le matin de leur nuit de sexe. Parce que il s'était dégoûté lui même en jouissant lorsque Harry l'avait pris. Parce que être pris lui avait ramené tout un tas de choses en mémoire.
« – Un Oubliettes. Il m'avait jeté un Oubliettes, tu comprends ? Sauf que j'étais tellement brisé que ces souvenirs me sont revenus quelque fois sous la forme de cauchemars. Et quand on a... Quand tu m'as... ça a rompu le sort ! Et tout... tout... Je te hais pour ça ! Je ne suis qu'un faible, je suis sale, je suis... »
Deux lèvres posées sur les siennes le firent taire. Harry l'embrassa doucement, chastement, et il se calma instantanément. C'était Harry, tout allait bien... Son esprit semblait perturbé par ce qu'il venait de vivre en rêve. Peu lui importait maintenant, il ne voulait plus réfléchir à sa relation avec le brun, tout ce dont il avait besoin c'était un peu de réconfort. Les bras qu'il devinait à peine dans la faible lueur de la lune l'entourèrent plus fortement, et la voix un peu rauque retentit à nouveau.
« – Si j'avais su... Draco, je ne t'aurais jamais fait du mal consciemment, plus maintenant. »
Le silence s'installa. Draco se redressa un peu pour mieux regarder Harry, qui était assis sur le bord du lit, en boxer tout comme lui. La lumière de la lune s'infiltrait par la fenêtre et venait lui faire un halo pâle, illuminant délicatement ses yeux verts. Il était superbe. Draco ne savait pas si c'était parce que c'était la nuit, ou parce que son cauchemar l'avait ébranlé jusqu'à faire tomber toutes ses défenses, mais il se sentait étrangement bien contre Potter. Alors il se serra à nouveau contre lui, inspirant son odeur. Il se rendit compte que ça lui avait manqué, de sentir sa peau contre la sienne. Une simple nuit avait suffit à le marquer au fer rouge.
Draco hésita. Puis, avec douceur, il força Harry à se coucher, défaisant pour ce les draps verts, et se lova dans les bras tendres. Il savait que cela ne durerait pas, que le lendemain, il allait se réveiller et que son esprit rationnel et malfoyen allait reprendre le dessus sur son instinct et le forcer à s'éloigner. Mais pour l'instant, il s'en fichait. Harry lui faisait du bien, et il n'en demandait pas plus pour le moment. Il ne voulait pas coucher avec lui, il ne voulait pas de sexe d'aucune forme, juste le sentir contre lui avec cette impression d'être à sa place. Avec un petit soupir, il se tourna et cala son dos contre le torse du brun, entremêla leurs jambes et attrapa sa main pour la poser contre son ventre. Enfin, apaisé par le souffle chaud dans son cou, il se rendormit.
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HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP
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Harry Potter se regardait dans la glace en se disant qu'il ne comprenait pas Draco Malfoy. Enfin, ce n'était pas exact. Il comprenait Draco, mais pas toujours. Les événements de la semaine passée lui avaient fait croire qu'il avait réussi à passer une des barrières de sa Némésis mais... Non. Mais tout ça avait eu le mérite de lui donner une explication de ce qu'il s'était passé le matin de la soirée en boîte qui avait.. dérapé. Ce n'était pas parce que Draco voulait juste tirer son coup qu'il était parti. Non, c'était parce que ce que Harry lui avait fait avait brisé l'Oubliettes que Voldemort avait posé sur lui.
Et là, on revenait à la bonne vieille culpabilité. Tout était de sa faute. Il n'aurait jamais dû tenter ça, pas aussi vite... Surtout en sachant pertinemment que Draco était un dominant et qu'il n'était jamais en dessous. Mais le blond semblait en redemander, cette nuit-là, alors comment aurait-il pu savoir ? Harry fixa son reflet, son corps à moitié nu et frissonna. Il lui semblait revivre ces instant merveilleux où Draco et lui n'avaient fait qu'un. Il avait adoré être ris par le blond, ressentant chaque coup de butoir avec une intensité égale. Mais inversement, être à l'intérieur du blond avait été un délice. Enfin, que pour lui apparemment.
Tout ça le ramenait à la nuit où, excédé par les hurlements du blond, il avait décidé d'aller le réveiller pour pouvoir dormir. Il devait avouer avoir été furieux contre Draco, son comportement l'ayant rendu fou. Le voir quitter le lit avait été une déchirure et il lui en voulait terriblement. Alors il ne se préoccupait pas de le voir l'éviter. Mais, lorsqu'il avait touché le Slytherin, il avait été assaillit par les images du cauchemar affreux. Voir Malfoy, habituellement si fier, hurler, supplier, pleurer avait été un choc. Puis le réveil paniqué de Draco, ses mots de désespoir qui avaient poignardé Harry au plus profond de lui. « - T'étais où putain ? Je t'ai demandé, toi... » Non, il ne regrettait pas sa réaction, il ne regrettait pas le baiser qu'il avait donné à l'autre homme.
Dans tout ça, ce qu'il ne comprenait pas, c'était la réaction de Draco au matin. Son rejet, la façon dont il l'avait repoussé, froid et calme, assurant que rien de tout ça ne devait sortir de cette chambre et que Harry ne devait pas en tenir compte. Il pensait à quoi ? Bordel, il avait été violé par le pire des salauds, et il ne fallait pas qu'il y pense ? Le Gryffindor serra convulsivement les poings. Il s'en souvenait, sans arrêt ! Jour et nuit, il revoyait Draco souffrir sans qu'il n'y puisse rien, et il aurait voulu que le Lord soit encore vivant pour pouvoir le tuer une nouvelle fois. Il soupira en tentant de sa calmer. Aujourd'hui, ils devaient se rendre au Terrier pour la naissance de Victoire, la fille de Bill et Fleur. Bien sûr, Draco les accompagnait.
Il enfila rapidement un t-shirt noir avec une inscription « London » dessus et sortit de la salle de bain pour se retrouver nez à nez avec le-dit Draco. Ils se figèrent, puis le blond tendit le bras et ébouriffa les cheveux couleur corbeau du (légèrement) plus petit. Le regard interrogateur et surpris que lui balança Harry eu pour seule réponse :
« – Je préfère comme ça. »
Puis il le précéda dans l'escalier jusqu'à la cheminée, où ils utilisèrent la fameuse poudre pour se rendre chez les Weasleys. Harry fut ravit de retrouver la famille au grand complet, et les embrassades furent chaleureuses. Molly, comme à son habitude, s'inquiéta de son air fatigué. Il l'assura de son sommeil paisible, et affirma que c'étaient les cours qui étaient difficiles. Puis elle se tourna vers Draco. Le blond avait le même air gauche et froid que la première fois qu'il était venu, bien des mois auparavant. La mère de Ron sembla hésiter puis elle fit un pas en avant et serra le jeune sorcier dans ses bras. Harry put lire de la surprise sur son visage, mais Draco se baissa pour enlacer à son tour Molly et... Non, il n'avait pas rêvé, il s'agissait bien d'une larme qui venait de rouler sur sa joue pâle.
Harry se retint de se jeter sur lui, de poser ses lèvres à l'endroit où la perle salée avait laissé un légère trace. Il se contenta de se détourner pou admirer le bébé qui sommeillait dans les bras de sa mère. Alors qu'il s'apprêtait à demander s'il pouvait la prendre, une petite forme se jeta dans ses bras.
« – Harry !
– Teddy ! Comment ça va mon grand ? »
Il s'agissait bel et bien de son filleul, et il aperçut Andromeda qui le salua d'un signe de main avant de repartir dans sa discussion avec Angelina. Teddy avait pour l'instant une touffe de cheveux ébouriffés d'un bleu chatoyant qu'il attribuait à de la joie, et un énorme sourire. Il était à présent âgé de deux ans et demi, et se montrait étonnamment mature. Harry le cala contre sa hanche pour lui demander avec tendresse :
« – Alors, tu viendras bientôt chez moi ?
– Oui ! »
Ce fut à cet instant qu'il capta le regard de Draco sur lui. Le blond semblait surpris de ce qu'il venait d'entendre, et avait le regard rivé à l'enfant, mi-inquiet, mi-envieux. Harry n'hésita que peu, et s'approcha de lui plus qu'il ne l'aurait dû, jusqu'à sentir son souffle sur son visage. Qu'importe l'air choqué d'Andromeda, il devait lui présenter. Teddy regarda curieusement l'homme en face de lui, avant de décider qu'il était gentil et de lui faire un sourire. Draco sourit à son tour, avant de serrer sa petite menotte avec la sienne, bien plus grande.
« – Bonjour bonhomme ! Comment tu t'appelles ?
– Teddy ! Et z'ai – il compta sur ses doigts avant d'affirmer fièrement – deux ans ! »
Harry contemplait le visage détendu et amusé de Draco, et finit par déclarer :
« – Teddy, je vais discuter avec Mamie Andromeda, je peux te laisser avec Draco ? Tu vas voir, il est très gentil ! »
Teddy hocha gravement la tête et tendit ses bras fins vers Draco, qui le prit machinalement, avec un regard pétrifié vers Harry. Le sorcier lui fit un grand sourire avant de se diriger vers Andromeda, auprès de qui il s'installa sans quitter des yeux le blond qui riait avec Teddy. La vieille femme suivit son regard et eut un froncement de sourcils.
« – Je ne suis pas sûre que le laisser avec Teddy...
– Que veux-tu qu'il se passe ? Teddy semble déjà l'apprécier, et Dray ne ferait pas de mal à une mouche. »
Dray ? Ce surnom lui était venu comme ça, tel un réflexe longtemps enfoui. Mais Andromeda continua.
« – Peut-être, mais je ne souhaite pas que mon petit fils joue avec quelqu'un qui connaissait les meurtriers de ses parents ! »
Elle avait tellement élevé la voix que beaucoup de monde l'entendirent, dont Draco qui se retourna vers eux en pâlissant soudain. Harry se dressa entre lui et Andromeda, dans un mécanisme de défense automatique. Il devait protéger Draco de ses paroles, lui prouver qu'il lui faisait entièrement confiance. À voix basse, pour que Teddy n'entende pas, il répliqua :
« – Dois-je te rappeler que Bellatrix était ta sœur ? Ainsi, en suivant ton propre raisonnement, tu ne devrais pas approcher ton petit-fils. »
Andromeda s'apprêtait à répondre, mais elle se tut en fixant derrière l'épaule du Gryffindor, qui y découvrit Draco. Ayant visiblement posé Teddy dans les bras accueillant de Ginny, il semblait à la fois furieux et embarrassé.
« – Potter, je n'ai pas besoin de toi pour me défendre, je ne suis pas un faible ! »
Harry vacilla. Non, non, il n'avait pas compris. Ce n'était pas... Mais déjà Draco continuait.
« – Andromeda, je ne peux poser des mots sur ce que vous avez subi en perdant votre mari, votre fille de la main de ma tante et enfin votre gendre. Cependant, il faut que vous compreniez que Bellatrix et Dolohov ne sont pas moi. Dolohov n'a pas hésité à torturer mon père sous mes yeux après l'incident du Ministère, sur les ordres de Voldemort. Quant à Bellatrix, il n'y a qu'une personne au monde que je haïsse plus qu'elle , et il s'agit de son Maître. »
Il s'arrêta, et baissa les yeux.
« – Je ne suis pas le mieux placé pour m'occuper d'un enfant, ni le mieux placé pour vous demander pardon. Mais je le fais. »
Plus tard, Harry se dirait que c'était à cet instant précis qu'il était vraiment tombé fou amoureux de Draco Malfoy. Mais là, il se contentait de le fixer, de contempler ses yeux gris argent hantés par le passé. Une bouffée d'amour monta en lui, il sentit que son cœur battait à toute vitesse, et il songea qu'il avait très, très envie de l'embrasser. Il se retint, pensant que c'était inapproprié, et que Draco le repousserait certainement. Andromeda hocha lentement la tête, et dans les yeux des deux adversaires passa une lueur de compréhension, puis le plus jeune tourna les talons pour se rendre au jardin. Harry se précipita derrière lui. Tout étais à la fois si confus, et si clair ! Il l'aimait. Il ne savait pas pourquoi maintenant, pourquoi lui, mais il l'aimait. C'était là, ça avait été là pendant longtemps sans qu'il ne s'en aperçoive. Et ça ne partirait plus.
Soothing, I'll make you feel pure
En t'apaisant, je te ferai te sentir pur
Trust me, you can be sure
Fais moi confiance, tu peux être sûr
I want to reconcile the violence in your heart
Je veux reconcilier la violence dans ton coeur
I want to recognize your beauty's not just a mask
Je veux reconnaître que ta beauté n'est pas juste un masque
I want to exorcise the demons from your past
Je veux exorciser les démons de ton passé
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart
Je veux satisfaire les désirs inavoués dans ton coeur
Une fois sorti, Harry chercha un instant la forme de Draco dans les ombres naissantes. Quelques gnomes ricanaient dans un buisson, et les arbres noueux près des murs s'agitaient doucement grâce à la petite brise. Enfin, il vit la silhouette du Slytherin près de l'étang, et se hâta de l'y rejoindre. Les deux billes d'argent liquide étaient encore brillantes de colère et de tristesse mêlées, et lorsqu'il se retourna, ce fut pour gronder :
« – Bordel, Potter, mais je n'ai pas besoin de toi ! »
Harry s'approcha encore plus de lui, le menton légèrement relevé, droit et fier de le voir tressaillir au contact de son souffle. Le soleil disparaissait à l'horizon, et le ciel derrière eux se paraît de couleurs chatoyantes. Le brun admira un instant les cheveux fins de Draco, qui s'emmêlaient en ondulant au gré du vent léger.
« – Draco... Je suis désolé. »
Pour une raison que Harry ne comprit pas, cela sembla mettre encore plus Draco en colère.
« – Je suis désolé, continua-t-il malgré tout, je ne voulais pas te blesser.
– Tu.. Tu ne comprends rien ! »
La voix de Draco était furieuse, avec une pointe de désespoir qui fit tressaillir le cœur de son vis à vis. Toutefois, ce dernier commençait à être agacé par l'insistance de Draco à lui en vouloir sans raison apparente et à ne rien vouloir lui expliquer. Ainsi, il plissa les yeux et répondit avec un brin d'exaspération :
« – Non, je ne comprends pas, alors si tu voulais bien m'expliquer ça m'aiderait ! Je lis pas dans tes pensées, Draco, alors parfois faut que tu me dises quel est ton problème ! »
L'autre soupira profondément, s'approcha de lui et posa ses doigts sur les tempes d'Harry, qui allait protester lorsqu'il fut projeté dans l'esprit de Draco. C'était comme voir tout un tas de choses défiler et devoir faire le tri. Des pensées fusaient, s'entremêlaient, disparaissaient, et des souvenirs se créaient pour s'effacer aussitôt.
Harry hésita un instant. Une voix traînante, qu'il aurait reconnue entre mille, résonna alors.
« – Je ne suis pas doué pour expliquer, alors je te montre... »
Le brun examina alors l'esprit mis à nu de Draco. Des sentiments et des émotions s'y combattaient. Honte, toujours, mais aussi colère et... Ah, ça y est, il voyait. Il avait peur de ce que Harry pouvait penser de lui après ce à quoi il avait assisté. Il avait tout simplement peur de paraître faible, et inutile aux yeux de son ex-ennemi. Harry aurait pu en rire de soulagement. Si c'était juste ça... Il alla plus profond dans les méandres des pensées du blond, et s'aperçut que ce dernier regrettait de lui avoir montré ça, qu'il pensait qu'il le dégoûtait à présent. Il ne voulait surtout pas qu'il croie qu'il était une petite chose faible.
Harry ressortit lentement et prudemment de la tête de Draco. Il se souvenait à quel point il haïssait Snape lorsqu'il s'amusait à fouiller dans son cerveau. Un léger rougissement était apparu sur les joues pâles, et Draco détourna les yeux. Savait-il à quel point il était beau, dans son jean gris argent et sa chemise blanche cintrée ? Un ange déchu... Harry eut un rictus intérieur. Il devenait vraiment ridicule, pire qu'une écolière ayant consulté trop de romans d'amour. Il s'aperçut soudain que l'autre homme s'était reculé et lui tournait à présent le dos.
« – Je me demande bien ce que tu peux penser de moi, maintenant... »
Harry leva les yeux au ciel, puis s'approcha de lui jusqu'à se coller contre son dos, passa ses bras autour de la taille fine et glissa son visage dans le nuque où se baladaient quelques mèches d'or. Il était toujours plus petit que sa Némésis, mais peu importe. Il aimait ça, se sentir protégé dans les bras forts de Draco. Et, paisiblement, il murmura :
« – Draco... Tu es le Slytherin le plus stupide que j'ai jamais rencontré. »
Il sentit l'autre tressaillir dans ses bras, mais continua rapidement pour l'empêcher de parler.
« – Mon opinion à ton sujet n'a pas changée. Tu es quelqu'un de fort, de courageux, et je n suis pas intervenu parce que je te crois trop faible pour te défendre. C'est juste que... Je ne supporte plus qu'on s'attaque à toi. Tu es... Bordel, Draco, tu m'as fait ça ! C'est toi qui m'as montré à quel point tu es une personne merveilleuse. Je me fiche que Voldemort t'aie fait ça. Enfin, je m'en fiche dans le sens où pour moi, ça n'a aucune incidence sur le fait que tu es et restera toujours parfait. Mais le voir te faire ça, j'ai eu envie de le tuer, de le mutiler pour ce qu'il t'as fait. »
Harry fit une pause. Il pouvait sentir la respiration de Draco qui s'accélérait, et le força à se retourner pour lui faire face. La bouche fine était entrouverte, et Draco semblait prêt à parler, à lui dire quelque chose. Il ne voulut pas lui en laisser le temps.
« – Tu ne me dégoûtes pas. Ça n'est pas arrivé, et ça n'arrivera jamais. Je... Je te désire Draco, je... Je ne peux plus supporter ta vue, j'ai une envie constante de... de t'embrasser, de te prendre contre moi, de sentir ta peau... Au contraire, depuis une semaine j'ai encore plus envie de toi, je veux te faire oublier ce que tu as subi. Tu n'es pas sale Draco, tu es beau, et je veux juste... »
Il soupira. Comment lui faire comprendre ? Il était un Gryffindor, courage ! Avec une sorte de timidité, il laissa sa main droite glisser jusqu'à la joue de Draco, qu'il caressa du bout des doigts. Il retenait presque son souffle, terrifié à l'idée de le voir fuir une fois de plus. Mais le plus grand restait immobile, les yeux plongés dans les siens, semblant juste attendre... Alors il pencha la tête et posa doucement ses lèvres sur celles de Draco. Ce baiser n'avait rien à voir avec leur premier, qui était rendu violent par le désir et l'alcool. Non, il était calme, tendre, chaste. Mais bientôt, Draco entrouvrit ses lèvres et sa langue vint effleurer celles d'Harry, qui lui laissa le passage, émerveillé par les sensations qu'il découvrait. C'était si... bon.
Ils finirent par rompre leur baiser et restèrent ainsi, silencieux, appuyés l'un contre l'autre dans la fraîcheur du crépuscule.
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HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP
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Draco ouvrit lentement les yeux, persuadé d'être encore en train de rêver. Puis il vit la figure encore endormie d'Harry à côté de lui, et il poussa un soupir soulagé. Non, il n'avait pas rêvé. Ces dernières semaines étaient bien réelles. Il se tourna légèrement pour pouvoir caresser les contour de ce visage tant aimé et sourit sans pouvoir se retenir. Alors oui, il avait encore des cauchemars, mais ils diminuaient depuis que Harry venait dormir à ses côtés. Ils n'avaient encore parlé à personne de leur relation. De toute façon, elle n'était pour l'instant pas assez définie pour qu'ils s'avancent sur quoi que ce soit.
La déclaration d'Harry chez les Weasleys avait été pour lui un véritable soulagement. En effet, pendant une semaine, il avait été persuadé de dégoûter son amant. Il se sentait si sale, comment Harry ne pouvait pas voir cela ? Mais non, il n'était pas comme ça. Il lui avait dit ce qu'il n'aurait jamais espéré. Était-ce de l'amour ? Aucun d'eux n'avait posé ce mot depuis. Pourtant... Déjà, durant cette semaine où il avait douté de lui, et de son maintenant petit ami, il s'était rendu compte de plusieurs choses. Tout d'abord, si l'avis des autres lui importait peu, celui du Gryffindor était primordial. Il aurait préféré mourir plutôt que de voir le dégoût dans les yeux verts. En tout cas, ils avaient beau être ensembles, Harry n'avait pas tenté de le toucher. Pas une seule fois. Et cela blessait Draco plus qu'il ne voulait se l'avouer.
Alors que cette pensée lui traversait l'esprit, le réveil sonna et Harry ouvrit difficilement les yeux, puis lui offrit un grand sourire avant de l'embrasser, avec cette tendresse qui le caractérisait tant.
« – Salut. »
Le cœur de Draco fit un bond. Il y avait tant de choses contenues dans ce simple « salut ». Tant d'émotions dont il aurait aimé connaître la teneur... Mais peut-être la connaissait-il, il était tellement habitué à se voiler la face. Il lui répondit par un autre baiser, puis ils se levèrent pour se préparer pour la journée. L'un sous la douche, l'autre devant le miroir, ils s'étaient peu à peu habitués à cette routine. Cela ne dérangeait absolument pas Draco de toute façon. Rapidement, ils filèrent à la cuisine pour prendre un petit déjeuner commun, sous les yeux perçants d'Hermione. À voir son air scrutateur, Draco était sûr qu'elle avait deviné ce qu'il se tramait entre eux... La jeune femme avait toujours été, du moins d'après Harry, incroyablement perspicace.
Bientôt, les deux sorciers transplanèrent jusqu'à leurs écoles respectives, et le Slytherin fut ravi de retrouver Théo. Les deux amis échangèrent une poignée de main, respectant les valeurs de froideur de leur ancienne maison. Ils entrèrent rapidement en cours, mais Draco attendit la première sonnerie indiquant une pause pour se confier. Oui, car il avait fini par comprendre que, parfois, il avait besoin de conseils. Et Théo était le mieux placé pour lui en donner. Il lui expliqua rapidement ce qui s'était passé, et ce qui le dérangeait à présent dans cette relation. Comme d'habitude, la première réaction de son ami fut de lever les yeux au ciel en poussant un long soupir désespéré.
« – Draco, ce n'est pas à moi que tu dois te plaindre ! Harry te l'as déjà fait remarquer : si tu ne lui parle pas, il ne peut pas deviner. Tu veux qu'il te touche ? Bah dis-lui ! Par contre, faudrait que tu m'expliques pourquoi il ne voudrait pas... »
Ah, oui, car Draco ne lui avait pas dit la raison de leur « dispute ». Et il ne comptait pas lui en parler. Il haussa les épaules et grommela :
« – Je suis pas doué pour parler... Mais tu as raison, peut-être que...
– Si tu lui fais vraiment confiance, il faut que tu lui parles. C'est la seule solution pour régler vos problèmes... Bordel, j'y crois pas, je suis en train d'expliquer à Draco Malfoy le fonctionnement d'un couple ! »
Le blond le fusilla du regard en rougissant et grogna :
« – C'est bon, pas la peine de m'enfoncer. »
Théo riait encore lorsqu'ils rentrèrent en classe. Plus tard, vers midi, les deux étudiants en Potions retrouvèrent Harry, Ron, Hermione, Blaise, Neville, Luna et Amaya. Blaise et Théodore s'enlacèrent immédiatement en échangeant un long baiser, s'attirant les protestations agacées de Draco. Ce dernier n'aurait avoué pour rien au monde qu'il avait, l'espace d'un instant, souhaité que Harry fasse de même. Ils s'assirent autour d'une table et commandèrent un repas léger. Bientôt, les conversations bien entamées, Draco sentit la main d'Harry effleurer sa cuisse, et il frémit. La main se retira aussitôt. Bon sang, mais que foutait Potter ? C'était comme si... s'il avait peur de ses réactions.
Il fronça les sourcils. Pourtant, il avait cru être clair en lui disant qu'il n'était pas fragile. Il avança sa main à l'aveuglette, trouva celle de son compagnon. Il l'aurait reconnue entre mille, rendue un peu calleuse par le Quidditch, fine mais puissante. Harry se tourna imperceptiblement vers lui, un éclair de surprise dans les yeux. Draco lui fit un léger sourire et posa le main sur sa cuisse, avant de se détendre complètement à ce contact à la fois peu habituel mais si réconfortant... Bientôt, les doigts de son brun commencèrent à effectuer des cercles concentriques contre le jean bleu clair, et il se retint de sourire. Oui, c'était exactement ça qu'il voulait. Il fallait qu'ils aient une grande discussion, ça le plus vite possible, avant qu'il ne craque et se jette sur lui sans avertissement... Remarque, c'était une bonne idée, ça lui permettrait de comprendre.
Ainsi, le soir même, après un bon repas et une soirée à discuter au coin du feu, les quatre habitants de Grimmauld Place étaient partis se coucher... Enfin, c'est ce qu'ils pensaient. En effet, Draco prit sa douche en premier et fila attendre Harry dans la chambre, avec pour seul vêtement un boxer blanc qui ne laissait que peu de place à l'imagination. Il le voulait. Peu importe comment, mais il avait besoin de le sentir contre lui, ses baisers sur sa peau... Comme s'il ne s'était rien passé, comme si ce qu'il avait vécu n'était pas là. La porte finit par s'ouvrir, laissant apparaître un Harry aux cheveux encore mouillés par la douche. Le brun se stoppa dès qu'il vit Draco assit au bord du matelas, pieds par terre, jambes écartées, appuyé sur ses coudes, la tête tournée vers lui. Les yeux gris brillaient de désir, et Harry s'approcha lentement, chevaucha son bassin et vint se positionner juste au dessus de lui.
But hold your breathe
Mais retiens ta respiration
Because tonight will be the night
Parce que ce soir sera le soir
That I will fall for you
Où je tomberai pour toi
Over again
Encore une fois
Don't make me change my mind
Ne me fais pas changer d'avis
Or I won't live to see another day
Ou je ne vivrai pas pour voir un autre jour
I swear it's true
Je jure que c'est vrai
Because a girl like you is impossible to find
Parce qu'une fille comme toi est impossible a trouver
You're impossible to find
Tu es impossible a trouver
Draco sourit en remarquant le souffle court et les joues rouges de son amant. Il se laissa aller contre le matelas et enveloppa la nuque brune de ses mains douces, provoquant un long frisson sur la peau encore humide. Avec tendresse, il passa ses mains dans les cheveux noirs et vint embrasser les lèvres pulpeuses, se délectant de leur saveur sucrée – magie du dentifrice à la fraise. Il se souleva légèrement de manière à se coller à Harry... Qui se redressa soudain, l'air gêné, provoquant un soupir agacé chez son amant. Draco s'assit sur le lit et décida qu'en effet il fallait discuter.
« – Assieds-toi. De suite. »
Harry obéit sans discuter en remarquant le regard argenté brûlant.
« – Pourquoi tu ne veux pas me toucher ? Non, ne réponds pas. Je... ça me blesse que tu te refuses à moi. Je ne comprends pas. J'ai... J'ai besoin de ça. J'ai besoin de te sentir, de voir que tu me... me désires toujours. Et comprends bien que si je te dis ça, c'est que je suis à bout, car je déteste faire ce genre de choses. »
Draco avait gardé les yeux baissés durant tout son monologue, mais n'avait pu empêcher un léger rougissement de s'étendre sur ses joues. Il détestait vraiment faire ce genre de confessions. Un doigt se glissa sous son menton et Harry lui releva le visage. Le Gryffindor semblait heureux, un sourire épanoui était apparu et ses yeux pétillaient d'amusement. Il souffla d'une voix langoureuse :
« – Je suis un idiot.
– Non, sans blague ? C'est pas une surprise Potter ! »
L'idiot éclata de rire avant de continuer.
« – Non, mais je veux dire que... Je pensais que... que tu voulais pas, que tu étais trop... touché par ce qui t'étais arrivé. Chaque fois que tu trembles sous mes doigts, je m'inquiète que ce soit par peur et non par plaisir. Si je te désire ? »
Il s'avança et posa ses lèvres sur celles de Draco. Leur baiser était à la fois tendre, et plein de désir, de passion refoulée. Leur langues se trouvèrent rapidement, se caressant dans un ballet qui semblait sans fin. Bientôt, il sentit le corps fin se coller au sien et devina le début d'érection sous le pantalon de survêtement épais qu'Harry avait enfilé après sa douche. D'un coup de hanche, le blond se plaça au-dessus de lui, sans rompre le contact entre leurs bouches qui semblaient ne jamais pouvoir se rassasier l'une de l'autre. Draco se colla bientôt contre Harry, gémissant de plaisir au contact de sa peau. Il lui semblait qu'il brûlait de l'intérieur. Mais il n'avait pas envie de faire vite, non, il voulait redécouvrir le corps de son compagnon, prendre le temps de découvrir chacun de ses points sensibles. Alors il quitta ses lèvres pour s'attaquer à la peau tendre de son cou, souriant en le sentant se tordre contre lui. Il avait l'impression que c'était leur première fois. Mais Harry semblait avoir décidé tout autre chose. Il banda soudain ses muscles et les fit rouler sur le lit pour se trouver au-dessus. Un instant, Draco se tendit, mais son amant vint murmurer à son oreille.
« – Hey, sweet heart, tout va bien, c'est moi... »
Il se détendit à nouveau, appréciant le contact du plus petit contre sa peau. Oui, c'était Harry, et il ne lui ferait jamais de mal. Justement, ce dernier était en train d'embrasser son cou, suçotant sa peau en plusieurs endroits, et il sentit une décharge de plaisir le traverser. Il enserra la taille d'Harry de ses jambes, parcourut son dos de ses doigts et poussa un léger gémissement en sentant son érection contre la sienne. C'était si bon... Le brun descendit encore, léchant son torse presque imberbe, s'attaquant à un de ses tétons. Et soudain, il laissa un son rauque s'échapper de sa bouche en se frottant inconsciemment contre Harry. Oh par Merlin. Il n'aurait jamais pensé qu'il était aussi sensible à cet endroit-là. Ces précédents amants... Rien ne valait ce qu'il ressentait à cet instant. Savoir qui lui faisait ça, c'était... Merveilleux. Il eut juste le temps de songer qu'un Malfoy ne disait jamais « Merveilleux » avant de sentir Harry descendre encore plus.
Une multitude de baisers se posait sur son ventre, et il laissa échapper un soupir de contentement quand la langue experte de son homme se glissa dans son nombril. Il se tordit sous cette fausse pénétration, éprouvant soudain une envie de plus... Tout de suite... Mais Harry semblait avoir décidé de lui imposer une lente et douce torture en descendant doucement vers son aine. Il effectuait de douces arabesques autour de lignes de poils blonds, laissant ses doigts effleurer la peau au grain parfait. Pris entre deux feu, Draco ne put que rejeter la tête en arrière en haletant, les pupilles dilatées. Il ferma les paupières, se concentrant sur l'afflux de sensations venant de son bas ventre. La main d'Harry atteignit finalement son objectif, et caressa du bout des doigts le sexe de son partenaire, lui tirant un grognement de plaisir.
Draco se perdait dans les sensations qu'il éprouvait. Le faire avec Harry changeait... Changeait tout. Soudain, il perdit à nouveau le fil de ses pensées tandis que deux lèvres entouraient son gland. Il rouvrit brutalement les yeux pour admirer la vision la plus érotique qu'il lui ai aie jamais été donnée.
Son amant braquait sur lui deux émeraudes obscurcies par le désir tout en continuant sa fellation. Draco hoqueta alors qu'il sentait qu'il tapait contre le fond de sa gorge. Se rendait-il compte à quel point il était beau ? La douce torture continuait, mais il savait qu'il avait besoin de plus, qu'il ne tiendrait pas longtemps. Mais Harry se stoppa, remonta vers sa bouche et l'embrassa. Son goût sur ses lèvres... Finalement, ce n'était pas dérangeant. Dans un souffle, tremblant de désir, le Gryffindor lui demanda :
« – Tu... tu pourrais me prendre ? »
Draco fut un instant surpris par cette requête, mais ne s'y attarda pas. À nouveau, il inversa leurs positions, ravi de voir Harry haleter sous lui, empli de désir. Avec une tendresse dont il avait rarement fait preuve, il embrassa son torse, son cou, redécouvrant chaque parcellle de son corps. Il s'émerveillait de la douceur de sa peau, de la saveur un peu salée mélangée à celle de son gel douche au chocolat. De son odeur si masculine. Avec lenteur, il finit par arriver là où il voulait, et ses lèvres caressèrent la peau si douce et satinée du membre de son amant. Voir les traits du Survivant se tordre de plaisir et entendre ses gémissements était enchanteur. Il caressa ses fesses si musclées, se délectant de leur douceur et de leur fermeté. Puis il commença à le préparer, introduisant un doigt en lui. La légère gêne sembla passer rapidement, au fur et à mesure de ses mouvements, alors il ajouta un autre doigt... Puis un troisième... Et alla plus loin, plus fort, jusqu'à la trouver. Harry poussa un long gémissement rauque lorsqu'il effleura la petite boule de nerfs, et se redressa pour lui intimer, désespéré :
« – Draco... Prends moi... Je...
– Oui ? Tu ? »
Draco souriait, amusé de voir son amant dans cet état.
« – Je t'en supplies... Viens... »
Alors il s'exécuta, prenant d'abord le temps de jeter un sortilège de protection sur son membre ; au cas où, puis installa une des jambes du brun sur son épaule. Il voulait le voir... Il voulait ce qu'il n'avait jamais voulu auparavant. Lorsqu'il le pénétra, sentant les chairs brûlantes l'enserrer, il ne put s'empêcher de gémir. Avec Harry, tout lui semblait exacerbé. Pourtant, le blond attendit patiemment que l'autre homme initie le mouvement, de peur de le blesser. Enfin, il bougea, d'abord lentement, puis plus vite, fier de voir le visage bronzé se contracter alors qu'il murmurait son prénom. Le cœur de Draco battait à tout rompre, et il crut qu'il allait lâcher lorsque Harry l'attira à lui pour le regarder dans les yeux, haletant, et lui dire :
« – Draco.. Dray... Han... Je... Je t'aime Dray ! »
Il ne lui fallut que ces mots pour se libérer en lui. Harry... Harry l'aimait. Oui, il l'aimait, il le désirait... Draco s'aperçut que Harry n'avait pas joui. Un peu gêné, il se retira lentement, colla son visage dans le cou de son petit ami et murmura :
« – Alors... Fais moi l'amour Harry... Fais moi l'amour... »
Il n'avait jamais été doué avec les mots, pourtant, ceux-là étaient si simples à dire... Il voulait Harry en lui, il avait besoin de le sentir. Besoin de voir que Harry serait celui qui lui permettrait d'effacer tout ça. Son compagnon posa sur lui des yeux rempli d'amour et de désir, et inversa lentement leurs positions, puis recommença à embrasser son corps. Draco eut juste le temps d'enlever le sort de protection puis de jeter un rapide sortilège de nettoyage, avant de se tordre à nouveau de plaisir. Potter était vraiment un expert, songea-t-il distraitement. Il sentait sa verge se regonfler peu à peu, sous les attentions constantes d'Harry, et il finit par gémir brutalement en sentant la bouche brûlante s'emparer à nouveau de son sexe. Deux billes vertes se levèrent vers lui, et il y eut une question muette. Il hocha la tête, et tenta de se détendre en sentant un doigt effleurer son intimité.
Harry remonta jusqu'à sa bouche, l'embrassa, et tout en continuant de le masturber il introduisit lentement et prudemment un son index dans l'antre chaude. Draco se crispa un instant, puis se calma au son de la voix rassurante de son amant, qui lui murmurait des 'je t'aime, je ne te ferais aucun mal... si ça va pas on arrête... ». Peu à peu, il autorisa Harry à se mouvoir en lui, et haletant bientôt devant la dextérité dont il faisait preuve, il le laissa ajouter un deuxième doigt. Une légère douleur le freina un instant... Mais bientôt, elle fut remplacée par du plaisir, alors il ne protesta pas. Tout autour de lui semblait devenir flou, et son univers se concentrait sur une seule et unique personne : Harry Potter. Le troisième doigt ne fut qu'une formalité.
« – Harry... Je... Je te fais confiance... Viens... »
Après une courte hésitation et un sort de protection, le Gryffindor glissa un coussin sous ses fesses et fit passer ses deux jambes par dessus ses épaules. Il se positionna devant l'entrée détendue de Draco et lui chuchota :
« – Si tu le sens pas... si jamais ça va pas, on arrête de suite, d'accord ? »
Son petit ami hocha la tête. Il était sûr de lui. Il voulait Harry. Ce dernier poussa lentement, attentif à la moindre grimace, s'arrêtant pour donner le temps au blond de s'habituer avant de repartir. Lorsqu'il fut arrivé à la garde, il se stoppa, haletant. Draco frissonna. Sentir Harry en lui... Ce n'était pas dérangeant, ce n'était pas... mal. C'était juste normal. Comme s'il se trouvait là où il aurait dû toujours être. Ce fut donc lui qui amorça le premier mouvement, suivit immédiatement par Harry. Ils se perdaient dans le plaisir, Harry gardant les yeux fixés sur son amant, se délectant de son expression, de ses gémissements. Puis il toucha sa prostate, une première puis une seconde fois. Draco hurla de plaisir, ne sachant plus où donner de la tête. La main d'Harry continuait à le masturber au rythme de ses coups de butoir, et chaque fois qu'il touchait la petite boule, c'était comme un raz de marée qui s'abattait sur lui.
Et enfin, il sentit le plaisir traverser son corps, la bouche d'Harry trouva la sienne et il se cambra sous la force d'un orgasme, le plus puissant qu'il n'eut jamais connu. Un, deux coups, et Harry se libéra à son tour, avant de s'effondrer sur lui, épuisé. Il se retira de son corps, et Draco ressentit comme un vide, un manque. Puis le Sauveur du monde sorcier se redressa, jeta un sortilège de nettoyage sur lui et son amant, avant de se caler confortablement contre son torse. Draco poussa un long soupir. Il était bien, enfin, avec la sensation d'être à sa place. Il entoura le brun de ses bras, et remarqua qu'il commençait à s'endormir dans un état post-orgasmique. Il sourit, posa ses lèvres sur les cheveux couleur ébène et lui chuchota à l'oreille :
« – Je t'aime, Potter... »
Ce fut une voix ensommeillée qui lui répondit :
« – Moi aussi je t'aime Malfoy... »
Draco se mit à sourire sans pouvoir s'arrêter. Ils avaient été idiots, tout les deux. Depuis si longtemps... Il s'en rendait compte maintenant. Il voyait tout ce qu'ils avaient manqué. Harry et lui se complétaient en tout point. Si différents, et si semblables... Il allait leur falloir du temps, pour s'apprivoiser et passer au-dessus d'années de haine. Du temps pour parler, pour se révéler toutes leurs blessures et leur passé. Draco sentit qu'il commençait à s'endormir, mais une dernière pensée lui traversa l'esprit. Peu importe le temps qu'il faudrait. Du moment qu'il était avec Harry, il était prêt à tout affronter.
Voilà voilà ! Cette fic est à présent finie... Enfin, sauf si vous voulez un épilogue en bonne et due forme - auquel cas il suffit de me le demander ! Sinon, eh bien je vous dit peut-être à bientôt pour une autre fic...
