Point de vue de Félicity

Assise tranquillement à mon bureau, je regardais pensivement les écrans clignoter, bercée par l'écho rythmé des coups d'Oliver. Cela devait faire une bonne demi-heure déjà qu'il s'entrainait pendant que je surveillais de près les mouvements de notre cible du soir. Un bruit sourd me fit sursauter et lorsque je fis pivoter mon fauteuil, je vis John face contre terre, étalé au sol. Il grogna et attrapa la main qu'Oliver lui tendit, tout sourire.

- Allez-y doucement les garçons. On n'est pas à un concours de qui fait pipi le plus loin.

Tous deux me dévisagèrent, amusés par ma remarque. Mon regard rencontra celui d'Oliver et mon cœur eut un soubresaut. Allait-ce cesser un jour, cet effet qu'il avait sur moi ? Je détournai les yeux et notre attention fut bientôt portée sur les signaux lumineux nouvellement apparus sur les ordinateurs. La cible était en mouvement, signe de notre départ imminent. Oliver ne se fit pas prier et commença déjà à se déshabiller pour enfiler son costume, m'obligeant à détourner mon attention de son corps au dessin aguichant. Il fallait que je trouve à m'occuper afin de ne pas penser à lui, ne pas être tentée de l'admirer. Je me levai de mon fauteuil pour aller prendre ma veste lorsqu'il croisa mon chemin, m'attrapant de justesse avant que je ne le percute. Mes mains contre son torse nu, Je déglutis difficilement et les rabattis vivement sur ma jupe, mimant de vouloir lisser des plis toutefois imaginaires. Il continua à s'équiper pendant que je rassemblais mes affaires, John sur les talons, prêt à nous conduire sur les lieux.


Durant le trajet, nous nous mirent d'accord sur le plan et le rôle de chacun dans son accomplissement. John devait s'occuper du camion de chargement transportant les fonds et éviter le détournement. Oliver et moi devions nous rendre à l'entrepôt d'où les opérations étaient commandées et où devait s'effectuer la livraison du butin. Exceptionnellement, je devais les accompagner sur le terrain afin de m'infiltrer dans un système informatique qui m'était inaccessible à distance. L'idée ne les avait pas enchantés mais le bon sens de John m'aida à convaincre Oliver. Récupérer les données bancaires était indispensable afin de les détruire définitivement du processeur. Et puis je ne risquais pas grand-chose à me battre avec un ordinateur. Oliver quant à lui, devait arrêter le chef de l'opération et récupérer de quoi faire inculper les auteurs de l'attaque. Une mission relativement simple étant donné ses compétences particulières.

Lorsque la voiture s'arrêta près d'une ruelle, Oliver et moi descendîmes. John baissa la vitre avant et s'adressa à nous.

- On se retrouve dans une heure au point de rendez-vous.

- Tu vas t'en sortir tout seul ? Demanda Oliver.

- J'ai fait l'Afghanistan, répondit-il avec un regard entendu.

Oliver hocha la tête et se dirigea vers la moto laissée quelques heures plus tôt. Il me tendit un casque et je le regardai surprise.

- Tu n'en portes pas ?

Ma naïveté l'amusa et il enfourcha sa bécane avant de me tendre la main. J'enfilai le casque et acceptai l'aide qu'il me tendait pour m'aider à grimper derrière. Lorsque j'eus passé mes bras autour de sa taille, il se retourna vers moi.

- Crois-tu vraiment que j'ai besoin d'un casque Félicity ?

Cependant il n'attendit pas ma réponse et démarra en trombe, m'obligeant à m'accrocher désespérément à lui.


Le plan était pourtant simple... Cependant, j'aurai du me douter que les choses ne seraient pas aussi faciles que sur le papier. Perchés à quelques mètres au-dessus du vide, je tenais de toutes mes forces la main d'Oliver, tentant de ne pas regarder en bas. À peine étions nous arrivés que j'avais rempli ma mission et récupérer les données sur une clé USB. Ce que nous n'avions pas prévu, fut l'importance de ce que j'avais trouvé sur ces ordinateurs. Tout y était, les plans, les détails des prochains casses, le réseau mafieux de la ville, les comptes bancaires des hors la loi dans diverses banques éparpillées aux quatre coins du monde, les noms des politiciens et personnes de pouvoir corrompues. Mais nous avions sous-estimé l'effectif de gardes qui nous attendaient. C'est ainsi que nous nous retrouvions pourchassés, à tenter de fuir le chef de file de tout ça, courant le long de ces poutres de fer qui maintenaient l'édifice en place. Je n'avais jamais été à l'aise avec l'altitude. Et je l'étais encore moins à éviter des balles. Oliver immobilisa les tireurs restés au sol de ses flèches. Malheureusement, d'autres sbires ne tardèrent pas à se hisser à notre hauteur mais il les écarta de notre chemin avec facilité. En évitant les coups, il fit tomber son arc au sol, quelques mètres plus bas et se retrouvait donc ainsi privé de son arme avec pour seule défense, ses techniques de combat. Il n'eut aucun mal à mettre hors-jeu les derniers parasites. Cependant, celui que nous tentions de distancer arriva bien vite sur nos pas et nous n'eûmes d'autres choix que de lui faire face. Oliver me fit passer derrière lui, me protégeant de toute sa hauteur. Il avait voulu me mettre en sécurité avant de l'affronter mais à présent, nous n'avions d'autres choix que de faire face. Avec aucun moyen pour me faire redescendre, il devait se contenter de me laisser là, au beau milieu de l'affrontement. Il nous fit reculer jusqu'à une minuscule plateforme de fer suspendue au dessus du vide.

- Accroche-toi quelque part. Et ne regarde pas en bas.

J'aurai voulu lui dire d'être prudent mais il s'élançait déjà vers l'individu, malgré l'espace restreignant leurs mouvements. Un pas de trop et ils risquaient de basculer d'une bonne hauteur dans le vide. Malgré mon appréhension, je me rapprochai du vide pour tenter d'atteindre une poutre et me mettre en sureté. Je ne voulais certainement pas être un poids pour Oliver en cet instant. L'homme contre lequel il se battait disposait d'une excellente condition physique et d'un entrainement au combat rapproché. Aucun des deux ne parvenait à prendre le dessus sur l'autre cependant le combat n'était pas à arme égales. Alors qu'Oliver était occupé à se relever, le criminel dégaina une arme et pointait déjà le canon en direction de sa tête. Tout sembla se figer dans ma tête et je ne pris pas une seconde de plus avant de réagir, je me jetais sur lui, le faisant tomber au sol et un coup partit dans le vide. Dans notre chute, il me repoussa violemment, me faisant rouler si loin que je me sentis tomber dans le vide. Un dernier élan de ma part me permit d'attraper une chaine qui pendait mollement à côté. Cependant, à l'instant où mes doigts rencontrèrent le métal glacial, je sentis tout le poids de mon corps peser sur mes bras, m'épuisant dans ma tentative de m'aggriper.

- Félicity !

J'entendis Oliver crier mon nom et se rapprocher.

- Reste avec moi, ne lâche pas, j'arrive !

Ses pas sembleront se rapprocher mais je perçus un bruit étouffé avant de l'entendre tomber au sol de la plateforme métallique. Des coups s'échangèrent alors que de mon côté, je perdais petit à petit la force dans les bras et mes mains commencèrent à me faire défaut. Je me mis à regretter de ne pas m'être entrainée, si cela avait été quelqu'un d'autre à ma place, il se serait hissé facilement. Quant à moi, mes mains moites me firent défaut et commencèrent à lâcher prise. Ce fut d'abord une puis lorsque les doigts de la deuxième commencèrent à glisser, je fermai les yeux. Au moment où je me sentis tomber, une main gantée attrapa mon poignet et je vis Oliver agenouillé sur un rebord en fer à quelques centimètres de moi.

- Accroche-toi à moi.

Ma main se serra autour de la sienne alors qu'il commençait à me hisser tout en veillant à ne pas tomber de la passerelle minuscule. Cependant, l'homme resté quelques minutes plus tôt à terre sauta jusqu'à nous et frappa Oliver sans ménagement dans le dos, l'agenouillant davantage, me faisant redescendre encore plus au-dessus du vide.

- Oliver ! Ne pus-je m'empêcher de crier en le voyant grimacer de douleur.

Son regard croisa le mien, me regardant en se voulant rassurant mais la peur que je vis briller dans ses yeux me fit prendre conscience de l'issu de la situation.

- Aie confiance en moi…

Ses yeux se vrillèrent aux miens et il me lâcha d'un de ses bras, me faisant basculer dans le vide et me tenant d'une seule main. Suspendue ainsi, je ne pouvais rien faire pour l'aider. Il tenta d'atteindre son carquois de sa main valide mais l'autre homme l'en empêcha, lui tordant le bras dans le dos, lui arrachant un grognements guttural à me glacer le sang. Ainsi immobilisé, il ne pouvait rien faire.

- Oliver…

Il était clair qu'ainsi empêtré, il ne pouvait pas se défendre et j'en étais la principale cause. Il tourna la tête vers moi, m'intimant dans un regard de rester calme.

- Défends-toi, rétorquais-je à son ordre silencieux de ne pas faire quoi que ce soit de stupide.

- Je ne peux pas !

- Défends-toi, dis-je en le regardant le plus sérieusement au monde.

- Je ne p...

Il s'immobilisa complètement lorsqu'il comprit ce que je voulais dire par là, s'imprègnant de toute l'importance de ma phrase et l'enjeu.

- Je refuse de te lâcher ! Tu m'entends ? Il est hors de question que je te…

- Tu n'as pas le choix, hoquetais-je. Si tu ne le fais pas, nous y passerons tous les deux !

Je le voyais souffrir devant mecs yeux et c'en était insupportable. La tension que le poids de mon corps exerçait sur lui n'aidait en rien à la situation dans laquelle il se trouvait. La situation prit une tournure bien différente lorsque je compris que le bourreau derrière allait s'en prendre à lui si l'on ne faisait rien. Si je ne faisais rien... il était évident que je me devais d'agir pour lui car il ne prendrait pas cette décision. Sans réfléchir plus longtemps, je déroulai mes doigts mais il continuait obstinément à me tenir, contractant ses muscles au maximum pour soutenir mon poids d'une seule main. Derrière lui, je vis l'homme agripper une de ses flèches et la pointer au-dessus de lui. Il était trop tard pour qu'il esquive le coup et je ne pus retenir un cri sortir de ma bouche.

- Oliver ! Attention !

Il n'eut pas le temps de me répondre que l'autre lui planta avec force la flèche dans l'épaule, lui extorquant un cri effroyable. Ensuite, la scène qui se déroula sous mes yeux sembla se figer. Les secondes défilèrent unes par unes comme si le temps s'était ralenti. Je sentis la force d'Oliver vaciller et ses doigts s'ouvrirent lentement. Je vis dans son regard une terreur immense, telle que je ne lui avais jamais vu, alors que je me sentais happée par le sol, le poids de mon corps m'attirant vers le bas. Ma chute me sembla durer une éternité à mesure que je voyais son visage s'éloigner. Je l'entendis hurler mon nom puis plus rien.


Je me trouvais au Verdant entourée par tout le monde : Oliver, John, Robert, Moira, Walter, Thea, Roy, McKenna, Laurel, Sara, Helena, Isabel, Slade, Malcolm, Tommy, Sin, Nyssa, Clock King, Amanda etc. Tous étaient présents. Je savais que c'était impossible, irréel, la plupart était mort, mais cette dimension paraissait si réelle telle que je la vivais. Tous me regardaient sans bouger et le décor semblait bouger, se transformant perpétuellement. Le tout devint flou, cotonneux. Seuls les visages restaient intacts. Cependant à mesure que tout tourbillonnait autour de moi, les noms s'effacèrent de mon esprit, suivi par leurs voix et pour finir, les souvenir rattachés à ces personnes.

Ainsi c'était ça la mort, la perte totale de son âme et des souvenirs qu'elle renfermait. Il y avait pire que l'enfer, l'oubli de soi, de sa vie, des gens qui avaient comptés, la suppression des souvenirs heureux de notre esprit... Bientôt mon rêve se métamorphose en une sombre hallucination et l'environnement irréel dans lequel je me trouvais quelques minutes auparavant, ne fut plus qu'un grand désert nuageux vide et sans âme, des limbes dont même la mort ne voudrait pas être prisonnière. Finalement, la vie devait être bien insignifiante pour qu'on en perde toute trace une fois décédés.

J'espère que vous aimerez, je prévois pour cette fiction une dimension un peu plus dramatiques pour certains passages mais ne vous inquiétez pas,

Je veux tout de même une histoire légère et agréable, pas déprimante à mort

Faites moi savoir si quelque chose vous a plus ou moins déçu ou déplu

À très vite !

Des bisous,

Lia L.