Hello tout le monde !
Désolée pour cette belle absence... Bref, me revoici pour un nouveau chapitre... Certaines voulaient de l'action... Je leur offre une dédicace toute particulière. Mais la grosse, vraie bonne action arrive fin prochain chapitre, promis... :3
Bonne lecture à vous !
Réponse aux Anonymes :
Hey Miss Amy ! Contente que cette fic te plaise ! L arrive bientôt, promis ! Merci d'être sortie de l'ombre et du passage fantôme ! :3
Keelan soupira avant de s'asseoir à table. Son frère s'assit en face d'elle. La table rectangulaire que possédait la petite famille n'était certes pas des plus grande, mais permettait toute fois d'accueillir une bonne demi-douzaine de convives affamés. C'était un bon compromis avec sa capacité maximale et sa belle surface ergonomique, avec le relativement peu de place qu'ils disposaient dans leur salle à manger, pièce adjacente à la cuisine. Cette dernière semblait d'ailleurs vouloir se cacher honteusement derrière le comptoir et les quatre tabourets qui faisaient office de mini-bar. Keelan avait toujours dit que cette cuisine était fourbe et cachait des choses. Ce qui lui valu bien des moqueries de la part de son grand frère.
Leur mère s'asseyait à son tour. Elle posa des yeux inquiets sur sa fille, comme pour jauger de son état mental. la jeune fille s'en aperçut, et lui fit un petit sourire pour la rassurer. Sans grande conviction, sa mère lui rendit un semblant de sourire, étirant avec un peu de mal la commissure de ses lèvres. Keelan eut plus l'impression de voir un rictus désapprobateur qu'autre chose. Elle haussa les épaules et baissa la tête. Un silence gêné s'installa un instant. La jeune fille se saisit distraitement de son couteau, et le fit tourner entre ses doigts, à l'instar de bon nombre d'étudiants qui s'amusaient avec leur stylo en cours.
Elle s'arrêta brusquement lorsqu'elle se rendit compte que sa mère zyeutait le couvert d'un regard effaré. Les prunelles claires de Keelan s'assombrirent lorsqu'elle croisa le regard bleu cristallin de sa mère. Cette dernière avait une teinte vraiment particulière, d'un bleu magnétique, électrique, qui avait un je-ne-sais-quoi de captivant et d'envoutant.C'était presque une tradition familiale, d'ailleurs, d'avoir des yeux peu communs. Keelan avait toujours eut un peu honte des siens. Cependant, elle préférait nettement cette couleur à celle qu'arboraient son frère et son père, à savoir un marron bordeaux, pas tout à fait rouge, pas tout à fait châtain, mais un peu des deux. C'en était troublant, lorsqu'on n'était pas habitué. Quoique, encore, son père portait des lentilles qui fonçaient la teinte de ses prunelles. Avoir un père albinos était pas facile tous les jours.
La mère de Keelan intima cette dernière de poser son couteau. La jeune adolescent effectua, haussant derechef les épaules, désinvolte et lasse. La mère opina d'un bref hochement de tête, avant d'ouvrir une cocotte qui contenait une large quantité de soupe.
- Bien.. Le diner est servi...
La buée envahit un instant la tablée, montant comme un geyser au dessus du récipient. Comme un volcan, s'amusa la jeune fille.
- Mais... On n'attends pas Papa ? osa-t-elle demander alors que son frère se servait déjà
- Il risque de rentrer assez tard, ce soir. Un de ses anciens amis l'a contacté récemment. Il a peut-être une chance de décrocher un job bien payé...
- Comment ça ?
- Je n'en sais pas plus. Il m'a dit qu'il y avait des choses qui devaient rester secrètes.
Owen choisit ce moment très judicieux pour se manifester
- Trop cool ! Si ça se trouve, il va être garde du corps d'un personnage important ! Du genre agent secret, politique, Kir...
Keelan le fusilla du regard. Mais d'un regard vraiment meurtrier. S'il y avait bien un grand sujet tabou à ne jamais aborder devant leurs parents, c'était bien celui là. Mais Owen, même s'il était gaffeur et direct, n'en restait pas moins intelligent et s'adaptait toujours aux situations difficiles.
- Qui rapporte ! finit-il.
Keelan le gratifia d'un petit sourire amusé, tout le levant les yeux au ciel. Sa mère soupira, consternée. Elle se servit dans la cocotte, et passa la louche à sa fille. Cette dernière prit l'ustensile avec soin, avant de remplir son bol. Puis elle posa les paumes de ses mains sur le bord du récipient, appréciant la chaleur qui s'en dégageait à travers la terre cuite.
Elle attendit qu'il refroidisse un peu, avant de pouvoir boire ce qu'il contenait. Une bonne soupe aux légumes avec du potimarron et une pointe de cannelle, un des mélanges préférés de leur mère. Le repas de ce soir-là était plutôt frugal, seulement composé de soupe. Leur mère préférait qu'ils se gavent le matin et le midi, et de faire un repas plutôt léger le soir pour bien dormir. Repas du roi le matin, repas du prince le midi, et repas du pauvre le soir, qu'elle disait toujours.
La pendule sonna vingt heures.
- Ah. C'est l'heure des infos. fit simplement Owen.
Il reposa son bol déjà à moitié vidé, et prit la télécommande, avant d'allumer le poste de télé. C'en était une de ce vieux genre, aussi épaisse de droite à gauche que de haut en bas et que de devant à derrière. Un joli cube, en somme. L'écran retransmettait les images avec une bonne quantité, et le son était extrêmement fidèle, cependant. Le principal défaut de l'écran résidait dans l'affichage, puisque l'image était grignotée de chaque côté de l'écran, à droite et à gauche, de quelques centimètres. Un détail qui, pourtant, rendait l'affichage des noms et des titres difficiles. Une fois, par exemple, le film qu'ils avaient diffusé, le Transporteur 2, avait vu son titre coupé, et réduit à "Le Porteur". Exemple qui, sur le coup, les faisaient tout de même bien sourire.
Owen mit directement la chaîne des informations locales. Si sa mère était fière de voir son fils s'intéresser aux actualités de leur pays, Keelan n'était pas dupe. Son frère voulait savoir quel nombre de victimes Kira avait tué aujourd'hui.
Elle soupira. La jeune fille ne voyait plus du tout son frère comme avant. Quelques jours avaient passés, et elle avait apprit à décrypter tous les agissements de son frère. Il agissait énormément, et ce de plus en plus, comme un de ces partisans débiles qui croyaient au jugement divin. L'accident du bus avait d'ailleurs raffermi ses ardeurs, croyant dur comme fer que sa sœur avait été protégée par ce dieu nouveau.
C'en était consternant.
La jeune fille s'était volontairement mis dos à la télévision. Elle réussit à faire abstraction de tout le reportage, alors que son frère, en face d'elle, n'en perdait pas une miette. Elle reposa son bol complètement vidé.
- Il reste des croissants ? demanda-t-elle, ayant envie d'un dessert.
- J'en refais pour demain, ils sont en route. Mais si tu veux te prendre un yaourt, tu peux.
- Ah... C'est bien aussi.
Keelan fit mine de ne pas être trop déçue, et se leva pour aller chercher son fameux yaourt. Elle ouvrit le frigidaire, et piocha le premier qui lui tomba sous la main. De toute façon, entre abricot, pêche et framboise, elle n'en n'avait que faire. Le seul fruit qu'elle abhorrait était la fraise. Comme ça, en fruit, direct, oui, elle aimait bien. Mais en yaourt, elle n'avait jamais pu y toucher. Les yaourts et les tartelettes. Allez savoir pourquoi.
La jeune fille ouvrit le tiroir adjacent au frigidaire, et prit une petite cuillère, distraite, avant de revenir à table. Elle fini son pot en quelques coups rapides avant de finir son verre d'eau, et de débarrasser ses affaires. Posant le tout dans le lave-vaisselle, elle ressorti quelques secondes plus tard, et se dirigea vers les escaliers.
- Je vais prendre ma douche.
- Tu redescends après ? demanda sa mère.
- Non, il faut que je travaille ma guitare. J'ai mon audition bientôt, Maman. Tu sais, c'est pour mon examen final.
- Je ne comprendrai jamais pourquoi c'est intéressant pour ton admission en fac.
Keelan soupira.
- Maman ! J'ai déjà dit que je n'irais pas en fac !
- Oh, fac, école des Beaux Arts, c'est pareil. la taquina sa mère avec un clin d'œil
La porte claqua au même moment. Leur père venait de rentrer. Keelan l'entendit annoncer d'une voix forte alors qu'il retirait ses chaussures.
- Bonsoir tout le monde.
Keelan maugréa
- Bonsoir, Papa.
Leur père apparut quelques secondes plus tard. Il fronça les sourcils en voyant sa fille excédée.
- Ça ne va pas, Keelan ?
- Si si... mais Maman veux que j'aille en fac l'année prochaine. fit Keelan avec un sourire, alors que sa mère levait les yeux aux ciel : elle avait parfaitement réussi à titiller et à énerver sa fille.
- Ah, encore ce sujet, hein ?
La jeune fille hôcha la tête.
- Bon... Les vacances de fin d'années sont bientôt là. Qu'en est-il pour ta compétition ?
- J'ai entraînement demain matin. Bon bien commencer le week-end.
- Quel sont tes derniers scores ?
- J'ai fait 693 points hier.
- Le score parfait est de 720 points.
- Je sais
Elle baissa légèrement la tête. Son père reprit :
- Bon, et tes cours ?
- Pour la fin de l'année, je m'en sors plutôt bien.
- Combien ?
- Je suis cinquième de ma propo. Cinquième, ou sixième, je ne sais plus.
- Sur une classe de trente-deux élèves, c'est pas mal. Mais veilles à ne pas baisser ça.
Keelan monta une marche d'escalier, indiquant clairement qu'elle ne voulait pas s'éterniser sur le sujet.
- Bon, j'y vais...
Et elle monta sans rien ajouter de plus.
.
..
...
Noir. Tout était noir. Si sombre et lugubre. Les prunelles de Keelan étaient dilatées au maximum possible pour essayer de capter quoique ce soit. Une infime particule de lumière, quelque chose. N'importe quoi, pourvu que ce ne soit pas du noir. puis elle vit quelque chose briller. Loin, si loin, devant elle. Quelque chose de ténu, si loin qu'il paraissait intangible. Imaginé.
Le point lumineux se mit à grossir. A se rapprocher. Plutôt vite. C'est là qu'elle se rendit compte qu'elle bougeait. Oui, c'était elle qui s'approchait de la lumière, et non l'inverse. Pourtant, elle se tenait debout, immobile. Elle tapa du pied. Le sol sonnait creux, avec un petit raisonnement mécanique. Elle leva les bras, tentant de définir son environnement. Rien autour d'elle. Keelan les posa sur le sol, et essaye alors de percevoir par le toucher sur quoi elle était. Elle entendit de l'eau couler. Ses mains effleuraient le sol froid qui remontait en rebord tout autour d'elle.
La jeune fille flottait.
Elle était dans une barque. Une petite vague la déséquilibra. Ses mains rencontrèrent une bosse. Non, un banc. Sans réfléchir, elle s'assit. Le point lumineux était bientôt tout près d'elle. Elle put enfin voir ses mains, qu'elle contempla comme étant les plus belles choses du monde. Son embarcation sorti du tunnel. Oui, c'est exactement cela ; elle était dans un tunnel.
La lumière l'aveugla un bref instant. La jeune fille en profita pour étudier son navire. C'était une petite barque, avec une planche en son milieu comme banc. . Les côtés des barques étaient sculptés dans des tôles de métal, ressemblant à des ailes arrachées. Le métal blanc lui fit mal aux yeux. Puis la vérité la frappa. Elle était sur un cygne. Ce genre d'attraction qui anime les fêtes foraines.
Paniquée, la jeune fille se retourna. Deux autres cygnes la suivaient de très près. L'une, remplie par un couple de jeunes ado, un brun et une blonde gothique, se fit rattraper par la deuxième, qui elle, était conduite par Batman.
Médusée, Keelan regarda les deux cygnes se rentrer dedans. A ce moment, le ciel se couvrit légèrement. Et l'ombre d'une immense hyène volante et crachant des flammes envahit le paysage. Ce n'était pas la première fois qu'elle vivant cette scène. Peut-être la quatrième. Cette fois-ci, elle savait ce qui allait se passer. Alors elle se concentra sur les deux autres barques. Elle put enfin entendre ce que les trois personnages disaient.
- Ce monstre, disait Batman, semble dangereux. Mieux vaut que tu restes ici, petit. Laisse faire un professionnel.
Le lycéen plissa les yeux, méfiant.
- Et qui nous dit que vous n'êtes pas un complice de cette chose ?
- Un complice ? glapit la gothique.
- Je suis un super-héros, voyons ! rembarra Batman
Le jeune garçon sourit.
- Ha oui ? Prouvez-le.
Batman farfouilla dans ses super-poches secrètes.
-Voilà, fit-il en sortant un porte feuille.
La barque de Keelan fut poussée par un rapide en direction des deux autres barques.
- Le FBI ? demanda le garçon en haussant un sourcil.
- Oui. Mais va falloir garder ça pour vous. C'est mon identité secrète, alors je vous fais confiance.
- Raye Penber ? se moqua la gothique.
- C'est pas drôle !
- Si, un peu quand même.
- On peut vous faire confiance ? demanda le lycéen.
- Oui, évidement.
Vexé,il récupéra son porte-feuille, et le cacha dans son caleçon de super-héros. Puis il se cambra se bomba le torse pour paraître redoutable.
- Bien. maintenant, soyez sages. Je m'occupe de ce monstre.
Il déploya ses bras comme un avion, et les agita alors qu'il s'avançait sur le rebord de son signe en métal. Puis, contre toute attente, il s'envola. Et ce fut comme si toute l'énergie positive de ce lieu avait disparu. L'eau devint croupie, boueuse. Keelan senti son embarcation frémir. Son cygne prenait vie. La tête finement sculptée de l'animal se retourna pour la toiser d'un regard morne, mais suppliant. La jeune fille regarda alors derrière elle. Ce fut comme si une brume toxique, noire et mauvaise, les poursuivait. Quelque chose de maléfique, qui ternissait tout sur son passage.
- Vite ! cria Keelan à son cygne. L'animal faisait comme il pouvait. Mais la brume noire allait plus vite, les rattrapant. Keelan oublia le couple et essaya de sauver sa propre vie. Sous elle, elle sentit son cygne ralentir. Ses yeux se posèrent sur le plumage de l'oiseau. Acier devenu plumes véritables, l'oiseau avait fini de prendre vie depuis longtemps.
Keelan vit avec horreur comme une goutte noire opaque provenant de l'étrange brume tomber sur l'une des rectrices du cygne. L'animal eut un léger sursaut et, comme frappé par la foudre, s'envola loin du danger. La jeune adolescente, elle, n'arrivait pas à détacher son regard de la goutte noire, qui avait été absorbée par les plumes. Elle fronça les sourcils. Normalement, les plumes de cygne, comme celles de canards et autres oiseaux aquatiques, étaient imperméables, non ?
Elle se mit à crier lorsqu'elle vit les plumes de l'oiseau se teindre de gris. Progressivement, le plumage de l'animal s'assombrissait. Les plumes devinrent noirs de jais. L'oiseau tourna bientôt sa tête de corbeau en sa direction, les yeux débordant de malveillance. Keelan cria.
...
..
.
La jeune fille se réveilla en sursaut. Tout essoufflée et tremblante, elle mit quelques instants à se rassurer. Elle était dans sa chambre. Chez elle. Là où les cygnes ne se transformaient pas en corbeaux, et où Batman ne volait pas en agitant les bras. La jeune fille se pencha pour attraper la bouteille d'eau qu'elle avait posé sur sa table de lit, et en vida entièrement le contenu.
Puis, reprenant ses esprits, elle plongea sa main sous son lit, et attrapa son cahier. Elle alluma sa veilleuse, et s'assit dans son lit. S'adossant aux oreillers, elle ouvrit son carnet et détacha son stylo. Et elle se mit à écrire. Raconter tout ce qu'elle venait de voir, ou d'entendre, dans son rêve. C'était très important pour elle de ne rien oublier de ce qu'elle vivait dans ses rêves.
D'origine celte, la famille de Keelan était très attachée aux croyances de cette culture. Beaucoup voyaient dans les rêves des rappels utiles, ou des passages d'informations importantes de l'inconscient au côté conscient du cerveau. Le tout était de savoir les écouter. Des choses que nous vivions en réel, et dont l'inconscience avait noté des détails importants, sans que nous le sachions, pour nous les retransmettre plus tard.
Le stylo de la jeune fille dansait joyeusement sur les pages du cahier. Il ne lui fallu qu'une petite dizaine de minutes pour tout raconter dans les moindres détails. Noter, pour ne pas oublier. Elle avait l'habitude, maintenant. Elle faisait ça depuis qu'elle savait écrire. Au début, elle faisait des dessins. Au début, lorsqu'elle était passé à l'écriture, elle avait du mal à ne pas oublier de détails. Mais désormais, elle y arrivait plutôt bien, même si elle laissait encore passer des informations parfois.
Lorsqu'elle eut fini, la jeune fille se mit à relire son rêve. Puis celui d'avant. Le même que celui-ci, mais où elle s'était réveillée parce que Batman avait raté son envol et s'était noyé dans la rivière en s'empêtrant dans sa cape. Là, elle venait d'avoir de nouveaux éléments. Peut-être qu'on jour, elle saura le fin mot de cette histoire.
Épuisée, elle regarda son réveil. 3:27. Le réveil allait être rangea son cahier sous son lit, éteignit la lumière, et se rendormit aussi sec. Pourtant, c'était comme si le réveil sonna quelques minutes plus tard...
Vous aimez ? Non, parce que je sens que je vais prochainement me faire lyncher, moi... d'ici un ou deux chapitres, voire trois si on est gentil xD
Bref... Bonne soirée à vous !
