Bonjour à tous ! Nous revoilà donc pour le quatrième chapitre des aventures de Victoire. Je ne sais pas combien de chapitres fera cette fiction, sans doute une petite trentaine, comme la dernière fois... N'hésitez pas à laisser des commentaires, à vous indigner, à me féliciter (sait-on jamais), à commenter, tout simplement ! J'en vois beaucoup qui passent, d'après mes statistiques, mais le nombre de commentaires n'est pas vraiment au rendez-vous, c'est dommage...


Chapitre 4 :

« Tu es vraiment sûre que tu as tout ? Ça va aller ? » Demanda, un peu affolée, Fleur Weasley-Delacour à sa fille.

« Mais oui, maman, je t'assure que tout va bien. C'est bon, ça n'est pas la première fois que je m'en vais… » Soupira Victoire.

« Oui, mais tu sais, avec tous ces événements… »

« Je n'ai pas envie d'en parler. Allez, au revoir maman. Au revoir papa. Et toi, Louis, essaie de ne pas faire trop de bêtises à l'école ! » La coupa la petite fille, embrassant tour à tour les trois membres de sa famille.

Comme d'habitude, Dominique n'était pas venue. Quand on lui en avait demandé la raison, elle avait fait semblant de vomir et prétendu ne pas vouloir ressembler à toutes ces horribles familles qui devenaient soudainement parfaites quand l'un d'entre eux s'en allait. Elle ne voulait pas ressembler à une photo en papier glacé. Ses parents s'étaient contentés de soupirer avant de lui confier les clés de la Chaumière. Et d'embarquer Louis, six ans bien tassés, qui s'accrochait à sa plus grande sœur depuis qu'il savait qu'elle allait à nouveau s'en aller.

Ils étaient arrivés sur le quai de la gare quelques minutes seulement avant l'heure de départ. Il fallait toujours que l'un de ses deux parents oublie quelque chose à la maison, ce qui les retardait à chaque fois. Un jour, elle finirait par rater le départ de la gare 9 ¾, elle en était sûre. Victoire n'avait pas encore pu apercevoir ses amis mais elle ne doutait pas qu'ils avaient déjà pris un compartiment dans le Poudlard Express, lui laissant une place quand elle daignerait les rejoindre. Les séparations étaient toujours horriblement longues, avec sa mère. Et à douze ans, la jeune fille n'était absolument pas émue à l'idée de devoir la quitter. Elle s'était faite au rythme de Poudlard depuis un certain temps déjà et les deux mois de vacances suffisaient amplement à lui faire regretter l'école.

Elle s'éloigna donc rapidement de ses parents, embrassa une énième et dernière fois son petit frère avant de monter dans le train avec sa valise. Celle-ci c'était encore une fois d'une taille impressionnante. Victoire n'avait encore jamais essayé mais elle était sûre de pouvoir y rentrer en entier sans avoir à se plier en seize. Elle y avait fourré tout ce qui lui était passé par la main, depuis son balai jusqu'à ses manuels, en passant par ses tenues d'uniforme qu'elle avait essayé de ne pas trop froisser, ou encore des souvenirs. Seule sa chouette n'avait évidemment pas été enfermée dedans, et elle posa sa cage en bas du marchepied, le temps de pouvoir déjà faire entrer sa malle dans le wagon.

« Un peu d'aide, Weasley, peut-être ? » Plaisanta Timothy Benson, la faisant sursauter.

La malle retomba aussitôt en bas de la petite échelle, manquant de s'écraser sur ses propres pieds. Heureusement qu'il n'y avait personne derrière elle à attendre. La petite fille soupira en remettant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Elle releva ensuite la tête et offrit son plus beau sourire au jeune homme.

« Je veux bien oui, merci. Cette valise pèse un sombral mort ! » S'exclama-t-elle.

« Comme celle de toutes les filles. » Rétorqua-t-il, amusé. « A croire que vous le faîtes exprès. Tu n'as pas ton chevalier servant aujourd'hui ? Lupin ? » Précisa-t-il, voyant qu'elle ne saisissait pas.

« Non, il doit être déjà monté, dans un des compartiments, avec ses amis ! » Fit-elle avec un air désinvolte.

« Il ne sait pas ce qu'il perd. On gagne toujours quelque chose à aider une jolie fille… » Sourit mystérieusement le jeune homme.

Brun, les yeux bleus rieurs, Timothy était devenu deux ans auparavant le préfet de Gryffondor, avec Jill Harrison. Il connaissait le prénom de chacun des élèves de sa maison, même s'il se plaisait à les appeler par leur nom de famille. A presque dix-sept ans, il avait l'air bien plus adulte qu'elle. Il souleva sa valise d'une seule main et réussit à la hisser dans le wagon. Juste avant que le conducteur ne siffle la fermeture des portes.

Ni une ni deux, Victoire attrapa sa cage de sa chouette et sauta à son tour dans le train, faisant s'entrechoquer la ferraille et l'extérieur de la carcasse métallique. Son animal de compagnie hulula de mécontentement et tenta de lui mordre les doigts. Elle sursauta et trébucha. Contre le préfet. Celui-ci se prit les pieds dans la valise posée au milieu de la plate-forme intérieure. Le tout finit dans un méli-mélo de jambes et de bras, dont ils furent sonnés.

« Dis donc, elle n'est pas commode, ta chouette ! Et si tu pouvais te relever un peu, je pourrais me dégager comme ça. Je ne voudrais pas paraître impoli mais tu ne pèses pas le même poids qu'une plume… » Rit le jeune homme.

« Désolée… » Marmonna-t-elle en rougissant avant de se redresser aussitôt sur ses jambes. « Merci pour l'aide. »

Elle retrouva la poignée de sa valise et commença à la traîner vers le compartiment dédié aux bagages. Le premier sur sa droite, si elle se souvenait bien. Posant Dame Blanche sur sa malle, elle tira la poignée et vit que sa mémoire ne lui avait pas fait défaut. Il n'y avait plus beaucoup de place mais elle serra un peu une énorme valise rouge foncé contre une plus petite, bleue, pour pouvoir enfin faire rentrer la sienne. Elle vérifia qu'elle avait bien mis son nom sur l'étiquette et se mit en quête de ses amis.

Elle ouvrit un premier compartiment, et se retrouva devant une bande de Serdaigles de sixième année qui discutaient apparemment âprement. Elle avait entendu des noms qu'elle ne connaissait absolument pas, des philosophes moldus, si elle avait bien compris. Ils étaient vraiment redevenus eux-mêmes, du moins, comme on les décrivait, depuis l'année passée. Le second compartiment ne comptait que quelques premières années, qui sursautèrent quand ils la virent ouvrir la porte avec vigueur. Elle s'excusa avant de tester aussitôt un nouveau compartiment.

Elle passa devant quelques-uns, tendant l'oreille, sans oser en ouvrir la porte. Enfin, elle eut un bon pressentiment sur l'un d'entre eux. Elle toqua rapidement, ouvrit la porte, et reçut une jeune fille en pleine figure. Elle chancela sous le choc.

« Victoire ! Enfin tu es là ! On en était à se demander si tu n'avais pas raté le Poudlard Express ! On était tous très inquiets pour toi. Duncan était même presque prêt à aller voir le Directeur pour que tu puisses avoir une seconde chance de venir ! » S'époumona Mary dans ses oreilles.

Le jeune homme désigné maugréa qu'il n'était absolument pas le seul à avoir eu cette idée et qu'il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat. Victoire s'assit avec bonheur au milieu de ses amis.

« Vous saviez qu'une fois, le Poudlard Express n'était jamais arrivé ? » Fit-elle avec un air mystérieux.

« C'est vrai ? Mais personne n'en parle jamais ! » S'exclama Marc. « Comment tu sais ça ? »

Le jeune homme blond sortit précipitamment son calepin de son manteau, farfouilla une poche pour y trouver un crayon moldu, ouvrit le premier, décapuchonna le second, et s'arrêta, la main en suspens au-dessus de la feuille de papier moldue, attendant la suite des révélations. Ses envies de journalisme le submergeaient à nouveau après avoir sommeillé durant l'été. Il n'y avait pas de journal de l'école, et c'était bien dommage car il était sûr qu'il aurait fait partie de l'équipe. Il n'avait cependant jamais osé lancer l'idée d'en créer un. Si cela avait dû être fait, cela aurait existé depuis bien longtemps, au moins autant que le club de bavboules.

« C'était pendant la première année de Teddy, mon cousin. Quelqu'un avait volé le Poudlard Express. Ils avaient même retrouvé le conducteur mort dans une grotte glacée… » Révéla la jeune fille.

« Mais c'est terrible ! » Souffla Lyra en mettant une main devant sa bouche de surprise.

« Ils ont retrouvé le coupable au moins ? Que s'est-il passé ? Teddy était impliqué ? » Demanda, impatient, Marc.

Il griffonnait à toute allure sur son carnet. Victoire se demandait ce qu'il allait faire de cette histoire. Elle n'avait encore jamais revu ses carnets une fois qu'ils étaient remplis. Il devait sans doute les stocker quelque part, attendre de pouvoir les ressortir un jour. Peut-être les feuilleter, caresser le papier vélin sous ses doigts et relire encore et encore les instants qu'il croquait dans le vif de quelques mots.

« Teddy a trouvé le corps du conducteur, et de ce que je sais, il n'arrêtait pas d'harceler mon oncle Harry pour qu'il trouve des réponses. Le reste, je ne le sais pas, il ne me l'a jamais raconté. Il dit que c'est top secret, et il me fait toujours un clin d'œil complice en le mentionnant. » Pouffa Victoire.

« C'est bizarre quand même cette histoire… je suis contente qu'on n'ait pas été élèves à cette époque… » Frissonna Lyra.

« Oui, c'est vrai que les élèves qui perdent l'esprit et changent de caractère à cause de champs magiques, c'est largement mieux. » Fit, sarcastique, Mary.

Ils rirent de concert. L'année précédente avait été riche en événements, ils avaient démêlé un véritable nœud gordien, sans savoir où ils mettaient les pieds. Eux qui avaient simplement voulu passer une première année sans incidents, en découvrant les joies d'être enfin un sorcier de premier cycle pouvant apprendre la magie. Ils n'avaient pas eu cette possibilité. A présent, ils l'avaient. Tous. Ou presque. Victoire continuait de ressasser ce qui s'était passé pendant ses vacances, et si son oncle lui avait promis qu'elle ne serait pas impliquée, elle n'était pas rassurée pour autant. Mais il fallait faire bonne figure.

Ils discutèrent alors de leurs vacances, comme le font tous les amis qui se retrouvent. Ils parlèrent du Terrier de Victoire, des vacances avec ses monstres de frères de Scott, des cours moldus que le père de Duncan lui avait fait prendre pour qu'il rattrape son niveau, « au cas où il ne réussirait pas dans le monde magique ». Mary leur confia également que ses parents ne s'étaient toujours pas réconciliés depuis l'année passée. S'ils ne parlaient plus de divorce devant elle, elle sentait bien que quelque chose n'allait pas, sans pouvoir mettre le doigt dessus. C'était aussi frustrant que de connaître un sort par cœur mais de ne pas réussir à l'exécuter, leur affirma-t-elle.

« A ce propos… Pourquoi Leonore n'est pas avec nous ? » S'inquiéta Victoire. « Elle n'a quand même pas renoncé à Poudlard ? »

« Bien sûr que non. Enfin, je ne pense pas. Elle n'a aucune raison de le faire. Où pourrait-elle bien aller ? » Demanda Mary.

« Je ne sais pas, mais je ne l'ai pas vue monter dans le train. » Ajouta Scott.

« C'était peut-être pendant que tu regardais ailleurs. Vous croyez qu'elle nous fait encore la tête ? »

« Qu'elle me fait la tête, tu veux dire. » Précisa amèrement Victoire. « Je n'ai pas eu une seule nouvelle depuis le début des vacances, pas la moindre petite lettre. Je lui ai envoyé un hibou, mais Dame Blanche est revenue avec le parchemin à la patte. »

« Elle était peut-être partie à l'étranger et elle ne pouvait pas recevoir nos messages ? » Tenta maigrement Lyra.

« Ou elle avait besoin de réfléchir ? » Suggéra Duncan.

« Ça veut dire qu'elle n'a répondu à aucun d'entre vous non plus ? » Questionna Victoire.

Tous hochèrent la tête en signe de dénégation. Aucun ne savait ce que Leonore Castle avait pu faire de ses vacances ni pourquoi elle s'était brusquement volatilisée. Elle avait tout simplement disparu. Sans daigner leur en parler. Victoire était inquiète. Elle n'aimait pas savoir que sa meilleure amie n'était pas avec eux. Elle lui manquait. Elle aurait voulu lui raconter son été, parler de ce qui s'était passé dans le Chemin de Traverse, lui demander son avis, échafauder des hypothèses, être rassurée. Ne plus se sentir seule.

Elle se plongea cependant dans la conversation avec ses amis, laissant ses idées noires de côté. Leonore n'avait peut-être tout simplement pas trouvé leur compartiment. Elle était peut-être dans un autre wagon, sans aucun moyen de les rejoindre. Elle avait peut-être oublié qu'ils s'étaient donnés rendez-vous au numéro quatre et avait confondu avec le quatorze par exemple. C'était des choses qui arrivaient. C'était sans aucun doute possible ce qui s'était passé. Elle les retrouverait à l'arrivée.

Quelques heures plus tard, ils enfilèrent ainsi leurs uniformes, qu'ils avaient glissé dans leur sac pour ne pas avoir à déballer leur valise entière. Chacun essayait d'arranger qui de la robe, qui de la cravate, qui du pull, sans un fratras et une désorganisation totale. Les garçons avaient poliment proposé de sortir pendant que les trois amies se changeaient mais celles-ci avaient haussé des épaules. Elles n'allaient pas se mettre en petite culotte non plus. Ça n'était pas gênant.

« Tu es en train d'enfiler ma cravate, tu le sais ça ? » S'adressa Lyra à Scott.

« Bien sûr que non, c'est la mienne, elle était sur mon tas. Je suis sûr. »

« Mais non, regarde, elle t'arrive à mi ventre ! Si ça avait été la tienne, elle aurait été ajustée à ta taille. Tu vois bien que celle-ci est trop petite. Et regarde, j'en ai une beaucoup plus longue ici. » Fit-elle en tendant un bout de tissu.

Le jeune homme regarda la cravate qu'elle lui montrait. Regarda celle qu'il avait autour du cou. Regarda à nouveau celle qu'elle voulait lui donner. Rougit. Effectivement, il s'était peut-être légèrement trompé. Mais ça n'était pas sa faute si tout se ressemblait. Et puis elle avait eu l'air très bien, cette cravate. Elle n'avait qu'à pas se trouver sur son tas de vêtements. Il défit le nœud qu'il avait déjà eu bien du mal à réaliser, et échangea de cravate. Enfin, après quelques minutes d'âpres préparatifs, ils furent tous prêts et se rassirent.

Ils n'eurent pas besoin d'attendre longtemps avant que le train n'entre enfin en gare. Ils sortirent alors tant bien que mal. Evidemment, Marc n'avait pas prévu qu'Harper veuille passer en même temps que lui et ils furent presque coincés entre les portes. Ils reculèrent ensemble, tombant à moitié l'un sur l'autre, avant d'initier un mouvement pour se réengager au même moment, se gênèrent mutuellement, avant d'enfin réussir à passer la porte. Pendant ce temps, leurs amis observaient la scène avec amusement. Duncan n'hésita pas à se moquer d'eux alors qu'ils sortaient ensemble du wagon.

« Si tu voulais l'emballer, mec, il fallait le dire plus tôt. On vous aurait laissés seuls un moment, au lieu de vous chamailler pour une porte. » Les railla-t-il.

Les deux concernés rougirent de concert avant que Marc ne maugrée qu'il ne comptait absolument pas « emballer » son amie, comme disait l'autre. Qu'ils étaient juste proches. L'amitié entre filles et garçons, ça existait, ils n'étaient pas tous des idiots.

« Les premières années, par ici ! » Tonna la voix du gardien des clés de Poudlard, Hagrid, les interrompant tous.

Hagrid était un demi-géant. Et aucun des élèves n'en doutait, par ailleurs. Il était si grand et sa barbe était si fournie que certains disaient que les oiseaux devaient le prendre parfois pour un arbre et s'y percher. Il portait d'éternels manteaux longs et informes, qui ne devaient aller qu'à lui et être faits sur mesure, étant données les proportions. C'était un ami des grands parents et des parents de Victoire. Ou plus simplement, un ami de la famille.

Elle le voyait souvent aux repas réunissant tous les anciens membres de ce qu'ils appelaient l'Ordre, même si elle n'avait pas bien compris ce que ce terme regroupait. Elle savait simplement que ça avait été important, à une époque. Et que Mamie Molly était toujours ravie quand il venait car il faisait honneur à sa cuisine de façon gargantuesque. Même si elle manquait d'y perdre une chaise à chaque fois.

« Salut les enfants ! » Leur cria-t-il de loin quand il les aperçut, accompagnant ses paroles d'un grand geste.

Quelques élèves de première année se retournèrent vers eux, surpris. Duncan ne put s'empêcher de bomber ridiculement le torse, s'amusant de la situation. Il souffla même à l'un d'entre eux qu'il fallait être un privilégié pour être ainsi salué.

« Idiot ! Il est fichu d'y croire, maintenant ! » Lui reprocha Mary, d'un coup de coude dans les côtes, pouffant.

« Mais justement, c'est ça qui est drôle. Avouez qu'on n'était pas aussi crédules à l'époque. C'est de sa faute aussi. » Rit-il.

Ils se dirigèrent alors vers les calèches. Victoire manqua de sursauter quand elle regarda les animaux qui les tiraient. Marc les lui avait décrits l'année passée mais elle ne les voyait pas encore. À présent si. A présent, elle faisait partie de ceux qui avaient déjà vu quelqu'un mourir sous leurs yeux. Elle s'en serait bien passée. On aurait dit que c'était des sortes de squelettes, qui tiraient les calèches. Des chevaux. Avec des ailes. Comment pouvait-on seulement espérer faire voler une aussi grosse carcasse ? C'était impossible.

Elle renonça cependant à ses réflexions pour monter avec ses amis dans l'un des véhicules. Une nouvelle année commençait.