Disclamer : Les personnages sont la propriété de l'auteure originale (J. K. Rowling).
Raited : M
Couple : Harry en seme et Sev en uke.
Genre : Hurt/Comfort/Romance.
ACHTUNG ! CETTE FIC S'ADRESSE A UN PUBLIC AVERTI. HOMOPHOBES ET MINEURS S'ABSTENIR !
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Chapitre 6
Une fois qu'Harry eut finit de changer les bandages, il se retira en s'étirant, ankylosé d'être resté assis et courbé tout le temps qu'avait duré son travail. Il fût surpris de voir Severus se redresser et sortir de la pièce (avec moins de grâce et de souplesse qu'à l'ordinaire cependant).
Le Gryffondor le suivit rapidement, ravi de voir que Severus ne souffrait presque pas grâce à l'onguent.
- Tu dois te reposer, Severus, fit-il avec un semblant d'autorité.
- Il est huit heures moins le quart. Tu as plus d'une heure de libre.
- Et alors ? interrogea Harry avec surprise.
- Et alors ? répéta doucement Severus avec un sourire. J'imagine que, comme d'habitude, tu n'as pas fait tes devoirs...
Le cerveau du Gryffondor mit quelques secondes à comprendre la menace qui planait au dessus de sa tête.
- Oh, non...
- Oh, que si ! Jusqu'à preuve du contraire, je suis encore ton professeur, même en arrêt ! Alors... assis !
Résigné et amusé malgré tout, Harry s'assit dans le fauteuil désigné par le Maître des Potions après avoir récupéré son sac près de la porte. Il commença par sortir ses affaires de Métamorphoses ainsi que de quoi écrire.
- Alors ? Qu'est-ce que tu a à faire ?
- Ça, répondit Harry en montrant les questions sur une page de son livre, qu'il venait d'ouvrir.
Severus jeta un rapide coup d'œil à l'exercice.
- Là, Harry, tu exagère ! Commenta-t-il. Pourquoi est-ce que tu n'as pas fait ça ? Ca prend à peine cinq minutes !
- Ben...
- Allez ! Au travail !
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- Nan, sans blague ! C'était vrai, alors ?
- De quoi tu parles, Ron ? Questionna Hermione.
- Que Harry allait faire ses devoirs !
Hermione fronça les sourcil avant de se retourner vers Harry et de la fixer avec attention.
- Tu as fait tes devoirs, Harry ?
- Ouais... enfin, c'est pas la peine d'en faire toute une histoire aussi...
- Mais enfin, Hermione, regarde ! S'extasia Ron en attrapant le cahier de Métamorphose de son ami pour montrer les exercices faits d'Harry.
- Ce sont les bonnes réponses, en plus... bien rédigées... même pas bâclées... Harry ?
- Oui, Hermione ?
- Je suis très heureuse que tu te mette enfin à travailler... en septième année, il était quand même plus que temps mais... Qu'est-ce qui te prend ?
- Rien..., grommela Harry.
Il savait que la jeune fille attendait une réponse et qu'elle ne le laisserait pas tranquille tant qu'il ne la lui aurait pas donné. Il allait devoir improviser :
- Ce... C'est juste que...
- SILENCE TOUT LE MONDE !
Toute la classe se retourna : le professeur McGonnagall venait de faire son entrée dans sa salle de cours et avait trouvé tous les élèves dans une agitation indescriptible.
Pendant que les autres élèves sortaient leurs affaires et que le professeur McGonnagall prenait place à son bureau, Harry remerciait cette dernière en silence : elle l'avait sauvé !
- Puis-je savoir pourquoi vous êtes excités comme ça ? gronda l'écossaise.
- Madame ? osa un élève. Vous savez pourquoi le professeur Snape est absent exactement ?
Minerva McGonnagall fonça les sourcils. « Severus ? Absent ? C'est impossible ! »
- J'ignorait qu'il était absent, aujourd'hui mais, s'il l'est, il doit avoir une bonne raison.
- Cette nuit, c'était la pleine lune ! lança un élève avec excitation.
Il y eut un gros silence de plusieurs secondes avant qu'une élève de Poufsouffle ne déclare :
- Snape ne peut pas être un loup-garou. C'est la première fois qu'il est absent.
- Et alors ? continua l'autre. Il va souvent dans la forêt, la nuit pour y chercher des plantes. Beaucoup des meilleurs se trouvent lors d'une pleine lune. Il s'est sûrement fait lycanthroper à la pleine lune du mois dernier. Et donc, c'est sa première fois !
Harry sourit : « S'ils savaient ! » songea-t-il en imaginant leurs réactions.
Comment, en effet, leur dire que Snape est un ange ? Alors que tous pensaient qu'il était une sorte de démon, de monstre... tout le contraire de la vérité...
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Severus était très impatient de revoir le jeune homme qui, en quelque sorte, lui avait sauvé la vie. Il était lui-même stupéfait de la vitesse à laquelle il s'était attaché à ce Gryffondor qu'il détestait de toute son âme un jour auparavant. Il se rendit alors compte de l'importance qu'Harry avait maintenant pour lui.
Il avait besoin de lui. Et pas que en tant que guérisseur...
Il avait besoin de lui pour une autre raison...
Il le désirait.
Harry avait éveillé un désir brûlant dans son cœur glacé lorsqu'il l'avait embrassé après l'avoir soigné.
Severus savait depuis des années qu'il était plus attiré par les corps masculins que féminins. Il s'était haï pour cette préférence et ne l'avait jamais vraiment accepté. Mais aujourd'hui, il éprouvait cela pour Harry. Et il se rendit compte que ses sentiments pour le bel attrapeur de Gryffondor étaient si forts qu'il n'était même plus choqué ou dégoûté de ressentir cela pour un homme.
Quand il entendit la porte s'ouvrir, ses yeux étincelèrent et un sourire s'accrocha à ses lèvres. Il se leva pour accueillir Harry. Il était fermement décidé à 'voler' un autre baiser au Gryffondor musclé ce soir. Severus entra dans le salon, radieux à l'idée de voir son Harry (comme il l'appelait pour lui-même) et qui lui avait manqué depuis le matin. Il n'avait même pas eut le temps de passer entre midi et deux...
Aussi Severus fût-il extrêmement déçu quand il vit qu'il ne s'agissait pas du jeune homme.
Mais, au delà de la déception, il se rendit compte que ses ailes bandées étaient exposées au regard incrédule et horrifié du dernier homme sur Terre auquel il voulait montrer son anormalité...
Albus Dumbledore.
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Harry s'étira avant de pousser la porte des appartements de Severus. Dès qu'il fut entré, ses yeux s'agrandirent : Dumbledore était assit dans un fauteuil, son regard braqué sur l'ange avachi dans le canapé en face de lui.
- Depuis quand est-tu au courant, Harry ? demanda Dumbledore sans le regarder.
- Euh...
- Hier soir, répondit Severus à sa place.
- Au courant de quoi ? demanda Harry, se demandant s'il y avait autre chose que l'ange ne lui avait pas encore dit.
- De mon... anormalité..., souffla Severus.
- Je sais que vous n'êtes pas vraiment humain, fit Harry en revenant au vouvoiement en présence du directeur. Vous êtes un ange... Pourquoi vous l'avez prévenu ?
- Je ne l'ai pas prévenu, rétorqua Severus. Il est entré dans mes appartements. Je croyais que c'était toi... vous, se rattrapa-t-il (mais Albus n'était pas dupe). C'est pour ça que je suis sortit de ma chambre...
- Harry ?
- Oui, Professeur ?
- Assied-toi, dit le vieil homme en désignant le canapé dans lequel Severus était déjà assis, de manière à avoir ses deux 'proies' en face de lui.
Harry acquiesça et s'assit tout près de l'ange.
- Maintenant, il va falloir parler, Severus, déclara le directeur après avoir soupiré.
- Parler de quoi ? gémit l'ange tout en sachant parfaitement ce que le vieux sorcier allait lui demander.
- De ça, bien sûr !
Il désigna les ailes bandées d'un doigt fin. Bandages qui, d'ailleurs, avaient bien besoin d'être changés depuis le matin. Le sang, même s'il y en avait moins, avait taché les bandes blanches par endroits. De plus, les effets de l'onguent devaient s'être dissipés depuis quelques heures déjà et l'ange devait souffrir...
- D'accord... on va... parler..., soupira finalement Severus.
- Pas tout de suite, coupa Harry en se levant. D'abord, je vais changer tes... vos bandages, Professeur.
- Vous n'êtes pas obligés de vous re-vouvoyer pour moi, déclara Dumbledore en contemplant ses ongles comme si, après réflexions, il se rendait compte que la conversation ne l'intéressait pas.
Harry crispa les mâchoires. Autant il avait été difficile pour lui de prendre l'habitude d'appeler Severus par son prénom, autant maintenant qu'il devait arrêter de le tutoyer il n'y arrivait pas... De toute façon, ils étaient grillés, maintenant... Le Gryffondor alla chercher ce qu'il lui fallait pour soigner l'ange.
Il se rassit à son côté et commença à défaire les bandages sanglants. Concentré sur sa tache, massant doucement les plaies à peine en début de cicatrisation, Harry ne vit pas le regard malicieux de Dumbledore... ni son léger sourire...
Severus avait fermé les yeux sous la douleur première que lui avait causé le contact glacé de l'onguent, appréciant maintenant les bienfaits de la pommade mais également ceux des mains caressantes qui parcouraient sa peau meurtrie, glissant sur une partie de son anatomie qui n'avait été connue que par deux personnes au monde.
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Harry caressait la peau mutilée des ailes, le bout de ses doigts butaient de temps à autre contre des cicatrices plus anciennes ou contre de rares plumes qui avaient résisté jusqu'à lors.
- Ça met du temps à repousser, des plumes ? Interrogea-t-il soudain, rompant le silence qui s'était installé dans la pièce.
- Si c'est comme les oiseaux... Peut-être trois semaines pour les plus longues, je ne sais pas... répondit Dumbledore après réflexion.
Harry acquiesça distraitement. Il banda consciencieusement les ailes de Severus avant de se relever. Il lava rapidement ses mains pleine de pommade avant de revenir s'asseoir tout près de Severus.
- Bien ! Maintenant, Severus, expliquez-nous !
- Vous expliquer quoi ? Je ne sais rien du tout !
- Comment ça, vous ne savez rien du tout ?
Severus soupira, passa une main dans ses cheveux tout en évitant le regard de Dumbledore et chercha ses mots avec soin.
- Je suis né comme ça, finit-il par grommeler. Les seules personnes a avoir jamais été au courant sont mes parents... On n'a jamais pu savoir pourquoi...
Harry écoutait attentivement, essayant vainement de croiser le regard de l'ange. Ma celui-ci gardait les yeux fixés sur ses mains tremblantes croisées devant lui.
- Et ensuite ? demanda Dumbledore comme Severus ne se décidait pas à rouvrir la bouche.
- Ensuite ? Pas grand chose... A cause de ça je ne suis jamais sortis de la maison, je n'ai jamais pu aller à l'école avant mes onze ans... Mes parents m'ont appris à lire et à écrire et m'ont enseigné ce qu'il savaient de la géographie et de l'histoire... pas grand chose, en fait... Je pense que c'est pour ça que j'adore apprendre, encore aujourd'hui... Quand j'ai reçu ma lettre de Poudlard, mes parents ont compris que je ne pouvais pas rester enfermé plus longtemps, sinon le Ministère se serait demandé pourquoi je n'allait pas à l'école et serait venu nous voir... Alors ils ont décidé de me laisser y aller... Ils ont finit par trouver ce moyen et, depuis, je les attache, je met des vêtements épais et...
- C'est pour ça que tu as toujours cette horrible cape sur toi !
Severus leva enfin ses yeux brillants de larmes contenues sur Harry et acquiesça faiblement avant d'esquisser un petit sourire triste.
- Et depuis tout ce temps... votre scolarité à Poudlard et maintenant que vous enseignez... tout ce temps, elles étaient là !?
Dumbledore était sidéré. Il avait toujours tout su sur ce qui se passait à Poudlard ! Toujours ! Comment quelque chose d'aussi énorme pouvait lui avoir échapper !?
- Ben... oui...
- Et vous n'en savez vraiment pas plus ?
- Non, Albus. Je vous l'ai dis : je suis né comme ça, c'est tout ce que je sais.
- Mais alors ça fait des années que tu es dans cet état !?
- Non... Avant, il n'y avait pas de problèmes... Mais depuis quelques années, elles se sont mise à grandir de plus en plus et... Il fallait que je les serre encore plus... J'ai enlevé les plumes, ça fait près des trois quarts du volume et ça a suffit pendant un temps...
- Tu à du souffrir..., souffla Harry.
- Je préférais ça à ce qu'on voit ce que je suis... Mais ça n'a pas marché... Aujourd'hui, ça ne passe plus innaperçu mais, heureusement, les gens penses seulement que je suis mal-formé...
- Tu préfère avoir la réputation d'un bossu que d'un ange ?
- Bien sûr ! Un bossu est un homme, lui ! s'offusqua Severus, la voix tremblante.
- Tu...
Mais Harry se tut, se disant qu'il réglerait le problème une fois seule avec Severus. Un lourd silence s'installa avant qu'Albus Dumbledore ne finisse par se lever :
- Bien. Je pense que ça suffira pour aujourd'hui...
Severus et Harry hochèrent doucement la tête.
- Reposez-vous, Severus... Et allez voir Pompon, elle s'occupera de vous...
- Non ! Trop de gens sont déjà au courant !
- Severus, ne soyez pas ridicule ! Il va sans dire que, quand vous reprendrez vos fonctions d'enseignant, vous arrêterez cette... cette... boucherie !
- Quoi ? fit le Maître des Potions d'une toute petite voix misérable, semblant près à fondre en larmes.
- Je vais vous faire faire des vêtements plus adéquats. Il n'est plus question que vous vous mutiliez ainsi !
- Mais...
- Je ne vois pas où est le problème, Severus ! Les loups-garous sont acceptés ! Les vampires aussi ! Vous n'avez pas à avoir peur !
- Il a raison, Severus, dit doucement Harry. En plus, les gens ne te craindrons pas. Si les vampires et les loups-garous, qui inspirent la peur par leur nature, sont acceptés... alors un ange ! Il n'y aura pas de problèmes !
- Je suis peut-être un... ange... comme tu le dis..., grogna-t-il en crachant presque le mot 'ange'. Je n'en reste pas moins Severus Snape, le bâtard, la chauve-souris des cachots...
- Oh, je vous en prie, Severus ! s'ennerva Dumbledore.
- Vous ne voulez quand même pas que je me balade dans Poudlard comme si de rien n'était en exhibant ces... ces horreurs !? grinça Severus avec une grimace de dégoût.
- Eh bien si !
Severus eut une mine atterrée. Il voulut répondre, tenter encore une fois de convaincre le directeur, mais aucun son ne parvint à franchir ses lèvres tremblotantes, et il finit par s'enfoncer dans un triste mutisme. En dernier recours, il regarda Harry comme pour quémander de l'aide, mais le jeune homme secoua la tête :
- Je suis désolé, Severus, fit-il en posant une main, qu'il voulait réconfortante, sur l'épaule de l'ange. Il a raison : tu ne dois plus te faire du mal comme ça...
- Allez, Severus. Je vais faire venir Pompon. Elle aura sans doute des remèdes plus efficaces que ceux utilisés par Harry... bien qu'il se soit très bien occupé de vous, à ce que j'en ai compris..., sourit le vieux sorcier, s'attirant le rougissement d'Harry et un léger rosissement de la part de Severus. D'accord ?
Severus acquiesça faiblement, les mâchoires serrées.
Dumbledore sourit, la tête encore pleine des incroyables nouvelles de la soirée, et sortit chercher l'infirmière.
Comme pour un petit enfant apeuré, Harry se mit à murmurer des paroles réconfortantes à l'oreille de l'ange qui, une fois Dumbledore partit, avait cessé de retenir ses larmes de désespoir. Severus n'entendait pas le Gryffondor, la vue brouillée par les larmes silencieuses, une horrible pensée l'assaillait : bientôt, Pomfresh arriverait... et tout basculerait...
(à suivre (ff))
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On en voit presque le bout ! ^^
