Bonjour,

Voilà le petit chapitre quotidien de « Dans mes filets » (enfin, petit oui, mais tout de même plus long que les précédents. Faut dire, j'ai toujours tant de mal pour certains passages à me restreindre à seulement quelques lignes …).

J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents, malgré une tonalité un tout petit peu différente …

Pleins de gros bisous à tous (et un tout particulier à toi, ma petite chérie !), et merci encore pour vos encouragements si chaleureux ! Je dirais pas que ça m'aide à me remettre à mes révisions (au contraire, ça me donne plutôt envie de vous écrire la suite), mais ça met du baume au cœur : )

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.

Rating : K

Bonne lecture !


Dans mes filets …

Etape 4 : Lui promettre l'impossible

Une mise au point s'imposait ! Toutefois, malgré sa détermination à engager la conversation avec le Serpentard pour mettre toute cette affaire ridicule au clair, le Survivant avait bien du mal à faire le premier pas …

Mais à force de tourner en rond dans la salle commune des Rouge et or, il finit par agacer prodigieusement Hermione, qui tentait vainement de réviser -et qui était déjà fortement exaspérée par Ron qui ne cessait de lui tourner autour pour lui raconter ses nouvelles blagues.

Elle finit donc par les jeter purement et simplement tous les deux dehors, décrétant qu'ils n'avaient pas le droit de rentrer avant au moins deux heures !

Décidant d'en prendre son parti, le rouquin déclara qu'il allait faire un petit tour en cuisine (soit disant pour saluer les elfes de maison, mais surtout pour se dégotter un petit encas en attendant que sa future même pas encore dulcinée daigne le laisser rentrer). Il proposa à son ami de l'accompagner, mais celui-ci se dit que c'était peut-être là le moment idéal pour aller s'entretenir avec ce siphonné de Serpentard qui semblait l'avoir pris pour cible depuis 4 jours à présent.

Poudlard était quasiment désert, propice à une confrontation discrète -sait-on jamais, avec Malefoy il fallait être plutôt prudent ces temps-ci, et si Harry devait y perdre un bras ou sa virginité, il préférait que ce soit sans témoin ( … bon, à vrai dire notre héros n'avait pas pensé qu'il pourrait perdre sa virginité -encore trop naïf, il n'avait pas compris clairement ce que lui voulait l'autre, mais c'est plus fun d'écrire ça, non ?).

Bref, toujours est-il que le Gryffondor se retrouva bien trop vite à son goût devant la porte gardant la salle commune du nid de serpents. Déglutissant péniblement, il s'apprêta à frapper, quand une voix dans son dos attira son attention, lui évitant par là même d'avoir à se jeter dans la fosse aux lions … pardon, aux reptiles.

« Po … Harry ? Quelle surprise ! » fit Draco d'un ton réjoui, effaçant vite l'expression machiavélique qu'il avait eu spontanément en apercevant sa pauvre victime plusieurs mètres devant lui. « Tu viens me rendre visite ? » ajouta-t-il d'un ton oscillant entre joie et incrédulité, tout en se rapprochant.

Le brun regarda à droite et à gauche furtivement, comme s'il cherchait une échappatoire au cas où ça dégénérerait (les bons vieux réflexes du garçon-qui-a-survécu-on-ne-sait-combien-de-fois, que voulez-vous), puis se reprit, et toussota, écarlate (mais les cachots étant assez sombres, l'honneur fut -presque- sauf pour notre ami) :

« Heu, non … enfin, oui. Pas vraiment quoi … »

S'arrêtant juste devant le pauvre adolescent perdu, Draco leva un regard presque tendre vers lui, et souffla :

« En tout cas, je suis content de te voir. »

Il y avait tellement de gentillesse et de sincérité dans sa voix, que Harry perdit pied une seconde, fatale seconde de trop !, et répondit avec une ébauche de sourire niais :

« Oui, moi aussi … » Mais il se reprit instantanément, et reculant vivement d'un pas -manquant de glisser par terre (ben oui, les cachots c'est pas seulement sombre, c'est humide aussi), s'exclama : « Oui, ben à ce propos ! Faut qu'on parle, tous les deux ! »

Penchant la tête de côté, dans une expression totalement craquante (oui, au point où nous en sommes, pauvres spectateurs impuissants de cette scène, bavons tous en chœur …), Malefoy demanda alors d'un ton taquin : « Parler ? Seulement parler, tu es sûr ? Moi je préférerais autre chose … »

« Ben moi paaaAaas ! » s'écria Harry, avant de se contorsionner comme il pouvait pour éviter la main que le blond tendait doucement vers son torse. Il s'éloigna de quelques pas, puis prit son air le plus sévère, et gronda : « Draco, je ne joue plus, là ! Il faut vraiment qu'on parle sérieusement, ça ne va plus du tout … »

Reprenant un visage sérieux, le Serpentard soupira, puis haussa les épaules :

« Bon, OK, comme tu veux. »

Ils commencèrent tous deux à s'éloigner pour trouver un coin tranquille où parler, quand le blond ajouta avec un sourire en coin : « N'empêche, c'est mignon de t'entendre m'appeler par mon prénom … »

Harry ne répliqua rien, mais son regard abattu et profondément blasé parla pour lui …

Et, pendant qu'un Ron rassasié mais s'ennuyant ferme suppliait Hermione à travers le portrait de la grosse dame de le laisser entrer, Harry et Draco s'installaient sur un banc de pierre d'un des couloirs de Poudlard pour discuter. La nuit était tombée, seule la lune, pleine ce soir, éclairait l'endroit, désert et peu fréquenté d'ordinaire, où ils se trouvaient.

Pendant un moment, aucun des deux garçons ne parla. Draco attendait le moment propice pour passer à l'étape suivante de son plan, sentant que cet instant était tout proche, et Harry, lui, tentait déjà de ne pas avoir le cœur qui battait frénétiquement d'angoisse pour pourvoir ouvrir la bouche.

Enfin, le Survivant, héros de son état et donc censé avoir toute la panoplie qui va avec (courage, témérité, audace et compagnie), prit la parole :

« Bon, heu … je ne sais pas par où commencer, mais … j'aimerais que tu arrêtes tout ça. »

« Tout ça quoi ? »

« Mais, ton attitude depuis 4 jours, là … Franchement, je ne te reconnais plus. Je comprends rien à ce qui se passe. T'as mangé un truc qui passe pas ? T'as inhalé une potion euphorisante ? Quelqu'un te fait du chantage pour que tu sois sympa avec moi ? Ou … »

La voix de Harry commençait à grimper dans les aigus, la panique reprenant le dessus. Draco leva une main, le stoppant bien vite, et secoua la tête.

« Mais non, ce n'est rien de tout ça … » répondit le blond d'une voix douce.

Le brun lui lança un regard désespéré, et demanda : « Mais quoi, alors ? » Il semblait vraiment découragé.

Draco soupira, puis tourna la tête vers la fenêtre, fixant la lune d'un air rêveur. Il savait qu'ainsi, il avait un air plus doux, qui donnerait plus de crédibilité à ses propos, et ça lui permettait de ne pas regarder l'autre dans les yeux, s'épargnant ainsi le risque d'éclater de rire face à l'air de merlan frit qu'afficherait sûrement ce Gryffondor trop gentil et compatissant pour son propre bien.

Et en plus, ça mettait en valeur son visage d'ange (mouais …) aux traits si parfaits, ce qui ne gâchait rien pour son plan séduction de Potty !

Prenant une voix traînante, mais mélancolique (quel acteur parfait, ce Malefoy ! On sait pas pour Harry, mais nous on fond toutes devant lui, là …), il expliqua alors : « En fait, moi-même je ne saurais pas dire comment tout ça a commencé. C'est comme si je m'étais levé un matin avec l'envie qu'il y ait quelque chose de différent entre nous. Comme si d'un coup l'idée de me comporter différemment avec toi ne me paraissait plus si stupide, ni incongrue … » Draco s'arrêta une seconde, en fait assez surpris de constater que jusque-là, il ne faisait que dire globalement la vérité (en omettant juste le fait qu'il s'agissait d'un défi stupide qu'il s'était lui-même lancé, mais bon, les détails, hein …).

Harry, captivé, attendait la suite (comme nous, quoi !), qui ne tarda pas : « Tu vois, j'ai essayé d'arrêter un instant de te regarder avec les yeux de la haine, pour voir si j'arrivais à te considérer autrement. Si j'étais capable de te trouver des qualités … »

« Et ? »

Draco tourna la tête et ses yeux rencontrèrent ceux du brun. Le Serpentard détourna alors le regard et rougit, enfonçant légèrement sa tête dans le col de sa cape :

« Et je me suis rendu compte que j'y arrivais. J'arrive à te trouver des qualités. »

Après une seconde de profonde réflexion sur ces mots, Harry fit : « Tu te fous de moi, c'est ça ? »

Se relevant, piqué à vif, le blond s'exclama :

« Pas du tout ! Tu ne me crois pas, c'est ça ? »

Le Gryffondor haussa les épaules : « Ben, après des années à se foutre sur la gueule, en effet, ça me paraît un peu improbable … » Voyant qu'il avait blessé l'autre, il se sentit soudainement gêné, et se passant une main dans les cheveux, il fit d'un ton malhabile : « Je ne demande que ça, mais franchement … »

Draco plissa les yeux un instant, puis esquissa un faible sourire :

« Est-ce qu'au moins, à défaut de me croire, tu me donnerais une chance ? »

« Une chance de quoi ? » demanda Harry, un peu méfiant (avec un Serpentard, on ne sait jamais).

« Qu'on apprenne à se connaître. Qu'on essaie … de se voir différemment. » Il perdit son sourire une minute, puis regarda furtivement le brun avec un petit air découragé : « Je sais que Potter et Malefoy qui s'entendent bien, voir plus, ça paraît impossible, mais … »

« Pourquoi pas ? »

« Pourquoi pas quoi ? » Oui, les répliques sont éloquentes, je ne vous le fais pas dire …

Harry rougit un peu, et tourna le regard vers la lune, à son tour : « Pourquoi pas essayer ? Ca ne coûte rien, après tout … »

Espérons, Harry, espérons …