Bonjour tout le monde,
Voilà le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira, et ne vous laissera pas trop sur votre faim (je sens que je vais encore me faire lyncher, moi, mais bon, je commence à avoir l'habitude … sigh … Enfin, la suite arrive demain, alors …).
On avance, on avance, mais toujours sans réellement savoir comment tout ça va finir … ce sera la surprise, pour vous comme pour moi (puisque, écrivant au fur et à mesure, je ne prévois jamais à l'avance la suite ni la fin de mes histoires) !
Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.
Rating : K
Bonne lecture à tous : )
Dans mes filets …
Etape 5 : Le faire languir
Assise à une table coincée dans un angle des Trois Balais, Hermione, après avoir gardé le silence pendant de longues minutes, finit par reposer devant elle sa tasse de chocolat chaud fumant, et se pencha vers Harry pour demander :
« Heu, Harry, je peux savoir ce qu'on fait là, déjà ? »
Le brun leva un sourcil, un peu surpris, puis répondit :
« Et bien, comme c'est samedi, j'avais pensé que ça nous détendrait un peu de venir boire un pot ici. Ca ne vous plaît pas ? »
Ron, assis de l'autre côté du jeune homme, avala la poignée de biscuits qu'il venait d'enfourner dans sa bouche, et intervint :
« Tu préférerais être en train de réviser, Mione, je parie … Mais tu sais, ça fait du bien de se détendre, de temps en temps ! »
Exaspérée, la brunette sentit ses boucles se hérisser sur son crâne. Elle eut un geste d'impatience envers ses deux amis, et s'exclama cette fois plus fort :
« Mais non, je ne parle pas de ça ! Vous êtes vraiment bouchés, parfois … Je me demandais ce qu'on faisait là … avec eux. » précisa-t-elle, en désignant dans un large geste Pansy, Draco et Blaise, tassés tous les trois de l'autre côté de leur petite table.
Les trois Serpentards, plutôt silencieux jusque-là, eurent un petit mouvement de recul face à l'intervention de Hermione, mais ne dirent rien, se replongeant chacun docilement dans leurs verres.
Harry leur jeta un petit coup d'œil, en particulier à Draco, qui feignait d'être très absorbé par sa bièraubeurre, puis se retourna vers son amie :
« Ah, eux … Ben, je te l'ai déjà dit ce matin, Mione. Je pense que ça serait bien qu'on apprenne à les connaître. Alors j'ai pensé qu'une sortie tous ensemble à Pré-au-lard serait une bonne approche, et … »
Reposant cette fois brusquement sa tasse sur la table, la brune fit, tout en tentant avec difficulté de garder son calme :
« Franchement, Harry, ton attention est louable. Mais … est-ce vraiment utile de chercher à les connaître ? Je veux dire, ce que je sais sur eux me suffit, et … »
« Pardon, miss, mais tu ne sais pas grand-chose de nous … » intervint alors Blaise, en se penchant vers la brune par-dessus la table. Il fronça les sourcils, et ajouta : « En tout cas, tu ne cherches pas à voir plus loin que le bout de ton nez. Plutôt étonnant, d'ailleurs, pour une fille aussi curieuse que toi. »
Pansy sourit sarcastiquement à ces propos, mais par respect pour le plan de Draco, elle cacha sa satisfaction dans le fond de son verre. Hermione, toutefois, se raidit aux mots de Zabini -sans doute parce que le jeune homme avait visé assez juste- et se récria :
« Ce n'est pas vrai ! Simplement … simplement, jusqu'à présent, vous ne nous avez guère donné envie de vous considérer différemment, et puis … »
Un peu découragé de la tournure que prenaient les choses, Harry dit dans un soupir, en posant une main sur le bras de son amie pour l'apaiser :
« Ecoute, ce n'est pas très grave … Maintenant ils sont prêts à faire ce pas vers nous, alors on ne va pas tout gâcher. »
« On voit bien que ce n'est pas toi qu'ils ont traité de sang-de-bourbe pendant toutes ces années ! »
« Non, mais bon, tu sais, balafré, binoclard et compagnie, ce n'était pas très rigolo non plus … » Non, mais ça Harry on a déjà dit que c'était finalement plutôt assez réaliste, alors ça compte pas.
Voyant qu'elle n'obtiendrait aucun soutien auprès du brun, Hermione tenta une diversion par le roux : « Et toi, Ron, tu ne dis rien ? On dirait que ça ne te gêne pas qu'on passe l'après-midi, ici, avec eux, comme si de rien n'était … »
Ron conclut alors, d'un ton pragmatique, tout en faisant passer une autre bouchée de gâteaux avec sa boisson : « Bah, tu sais, comme c'est eux qui paient les consos aujourd'hui, moi, ce que j'en dis … » Et il haussa les épaules, avant de se tourner vers Pansy pour lui demander si elle consentirait à partager avec lui le petit pain chaud qu'elle s'était commandée.
Le passionnant et très constructif débat qui s'était engagé aurait pu se poursuivre encore longtemps, si à ce moment-là, Draco ne s'était pas levé brusquement, sans prévenir, et n'avait quitté les Trois Balais sans un mot pour quiconque. Laissant là, stupéfaits, ses amis -qui se demandaient si c'était encore utile qu'ils tentent de rester aimables avec les Gryffondors-, et les trois autres, qui ne comprenaient pas l'attitude du blond.
Après avoir tenté de rester un peu avec le petit groupe pour apprendre à connaître Parkinson et Zabini, Harry n'avait plus tenu et les avait lui aussi plantés là pour partir à la recherche de Malefoy. Et puis, de toutes façons, ses amis étaient bien trop occupés pour prêter attention à lui : Ron jouait à présent aux dés avec Pansy pour tenter de gagner le croissant qu'elle n'avait pas encore mangé, et Blaise et Hermione s'étaient lancés dans une joute verbale sur le thème philosophique « L'ignorance ne peut-elle pas rendre bien service des fois, non mais ! », qui paraissait les amuser autant que cela pouvait les énerver …
Après avoir parcouru une bonne partie de Poudlard, Harry finit par retrouver Draco, assis au bord du lac, dans un coin plutôt isolé. S'arrêtant à un mètre de lui, il reprit son souffle, et s'exclama dans un sourire, tandis que le blond lui lançait un regard un peu triste :
« Ben dis donc, t'étais pas facile à trouver … » Voyant que le Serpentard ne répondait rien, et ne riait même pas de le voir faussement agoniser en se tenant les côtés comme s'il venait de courir le plus long marathon de l'histoire, Harry vint s'asseoir à ses côtés, et dit doucement : « Pourquoi tu es parti précipitamment, tout à l'heure ? C'est ce qu'a dit Hermione qui … »
Draco secoua la tête en dénégation, puis ramena ses genoux contre lui. Il posa la tête dessus, et regarda le lac, où évoluait le calamar géant (précisément en train d'effectuer quelques saltos arrières et autres acrobaties très courantes pour un animal marin, dans le but de s'échauffer -pour quoi faire, ça, aucune idée !). Il soupira, et expliqua doucement, d'un ton lointain :
« Non, c'est pas ça … C'est juste que … » Il jeta un coup d'œil rapide à Harry, puis tourna la tête ailleurs, comme s'il ne pouvait soutenir plus longtemps l'attention du brun : « C'est juste que … j'aurais préféré qu'on ne soit que tous les deux. » Il avait dit ces derniers mots dans un murmure, gêné.
« Oh … » fit Harry, surpris. Mais il n'ajouta rien (non par délicatesse, mais parce qu'il ne savait pas vraiment quoi dire).
Un long silence passa entre eux, seulement troublé par les clapotis que faisait le calamar, maintenant en train de s'exercer au dos crawlé, sous les cris admiratifs de quelques élèves, amassés en contrebas.
Enfin, le brun fit remarquer non sans un certain à-propos :
« Ben, maintenant on est rien que tous les deux. »
Draco retint un sourire amusé : Harry pouvait être si touchant, finalement, avec sa façon maladroite mais si sincère de présenter les choses. Peut-être que ce serait plus facile que prévu d'arriver au terme de ce défi. Après tout, jusqu'à présent il avait plutôt bien joué son rôle, et le Gryffondor n'y avait vu que du feu, tout emporté qu'il était par sa volonté de bien faire …
Posant alors une main tout près de celle de Harry, posée à terre, Draco se pencha un peu vers lui, et sourit doucement -faisant se colorer les joues du brun par la même occasion :
« Oui, c'est vrai. Et j'apprécie, d'ailleurs. » De l'autre main, il replaça une mèche de cheveux de Harry qui lui tombait devant les yeux (oui, depuis le temps, le peigne n'était toujours pas devenu le meilleur ami de Potter, sigh …), et murmura : « C'est gentil d'être venu me voir … »
Un peu (ah, la bonne blague ! Bon, disons beaucoup, alors) troublé de la proximité du blond, qui pour une fois ne semblait pas vouloir lui taper dessus, Harry bredouilla :
« Heu, oui, c'est … bien normal. Alors, tu … tu veux qu'on discute, histoire d'apprendre à mieux se connaître ? » Mais à son grand étonnement, Draco secoua la tête négativement.
Désemparé, le brun demanda alors : « Ah bon, non ? Mais qu'est-ce que tu veux alors ? »
« Pour le moment, juste ça … » répondit Draco, tout en se penchant et en posant ses lèvres sur celles, entrouvertes, de Harry.
Le Serpentard embrassa doucement l'autre pendant quelques secondes, puis rouvrit les yeux, prenant un air choqué, avant de s'exclamer :
« Merlin, qu'est-ce que … Non, ça va trop vite ! Pardonne-moi … » Et il se releva et s'enfuit, sans laisser le temps au Gryffondor de réagir.
Ce dernier était toujours assis là, dans ce coin de parc, les yeux agrandis par la surprise, la bouche encore humide du baiser qui venait de s'y poser … Et que dire de son esprit, vidé à ce moment là de toute pensée cohérente ?
