Bonjour,

Et oui, ce chapitre arrive un peu tard dans la journée, mais j'ai eu beaucoup de boulot aujourd'hui (je suis claquée ! Et c'est pas encore fini, sigh …).

Le contenu de ce chapitre ne correspond peut-être pas tout à fait au titre, encore que, je pense que c'est bien l'état dans lequel doit commencer à se trouver Harry (qui en vit des choses difficiles, le pauvre !).

En tout cas, j'espère que cette suite sera à la hauteur de vos espérances : )

Ah oui, je voulais aussi repréciser (comme on me dit parfois qu'on espère que ça se terminera bien) que je n'ai rien prévu ni décidé à l'avance concernant la suite de l'histoire, donc je ne sais pas comment tout ça finira. La seule chose que j'avais prévue dès le début, c'est la liste des 10 étapes du plan de Draco.

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.

Rating : K

Place au nouveau chapitre …


Dans mes filets …

Etape 6 : Le rendre impatient

« Ils sont bizarres, quand même, ces Serpentards … » marmonna Hermione, tout en émergeant de l'énorme livre qu'elle était en train de potasser, confortablement installée dans un des fauteuils de leur salle commune.

Au mot « Serpentards », Harry, allongé à plat ventre devant la cheminée, occupé jusque-là à compter les franges du vieux tapis, passa par toutes les couleurs possibles : blanc, rouge, un peu jaune, voire verdâtre, avant d'opter finalement pour un joli cramoisi en teinte tendance Weasley bien mûr.

Le plus jeune des fils Weasley, justement, assis aux pieds de Hermione, leva la tête du dessin qu'il était en train de faire, pour demander à sa camarade :

« Pourquoi tu dis ça, Mione ? Ils sont finalement plutôt gentils … »

« Non, Ronald, tu ne peux pas prendre comme critère de « gentillesse » le fait que Pansy t'ait filé toutes ces pâtisseries hier, quand on était aux Trois Balais ! Ca ne compte pas ! »

Affichant une moue boudeuse, le rouquin répliqua, retournant à son activité :

« Ouais, ben toi tu ne peux pas non plus prendre comme critère de « bizarrerie » le fait que ce Zabini soit le seul à avoir pu tenir assez longtemps face à toi une discussion intellectuelle … »

La jeune fille esquissa malgré elle un petit sourire, qu'elle cacha derrière son ouvrage :

« J'avoue que ça, c'est plutôt un bon point pour lui. » Elle resta pensive un moment, la tête posée sur sa main, puis reprit :

« Non, en fait je pensais surtout à Malefoy, en disant que je les trouvais bizarres … »

Là, Harry manqua s'étrangler avec sa salive (ce qui constituerait une mort assez ridicule, avouons-le, surtout pour celui qui est censé être le héros du monde sorcier), ce qui bien évidemment attira l'attention de son amie, qui reprit, d'un ton assez sournois (Hermione serait-elle déjà contaminée par le serpentisme, après seulement un après-midi passé en leur compagnie ?) :

« Hein, Harry, tu ne trouves pas que Malefoy agit étrangement, depuis quelques jours ? Je le trouve quand même drôlement gentil avec toi … »

« Ca c'est clair ! » renchérit Ron, sans quitter des yeux le dessin qu'il était en train d'achever, très concentré, la langue tirée dans une mimique d'application extrême.

Notre héros, bien décidé cette fois à ne pas trop laisser paraître son trouble (ce qui, en soi, était déjà raté), se releva, remit de l'ordre dans sa tenue, et déclara :

« Franchement, non, je ne vois pas de quoi tu parles, Hermione. Je crois juste qu'il a envie de faire des efforts pour être sympa avec nous, dans l'optique qu'on apprenne tous à se connaître. Toi qui prônes sans cesse le rapprochement des Maisons, je ne vois pas bien de quoi tu te plains ! » Il fronça les sourcils, puis s'exclama : « Ah, tout ça m'a énervé ! Et après c'est moi qu'on traite de parano … »

Il se dirigea vers la sortie à grandes enjambées, déclarant : « Je vais faire un tour pour me calmer. »

Regardant pensivement partir son ami, Hermione murmura au bout d'un moment, le menton toujours calé dans sa main :

« Ben en fait, c'est peut-être Harry qui est bizarre, en fin de comptes … »

Relevant vers la brune un visage radieux, Ron s'exclama en lui tendant sa feuille :

« Tiens, Mione, cadeau ! Je t'ai dessiné un canard. »

La jeune fille fixa longuement son camarade, avant de prendre prudemment le dessin du bout des doigts, et de conclure :

« Non, définitivement, c'est bien toi le plus bizarre de tout Poudlard. »

Toutefois, le sourire attendri qu'elle afficha alors prouvait bien qu'elle trouvait ça infiniment craquant (et après elle dit que les autres sont bizarres ! Je vous jure, tsss …)

Après avoir tourné trois fois devant la porte gardant l'entrée de la salle des Serpentards (sans doute dans le secret espoir qu'elle fonctionne comme la Salle sur demande, et s'ouvre au 3ème passage), Harry finit par frapper. D'abord timidement, puis, ne recevant aucune réponse, sa colère revint, et il se mit à tambouriner dessus, complètement sourd aux hurlements de douleur du pauvre tableau accroché sur ladite entrée.

C'est Théodore Nott qui finit par venir voir ce qui se passait, et s'il parut surpris un instant de voir Harry Potter sur le seuil de leur salle commune, il n'en montra rien, se rappelant du plan dont leur avait parlé Draco quelques jours plus tôt.

« Je suppose que tu veux voir Draco … » fit avec nonchalance le jeune homme.

Harry devint écarlate, et porta par réflexe une main à sa bouche, comme s'il cherchait une trace du baiser de la veille qui l'aurait trahi auprès de son interlocuteur. Puis il finit par bredouiller :

« Heu, oui … Comment le sais-tu ? »

Ce fut au tour de Nott d'être embêté, mais il trouva bien vite la parade (à croire que les Serpentards avaient toujours sur eux un stock d'excuses et inventions tordues toutes prêtes !) :

« Ben, chais pas … Comme vous passez votre temps à vous taper dessus, je me suis dit … »

« Oui, ben là c'est pas pour ça ! » s'impatienta Harry.

Théodore cacha un petit sourire à la vue de l'état de l'autre, et fit alors d'un ton exagérément traînant : « Ben, je peux toujours aller voir s'il est là, mais bon, tu comprends … »

« Non, je comprends pas ! Et justement, comme je veux comprendre, j'ai besoin de le voir ! Alors tu vas le chercher tout de suite, s'il-te-plaît, ou c'est moi qui y vais … » s'énerva Harry, que tout ce petit jeu commençait sérieusement à agacer.

Blaise, attiré par le bruit, rejoint alors Théodore à la porte d'entrée. Son visage s'éclaira quand il aperçut le petit lionceau rouge de fureur, et décidant de rentrer dans la partie lui aussi (en fait, depuis le début de ce défi, Zabini s'amusait follement !), il s'appuya avec nonchalance sur l'épaule de son camarade Serpentard, et fit d'un ton faussement surpris :

« Oh, Harry ! Quelle bonne surprise. Tu viens pour Drake ? Ah, mais, désolé, il ne veut pas te voir pour le moment. En fait, il ne veut voir personne … » ajouta-t-il d'un ton faussement compatissant.

Le visage du brun afficha une surprise sincère, et c'est d'un ton presque inquiet qu'il demanda :

« Ah bon ? Mais … pourquoi ? »

Il regretta tout aussi vite ses mots, mais Blaise lui fit la grâce de feindre d'ignorer pourquoi il était dans cet état. C'est d'un ton savamment surpris que le jeune homme noir répondit :

« Ben, j'en sais rien. En fait, il est rentré hier assez bouleversé, » Harry blêmit à ses mots, avant de se mettre à rougir (Nott l'observait avec une curiosité toute scientifique, passionné par ce phénomène étrange). « Il n'a rien voulu me dire, alors j'ai pensé que c'était pas grave. Mais là, il est resté toute la journée enfermé dans sa chambre ! Je suis inquiet, quand même … » Tellement pris dans ses sentiments conflictuels, le Gryffondor ne tiqua pas sur le ton peu crédible d'un Blaise qui en faisait des tonnes.

Au loin, dans la salle commune, on entendit Goyle commencer à dire : « Mais pas du tout ! Je l'ai vu, moi, Draco. Il allait même très bie… » Mais il ne put en dire plus, le livre que tenait Pansy la minute d'avant lui ayant mystérieusement atterri dans le visage (ton faussement étonné de l'auteur) …

Mais Harry ne prêtait de toute façon aucune attention à ce qui se passait là-bas. Fixant le sol d'un air à la fois inquiet et pensif, il semblait vraiment en proie à un doute inextricable. Et quand Blaise lui demanda s'il allait bien (cachant une expression de pure jubilation toute serpentardesque), le Survivant ne put que hocher misérablement la tête, avant de demander, fixant d'un air un peu inquiet les deux autres :

« Mais, heu … Il n'a vraiment rien dit … »

Etant visiblement dans un jour sadique (ben, un jour banal pour un Serpentard, quoi), Blaise (qui décidemment s'amusait comme un petit fou) eut l'air de réfléchir profondément, puis releva brusquement la tête, faisant presque sursauter Nott à ses côtés (pourtant habitué à son ami) :

« Ah si ! Tout ce que je peux dire, c'est qu'en passant près de son lit, je l'ai entendu pleurer, » Théodore fit un « oh » de la bouche, l'air méga choqué (j'avoue que ça serait effectivement choquant si Draco pleurait vraiment comme ça !) « pleurer … en murmurant quelque chose qui ressemblait à … » Blaise regarda Harry d'un air choqué lui aussi, comme s'il venait seulement de réaliser : « … quelque chose qui ressemblait à ton prénom, Harry … ».