Voilà le chapitre suivant :) J'ai essayé de faire plus long, mais dans le même temps, je ne voulais pas effrayer les gens qui n'aiment pas les gros pâtés. Je suis aussi désolé pour le tout premier chapitre, qui était assez court (2 pages je crois. Celle-ci en fait 3. Oui, je m'améliore hein. Si vous en voulez plus faites le moi savoir, ça ne me dérange pas). D'ailleurs, je pense que la fic fera une dizaine de chapitre.
Bon, je vous préviens, il ne se passe pas grand chose (voir rien du tout). Comme l'annonce le titre, c'est une réflexion de Mathieu vis-à-vis de Toitoine chéri (god que j'aime ce surnom.)
...je pense que je n'ai plus rien à rajouter...
Merci à ceux qui laissent des reviews, et n'oubliez pas d'en laissez d'autres ! :) A bientôt pour le troisième chapitre !
Le petit châtain s'affale sur son canapé de cuir et plonge sa tête dans son coussin, manquant de s'assoupir à tout moment. Ses yeux croisent le regard de l'horloge silencieuse, ennuyé elle de compter le temps.
16 heure. 16 heure, et son corps lutte déjà contre la dictature du sommeil, ce fléau qu'il essaie si souvent de combattre alors qu'il n'a rien fait de sa journée. Enfin presque.
Il avait vu Antoine Daniel. Et ça l'avait plus fatigué qu'autre chose.
Normalement, le voir lui faisait beaucoup de bien. Mais pas aujourd'hui. Pourquoi il se sent soudainement si vide ? Si... Seul ?
Seul ? Alors qu'il a des amis sur qui compter, une famille aimante sur qui s'appuyer, une marée de personnes prête à s'abattre sur lui à chaque convention ? Pourtant, il a l'impression que le monde entier l'a délaissé, emportant son cœur et laissant un trou, béant, vide, affamé d'un met inconnu et sans nom qui attise tous les appétits.
Putain, mais il devrait être content que son ami ait finalement rencontré quelqu'un qu'il lui plaise ! Heureux même ! Il se devait de l'aider, de le conseiller, le soutenir, même si il n'est pas le mieux placé pour ces choses là. L'amour, quel drôle de truc. Il ne sait jamais comment s'y prendre, et désespère à y assimiler quoi que ce soit dans ce domaine. D'ailleurs, ça faisait combien de temps qu'il n'avait pas eu de copine ? Un an ? Deux ans ? Ça semble tellement loin maintenant, comme si cette époque n'avait jamais existé. Envolé dans une autre réalité, à la manière d'Antoine s'envolant peu à peu vers cette fille.
« Gamin. Je ne suis qu'un gamin. »
Est-il jaloux ? Cette envie qui déchire son ventre, criant milles insulte envers le monde, le ronge de l'intérieur. Bien sûr que non. Être jaloux d'Antoine. Quelle idée. Juste parce que ce grand dadais fréquente quelqu'un d'autre. Juste parce qu'il voit une fille. Parce qu'il peut s'en rapprocher. Parce qu'il peut en être obséder. Parce qu'il peut en être amoureux.
Un torrent de néant déferle dans le corps du schizophrène, en proie à une bataille violente contre lui -même. Son esprit paradoxal et déchiré ne voulait pas le laisser tranquille, lui hurlant des mots inaudibles qu'il ne voulait pas entendre ni comprendre.
Il se sent con, vraiment con. Con d'en vouloir plus, con d'être jaloux, con d'être prit pour un con par un autre con. Con d'être con, tout simplement.
Alors oui, parfois il pense réellement ses sous-entendus, parfois il veut prolonger ces étreintes viriles avec le touffu. Il est si bien dans ces bras forts serrant son corps frêle. Antoine est comme une peluche qui l'endort dans d'autres folies dont il ne veux pas avoir conscience...
Sa tête se perd peu à peu dans son coussin, croulant sous le poids de ses pensées.
Antoine, Antoine... Antoine est pour Mathieu une définition sans aucun sens, un voyage sans destination, une équation à résoudre. Mais il trouve ça assez creepy de penser ça de son meilleur ami.
… Et maintenant le Youtuber se rend compte qu'il venait de comparer le grand brun à une peluche. A quel point il est atteint ? Bordel.
D'accord, il se l'avoue qu'il désire toutes ces choses. Et alors ? Ça ne veux rien dire. Strictement rien dire.
Puis merde, oui, il l'avoue aussi qu'il désire tellement explorer la jungle folle de ses cheveux, se confondre avec cette peau légèrement caramélisé, et ses yeux... Putain, ses yeux. Ces deux mers chocolats pétillants de vie et d'absurdité. Il veux tellement s'y baigner, tellement s'y imprégner, tellement s'y...
Ses pas résonnaient dans ce long couloir sans fin, parmi le nuage de bruit qui s'élevait au dessus de lui. Chacun y avait trouvé sa place, sur des sièges pourpres qui invitaient quiconque qui l'apercevait de venir se reposer dessus. Assis, immobiles, vides, les yeux rivés vers un horizon invisible. Qu'attendaient-t-ils ? Rien de spécial, apparemment. Peut-être un commencement à quelque chose dont ils ignoraient l'existence. Ou bien peut-être rien du tout.
Il était si fatigué à errer sans aucun but, voulant tellement s'asseoir dans ces sièges qui ne demandait qu'à l'accueillir. Il lui semblait même qu'ils leur faisaient de l'œil et le séduisaient, tels des sirènes. Mais il n'y avait plus aucune place. Les gens étaient collés dessus, l'ignorant complètement par insolence déraisonnable, comme si il n'était qu'un vulgaire fantôme.
Où était sa place ?
Il se mit à courir soudainement à droite, à gauche, en haut, en bas, dans toutes les directions possibles et inimaginables. Son cerveau tanguait dans sa tête pleine de peur et d'inquiétude. Le monde devint tout fou, tout flou, devenant ainsi une spirale infernale qui l'emportait dans une profonde mélancolie. Il ne distinguait rien dans cette tempête abstraite qui drainait toutes ses forces. Et finalement, il se laissa faire. Il se laissa s'y noyer et ressembler à ces gens qui lui paraissaient si vides et immobiles.
Alors quelqu'un lui prit la main. Son geste fût si rude qu'il le ramena brusquement vers la réalité. Il le serrait à lui broyer le poignet, comme si il ne voulait pas le laisser s'envoler. La douleur était forte, mais il n'y prêta aucune attention.
Il voulait voir qui était-ce. Il chercha ses yeux. Mais il ne les trouva pas. Tout ce qu'il vit, c'était une paire de lunettes de soleil. Un homme en noir. Une ombre de lui-même.
Sa voix particulièrement rauque perça le brouhaha intense du monde :
« Assied-toi gamin.
Alors le gamin s'assit à ses côtés, malgré l'aura malsaine qui l'enivrait. Le Patron tira une longue latte de sa cigarette. Ces saloperies bousillaient son corps de l'intérieur et le tuait à petit feu délicieux, pourtant il s'en fichait royalement: rien ne pouvait l'atteindre. Ni Dieu, ni le Diable, ni même la Mort.
Il laissa la fumée empoisonnée s'échapper de ses fines lèvres gercées et chatouiller le nez de son voisin.
-Attache-toi, ordonna-t-il.
Son nouveau compagnon de route chercha autour de lui une ceinture, sans succès.
-Il n'y a rien.
-Attache-toi, répète-t-il simplement.
L'homme en noir tourna la tête vers la fenêtre. Le paysage y défilait, n'offrant aucune occasion pour que le monde puisse l'admirer.
-Où est-ce qu'on va ?
Le Patron dégusta une nouvelle fois sa cigarette. Il aimait tellement ces trucs à un point qu'il était prêt à tailler la pipe à ses tubes remplies de merdes.
-Chez toi, gamin.
Il arqua un sourcil.
-Chez moi ? Mais je suis chez moi !
-Plus profondément, si tu vois ce que je veux dire.
Le criminel rit de son rire gras qui lui était si particulier.
-Autant que mon organe le sera dans le cul de cette femme ! s'excita le Patron, incapable de contrôler ses pulsions. Putain, qu'est-ce que je les aime, ces femmes! J'les baiserai toutes, jusqu'à l'os ! Et puis celui qui les as inventé, j'le baiserai aussi !
Son voisin soupira, fatigué par les délires sexuels de son acolyte. Il voulu alors dévier le regard vers autre chose, mais malheureusement, l'homme en noir entoura son cou par le bras, l'embarquant encore plus loin dans ses folies singulières. Il désigna de sa main les passagers, devenus entre temps passagères.
-Regarde-les ces salopes ! Ces seins, ces culs, ces courbes... Elles sont belles hein ! Elles sont bonnes ! Dis moi, tu préfères laquelle ? J't'avoue que je craque pour la rousse là-bas devant ! J'espère qu'elle me réservera quelques surprises...
Le jeune passager haussa simplement les épaules en guise de réponse.
-Elles sont jolies, oui, fit-il avant que le temps s'arrête.
Une ombre traversa le couloir, lente mais si rapide à la fois. Elle passa comme un éclair, se mouva comme un nuage, aussi furtive qu'un insecte et aussi discrète qu'un battement d'aile, déchirant le bruit ambiant qui commençait à peser. Mais il le vit. Il les vit. Ces deux mers chocolats. Pétillants de vie et d'absurdité.
Putain, qu'ils étaient beaux, ses yeux.
-Oh, mais il est pas mal celui-là...
Il écarquilla des yeux.
-Il ?
Le Patron souria. Qu'il était con.
-Allez, vas-y ! encouragea-t-il. Qu'est-ce que tu attends ? »
Des pattes innocentes tâtent alors son visage, espérant secrètement qu'il ait finalement trouvé la mort dans son sommeil.
« Wifi, tu soûles, putain ! »
Mathieu se lève et s'assoit sur son canapé, dégageant son vil chaton de son visage, qui ne voulait en aucun cas s'éloigner de lui. Ce rêve -assez dérangeant – lui fait tourner la tête. Décidément, son subconscient s'amuse toujours autant à cacher des messages incompréhensibles dans ses songes. Quel est la signification de tout ce merdier ?
Wifi s'approche à nouveau de son maître, feignant une soif d'amour et de câlin, tandis que le jeune homme l'attrape et le soulève du sol.
« Et c'est pas toi qui va m'aider à y répondre » souffle le Youtuber.
Ses yeux s'arrêtent une nouvelle fois sur l'horloge. 21h25, à peu près. Et il est trop réveillé pour se rendormir. Enfin, il pouvait en profiter pour commencer à bosser son prochain SLG. Mathieu dépose au sol le fils de Lucifer et se hâte à la cuisine se faire un bon café, histoire de tenir.
Le souvenir de son rêve se perd dans sa mémoire, tandis que les idées pour son épisode suivant allaient et venaient. Et pourtant, une petite flamme persiste dans son coeur. Petite, incompréhensible mais tenace, témoin du songe étrange qu'il vient de faire.
« La nuit va être longue... »
Ha oui ! J'espère que le concept du rêve ne vous dérange pas trop, c'est quelque chose que je voulais répéter x)
N'oubliez pas de laisser des reviews ! :)
