Bonjour tout le monde,

Et voilà un nouveau chapitre, qui promet des moments forts : ) On s'achemine vers la fin, mais sans savoir encore réellement comment tout ce petit jeu va se terminer …

Et d'ailleurs, est-ce encore un jeu ?

Je vous souhaite de passer un bon moment avec ce chapitre !

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.

Rating : K

Bonne lecture !


Dans mes filets …

Etape 8 : Feindre la défaite

« Malefoy n'est qu'un crétin ! » s'exclama Harry, alors que lui et ses deux meilleurs amis s'installaient pour leur cours d'histoire de la Magie.

A ces mots, Hermione ouvrit de grands yeux, étonnée, mais avant qu'elle ait pu dire quoique ce soit, Ron s'exclama, tout sourire :

« Et bien tu me rassures ! Te voilà revenu à de meilleurs sentiments … » Il donna une petite tape dans le dos du brun (qui faillit en perdre ses lunettes), et ajouta avec bonne humeur : « C'est vrai, quoi, tu m'inquiétais un peu, ces temps-ci, avec ton manque de hargne à l'égard des Serpentards. »

Posant ses livres avec brusquerie sur son bureau, leur amie s'y assit, et fit au rouquin d'un ton de reproche :

« Je croyais, moi, qu'on avait décidé de faire la paix avec eux. Et que c'était pour ça que Harry ne les cherchait plus. Et qu'eux-mêmes, de leur côté, en faisaient autant ! » Son ton était monté, tant cela l'agaçait que ce même Ron, qui l'avait reprise aux Trois Balais quand elle ne voulait pas sympathiser avec les Serpentards, semble aujourd'hui heureux que Harry ait remis une distance avec eux.

Le brun, voyant que les deux autres commençaient à se regarder de travers, intervint, un peu découragé :

« Mais non, mais ça n'a rien à voir … Au contraire, » soupira-t-il, « moi je veux bien qu'on essaie de mieux s'entendre avec eux, simplement, j'en ai marre des gens indécis, qui ne savent pas ce qu'ils veulent et vous font miroiter des choses qui ne viennent pas ! » Sans s'en rendre compte, le jeune homme avait lui aussi commencé à s'énerver, et cette fois Ron et Hermione étaient d'accord pour le regarder tous deux avec une surprise non dissimulée.

Mais l'arrivée du professeur Binns empêcha la discussion de se poursuivre. Toutefois, une fois n'est pas coutume, la brune était plus curieuse de savoir le fin mot de cette histoire que de connaître la chute de la troisième révolte des Gobelins sous le règne d'Archimald le Loufoque.

Elle fit donc passer un petit mot à Harry, assis devant elle, et s'ensuivit un échange des plus … loquaces entre eux :

Harry, tu n'as pas été parler à Malefoy, comme je te l'avais conseillé ?

Si.

Ah, mais c'est super ! Et alors ?

Alors quoi ?

Qu'est-ce que ça a donné ?

Il m'énerve ! Grrr …

Oui, ça j'avais cru comprendre. Mais encore ?

Je comprends plus rien à ce mec, en fait, Mione. Voilà mon problème. En fait, je crois que je ne l'ai jamais compris.

Tu sais, je ne comprends pas toujours Ron, mais ça ne m'empêche pas de l'aimer (le dernier mot était écrit en tout petit petit sur la feuille -mais Hermione n'avait pas à s'inquiéter que Ron louche sur le petit papier que tenait Harry, tant le rouquin était absorbé par l'observation minutieuse des loopings d'une mouche coincée dans le rideau de la fenêtre à côté de lui).

Je sais, mais quel est le rapport avec moi ?

Et bien, ce que je veux dire, c'est que même si tu ne comprends pas toujours Malefoy (et moi je suis quand même persuadée que tu es celui qui le comprend -et le connaît- mieux que quiconque ici), ce n'est pas pour ça que vous ne pouvez pas vous aim … vous apprécier.

Tu crois ?

Oui.

Je veux dire … tu penses vraiment que même si ce qu'il fait et dit me paraît parfois totalement incongru, il peut quand même m'apprécier ?

Bien sûr.

Mais, quand même …

Harry James Potter, pardon, mais tu me gonfles ! Si je te dis que c'est bon, c'est que c'est bon ! Tu connais Malefoy, tu sais bien comment il est ! Alors si tu as envie qu'il y ait quelque chose entre vous, c'est aussi à toi de te battre pour ça. Il est peut-être du genre à faire le premier pas, mais parfois aussi, il peut hésiter. Ou douter. Ou croire que tout est fichu. Alors à toi de le rassurer. Tu assurais tellement en tant qu'ennemi, à toi d'assurer aussi en tant qu'amou … qu'ami avec lui.

… Bon, d'accord. Je vais faire de mon mieux. N'empêche, comment tu fais, Mione, pour avoir toujours l'air de tout savoir, et d'avoir réponse à tout ?

Parce que c'est le cas.

Après cet échange plus qu'instructif, Harry savait ce qui lui restait à faire. Mais finalement, ce fut même plus facile qu'il aurait pu le penser : alors qu'il partait, une fois de plus, à sa recherche (si depuis le temps Harry ne connaissait pas par cœur tous les recoins de Poudlard, c'est maintenant chose faite grâce à cette fic. On dit merci qui, Harry ? Merci l'auteur ! Comment ça, t'as des ampoules aux pieds à force ? Et alors, c'est pas mon problème, t'as qu'à t'en prendre à Draco !), le blond vint à sa rencontre.

Les mains dans les poches, le Serpentard semblait assez embarrassé, mais n'avait visiblement pas l'intention de faire demi-tour. Harry lui en fut reconnaissant, parce que même si c'était souvent lui qui s'était enfui, évitant la confrontation, il était cette fois résolu à ce qu'ils aient une vraie discussion. Ils retournèrent s'installer sur le petit banc où ils avaient discuté le soir, l'endroit étant relativement désert, même en journée.

Et Draco prit alors la parole, toussotant comme pour se débarrasser de sa gêne :

« Bon, je crois qu'il est temps qu'on cause vraiment, tous les deux … »

Harry eut un sourire en coin, et hocha la tête : « Oui, il est vraiment temps qu'on cesse ce petit jeu. »

Surpris, craignant d'avoir été découvert (alors que c'était impossible ! Un génie tel que lui ne pouvait échouer si près du but), le blond se redressa et lança un regard interrogatif à Harry, avant de demander de son ton le plus innocent :

« Mais quel jeu ? »

« Et bien, celui de se tourner autour sans aborder le vif du sujet. Celui d'avoir des réactions puériles alors qu'on est assez grands pour affronter la vérité en face. Même si elle doit faire mal. Mais je suis sûr que tout ira bien : on a dépassé le stade des gamineries et des coups bas … » Le tout enrobé d'un sourire sincère.

Louée soit la gentillesse des Gryffondors en général, et la naïveté de Harry en particulier.

Mais le blond approuva ce que disait l'autre, ajoutant même :

« Tu as raison. J'ai toujours trouvé que tu étais plus mûr que moi, finalement … »

Rougissant un peu, Harry poussa néanmoins Draco du coude, riant :

« Arrête, tu te moques encore de moi, c'est ça ! »

« Mais je ne me suis jamais moqué de toi … enfin, pas depuis une semaine ! » admit l'autre, souriant aussi.

Le brun se pencha vers lui, et dit d'un ton entendu, pas dupe :

« Tu parles ! Et tous ces compliments débiles que tu m'as fait ! Toutes ces petites attentions qui ne te ressemblaient tellement pas … Oses me dire que tu étais réellement toi-même dans ces moments-là … »

Malefoy parut surpris de la lucidité du brun, et comprit qu'il n'avait pas le droit à l'erreur : sous des apparences crédules, le Survivant était finalement loin d'être aussi stupide qu'il n'y paraissait. Sans doute se laissait-il surprendre dans un premier temps, mais ça ne durait pas …

Levant les mains en signe de défaite, le Serpentard s'exclama alors, arrachant un sourire satisfait à Harry :

« Ok, ok, j'avoue que c'était sans doute un peu exagéré … Mais je voulais attirer ton attention, et au final, j'ai réussi, non ? »

Le Gryffondor le fixa longuement, avec attention, et Draco le laissa faire, sans dire mot. Finalement, Harry sourit, et dit en s'approchant de l'autre : « Oui, c'est vrai. Tu as réussi. Mais moi je suis content qu'on ait réussi à se parler. » Il s'approcha un peu plus près, et Malefoy réprima un frisson et lutta contre son envie de s'enfuir au loin, laissant le brun poser une main tout près de sa cuisse. Harry sourit de nouveau, un peu plus timidement, mais continua, puisant du courage au plus profond de son âme de Gryffondor : « J'en suis content, parce qu'au fond, j'avais envie de te connaître mieux. Et même si dans tout ça il y avait beaucoup de comédie, j'ai bien aimé ce que j'ai pu voir de toi … »

Draco savait ce qui allait suivre. Il le savait, et était assez réticent à l'idée que l'initiative ne vienne pas de lui. Mais il n'en était plus à l'étape où il jouait au prédateur. Il savait que pour arriver à ses fins, il devait à présent feindre de capituler devant Potter.

Aussi, quand Harry ferma les yeux et combla le peu d'espace qui les séparait pour venir poser ses lèvres sur les siennes, Draco se laissa faire. Il y répondit même avec une passion très bien maîtrisée, comme si ce que venait de faire le brun était ce qu'il avait toujours attendu.

Il entoura les hanches de Harry de ses mains, après avoir hésité un moment, et laissa le brun passer ses bras autour de ses épaules, s'accrocher à lui presque avec désespoir, se noyant dans ce baiser qui n'était pourtant qu'un jeu.

Un simple jeu, n'est-ce pas ?

Pourtant, était-ce son instinct de joueur qui lui tiraillait le ventre et lui nouait les entrailles en signe de victoire, ou bien ce sentiment d'angoisse et d'ivresse mêlées, pourtant stupide et irraisonné, que rien après ça ne vaudrait la peine ?