Bonjour tout le monde,
Et voilà le dernier chapitre de cette fic !!! J'ai vraiment adoré l'écrire, j'en suis toute contente !!! Il est deux fois plus long que les précédent, mais je ne pouvais pas faire plus court : c'est quand même la conclusion de toute cette histoire : )
J'espère du fond du cœur qu'il vous plaira (et à toi aussi ma Younette ! C'est un peu ta fic aussi, tu le sais !), et que vous trouverez qu'il conclut bien cette fic.
Je tenais vraiment à tous vous remercier de votre soutien et de vos remarques toutes plus adorables les unes que les autres tout au long de cette petite fic, au départ écrite juste pour me détendre, et qui finalement vous a tant enthousiasmés que j'ai en retour adoré l'écrire : )
Vous avez rendu cette période de révisions et d'exams beaucoup plus joyeuse, alors merci pour ça, et pour votre gentillesse ! Je vous embrasse tous, et vous laisse tout de suite découvrir la fin …
Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.
Rating : T
Bonne lecture à tous : )
Dans mes filets …
Etape 10 : … lui donner l'impossible
Assis sur un petit muret donnant sur une des cours du château, Draco, Prince des Serpentards, héritier de la longue lignée des Malefoy, blondinet prétentieux, sûr de lui et imbu de sa personne (oui, oui, tout ça c'est la même chose, mais trois qualificatifs valent mieux qu'un, pour lui !), bref, Draco attendait.
Ou plutôt non, comme il l'avait si bien dit lui-même à Pansy quand elle lui avait demandé ce qu'il faisait perché là, il se prélassait au soleil, en attendant que l'événement le plus incroyable de toute l'histoire de Poudlard se produise.
Et non, comme l'avait suggéré, hilare, Blaise, il ne s'agissait pas d'assister au premier shampoing de toute la vie de Rogue, ni comme l'avait proposé Théodore, de se rendre compte que Crabbe et Goyle à eux deux réunis atteignaient la moitié du QI de Granger … Non, Draco Malefoy attendait mieux que ça, plus spectaculaire, plus jouissif, plus glorifiant pour sa petite personne.
« Vous verrez, » dit-il avec un sourire confiant. « Il va venir. Encore quelques minutes, et Potter va venir se traîner à mes pieds pour me réclamer de le reprendre. »
Dans la salle commune des Rouge et Or, toutefois, ledit Potter ne semblait pas décidé à pointer le bout de son nez hors de ces murs. Affalé dans un des grands fauteuils devant la cheminée éteinte, il regardait d'un œil morne un petit tas de cendre dans l'âtre, tout en soupirant à fendre l'âme.
Avisant Nott qui jetait un coup d'œil discret à la grande horloge murale, et Zabini qui étouffait un bâillement, Draco leva un doigt, et dit, toujours aussi confiant, mais le sourire en moins :
« Non, mais faut être un peu patient, aussi. Il va venir, il veut juste se faire désirer. Mais je ne tomberais pas dans le panneau, vous verrez … » (ah ben oui, on voit surtout que ton obstination a l'air d'ennuyer profondément tes amis, mais bon, nous ce qu'on en dit …)
De son côté, le Survivant s'était mis en tête d'occuper les prochaines minutes de sa palpitante vie en arrachant consciencieusement les peluches du tissu rapiécé de son fauteuil, tout en marmonnant des choses aussi compréhensibles et éclairantes que : « Grmblgrmbl », au rythme du tic-tac monotone du coucou posé sur une des commodes.
Pendant que Pansy avait déballé sur le rebord en pierre son petit nécessaire de manucure, et qu'elle s'appliquait à se badigeonner d'un vert criard les ongles des doigts de pied, et que Blaise et Théodore s'étaient lancés dans une partie de belote effrénée, Draco attaquait à présent des dents son troisième ongle de la main gauche, tout en se tordant le cou en direction du couloir d'où aurait logiquement dû débarquer depuis une éternité déjà un petit brun mal coiffé. Mais à croire que la logique malfoyenne était en rade, ce jour-là.
La tête enfoncée sur ses épaules, effondré dans son fauteuil presque entièrement dépouillé de son revêtement en tissu, Harry répétait inlassablement, comme pour en convaincre avec férocité les cendres froides de la cheminée (pourtant tristement et égoïstement indifférentes à son sort ) :
« Ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas déprimer, ne pas dépri … »
« Salut Harry ! » s'exclama joyeusement Hermione en entrant à ce moment-là dans la salle commune, suivie de Ron. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je déprime. » répondit le brun, avec désespoir (pour le brevet d'auto-suggestion, il pourra repasser, le Potter !).
Immédiatement inquiets, les deux amis de Harry vinrent s'asseoir près de lui, lui demandant ce qu'il avait.
Et là, la foule en délire (enfin, Ron, Mione et nous, quoi …) put assister au réveil fulgurant du brun : il se redressa brusquement sur son siège, s'exclamant :
« Ce qu'il y a ? Ce qu'il y a ? Non d'un scroutt à pétard en tutu, ce qu'il y a c'est que ce crétin de Malefoy s'est encore une fois bien foutu de ma gueule, et qu'il m'a annoncé hier que tout était fini ! »
« Oh non ! » s'écria Ron, déçu, avec une sincérité stupéfiante. Les deux autres le regardèrent avec les yeux leur sortant presque des orbites, et il précisa, avec un naturel ronnien désarmant : « Ben oui, il m'avait fallu toute la nuit pour me faire à l'idée que vous étiez ensemble. Et maintenant que ça ne me dérange plus, vous cassez. Vous êtes chiants, à la fin ! » Et il partit bouder dans un coin, les plantant là.
Après avoir laissé passer un ange ou deux (voire tout un troupeau, ne soyons pas avares), Hermione décolla enfin son regard stupéfait de Ron, pour afficher de nouveau un visage sérieux (celui de la copine-qui-va-donner-des-conseils-que-des-fois-vous-ne préféreriez-pas-entendre-parce-que-vous-savez-qu'elle-va-avoir-méchamment-raison) et dire à Harry :
« Mais … pourtant tu savais depuis le début, qu'il se fichait de toi, non ? »
Harry esquissa une grimace boudeuse, puis admit :
« Ben, pas depuis le début, mais oui, je m'en suis rendu compte assez vite. »
« Bon, alors, je ne vois pas en quoi c'est une grande découverte de savoir que là aussi ce n'était qu'une blague. Je croyais que tu avais décidé de rentrer dans son jeu pour le faire marcher, en plus ! Alors où est le problème ? »
Le brun resta silencieux un moment, fixant ses genoux pensivement (oui, essayez, vous verrez : la contemplation prolongée de ses propres genoux peut rendre très pensif). Hermione respecta son temps de réflexion (trop sympa, la fille), pendant qu'on entendait seulement dans un coin Ron qui grattait le parquet avec un crayon (à moins qu'il ne soit en train d'y taguer un canard …). Dans la cheminée, les petites cendres, muettes et attentives, attendaient la suite, tandis que le coucou continuait imperturbablement à faire son tic-tac agaçant.
Puis, finalement, Harry releva la tête, et dit du bout des lèvres, rouge écarlate :
« Ben le problème, c'est que tant que c'était un jeu, c'était marrant. Mais maintenant, ben … je crois bien que j'ai envie que ce soit plus qu'un jeu. Et du coup, c'est beaucoup moins marrant. »
Les yeux brillants d'une excitation à peine voilée, Hermione demanda, se retenant visiblement à grand peine de pousser des petits cris hystériques (admirons toutes son self-control, mesdemoiselles : je ne suis pas sûre que nous soyons nous-mêmes capables de tant de retenue dans cette scène) :
« Tu veux dire que … tu es … Ooohh … tu es amoureux de lui ? » Elle avait murmuré ces derniers mots, comme si elle avait peur que de les prononcer à voix haute ne brise la magie de l'instant.
Encore plus rouge, Harry toussota, détourna la tête, regarda le plafond, puis revint finalement à Hermione, qui attendait toujours, tellement tendue en avant que si on la poussait d'une pichenette, elle s'écraserait au sol :
« Ben, heu … pas vraiment. Pas tout à fait. Disons que … hem, disons que j'ai encore besoin de mieux le connaître pour savoir si je suis amoureux ou pas. Mais finalement, tout son plan pour m'approcher et tout, au fond j'ai trouvé ça plutôt craquant. Et puis … et puis, je suis bien avec lui, quand il est gentil -enfin, quand il fait semblant de l'être. Et puis … puis ilembrassebienDraco. » conclut-il d'une toute petite voix.
« Hourra ! » s'écria derrière eux Ron, ragaillardi, les faisant sursauter tous deux (d'ailleurs Hermione manqua se casser la figure par terre). Il bondit sur ses pieds, et s'exclama en rejoignant ses amis en quelques enjambées (et une enjambée de Weasley, ça couvre de la distance !) : « Alors si tu as des sentiments, tout n'est pas perdu. Et croyez-le ou pas … J'ai un plan ! » (là, la foule admirative et incrédule pousse un « Oooh », impressionnée. Non ? Bon, ben moi toute seule, pour encourager Ron, alors …)
Et, alors que Draco, qui s'était presque endormi sur son petit muret de pierre, était sur le point de renoncer à voir apparaître sa proie, Blaise s'écria, secouant le blond comme un prunier, encore plus exalté que lui :
« Drake, Drake, regarde, il est venu ! Il est finalement là, yahou ! »
Chuchotant à l'oreille du jeune homme noir, Nott ricana :
« Je sais pas ce qui te fait t'exciter comme ça, mon vieux. Parce que du coup, tu vas perdre ton pari : tu me dois 3 gallions si Draco remporte son défi, je te rappelle … »
Pansy, pensive (notez la belle sonorité ! L'auteur est trop douée ! … et n'avouera jamais qu'elle ne l'a pas du tout fait exprès, et ne s'en est rendue compte qu'après-coup), remarqua, tandis que, fébrile, Draco remettait de l'ordre dans sa tenue, et se composait sa plus belle expression d'indifférence glaciale :
« Oui, voilà Potter, mais … il n'est pas seul. Il est également en compagnie de Weasley et Granger. »
« Tiens ? » s'étonna Théodore. « Ce n'est plus Weasmoche et la Sang-de-bourbe, maintenant ? »
« Mais non, » fit Blaise, agacé que son camarade parle alors qu'ils allaient assister à une scène passionnante : « Après deux heures passées en leur compagnie, on s'est rendus compte qu'on s'était trompés sur leur compte pendant plus de 6 ans. En fait, ils sont cools. » Ce qui voulait tout dire, pour lui. Si Zabini vous trouve cool, c'est dans la poche ! Vous vous en faites votre ami à vie.
Quand le trio des Gryffondors eut rejoint le quatuor des Serpentards, ils entamèrent un concerto pour flûtiaux et clavecins … heu, non, pardon ! Ils se toisèrent un moment, puis Ron prit un air profondément dégoutté, et se pencha vers Harry comme s'il voulait se confier à lui seul -mais faisant bien attention à ce que tout le petit groupe l'entende :
« Oui, franchement je comprends mieux pourquoi il a préféré partir. »
Harry hocha la tête d'un air entendu, s'attirant un regard surpris de Draco. Puis ce fut au tour de Hermione d'intervenir :
« Oui, Malefoy, ne prends pas cet air étonné. On sait bien que tu as plaqué Harry comme un malpropre … »
Le blond se redressa, tout fier (heu, faut-il vraiment en être fier ?), ravi de voir que les trois autres étaient bien venus pour ce qu'il croyait. Mais la brune le démentit bien vite, ajoutant :
« Tu vois, on était venu avec Ron pour t'engueuler, parce que franchement, faire souffrir Harry comme ça, c'est ignoble ! » A ses mots, Draco approuvait : après tout, même si ce n'était pas exactement ce qu'il avait imaginé (ils avaient visiblement oublié l'esprit de solidarité de meute des Gryffondors), sa scène spectaculaire allait pouvoir débuter.
Mais visiblement, les astres étaient contre lui aujourd'hui, car le Survivant, loin de se mettre alors à pleurer/le supplier/lui faire une scène/frapper Zabini de dépit (cochez la case qui vous plaît), il fit d'un ton terriblement assuré pour quelqu'un censé être effondré :
« Mais bon, tu peux me remercier, Malefoy. Je les ai démenti, les retenant avant qu'ils ne viennent passer leur colère sur toi. Je leur ai dit la vérité. »
Le blond affichait à présent un visage un peu perdu, ne comprenant pas bien où voulait en venir l'autre. Quant à ses amis, ils suivaient l'échange avec un regard captivé, passant de Draco à Harry, à Draco …
Haussant les épaules, le Gryffondor brun fit d'un ton désinvolte :
« Ben oui, je leur ai dit que si tu m'avais quitté, ce n'était pas par méchanceté ou quoique ce soit. Tu voulais seulement sauver ta dignité … »
« Ma dignité ? » fit Draco, cette fois totalement perdu.
Ron intervint alors, se penchant vers le blond pour lui dire d'un ton encourageant :
« Allons, y'a pas de honte à avoir. Ca arrive à tout le monde d'avoir une panne. Surtout le premier soir. » Il lui tapota l'épaule gentiment, et ajouta : « C'est Harry qui t'a impressionné, c'est ça ? Faut dire qu'arriver à mettre le Survivant dans son lit, et bander mou face à lui, ça le fait moyen, mais bon … Faut pas non plus tout de suite en venir aux extrémités : le quitter. Tsss … »
Retenant le fou rire qui la démangeait depuis quelques minutes à présent, Hermione en rajouta une couche, prenant elle aussi son air le plus compatissant :
« Tu sais Malefoy, Harry est compréhensif. Ce n'est pas le genre de garçon à te plaquer pour si … peu. »
Et là, sur ce simple mot, tout le monde, excepté les deux protagonistes de l'histoire, éclatèrent d'un rire tonitruant. Sans aucune solidarité pour leur Prince, les Serpentards se fichèrent copieusement de lui, soutenus (pour le coup dans un grand élan de complicité) par Ron et Hermione.
Et, tandis que Draco blanchissait à vue d'œil sur place, son expression première de surprise ayant laissé place à une fureur sans nom, Harry s'approcha de lui, et lui dit dans un petit sourire :
« Allez, Draco, sans rancune ? »
Il lui tendit la main, mais le blond la repoussa violemment, avant de s'écrier -s'attirant du coup l'attention de tous leurs amis, ainsi que de plusieurs élèves qui commençaient à s'attrouper pour suivre ce qui se passait entre les deux ennemis jurés :
« Comment as-tu pu me faire un coup comme ça ? C'est franchement infâme ! Il en va de ma réputation, merde ! C'était quoi ce mensonge ignoble … » Il semblait au bord des larmes tant il s'était senti humilié.
Harry pencha alors la tête sur le côté, et dit d'un ton légèrement ironique, mais dénué de toute méchanceté (de toutes façons, je crois que ce gars est incapable d'être vraiment méchant) :
« Je n'ai pas fait pire que ce que tu me fais depuis 10 jours, Draco. Je crois qu'on est quitte, comme ça. Et puis, tu sais, ta réputation, je crois que tu l'as un peu mise de côté depuis que tu me tournes autour … Toutefois, il y a un moyen très simple de la sauver, ta réputation. »
Vu qu'ils étaient à présents entourés d'une bonne partie de l'école, Draco avait plutôt intérêt à écouter ce qu'allait lui conseiller Potter pour récupérer un semblant de dignité.
Reprenant alors un air supérieur et hautain, le Serpentard croisa lentement les bras, et demanda de son habituelle voix traînante :
« Ah oui ? Et qu'est-ce que je devrais faire pour ça ? »
Le brun se passa alors une langue sur les lèvres, puis esquissa un sourire amusé en coin, avant de dire avec son ton si naturel qu'il en était franchement désarmant :
« Oh, et bien, juste me faire passer la nuit la plus folle de ma vie, histoire que je dise que non, le grand Draco Malefoy ne se dégonfle pas devant Harry Potter … »
Et, tandis que dans la foule des cris hystériques, des exclamations choquées, des propositions indécentes (hein ?), des sifflements et quelques évanouissements (oui, je crois que Rogue passait dans le coin) retentissaient, et que leurs amis applaudissaient, enthousiastes et hilares, Draco ne put cette fois réprimer un sourire. Il s'approcha tout près de Harry, et lui glissa :
« Attention, Potter, tu ne sais pas dans quoi tu t'engages … »
Le visage rayonnant, le brun répliqua, tout en attrapant d'une geste presque timide la manche de la cape du Serpentard :
« Si, cette fois je crois bien que si … »
C'est là, je crois bien, à ce moment précis, que Draco Malefoy a pris doucement entre ses mains le visage de Harry Potter, et qu'il l'a embrassé. Longuement. Très longuement.
Si longuement, en fait, qu'ils y étaient encore lorsque le soir était tombé, et que tous les élèves avaient déserté le couloir depuis longtemps, Ron en tête.
Mais que voulez-vous ? Y'avait du canard au citron, au dîner : ça ne se rate pas !
