BONNE LECTURE !
07.08 .2007
Chapitre 15 : Règlements de compte.
Nous étions à la mi-mai… Le monde sorcier pansait encore ses plaies. Beaucoup de mangemorts avaient été arrêtés et il était maintenant l'heure des procès. Le tribunal du Ministère ne désemplissait pas. Chaque jour apportait une nouvelle condamnation.
A Ste Mangouste, enfin libéré du joug mangemort, les médecins survivants reprenaient leur droit. La clinique clandestine qu'Elsaïd avait installée dans son immeuble avait été vidée de ses malades au profit de l'hôpital sorcier.
Ron avait été transféré là-bas. Un léger mieux s'était profilé dans son état mais il n'était pas sorti du coma. Sa mère ne le quittait pas… Molly n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle avait perdu son mari, Arthur et son fils Charlie dans cette dernière bataille. Elle ne vivait plus, elle survivait, se raccrochant aux enfants qu'il lui restait.
Par une belle journée de mai, Ron ouvrit les yeux, tirant un cri de joie de sa mère. Elsaïd accourut pour l'examiner. Le roux allait bien. Ses blessures étaient cicatrisées. Seul, l'œdème qui lui compressait la moelle épinière ne se résorbait pas. Ses jambes ne lui obéissaient pas. Il était paralysé. Quand il réalisa ce qu'il lui arrivait, il cria, se renferma sur lui-même, maudissant chaque personne qui avait le malheur de passer sa porte de chambre. Une ombre tristement coléreuse assombrissait son regard et rien n'y pouvait. Kasuza et Kalann, seuls, arrivaient à lui rendre son sourire.
Mais Ron ne voulait pas se résigner ! Il voulait remarcher, il remarcherait !
Quand il en parla à Elsaïd, celui-ci lui promit de l'aider de son mieux. Il fit toute une batterie d'analyse, de test… Toute la science sorcière, comme moldue, fut utilisée.
« - J'ai reçu vos résultats, Mr Weasley. Déclara Elsaïd un jour en entrant dans la chambre aseptisée du patient.
Le roux ne dit rien mais une lueur intéressée s'était allumée dans son regard.
« - Il semblerait qu'avec beaucoup de travail de rééducation et aussi une bonne dose de volonté et de courage, vous pourriez remarcher un jour ! Je ne dis pas que ce ne sera pas dur et long mais il n'y a aucune raison que cet œdème ne se résorbe pas !
Ron laissa une larme s'échapper.
« - C'est un griffondor, monsieur ! Le courage, il l'aura ! Pas vrai, Ron ?
Hermione entrait, Kalann calé sur sa hanche, Parsam près d'elle. Elle était suivie d'Harry et Kasuza.
« - Oui.
« - Et si tu en manques, nous en aurons pour toi ! On sera toujours là pour t'aider !
Le trio Griffondor était de nouveau formé. Chacun allait faire de son mieux pour arriver au but.
Le docteur sourit et s'en alla, les laissant seuls.
« - Donnez-moi des nouvelles ?
Les visages s'assombrirent.
« - Les procès vont bon train… Mais… Bellatrix, qui n'avait pas été capturé lors de la bataille a réussi à faire évader Pettigrow.
« - Mais il était à Azkaban !
« - Oui et sous bonne garde.
Harry eut un rictus effrayant. Ron et Hermione tressaillirent.
« - Enfermé, sous sa forme humaine, dans la cellule des Détraqueurs… C'est un peu trop… Cruel, non ? demanda Hermione.
« - Pas pour lui ! Tu oublies ce qu'il a fait ! Je le retrouverais, il paiera !
« - Harry, pense au bébé !
« - C'est vrai, ça ! Comment il va ce bidon ? demanda Ron, espérant dévier la conversation.
« - Mon bébé, Ron ! Mon bébé va bien !
Le roux sourit.
« - J'ai eu la visite de Neville ce matin. Il avait l'air anormalement content.
« - Y a de quoi !
Ron ne comprit pas tout de suite pourquoi Hermione lui fit les gros yeux mais il n'eut pas à attendre son explication trop longtemps.
« - Sais-tu qu'il a eu, Lestrange ? demanda Harry. Et qu'il a vengé ses parents et Ginny au centuple ?!
Le jeune homme semblait content du sort de Bellatrix.
« - Harry, les enfants !
« - Désolé… Mais Tonks m'a dit qu'ils avaient du intervenir pour que Neville cesse de torturer la vipère… Enfin ce qu'il en restait !
« - Pauvre Neville…
Le trio baissa la tête. Neville était l'un des Aurors les plus efficace. Depuis la mort de Ginny, il avait travaillé d'arrache-pied et son travail était devenu sa raison de vivre.
« - Et Pettigrow ?
« - Introuvable. Il va se faire tout petit pendant un bon bout de temps, je suppose !
« - Il a intérêt. Grogna Harry.
Le brun se leva, une rage sourde grondant dans ses yeux.
« - Bon, il faut que je rentre… Si Elsaïd me voit ici, je vais me faire disputer… J'ai le droit qu'à quelques heures debout par jour…
Le jeune homme salua son ami de toujours et s'en fut avec Kasuza.
.o0o.
Le soir même, Kasuza et Harry, lovés dans le lit 'conjugal', dormaient. Mais Harry commença à s'agiter. Se réveillant doucement, il s'éloigna de sa fille qui se lova un peu plus contre sa peluche. Faisant bien attention à ne pas réveiller la petite fille, il s'assit au bord du lit et d'un imperceptible mouvement, il insonorisa le lit à baldaquin. Il regarda avec douceur la petite fourrer son pouce dans sa bouche, autour d'elle, une fine bulle transparente témoignait du sort de silence.
« - Sors de là, Pettigrow. Gronda Harry en se retournant vers l'ombre.
Le rat tressaillit à la voix froide et obéit promptement en se retransformant.
« - Harryyy ! Couina-t-il. Sauve moi ! Je ne veux pas mourir ! Pense à James… James n'aurait pas voulu que je meure !...
« - Tu me l'as déjà servi celle-là… le coupa Harry d'une voix lasse.
« - Mais ton père était bon, il m'aurait protégé de l'injustice ! Continua le rongeur tout en ayant frissonné au ton du jeune homme.
« - L'injustice ?! Crois-tu que mon père, qui harcelait Snape à 4 contre 1, était juste ? Penses-tu qu'il est injuste de te juger puis condamner pour complicité de meurtre et 'de guerre' ?! S'énerva froidement Harry.
Il essayait de se calmer car avec sa grossesse, ses pouvoirs étaient instables et il fallait qu'il fasse attention à Kasuza et au bébé. Pourtant toute sa colère et sa puissance transparaissaient dans ses mots. Mais Peter ne se démonta pas, bien que tremblant de tous ses membres, il s'avança vers Harry, les bras tendus.
« - Sauve moi ! Implora le gnome (Désolée pour les gnomes !). Tu ne peux pas me laisser mourir… Le dernier lien avec tes parents.
« - Ne m'approches pas ! Et ne parles plus de mes parents, si TU ne les avais pas livré, ils seraient vivants et je n'aurais besoin de personne pour les connaître ! De plus, j'ai beaucoup de lien encore avec eux…
Pettigrow se recroquevilla, terrifié par l'aura que dégageait Harry.
« - Mais pense à tes enfants.
« - Ne parles pas d'eux ! Cria Harry avant de fermer les yeux et de souffler. Va-t-en avant que je ne te tue. Termina-t-il à voix basse.
« - Mais tu ne voudrais pas être un assassin à leurs yeux ! répliqua Peter, ignorant la colère du jeune homme.
« - Je suis déjà un assassin ! J'ai tué, comme tout le monde dans cette guerre ! Mais moi, contrairement à toi ou aux mangemorts, je n'ai pas fait cela par plaisir… Tout ceux qui ont aidé à la chute de Voldemort sont des héros de guerre, Pettigrow… Quand mes enfants iront à l'école, ils ne seront pas les seuls à avoir des parents qui se sont battus dans cette guerre !
Harry fit une pause pour reprendre son souffle. Le brun eut un sourire d'ironie triste avant de reprendre :
« - Et puis, moi, je serais toujours le 'héros national', le 'survivant', le 'vainqueur' pour les générations futures… Je suis un assassin comme beaucoup à cette époque de troubles et mes enfants le sauront, je leur expliquerais s'ils me posent la question.
Peter se rabougrit devant la calme assurance du jeune homme.
« - Mais le… le dernier des maraudeurs ! Tenta-t-il avec espoir.
« - JE suis le dernier des maraudeurs ! Sirius… Remus, après lui, t'ont rejeté, tu n'es plus un maraudeurs depuis le moment ou tu as trahi mes parents. Tu n'es rien ! RIEN !
Le jeune homme qui s'était levé en entendant la dernière phrase du rat se rassit, épuisé.
« - Potter ? Pourquoi criez-vous ? Je peux entrer ? Qu'est-ce qu'il y a ?... Pettigrow ?
Severus resta sur le pas de la porte, étonné.
« - Severus, emmenez-le, je ne le supporte plus…
Le ton était douloureux, sans réplique, le professeur de potion lança un regard noir au rat.
« - Mobilis corpus.
Le corps flasque de Peter s'éleva sans douceur au sort du professeur.
« - Mais Harry !
« - Silencio. Grogna Snape, en regardant le brun avec inquiétude. Vous en avez assez fait je crois, Pettigrow, il est temps de retourner voir vos camarades de cellule…
Le sombre professeur emmena le petit homme qui essayait vainement de résister. Harry ne le regardait même pas, la tête baissée vers ses pieds, il restait assis au bord de son lit, l'air rigide. Il se retourna et contempla sa fille. Du bout du doigt, il caressa tendrement sa joue rose sans pour autant la réveiller.
« - Heureusement que tu es là tenshi… chuchota-t-il.
Se recouchant près d'elle, il ôta le sort d'insonorisation et s'obligea à se rendormir. Pourtant, il se réveilla bientôt en sursaut. La sueur perlait à ses tempes et l'horreur se peignait sur son visage. Pourquoi le souvenir des morts qu'il avait vu le hantait-il ce soir ?
Cédric…
Sirius…
Remus…
Autant de morts que de cauchemars… Harry n'en pouvait plus. Le Lord noir disparut, il n'avait pas refait de cauchemars de ce genre depuis un bon moment… Pourquoi Queudver avait-il cru bon de venir ? Pourquoi sa venue avait-elle déclenché ces tristes réminiscences ?!
« - Va pas Tosa ?
« - Oh, je t'ai réveillé… Désolé… Ca va ?
« - Oui, mais toi va pas bien !
« - Mais si… Va te coucher dans ta chambre, Tenshi. Il est tard.
« - Si tu veux, Tosa…
La petite obéit sans rechigner, son père n'avait pas l'air bien, elle devait être sage jusqu'à ce que Drago revienne pour ne pas lui faire faire du souci.
« - Vas-y. Je vais venir.
« - C'est pas la peine, Tosa ! Dors, t'es fatigué ! Mais ze vais faire un 'ros dodo pour toi !
« - Merci Tenshi.
Le brun embrassa son ange de petite fille avec tendresse et il la regarda s'éloigner. Il se redressa difficilement. Une fois debout, il souffla longuement. Tout à coup effrayé d'être seul, il alla à la cheminée et appela Lucius. L'homme ressemblait à Drago par bien des côtés, il avait la même assurance calme qui rassurait le brun.
« - Que me voulez-vous Potter ?
« - Je… Rien, je…
Finalement, le blond ne comprendrait peut-être pas… Le brun ne savait pas quoi dire, il était ridicule…
« - …
« - Désolé de vous avoir dérangé, je… Je ne sais plus ce que je voulais vous dire…
Qu'est-ce qui lui avait pris d'appeler le blond ?! C'était le père de Drago d'accord mais bon… Il était ridicule d'avoir peur d'être seul ! Et puis, Drago rentrerait bientôt…
S'éloignant de la cheminée, il se changea et se coucha. Sur le côté (il ne pouvait évidement pas se mettre sur le ventre ! Et il ne tenait pas sur le dos, le bébé appuyant sur sa vessie…), il fixa le plafond, perdu dans ses pensées. Des pas précipités lui firent relever la tête. Au seuil de la porte, Drago apparut, les cheveux ébouriffés, le souffle court. Il se précipita au lit.
« - Ca va ? demanda-t-il anxieusement en s'asseyant sur le lit.
« - Moui. Souffla Harry avec un pauvre sourire.
« - Père m'a appelé, il m'a dit que tu lui avais parlé mais que t'avais l'air bizarre…
« - Ah… Euh… Je… Je me sentais seul…
Drago prit son brun dans ses bras.
« - J'ai vu Severus au Ministère… Avec Pettigrow.
Harry se contracta contre son amant. Celui-ci lui caressa le dos pour le détendre.
« - Il est venu ici… Il voulait ma protection…
« - Quel vermine ! Gronda Drago. Si j'avais été là…
Harry sourit face aux paroles lourdes de menace de son amant. Sentant la bouche du brun s'étirée contre son cou, Drago le détacha de lui.
« - Ca va mieux ? Sourit-il.
Le brun hocha la tête.
« - Alors couchons-nous… Je suis épuisé et toi aussi.
Le blond se leva et alla un instant dans la salle de bain.
Sur le lit, Harry réfléchissait. La venue de Pettigrow l'avait plus atteint qu'il ne l'aurait cru. Mais il ne devait pas inquiéter Drago, celui-ci avait déjà assez à faire avec son travail. Le brun sentit le matelas s'affaisser derrière lui. Le blond s'installa dans le lit avec un soupir de soulagement et de bien-être.
Après un instant, voyant que Harry ne le rejoignait pas, Drago demanda déjà un peu ensommeillé :
« - Tu te couches pas ?
« - …
« - Harry ?
« - …
« - Harry !
Sortant du lit, inquiet, il se plaça devant son amant. Il resta un instant abasourdi. Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Harry pleurait. Sur ses joues mates, de longs filets d'argent s'allongeaient jusqu'à la ligne de la mâchoire contractée.
Calmement, Drago s'assit près de Harry et le prit contre lui. Le brun tendu à l'extrême se laissa aller, se retourna vers son amant, il jeta ses bras autour de son cou.
« - Dray ! Sanglota-t-il.
Le blond, le callant un peu mieux contre lui, caressant doucement les cheveux de Harry.
« - Pleurs Harry… Pleurs, ça va te faire du bien, pleurs…
Le brun ne pouvait plus s'arrêter… Les larmes qu'il avait retenues pendant ces années de guerre s'écoulaient librement de ses yeux lui arrachant hoquets et reniflements. Il pleura tout son soul, finissant par s'endormir, les larmes coulant encore sur ses joues.
Délicatement, Drago se recula sur le lit et coucha Harry, le gardant toujours contre lui. Il essuya tendrement les larmes qui persistaient à couler des yeux de son amour avant de s'installer et de s'endormir lui aussi.
Harry flottait dans une douce quiétude pourtant une vague de douleur le submergea, l'arrachant à son bien être. Se tendant de tous ses muscles, il essaya de s'extirper des bras de Drago. Le blond avait de gros cernes sous les yeux, il avait besoin de dormir. Et puis, ces contractions étaient normales, il en avait déjà eu… Elles étaient bénignes, avait dit le Docteur Elsaïd.
« - Ok, ça fait mal mais ça va aller… Pas de quoi fouetter un sombral !
Se tournant, il se recroquevilla en position fœtale et attendit que cela passe. Son souffle était court, il avait mal partout à force de se crisper sur les draps…
« - Pourquoi ça passe pas ?! Souffla-t-il.
Soudain, il se figea.
« - Non.
Et pourtant, il ne rêvait pas… Le lit sous lui était bel et bien mouillé. Fermant les yeux très fort, il retint les larmes qui menaçaient de nouveau de s'en échapper.
« - C'est trop tôt… Gémit-il. Dray !
Se retournant difficilement, il attrapa le bras de son petit ami et s'évertua à le réveiller. Manque de chance pour Drago, une contraction arriva. Les ongles du brun s'enfoncèrent dans le bras blanc.
« - OUAILLEUUUHHHH !!!!!!!!!!!!! Hurla le blond en sortant de son sommeil. Mais kesya ?
Les yeux bouffis de sommeil, complètement à l'ouest, Drago regardait Harry sans le voir.
« - Dray… Je crois que… TON fils est pressé ! Grogna le brun en se tenant le ventre.
« - Qu… Qu… QUOI ?!
« - Ah non hein ! Tu ne paniques pas !
« - Je t'emmènes à Ste Mangouste !
« - …Humph… Humph…
A suivre…………………………………………
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