Jour 633 :
Que d'évènements depuis la dernière fois que j'ai écrit. Ça va faire des mois en fait, mais vu que je ne suis toujours pas retournée à Stormcage, c'est comme si c'était toujours le même jour, la même nuit. Et d'ailleurs tout va si vite qu'on pourrait penser que c'est le cas. Ça fait plusieurs mois que je fuis le FBI et plus encore le Silence tout comme mes parents. Je ne veux pas retomber dans leur antre. J'ai mis si longtemps à me libérer de leur emprise… Tout cela, le Docteur l'avait déjà vécu, mon Docteur, mon mari… Mais bien sûr, il ne m'en a jamais parlé. Alors je vis les évènements au même rythme que le jeune Docteur et mes parents.
Tout a commencé aux Etats-Unis, en fait, on ne les a pas quitté les Etats-Unis. C'était un jour ensoleillé et j'ai d'abord vu mes parents sortir d'un car américain avec d'énormes sacs à dos puis mon mari les a embrassés avant de se rendre compte de ma présence derrière eux : je lui ai fait tirer son stetson avec un joli revolver de l'époque. Je ne comprendrais jamais sa manie des chapeaux extravagants… Enfin bon, on a été faire un pique-nique au bord du lac après ça. Le Docteur a plaisanté au sujet d'une bouteille de vin que lui aurait lancé Napoléon à la figure, il a blagué sur son âge et a parlé de la mission Apollo et de l'année 1969. Je comprenais peu à peu où ça allait nous mener. Et puis je suis arrivée. L'astronaute est sorti du lac et le Docteur est allé à sa rencontre, prêt à mourir. Il nous a dit de ne rien tenter mais quand j'ai tiré et « tué » le Seigneur du Temps, j'ai dû retenir Amy dans mes bras pour l'empêcher de courir et changer l'histoire. Elle et Rory m'ont déjà rencontrée plusieurs fois certainement mais ils me voient comme une simple amie du Docteur, un autre de ses compagnons. Amy ne doit même pas encore savoir qu'elle est enceinte… Je me suis vue repartir dans le lac avec ma combinaison puis nous nous sommes tous les trois précipités sur le cadavre du teselecta du Docteur. J'ai vainement essayé de tirer sur l'astronaute. Au moins pour couvrir ma couverture…
Un homme s'est ensuite présenté à nous avec une invitation du Docteur, semblable à la mienne et celle de mes parents. Il nous a donné un bidon d'essence et nous avons dû bruler le « corps » du Docteur. Nous l'avons placé dans une barque qu'a repéré mon père puis nous l'avons vu brûler au milieu du lac, nous recueillant devant son bûcher improvisé. Nous sommes ensuite retournés au petit restaurant où nous avions discuté plus tôt. Une version plus jeune du Docteur, celle contemporaine à Amy et Rory, est sortie d'un placard avec une « paille spéciale ». Je n'ai pas pu m'empêcher de retenir une bonne claque contre la folie dont il venait de faire preuve. Et nous avons ensuite parlé à ce jeune Docteur du peu d'informations que nous avions eu. Dans le TARDIS, le Docteur a d'abord refusé de nous aider mais Amy a réussi heureusement à le faire changer d'avis. J'ai dû expliquer à ma mère ce que nous devions faire. Et qu'on ne pouvait pas lui dire qu'on avait vu son lui futur.
Nous nous sommes donc rendus en 1989, d'abord à Washington DC puis en Floride. Et après m'être vue dans ma combinaison de cosmonaute tuer le Docteur, je me suis revue enfant, j'ai revu la vieille combinaison dont j'avais été prisonnière. Avec Rory je suis descendue dans les souterrains de la base que je connaissais déjà et que je savais être le repère du Silence. On a ensuite rejoint les autres et ma mère avait tiré sur l'enfant que j'étais alors. Puis on s'est enfoui. On devait se cacher d'eux, du Silence. Et pour ça il fallait à la fois disparaitre et à la fois collecter le plus d'informations possibles sur ces Silences. Je savais beaucoup de choses d'eux, déjà. Mais leur avouer mes connaissances à leur sujet était trop risqué. Alors je me suis enfuie, je me suis enfuie comme Amy et Rory. Et cela fait des mois que nous fuyons à la fois le Silence et le FBI. Mais je les entends qui se rapprochent. Tous les deux. Je dois reprendre ma course. Je le dois au Docteur, je le dois à ma famille. Ils ne me font pas encore confiance mais moi je sais que je peux leur faire confiance. Je sais déjà comment ça va finir. Et on va s'en sortir. Comme on s'en sort toujours. Les voilà, je cours…
