Jour 634 :

Encore une fois, pas un seul jour ne s'est passé mais bien plusieurs. Le FBI m'a poursuivie jusqu'au dernier étage d'un immeuble en construction et j'ai fait un plongeon dans le vide, ou plutôt directement dans la piscine du TARDIS. Après nous avoir appris que son atout secret était le pied de Neil Armstrong, le Docteur nous a envoyé enquêter sur la « petite fille à l'origine de tout ça » : moi. Amy et Canton Delawaere ont trouvé mon ancien orphelinat et nous l'y avons rejoint, trop tard. Je m'étais déjà enfuie de ma combinaison spatiale. Elle était là, gisante au sol comme quelque chose de vivant et de dangereux. Mais je n'en avais plus peur. Je la scannais et énonçai le plus neutralement possible tout ce que je savais déjà de cette combinaison. Je disais avec le plus de distance possible que cette fille devait avoir une force surhumaine pour avoir pu s'en arracher, comme si j'étais fière des exploits de ma jeune moi. On ne l'a pas revue. Je sais ce qui lui est arrivée : elle s'est régénérée dans les rues froides et sombres de New York City, devant un clochard. Cela fait si longtemps…

On n'avait pas le temps de la chercher de toute façon : ma mère avait été enlevée, par le Silence. On analysait la combinaison. Je la disséquais presque avec plaisir, je comprenais enfin comment elle avait pu me faire autant de mal. Et comme j'avais pu ainsi contacter le président Nixon, ce qui nous amenait ici, aujourd'hui, en famille.

En même temps, nous assistions à l'envol de la navette Apollo Onze. Et mon père s'inquiétait pour ma mère. Grâce à son émetteur, nous avons pu la retrouver et alors que j'affrontais à nouveau les Silence, avec une arme cette fois. Tout en flirtant, nous avons déstabilisé les Silence pendant que Rory libérait ma mère et que nous gagnions du temps pour permettre à Apollo Onze de se poser sur la lune et à Neil Armstrong de poser son pied sur la Lune, petit pas pour l'homme, pas géant pour l'humanité, et arme formidable du Docteur contre les Silences.

Nous avons dû nous battre ensuite et on s'est enfui, quittant pour toujours l'année 1969 et tout le mal qui s'y était produit et que l'humanité allait en effet oublier. De mon côté, je n'allais jamais oublier les adieux qui ont suivi mon retour en cellule. Le Docteur se débattait presque alors que je l'embrassais. Et je comprenais que c'était la première fois qu'il m'embrassait, et certainement la dernière fois que je l'embrasserais de mon côté. Je le voyais partir vers son avenir et je voyais le mien s'assombrir. Je savais pour autant que je le reverrais encore. Je le reverrais même sûrement bientôt. Mais il me connaitrait sûrement encore moins… Et c'est là mon destin. Comme je l'ai avoué à mon père : nos vies s'écoulent à contre-sens. Et aujourd'hui, je le comprenais mieux encore que jamais. A bientôt, Docteur.