Jour 1946 :

Je n'ai pas écrit dans mon journal depuis déjà quatre jours, en partie parce que l'on a beaucoup couru. Surtout aujourd'hui en fait. De toute façon, quand on ne courait pas, il n'y a pas grand-chose à raconter. Pas d'événements extraordinaires et ce n'est plus la peine d'en noter tous les détails maintenant que je voyage avec mon mari et que nous vivons tous les deux les mêmes aventures, ensemble. Nous sommes enfin sur un pied d'égalité temporel. Et qu'est-ce que ça fait du bien! Je crois que je vais rester un moment dans le TARDIS finalement...

Bon sinon, on a donc eu droit à une promenade calme et épuisante dans une forêt tropicale La planète était très proche du soleil de son système mais c'était la diversité impressionnante de plantes et d'oiseaux qui était bien la seule chose intéressante sur ce monde. Le lendemain, le TARDIS nous a emmenés sur la Lune. Mais pas au LIème siècle, à mon époque, mais au XIXème. Au temps de Jules Verne…

D'ailleurs, ça a donné envie à mon mari d'aller rencontrer l'auteur de science-fiction, un vrai « génie de la science et de l'invention littéraire improbable et impossible »… Un peu long pour qualifier l'écrivain français. En tout cas, nous avons ensuite voyagé jusqu'à un village de Normandie. Apparemment, c'était une grande ville pour l'époque, mais je suis habituée à des métropoles beaucoup plus impressionnantes. Et la France était si pittoresque à cette époque.

La France… Je n'avais encore jamais mis les pieds dans ce pays, si proche pourtant de la Grande-Bretagne. Le Docteur, lui, avait une certaine attirance pour ce pays de France. Il pleuvait, voilà ce que j'en retiens. Mais Jules Verne était très intéressant à rencontrer.

Le jour suivant, on n'a pas eu le temps non plus de se reposer dans le TARDIS. Et on a beaucoup marché, pas vraiment couru, mais beaucoup marché... La planète où nous avait emmenés le TARDIS était volcanique, brûlante et dangereuse. Et évidemment, le Docteur avait suggéré de faire une « petite randonnée ». Petite… Elle a duré toute la journée ! Et j'avais les pieds en compote à la fin. Surtout qu'il faisait une chaleur torride et qu'il y avait de la lave qui coulait toujours un peu trop près de mes pieds.

En tout cas, ça lui a fait du bien. Le TARDIS devait sûrement nous avoir emmenés là-bas pour ça. Elle lui a donné ce qu'il voulait : un monde dangereux où il pouvait enfin arrêter de penser à Amelia Pond et son mari. Mais ce n'était pas encore suffisant et le TARDIS a eu l'excellente idée de nous matérialiser sur une planète des plus basiques, et des plus désertiques. Un endroit chaud à nouveau… Un monde hostile.

Et, à peine, nous étions sortis de la cabine de police, le sol se mit à trembler. Le Docteur et moi ne le sentirent pas immédiatement et nous commencions à nous éloigner du vaisseau spatio-temporel. Nous grimpions sur un rocher et admirions la vue d'un grand canyon, qui n'avait pourtant rien de terrien. Et c'est là que le sol commença à se fissurer.

Nous nous étions éloignés de quelques centaines de mètres du TARDIS seulement. Pourtant, revenir jusqu'au vaisseau ressembla vite à un parcours d'obstacle. Et quand nous avons enfin pu retourner au TARDIS, je tenais à peine sur mes pieds et je m'élançai dans les couloirs du TARDIS pour rejoindre notre chambre. Et j'ai pris la décision de noter ces dernières aventures le temps que le Docteur décide de notre prochaine destination.

On va sur Terre, à Leadworth. Mon mari a dit qu'il était prêt maintenant à aller voir Brian, le père de Rory… Je l'avais complétement oublié avec ces derniers voyages : il faut bien prévenir la famille d'Amy et Rory, ma famille…

J'ai un frère ! Bon d'accord, ce n'est pas le mieux pour commencer… Pas très logique, non. Bon alors : après avoir matérialisé le TARDIS dans la petite ville de Leadworth, la ville de mon enfance… La ville de mes parents. La ville de mes grands-parents.

Brian Williams était chez lui, je me souvenais bien des nombreuses heures où mes parents et moi nous avions joué ensemble dans la chambre de Rory dans cette maison. Brian reconnut immédiatement le Seigneur du Temps. Il nota aussi l'absence de son fils et d'Amelia Williams. Il nous laissa entrer puis nous apprit lui-même qu'il savait que son fils et sa bru étaient morts.

Il avait reçu une lettre de mon père, une lettre vieille de plusieurs décennies. Une lettre que lui avait remise un vieil homme, Anthony, qui l'avait retrouvé après toutes ces années et qui avait suivi les dernières volontés de son père adoptif.

Brian ne me reconnaissait bien sûr pas. J'avais une autre couleur de peau dans ma dernière régénération. Ainsi qu'un autre nom… Et de toute évidence, mon père et ma mère n'avaient jamais parlé de moi à leurs parents. Difficile à faire quand même quand je donnai plus que leur âge, et que j'étais prisonnière à perpétuité au LIème siècle.

Brian était heureux d'être grand-père grâce à Anthony et je n'osais pas lui dire qu'il l'était aussi naturellement. Pourtant, j'avais envie de joindre mes pleurs aux siens.

Le Docteur nous laissa quand même seuls un instant et j'osai le prendre dans mes bras et lui confier toutes mes condoléances. Je demandai également quand est-ce que cet Anthony était venu et s'il était déjà reparti. Il l'était. Et Brian n'avait aucune idée de l'endroit où il vivait. Je ne connaitrais ainsi jamais mon petit-frère, un petit-frère de soixante ans…

Mais je suis heureuse pour mes parents. Je sais qu'après ma naissance et mon enlèvement, ma maman était devenue stérile, et l'adoption d'Anthony était une excellente chose pour eux. Ils avaient eu une vie heureuse, une vraie famille. Une famille, ma famille, que je ne connaitrais jamais…

De retour dans le TARDIS, je déclarai au Docteur que mes parents avaient eu une longue vie heureuse et que nous étions seuls maintenant. Je voulais rester encore dans le TARDIS. Et voyager avec mon mari. Le Docteur me sourit et m'invita au bal.