Jour 1947 :

Quel sacré bal ! Danser comme une vraie princesse, le Docteur n'a pas trouvé mieux pour me remonter le courage. Pourtant hier encore, c'est moi qui l'aidais à surmonter ce deuil pourtant. Mais depuis que je sais pour Anthony, lui qui a vécu les jours de la nouvelle vie de mes parents et qui les a aussi vus mourir, je sais que jamais je ne pourrais les revoir. Et je n'ai plus donc que le Docteur, maintenant.

Alors il m'a emmené au bal, pour danser comme jamais. C'était une des soirées d'inauguration du château de Versailles donnée par le roi Louis XIV. Le château venait à peine d'être construit mais il était déjà plein à craquer. Toute l'aristocratie française. Et même une partie étrangère. Avec nos noms de John Smith et Melody Pond Smith, nous avions nous-même la « nationalité »britannique.

Mais ça ne dérangeait pas. Cette fin de XVIIème siècle était fort précieuse et la fête très classique. Mais valser dans la Galerie des Glaces de Versailles était assez impressionnant pour oublier cette préciosité si… préhistorique. La valse n'était pas ma danse préférée mais au moins le Docteur savait la danser et ne l'avait pas inventé. A moins que ? Peut-être l'avait-il appris à Viennes. Mais la lui avait-on enseignée ?

Après les danses, nous sommes tous sortis dans les jardins. Le Docteur était déjà venu par le passé à Versailles. Et même dans ces jardins. Il me parlait d'une marquise qu'il avait séduite en une seule journée, une certaine « Pompadour ». Et il me parla aussi avec nostalgie d'un cheval qu'il aurait nommé « Arthur ». Quel drôle de nom pour un cheval quand même !

Les jardins à la française, si classiques de Versailles sont absolument magnifiques. Toutes ces fontaines, ces bassins, ces sculptures,… Une vraie mine d'or pour une archéologue. En passant près d'une statue, le Docteur s'exclama que ça n'avait vraiment pas été son bon profil, j'examinai l'œuvre et reconnaissait les traits d'un « Docteur » que j'avais découvert durant mes recherches à l'université lunaire. C'était donc bien une de ses anciennes régénérations ce bel apollon ?

« River, grommela mon mari, ne bave pas sur lui.

- Je ne bave pas, mon petit cœur, j'admire seulement la technique de l'artiste.

- Je déteste les archéologues, marmonna-t-il. »

J'en ris puis reprit ma route jusqu'au grand bassin où arrivait en grande pompe un bateau doré. Des feux d'artifices commencèrent à barioler le ciel étoilé. Mon époux posa ses mains sur ses épaules et commença à me les masser alors que nous admirions l'un des tout premiers feux d'artifices sur le sol européen.

De retour ensuite dans le TARDIS après cette belle et reposante soirée, nous nous sommes rendus dans notre chambre où maintenant j'écris le temps que mon mari arrive enfin à retirer son costume extravaguant, « d'époque » selon lui,…

Ah le voilà, enfin,… Oh mais je crois que je vais bien m'arrêter là, moi !