Un petit interlude. Scène que j'ai vécue, faisant paniquer à ma mort ma sœur ce mardi-ci. J'ai un peu romancé le tout, avec une toute autre intrigue et rejoignant l'ensemble à l'histoire d'origine (surtout la fin !) Je n'arrive pas à caser dans le futur chapitre et dans ceux qui suivront. Donc, en attendant voici un One Shot meugnon à souhait, avec un peu beaucoup d'angoisse quand même.

Je craque toujours autant devant kid!Fíli et kid!Kíli…


Baby-sitting

« L'amour est une vertu d'enfance dans l'adulte. »

Bilbo se redressa d'un sursaut, alerté par les pleurs hurlés de l'un des garçons dont il avait la charge. Il mit un certain temps avant d'être complètement éveillé, pestant silencieusement pour avoir étudié jusqu'à très tard la veille, enfin, disons plutôt, ce matin. Bilbo se prit les pieds un peu partout, se cognant aussi le pied contre l'embrassure d'une porte.

En arrivant dans la chambre commune des enfants, il papillonna des yeux, aveuglé par la lumière à laquelle il ne s'y attendait pas. Quand il pu voir sans point noir, et tout à fait nettement, son cœur se serra brutalement.

- Oh, Kíli…

Le brunet pleurait à chaudes larmes et à s'en détruire les cordes vocales. Il était dans le creux des bras de son frère aîné, peu à l'aise et passablement paniqué de ne pas parvenir à rassurer son tendre petit cadet.

Bilbo vint au chevet du plus jeune, passant une main réconfortante dans son dos, dont le pyjama était humide de sueur. Sans aucun doute, il avait fait un horrible cauchemar.

- C'est finit Kíli. Tu es en sécurité ici.

Il parlait d'une voix douce et chaude. De quoi rassurer l'enfant. Sans succès évidant.

Fíli lui lança un regard désolé. A briser le cœur.

L'adolescent finit par s'asseoir sur le matelas et glissa ses mains sous le corps fébrile du plus jeune pour le prendre dans ses bras. Kili se colla à lui, criant sa peur encore un peu plus fort dans son cou. Fíli aussi le rejoint, silencieux, fourrant sa tête contre le ventre de sa nounou.

- Ce n'est qu'un cauchemar Kili. Tout va bien, tu es réveillé maintenant. Chuuuuuut… Il ne peut plus rien t'arriver… Chuuut…

Mais rien n'y fait. L'enfant continua encore et encore, peu importe les câlins, les bisous sur son crâne et sur son front.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? questionna l'étudiant au jeune blod

- Je sais pas…

Bilbo hocha la tête, tenant toujours contre lui l'enfant.

- On va prendre un bon chocolat chaud ! D'accord ? Et tu vas me raconter ce que tu as vu dans ton méchant rêve. D'accord Kee ?

Le petit sembla hocher la tête. Bilbo lui mit sa peluche de chat entre les mains et le souleva. Fíli fit le tour du lit pour les rejoindre, s'accrochant à la jambe de son tuteur attitré, le regard toujours fixé sur son jeune frère.

Dans la cuisine, Bilbo ne sorti pas de tasses, s'occupant juste de biberons. Plus pratiques pour cette situation. Il était ralentit dans le moindre de ses mouvement afin de pouvoir maintenir Kili sur sa hanche et s'assurer de ne pas marcher sur les pieds nus de Fíli. Inconcevable pour le petit blond de ne pas rester au plus près de son frère.

- Tout va bien Chaton. Ton père n'est pas là et ne pourra plus jamais t'approcher. Fíli est là. Il est avide de pouvoir jouer avec toi et te faire de gros câlins. Moi aussi je suis là. Et je suis très inquiet pour toi. Ori vient cette après-midi jouait avec vous deux… Et Thorïn t'a appelé hier soir pour te raconter l'histoire du soir ! Il a dit que tout aller bien et qu'il pouvait rentrer plus tôt… Tu n'as pas à avoir peur…

Le gamin sembla se calmer lorsqu'il entendit le nom de son oncle. Il hoqueta, comme s'il allait finir par s'étouffer. Bilbo se mordit alors la lèvre, essayant alors quelque chose, n'étant pas vraiment sûre que ça plaise à son employeur.

- Tu veux que j'appelle Thorïn ?

L'enfant hocha vigoureusement la tête, commençant enfin à se calmer.

- Mais tu sais que tu ne pourras peut-être pas l'avoir, car là où il est, il est déjà au travail !

Le petit brun continua de hocher la tête, reniflant et hoquetant à souhait.

- Moi aussi je pourrai l'avoir au téléphone ? glapit la petite voix ensommeillée de Fíli

- Oui ! Pourquoi dirai-je non ? Si ça te rassure… Je finis vos laits, on se pelotonne dans le lit et j'appelle Thorïn. On est d'accord pour ça ?

Kili ne refusa pas, retrouvant une respiration lente, de sa propre manière, donnant presque l'impression de s'étouffer véritablement. Quand il reçut son biberon, ses mains s'enroulèrent autour du récipient tiède. Il se cala contre le torse de sa nounou. Sa bouche sur la tétine, il aspira et mâchouilla l'objet en plastique. Par moment, de longs soupirs agitaient son corps, plus calme que ses soubresauts.

Fíli gratouilla son dos, s'attirant des bruits gutturaux, semblable à des ronronnements de la part de son cadet. Bilbo en sourit, rassurer que le plus jeune se soit finalement calmé, se félicitant d'avoir eu l'idée d'énumérer ce qui l'effrayait et le rassurait.

Le blond se disait un grand garçon, buvant maintenant uniquement dans un bol. Toutefois, ce soir là, il ne s'offusqua pas d'utiliser le récipient pour bébé. Lui-même le téta avec avidité.

Bilbo attrapa son cellulaire avant de remonter à l'étage, dans la chambre des garçons. Avec l'aide de l'aîné, il ouvrit la couverture, tapota les oreillers avant de s'enfiler dans les lits, gardant toujours dans son giron le corps de l'enfant. Fíli rabattis la couette sur eux, en prenant une place de choix contre lui. Kili se dandina un peu, de façon d'être à la fois contre son frère et son gardien et d'une manière à pouvoir boire goulument son chocolat chaud.

Ses paupières s'ouvraient et se fermaient, dans un rythme régulier et de plus en plus fréquent. Mais il tenait bon. Il lui serait impossible de se rendormir maintenant, sans avoir eu son oncle au téléphone.

Souriant fier comme un paon lorsque Fíli finit par poser sa tête sur son estomac, Kili écouta attentivement les sonneries d'attente, presque inquiet de ne pas avoir de réponse. Au bout de la cinquième, l'homme répondit, la voix entièrement paniquée :

- Bilbo ? Quelque chose de grave s'est passée ? Dois-je rentré rapidement ?

- Non, non ! Je vous assure monsieur Durin, rien de grave ! Kili a fait un gros cauchemar et je crois qu'il avait besoin de vous entendre… Fíli ne sera pas contre de vous avoir aussi, au téléphone… J'espère que je ne vous dérange pas, à vous appeler à cette heure-ci…

- Les conseillers de l'entreprise ont plutôt intérêt à ne rien dire sur mon départ de réunion. Et peu importe mon travail, le bien-être de mes neveux est important. Merci d'avoir appelé…

- C'est mon travail vous savez ! rit doucement Bilbo, je vous les passe. Ils sont terriblement impatient…

- Merci Bilbo…

Souriant, l'étudiant alla déposer le cellulaire contre l'oreille libre du cadet et l'y maintient.

- Alors, mon grand ! entendit-il, Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu étais tellement heureux de passer trois jours et trois nuits rien qu'avec ton frère et Bilbo !

L'enfant eu soudainement de nouvelles larmes aux yeux. Geignant de plus en plus, il lâcha la tétine mes serra sa prise sur son biberon toujours tiède, contre sa poitrine.

- J'veux pas que tu nous abandonnes ! cria-t-il avant de se remettre à pleurer à grosses larmes

- Oh… Kili… Qu'est-ce qui te fait penser ça ? Jamais je ne vous abandonnerai ! Jamais je ne le pourrai…

- M-Ma-Mais d-dans m-mon rêve-e t-tu re-revenais pa-as ! continua l'enfant secouer entre plusieurs soubresaut, Et-Et des-des méchants mon-monsieur nous fai-faisaient du ma-al… et B-Bilbo n'a-arrivait pa-as à l-les arrê-ter…

Fíli se pelotonna un peu plus contre son cadet, murmurant que ce n'était qu'un rêve et que ça n'arriverait jamais, et qu'en plus, il serait toujours là pour le protéger. Bilbo lui caresser les cheveux, confirmant que ce n'était qu'un simple mauvais rêve.

- Kíli … Je ne vais pas vous laisser seul. J'en suis incapable.

- Alors p-pou-pourquoi tu n'es pa-pas là ?

- Je travaille, mais je reviens demain dans la nuit, et je viendrai dormir avec toi et ton frère.

- E-Et Bilbo ?

- Et… Bilbo aussi s'il –hum hum- s'il est d'accord (Thorïn, à l'autre bout du fil, était d'une jolie couleur pivoine).

- Et on mangera des glaces ?

- Autant que tu pourras en manger.

- Et on ira pas à l'école pour rester avec toi ?

- Je vais essayer d'arranger ça. Mais si ce n'est pas à mon retour, ça se fera.

- Et on i-ira à la p-piscine pour que t-tu m'apprennes à-à nager ?

- Prépare ton maillot de bain !

Un long silence prit place, Kili ayant repris sa tétine dans sa bouche, avalant goulument son chocolat. Rassuré au possible et n'ayant plus besoin de preuve sur le fait que son oncle ne l'abandonnerait jamais. Thorïn lui parla plus doucement, rendant inaudible pour Fíli et Bilbo le discours. Le petit brun se rendormit, bercé, sans avoir finit son biberon, mais gardant celui-ci contre lui, un sourire bienheureux sur son visage encore rougit par sa crise de larmes. L'aîné gesticula un peu avant de faire un gros bisou baveux sur la joue de son frère. Puis, il attrapa le mobile délicatement, sous les yeux protecteurs de Bilbo et demanda de but en blanc :

- Tonton ! Quand est-ce que Kee et moi on pourra t'appeler « papa » ?

Bilbo pu entendre Thorïn s'étouffer avec sa propre salive de l'autre côté de la Terre du Milieu. Surtout lorsque le blond rajouta :

- Et Bilbo peut aussi être notre papa ? Et rester tout le temps avec nous ?

Ce fut au toujours du gardien d'être aussi rouge qu'une tomate. Il toussa un peu contre son poing. C'était… Comment dire… assez étrange, d'entendre un gamin évoquait ceci, avec tout le sérieux du monde.

Il ne parvient pas à faire le moindre commentaire. Entendant son oncle continuer de tousser, Fíli eu un très grand sourire. Un rictus presque victorieux.

- Tu as tout le temps que tu veux pour réfléchir ! Bonne nuit tonton ! Et n'oublie pas les chocolats, et la peluche dragon de Kili ! Et mon jeu de cartes exclusif ! Et des photos, plein de photo ! Et des croissants de ton hôtel ! La dernière fois tu as oublié... c'était pas cool. Et j'ai une mauvaise note en maths. Bisous et bonne nuit !

Sur ce, fier d'avoir détourné l'attention de Thorïn de sa mauvaise note, il redonna le téléphone à Bilbo avant de se recoucher contre son petit frère, avalant lui aussi un peu de lait chaud. Fermant ses yeux, il entreprit de calmer sa respiration, avide d'entendre le fin mot de l'histoire –et de savoir si son détournement pour annoncer sa mauvaise note avait fonctionné.

Un silence inconfortable semblait avoir débuté entre Bilbo et Thorïn. L'un toussant un peu dans l'inconfort, l'autre riant nerveusement.

- Je suis… vraiment navré ! tenta maladroitement le PDG

- Non, non ! Ne te… vous inquiétez pas pour ça… La vérité sort de la bouche des enfants –silence- Oh ! Euh… Non ! Enfin, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Enfin si, mais pas vraiment ! C'est que les enfants parlent sans réfléchir pour dire des choses qu'ils jugent juste. Ce n'est pas parce que la plupart du temps qu'ils ont raison qu'ils ont tout le temps raison…

- Cela ne me dérange pas qu'il sorte ça. Je suis plus inquiet vis-à-vis de toi, que tu le prennes mal…

- Oh non… non… Je ne le prends pas mal. Ne t'inquiète, ne vous vous inquiétez pas pour ça ! Je suis désolée ! Ma langue a fourché pour le tutoiement ! Ça ne se…

- Bilbo… Le tutoiement ne me dérange pas. Je préfère même.

- Oh… d-d'accord si cela ne vous- t'ennuis pas !

- Pas le moins du monde.

Un autre silence suivit, gêné.

Au l'autre bout du fil, quelqu'un vint réclamer Thorïn et un claquement de porte se fit entendre.

- Je te remercie encore de m'avoir appelé Bilbo… Je rappellerai demain dans la journée. Au cas où et surtout pour rassurer ses deux garnements.

- Je leur dirai.

Autre petit silence.

- Bonne nuit Bilbo.

- Bonne journée, Thorïn.

Et la ligne se coupa.

Un gémissement inaudible et minable sorti de la gorge de l'étudiant. Il agissait tel un puceau. Pas croyable ! Il allait se faire virer, à coup sûr ! Il était maudit, à coup sûr. Pas que Thorïn était repoussant ou quoi que ce soit. Plutôt bien foutu, très bien foutu même…

Bilbo plaqua ses mains sur ses yeux. Ne pas penser à ça. Ne surtout pas penser à ça !

Il remonta la couverture sur l'épaule des garçons et ferma les yeux.

Au petit matin, les vibrations de son téléphone le réveillèrent. L'étudiant grognant lentement de mécontentement. Il aurait voulu dormir encore un peu. Néanmoins, il se força d'ouvrir les yeux pour voir ce que son cellulaire lui voulait –sait-on jamais ! Ce pouvait être Thorïn.

Un fichu SMS de sa cousine l'avait réveillé. Vraiment ? Super…

Il le consulta un peu avec mauvaise grâce, plus énervé par l'heure qu'autre chose. Il ne pouvait pas non plus la faire attendre après ce qu'il lui avait demandé. Le contenu du message finit par le réveiller totalement.

« Je n'aurais jamais cru que Dori passe tes coordonnées à Thorïn. Et j'en suis navrée Bilbo ! Vraiment ! Ecoute-moi, pour une fois tu va agir sans poser des questions et m'écouter ! Aussi attachant que Fíli et Kíli sont et ont vécu (comme tu l'as si bien deviné) tu dois ne plus t'en occuper. Pas à cause d'eux, mais plus à l'oncle de leur oncle. Pas qu'ils soient impliquer dans un truc louche… mais des gens que tu n'as pas besoin de connaître lui veulent du mal. Ils se sont déjà approchés des gamins et ils m'ont menacé par la même occasion. Ces hommes là Bilbo… vont t'apporter des malheurs si tu restes avec eux. Va-t-en, maintenant. »

Les doigts tremblants, il demandant une simple question pour plus d'explication. Il fixa son écran de réception durant des heures. Jusqu'à ce que Kíli se réveille avec une terrible envie de chipolata à la crème au caramel pour le petit déjeuné (oui, il avait des goûts étranges au réveil…).

Tout ce que Bilbo pu faire, c'est caché son inquiétude. Lobélia avait toujours été un peu psychotique sur les bords.

- Allez vient mon grand ! Ne faisons pas de bruit pour laisser ton frère dormir encore un peu et allons préparer ta chipolata et ta crème glacée au caramel !


-OS finit !-

Jetez les tomates si vous voulez…

Pour cette histoire, Lobélia est nécessairement OOC.