Salut à tous ceux qui reviendront sur cette fiction !
Moi-même j'ai bien cru que j'allais finir par supprimer cette histoire sans la finir. Le temps d'attente a été tellement long pour cette suite que je ne sais comment me faire pardonner. J'espère toutefois que cette suite en satisfera certains, n'hésitez pas à me faire part de vos avis !
Un remaniement du premier chapitre vous sera également proposé.
Rating : j'hésite à mettre M. Vraiment. Finalement je laisse la fiction entière en T, je verrais si la suite m'oblige vraiment à changer par souci d'honnêteté, mais si vous en jugez autrement, n'hésitez pas à m'en faire part.
Disclaimer : Copyright Masashi Kishimoto pour les personnages et l'univers de Naruto.
POV externe pour ce chapitre.
Ah, et encore quelques petites choses : ayant l'habitude (absolument involontairement d'ailleurs) d'écrire des histoires plutôt sombres et tristes, j'essaie ici de m'avancer sur un terrain un peu plus léger, sans toutefois que ce soit une franche partie de rigolade que de me lire. Vos avis m'aiguillent aussi sur la question de savoir si je dois continuer sur ce ton et tenter de continuer de jouer la carte de l'humour ou non. Je suis bien placée pour savoir que l'humour qui me plaît ne sera pas forcément au goût de tous.
Enfin, je tiens à préciser que je ne suis à la base pas du tout une adepte du couple Sasuke / Shikamaru, qui je dois dire me semble hautement improbable. Malgré tout, en écrivant cette fic, j'ai essayé de croire que ça pouvait marcher entre eux même dans ma tête, à vous de me dire si ça marche aussi dans la vôtre après ce chapitre.
Sur ce, je vous laisse entamer cette lecture, et n'hésitez pas à revenir sur le premier chapitre d'ici le début de l'année 2015 !
Merci à tous et à toutes, vous qui lisez ceci, du fond du cœur ! C'est un bonheur pour moi de reprendre les fanfictions, empreint de culpabilité pour avoir tant tardé à cette publication.
Ako
JUMPING LOVE, CHAPITRE 2 : De l'art de la fuite en avant
Le silence s'installait -et faisait comme chez lui- à la table de Naruto et Neji. Le premier ne savait pas trop quoi dire pour dérider le second, qui l'intimidait par son absence spirituelle totale, tandis que ledit second sirotait une bière les yeux dans le vague. Naruto ne pouvait s'empêcher d'admirer son compagnon d'infortune : Neji était d'une beauté androgyne rare. Ses yeux d'une clarté maladive se remarquaient sous de longs et épais cils noirs. Il portait les cheveux longs : de l'avis de Naruto, ç'aurait été un beau gâchis de couper un don de la nature pareil. Ils lui descendaient jusque dans le creux des reins, le faisant passer pour un de ces personnages de mangas style Kanda dans D. Gray-Man, un samouraï de l'ancien temps. Son visage parfaitement équilibré connaissait un petit élément surprenant et craquant : un tout petit nez retroussé, comme celui d'un jeune enfant. On s'attendrait presque à le voir remuer façon "Ma Sorcière bien-aimée"... S'il avait été une fille, Naruto se serait sans aucun doute jeté dessus. Mais, paradoxalement, dans ce contexte Neji était trop féminin pour lui. D'une logique implacable.
-Tu parles souvent avec Hinata ?
La voix du jeune homme interrompit Naruto dans ses rêveries. Il ne le regardait toujours pas cela dit, et Naruto le soupçonna fortement d'en avoir autant à faire que de ses premières couche-culottes, du temps qu'il passait à parler à Hinata. Mais peu importait, il semblait qu'ils avaient tous les deux besoin de penser à autre chose.
-Au moins une fois par semaine. Je survivrais pas si elle n'était pas là pour m'expliquer comment faire marcher mon lave-linge, répondit-il en riant à moitié, et arrachant un sourire -un peu forcé ?- à Neji.
-Elle me parle souvent de toi... C'est drôle, jamais je n'aurais pensé me faire autant d'amis grâce à elle. On peut dire que c'est un peu grâce à elle et toi que...
Il s'interrompit pour boire une gorgée de bière. Il sembla à Naruto qu'il marqua un temps avant d'avaler, comme s'il retenait un haut-le-coeur.
-... Que j'ai trouvé un point de chute ici.
-Tu t'y plais, d'ailleurs ? demanda un peu bêtement l'autre.
-Oui.
Ce fut tout. Aucun détail, aucune question ni anecdote. Naruto n'osait pas entamer la conversation de peur de heurter Neji, qu'il sentait très mélancolique, et le jeune Hyûga se perdait de nouveau dans ses pensées. Elles finissaient toutes par se rejoindre en un seul point ce soir-là.
Naruto Uzumaki fouilla dans son sac pour en sortir son paquet de cigarettes. Des Lucky Strike. Il adorait ce nom. Il lui évoquait des acteurs, des films, des mangas... Ces deux mots étaient comme un rêve "strike gagnant", "coup chanceux", tout ce qui ne constituait pas sa vie. Ses deux parents morts dans l'incendie d'une salle de concert, du harcèlement scolaire pendant son enfance, il avait dû constamment se battre, seul, pour prouver ce qu'il valait. Pour se trouver.
En réalité il s'était accroché à Sasuke. Sous ses airs glaciaux et ses poses, il y avait quelque chose, une fissure, un vide à combler. L'un et l'autre, gamins, s'étaient servis du vide l'un de l'autre pour se sentir exister. Leur fusion allait parfois jusqu'à la haine pure et simple, ils s'en seraient entretués. Mais à présent qu'ils s'étaient trouvés, ils y revenaient toujours. Contrairement à nombre de passions destructrices dont tout le monde connaît les conséquences, leur relation n'avait rien de malsain, elle n'était pas un défouloir, ni même une échappatoire. C'était juste là, c'était juste leur existence qui se construisait enfin et si tardivement. Sasuke avait sa pression, Naruto sa solitude, l'un brun et pâle, l'autre blond-roux et les joues rouges, qui brunissaient l'été. Sasuke se défendait en sortant les armes, Naruto en souriant, l'un asocial que tout le monde respectait, l'autre capable de tout donner en échange d'un peu d'amour, mais que tous méprisaient. Dans tout, ils étaient complémentaires, des opposés qui s'attiraient irrémédiablement.
En méditant là-dessus, Naruto se rendait compte de la proximité qui s'était créée entre lui et Sasuke, du besoin qu'il avait de lui à ses côtés. Sans lui, sa vie retrouverait sa grisaille, même si la présence de ses autres amis l'aiderait à s'en remettre un jour ou l'autre. S'il n'en mourrait pas avant. Le jeune homme se passa une main sur le visage alors qu'il réalisait cela. "Bon sang", c'était bien cette sensation de le perdre qui le tuait, dans cette histoire. Sasuke avait brutalement pris ses distances en ne lui touchant pas un mot de ce qu'il se passait après l'envoi des fameux sms à Shikamaru.
Sans que les garçons s'en rendent compte ou échangent une autre parole, le ciel était devenu noir, et leurs visages s'étaient teints de la lueur vacillante et blafarde qui émanait des lampadaires. Neji avait réellement l'air d'un fantôme. Fort de l'ambiance surnaturelle qui s'imposait, Naruto osa demander :
-ça te fait quoi, toi ?
-Je te demande pardon ? Articula Neji, soudain très froid et le dos raidi, ayant parfaitement compris de quoi parlait son ami.
-Sasuke et Shikamaru. Qu'est-ce que ça te fait ?
Pas de réponse. Neji tenta bien d'ouvrir la bouche et d'émettre un son, mais sans aucun résultat, sans toutefois que l'expression neutre de ses traits soit altérée. Naruto fit semblant de n'avoir rien remarqué, faisant preuve d'une subtilité et d'un esprit chevaleresque qui ne lui étaient pas habituels. Il n'insista pas dans un premier temps, mais commençait à comprendre les sentiments qui animaient Neji, sans vraiment avoir besoin d'y réfléchir ni d'enquêter. Il reconnaissait cet attachement, si profond qu'il causait un manque puissant, à une personne qui vous sauve.
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Les lumières de la ville projetaient des ombres chinoises sur le mur du studio de Sasuke. Les sons lointains, diffus, comme perçus sous l'eau, rendaient vaguement compte de jeunes en train de s'égosiller dans les rues. Sasuke et Shikamaru étaient étendus sur le lit, chacun tourné vers l'extérieur.
Les deux garçons étaient agités de pensées similaires, qui consistaient à insulter copieusement une personne et remercier intérieurement une autre. Pour Sasuke, la première était Naruto et la seconde Shikamaru. Shikamaru, parce qu'il ne lui avait pas pris la tête. C'était resté simple entre eux, tout était si simple dans cette pièce où le temps était arrêté. Naruto, parce que cet "enfoiré, crétin d'abruti, gros boulet" de ses "deux", réussissait à tout voir en lui. Tout sauf ! Sauf le plus important. Et ce depuis toujours. Même maintenant, cela lui passait visiblement au-dessus. Il en aurait cogné sur les murs s'il avait été seul. "Bon sang" comme il aurait dit, Sasuke était à bout de nerfs de comprendre tout avec un tour d'avance sur lui. Situation qu'il ne partageait évidemment pas avec Shikamaru. Son "petit ami".
Pour Shikamaru, la personne à qui envoyer des louanges était justement Naruto. Pour une chose en particulier : lui avoir fourni une excuse, un prétexte, n'importe quoi pour échapper à Neji, celui qu'il insultait copieusement dans sa tête. Cet idiot ne comprenait rien. Il prêtait attention à des détails, d'insignifiants détails qui n'avaient pas leur place dans leurs vies. Il s'empêchait de vivre avec un masochisme qui défiait toute concurrence, et par là même, ne faisant preuve d'aucune compassion, faisait souffrir les autres. Pour quelqu'un comme Shikamaru, à savoir pour quelqu'un qui considérait la vie comme une partie d'échecs, s'attacher à faire tant de sentiment pour tout et n'importe quoi était du domaine de l'ésotérisme le plus total. Neji était devenu une telle source de frustration pour lui, de ce point de vue-là, que même Shikamaru avec ses 200 points de QI ne savait plus quoi faire pour lui faire entendre raison.
S'exaspérant tout seul avec ses pensées vagabondes, Shikamaru se releva brusquement, marcha d'une traite à la fenêtre et alluma une cigarette.
S'exaspérant tout seul à être à court d'insultes (le grand gourou de la haine sociale ne pouvait pas faire une panne sèche de vocabulaire insultant, où allait le monde ?), Sasuke soupira. Ou plutôt, Sasuke fit ce qu'il faisait plus de trente-six fois par jour, soit à chaque fois que quelque chose le perturbait, à savoir un nombre de "quelque chose" qui dépassait de loin la moyenne d'un être humain lambda. Parce que non, Sasuke Uchiwa n'était pas vraiment du genre facile à vivre, comme quoi Naruto avait du mérite.
-Tu peux allumer la lumière, si tu veux. Marmonna-t-il à l'adresse de son tout nouveau petit ami en s'efforçant de ne pas trahir son agitation.
-Merci, ça va.
La conversation mourut dans l'œuf. Mais le fait d'avoir entendu la voix de Shikamaru avait inexplicablement apaisé Sasuke. Il se sentit rassuré, le stress et la colère dû à l'attitude je-m'en-foutiste de Naruto laissa place à une certaine quiétude. Il n'était pas tout seul. Si Naruto ne le comprenait pas, au moins il n'était pas tout seul.
Il se retourna dans le lit, lorgnant le jeune homme. Le calme permanent et la nonchalance de Shikamaru, et sa nature silencieuse déteignait parfois un peu sur lui lorsqu'ils passaient du temps ensemble, il avait cette capacité rare de faire réaliser aux autres qu'aucun obstacle n'était insurmontable avec le bon angle de réflexion. Fort de cette certitude, Sasuke se laissa glisser dans un demi-sommeil, les bras ramenés contre son torse.
Comme quoi, le pauvre Shikamaru donnait le change à son insu, car ce soir, de nature silencieuse il l'était ça oui, mais pour ce qui était du calme et de la nonchalance, le rythme de sa réflexion faisait passer le tour de France pour une balade du dimanche soir.
Comme à chaque fois qu'il pensait à Neji, il ne pouvait s'empêcher de se refaire le film de ce qu'il avait pu voir et apprendre de lui. Neji n'avait jamais manifesté une envie quelconque de se mêler aux amis d'Hinata, mais lorsqu'il les voyait, il prenait un plaisir évident à les écouter parler, à entendre les potins d'Ino et Sakura, à sourire aux plaisanteries de Naruto, à parler avec Tenten et Shikamaru, à regarder souvent un peu curieusement Lee sauter partout (ce type devait bien boire au moins trois ou quatre cafetières entières chaque matin.) et même à observer Chôji manger.
Ce garçon avait réellement un côté fantômatique. Il était là, cela semblait être le cours normal des choses, mais pour autant il avait l'air d'appartenir à un autre monde. Comme s'il avait d'autres liens, ailleurs, qui l'empêchaient d'en tisser de trop solides dans ce monde. Pourtant, ses amis tenaient à lui, il était un membre à part entière de leur groupe et s'était révélé être quelqu'un sur qui on pouvait compter. Il ne parlait globalement pas beaucoup, un peu comme Sasuke. C'était étrange, mais il était parvenu à se faire des amis, de vrais amis, à apprendre à les connaître, sans rien dévoiler de lui-même.
Il se confiait beaucoup à Shikamaru, à dire la vérité. "Beaucoup" signifiant dans ce contexte qu'il lui avait finalement avoué que sa couleur préférée était le mauve après trois mois de colocation.
Plus ses pensées suivaient leur cours, et plus le jeune homme s'apercevait que l'agacement faisait prendre de légers accents hyperboliques à ses punchlines mentales. Les sentiments que lui inspiraient Neji mettaient à mal sa logique et sa capacité à raisonner objectivement. Ce type le désarmait complètement. Il refusait d'avancer sur l'échiquier, il ne pouvait être comparé à aucune pièce, bref c'était un vrai casse-tête chinois. Enfin japonais. Enfin bref.
Evidemment, cette nuit-là lui revint automatiquement à l'esprit. Les deux garçons étaient rentrés d'une semaine d'examen épuisante, suivie d'une soirée qui l'avait été encore plus. Et ils avaient bu. Pas à s'en faire vomir, mais assez pour hurler de rire à rien et se vautrer joliment dans les escaliers.
Neji était venu dormir dans le lit de Shikamaru, sans vraiment savoir pourquoi, mais il le voulait, alors il l'avait fait. Et Shikamaru lui avait roulé la pelle de sa vie. Sans vraiment se demander pourquoi : il le voulait, il l'avait fait.
Heureusement, son nez se manifesta soudain bruyamment, réveillant Sasuke et l'empêchant de s'abîmer dans des souvenirs qui -il le savait- ne ferait que gâcher la page qu'il essayait de tourner.
-ATCHIIIIII !
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-De toute façon chui sûr que Shika c'est un mauvais coup.
Neji manqua s'étouffer avec sa tequila sunrise.
-On peut savoir d'où tu tiens ça, baka ?
-Wow, le baka t'emmerde ! Je tiens ça de rien du tout, c'juste qu'il est trop cérébral ce mec. Il analyse tout, tout l'temps. Donc chui sûr qu'il peut pas retirer son balais de son cul au lit ! Tu l'as vu ramener un seul plan dans sa chambre depuis votre coloc ? Pourtant tout l'monde se lasse de mademoiselle, à la longue, crois-moi.
La soirée évoluait de façon imprévu pour les deux étudiants. A l'évidence plus perturbés qu'ils ne voulaient bien l'admettre par la relation de leurs amis, Neji et Naruto avaient, d'un accord tacite, commandé bière sur bière depuis deux bonnes heures, à tel point que le bar leur avait offert une boisson de leur choix au bout de la cinquième commande. Le niveau de langue de Naruto baissait proportionnellement avec le taux d'alcool qui augmentait dans son sang, quant à son compagnon d'infortune, il se lâchait doucement, riant même de bon coeur par moments. Mais l'analyse du potentiel sexuel de Shikamaru était arrivée comme un cheveu sur la soupe et venait de le ramener brutalement sur terre. Cela dit, l'heure n'était plus à la mélancolie et après ce bref moment d'égarement, Neji bu d'une traite sa tequila. Et les bienfaits de sa boisson magique eurent un effet radical : il explosa de rire.
-Neji, incroyable. Soupira Naruto qui se mit à le fixer, l'air faussement fasciné.
-Quoi ?
-Moi qui pensais qu't'étais dépourvu de zygomatiques.
-Tu fais le malin parce que t'es encore capable de prononcer un mot comme "zygomatique", mais je te rappelle que, même sobre, t'es incapable de l'écrire correctement, pas la peine de la ramener. Baka.
-Boude pas chatoooooooooon...
-Appelle moi ton petit canard en sucre tant qu'on y est, je ne me sens pas tout blessé dans ma virilité.
-Ch'connaissais pas ton côté macho, mon petit sucre d'orge.
C'était un fait, Naruto adorait pousser les gens à bout. Quand il était bourré, ça tournait presque au réflexe vital, il avait toujours une réplique à jeter pour avoir le dernier mot. Malheureusement pour lui, Neji rentrait dans son jeu. La joute verbale se poursuivit ainsi pendant une durée indéterminée, perdant toute allure de conversation cohérente. Trois cocktails, quinze "Baka" et six "Teme" plus tard, les deux jeunes commençaient sérieusement à entrer dans la phase "je suis encore conscient de mes actes mais mon corps bouge déjà tout seul" (pour Naruto cela revenait à faire des allusions sexuelles à toutes les phrases et être encore plus débordant d'affection qu'au quotidien). Phase qui s'acheva par la proposition de Naruto de finir la nuit chez lui et de s'allumer "le plus gros oinj que tu fumeras de ta vie chatooooooon plus gros que ma...", que Neji accepta sans hésiter. Lui aussi en tenait une bonne, il n'était pas vraiment dans ses habitudes de boire autant et aussi vite.
-Attends, Neko-Neji ! Fais un beau sourire pour l'objectif !
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-Désolé de t'avoir réveillé...
-Pas d'soucis. J'dormais 'as encore. Répondit Sasuke en bâillant.
Etant presque tombé du lit en entendant l'éternuement dinosauresque de Shikamaru, il avait décidé de leur faire du thé. Il était minuit passé, certes, mais une crise cardiaque, ça demande un peu de réconfort, que voulez-vous.
Sasuke avait à peine versé l'eau chaude dans la théière qu'il sentit un baiser se nicher au creux de son cou. A présent complètement réveillé, il renversa doucement la tête en arrière pour la poser sur l'épaule de Shikamaru, qui entoura sa taille de ses bras. Tous deux restèrent ainsi un petit moment, sans rien dire, profitant du calme de l'instant, dont ils avaient eu cruellement besoin ces derniers temps.
Mais comme de bien entendu, une telle proximité entre deux êtres potentiellement attirés l'un par l'autre finit tôt ou tard par attiser un petit feu en-dessous de la ceinture.
Sasuke ferma les yeux quand Shikamaru posa chastement ses lèvres sur les siennes, et releva sa main pour la poser sur sa joue, toujours dos à lui et appuyé contre son torse. Quand leurs visages se séparèrent, l'initiateur du baiser resserra son étreinte et remonta timidement une main sur les hanches qu'il tenait. Toujours les yeux fermés, Sasuke se retourna soudain et vola de nouveau les lèvres de son amant dans une étreinte plus volontaire, les mains crispées sur sa nuque dans l'attitude de celui qui a la ferme intention de ne pas se satisfaire de si peu. La chaleur qui se dégageait de leurs deux corps collés l'un à l'autre augmenta encore quand les mains de Shikamaru se glissèrent sur la peau nue cachées sous le T-shirt de Sasuke, sensuelles et exploratrices.
Les bouches se séparèrent à nouveau, et les regards se questionnèrent, parfaitement synchrones dans leurs actes. Les yeux de biches de Shikamaru, perçants d'habitude, étaient voilés par un sentiment indescriptible, un mélange de frustration, de désir et d'hésitation. Ceux, noirs d'encre, de Sasuke défiaient leurs vis-à-vis avec une sorte de morgue qui contrastait étonnamment avec sa douceur précédente.
Le défi fut relevé. Shikamaru baissa ses mains pour s'emparer du bassin de ce petit insolent qui osait le provoquer, et le coller contre le sien, tout en prenant cette fois une entière et impérieuse possession de sa bouche, sa langue transformée en aventurière avide. Sasuke rendit les armes et s'abandonna à la poigne de son dominateur qui empêchait toute tentative d'évasion avec un râle de plaisir.
Les tasses posées préalablement sur un plateau à côté de la théière manquèrent se fracasser au sol quand Shikamaru posa Sasuke sur le bar, et une deuxième fois lorsque, mû à nouveau par la même idée, les deux amants se retirèrent mutuellement leurs T-shirt, ainsi que le pantalon de Sasuke. Ce dernier enroula ses jambes nues avec fermeté autour du torse qui lui était présenté, étreinte qui lui fut rendue sous la forme de multitudes de baisers sur la moindre parcelle de chair à laquelle Shikamaru pouvait accéder. Les baisers étaient accompagnés de caresses de plus en plus pressantes, dans le dos, sur les cuisses, sur les abdominaux, sur l'élastique de son caleçon.
Sans trop qu'il arrive à comprendre comment, ledit caleçon disparu soudainement, révélant l'intégralité de la peau d'albâtre du sombre Sasuke Uchiwa. Sombre Uchiwa qui lâcha un son aigu à mi-chemin entre gémissement et un miaulement quand, après de douces caresses manuelles, Shikamaru confondit vraisemblablement leur occupation avec la dégustation d'une délicieuse friandise. Sasuke se demanda vaguement comment diable il pouvait aussi bien cacher son jeu, car un tel savoir-faire avait dû nécessiter un entraînement intensif. Son amant, comme s'il l'avait senti, interrompit ce moment d'égarement en changeant soudain de cadence, plus rapide, en resserrant son étreinte et agrémentant cette variation de va-et-vient avec ses mains sur tout le bassin qui était à sa merci. Sasuke n'était plus aucunement comparable avec une sucrerie alléchante, il tenait plus à cet instant d'un volcan en éruption. Des vagues de chaleur ininterrompues se succédaient dans sa poitrine, lui coupant par moments la respiration. Une tempête faisait rage dans son bas-ventre, se traduisant par d'innombrables frissons de plaisir à l'extérieur.
Le côté joueur de Shikamaru le poussa à un acte qui, selon Sasuke à cet instant, lui parut de l'ordre du sadisme pur. Il stoppa net toute entreprise pour darder un regard pensif et teinté de moquerie sur son vis-à-vis.
-C'est galère je sais, mais je ne te rendrais pas la tâche aussi facile.
Pour ensuite le soulever et le plaquer sur le lit, ayant sans doute d'autres stratégie à tester sur ce nouveau plateau de jeu.
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"J'ai jamais eu autant de notifications "j'aime" depuis que j'ai instagram" fut la première chose que songea distraitement Naruto en regardant son portable au réveil, alors qu'à côté de lui, Neji dormait encore du sommeil du juste.
Alors qu'il était 16h.
Et qu'il n'avait rien mangé depuis le dîner de la veille.
Et que ce dîner, il l'avait vomi.
Son estomac se chargea de lui rappeler douloureusement sans lui laisser le temps de redécouvrir la photo qu'il avait prise la veille, de Neji et lui déchirés comme jamais.
Dans un monde parallèle où Naruto n'avait pas un trou noir à la place du ventre, qui absorbait tout ce qu'il pouvait sans jamais en avoir réellement assez, il se risqua à regarder quelle photo ses amis avaient unanimement apprécié. Et ceci agit comme une piqûre de rappel lui rappelant l'intégralité des événements qui s'étaient déroulés avant son sommeil.
Mais dans le monde dans lequel se déroule cette histoire, Naruto préféra donner la priorité à l'engloutissement pur et simple de pas moins de six portions de nouilles instantanées à la suite, et en oublia son portable, Neji qui dormait, et surtout, il en oublia de se demander ce qui avait bien pu le pousser à s'endormir nu comme au jour de sa naissance alors qu'il détestait ça, d'habitude.
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Ce second chapitre s'achève ici ! Normalement la suite devrait arriver d'ici quelques jours tout au plus, étant donné que je suis fermement décidée à aller au bout de cette histoire, que je me plais de plus en plus à construire.
Et vous, qu'en pensez-vous ? Vos reviews me donnent toujours envie de continuer, qu'elles soient super courtes ou de véritables pavés, qu'elles soient insultantes (sans exagérer toutefois (a) ) ou encourageantes, critiques ou donnant de nouvelles idées ! Merci de m'avoir lue jusqu'au bout. Cœur sur vous.
à bientôt pour le chapitre 3, "l'affaire instagram" !
Ako
