Me revoilà une semaine après ma première publication pour un nouveau chapitre ! On est revenu à Poudlard en 5ème année. N'hésitez pas à laisser une review.
- Huit heures, debout tête de linotte !
Lavalya grogna et se retourna dans sa couette. Elle ressemblait à ce que les Moldus appellent une crêpe roulée. Elle ne voulait pas se réveiller, elle était en vacances donc elle pouvait faire la grasse matinée. Mais son réveil n'était pas décidé à la laisser tranquille... Lui qui, au départ, parlait tranquillement, voire amicalement, il hurlait à présent ! Mais… elle l'avait programmé pour ça...
- C'EST LA RENTREE ! DEBOUT FEIGNASSE ! TU VAS RATER LE TRAIN !
Elle l'envoya valser à l'aide d'un coup de poing contre le mur où il s'éteignit instantanément. Elle le réparerait au château. Mais là, elle était de mauvaise humeur. Bien que ce soit elle qui l'ait programmé, elle n'aimait pas se lever tôt, et reprendre le rythme scolaire allait certainement lui être difficile. La jeune élève de Serpentard ouvrit un œil et le rayon de lumière qui avait réussi à se faufiler jusqu'à son lit la fit grimacer. Elle laissa le temps à son œil de s'habituer à la lumière avant d'ouvrir le second. Décidément, elle n'était pas du matin. Et là, c'était le plus difficile : sortir de la couette ! Les yeux braqués sur le plafond, la jeune femme essayait de trouver le courage mental de quitter la chaleur et la douceur de sa couverture... Elle ne craignait pas beaucoup de choses, mais elle détestait avoir froid et elle avait déjà tout essayé pour ne plus ressentir de frissons lorsqu'elle se levait... Comme par exemple mettre deux pyjamas, des chaussettes, d'avoir un feu dans sa cheminée ! Parce que oui, chez elle, c'était encore des feux de bois qui chauffait le manoir, mais grâce à la magie les arbres n'étaient pas décimés. Mais, malheureusement, elle avait toujours froid, le temps de s'habituer à la température ambiante.
Bon, il était temps de sortir de son lit ! Elle en était persuadée, elle en était amoureuse c'est pour ça qu'elle ne voulait pas le quitter ! Mais encore aujourd'hui, elle avait réussi. Elle fit bien attention à ne pas poser les pieds sur le parquet de sa chambre mais de les glisser dans ses pantoufles. Encore à trois-quarts endormie, elle se dirigea vers sa salle de bain. Car dans la famille, chacun avait la sienne, question pratique. Cécilia, d'un an sa cadette, à peu de chose près, était très coquette et donc passer après elle relevait du miracle ! Et même si elle n'aimait pas étaler ses facilités financière, sa famille avait les moyens d'octroyer une salle de bain à chacun, grâce aux métiers de ses parents. Son père était Auror et gagnait donc bien sa vie et sa maman était briseuse de sort, mais pas pour Gringotts : il y avait quelques riches familles ou sorciers qui demandaient ses services pour récupérer des trésors. Et Précieuse Marchombre faisait partie de ces chasseurs de reliques, ce qui lui permettait de raconter de passionnantes aventures à raconter à ses filles lorsqu'elles étaient plus jeunes… et encore maintenant. Elle était très connue dans le monde sorcier, ainsi que son mari.
La jeune fille, maintenant presque réveillée, se regardait dans la glace. Outre ses yeux endormis, elle avait le teint très pâle, des yeux verts d'eau -une teinte particulièrement pâle qui donnait l'impression qu'on pouvait se noyer dans son regard- puis bien sûr, une impressionnante chevelure noir corbeau qui, la plupart du temps, était relâché ou en tresse –quand il fallait voler ou s'entraîner aux duels. En y réfléchissant bien, elle était le portrait craché d'Edward Marchombre. D'ailleurs, les rivaux de la jeune femme lui disaient qu'elle n'était qu'une réplique de moins bonne qualité. Mais elle n'était pas tout à fait comme lui : il était expressif même s'il se cachait derrière un sang-froid imperturbable, Lavalya avait beaucoup, beaucoup de mal avec ses sentiments et avec les autres. Elle n'était capable de s'ouvrir qu'avec sa famille, même avec ses deux meilleurs amis c'était compliqué. Son problème ?... Les autres !
Pour l'heure, elle ôta son pyjama –vert en haut avec le nom de son équipe de Quidditch préférée et un simple pantalon noir– et passa sous la douche très chaude, faisant apparaître de la condensation sur toutes les vitres de la salle d'eau. Quelques longues minutes plus tard, elle réussit à en sortir –non mais c'est vrai quoi, pourquoi sortir d'un endroit où il fait si chaud !– pour aller s'habiller dans sa chambre avec les vêtements qu'elle avait préparé sur une chaise, la veille. Faut pas croire, elle n'avait pas oublié la rentrée, mais c'est juste qu'elle préférait vivre la nuit. Mais seuls les vampires pourraient avoir cours la nuit, enfin c'est ce qu'elle pensait. Un instant, la pensée d'être un vampire la fit sourire. Elle avait déjà toutes les caractéristiques à vrai dire, sauf les yeux rouges.
Maintenant qu'elle était prête, elle descendit les escaliers qui menaient au salon et du salon passa à la cuisine. Ses parents étaient, bien entendu, déjà debout.
- Oh ! Aujourd'hui est à marquer d'une pierre blanche ! Même pas 10h00 et tu es déjà levée ! Même le jour de la rentrée, d'habitude, tu te lèves à 10h30, se moqua son père... Tu as un amoureux à retrouver ?
Lavalya grogna pour seule réponse, et se servit du jus de citrouille bien sucré, avec des pains au chocolat. Il n'y en avait pas à Poudlard, c'était une pâtisserie typiquement française. Car la jeune fille avait deux cultures : anglaise de par son père et française de par sa mère. Elle avait eu le choix entre Poudlard et Beauxbâtons, mais elle n'avait pas voulu laisser son meilleur ami y aller seul à l'époque. Quant à sa sœur, son choix avait été vite fait... hors de question d'allez dans une école où il servait de la bouillabaisse mais c'était surtout parce qu'elle ne voulait pas laissé sa famille.
En parlant de l'hippogriffe... Une tornade blonde venait de faire irruption dans la cuisine. Grande, blonde, radieuse : voilà ce qui pouvait résumer Cécilia Marchombre.
- Et bien alors, on a lancé un sort de catapultage à ton lit ?!" la taquina sa sœur avec un petit sourire en coin absolument irrésistible.
- Je pourrais dire la même chose quant à ta salle de bain miss-j'y passe-des-heures", lui rétorqua Lavalya.
Mais le miracle était là : elle souriait. Sa sœur avec cet étrange pouvoir sur elle. Bien que diamétralement opposées, elles étaient soudées comme un gallion à un gobelin.
La fin du petit déjeuner se passa dans la joie et la bonne humeur, les parents profitant de leurs filles car ils ne les reverraient pas avant Noël. Lavalya entrait en 5ème année, l'année des B.U.S.E et sa sœur en 4ème année. La famille prit la direction du Chemin de Traverse grâce à la poudre de Cheminette. Lavalya grinça des dents lorsque sa tenue fut couverte de poussière, mais un sortilège plus tard et tout fut oublié.
- Non mais je ne comprendrais jamais pourquoi on n'utilise pas la magie avant notre majorité en dehors de l'école, surtout pour des sorts aussi simples."
- Parce qu'il y a des risques d'accidents, le risque d'être découvert et surtout, dans ton cas, cela t'apprend la patience jeune fille."
Lavalou, qui était justement prête à répliquer qu'elle n'était pas assez bête pour se faire repérer ou faire des erreurs, fut coupée dans son élan et fit comme si de rien n'était. Etant arrivés avec une bonne heure d'avance, ils prirent le temps de flâner, ce qui permit à Cécilia de se trouver une nouvelle robe et à Lavalou un nouveau livre de sortilèges. Elle adorait cette matière, ainsi que les potions.
Bientôt, il fut l'heure d'aller à la gare. Les Marchombre franchirent la barrière pour se rendre du coté moldu et prirent un taxi. Heureusement que Précieuse avait vécu chez les Moldus –pas parce qu'elle était de sang-mêlé, mais parce que son père avait décidé de devenir professeur auto-école, un métier qui consistait à apprendre aux jeunes sans pouvoir à se déplacer dans une voiture. Lorsque Lavalya avait essayé de prendre des leçons avec son grand-père, lors des vacances qui venaient de se terminer, ce fut une catastrophe. Elle était partie en plein milieu d'un carrefour. Heureusement qu'elle paraissait plus âgée et que les Aurors Moldus n'étaient pas dans le coin. De toute façon, elle adorait la magie et savait s'en servir, alors pourquoi apprendre à utiliser des objets dont elle n'aurait aucune utilité.
Ils furent vite arrivés devant la voie 9 3/4 et, avant qu'un Moldu apparaisse, ils coururent vers le pilier en béton qui était en fait une barrière pour accéder au quai du Poudlard Express. Il était là, toujours aussi rouge. La gare était toujours aussi enfumée et pleine de monde. Lavalya salua ses parents et glissa à sœur qu'elle la rejoindrait plus tard, non pas parce qu'elle devait rejoindre un amoureux imaginaire, mais parce qu'elle avait eu la surprise de s'être vue nommée préfète de sa maison et elle en était très fière. Après des dernières embrassades avec sa mère et taquineries de son paternel, elle enfila sa robe, y accrocha son insigne de préfète et monta dans le train.
Mais par Merlin, où devait-elle aller déjà –elle sortit le parchemin qui l'indiquait– et la voilà repartie vers le fond du wagon, vers celui des préfets-en-chef. Elle hésita un instant avant d'entrer mais se reprit vite. Le wagon était encore vide. Elle avait de l'avance et donc en profita pour manger des fondants du chaudron. A son deuxième, la porte s'ouvrit sur ses deux supérieurs qui lui sourirent avoir de voir qu'elle était à Serpentard. Leurs sourires s'effacèrent, ce qui froissa énormément la jeune fille.
- Salut ! Lavalya Marchombre. Vous en voulez un ?
Les deux élèves furent, cette fois, surpris. La jeune fille n'étant déjà pas très patiente, insista :
- Bon oui ou non ! Ce n'est pas parce que je suis de Serpentard que je suis impolie.
De toute évidence son ton n'avait rien de très agréable, mais ils l'avaient bien cherché après tout. Le premier qui répondit fut un garçon qui, d'après sa robe, était de Serdaigle :
- Enchanté, Roger Davies ! C'est rare de voir des nouveaux préfets arriver aussi tôt et… surtout de Serpentard. Ils se croient toujours tout permis, ce qui explique notre étonnement, dit-il avec une grimace d'excuse.
Lavalya n'en était pas convaincue mais soit. Ce fut alors au tour de la Gryffondor de lui prendre un de ses chocolats et de se présenter. Son deuxième "supérieur" était donc Patricia Stimpson. En attendant les autres, ils échangèrent quelques mots. Ce fut ensuite au tour de Ron Weasley et Hermione Granger d'ouvrir la porte coulissante. La jeune Serpentard leur adressa un signe de tête. Ron, qui n'aimait de toute façon pas les Serpentard, ne lui répondit même tandis qu'Hermione lui lança un sourire éclatant. Lavalya l'avait plusieurs fois défendue de Drago Malefoy et de ses acolytes. Elle ne le faisait pas par gentillesse, elle-même utilisait souvent le sarcasme, mais par principe. Les Malefoy étaient des rivaux de sa famille parce qu'ils n'avaient pas du tout les mêmes idéaux... Les Marchombre pensaient que seul l'individu pouvait prouver sa valeur et non des stupides théories sur le sang. Il est vrai que les sorciers de "sang-pur" étaient parfois plus puissants, mais aussi beaucoup affaiblis par la consanguinité. Et comme le prouvait Hermione, quand la magie avait décidé d'être présente chez quelqu'un, même un sorcier de né de Moldus, il ne fallait pas réfléchir.
Avec l'arrivée des Serdaigle et des Poufsouffle, la réunion commença mais il manquait un dernier Serpent... Blond, élégant et nonchalant Drago Malefoy venait d'ouvrir la porte avec son sourire qui disait "je suis supérieure à vous donc peu importe si j'arrive en retard", mais très vite une grimace apparut quand il vit son homologue.
- Toi ! Je préfère encore Pansy. J'exige de parler à un professeur ! Hors de question de travailler avec elle, mon père en...
Il fixait d'un air glacial les deux préfets-en-chef qui n'en menait pas large. Hermione était prête à intervenir quand :
- Bouhouhouh, le petit Malefoy veut écrire à son papa parce qu'il n'est pas capable de rester avec la méchante fifille, dit narquoisement la jeune Serpentard
Et avant qu'il puisse reprendre elle continua :
- Non mais je rêve ! Arrête de nous faire honte et pose tes fesses.
Alors qu'il s'apprêtait à répondre, les deux septièmes années prirent les choses en main. Ainsi elle put savoir qu'elle aurait à faire des rondes dans le château avec un coéquipier –et elle espérait de tout cœur que ce ne soit pas obligatoire d'être dans la même maison– et lorsqu'elle verrait une infraction aux règlements, elle pourrait enlever des points. Tout le monde quitta le wagon, elle en dernier. Avant de rejoindre ses amis, elle décida d'aller chercher des friandises au chariot, car elle supposait que depuis le temps, il avait déjà fait sa ronde. Elle chercha ses gallions dans ses affaires et alla vers le fond du train.
- En tout cas, fais attention à toi, Potter, parce que je vais te suivre à la trace comme un chien, et si jamais tu fais un pas de travers...
- C'est moi qui enlève des points !
Lavalou, trop heureuse de faire marronner encore Malefoy, n'avait pu s'en empêcher. Après tout si elle remarquait qu'il faisait des infractions, elle pouvait lui enlever des points.
- Encore toi ! Ne t'avise même pas de toucher aux points des Serpentard.
- Sinon quoi ? Tu vas me le faire payer, c'est ça ? Mon pauvre petit chou, j'ai plus de ressources que tu ne peux penser et, contrairement à toi, je n'ai pas des gorilles en guise d'amis et de famille, alors fais attention à toi. Eux –en désignant Crabe et Goyle– ne feront pas le poids.
En lui jetant un regard mauvais, Malefoy finit par s'en aller.
- Non mais on pouvait s'en débarrasser sans toi.
Ron, qui s'était levé de colère, la regardait, le rouge lui montant au visage.
- Ron, arrête un peu ! cracha Hermione.
- Non mais tu n'es pas le centre du monde Weasley ! Si je l'ai fait, c'est avant tout parce que j'adore le mettre en colère.
Après cette incartade, elle se rendit directement au chariot de friandises sous les cris de la préfète de Gryffondor qui ne pardonnait pas à son coéquipier d'avoir été aussi impoli. Après avoir repris des fondants au chaudron et des suçacides pour elle, Lavalya choisit pour ses amis des chocogrenouilles et des bulles baveuses. En repassant devant, elle s'aperçut que le compartiment des Gryffondor était calme et elle partit à la recherche du sien.
Quelques compartiments plus loin, elle les trouva enfin ! Y étaientt présent ses meilleurs amis : Karim et Julius ainsi que Maena et Cécilia. En ouvrant la porte, elle attira l'attention de sa cousine qui lui sauta au cou à l'en faire tomber par terre. Puis, elle pointa du doigt son insigne de préfète :
- Bien sûr, puisque je t'ai envoyé un hibou !
- Oh mais je ne t'avais pas encore félicité de vive voix.
En effet, Maena était partie en vacances à l'étranger ces deux dernières semaines avec ses propres parents, ce qui fait que les deux jeunes filles, qui ne se quittaient pour ainsi dire jamais, avaient dû se passer l'une de l'autre aussi longtemps. Ce fut au tour de Julius de la saluer puis ensuite Karim.
- Bon moi je vous laisse, je dois allez voir Théodore !
Cette phrase fut suivie d'un bisou sur la joue de Lavalya. Cécilia venait de quitter le compartiment.
- Toujours autant de succès, celle-là. Ça fait combien de fois qu'elle change depuis sa première année ? dit Lavalou
En tant que grande sœur, elle n'aimait pas particulièrement que les garçons lui tournent autour, mais c'était Cécilia qui tournait autour d'eux. Et bon, elle n'avait pas envie de se brouiller avec elle et tant qu'elle restait loin du blond prétentieux, c'était déjà un bon exploit.
- Et toi Lavalou, personne en vue ? demanda Karim
- Hum tu le saurais, je pense...
- Mouais… on est pas dans la même maison, tu sais...
En effet, Karim avait été réparti, cinq ans plus tôt, chez les Poufsouffle. Elle l'avait rencontré lors de ses vacances chez ses grands-parents lorsqu'elle était petite. Cécilia était une teigne à l'époque –elle faisait ses dents. Donc elle avait fait son premier long voyage, car petite comme elle l'était, il était hors de question de transplaner ou d'utiliser la poudre de Cheminette. Ce jour-là, les parents de son père avaient décidé qu'elle devait aller prendre l'air au parc moldu plutôt que dans le jardin.
*Flash Back*
L'air se troublait un peu, comme si on était dans le désert par moment. Mais c'est juste qu'en cette journée d'août, il faisait terriblement chaud. La plupart des gens restaient chez eux, mais quelques personnes avaient bravé la chaleur pour aller se réfugier sous la fraîcheur du grand parc. Il y avait plusieurs toboggans, balançoires et autre jeux pour grimper, mais c'était dans le bac à sable que Lavalya avait décidé de passer son après-midi. Ses grands-parents l'observaient, assis sur un banc. Ils avaient essayé de jouer avec elle, mais après cinq minutes, la fillette n'était plus réceptive et de toute façon, elle préférait jouer seule. C'était donc seule qu'elle s'amusait à faire des châteaux (enfin des pâtés de sable plutôt). Mais un autre enfant avait décidé de s'installer près d'elle... Tant qu'il restait dans son coin, cela ne l'avait pas dérangé. Mais il commençait à lui prendre ses affaires et à détruire sans vergogne son œuvre d'art –quatre tour de sable. Lavalya prit alors les choses en main. Bien sûr, elle était un peu trop jeune pour utiliser la magie instinctive, mais elle avait de très bonnes dents... Elle était en train de le croquer copieusement, et sans qu'aucun adulte n'intervienne, qu'un garçon de son âge, de trois ans donc, prit part à l'affaire.
- Ma maman m'a dit qu'on ne devait pas s'amuser comme ça ! Lâche-le.
De surprise, elle le lâcha, ce qui permit au bambin qui, à force de cris, alla prévenir sa maman qui ne tarda pas à débouler pour sauver l'honneur de son fiston. Et bien sûr, ils entrèrent en guerre avec les protecteurs de Lavalya. Ils en étaient presque venus aux mains quand Karim, de nouveau, était intervenu.
- Elle l'a pas mordu, il est tombé.
Forcément personne ne crut cette version, les marques de dents étaient bien visibles, mais comme personne n'avait vu l'incident, on en resta là. Mais elle s'était fait un nouvel ami, son premier.
A force de confidence, elle avait su que Karim était un sorcier. Lorsque les adultes les entendaient, ils pensaient à des jeux d'enfants, sauf leurs familles respectives qui finirent par devenir proches elles aussi. Lavalya allait passer un mois chez lui et lui un mois chez elle. Et encore maintenant, ce rituel était un maximum respecté.
* Fin du flash *
Lavalya revint à la réalité lorsqu'elle entendit un éclat de rire. Elle sourit en espérant ainsi passer inaperçu, mais sa cousine ne la rata pas :
- Toi aussi tu penses à un garçon qui te plait ? dit-elle pour la taquiner.
- Oui, je pensais à Karim lorsqu'on s'est rencontré ! dit-elle en le regardant dans les yeux.
Elle adorait le faire rougir, c'était trop facile. D'ailleurs ça ne rata pas et il devint écarlate jusqu'à la racine de ses cheveux noirs bouclés. Le jeune homme était aussi mince qu'une crevette ! Et surtout très timide, on se demandait comment il avait eu le courage de venir lui parler au parc, mais quand on est enfant on se sent invincible. Mais il ne se passerait jamais rien entre eux (ils avaient pris des bains ensembles, alors c'était hors de question ce serait même incestueux).
Il faisait noir maintenant. A force de plaisanterie, le temps avait passé, comme toujours, à une vitesse folle dans le train. Il serait bientôt l'heure de retrouver la Grande Salle. Ce fut la débandade sur le quai, comme d'habitude et les Serpentard et le Poufsouffle attendirent avant de descendre : tous savaient que Lavalya n'aimait pas la foule. La jeune femme, une fois sur le quai, se demanda où était passé Hagrid… Il n'y avait que cette Gobe planche –quel drôle de nom d'ailleurs. Elle aimait bien le garde-chasse, même s'il n'était pas très futé. Mais tout les quatre devaient partir vers les calèches. Lavalya savait qu'elles étaient tirées par des Sombrals mais, n'ayant jamais vu la mort, elle n'arrivait pas à les discerner, seulement les sentir. C'est en discutant de tout et de rien, mais surtout des cours qu'ils allaient suivre –en troisième année, Lavalya avait pris trois options : Arithmancie, Soin aux créatures magiques et études des runes – qu'ils passèrent leur voyage jusqu'au château. Les quatre étudiants se demandaient surtout qui allait assurer les cours de Défense contre les Forces du Mal.
Notre héroïne espérait que ce soit le professeur Rogue, car elle le connaissait bien… enfin "bien" était un grand mot, mais c'était un des meilleurs amis de son père et surtout le directeur de maison des Serpentard. Dans les professeurs précédents, le seul qu'elle eut apprécié fut Lupin, contre l'avis de tous ses confrères, sauf de sa famille. Ça en devenait lassant d'être toujours celle qui n'avait pas les mêmes opinions que les autres. Il y en a avait sûrement d'autres, mais ils avaient bien trop peur de Crabbe et Goyle.
Ils arrivaient déjà au château où, pour certains –comme Julius que son estomac tourmentait– à temps pour le dîner dans la Grande Salle. Lavalya dit au revoir à Karim avant d'entrer, Maena se permit de l'enlacer, ce lui fit monter les yeux au ciel, quant à Julius, il se contenta d'une poignée de main et d'une réplique bien sentie pour lui montrer son affection. Ce dernier, elle l'avait rencontré dans cette même salle, où ils venaient d'entrer, à la table où ils allaient manger. Le tout frais Serpentard lui avait tout simplement fait une déclaration d'amour enflammée sur un parchemin, le lendemain de la rentrée, au petit déjeuner, et il n'avait rien trouvé de mieux à lui dire.
" Non mais, en fait, je t'avais repérée et je savais pas comment attiré ton attention. Ami ?"
Cela avait fait rire la fillette qu'elle était alors, et elle avait admis qu'il n'était pas facile de se faire une place dans la relation quasi fusionnelle qu'elle avait avec sa cousine.
Mais il était temps de revenir à la réalité, les premières années venaient de faire leur entrée. Ils étaient tous soit fascinés, soit craintifs, soit euphoriques mais jamais indifférents. Lavalya adorait cette cérémonie, parce qu'elle avait adoré la sienne et surtout à cause de la chanson du Choixpeau :
Aux temps anciens lorsque j'étais tout neuf
Et que Poudlard sortait à pein' de l'oeuf
Les fondateurs de notre noble école
De l'unité qui avait fait leur symbole
Rassemblés par la même passion
Ils avaient tous les quatre l'ambition
De répandre leur savoir à la ronde
Dans l'école la plus belle du monde
"Ensemble bâtissons et instruisons !"
Décidèrent les quatre compagnons
Sans jamais se douter qu'un jour viendrait
Où la destinée les séparerait.
Toujours amis à la vie à la mort
Tels étaient Serpentard et Gryffondor
Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle
Tell's étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle.
Comment alors peut-on s'imaginer
Que pareille amitié vienne à sombrer ?
J'en fus témoin et je peux de mémoire
Vous raconter la très pénible histoire.
Serpentard disait : "Il faut enseigner
Aux descendants des plus nobles lignées."
Serdaigle disait : "Donnons la culture
A ceux qui ont l'intelligence sûre."
Gryffondor disait : "Tout apprentissage
Ira d'abord aux enfants du courage."
Poufsouffle disait : "Je veux l'équité
Tous mes élèv's sont à égalité."
Lorsqu'apparur'nt ces quelques divergences
Elles n'eur'nt d'abord aucune conséquence
Car chacun ayant sa propre maison
Pouvait enseigner à sa façon
Et choisir des disciples à sa mesure.
Ainsi Serpentard voulait un sang-pur
Chez les sorciers de son académie
Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.
Seuls les esprits parmi les plus sagaces
Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe
Tandis que les plus brav's des tromp'-la-mort
Allaient tous chez le hardi Gryffondor.
La bonne Poufsouffle prenait ceux qui restaient
Pour leur enseigner tout ce qu'elle savait.
Ainsi les maisons et leurs fondateurs
Connurent de l'amitié la valeur.
Poudlard vécut alors en harmonie
De longues années libres de soucis.
Mais parmi nous la discorde grandit
Nourrie de nos peurs et de nos folies.
Les maisons qui comme quatre piliers
Soutenaient notre école et ses alliés
S'opposèrent bientôt à grand fracas
Chacune voulant imposer sa loi.
Il fut un temps où l'école parut
Tout près de sa fin, à jamais perdue.
Ce n'était partout que duels et conflits
Les amis dressés contre les amis
Si bien qu'un matin le vieux Serpentard
Estima venue l'heur' de son départ
Et bien que l'on vît cesser les combats
Il laissait nos cœurs en grand désarroi.
Et depuis que les quatre fondateurs
Furent réduits à trois pour leur malheur
Jamais plus les maisons ne fur'nt unies
Comme elle's l'étaient au début de leur vie.
Maintenant le Choixpeau magique est là
Et vous connaissez tous le résultat :
Je vous répartis dans les quatr' maisons
Puisque l'on m'a confié cette mission
Mais cette année je vais vous en dir' plus long
Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :
Bien que condamné à vous séparer
Je ne peux pas m'empêcher de douter
Il me faut accomplir ma destinée
Qui est de vous répartir chaque année
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence.
Julius, qui était l'intello de la bande –enfin le plus logique, parce que les trois autres avaient de très bon résultats– prit la parole :
- Il nous met en garde cette année ! C'est sans nul doute dû au retour de Tu-sais-qui.
- Non mais, dis Voldemort bon sang ! " dit Lavalya tout bas car, bien que les autres en aient peur, ici dans cette maison, une partie des élèves le vénérait et ils n'auraient pas accepté qu'elle le nomme aussi frivolement. Et Lavalya n'avait pas particulièrement envie de se faire rouer de coups par une bande d'hippogriffes rageurs. Et bien sûr qu'il nous prévient, c'est la mémoire des Fondateurs ! Je veux bien me rapprocher des autres maisons, mais quand tu regardes ce troll manger, on n'a pas envie de s'y frotter de trop près.
Elle désignait Ron qui, d'année en année, se surpassait dans les quantités de nourriture avalée. Heureusement que pendant la Cérémonie, les assiettes étaient vides.
- Donc vous pensez qu'il est revenu ? s'enquit Maena qui venait de se prononcer d'une voix très basse, à la limite du chuchotement et on sentait bien qu'elle avait peur. On est une famille de sang-pur, vous croyez qu'il va s'en prendre à nos parents ?
-Bien sûr qu'il est revenu ! Fudge a le cerveau en bouillie ! Le Poufsouffle n'est pas mort tout seul. Mais de toute façon, nos parents savent se défendre et ton père a même un avantage particulièrement poilu.
-Vous avez un hippogriffe qui monte la garde chez vous ! C'est cool dit Julius.
-Pas un hippogriffe sinon, Valou aurait dit « plumé »", rétorqua Maena avec un sourire en coin.
Malgré ses demandes répétées, Julius n'en sut pas davantage. La Répartition était finie et c'était maintenant l'heure du festin. Comme toujours, elle en prit toujours plus qu'elle ne pouvait en manger, mais restait tout de même présentable, pas comme cette chose à poil roux. Il venait de baver sur lui… non mais il n'avait plus trois ans, un peu de dignité tout de même ! De voir que même Nick quasi-sans-tête s'en allait outré l'amusa... Ron Weasley n'était définitivement pas sortable.
Sa cousine regardait d'ailleurs dans sa direction, mais elle préférait sans nul doute la classe de Fred. Lorsqu'elle remarque que Lavalya l'avait prise en flagrant délit, elle rougit jusqu'a la racine des cheveux, ce qui lui donnait l'air d'être en feu avec sa crinière rousse. Mais elle n'eut pas le temps de lui sortir une pique bien sentie, car le directeur s'apprêtait à faire son traditionnel discours. Il présenta les nouveaux professeurs. Bien sûr, ils connaissaient la remplaçante de Hagrid, mais pas la guimauve rose qui prétendait être professeur de Défense contre les Forces du Mal.
- Non mais regardez-moi cette chose ! Je jurerais qu'elle ne serait même pas capable de stupéfixier un première année ! dit Lavalya, crachant presque en sa direction.
Il faut dire qu'elle n'avait jamais aimé les minauderies et encore moins le rose. Mais pire encore : elle interrompait maintenant Dumbledore !
- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bon amis !
- Alors ça, tu peux rêver ! dirent les deux cousines en même temps.
Mais à la table des Gryffondor, en simultané, deux frères jumeaux, roux bien entendu, avaient dis :
- Compte là-dessus !
Les deux paires d'yeux Marchombre fixèrent les deux paires d'yeux Weasley et se firent un signe de la tête. Le Choipeaux magique voulait de l'entraide, il allait en avoir ! Bien sûr, Ombrage ne remarqua rien... Très décevant pour quelqu'un qui se devait d'apprendre la vigilance aux jeunes sorciers et sorcières.
A la fin de son discours Julius, à qui jamais rien n'échappait, finit par dire :
- Le ministre semble vouloir se mêler des affaires de l'école.
Les deux jeunes filles restèrent dubitatives, sans trop savoir que penser. Elles verraient en cours. C'était l'heure de retrouver le dortoir. Les trois amis suivirent le reste de la troupe vers les cachots. Le traditionnel mot de passe leur fut donné (Ténèbres) et ils purent monter là où ils allaient passer leurs nuits pendant un an. Bien sûr, Julius prit la direction du dortoir des garçons –ces derniers n'avaient pas intérêt à essayer d'entrer dans ceux des filles car Salazar Serpentard était très à cheval sur la pureté des jeunes filles de sa maison et en particulier celles des grandes familles : une barrière donnait un électrochoc à quiconque de sexe masculin essayerai d'y entrer– et Lavalya et Maena retrouvèrent leurs affaires. Comme d'habitude, elles étaient côte à côte. D'ailleurs, elles avaient un petit rituel qui datait de leur première année. Sa cousine, étant la plus émotive des deux, se lamentait après son père alors Lavalya, pour la rassurer –car après tout à 11 ans se retrouver dans un internat était particulièrement difficile même si l'on était sûre de s'y plaire– passait une partie de la soirée à discuter avec elle dans son lit.
Maena, qui avait mis son pyjama s'engouffra sous les draps encore frais et attendit Lavalya, qui était partie faire une toilette rapide. Elles partageaient le dortoir avec Milicent Bulstrode, Pansy Parkinson et Daphné Grengrass. Cette dernière s'entendait très bien avec les demoiselles, aimant l'humour de Maena et l'ironie constante de Lavalya.
Mais les deux autres vouaient une haine sans limite à leurs consœurs, mais surtout aux deux cousines. De la jalousie, sûrement. Mais comme il était de bon ton parmi les Serpent de ne pas montrer leurs dissensions, elles attendaient généralement d'être dans les dortoirs pour faire des coups en douce… mais là Maena était seule.
- Levicorpus ! Alors Marchombre, on dort avec son doudou Lavalya ?
Cette dernière, qui avait entendue sa cousine crier parce qu'elle n'avait pas pensé à lancer un sort de silence –tant mieux– se précipita. Elle savait que sa cousine n'était pas très douée en sortilèges et donc n'avait pas pu se défendre assez rapidement mais elle si. Son père lui avait enseigné quelques rudiments en matière de rapidité. La baguette pointé sur elles, Lavalya lança un maléfice cuisant sans prononcer de formule, ce que qui eut pour effet de faire tomber Maena sur son lit puis sur le sol décidément maladresse quand tu nous tiens…– et que les deux horribles guenons se tiennent leur front douloureux.
- Vos petits tours de passe-passe, ça va encore, mais encore un sort sur elle et je vous jure que vous finirez l'année en haut de la tour d'astronomie accroché à une gargouille !
Elle était vraiment impressionnante en colère, pire que froide. Mais elle était prête à tuer pour ceux à qui elle tenait et ce n'était pas des paroles en l'air...
