La nuit se passe sans aucun autre incident mais elle fut courte pour Lavalya. D'abord parce que sa chère cousine n'arrêtait pas de bouger et donc, maintenant, au réveil, elle était toute moulue, comme si elle avait fait une chute de son balai. Et aussi parce qu'elle était perturbée et elle ne savait toujours pas pourquoi ! Comme si elle avait eu un pressentiment... mais de quoi ?! C'est pourquoi elle choisit de faire quelque chose pour ne plus y penser. La jeune fille décida donc de prendre sa douche à même pas cinq heures du matin, ce qui aurait fortement étonné toute sa famille, et elle retrouva son très cher uniforme ! Cette année, elle avait décidé qu'elle en avait marre de porter des jupes et, comme il n'y avait que la robe de sorcier qui était obligatoire, elle s'habilla donc en-dessous d'un pantalon noir - le même que celui des garçons de sa maison - suivi d'une chemise blanche, évidemment, de sa cravate verte et argentée, puis du chandail de l'école. Elle coiffa ses cheveux pour une fois - elle avait le temps - en une queue de cheval dont elle avait choisie avec soins les mèches qui en dépasseraient. Elle recula pour mieux apprécier l'effet final, avec un sourire appréciateur. Elle enfila sa robe de sorcière. Sa nouvelle tenue lui donnait un air décontractée et sexy que personne ne lui avait jamais connu.
A maintenant cinq heures du matin, elle était là, à se regarder et à balancer les bras ne sachant que faire ! Elle finit par descendre dans la salle commune déserte et s'installa devant le feu avec un livre qu'elle avait emprunté dans la malle de Maena - un livre sur un adolescent qui avait su vaincre un vampire en invoquant un démon. C'est divertissant de voir comment les Moldus imaginaient le monde magique. En vrai rat de bibliothèque qu'elle était, elle ne mit que quelques heures à le finir, ce qui permit de faire passer le temps en attendant que la fille aux cheveux roux se décide à descendre. Ce n'est qu'après avoir salué Daphné Grengrass et fusillé du regard les deux guenons qui ne se quittaient jamais qu'elle vit sa cousine enfin décidée à descendre, avec encore la marque de l'oreiller sur la joue, deux chaussettes de couleurs différentes - avoir du mal à se réveiller était un don très, très présent dans la famille - et les yeux qui avaient du mal à s'ouvrir, comme si il y avait trop de lumière alors qu'on était dans les cachots. Lavalya ne résista pas et se cacha dans l'ombre, attendant qu'elle passe devant elle et…
- VIGILANCE CONSTANTE !
Elle avait adoré les cours de défense contre les forces du Mal l'année passée !
- HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Et elle regarda sa cousine paniquer, tournant en rond avec sa baguette pointée pour se défendre contre celui qui avait osé la réveiller de cette manière. Toujours cachée, Lavalya n'était pourtant pas très difficile à trouver puisqu'elle se tordait littéralement de rire contre le mur en se tenant les côtes.
- Tu mériterais que je t'envoie vraiment un sort ! dit Maena d'un air mauvais mais elle était incapable de faire du mal à une mouche et vu son talent en sortilèges, c'est en brindilles pour balai que Lavalou finirait par aller à l'infirmerie.
Entre deux gloussements, cette dernière finit par dire devant la rousse qui la regardait d'un air renfrogné :
- Il faudrait déjà que tu tiennes ta baguette à l'endroit.
Puis elle repartit dans un fou rire que seule sa cousine pouvait lui donner... Sa maladresse était légendaire maintenant.
Rougissant jusqu'à la racine des cheveux et avec la dignité qui lui restait, Maena, sortit de la salle commune sans adresser un mot à sa cousine, le nez en l'air, signifiant tout simplement qu'elle boudait ! Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir longtemps, c'est pourquoi Lavalya la suivit :
- Allez, avoue que c'était drôle !
Mais elle ne réagissait toujours pas
- Allez, ne boude pas ! Tu te vengeras, comme d'habitude. Je peux même te mettre en contact avec Fred pour le faire, si tu veux, ajouta-t-elle sournoisement.
Le joli teint écrevisse de Maena s'intensifia.
- Et puis, tu sais, la règle chez les Serpentard : on n'a pas le droit de montrer qu'il y a des tensions entre nous !
- Pfeu, tu te gènes, toi, peut-être !
- Mais moi, on croit que c'est parce que je veux être la princesse de la maison et que je me dispute la place avec Malefoy !
Maena s'arrêta finalement en plein milieu de l'escalier.
- Je parie même que certains pensent que c'est à celui qui arrive à recruter de potentiels Mangemorts.
Là, pour le coup, elle avait soufflé sa cousine. Ce n'était pas totalement du bluff, elle était persuadé que Voldemort recrutait parmi les élèves. Après tout, ça ferait de bons espions à l'école.
- Mais arrête ! On est trop jeunes !
- Trop jeunes, trop jeunes… je te signale qu'à la sortie de l'école, il recrute plein d'élèves de Serpentard, Face de Serpent ! Alors, pourquoi pas à l'intérieur ? C'est un choix parfaitement logique, et même s'ils n'ont pas la marque, il y en a quand même pas mal qui sont enfants de Mangemort, ici.
- Face de Serpent… mais tu vas te faire tuer toi ! couina-t-elle
- Mais non, puisque tu n'iras pas le répéter ! Allez viens, on va prendre le petit-déjeuner.
Sa cousine avait l'air de réfléchir à ce qu'elle lui avait dit, mais pour Lavalya, c'était d'une logique à crever les yeux... En espérant que Dumbledore le comprenne aussi, espérait-elle. Mais il comprenait toujours tout, ce vieux fou. En fait, elle ne savait pas si elle l'aimait ou non ! D'un coté, il était puissant, intelligent, ingénieux et encore plein d'autres choses, mais elle n'aimait pas son air de toujours se mêler des affaires des autres. Elle avait l'impression qu'il contrôlait tout le monde et elle avait horreur d'être privée de sa liberté ou que quelqu'un puisse la diriger. Et elle le trouvait niais à faire confiance à tout le monde et blablabla.
Enfin, elles étaient enfin arrivées à la grande salle, réconciliées et à la vue de leurs amis, leurs pensées sérieuses se dissipèrent! C'est fou comme les adolescents peuvent passer rapidement à autre chose ! C'est dommage que les adultes n'en fassent pas autant, car après tout, c'était une manière comme un autre de prendre du recul sur la situation.
Julius les salua en souriant. C'était un jeune homme de leur âge, brun avec de grands yeux bleus, il était toujours tiré à quatre épingles : un vrai dandy ! Il était grand, très mince (limite à se demander s'il mangeait), toujours souriant et il possédait un sens de l'humour décapant. C'était très drôle d'entendre une conversation entre Lavalya et lui parce qu'on avait l'impression qu'ils se disputaient sans cesse, mais c'était seulement leur manière de se dire "je t'aime". En parlant de ça, justement :
- Lavalya !
- Ton pire cauchemar, répondit la jeune fille en souriant.
Et elle s'assit entre Julius et Maena, face à sa petite sœur et sa meilleure amie : Ellarosa Bukater. Elle était blonde, assez petite avec les yeux bleus. Mais ce qui plaisait le plus à Lavalya chez elle, c'était la douceur qui émanait de la jeune fille, sa fragilité. Mais comme tout Serpentard, il ne fallait pas se fier aux apparences : elle pouvait être très revancharde et avait de la suite dans les idées. Voilà, la petite bande était au complet, il manquait simplement Karim qui, lui, était assis à la table de sa maison. Une fois, il était venu à la table des Serpents et il avait fallu l'intervention de McGo pour calmer Malefoy et sa guenon.
En parlant d'elle, Parkinson la fixait en souriant, ce qui ne laissait présager rien de bon ! Maena s'en inquiéta tout de suite :
- Tu ne trouves pas qu'elle te regarde bizarrement l'autre, là !
- Si, mais ne t'inquiète pas, elle ne va pas me tuer non plus ! Au pire, me faire une farce de mauvais goût, comme elle sait si bien les faire !
- Parce qu'il y a des farces de bon goût ? dit Julien un sourire en coin.
- Bien sûr, rétorqua Lavalya. Celles qui n'ont pas pour but d'humilier mais de faire rire... Et avant que tu continues, je n'ai jamais dit que je les utilisais, je préfère de loin l'humilier, cette parodie d'être humain pensant.
Mais il était l'heure d'aller en cours et Severus Rogue, accompagné d'un étudiant (il semblait à Lavalya qu'elle l'avait déjà vu), leur donnèrent leurs emplois du temps chacun d'un coté de la table pour aller plus rapidement. Elle connaissait - c'était un bien grand mot - son professeur de potions depuis des années : il était le meilleur ami de son père, mais aux yeux de tous, c'était celui de Lucius Malefoy. Le pauvre menait une double vie à cause de cette guerre. Elle avait entendu ses parents en parler avec lui. Bon, elle s'était retrouvée derrière la porte par hasard parce qu'elle voulait aller aux toilettes qui étaient à l'autre bout de la maison… Elle s'était perdue dans son manoir ça arrive, non ? Mais il ne la favorisait pas plus que les autres Serpentard.
Quand ce fut son tour, elle les regarda pour prendre le sien. Elle tourna donc les yeux vers celui qui lui donnait le sien et elle ressentit un fourmillement au bout de ses doigts. Rien que cela la perturba et elle retira sa main qui tenait ce fameux bout de papier assez sèchement, ce qui tira à son interlocuteur un haussement de sourcil, avant qu'il ne passe à la personne suivante. Elle n'arrivait pas à se concentrer sur ce qui était écrit :
*Non mais oh ! C'est bon, c'est rien, tu as juste reçu un coup de jus, pas besoin d'en faire un dragon ! Saleté d'hormones adolescentes, je devrais être exempte de ce genre d'émotions ! Je suis une Serpentard, par Salazar, je devrais au moins me maîtriser ! Et puis d'abord, j'ai jamais dis que j'étais attirée par lui.*
Pendant ce temps, sa cousine, sa sœur et leurs amis essayaient de la ramener à la réalité :
- LAVALOU ! Bon sang !
Elle sursauta face à sa cousine qui avait tellement crié que la moitié de la grande salle avait les yeux rivés sur eux.
- Non mais, c'est bon, pas la peine de crier, j'ai le droit de penser non ?!
Elle jeta son sac nonchalamment sur son épaule
- On y a va ! On commence par histoire de la magie et avec les Gryffondor, comme d'habitude, je parie !
- Ce n'est pas toi qui disais qu'il fallait ne pas avoir de préjugés ? lui rappela sa petite sœur avec un air angélique qui ne lui allait que trop bien. Puis, tu es habillée en mec !
- Hi, voilà seulement que tu le remarques, ou tu étais peut-être trop absorbée pour trouver une nouvelle conquête ? fit Lavalya. Et je veux bien me rapprocher des chatons avec un tant soit peu d'intelligence, mais la seule qui en a le mérite me bat à chaque examen… je déteste être seconde.
- Mauvaise joueuse, dit Julius en lui donnant une tape sur l'épaule.
- Je ne suis pas mauvaise joueuse, sinon je saboterais ses examens !
- Oh, mais tu y as déjà pensé !
- J'ai déjà pensé à te tuer, c'est par pour autant que je l'ai fait !
- Oh, les enfants, on se calme !
Karim venait de faire son apparition. Ils essayaient de se voir avant chaque début de demi-journée de cours pour garder quand même le contact et ils faisaient leurs devoirs ensemble en général ! Karim était très bon en matières théoriques, mais très peu en pratique : il avait beaucoup de mal à maitriser la magie. Lavalya l'aidait beaucoup car, pour elle, exécuter les sortilèges étaient aussi facile que de respirer. Sans rien en dire aux autres, elle essayait d'en créer. Cependant en métamorphose, c'était sans conteste Maena qui aidait les autres ! Elle avait un pouvoir créatif absolument phénoménal et cela l'aidait beaucoup. Julius lui excellait en histoire de la magie, Ellarosa en soins aux créatures magiques et Cécilia en Botanique ! Les potions étaient disputées par Lavalya, Karim et Maena qui cherchaient toujours à avoir les meilleures notes possible ! Mais aucun ne se départageait pour le moment.
Tout ce petit monde s'entendait dans la joie et la mauvaise humeur - les adolescents avaient une certaine propension à râler, enfin surtout Lavalya - mais au final, ils ne se disputaient jamais et comblaient leurs lacunes. Pour Lavalya, c'était la métamorphose et l'histoire de la magie ! En parlant, du loup, elle avait cours les deux premières heures du lundi avec le professeur Binns et le redoutait, mais elle n'aimait pas être en retard.
Elle retrouva ses amis et sa cousine devant la porte, ainsi que Malefoy, mais les deux préfets se contentèrent, pour l'un de jeter des regards noirs, pour l'autre des regards où la dérision avait sa place ! Sa cousine discutait avec Julius, ce qui lui laissa le temps de repenser à ce qui s'était produit ou pas dans la grande salle ! Elle admettait qu'elle l'avait trouvé bizarrement attirant, elle le connaissait depuis assez longtemps, maintenant qu'elle y repensait. Alors pourquoi maintenant, hein ? Pourquoi tout à coup, comme ça, comme par magie, elle trouvait que, peut-être, il était canon ? Elle se secoua mentalement… ce n'était pas parce que ses hormones avaient subitement fait apparition qu'elle devait se rendre malade. Comme dirait sa cousine : " Arrête de te monter le ciboulot". Une expression moldue qu'elle adorait, allez savoir pourquoi !
Mais un brouhaha se fit entendre, signifiant que les rouge et or étaient là - au bout de cinq ans, ils n'étaient même pas capables d'être discrets – avec, en dernier, le célèbre trio. Et avant que Messire Malefoy fasse une remarque, elle fit en sorte qu'il ne puisse pas louper son insigne. Elle en était sûre, elle le paierait un jour de ne pas faire la guerre à la maison Gryffondor comme lui aimait la faire, mais après tout, sa tante était de cette maison donc ils n'étaient pas tous mauvais. C'était bizarre, Ron la regardait fixement et les deux autres rigolaient doucement. Soudain, d'un geste brusque il s'avança vers elle, si bien que Lavalya faillit sursauter, et il s'arrêta aussi soudainement :
- Jesuisdésolépourhierdanslecompartement !
- Je te demande pardon ? dit-elle avec un sourire narquois, repris par ses deux meilleurs amis.
- Je suis désolée pour t'avoir agressé dans le train !
- Et bah dis donc, Hermione a beaucoup d'influence sur toi, tu dois vraiment être amoureux !
Ses oreilles rougirent et avant qu'il parte, elle rajouta :
- C'est ok pour cette fois, mais essaye de te maitriser la prochaine fois.
- C'est un toutou fidèle, ce Weasmoche !
- C'est quoi qu'il dit, la fouine avec ses deux primates ? demanda-t-elle avant que Ron ait eu le temps de réagir.
- Allons, jeunes gens, il est temps d'aller en classe, dit le professeur Binns de sa voix trainante à l'entrée de sa classe.
- Je suis sûre qu'il ne peut pas sortir de cette salle ! ajouta-t-elle à sa cousine.
Depuis leur première année, elles débattaient sur le pourquoi du comment du seul professeur fantôme de Poudlard ! Et pour deux heures, la torture commença... Il était d'un ennui mortel et comme d'habitude, les guerres entre gobelins ne l'intéressaient pas ! Cependant Julius était fasciné... Et Lavalya était fasciné par lui... Comment arrivait-il à se concentrer et à aimer ce fichu cours ? Mais c'était tant mieux, au moins il pouvait l'aider. Après quelques minutes de gribouillages de notes, elle abandonna et s'échangea des mots avec Maena.
/ Tu comptes enfin te décider pour Fred ?! /
*Tu comptes me dire enfin à qui tu penses ?!*
/Oh mais là, je pense à toi./
*Tu sais très bien ce que je veux dire ! è_é *
/(è_é)? C'est quoi ?/
*Un smiley, un truc moldu que j'ai appris cette année, cette tête là signifie que je te surveille.*
/Oh bah ça, j'ai l'habitude depuis le temps ! Mais tu ne sais toujours ce que j'ai bien envie de laisser voir./
*Donc tu as voulu que je voie que tu étais troublée ?*
/.../
*Oh mais tu rougis !*
/N'importe quoi ! /
La sonnerie du cours venait de retentir, Lavalya prit le parchemin en quatrième vitesse pour ne pas qu'il tombe entre de mauvaises mains et pour plus de sécurité, car elle connaissait Pansy Parkinson. Elle effacerait ce qu'elle y avait écrit, même s'il n'y avait rien de bien compromettant. Mais elle était sauvée par le gong, enfin si on pouvait parler ainsi car elle avait cours de potion dans cinq minutes pendant deux heures. Elle se demandait comment ça allait se passer et qui était celui qui accompagnait le professeur Rogue.
Les élèves s'installèrent avant même que le professeur ne soit là, c'était leur habitude. Maena et Lavalya s'installèrent au premier rang, comme toujours et commencèrent à déballer livres, plumes et parchemins. Quant à la brune, elle attacha ses longs cheveux pour ne pas risquer d'abîmer sa potion.
- C'est pas parce que tu t'attaches les cheveux que tu vas faire une meilleure potion, dit la rousse.
- Rêve ! J'y suis presque arrivée à te battre aux examens l'année dernière.
- Presque, lui rétorqua-t-elle.
- Oh, tais-toi, le professeur Rogue ne va pas tarder à arriver.
La brune était bien déterminée à la battre cette année, mais comme d'habitude, ce serait Mae' qui gagnerait, elle en était sûre. Si elle cherchait la compétition, c'était plus pour se donner un défi car elle ne rêvait pas de devenir potionniste, elle ! Et sa cousine excellait dans ce domaine, elle arrivait à comprendre comment chaque ingrédient se complétait, en annulait l'effet d'un autre ou modifiait sa nature, elle savait pourquoi l'on coupait tel ingrédient de telle manière, pourquoi avec telle matière. En bref, elle avait ça dans le sang et Lavalya était beaucoup moins imaginative. Car pour faire des potions, il en fallait une sacrée dose, ce n'était pas simplement suivre une recette !
Mais elle fut coupée dans ses pensées par l'entrée de son professeur et de son toutou. Elle avait remarqué qu'il le suivait partout depuis le début de la matinée. Et elle savait qu'elle l'avait déjà vu quelque part ! Il était brun comme Rogue, mais avec des cheveux mi-longs et en bataille, comme s'il sortait du lit. Grand et athlétique. Bref il avait quand même la classe, comme tout bon Serpentard qui se respecte. Enfin, elle en déduisait ça de sa tenue, même s'il avait la même affreuse robe qui était censé protéger de toutes les éclaboussures de potion. Lorsque l'on n'entendit plus que le bruit des respirations, le célèbre maître des cachots prit la parole :
- Bien, avant de commencer ce cours, je vais laisser ce jeune homme se présenter et vous dire pourquoi il est ici. A vous, Mr Pucey, ne croyez pas que je vais vous faciliter la tâche.
Visiblement, le professeur de potions n'était pas très content de se retrouver avec un "assistant" puisque c'était ce qu'il semblait être, mais Lavalya attendait que le susnommé prenne la parole. Rogue le regardait avec un air narquois… enfin son air habituel ! Au mieux, il était neutre quand il vous appréciait. La jeune vipère ne l'avait jamais vu sourire, c'est dire ! Même quand il discutait avec son père. Mais une voix la ramena à la réalité :
- Je suis ici pour maitriser le noble art des potions afin d'être potionniste, je serai donc l'assistant du maître Rogue pendant deux ans.
Lavalya leva un sourcil septique, son professeur avait toujours refusé de prendre un apprenti depuis des années, c'était de notoriété publique... Il y avait anguille sous roche, surtout que le jeune homme n'avait pas l'air très vif. Enfin, les garçons venant de sa maison n'était en général pas des lumières, trop de consanguinité ! Mais elle le laisserait faire ses preuves avant de juger.
- Bien, la recette de la potion du jour est affichée au tableau et l'armoire au fond de la classe est ouverte. Concentrez-vous, le Filtre de Paix demande de la précision ! J'espère que l'été vous aura été bénéfique, vous faisant ainsi apparaître de merveilleuses compétences.
Comme à leur habitude, Maena alla chercher les ingrédients. Quant à Lavalya, elle prépara tous les ustensiles nécessaires et dans l'ordre. Sa cousine se dépêcha de revenir et elles se mirent à travailler en binôme. La brune devait s'en tenir à couper les ingrédients et Maena s'occupait de l'art délicat de tout mélanger correctement. Comme toujours à deux, elles se complétaient facilement. Mais aujourd'hui sa cousine avait été distraite :
- Tu as oublié de prendre l'ellébore ! Qu'est-ce que tu mijotes toi ?!
Sa cousine rougit jusqu'aux oreilles.
- Mais rien du tout, tout le monde ne peut pas viser la perfection comme toi !
Lavalya se méfiait vraiment, maintenant, quand elle utilisait la flatterie, c'était mauvais signe... Car même si elle savait très bien garder ses secrets, Maena Marchombre savait très bien fouiner et découvrir LE détail qui allait échapper au reste du monde.
- Non mais elle ne me laisserait jamais avoir un secret, celle-là... Surtout que je n'en suis même pas sûre s'il y a matière à en faire un, bougonna-t-elle.
Elle se retourna pour prendre une nouvelle plume dans son sac pendant que la potion mijotait. Pendant ce temps, elle ne vit pas, Pansy Parkinson qui avançait le bras de derrière sa table pour y ajouter quelques gouttes d'un produit, mais un des deux enseignants le vit...
Il se précipita pour arrêter l'élève fautive, mais c'était trop tard. Dès que la première goutte toucha le début de philtre, le contenu du chaudron explosa et Lavalya fut aspergée de toute part : au visage, aux jambes et, abasourdie, elle regarda le professeur Rogue hurler pour la première fois sur un élève de sa maison :
- PARKISON ! Décidemment, vous n'êtes qu'une larve sans cervelle ! Qu'avez-vous mis dans ce chaudron ?!
Il était maintenant à quelques centimètres d'elle, il touchait presque son visage et il était effrayant, bien plus que d'habitude. Tout dans son langage corporel démontrait une grande tension et Pansy était littéralement terrorisée. Maena aussi. Tout cela s'était passé en seulement quelques secondes et elle était maintenant près de sa cousine et s'apprêtait à lui enlever le contenu de la potion avec un chiffon lorsque :
- Stop ! Je vous croyais plus maligne que ça, Miss Marchombre ! Ignorez-vous que cette substance peut être dangereuse tant que je ne saurais pas ce qui a été ajouté, dit-il en grinçant des dents et en se retournant vers la fautive. ALORS !
- De… de… de l'essence de belladone !
- GOURDE ! Ajoutés à l'un des ingrédients cela occasionne des brûlures graves !
Pendant ce temps, Lavalya commençait justement à sentir des picotements sur sa peau. En effet, sa robe de sorcière commençait à se trouer à certains endroits, comme si de l'acide perçait le tissu. Elle ne réalisa pas qui lui lança un sortilège de nettoyage, ni qui la prit par le bras pour aller dans la pièce attenante à la salle de potion, qui semblait être un laboratoire où la chaleur était étouffante à cause des potions en cours de préparation. Ou alors, c'était les effets secondaires de la potion ratée, car elle sentait maintenant des brûlures à l'intérieur de sa peau, comme si de la lave en fusion essayait de s'y introduire. Elle serra les dents, décidée à ne pas gémir de douleur, mais c'était de plus en plus dur et elle ne réalisa pas de tout de suite qu'on lui enlevait ses vêtements. Elle eut alors un moment de recul.
- Oh, s'il vous plait, ne faites pas la mijaurée ! Je ne peux pas me contenter d'un simple Evanesco, ça n'enlève pas toute les particules et le peu qui restera, même infime, vous trouera la peau.
Elle se retrouva en sous-vêtement devant lui et aspergée d'eau. Heureusement que ses dessous n'étaient pas blanc ! Mais, après tout, elle n'avait pas à avoir honte d'abord... C'est l'autre guenon qui aurait dû et, foi de Marchombre, elle se vengerait ! Elle se regarda et vit que sur sa peau si blanche apparaissaient maintenant des cloques rougeâtres et limite purulentes. Elle eut un air de dégoût en voyant cela et sa rage arriva à son paroxysme ! Non mais, pas qu'elle se considérait comme une beauté fatale, mais elle en avait même sur la figure.
- Tient !
Et elle revint à la réalité. On lui tendit un pot de pommade.
- Pour mettre sur tes blessures, il n'en restera aucune trace. Mets-en et rhabilles-toi.
Elle prit de la pommade et la sentit : elle sentait le frais et l'herbe fraiche et lorsqu'elle toucha ses brûlures, au lieu de la douleur à laquelle elle s'attendait, se fut une agréable sensation de froid qui lui donna la chair de poule. Elle put enfin se décontracter et les muscles de la mâchoire lui en furent reconnaissants. Elle se rhabilla en quatrième vitesse et put enfin regarder autour d'elle, la chaleur était toujours là mais ce n'était pas désagréable, au contraire et la vue non plus ne l'était pas. Il était là, devant elle, torse nu en essayant de se mettre de la pommade sur le dos. Des éclaboussures avaient dû l'atteindre et sa robe n'avait rien pu faire contre le mélange détonnant. Elle resta là à regarder sa musculature que le Quiddtich avait dû former. Elle ne s'en était jamais doutée. Et elle se prit à penser qu'il était plutôt beau.
* Ah mince ! Je vais avoir un truc à lui cacher maintenant *
Elle était attirée par lui, c'était évident et c'était les signaux qu'elle n'avait pas compris. Lavalya l'aida alors tout naturellement à se mettre sa pommade et partit sans demander son reste.
Et dès qu'elle mit un pas dehors, une folle rousse lui agrippa le cou, une blonde lui cassa presque les côtes et un brun lui serra le dos.
- Non mais ça va bien oui ? Regardez tout le monde nous regarde, ça suffit, je ne suis pas morte !
- Non mais défigurée, ça oui ! Tu devrais peut-être songer à te jeter du haut de la tour d'astronomie ! dit Parkinson avec un rire gras
Et avant que quiconque puisse réagir, la douce Ellarosa, qui d'habitude détestait les conflits et essayait d'arranger les choses, la gifla d'une telle force que sa tête partie en arrière. Et Ellarosa qui la suivait comme son ombre ajouta :
- Elle au moins, ça guérira, toi tu auras toujours ta face de singe peinturluré ! Et je te conseille de surveiller tes grosses fesses, parce que là tu t'en prends à un clan et malheureusement pour toi, on est presque tous à Serpentard.
Maena s'était placée devant Lavalya et elle la sentait bouillonner, elle sentait Julien à coté d'elle et Lia se trouvait toujours devant avec Ella derrière. Et quant à elle, elle finit par s'approcher de Lia pour lui prendre le coude et la ramener vers les autres et jeta un regard noir à sa rivale l'air de dire : "essaye de t'en prendre un peu à ma sœur, toi."
Elle le comprit, finalement parce que le groupe se dispersa et son groupe à elle s'en alla pour manger à la grande salle ! Karim, en la voyant, réagit comme les autres… enfin presque. Lui n'était pas belliqueux pour un sous, il voulait simplement l'emmener à l'infirmerie pour être sûr et tout. Lavalya réussit à y échapper parce qu'elle se dirigea vers sa table pour manger. Toute cette agitation la fatiguait. Et elle avait besoin de réfléchir à sa vengeance, c'est pour ça qu'elle ne parlait pas du tout : sa fierté en avait pris un coup. Cinq minutes avant la reprise des cours, il ne restait plus que Mae' et elle.
- Valou ! On doit aller en cours !
- Hein ? Oui, j'arrive.
- Tu es sûre que tout va bien ?
- Bien sûr, quelle question. Ma fierté en un prit un gros coup, je dois dire
- Hi, tu arrêteras peut-être de me faire des coups en douce, maintenant.
- Rêve ! Elle pourrait t'avoir plus facilement que moi.
Et c'est en laissant sa cousine boudeuse qu'elle se rendit à son cours d'études des Runes. Elle fut la dernière arrivée, tant et si bien qu'elle fut très remarquée, surtout par un de ses condisciples.
- Tient ! Tu as reçu du pus de bubobulb sur la tronche, Marchombre ? Donne-moi son adresse, que je le remercie.
- Tu te répètes Malefoy, c'est navrant de te voir sénile à cet âge. Mais vu le taux de consanguinité dans ta famille, ça ne devrait pas m'étonner.
- Répète pour voir ?
- Oh, arrête, si tu crois que tu me fais peur, pauvre petit bourgeois à la noix ! dit-elle en se rapprochant de lui.
Il recula contre le mur car elle faisait peur maintenant, et les conversations s'éteignirent doucement autour d'eux.
- Tu te crois spirituel avec tes remarques, mais tu n'es même pas capable de réfléchir par toi-même. Et si tu portais encore des couches, il te faudrait ta mère pour ça !
- Hum, hum, jeunes gens ceci est un couloir pas un terrain de Quidditch ! Entrez, maintenant !
Lavalya alla s'assoir d'un pas rageur à une table au dernier rang, vide. Et avec un peu de chance, la chaise à coté d'elle le resterait aussi. Mais aujourd'hui, il semblerait que le destin en ait contre elle ! Hermione Granger venait de prendre place. A côté de Lavalya…
- Je ne te dérange pas, j'espère ?
- Si je te dis oui, tu t'en vas ?
Hermione leva le nez avec un air digne mais s'installa tout de même, ce qui tira un soupir à Lavalya.
- Nonmaisjerêve ! marmonna-t-elle.
- Hum, je vais ça sur le compte de ta mauvaise matinée !
- Elle n'a pas été si mauvaise que ça ! dit-elle sans réfléchir ce qui tira un regard interrogateur à Hermione. Bah oui, j'ai réussi à faire à surprendre ma cousine c'était... divertissant ! Cela promettait d'être une belle journée.
Elle réussit à tirer un sourire à Hermione. Bon, il n'y avait pas que ça, mais elle n'allait pas se confier à une Gryffondor…
- C'est marrant. Avec Maena, vous vous comportez comme si vous étiez sœurs. Mais ce n'est que ta cousine, n'est ce pas ?
- Ce n'est pas que ma cousine non... C'est… je ne sais pas… moi en mieux, je dirais !
- Oh, mais tu es très bien !
Elle perdit de son assurance en voyant le regard glacial de Lavalya...
- Bon, peut-être un peu sèche, mais chacun son truc, hein ! ajouta l Gryffondor.
- Certes.
Elles n'eurent pas le temps de finir leur conversation car le cours commença. Et les élèves devaient traduire un texte en runes très compliqué, qui avait pour sujet un sortilège que Lavalya ne connaissait pas... Elle se plongea littéralement dedans pendant les deux heures de cours, en griffonnant un nombre incalculable de parchemins mais toujours classés. Attention, hors de question de paraître négligée comme sa voisine qui, sous le coup de la nervosité, avait les cheveux ébouriffés et laissait trainer ses parchemins un peu partout.
Quelques secondes avant la fin, Lavalya avait enfin fini la traduction sur le sortilège qui était capable de faire apparaître un torrent de boue de sa baguette. Mais le professeur avait bien coupé le texte, puisqu'il n'y avait de décrit que les effets dévastateurs et ses utilités, mais pas la formule et le geste de baguette. Elle en soupira de frustration.
Plus que deux heures et la journée de cours sera enfin terminée ! Elle regarda son emploi du temps. Tient ! Défense contre les forces du Mal avec les Gryffondor ! Elle commença à prendre la direction de la salle de cours quand Hermione l'interpella encore une fois.
- Hey ! Tu traduis drôlement vite !
-Parce que je te suis supérieurement intelligente !
En voyant l'air outrée de la brune ébouriffée, Lavalou rit franchement, ce qui finit par la détendre et elles finirent par rire ensemble, ce qui étonna ses camarades Serpentard, ainsi qu'Harry et Ron qui avaient l'air de deux poissons hors de l'eau, ce qui accentua leur hilarité.
Et finalement, les demoiselles rejoignirent leur groupe pour entrer en classe. Maena se plaça près d'elle, comme à son habitude, et à peine le postérieur de Lavalya fut posé la chaise :
- Toi avec Hermione !
- Tu as une sacrée bonne vue, dis donc !
- Oh arrête, je peux savoir pourquoi tu lui parlais !
- Tu es jalouse ?
- Bien sûr que non, je te signale que tu as une bande d'amis.
- Qui est aussi la tienne ! Et ce n'est que des garçons.
- Je voulais juste savoir !
- Bah rien, elle m'a parlé en cours et j'ai répondu. Voilà, on n'est pas inséparables, non plus.
Mais leur attention fut attirée par un oiseau en papier volant qui voyageait de table en table... Bien sûr, le susnommé Malefoy fit son intéressant et ses deux gorilles rigolèrent mais bon, de toute façon Lavalya se demandait s'ils étaient capables de parler. Parce qu'à part rire et grogner, ils ne faisaient pas grand-chose. Elle lança un sort pour le faire chanter, s'attirant un sourire de la Gryffondor. Décidément, elle allait la croire sensible et gentille alors qu'elle voulait juste le rendre plus réaliste. Mais il fut mis en miette par le bonbon rose.
- Ah, tient, elle sait faire de la magie, finalement, ne put s'empêcher de dire Lavalya.
Heureusement, elle ne l'entendit pas, mais cela fit pouffer Maena.
- Bonjour ! dit-elle.
Quelques élèves marmonnèrent un inintelligible "Bonjour Mme Ombrage" ! Elle portait bien son nom : elle commençait à sérieusement ombrager l'humeur de Lavalya !
- Voyons, voyons, dit-elle. Ça ne va pas du tout ! J'aimerais, s'il vous plait, que vous répondiez : "Bonjour professeur Ombrage". Recommençons depuis le début, voulez-vous... Bonjour tout le monde.
Et tout le monde répondirent presque en chœur, mais Lavalya se contenta de la regarder sans ouvrir la bouche. Et quand Ombrage leur dit de ranger leur baguette, elle crut faire une syncope ! Elle ne s'était pas trompée : l'année allait être horrible avec cette chose en guise de professeur. Puis vint le temps des explications et elle nota machinalement ce qui était écrit sans réfléchir, en pensant comment la faire devenir aussi enragée qu'un hypogriffe en colère, tant et si bien qu'elle s'enfuirait en courant, quand Hermione prit la parole :
- Je ne le pense pas. Rien n'est indiqué au sujet de l'utilisation des sortilèges de défenses.
S'ensuivit un échange plutôt musclé avec les élèves de la classe principalement des Gryffondor d'ailleurs, lorsqu'on arriva fatalement au sujet de Voldemort.
- Mr-Potter-vous -avez-déjà-fait-perdre-dix-points-à-votre-maison-n'aggravez-pas-votre-cas, dit le professeur dans un seul souffle et sans même regarder la classe comme si ce n'était pas un sujet d'inquiétude flagrant.
Quand Harry fut sommé de venir au bureau, Lavalya décida de s'amuser un peu. Après tout pourquoi pas... Alors qu'Harry se rendait furieusement au bureau, elle dit :
- Forcément, le ministre regarde ailleurs, c'est tellement plus facile que d'affronter la réalité. Mais ce n'est pas en gavant sa petite personne de chou à la crème qu'il va coincer Voldy !
Toute la classe avait les yeux rivés sur elle. En une phrase, elle avait réussi à insulter le ministre, Ombrage, puisque c'était son toutou, et ce cher dictateur fou furieux.
- Miss…
- Marchombre, dit-telle avec un sourire et en se calant bien sur son siège.
- EH BIEN VENEZ ICI VOUS AUSSI !
Elle n'eut pour réponse qu'un grand sourire volontairement moqueur.
- Très bien, dit-elle en serrant les dents, je vais venir vous chercher.
Mais elle avait prévu le coup et avait lancé un sort informulé. C'était l'occasion idéale d'en tenter un et il avait fonctionné : son regard se fit plus triomphant encore quand elle essaya, sous l'hilarité générale, de la faire bouger...
- Très bien, Mr Potter, apportez donc ceci au professeur McGonagall !
Et Potter sortit de la classe. Lavalya quant à elle, avait son attention portée sur le professeur, car c'était fatiguant de lancer des informulés plusieurs fois de suite et son dos se couvrait de sueur. Le bonbon rose envoya un patronus on-ne-savait-où, mais elle avait l'air très satisfaite d'elle-même.
- On va voir si vous allez gardez ce regard suffisant, Miss Marchombre.
Maena eut un cri d'appréhension, ce qui lui valu un regard noir de sa cousine.
Puis, quelques minutes plus tard, le directeur de la maison Serpentard apparut dans toute sa splendeur et sa présence réussit à calmer la classe entière :
- Ah, professeur Rogue ! Cette demoiselle m'a manqué de respect ! Je veux même dire, passé l'outrage qu'elle à fait au M…
- Ne vous en faites pas, je m'en occupe.
- Maisn j'exige qu'elle soit punie et en retenue avec moi-mê...
- Vous m'avez appelé visiblement parce que vous n'arriviez pas à maintenir l'ordre dans votre propre classe ! Qui me dit que vous sauriez la maîtriser en retenue ? Je préfère m'en charger ! Je n'ai pas envie d'être dérangé toute les secondes par un patronus me demandant de faire la police.
Le professeur Ombrage eut un couinement des plus satisfaisants, qui fit sourire Lavalya. Mais le regard sombre du professeur Rogue la fit frissonner.
- Bien, suivez-moi, Miss Marchombre. Professeur Ombrage, au revoir.
Et les deux Serpentard quittèrent la classe pendant que le maître des lieux griffonnait furieusement sur un calepin. Le chemin vers les cachots et le bureau du directeur de sa maison se fit sans aucune parole. Rogue marchait très vite, sans regarder derrière lui. Heureusement que Lavalya était grande pour son âge et savait suivre.
- Bien, assieds-toi !
Le tutoiement était venu naturellement de la bouche de son professeur. Après tout, ils se connaissaient. Lavalya s'attendait, quant à elle, à un sacré sermon. Mais le voir calme et ne débordant pas de fureur contenue la déconcerta.
- Bien, d'après Ombrage, tu l'as délibérément provoquée et surtout, tu as soutenu Potter ! Je sais que tu es au courant du retour du Seigneur des Ténèbresn mais que tu le clames haut et fort me surprend ! Tu as agit comme une Gryffondor ! cracha t-il.
Aïe... Lavalya eut une grimace mais se reprit vite.
- Je n'ai pas soutenu Potter, j'ai fait en sorte d'énerver ce pseudo professeur, nuance. Et j'ai utilisé ce qui me semblait le plus judicieux argument pour la faire sortir de ses gonds... Une attaque contre le ministère ! Et bien, j'en ai rajouté une couche avec le retour de Voldemort.
Rogue eut une grimace et porta la main à son bras gauche
- Comment pouvez-vos ne pas l'appeler comme ça ?
- Mes raisons ne regardent que moi ! Et en ce qui concerne Ombrage, c'est moins grave que ce à quoi je m'attendais, dit il avec un léger sourire. Après tout, les autres enseignants aussi ne désirent pas d'elle ici. Mais cependant, tu vas avoir une semaine de retenue...
- Mais...
- Silence ! Tu viendras en salle de Potions tous les soirs à partir de 20h ! Et moi, ou mon assistant, te feront faire quelques potions du programme. Demain, ça sera le philtre de paix.
- D'ailleurs, pourquoi avoir pris un assistant ?
Sans même prendre le temps de lui répondre, il ouvrit la porte et Lavalya sortit de la pièce en le regardant bien dans les yeux.
Dans le couloir, elle descendit encore quelques escaliers pour se retrouver devant le passage de la salle commune. Elle n'avait aucune envie de manger et elle voulait prendre une douche pour pouvoir remettre de la crème hydratante. Hors de question de rester longtemps avec ces boursouflures sur elle.
Arrivée dans la salle de bain, elle prit le temps de se regarder entièrement. Les brûlures qui, ce matin, étaient rouges vives, étaient maintenant rosées et blanche. Elle ne les garderait pas bien longtemps. Une fois le soin fait, elle s'allongea sur son lit avec son livre de potion pour connaître par cœur la préparation du Philtre. Sans sa cousine, ça allait devenir un cauchemar pour la préparer et hors de question d'attirer l'attention sur elle... Pour l'instant.
Une demi-heure plus tard, la porte s'ouvrit avec fracas et elle n'eut pas besoin de se demander qui était là :
- Ah ! Tu es là ! Je me suis inquiétée, tu sais !
- C'est Rogue… tu aurais dû comprendre que, s'il voulait me punir en privé, c'est parce qu'il ne voulait pas être sévère.
- Oui, mais il ne t'a pas laissé partir sans rien faire…
- Oh, une semaine à faire des potions dans les cachots il y a bien pire !
- Et qu'est-ce qui t'a pris de la provoquer…
Lavalya roula sur le ventre et grogna dans l'oreiller, décidément Maena était beaucoup trop curieuse ! C'était limite de la torture à ce niveau !
- Mais tu vas arrêter avec tes questions ! Toute la journée, tu ne m'as pas laissé souffler une seconde !
- D'accord, d'accord, mais à seule condition.
Lavalya leva un sourcil et s'attendit au pire.
- Tu me dis à qui tu penses quand tu rougis !
Mais elle ne se laissa pas surprendre cette fois-ci ! Elle ne rougit pas et ferma ses rideaux à l'aide d'un sort pour qu'elle ne puisse pas y entrer :
- Bonne nuit, Maena !
- Allez ! Et je n'ai pas eu mon câlin aujourd'hui !
- Et bien, tu t'en passeras pour une fois ! On n'a plus cinq ans ! On verra demain ! Et laisse-moi, sinon je te lance un Silencio !
Maena se leva furieusement, vu le bruit qu'elle faisait pour aller dans la salle de bains. Quant à Lavalya, elle se glissa dans son lit en pensant à ses beaux yeux qui la faisaient frissonner et à ses muscles qui la troublaient... Malgré elle, avant de s'endormir, un léger sourire en coin se dessina sur le bout des lèvres.
