Chapitre 3 : Question de stratégie.
Je sais vous ne l'attendiez plus '-' mais voilà je me suis remotivée et voilà mon nouveau chef-d'oeuvre ( oui je suis modeste). N'hésitez pas à commenter ça fait toujours plaisir, bonne lecture =)
Question de stratégie, Lavalya était déjà hors de la grande salle, son petit déjeuner dans le ventre, à huit heures. Déambulant dans les cachots, elle cherchait à satisfaire sa curiosité et elle finit par trouver ce qu'elle cherchait... Son beau brun était là. Se sentant gênée, elle se dissimula dans l'ombre d'une statue. Il était immobile, devant une tenture qui représentait un combat de dragons. Pendant ce qui lui sembla être une seconde, elle s'émerveilla de sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration. De son air pensif qui le rendait mystique. De ses cheveux qui lui donnaient des envies de tendresse et de jouer avec les mèches rebelles. Ses yeux lui donnaient envie de s'y plonger pour l'éternité... Enfin bref, elle était coupée du monde pour l'instant. Le charme fut rompu quand, subitement, il tourna les talons pour se diriger vers elle. La Serpentard se colla contre le mur de pierres froides et cessa de respirer. Reprenant son souffle, elle n'avait pas entendu arriver une ombre derrière elle. Pourtant, celle-ci n'était pas particulièrement discrète :
- Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Encore à faire des coups en douce ?
Lavalya rata un battements de cœur, et faillit hurler, ce qui donna lieu à un couinement. Ce qui mit la puce à l'oreille à Cécilia, qui saisit la perche, bien entendu.
- Tu es bien mystérieuse, dis-moi ! Tu surveillais qui ?
L'ainée des deux sœurs en profita pour retirer la poussière de ses vêtements, pour se donner le temps de trouver une excuse valable.
- Je surveillais Pansy, comme tu t'en doutes. Alors, pourquoi tu demandes ?
Cécilia la regardait avec un petit sourire angélique ce qui n'inaugurait rien de bon, mais elle avait l'air d'avaler la couleuvre.
- Ok. Tu vas mieux, tu n'as presque plus de blessures !
- Oui, ça va, ne t'inquiète pas. Le baume est vraiment très efficace. Bon, je vais aller chercher mes affaires. Mais je veux te voir dans la soirée pour que tu me racontes ta première journée de cours !
- Oh, tu sais, ce sera comme d'habitude. Les cours me servent de cours de récréation !
- Tu es affligeante !
- La moyenne me suffit, grande sœur, nuance. Et essaye de penser que c'est peut-être toi qui es un peu trop exigeante avec toi-même.
Lavalya la regarda comme si elle était un extraterrestre.
- N'importe quoi ! Au fait, tu ne diras rien à Mae', hein ?
- Ce n'est pas un argument ! Et pourquoi tu ne veux rien lui dire ? s'étonna Cécilia.
- Parce qu'elle n'approuverait pas ma vengeance, voilà pourquoi ! Et puis, arrête de me demander des justifications ! Rends-moi service, c'est tout !
- Ok, ok, ne t'énerve pas.
Arrivées près de la porte de la salle commune, les deux sœurs s'apprêtèrent à se séparer, mais avant ça, la cadette déclara :
- Au fait Valou, j'ai vu Parkinson au petit déjeuner. Avec Ella', on lui a fait une farce dont elle se souviendra longtemps! Ce n'est pas tout les jours qu'on se retrouve à l'infirmerie avec des poils qui te sortent des oreilles. Je ne dirai rien à Mae', je te rassure, hein.
Lavalya, qui s'était à moitié engagée dans le passage, s'était pétrifiée, mais avait continué d'avancer, faisant mine de ne rien entendre. Déjà que sa cousine la harcelait, si sa petite sœur et Ellarosa se penchaient aussi sur l'affaire, toute la petite bande serait au courant qu'il y avait quelque chose à chercher.
Non mais, pire que des fouines cette famille !
Elle monta les escaliers jusqu'a son dortoir puis se dirigea vers son lit, attrapa son sac et se retourna pour faire face à sa cousine.
- Non mais, qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui, à apparaître comme des fantômes ?
Maena s'apprêtait à lui répondre, mais elle ferma la bouche, ce qui étonna Lavalya.
- Tu ne vas pas me dire que tu boudes ?! Si ? Mais allez, parle ! Pète un coup enfin, crie si tu veux ! Mais fais quelque chose ! Puis en plus, c'est de ta faute ! Faut arrêter de me poser des questions toute les deux minutes, c'est insupportable !
Lavalya claqua la porte et s'élança vers la salle de sortilège et enchantements, bousculant Pansy qui dévala une partie des escaliers. Mais elle s'en fichait royalement. Ce qui l'inquiétait, c'était Mae'. Elle avait été froide avec elle et elle détestait ça. Elle détestait s'énerver avec sa cousine et la rendre triste.
- Et je déteste aussi ses sentiments de merde !
Julien et Karim étaient déjà devant la porte, car le cours était commun aux Serpentard et aux Poufsouffle. A sa tête, ils comprirent que quelque chose se passait. Avant même qu'ils ne posent la moindre question, elle leur annonça :
- Je me suis disputée avec Mae' ! Ca vous va ?
C'était de notoriété publique pour les proches de Lavalya qu'elle n'était pas quelqu'un de très agréable par moment, mais cela atteignait son paroxysme quand sa cousine et elle se disputaient. C'était arrivé deux fois : la première fois en primaire et les enfants Moldus en avaient pris pour leur grade ! Tellement que son père avait dû passer devant le Magenmagot et qu'on avait retiré les fillettes de l'école moldue, par précaution. La deuxième fois, il ne fallait peut-être de ne pas en reparler...
Dans des moments pareils, il fallait l'éviter. D'ailleurs, Maena arrivait. Lavalya ne l'avait pas remarqué tout à l'heure, mais elle s'était fait belle. Elle s'était légèrement maquillée et cela mettait ses yeux en valeur. La Serpentard au sale caractère le savait : cela voulait dire qu'elle passait à la vitesse supérieure avec Fred et elle ne saurait pas son plan, ni même l'aider. Et ses yeux tristes la faisaient culpabiliser. Mais trop fière, elle se contenta d'entrer en cours.
Elle s'assit près de Karim et cette dispute gâcha totalement le premier cours de l'année dans sa matière favorite. Et réviser le sortilège d'Attraction n'était pas très fascinant... La veille, elle avait tenté un de ses sortilèges informulés. Bon, elle en avait une, de formule mais s'était exercée pendant plusieurs années. Elle s'était dit qu'en transformant le sortilège de glue perpétuelle en sortilège de glue, tout simplement, elle pourrait s'en servir pour faire des blagues. Elle s'ennuyait sans sa cousine et griffonnait sur son parchemin.
La cloche sonna bien trop rapidement à son goût, cependant. Parce que le prochain cours était celui de métamorphose et Lavalya n'appréciait pas McGonagall, la trouvant trop autoritaire à son goût. Et bien entendu, elle ne manquerait pas de faire un discours sur le caractère important des BUSE ! La pile de devoirs que Flitwick leur avait donné ne l'inquiétait pas outre mesure, mais elle se demandait si Mae' y arriverait.
De toute façon, on sera réconciliées ce soir. Sinon j'explose !
Elle traîna les pieds pour aller en métamorphose.
- Allez, courage ! Et je te promets que je raterai mon sort si cela peut te faire rire !
Julius avait enfin réussi à arracher un sourire à son amie. Sa douceur et sa gentillesse le faisaient toujours.
- Mais je rirai seulement si tu y réussis du premier coup !
Elle avait passer ses quatre années à Poudlard à l'aider à maîtriser sa magie. Lavalya s'installa au fond de la classe pendant qu'elle suivait des yeux les cheveux flamboyant de sa cousine qui s'installait auprès...
D'HERMIONE !
- Forcément, les deux meilleures de la classe ensemble c'est évident ! grommela Lavalya. Je déteste cette sainte-nitouche !
- La jalousie voit tout, excepté ce qui est ! philosopha Julius.
Lavalya lui jeta un regard glacial :
- Nan mais tu peux parler, toi ! Et elle de qui, cette citation ?
- Je l'ignore. Peut-être de moi. Ou alors je l'ai lue dans un livre il y a longtemps et cette phrase m'est restée.
- Tu as le droit de dire : "j'ai inventé cette phrase" ! Sinon, cela peut passer pour de la fausse modestie ! Tu joues avec les mots, assume enfin ! Arrête de te dévaloriser sans arrêt. Et ne rougis pas comme une tomate ! Un peu de tenue !
Mais il ne pouvait pas s'en empêcher, quand on lui donnait des compliments... Et elle le trouvait craquant quand il était comme ça. Mais le cours commença, coupant cet intermède. Et il était d'une difficulté affolante, que ce soit pour elle ou pour Julius. Puis les rires d'Hermione retenait l'attention de la Serpentard.
- Non mais, tu peux me dire ce qu'elle peut lui raconter de drôle ? Franchement, les Gryffondor la pervertissent ! D'abord Fred, ensuite voilà qu'elle sympathise avec elle ! Bientôt, elle finira par louer leurs qualités, tiens !
- Meuh non, tu sais très bien qu'elle ne peut pas te remplacer ! la rassura Julius.
- Je n'ai pas dis ça ! protesta Lavalya.
- Mais tu le sous-entends. Et puis, tu as déjà eu cette dispute avec elle, non ? A propos de Fred, si je ne m'abuse ? Et si celle-ci s'est résolue dans la joie et la bonne humeur, tu finiras par te réconcilier avec elle bientôt !
- Oh, mais tu m'énerves à être si logique !
- Si Miss Marchombre et Mr Conely voulaient bien arrêter de discuter un moment, ils réussiraient peut-être à faire disparaître leurs escargots ! intervint McGonagall. Et ce flot de paroles intempestif, par la même occasion.
Lavalya retourna à son travail, mais rien à faire : la table devant elle attirait inexorablement son attention. Si bien qu'elle n'arriva pas à effacer ne serait ce qu'une tache de ce pauvre escargot, qui essayait de filer à droite pour éviter les sorts malheureux. Quand elle était en première année, cela l'avait horrifiée que l'on puisse s'exercer sur des animaux... mais avait appris qu'on ne leur faisait jamais de mal. En troisième année, elle avait choisi les cours de soins aux créatures magiques pour cela. Les animaux, elle les comprenait davantage que les hommes. A la fin de l'heure, Julius avait réussi à effacer une antenne.
- Ah bah alors, je te félicite !
- Oh arrête Valou, tu n'es pas concentrée, c'est normal, dit-il en rougissant.
- Je te rappelle que je n'ai pas arrêté de te déconcentrer...
Lavalya resta un peu avec Julius, histoire de discuter et d'attendre qu'il range ses affaires, ce qui lui prenait toujours des heures, maniaque comme il était. Elle avait suivi du regard sa cousine partir avec Hermione et s'arrêter quelques pas plus loin. Elle comprit très vite pourquoi : Fred et George venaient d'entrer en scène pour embêter leur cher petit frère. Et rien que pour ça, Lavalya les aimait bien, finalement (qui embêtait Ron s'attirait forcément les sympathie de la Serpentard). Et Maena observait Fred comme si elle allait le manger.
- Non mais, regarde-moi ça ! Comment fait-il pour ne pas voir l'évidence ?
- Oh, tu sais tu as beau faire des efforts, parfois la personne que tu aimes ne s'en doute pas. Et si elle n'a pas l'idée, elle n'y pense pas et tu tournes en rond. Ou pire : tu penses que c'est une blague...
Plus le jeune homme avançait dans son laïus, plus il s'embrouillait et rougissait.
- Allez, dis-moi qui c'est !
- Mais... je ne vois pas... de quoi tu parles... bafoua le Serpentard.
- Tu mens assez mal, lui expliqua Lavalya.
Mais il fut sauvé par Fred, qui ne semblait pas être si aveugle que cela finalement :
- Au fait Mae' ! Classe le maquillage !
Lavalya eut un sourire éclatant et s'apprêtait à se tourner naturellement vers sa partenaire de toujours, mais Hermione parlait déjà, excitée comme une puce. Sans attendre son meilleur ami plus longtemps, elle se rendit dans la grande salle pour prendre son déjeuner. Là, elle croisa la bande de Serpentard qui traînait toujours avec le bouledogue qui, du regard, lui promettait une vengeance bientôt.
- Oh, par pitié, essayez au moins d'être convaincants !
Morose, elle s'installa à la place la plus éloignée de toute vie humaine pour être tranquille et, accessoirement, accueillir Julius quand il lui prendrait l'envie de manger. Mais décidément, la magie était partout dans cette école... Quand elle l'aperçut, lui, arriver, sa gorge se dénoua et elle se sentit plus légère. Sans sentir le jus de citrouille qui coulait sur sa robe, parce qu'elle avait commencé à boire avant qu'il n'arrête le temps...
- Tu sais, tu ne pousseras pas, même si tu t'arroses ! dit une voix, la ramenant à l'instant présent. Et tu es déjà bien assez grande, si tu veux mon avis.
- Et toi, tu vas rapetisser si tu continues !
Julius était arrivé et à sa manière, il s'inquiétait et se posait des questions, surtout après un cours de métamorphose comme celui qu'ils venaient de partager. En se comportant comme tout bon Serpentard, bien sûr. Et, en général, pour la sortir de ces idées noires, il lui parlait d'autre chose :
- Tu comptes reprendre ton poste de batteuse cette année ?
- Oui, je vais essayer ! Et puis j'adore être dans l'équipe ! Non seulement, je peux me défouler, mais aussi imposer ma présence à Drago !
- Et écraser les autres maisons !
- Oui, mais pour ça, il faudrait plus que deux joueurs doués.
- Deux ? dit- il avec un sourire moqueur.
- Oui. Malefoy est un bon attrapeur je l'admets. Et toi, pourquoi tu ne rentres pas dans l'équipe ?
- Moi, je préfère regarder les beaux mecs.
- Pitié, les Serpentard de l'équipe sont presque tous difformes !
- Je n'ai pas mentionné notre maison, dit Julius avec un sourire entendu.
- Tant que tu fais que regarder les autres maison, ça me va.
- Oh, mais je n'ai rien précisé.
- Mais c'est la saison ou quoi ? On dirait que tout le monde tombe amoureux !
- Non ma chère, ce sont les hormones ! Et toi, qui c'est ?
- Moi, je n'ai personne en vue. Tu me connais, seuls les livres m'intéressent. Mais donne-moi au moins un indice !
- C'est ça, Miss Distraite ! ironisa le brun. J'ai remarqué que tu n'étais pas toi-même, ces derniers temps.
Lavalya préféra se taire et continua à manger plutôt que de continuer ce genre de conversation. Elle s'engageait dans une pente glissante. Elle ne voulait pas que ça s'ébruite et paraître ridicule. Elle se confierait peut-être un jour... Puis, l'air de rien, elle pouvait lui jeter des coups d'œil.
C'était bientôt l'heure d'aller en cours, c'est pourquoi Julius laissa Lavalya aller en cours pendant que lui allait faire des recherches pour le cours d'histoire de la magie.
- Quelle horreur, cette matière... commenta-t-elle.
Rien que d'y penser elle frissonna.
Elle partit seule en cours de soin aux créatures magiques, le troisième cours dans lequel elle allait se sentir seule. Cette option était au grand air et elle pouvait échanger tout les potins qu'elle le désirait. Il faisait froid dehors, mais la fraicheur lui fit du bien et lui remit les idées en place.
Le plus important, c'est de trouver un moyen de me faire pardonner, bien sûr ! Il faudra que je passe aux cuisines, je sais comment faire ! Et qu'est-ce que je vais faire, ce soir ? Bien m'habiller ou tenter plus peut-être ? Noon, il faut attendre un peu... cette histoire promet d'être compliquée.
Arrivée à l'extérieur du château, Lavalya remarqua que c'était encore cette affreuse Gobe-Planche qui s'occupa des cours ! Mais ou était donc Hagrid ? Mais elle ne dit rien, écoutant la professeur parler des Botrucs, sujet du cours de la journée.
N'empêche que si jamais son nom est un diminutif ayant une part de réalité, j'aurais peur pour les Botrucs qui sont là ! Les pauvres ressemblent à du bois... Ou alors peut-être qu'elle à gobé Olivier Dubois, un jour... Ce qui est plutôt ridicule, parce qu'il n'avait rien d'une planche à pain...
C'était comme ça : lorsqu'elle s'ennuyait, Lavalya faisait des jeux de mots bizarres... que même sa cousine ne comprenait pas. Mais ce cours n'était pas inintéressant, puisque ces créatures gardaient les arbres à baguette magique. Loin de là l'idée qu'elle puisse en créer elle-même, mais tout ce qui avait un lien avec son pouvoir l'intéressait. Elle voulait le développer au maximum. Bien entendu, Hermione joua à l'élève modèle... Lavalya détestait prendre la parole en public, même si elle connaissait la réponse. Elle préférait observer, pour mieux contrôler.
Maena avait toujours l'air de bien s'amuser. Mais la brunette ne remarquait pas ses œillades quand elle avait le dos tourné. Séparées, elles étaient comme amputées d'une partie d'elles-mêmes. Le cours se termina juste à temps, car la pluie commençait à tomber et Lavalya alla retrouver Julius.
Enfin arriva le cours de botanique et c'était l'un des plus drôles parce que, forcément, l'on travaillait la terre et son meilleur ami voulait toujours être tiré à quatre épingles. Il adorait les uniformes... Et les belles fringues en général, bien entendu.
Il était là, à attendre le début de la séance en regardant les Gryffondor d'un air dégouté. S'ils partageaient bien une chose, c'était leurs préjugés sur cette maison. Ils partageaient beaucoup plus, bien sûr, mais là où Karim, Maena, Cécilia ou encore Ellarosa la contredisaient, lui non. Le premier était compréhensif et voyait le bon coté dans chacun ; la deuxième en aimait un, ce qui alternait son jugement ; la troisième se réservait ainsi un terrain de chasse plus vaste ; et enfin, la dernière parce qu'elle n'était tout simplement pas belliqueuse pour un sou. Lavalya s'émerveillait de voir la diversité de personnalités qui était répartie à Serpentard, alors que l'on pensait que c'était que des Mangemorts en puissance, avides de pouvoir et d'asservissement des autres.
Peut-être devrais-je revoir mon opinion sur les autres maisons alors...
Mais quand elle vit Ron se curer le nez, elle coupa court à cette indulgence soudaine. Et surtout, elle admira le magnifique savon qu'Hermione lui donna. Elle devait avouer qu'elle avait une certaine forme d'indulgence pour elle, mais cela, tout le monde pouvait le voir. En revanche, pour le cas d'Harry, elle ne savait pas trop... La pitié qu'il inspirait à tout le monde lui tapait sur les nerfs. Mais elle devait admettre que c'était un formidable adversaire de duel. Ils avaient eu l'occasion de s'affronter, étant les deux meilleurs en défense contre les forces du Mal... Jusqu'à maintenant, parce que, sans nul doute qu'elle allait baisser de niveau sans entrainement.
Il faudrait que je lui parle pour remédier à cela ! Enfin, je vais bien trouver le moyen de lui écrire un mot... Peut-être ! Ou non, j'aimerais mieux me débarrasser d'Ombrage . Fred va bien m'aider, je suppose.
La conversation que Julius avaient commencé sur les découvertes qu'il avait fait à la bibliothèque - c'était toujours mieux quand c'était lui qui racontait des anecdotes - stoppèrent ses pensées. Ils prirent place autour de la table de botanique. Après un long discours sur l'importance du fameux examen de cette fin d'année, la classe entière étudia les filets du diable. Distraite pas sa nouvelle résolution, elle écrit un mot assez succin au prétendant de sa cousine pour qu'ils se retrouvent pour mener un plan d'attaque. Toute l'école était au courant du pouvoir créatif de ces deux énergumènes et, avec la stratégie des cousines Marchombre, ils viseraient la perfection. Elle annoncerait la nouvelle à Maena quand elle aurait eu sa réponse. D'un coup de baguette, le message s'envola et elle fit de nouveau attention à Mrs Chourave et au sujet du cours.
C'était une plante intéressante, ressemblant à beaucoup d'autres. Ils apprirent à la reconnaître et, bien sûr, à repérer ses points faibles. Lavalya avait rangé sa baguette dans sa manche parce qu'en général, ici, elle n'en avait pas besoin. Julius était parti chercher des tuteurs pour soigner la bouture qu'ils avaient reçue. Chourave était en train de s'occuper des dégâts des deux gorilles de Malefoy, à l'autre bout de la pièce. Lavalya fit tomber son sécateur et se pencha pour le ramasser, sans s'apercevoir que le filet du diable commençait à se mouvoir sur son épaule. Le temps qu'elle remette la main sur son outil, la plante avait progressé et était passée silencieusement derrière ses cheveux, et c'est lorsqu'elle sentit la fraicheur de la plante sur son cou qu'elle sursauta. La première des choses à faire avec la filet du diable, c'était de ne pas bouger... mais elle avait fait l'inverse. La secousse de son sursaut avait raffermi la plante autour de la gorge et, accroupie à moitié sous la table, personne ne remarquait rien. Paniquant, elle ne pensa même pas à prendre sa baguette.
Je ne vais pas mourir comme ça tout de même !
Elle réussit à faire tomber ses ustensiles et autres choses présentes sur le plan de travail pour attirer l'attention, mais déjà, l'air commençait à lui manquer. Quand soudain, ce fut la délivrance. Elle tomba à terre, toussant et crachant. Maena se jeta sur elle, livide. C'était visiblement elle qui avait réagi le plus rapidement.
- Heureusement que tu me connais mieux que personne, dit-elle, la voix rauque mais avec un sourire.
Cet incident avait visiblement réparé les dommages de la matinée, mais Lavalya n'avait vraiment pas de chance depuis le début de l'année. Mme Chourave arriva rapidement, et confia à Julius la tâche de l'emmener à l'infirmerie. Il n'y aura pas de séquelles, seulement la trace sur son cou qui mettrait un peu de temps à partir.
Il se faisait tard et ce serait bientôt l'heure de la retenue. De toute façon, elle n'avait pas faim avec sa gorge douloureuse et se passerait donc de dîner. Sa retenue était dans deux heures et le choix de sa tenue était pour le moins la difficulté principale. Ce n'est pas qu'elle n'était pas à la mode, sa mère y veillait. Mais de là à tout accorder ensemble, c'était une autre histoire. Une demi-heure plus tard toute sa malle était étalée sur son lit et on aurait dit qu'un ouragan était passé par là. Rien à faire, elle avait beau essayer de faire plusieurs essais, plusieurs assemblages, rien n'y faisait ! Elle mit du noir pour souligner la couleur verte de ses yeux en amande en attendant de trouver une illumination. A trente minutes avant vingt heures, Lavalya était toujours en peignoir. Elle envoya un message à sa petite sœur en urgence. Heureusement, celle-ci était dans la salle commune. Cécilia arriva en trombe...
- Ah oui, tu as raison, c'est un état d'alerte, si tu essaies de te faire belle ! dit-elle sur le ton de l'humour.
- Rho, s'il te plait ! Tu te moqueras tout à l'heure ! Pour l'instant, je veux être jolie !
- Mais tu l'es déjà !
Après un regard noir de la part de sa sœur, elle continua :
- Bon, d'accord ! Alors, je pense que le look rock classe t'ira le mieux !
- Le quoi ?
- T'occupes, tu vas me mettre tout ça ensemble. Allez zou !
Lavalya se réfugia dans la salle de bain pour s'y habiller. Au moins, elle savait quels vêtements mettre à tel endroit. Ensuite, elle se regarda, perplexe. Elle était vêtue d'un jean moulant agrémenté d'un tee-shirt décoré d'un cœur blanc ailé noir et blanc. Et, pour ne pas avoir froid, elle avait enfilé une veste en simili cuir qui, sur le devant, avait un motif écossais. Des bottes noires allongeait sa silhouette.
- Non mais, tu crois sérieusement que ça me va ? dit-elle en sortant.
- Mais oui, arrête ! C'est parce que tu n'as pas l'habitude ! On va se dépêcher. Je suppose que tu as rendez-vous ?
- Parce qu'il reste des choses à faire ?! Non, je n'ai pas rendez-vous pas en bonne et due forme ! C'est compliqué...
- Mais non, tu vas juste passer devant lui et tu veux qu'il te remarque. Je suis passée par là avant toi...
- C'est déprimant, dit Lavalya.
- Mais non, allez ! Tiens, je te prête mon collier ! Et ferme les yeux, je vais t'ajouter un peu de fard à paupières. Léger, je sais, dit sa petite sœur. Voilà, tu es parfaite !
Elle se regarda dans le miroir... c'est vrai qu'elle était sublimée pour une fois.
- Je devrais t'écouter plus souvent ! Allez, j'y vais. Merci, petite sœur.
Un bisou sur la joue et elle s'en alla en quatrième vitesse, pour éviter toute question gênante. Sur le chemin, elle accrocha sa broche fétiche - un serpent argenté- pour lui porter chance.
Juste au cas où il serait là...
Puis, elle arriva à destination à 19h55, juste à temps. Elle souffla devant le cachot, ouvrit la porte et fut déçue... Pendant quelques secondes. Adrian Pucey était là... et le professeur Rogue également ! Avec une mine radieuse, Lavalya s'avança dans la salle pour préparer la potion qu'elle avait révisé la veille.
Mais le directeur de sa maison n'était pas aveugle et remarqua les traces d'étranglement sur son cou.
- Miss Marchombre, venez par ici s'il vous plait !
Intriguée, elle obéit...
- Pouvez-vous me dire pourquoi vous a-t-on étrangler ?
Sa voix était dangereusement calme, mais dans ses yeux brillait une fureur qui augmentait à chaque secondes de son silence.
Il s'inquiète pour moi ! Mais c'est normal... enfin tu es la fille de son meilleur ami et une élève de sa maison... Mais peut-être... Mais non... Mais si... Mais si, rien du tout !
Durant son débat intérieur, Rogue perdit patience.
- Lavalya ! Même si c'est un Serpentard, je veux être au courant, siffla-t-il.
- Non, non ! En fait, c'est stupide... c'est un filet du diable en botanique. Il m'a prise par surprise et personne n'a réagi avant longtemps. Bref...
- Bref, cette Mrs Chourave est une incompétente. Adrian, allez me chercher du baume cicatrisant. Décidément, il vous en arrive des choses !
Puis, sans prévenir, il lui leva le menton pour examiner de plus près les zébrures qui lui marquait le cou. Quand elle sentit sa main, bien que glacée, sur sa peau à elle, Lavalya se sentit électrisée et son cerveau fut complètement déconnecté. Si l'on avait examiné ses pensées à ce moment-là, ça aurait donné :
Brrrrrrbreubreubrrrrr fiou
En outre, pendant qu'il l'examinait d'un air concentré, elle le regardait de près, comme jamais elle ne l'avait fait. Il avait un petit grain de beauté au coin de l'œil droit. Son regard était encore plus envoutant de près. Ses mains douces... Et elle commença à imaginer qu'elle pouvait l'embrasser... après tout qu'avait-elle à perdre ? Mais l'assistant revint...
Ce moment avait dû durer quelques secondes, et pourtant, elle aurait pu avoir le temps de tout gâcher. Il allait falloir de la discrétion et plus de maîtrise de soi à partir de maintenant.
Ciel, heureusement que je suis chez les verts et argents.
Elle laissa Severus la soigner, pour profiter encore de ce moment privilégié, et c'est toute flageolante qu'elle se rendit à sa table pour réaliser sa potion. Elle avait tellement répété le processus dans sa tête qu'elle le fit machinalement, mais peu à peu, elle reprit conscience de la réalité. Elle était de plus en plus confuse. Deux heures s'écoulèrent ainsi, dans le silence le plus complet possible. Seuls la plume rageuse du professeur et le bruit de la préparation venaient troubler le calme de la salle. Mais son cerveau bouillonnait... Cherchant une solution à son problème et surtout, savoir s'il avait remarqué qu'elle avait fait un effort de présentation. Mais son attention était reportée sans cesse à Severus.
Pourquoi maintenant ... Sûrement parce que tu grandis. Quant à savoir pourquoi lui, tu ne peux répondre toute seule ! Alors travaille pour le moment.
Absorbée par sa potion et surtout par ses pensées, elle ne remarqua pas que Pucey surveillait ses moindres faits et gestes... enfin, surtout ceux de Severus. Pendant que la potion mijotait, Lavalya s'avança sur ses devoirs de potion, justement, et sur sa rédaction sur la pierre de lune. Elle avait presque terminé quand il vient regarder par-dessus son épaule :
- Voilà une élève brillante ! Si tu veux davantage de conseils, on peut se retrouver à la bibliothèque !
Avant même qu'elle puisse ouvrir la bouche, son supérieur avait pris les choses en main.
- Si vous pouviez éviter ce genre de familiarités, Puceau, ça nous serait utile. Miss Marchombre sait et doit se débrouiller toute seule. Et vous avez vos propres recherches, si vous espérez avoir votre spécialité.
Lavalya, avant de se faire de fausses idées, se rappela à l'ordre : s'il était intervenu, c'était vraisemblablement parce que c'était une élève et parce que, visiblement, il détestait avoir sur le dos un assistant.
Mais pourquoi alors ?! Je devrais peut-être faire des recherches sur ce bellâtre.
Elle réussit sa potion sans encombres, et c'est sans un mot, ni même un regard de son adonis, qu'elle prit congé.
Elle en profita pour passer à la cuisine pour aller chercher de la glace à la fraise et à la framboise, afin de composer le traditionnel dessert de réconciliation des cousines Marchombre. Elle arriva dans le dortoir avec des fruits, du chocolat et des bonbons en plus. Elle avait besoin de marquer le coup ! Le lit de sa cousine n'était pas fermé et celle-ci lisait un vieux grimoire, vraisemblablement.
- Glace de la paix à la fraise saupoudrée de ce tout ce que tu veux, ça te tente ?
Maena eut un bref sursaut. Lavalya était toujours silencieuse... mais elle fut accueillie par un grand sourire.
- Je suis vraiment désolée pour ce matin, j'étais à cran.
- Hiiiiiiii ! dit-elle en se précipitant sur Lavalya pour lui faire un câlin et ainsi les faire tomber toute les deux sur le sol.
- Non mais, tu devrais peut-être arrêter de nous mettre par terre tout le temps ! J'ai assez de blessures comme ça... et on va réveiller les autres.
Lavalya s'installa sur lit après avoir enlevé sa veste et ferma hermétiquement le baldaquin au son et à d'éventuelles agressions.
- Oh, moi, je m'en fiche de ces filles ! Mais toi, tu vas mieux ? Mrs Pomfresh t'a bien rafistolé ? Dis-moi tu n'as plus de traces...
Lavalya s'empêcha de rougir au souvenir des mains de Severus sur elle, mais lui répondit en croquant dans sa glace, pour cacher sa gêne :
- Hum, Rogue m'a soigné. C'est drôle, au départ, il pensait que c'était un élève de la maison qui m'avait fait ça et il était vraiment furieux. Et après explications, c'est Mrs Chourave qui va avoir un sale quart d'heure...
- Je suis d'accord avec lui ! Non mais, elle aurait pu faire attention ! Puis, c'est normal qu'il s'inquiète, tu es la fille de son meilleur ami... Imagine si tonton apprenait qu'il laissait faire, quand on te faisait du mal !
- Oh... je suppose que tu as raison.
Maena, sur ce coup-là, était la voix de la raison et finalement, sa glace ne lui faisait plus tellement envie.
Finalement, il n'est pas jaloux... Pourquoi s'intéresserait-il à moi, de toute manière...
- Mais toi, racontes-moi pour Fred ! J'étais là, tu sais !
- Oh... et bien, en fait, tu sais déjà tout. Ils ont taquiné Ron pendant de longues minutes. Fred est vraiment très drôle, tu sais ! Et arrête d'avoir ce sourire sur ton visage ! Bref, on a un peu discuté ensuite, enfin eux et le trio. Et il m'a demandé ce que je faisais là. Il a eu l'air désolé pour moi et m'a dis que lui non plus, il ne supporterait pas de se disputer avec George. Il a compris qu'on était plus que proches. Je sais, tout le monde le sait, mais voilà. Et puis après, il a remarqué que j'étais maquillée et c'est tout. Mais je ne suis pas sûre que ça veuille dire quelque chose...
- Oh, mais arrête ! Un homme ne regarde pas ce genre de choses, d'habitude ! Et contrairement à ses méthodes habituelles, il ne t'a fait de blagues vaseuses ! Prends-le pour ce qu'il est... Un compliment ! Et ça veut dire qu'il t'a remarqué. Je bois à toi !
Et elle leva son verre de jus de citrouille pendant que Maena se cachait derrière son oreiller, rougissante.
- Et toi alors ? dit -elle d'une voix timide. Je sais qu'il y a quelqu'un, tu ne t'est pas habillée comme ça pour rien !
Lavalya eut alors envie de tout lui raconter. Elle lui racontait toujours tout et jamais elle ne la jugeait. Mais l'étrangeté de la situation la fit se taire. Cependant, pour lui faire plaisir :
- Peut-être que je te raconterai quand je serai prête ! Mais en tout cas, je n'était pas préparée à être draguée par l'assistant de Rogue.
Elle savait qu'elle allait se faire assommer de questions, harceler, être suivie, mais elle adorait lui faire plaisir... et puis elle le lui devait bien. Mais pour le moment, elle avait réussi à détourner son attention.
- QUOI ? Mais il n'a pas le droit ! Non mais, pour qui il se prend celui-là ? Il est ...
Avant qu'elle ne dise qu'il était assistant, presque professeur, Lavalya l'interrompit :
- Hey, ne va pas l'émasculer tout de suite ! Rogue s'en est chargé pour toi... et il a l'air beaucoup plus impressionnant que toi, si tu veux mon avis.
- Ah, c'est bien ! Mais tu sais que je sais toujours tout ! Et dis-moi au moins si tu es avec lui ! Celui qui te plait vraiment?
- Non Mae'. Et c'est tout ce que tu obtiendras de moi, ok ? Maintenant, parlons de la prochaine offensive pour conquérir le cœur de Fred.
Mais elle ne lui parla pas encore de la tentative de rapprochement qu'elle avait effectuée.
Et, derrière les rideaux à baldaquin, la soirée confidence continua jusqu'a ce que sa cousine s'endorme en pensant aux doux yeux de Fred. Lavalya regagna son lit pour penser aux doux yeux de Severus. Le bras derrière la nuque, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était folle.
Mais dans quoi tu t'es encore fourrée, ma vieille ? Comment expliquer ça à Mae', Lia...? Quand elle vont le savoir, parce que, forcément, elles vont finir par l'apprendre. Mais papa ! Et le plus dur comment le séduire, lui ! L'homme le plus inaccessible qui soit, ayant plus que le double de ton âge et le plus impassible.
Elle grogna dans son oreiller de plumes pour arrêter ce flots de pensées plus déprimantes les unes que les autres et s'endormit.
