Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Je fais des progrès je poste un peu plus vite :D Bonne lecture, j'espère que ce chapitre vous plaira.
La première bonne surprise de la journée, ce fut la disparition des horribles brûlures. Que ce soient celles de la potion ou de la plante, elles avaient toutes disparues. Suivant les conseils de sa sœur cadette, Lavalya avait agrémenté son uniforme d'accessoires, aujourd'hui. Rien de bien méchant : quelques bracelets en plus de son éternel collier en argent orné d'une baguette magique. Depuis le début de cette année scolaire chose rare : elle se levait tôt, et elle profitait que le dortoir soit endormit pour écrire à son père. La plume entre les dents, elle réfléchissait à quoi lui écrire.
C'était plus facile les autres années… je n'avais pas besoin de faire attention à ce que je disais.
Elle lui raconta tout d'abord le livre qu'elle avait dévoré en large et en travers. Ils adoraient parler littérature ensemble. D'ailleurs, son bureau était sa pièce favorite après la chambre -pleine de livres et chaleureuse - quand elle était petite. Elle se cachait sous le bureau pour lire aux pieds de son père qui travaillait. Elle s'y sentait en sécurité. Mais le mieux c'était quand la voix grave d'Edward Marchombre lui racontait lui-même l'histoire. Sa mère détestait ça, et elle l'entendait souvent râler, disant qu'être assise par terre abîmait les habits.
C'est bien beau de se rappeler les bons souvenirs, mais il faut continuer… tu n'as pas toute la journée pour écrire ta lettre.
Elle continua par lui raconter toutes ses mésaventures et s'empêcha de préciser qu'elle s'était venger de Pansy pour ne pas qu'il débarque chez les Parkinson. Cette famille et la famille Marchombre se haïssaient depuis le plus lointain de ses souvenirs. C'était lors d'un bal organisé par cette famille odieuse qu'était née cette animosité. Bal qui était qu'une caricature des soirées de bon goût que les familles Marchombre organisaient. Précieuse, et avant elle, toutes les femmes de la famille, en plus d'être excellentes sorcières, étaient des maîtresses de maisons accomplies. Sa mère avait même accompli l'exploit de non seulement seconder son père dans sa carrière, mais de réussir la sienne ! Mais revenons à cette fameuse soirée. Mr Parkinson avait eu la mauvaise idée de croire que Précieuse aurait pu être sa maîtresse, cette fois-ci au sens adultérin du terme. La jalousie, Lavalya la tenait bien de quelqu'un et son père rompit tout lien en envoyer valser ce malotru dans le ponch où il faillit s'y noyer.
Alors, son père ne lui tiendrait certainement pas rigueur des quelques bleus de cette fille. Et au passage, elle lui demanda si Severus ... enfin le "professeur Rogue" le lui avait signalé, parce que c'était lui qui l'avait soignée. Ainsi elle faisait monter sa côte aux yeux de son père.
Enfin j'espère... Parce que dis comme ça, on pourrait croire qu'il me materne et je n'ai vraiment pas envie de ce type de relation !
Elle hésita à supprimer ce passage… mais non tant pis ! Le sort en était jeté. Il fallait bien qu'elle se débrouille toute seule, un peu. Elle finit sa lettre par la nomination d'Ombrage et ses soupçons pour parler un peu politique. En étant Auror, il pourrait peut-être la renseigner. Lavalya laissa tout de même un mot pour sa mère, car même si elles n'avaient pas t'atomes crochus, elle l'aimait beaucoup. Et elle envoya Archimède - son hibou - porter ce courrier. Peu de temps après, ce fut le hibou de Fred qu'elle aperçut à la vitre. Avant même d'ouvrir son message elle sut que c'était lui la pauvre bête semblait avoir quelques plumes carbonisées.
/ Hey l'iceberg ! /
Lavalya leva un sourcil perplexe...
Comment ose-t-il, celui-là ! Il a de la chance que je veuille des neveux ou nièces, sinon je l'amputerais d'une partie de son anatomie.
« C'est pour ça remarque que tu as ce surnom ! »
Oh toi la conscience tu la boucle hein.
/ Je pense que l'on pourrait apporter cette touche de génie qui vous manque pour faire enrager Ombrage /
Non mais il me cherche vraiment celui-là... Qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver ?
/Rendez-vous vendredi sous la grande horloge à 16h ! On apportera du whiskey pur feu pour te réchauffer. Bye !/
Rrrrrrr quelle idée j'ai eu… mais c'est Mae' qui va être contente… et très embêtante aussi je crois... Tiens, je vais aller la réveiller et j'aurais une monnaie d'échange pour ne pas trop me faire disputer...
Baguette en l'air, elle se demandait comment la réveiller pour que ça soit amusant... Et que ça vaille le coup parce que c'était rare qu'elle dispose d'une occasion si belle de ne pas se faire tomber sur le poil.
Aguamenti ? Non sa mère le fait déjà. Levicorpus ? Trop classique. Arracher de couette ? Encore plus bateau. Oh ça y est, je sais !
Lavalya prit une peluche qu'elle avait dans son sac -un serpent toujours un serpent :elle avait été conditionnée dès son plus jeune âge- et l'enchanta pour qu'il rampe vers le visage de sa belle cousine endormie qui ressemblait à un ange. Cousine qui, dès qu'elle sentit et vit à travers ses yeux bouffis de sommeil la chose avancer vers elle, hurla, réveillant le reste du dortoir présent. Et Lavalya, comme d'habitude, était très fière d'elle et morte de rire. Le temps qu'elle réagisse, Pansy et Milicent la fusillèrent du regard et allèrent dans la salle de bain. Lavalya reporta son attention juste à temps pour voir Maena lui sauter dessus. Elle recula sur son lit, poursuivie par cette furie. Elle put quand même dire :
- Ahah, avant de me faire du mal, je te conseille de prendre en considération le fait que j'aie reçu un mot de Fred.
Sa cousine, qui s'apprêtait à l'étouffer avec un oreiller, s'arrêta à un moment des plus comiques, le front plissé de colère, la bouche pincée et l'arme du crime au-dessus de la tête.
Suspicieuse, elle dit :
- Tu mens !
- Tu crois que je t'aurais réveillé comme ça autrement ! Et tiens, j'ai la preuve ici...
Elle lui montra le parchemin, ce qui la calma instantanément.
- Tuasfaitçaquandcommentjevaism'habillerhiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiijevaisparleràFred !
- Vas-y, hurle plus fort… j'te rappelle que les deux guenons sont là, juste à coté ! J'ai fais ça pendant notre dispute, je me suis dit qu'ils pourraient nous aider à rendre Ombrage chèvre et te donner un coup de pouce par la même occasion.
Voyant le cerveau de sa cousine fumer, elle rajouta :
- Non mais, faire une attaque avant le jour J ne sert strictement à rien.
- Tu as raison ! Mais pour m'habiller !
- Oh, ne t'inquiète pas, Cécilia est une pro ! Elle m'a ... à créé un club de mode, tu le sais bien voyons. Faut apprendre à te servir des ressources que tu as sous la main.
Elle espérait que son lapsus était passé inaperçu, vu que visiblement, elle était toujours préoccupée par le rendez-vous avec son cher et tendre. Mais elle gardait à l'esprit un doute : après c'était Maena...
Le mercredi était une journée chargée niveau cours, c'est pourquoi les cousines ne s'attardèrent pas plus que ça sur le sujet et que Maena alla s'habiller dans la salle de bains. Lavalya en profita pour s'étirer de tout son long avant de se lever du lit et regarda son réveil... Il était 7h et elles avaient une petite heure pour prendre leur petit déjeuner.
En moins de cinq minutes, la rousse était prête et les cousines se mirent en route pour la grande salle, bras dessus bras dessous. Maena, après une dispute, avait besoin d'affection. Et même si Lavalya n'aimait pas trop les démonstrations d'affections en public, elle la laissait faire. Arrivées devant la grande salle, elles tombèrent sur les deux catastrophes ambulantes de Gryffondor :
- Oh, mais fais attention l'iceberg, tu risquerais de fondre si tu ne fais pas attention...
Et Fred fit un clin d'œil à Maena, ce qui la fit rougir comme une tomate et fit lever les yeux au ciel à Lavalya.
- Fais attention, à force de faire les même jeux de mots, tu risques de te rouiller.
Et plantant sa cousine là, elle alla s'asseoir près de Julius, Cécilia et Ellarosa pendant que Maena s'expliquait avec les jumeaux. S'asseyant lourdement, elle soupira :
- Non mais, regardez avec quoi je vais devoir copiner à cause des hormones de Maena !
Ce qui fit sourire Cécilia et Julius, mais la douce Ellarosa, était également fleur bleue, pris tout de suite la défense de sa cousine :
- Mais tu ne peux pas comprendre ! Tu verras quand tu auras un coup de foudre. Quand tu sentiras cette électricité dans l'air. Que tu seras prête à faire toute les folies pour attirer son attention. Que tu rougiras parce qu'il te regardera d'une manière différente. Qu'à chaque seconde, le temps te sera une éternité parce qu'il ne sera pas là ! Ce n'est pas qu'une question d'hormones. C'est la plus belle forme de magie. Tu peux te mettre avec une fille aussi… j'ai dis "il" comme j'aurais pu dire "elle".
Lavalya resta pensive parce qu'elle pensait tout ça, mais était bien trop fière pour le dire et avait trop peur de paraître ridicule si jamais elle en parlait. Et elle s'en sortit avec une parade :
- Cette magie-là ne s'est pas encore réveillée, mais mes hormones ont d'ors et déjà choisi les hommes.
L'effet escompté était là : tout le monde riait, mais ses amis ne furent pas dupes. Lavalya avait été trop étrange ces derniers temps et avait avoué que quelqu'un, peut-être, avait attiré son attention, et ça même Ellarosa le savait. D'ailleurs, c'était la pire de toutes les fouines ici présentes. Car elle passait inaperçue, était timide, douce, ne faisait pas de vagues, mais observait tout et retenait tout. C'était la reine potins dans ce château et s'il lui venait l'idée de créer un journal, les autres auraient du souci à se faire. Elle était fourbe et on l'aimait pour ça.
Après la fin de ce débat et, accessoirement, du petit déjeuner, le marathon de la journée commença par une heure d'option. Hermione, pour qui une fois, donnait la permission, prit place près de Lavalya et de Julius, bien décidée à se faire accepter des Serpentard . Va savoir pourquoi, dirait la brune. Ils enchainèrent la métamorphose où Lavalya réussit cette fois à faire disparaître un peu plus de la moitié de son escargot. Puis, elle retrouva Maena pour la suite des cours de la journée et elle eut envie de l'assassiner par moments… Lavalya se rendait compte qu'elle allait passer trois jours en Enfer jusqu'au rendez-vous avec Fred…
- Et encore, j'en entendrai parler après encore, dit-elle à haute voix sans s'en rendre compte.
- Hein ? dit Maena en se réveillant. Oh, je suis désolée, je t'en parle trop. D'accord, on peut parler d'autre chose, si tu veux…
- J'aurais mieux fais de me taire je crois, mais vas-y ! dit Lavalya dans un soupir.
- Il est comment physiquement ? dit Maena avec un sourire éclatant et fière d'avoir amené ce sujet.
Lavalya en grinça des dents :
- Tu n'abandonnes donc jamais !
- Non, tu le sais très bien ! Allez dis-moi au moins comment il est ! Je te jure que je le retrouverai jamais comme ça.
- Que nenni, répondit Lavalya. Tu me prends pour une débutante ? Si jamais je te donne un seul indice, tu serais capable d'aller interroger tous les mecs blonds de l'école !
- Alors, il n'est pas blond ! répondit Maena.
- Mais je n'ai pas dis ça…
- Oui mais je te connais depuis quinze ans, ma chère Lavalya. Tu auras dis "blond" pour que je pense qu'il est blond, mais en fait c'est pour m'égarer. Alors je suis absolument certaine qu'il ne l'est pas.
- Ou alors, j'ai donné cet exemple-là parce que je savais que tu allais éliminer les blonds et que, justement, je ne veuille pas que tu t'y intéresses de trop près. Et j'attire ton attention sur une population masculine plus large.
Lavalya vit Maena froncer les sourcils, ne sachant que répondre ni quoi faire. La brune en profita pour rajouter :
- Moi aussi, je te connais depuis l'enfance ! Je te laisse méditer là-dessus, moi je vais me préparer pour ma retenue.
Lavalya s'élança vers les escaliers menant aux cachots pour échapper à sa cousine et aller à la salle commune. Prudente, elle ouvrit la porte avec précaution, des fois qu'il y aurait un piège. Mais non, cette journée, contrairement aux autres de la semaine, était destinée à être calme. Suivant les conseils de sa petite sœur, elle choisit des vêtements sexy, mais pas trop, pour attirer l'attention de Severus. De toute façon, elle refusait de ressembler à une gourde bien habillée comme Lavande Brown. Elle opta pour un pantalon noir, simple mais moulant, un tee-shirt vert et enfin une veste noire pour achever le tout. Et comme le plus important c'était les accessoires, elle mit de nouveau en valeur son collier porte-bonheur et se fit un chignon tenu par des baguettes de bois décorées de serpents.
Son livre de potion sous le bras, elle prit son temps pour se rendre à sa retenue, étant en avance. Un quart d'heure avant le début, elle arriva devant la porte de la classe d'où sortit Pucey. Il lui fit un grand sourire et s'avança d'un pas conquérant devant elle.
Il a l'air d'un hippogriffe.
- Bonsoir, Miss Marchombre ! Toujours aussi jolie. Comment va votre père ?
- Mon père irait mieux s'il vous savait loin de moi.
Lavalya en avait marre de ses sous-entendus à la noix.
- Oh, moi je pense qu'il pourrait être ravi de notre rapprochement…
- Moi, en tout cas, je ne le suis pas !
Et la brunette s'avança pour entrer dans la salle de classe car il était 20h01 et Severus détestait le retard. Mais Pucey ne l'entendait pas de cette oreille. Il lui prit le bras et leurs visages n'étaient plus qu'à deux ou trois centimètres. Lavalya commença à avoir des sueurs froides… La proximité la gênait, mais elle n'allait pas lancer un sort sur un stagiaire… C'était contraire au règlement… Mais heureusement, la porte s'ouvrit avec fracas, ce qui eut pour effet de faire reculer ce malotru loin de la jeune fille. Le saut en arrière eut été comique si elle n'avait pas eu autant de mal à s'en remettre. Le professeur Rogue était visiblement furieux :
- C'est déjà pénible de vous avoir sur le dos, alors faites ce que je vous dis et allez chercher les ingrédients dans la forêt interdite ! Puissiez-vous y mourir !
Il fit signe à Lavalya d'entrer dans la salle, ce qu'elle s'empressa de faire. Elle s'installa à une table, attendant les reproches de son professeur.
Non mais quelle gourde tu fais ! Tu t'entraines depuis toujours et tu es incapable de jeter un sort en situation réelle. Tu sais très bien que de toute manière, on aurait cru à la légitime défense, pauvre gourde ! Maintenant qu'est-ce qu'il va penser hein … Que tu veux te faire un membre du personnel ! Bon, ok, tu veux te faire un membre du personne, mais pas ce … Boursouf mal-léché l Pauvre gourde va !
Pendant qu'elle s'énervait après ses livres et elle-même, elle ne sentit pas Severus approcher.
- Comment vas-tu ?
Surprise, elle sursauta. Il était tout près et ils étaient seuls. Mais ce qui l'étonnait le plus, c'était la douceur qui émanait de lui. Elle ne l'avait jamais vu comme ça, et c'était fou ce qu'il était changé. Elle l'aimait abrupte, de mauvaise humeur, pensif, mais l'adorait doux. Son visage en était transformé. Détendu, il était magnifique. Sa peau avait l'air plus douce, ses yeux lui donnaient l'impression d'être précieuse. Se mettant un coup de fouet mental, elle répondit :
- Eh bien, je me sens juste un peu stupide ! Des années que je pratique les sortilèges et je n'ai pas osé le moment venu… Bon, je dois faire quelle potion aujourd'hui ?
- Eloigne-toi cette idée de l'esprit veux-tu ! Tu n'a rien de stupide, ta réaction a été toute à fait naturelle. Et personnellement, je préférerais l'étriper moi-même.
Ils se sourirent mutuellement, mais Severus rompit vite le charme :
- Je pense qu'une potion d'Aiguise-Méninge serait opportune pour cette soirée, non ?
Lavalya, qui avait saisi le message, osa toutefois répondre :
- Oui et pas que pour moi, si je puis me permettre.
Severus qui avait rejoint l'estrade, se retourna et leva un sourcil suspicieux. Il eut pour seule réponse un sourire énigmatique de Lavalya, qui s'était déjà élancé pour prendre les ingrédients nécessaires à la potion.
Que le jeu du chat et de la souris commence, pensa-t-elle.
Lavalya sortit de sa retenue satisfaite. Elle espérait que sa réplique ferait réfléchir son professeur de potions, et ce, dans le bon sens. Elle se dirigea vers le cours d'astronomie où elle retrouva sa cousine et les Serdaigle. Le cours allait presque commencé. Elle se contenta donc de lancer un clin d'œil à Maena et écouta le cours qui portait sur l'influence de Mars, ce soir. Après une demi-heure d'explications théoriques, ils cherchèrent la planète dans le ciel et notèrent leurs observation. Exténuée, Lavalya s'empressa de sortir dès la fin du cours pour rejoindre sa salle commune.
- Hey, ça s'est bien passée ta retenue ?!
- Oui Maé ! Très bien.
Elle avait déjà oublié Pucey et ses insinuations douteuses. Seuls comptaient les regards que Severus lui avait lancé durant toute sa préparation.
C'est peut-être que de la perplexité mais au moins il me regarde.
°o0o°
Lavalya était de bonne humeur en ce jeudi matin. Elle avait passé une excellente nuit et, qui plus est, sa journée commençait par un cours de Sortilège et Enchantements, suivi d'un cours potions. Et elle comptait bien réussir sa potion aujourd'hui ! Comme d'habitude, elle attendait sa cousine qui dormait encore. Mais comme elle n'avait plus de monnaie d'échange, elle laissa le pauvre réveil faire son œuvre. Celui-ci se retrouva une fois de plus à terre, cassé.
- Non mais, tu sais, j'ai beau être douée en enchantements, ce n'est pas pour autant que je vais pouvoir réparer ton réveil tous les jours !
Seul un grognement lui répondit. Une mèche rousse finit par apparaître de sous les draps, puis une tête avec un œil qui s'ouvrit difficilement.
- Allez, dépêche-toi, je ne veux pas être en retard en Sortilèges !
Puis, elle la laissa se préparer et descendit dans la salle commune où elle croisa Daphné Greengrass qui lisait le dernier numéro de Sorcière Hebdo.
- Tu lis toujours cette chose stupide ? Je ne peux pas m'empêcher de penser à Lockhart en regardant ce magazine, dit-elle
C'était sa manière de lui dire « Bonjour, comment ça va, bien dormi ? »
- Oh, mais tout le monde ne peut pas avoir une soif de connaissances telle que la tienne, 'Valya.
- Tu sais que tu es la seule qui m'appelle 'Valya ? On dirait un nom de drogue.
- Mais tu es une drogue pour certains !
- Ah oui ?
Lavalya commençait à avoir peur… Elle n'avait aucune envie qu'un garçon lui coure après maintenant, alors qu'elle avait réussi à intriguer son apollon.
- Enfin, j'aurais du dire pour certaines. Ta cousine était vraiment mal, alors que vous n'avez passé qu'une journée sans vous voir, dit Daphnée.
Lavalya en sourit de soulagement :
- Oh, tu sais, je n'en menais pas large non plus… mais ne va pas lui répéter et encore moins aux deux débiles sans cervelles qui nous servent de compagnes de chambrée.
- Ton secret est aussi bien gardé qu'un Gallion dans la banque de Gringotts.
L'arrivée de ladite cousine coupa court à la conversation. Lavalya fit un clin d'œil à sa comparse et se dirigea ver la rousse, toujours mal réveillée. Les mains dans les poches, elle se plaça à coté d'elle et elles marchèrent en silence vers la table du petit déjeuner. Quand elle était comme ça, Maena ne se réveillait qu'avec plein de tartines et un bol de chocolat. Lui parler relevait du défi ! Elle aussi pouvait être mal lunée.
Après avoir passé une heure à discuter avec le reste de la bande et après que Mae' ait fini par mettre son coude sur la motte de beurre ce qui acheva de la réveiller, le petit groupe composé de Mae', Julius et Lavalya retrouva Karim devant la salle. En effet, ils avaient cours en commun. Elle embrassa son ami d'enfance sur la joue et ils entrèrent dans la salle.
Comme d'habitude, Lavalya se plaça à coté du Poufsouffle, vu que c'était le seul moment où ils pouvaient se raconter leur semaine et où elle pouvait son ami aider par la même occasion. Avant même qu'elle ouvre la bouche, il attaqua :
- Alors tu vas mieux ? Tu aurais pu m'en parler de cet incident en botanique !
- Roh, mais arrête, ça va, ne t'inquiètes pas. La preuve : je n'ai plus rien ! Si je t'en avais parlé, tu aurais débarqué chez les Serpentard et ils t'auraient réduit en bouillie avant que je puisse intervenir.
- Mais… tu as été à l'infirmerie !?
- Se…Rogue m'a soigné ! Alors ne t'inquiète pas, dit-elle.
- Depuis quand tu l'appelles comme ça ? Tu m'as mis assez de claques derrière les oreilles pour que je dise « professeur » Rogue.
- Oh ça doit être la part rebelle qui est en moi, dit-elle avec un sourire. Allez au travail.
Pendant le reste du cours, ils s'entraînèrent d'abord au sort d'Attraction, que Karim avait encore du mal à réaliser et qui lui valut à Lavalya un coup de baguette dans l'œil :
- C'est rien, c'est de ma faute, je devrais avoir l'habitude maintenant, dit Lavalya pour rassurer son ami. Allez, cette fois-ci, tu me le réussis du premier coup ! Concentre-toi, vise, donne un coup sec et tu rattrapes le coussin de l'autre main.
Anxieusement, elle attendit en se massant la paupière et le miracle arriva : il réussit à tout enchaîner !
- Génial ! Maintenant, on va essayer le sortilège de réduction !
- Ah non, Valou, pitié ! On l'a même pas encore abordé, celui-là ! répondit Karim avec ses yeux larmoyants. Tu ne veux pas discuter plutôt ?
En effet, le cours du professeur Flitwick était toujours propice à la discussion. Le brouhaha était tellement constant et présent que personne n'entendait les conversations des uns et des autres.
- Pour discuter en cours de sortilèges, il va falloir me soudoyer ! Quelle hérésie ! Tu veux discuter de quoi ?
- Oh bah, je ne sais pas moi, je me disais que l'on pourrait se faire des confidences ! Il paraît que tu es bizarre ces derniers temps, plus lunatique que d'habitude…
- Oh, mais tu ne vas pas t'y mettre, et tu dois me soudoyer donc à toi de me faire des confidences… Un beau garçon ou une belle fille en vue ? Ou alors, je ne sais pas, tu t'es finalement décidé pour ton avenir ?
Karim était un grand indécis et d'une timidité maladive, donc il évita le premier sujet pour étonner son amie sur le second : il s'était enfin décidé !
- Oh, j'ai décidé de dominer le monde en étant botaniste !
Lavalya eut une moue dégoutée :
- Tu veux soigner ce qui a failli me tuer ? Quel paradoxe !
- Oh, mais ne t'inquiète pas, je bichonnerai mes plantes pour mieux faire de belles potions qui te soigneront ! dit il avec un sourire.
- Mais je n'ai pas l'intention d'être malade ! Puis, comment tu peux devenir célèbre en étant botaniste ? Enfin, au moins, tu pourras voyager.
- Ah, mais j'ai l'intention de rester en Angleterre !
- Mais quel est l'intérêt d'étudier des plantes que tu connais déjà ? s'étonna Lavalya.
- Déjà, on ne les étudie pas toutes, et ensuite je n'ai pas d'ambition particulière. Je veux juste être peinard chez moi avec mes plantes.
- Pfeu ! dit-elle effarée. Je ne comprends pas.
- L'ambition des Serpentard, par Merlin, lui répondit-il en rigolant.
Le cours se termina alors sans que pour une fois Maena n'ait fait brûler ou exploser quelque chose ! Elle fit signe à Karim et se dirigea, avec Maena et Julius, en direction du cours de potion. Pendant qu'ils continuaient la conversation qu'ils avaient commencée en cours, et qui concernait le cours de divination ayant pour thème l'interprétation des rêves – sa cousine avait eu la malheureuse idée (pour elle) et heureuse (pour les autres) de lui raconter son rêve concernant un combat de chaussettes colorées qui voulaient lui piquer ses céréales. Le pauvre Julius en avait mal aux abdos à force de retenir son rire en cours de Sortilège. Alors, une fois dehors, son rire cristallin les suivit tout le long du chemin jusqu'aux cachots.
Lavalya, quant à elle, était perdue dans ses pensées. Elle repensait à sa retenue de la veille. Elle se demandait si elle avait été trop loin. S'il avait prévenu son père que sa fille semblait avoir pris un coup sur la tête, peut-être même deux, vu qu'elle commençait à lui faire des sous-entendus douteux.
Roh mais arrête de toute façon qui n'a rien sans rien.
En effet, la jeune fille n'était pas du genre à avoir des scrupules, qui plus est quand elle voyait l'objet de ses envies apparaître devant ses yeux. Toujours vêtu de sa robe noire immonde, il toisait la classe de son bureau et de sa haute taille.
Au diable ma conscience, c'est lui qu'il me faut.
Fascinée par lui, elle en oublia de l'écouter… Et Maena s'en étonna…
- Valou ! A toi d'aller chercher les ingrédients pour la potion !
Rapidement, elle jeta un coup d'œil à la recette à préparer et se précipita pour aller chercher ce qui était nécessaire à la préparation de la Potion Brûle-entrailles! Une potion très compliquée, surtout quand on n'arrivait pas à se concentrer. Heureusement, elle avait une future potionniste avec elle.
- Voilà, la commande de Miss est arrivée !
- Ah, enfin ! Dépêche-toi, sinon Parkinson va nous dépasser !
- Roh, même si on lui laissait l'éternité, elle ne serait pas capable de faire quelque chose de potable… Ses potions tueraient n'importe qui !
- Tu es vraiment mauvaise langue ! dit Maena en souriant.
- Une langue de vipère !
- Bon, allez, arrête tes bêtises et au travail.
- Tu es toujours tellement sérieuse quand on parle de potions !
- Tu es toujours tellement sérieuse quand tu parles de sortilèges !
- Tu n'as pas le droit d'utiliser mes arguments contre moi, siffla Lavalya.
Elle n'obtient qu'un ricanement de Maena. C'était plus fort qu'elles, il fallait toujours qu'elles se chamaillent. Lavalya coupa et éminça, sous les ordres de la rousse, pendant que cette dernière surveillait le feu, infusait, remuait à la seconde près pour avoir une potion parfaite. Lavalya ne se demandait plus où elle trouvait ces idées pour innover, elle la laissait faire. Et cela lui laissait le loisir d'observer Severus corriger des copies. Il était rageur, sa plume perçait le papier…
Surement la copie d'un de ces chatons ! Ou alors des consanguins de notre maison… Il est sexy comme ça… Je devrais peut-être avoir de mauvaises notes…
« Ah, et tu crois que c'est intelligent… »
Oh, tais-toi, la conscience, je plaisantais ! J'aime trop être la première… Et je serai la première à qui il pensera le matin…
- Donne-moi le couteau en argent ! Valou !
- Oh, tiens !
- Voilà, juste à temps pour que ça mijote ! On retrouvera la potion à notre prochaine séance ! Mais enfin, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es sur la lune, aujourd'hui.
- Oh, ce n'est rien, je pense juste à notre cours de défense contre les forces du Mal de demain ! Je voudrais la faire enrager à nouveau ! dit-elle en commençant à ranger (à regret) ses affaires.
- Tu vas encore passer ton temps en retenue ! Et ce serait bien que tu fasses profil bas ! On va finir par être remarquées.
- Vous pouvez y allez ! Vous retrouverez vos potions, ou ce qui y ressemble de loin, lundi ! Maintenant, dehors !
- Oh, bah moi, je pourrais rester enfermée avec lui de façon éternelle et faire en sorte de me faire remarquer, murmura-t-elle …
- Qu'est-ce que tu as dis !? dit Maena en se retournant.
- Que le jeu en valait la chandelle et qu'il fallait bien lutter !
Maena la regarda d'un air suspicieux…
- Ah, et bien, j'ai dû mal entendre ! Eh bien, attends au moins de savoir ce que Fred veut nous dire… lui répondit-elle avec son air béat.
- C'est dégoutant, cette niaiserie !
- C'est vrai que toi, on ne peut pas dire que tu sois romantique ! Tu ne me parles jamais de lui… Moi tu sais tout, c'est injuste ! essaya Maena.
- Non mais, arrête tes yeux de chouette effarouchée ! Tu me le fais depuis qu'on a au moins trois ans !
- J'aurais au moins essayé, dit la rousse dépitée.
Elles arrivèrent à la grande salle en même temps que toute la bande : Cécilia, Ellarosa, Karim et Julius.
- Tiens, puisqu'on est tous ensemble, pourquoi ne pas aller déjeuner au parc ? proposa Lavalya. On a le temps enfin je parle pour Mae', Karim, Julius et moi ! dit elle en regardant sa sœur et sa meilleure amie.
- Oh, on a largement le temps ! Au pire, on ratera un cours, ce n'est pas la mort.
Ces paroles furent suivies d'un sourire angélique en direction de sa grande sœur.
- Tu iras en cours ! Avec un sortilège de catapultage, s'il le faut !
Tous ricanèrent, saut Lia bien sûr, qui essayait, depuis sa plus tendre enfance, de corrompre sa sœur. Mais même s'il suffisait à la blonde de battre des cils et de sourire pour amadouer le reste de l'école, Lavalya restait intraitable.
- Tu sais qu'en dernière année, je serai seule ! Enfin, sans toi, dit-elle en jetant un regard d'excuse à Ella qui s'apprêtait à protester.
- Mais non, je te ferai pas ce plaisir… J'….
- Oh, mais tu ne vas tout de même pas redoubler pour me surveiller !
- Non, même si te faire enrager en vaudrait sûrement la peine, j'ai trouvé un meilleur moyen pour ça remarque : je vais enseigner ici ! Enfin, pour les trois ans que durera mon perfectionnement !
- Tu voulais le faire à Salem ! riposta Lia.
- J'ai changé d'avis ! Tiens, si on s'installait ici ?
La dernière remarque était purement théorique. En effet, à chaque fois que le groupe voulait se retrouver, il le faisait à cet endroit . Ils étaient à l'est de l'école et vers le Nord du lac. En général, personne ne venait dans ce soin un peu trop éloigné du château. C'était Ellarosa qui avait trouvé cette mini clairière en arpentant le parc, sûrement à la recherche d'une cachette. Et cette dernière était parfaite. Ils étaient au centre d'un cercle formé par des buissons que Karim avait identifié comme étant des buissons de sauge. La nappe à terre, mise par Julien qui ne voulait certainement pas se salir, ils commencèrent à manger. Mais Cécilia n'avait pas dit son dernier mot :
- Tu veux que je te dise, je suis sûre que c'est à cause du mec que tu suivais mardi ! Et…
A la seconde même où les mots avaient franchis ses lèvres, la jeune blonde se plaqua les mains sur la bouche, horrifiée… Les yeux ronds comme des soucoupes, elle regardait sa grande sœur sans savoir que faire. La tension était plus que palpable et Lavalya semblait être sur le point de tuer ce petit monstre qu'on lui avait infligé comme membre de sa famille proche. Elle reposa son pain, qu'elle s'apprêtait à porter à sa bouche, et dit :
- Tu crois franchement que je suis du genre à suivre quelqu'un ? Je suis tombée sur lui par hasard point final, je ne voulais pas qu'il me remarque, c'est tout.
Elle continua son repas comme si de rien n'était, le reste du groupe ayant un sourire aux lèvres, sauf Lia qui attendait de voir si la brune ne lui en voulait vraiment pas. Maena, quant à elle, essaya de sauter sur l'occasion pour en savoir plus :
- Et il é…
- Cherche pas Mae', elle ne l'a pas vu ! Elle l'a su seulement parce que j'ai fait une erreur toute bête… J'ai prétendu vouloir m'en prendre à Pansy alors que ces deux demoiselles l'avaient fait à ma place.
- Et tu crois que je vais te croire !
- Mais c'est la vérité, je n'ai rien absolument rien vu et Ella non plus !
Rougissante, sa petite sœur avait encore fait une gaffe.
- Oh, mais t'inquiète, je savais déjà qu'Ellarosa était dans le coup ! On ne peut pas avoir de secret dans cette famille.
Et pour détourner l'attention d'elle-même :
- Puisqu'on est sur les confidences, moi j'aimerais bien que Karim nous dise à qui il pense !
Lavalya avait un peu honte de livrer son meilleur ami comme un morceau de furet à un hippogriffe, mais elle n'avait pas le choix. Détourner la conversation sur Mae' n'aurait pas duré bien longtemps vu que tout le monde savait qu'elle adulait Fred. Lia et Julius étaient des brises-cœurs et Ella… et bien on ne savait même pas si elle se posait la question. Et lancer un autre sujet n'aurait fait que renforcer l'enquête dont elle faisait l'objet. Karim avait cinq paires d'yeux braqués sur lui :
- Oh, mais ce n'est pas très important… de toute façon vous ne le connaissez pas !
Lavalya fut la première à s'étonner :
- Tu as bien dis « le » ? Tu aurais pu me dire que tu t'intéressais aux garçons !
Julius intervint :
- Il aurait pu me le dire à moi, enfin ! Tout le monde sait que je chasse les mecs !
- Et c'est un euphémisme, rajouta Mae'.
- On…
- …t'accepte…
- …comme…
- …tu…
- …es !
Julius, Lia, Mae', Ella et Lavalya avaient parlé chacun à leur tour ! Et s'amusaient clairement de la situation…
- Oh, mais déjà que je suis un Poufsouffle, je ne voulais pas en rajouter ! répliqua Karim, visiblement soulagé.
- On a tous oublié ce petit état de fait, ici ! Ce n'est qu'une erreur de parcours que d'être un blaireau… puis au moins tu remontes le niveau, rajouta Julius. C'est cool, je vais pouvoir te présenter tous mes ex ! Ou d'autres, hein !
- Ahah, non Ju', ça ira ! dit Karim en faisant une grimace.
- Eh bien oui, vous n'avez pas compris qu'il était éperdument amoureux ? rajouta Ellarosa, les yeux brillants, et qui attendait impatiemment un nom visiblement.
- Je met un joker comme Lavalya, dit Karim en riant.
Au comble de l'attente, tout le monde fut déçu, mais Lavalya se promit qu'à la première occasion, elle l'encouragerait à se confier et à l'aider, pour se faire pardonner. Mais avant que la discussion reprenne à son sujet :
- Tiens, en parlant de séduction ! Lia et Ella, vous allez être réquisitionnées demain pour partager l'enfer que je vis depuis hier ! Maena a besoin d'une tenue pour plaire à… celui qu'elle a choisi ! Elle me transperce les tympans depuis hier pour que je l'aide, mais je ne suis vraiment pas la mieux placée.
- C'est clair ! dit Lia, heureuse du défi.
Elle donna rendez-vous à sa cousine le lendemain dans l'après midi, qui était libre pour tout le monde.
Il était, hélas, l'heure d'aller en cours pour les deux plus jeunes du groupe. Les plus âgés en profitèrent pour discuter d'Ombrage, du rendez-vous du lendemain et afin de chercher des idées pour rendre cette vieille mégère complètement folle à liée, bien qu'elle avait l'air d'être déjà gratinée. Enfin, tous allèrent aux dernier cours de la journée celui d'option. Lavalya avait pris arithmancie juste pour être accompagnée de Karim. Mais ce cours l'ennuyait à mourir, même si le professeur était très intéressant et passionné par sa matière.
Je n'ose imaginer ce que Mae' subit en en études des Moldus, tiens ! Il faudrait m'expliquer pourquoi deux purs Serpentard ont choisi cette matière.
- Miss Marchombre, voudriez-bien répondre, s'il vous plait ?
Elle leva les yeux sur son professeur et arrêta de griffonner sur son parchemin qui, contrairement à ce qu'il pensait, ne contenait pas de notes de cours. Dans cette matière, Lavalya comptait sur son meilleur ami pour lui donner les réponses et l'aider pour qu'elle ait un niveau correct. Et une fois de plus, il vint à son secours :
- Le trois signifie l'unité, souffla Karim.
Lavalya répéta ce qu'on lui avait murmuré son ami et essaya de suivre la suite. De toute façon, il n'aimait pas discuter dans ce cours. Il faut dire que, pour une fois qu'il ne fallait pas sortir sa baguette, il était ravi. La fin de la torture arriva bientôt :
- Au fait, je m'excuse de t'avoir jeté dans la fosse aux serpents tout à l'heure !
- Oh, mais ne t'inquiète pas ! Je comprends dit Karim toujours bienveillant.
- Tu pardonnes trop !
- Toi, pas assez !
Après un sourire complice, Lavalya s'éloigna pour rejoindre le stade de Quidditch. Il était bientôt dix-sept heures et l'équipe s'était donné rendez-vous pour sélectionner le nouveau membre qu'il manquait à l'équipe pour pouvoir commencer les entraînements le samedi. Il ne manquait qu'un membre, un poursuiveur ou une poursuiveuse. Enfin, elle espérait que cela serait une poursuiveuse ! Déjà parce qu'elle savait que Maena voulait tenter sa chance, et ensuite parce qu'elle était la seule fille de l'équipe. Elle avait eu du mal à être sélectionnée en troisième année. Elle avait tenté sa chance, mais Flint l'avait recalé juste parce que c'était une fille et avait préféré ces deux lourdauds de Grabe et Goyle ! L'année suivante, elle fut prise de justesse ainsi que Sébastien Bole, un autre imbécile, mais tout de même moins que les deux gorilles de Malefoy. Heureusement qu'il y avait eu un changement de dirigeant. Le poste de batteuse était fait pour elle : il fallait de la précision et ne pas avoir peur de faire mal.
Sa cousine la rejoignit dans le vestiaire. Elle qui était déjà maladroite sur ses jambes l'était encore plus à cause du stress.
- J'espère que ça ira mieux sur ton balai ! lui dit Lavalya avec un sourire plein de tendresse. Et arrête, cette protection se met aux genoux, pas au coude. Donne-moi ça. Tu as déjà fait du Quidditch pourtant.
- Ouiii, mais là, c'est important !
- Ah, arrête de monter dans les aigus comme ça ! Et arrête de montrer que tu as peur, sinon ces vicieux vont le voir !
Après plusieurs minutes de discussion oscillant entre douceur et remontrances, sa cousine était enfin prête ! Elle partit avant elle pour rejoindre son équipe et pour que les autres ne pensent pas qu'elle était maternée.
Quand il vit Maena, Drago Malefoy ne put s'empêcher d'intervenir :
- Non mais, c'est une blague ? On en a déjà assez d'une Marchombre ! Et c'est une fille !
- Oh, Malefoy tu la fermes ! Tes bijoux de famille ne vont pas rétrécir avec deux filles dans l'équipe !
- Suffit vous deux ! intervint Romaric. On prendra celui ou celle qui sera le meilleur, l'équipe en a bien besoin !
Lavalya s'élança sur son balai pour rendre la tâche difficile aux participants, plus nuls les uns que les autres. Le premier trouva le moyen de se suspendre à des trois buts, le deuxième de lâcher le souafle en pleine passe et le troisième glissa carrément de son balai. Puis, ce fut le tour de sa cousine :
- Allez Mae', tu ne peux franchement pas faire pire, murmura-t-elle.
Par un hasard monstrueusement ignoble, elle se retrouva dans l'équipe adverse et était donc chargée de l'empêcher de marquer des points.
Le match commença et Maena fut mise tout de suite dans le bain : elle attrapa le souafle et fonça sur les buts en évitant les autres joueurs. Elle n'avait pas grand mal… Comme il ne jouait qu'à effectif réduit, il n'y avait qu'un cognard sur le terrain et c'était son collègue batteur qui l'avait : Sébastien. Pour une fois, il réussit à en faire quelque chose et réussit à taper dedans… mais malheureusement, il l'envoya sur sa propre équipe et Maena en perdit le souafle. Quant à Lavalya, elle se précipita après le cognard qui, en sentant sa présence, se dirigea vers elle. D'un mouvement de balai, elle se retrouva derrière lui et l'envoya vers sa cousine à contrecœur… il fallait bien qu'elle soit crédible. La rousse, qui ne fit pas attention, le reçut sur le poignet… Lavalya en fut horrifiée et se retint de ne pas débouler pour la soigner : il fallait qu'elle s'en sorte seule. Le match continua et Maena, sans se plaindre, mit plus de points que les autres participants réunis. Au coup de sifflet final le verdict du capitaine ne se fit pas attendre :
- Maena, tu viens samedi !
Et avant que les autres Serpentard aient eu le temps de protester :
- Je ne veux aucune protestation ! Il serait grand temps que l'on arrête nos guerres internes si l'on veut avoir une chance de remporter la coupe cette année !
L'équipe se dispersa et Lavalya se jeta sur Maena. Son poignet n'était pas beau à voir, il était violet-bleu et elle grimaçait de douleur.
- Oh, je suis désolée ! Je voulais juste te ralentir !
- Tu aurais pu me tuer, oui ! Et ne me dis pas que tu ne l'as pas fait exprès ! Tu es précise comme comme… Je ne sais pas moi ! Mais tu devrais avoir honte !
Lavalya était devenue translucide… Deux disputes en moins d'une semaine alors qu'en quinze ans, elle n'en avait eu que trois ! Ne sachant que dire et au bord des larmes, elle vit Maena lui sourire :
- Ahah et toc ! Ça, c'est pour ne pas vouloir me dire de qui tu es amoureuse ! Je vais à l'infirmerie !
Et Maena se mit à courir comme une dératée, le balai encore à la main.
- MAENA MARCHOMBRE, JE VAIS TE TUER !
Lavalya la suivit, mais sa cousine arriva avant elle à l'infirmerie, essoufflée et madame Pomfresh avait prit les choses en main :
- HORS DE MON INFIRMERIE ! Vous tuerez votre cousine plus tard si vous voulez ! Ouste, allez vous changer !
Lavalya, rageuse, se rendit dans son dortoir…
Rrrr, comment elle a osé me faire ça ! Et comment j'ai pu y croire ! Oh elle me le payera !
Mais il était bientôt l'heure de sa retenue et il fallait encore qu'elle se prépare. Elle prit donc le chemin de la salle de bain et se lava rageusement . S'étant suffisamment défoulée, elle se sécha puis s'habilla d'une tenue simple aujourd'hui. Elle n'était pas d'humeur à s'embêter et ne se sécha même pas les cheveux.
Lavalya arriva avec plus de trois quarts d'heure d'avance au cachot, mais elle s'en fichait : elle voulait le voir et le verrait … Elle toqua à la porte de la classe et découvrit le professeur Rogue à son bureau en train de lire un immense grimoire :
- Il me semble que tu es en avances ! dit-il d'un ton assez froid.
Lavalya prit conscience de ses actes à l'instant. Elle n'avait même pas trouvé d'excuse plausible.
Je ne vais tout de même pas lui dire que j'avais envie de le voir pour l'admirer et je ne dois pas avoir l'air présentable.
Elle sentait ses cheveux qui gouttaient et mouillaient son pull. Ses yeux étincelaient encore de la rage et de la course poursuite de l'heure d'avant. Et, pour une fois, elle ne savait pas quoi dire mais finit par trouver :
- Eh bien, je n'allais pas commencer mes devoirs et je croyais que la sélection de Quidditch allait duré davantage de temps. Je suis désolée de vous déranger, je vais attendre dehors.
Elle s'apprêtait à partir mais :
- Non, reste ! Tu feras presque toute les heures ainsi. Je ne peux pas être présent demain, tu vas m'aider à corriger mes copies ce soir…
Non mais c'est une journée pourrie ! Comment ça, pas le voir demain ? Et je le verrai pas de tout le week-end, je parie. C'est une catastrophe !
Pendant qu'elle débattait intérieurement, l'élu de son cœur n'étant pas très patient, fut agacé :
- Si tu préfères faire une potion, dis-le-moi tout de suite, mais ne reste pas plantée là comme une statue !
- Oh, non, ça me va aussi …
- Bien je t'ai laissé ce tas-là, sur la table. Je pense que tu es assez compétente pour corriger des premières années. Je retourne à mon travail. Et tâche ne pas être distraite, je n'aimerais franchement pas repasser derrière toi, dit-il d'un ton glacial cette fois.
Génial, voilà que tu te ridiculises.
Lavalya prit soin de corriger les copies et s'étonna de voir qu'ils pouvaient raconter de telles absurdités ! Non mais, les informations de ce niveau étaient disponibles dans le manuel et ils n'avaient pas besoin de recherches. Elle croyait, comme les autres dans une certaine mesure, que son professeur était sévère, mais pas que les élèves étaient idiots ! Enfin, pas à ce point-là…
Entre deux lectures, elle jetait des coups d'œil à Severus. Elle ne pouvait pas s'empêcher de le regarder. Ses cheveux longs lui couvraient la moitié du visage de profil, son nez lui paraissait plus grand, mais elle s'en fichait : personne n'était parfait. Il avait le charisme, l'intelligence et il était beau… pour elle.
La fin arriva trop vite à son goût et elle fut obligée de partir sans avoir rien fait… Pas de premier pas… Rien… Elle eut un goût amer dans la bouche et l'impression d'être de retour au point de départ.
Comme un automate, elle remonta en salle commune. Maena était déjà là, mais Lavalya était trop déprimée pour lui en vouloir. Exténuée, elle s'écroula sur le lit.
Elle s'endormit sans voir le regard interrogateur de son alter-ego.
Pourtant, le lendemain, elle était sous la couette en pyjama… Surprise, elle se regarda. Son haut était à l'envers, mais elle sourit. Sa cousine s'était occupée d'elle. En avance sur les autres grâce à sa nuit de sommeil, elle put se préparer tranquillement. Mais elle n'était pas d'humeur aujourd'hui. Rien que le fait de savoir qu'il ne serait pas dans le même lieu qu'elle la rendait triste et jalouse. Même si, elle s'en doutait, ce n'était que pour une simple mission …
- Mais rien n'est jamais simple avec cette face de serpent ! Pourquoi a-t-il fallu qu'il existe ?
Heureusement que la douche couvrait ses paroles, parce que Milicent était entrée dans la salle de bain. Lavalya sortit une serviette qu'elle noua autour d'elle-même sans s'en douter et fut surprise :
- Quelle horreur dès le matin ! lui dit Millicent.
- Au moins, moi, je ressemble à quelque chose !
Un grognement la suivit, mais elle n'y fit pas attention et elle préféra s'habiller derrière les rideaux de son lit. Et elle resta là, allongée, en attendant que sa cousine se réveille… enfin plutôt qu'elle termine de se préparer et fasse attention à elle.
- Tu es encore au lit ? Ça ne te ressemble pas !
Lavalya eut un sourire :
- Je t'attendais et je n'avais rien à faire, c'est tout. On va prendre le petit déjeuner ?
Elle partit en avant, les mains dans les poches de sa veste.
- Mais attends-moi ! Mais qu'est-ce que tu as ?
- Rien, on va être en retard, c'est tout.
- Il n'est pas encore sept heures ! Tu ris ou quoi ? dit Maena. Je te connais par cœur ! Tu es rarement déprimée, mais je sais le reconnaître, alors dis-moi !
- Rien Mae' ! dit-elle avec sourire. Juste que j'ai eu un rendez-vous annulé… Mais aujourd'hui, on va surtout parler du tien et je ne veux aucun compromis ! C'est ta journée ! Je t'assure, ça me remontera le moral de te voir heureuse, alors profites-en !
Maena réfléchit quelques secondes et, tandis que sa cousine avait repris sa route, lui sauta sur le dos…
- Ahah, je m'y attendais ! Mais tu fais des progrès, je ne suis pas tombée ! dit Lavalya, moqueuse.
- Ok, j'accepte tes conditions, mais je vais dire qu'une chose.
Lavalya la regarda.
- J'espère qu'il a une bonne excuse, sinon je lui ferais boire un poison violent sans qu'il s'en rende compte et couic !
Pour le coup, Lavalya rit franchement ! Faire boire un poison à un professeur de potions étant le plus doué de toute l'histoire sans qu'il s'en aperçoive était risible, mais il ne fallait certainement pas sous-estimer sa cousine.
- Ok, je le préviendrai, ne t'inquiète pas ! Maintenant, on va être en retard si tu continues, dit la brune.
- Mais ça veut dire que tu lui as déjà parlé ?!
- Mae', par pitié ! Oui, un milliard de fois, au moins. Mais maintenant, chut la pipelette !
Elles firent leur entrée dans la grande salle bondée. Personne ne fit attention à elles, Lavalya regarda à la table des professeurs et, comme elle s'y attendait, il n'était pas là. Mais à la myriade d'émotions qui la prenait depuis qu'elle s'était rendu compte de ses sentiments, c'était une angoisse qui lui donnait la chair de poule qui prit le dessus.
Et si jamais…
Et elle jeta un regard noir à Dumbledore… C'était lui qui se servait de Severus pour qu'il accomplisse un travail que personne n'aurait fait. Même si c'était nécessaire, elle aurait préféré que ça soit cette sale truffe de Malefoy qui s'en occupe.
Elle s'assit avant que ses amis ne se posent de questions. Et grignota plus qu'elle ne mangea, sous le regard acéré de tout le monde :
- Vous savez, ce n'est pas parce que je n'ai pas faim ce matin que je vais m'évanouir dans la nature ! Mais parlons de Mae' ! Les filles, vous avez trouvé la tenue idéale ?
- Oh oui, on a plusieurs tenues…
- Oh oh oh, ne vous emballez pas ! Je veux rester normale, hein, dit Mae'.
- Mais non, justement, il faut que tu sois éblouissante ! lui dit Cécilia. Fais-moi donc confiance.
Lavalya se moqua intérieurement du calvaire que sa sœur allait subir, ce sera sa revange pour hier, tient ! Parce que, souvent, on prenait Lavalya pour la plus têtue, mais sous ses derrières de petit ange, c'était sa cousine la pire ! Même la brune avait du mal à la faire plier alors qu'elle la connaissait plus que n'importe qui d'autre. Elle ne serait vraiment pas loin cet après-midi, pour se délecter de cette situation.
Mais c'était le dernier jour de cours de la semaine et les cinquième année n'avaient pas grand-chose aujourd'hui. Pour la matinée, ils commençaient par la défense contre les forces du Mal et cela la déprima encore davantage.
Décidément, ce n'est pas ma journée…
Elle retrouva le bonbon rose et décida de ne rien dire, juste de serrer les dents. Severus n'était pas présent pour lui donner une retenue en plus, et il était hors de question qu'elle passe une semaine, le soir, avec elle…
Puis ce n'est pas le meilleur moyen de te faire remarquer…
Ombrage en profita pour se délecter de la soumission apparente de Lavalya. Mais elle le savait, comme tout Serpentard (et pas comme un certain Gryffondor) qu'il fallait attendre le moment propice :
- Tiens, je vois que les retenues ont fait du bien à Miss Marchombre et Mr Potter…
Tu n'imagines même pas à quel point, sale crapaud !
Elle vit du coin de l'œil Hermione tenir la main du héros national pour ne pas qu'il s'épanche en mélodrame encore une fois.
Maena ne manqua pas de lui dire, à la sortie du cours :
- Je ne sais vraiment pas comment tu as fait pour te retenir… J'avais envie de lui faire manger son abominable nœud rose !
- Oh, mais je pensais à notre rendez-vous de tout à l'heure ! Elle le regrettera bien assez vite !
- Sadique va, lui répondit la rouquine.
- Tu ne sais pas à quel point. Et puis, j'ai besoin de me défouler un peu, le Quidditch d'hier ne m'a pas suffit et je n'ai même pas pu me venger après ton coup foireux !
- Oh, mais tu l'avais mérité Valou ! Tu as besoin de te défouler à cause de ton mystérieux brun ?
- Je n'ai jamais dis qu'il était brun, Mae'…
- J'avais le droit d'essayer et…
- Et puis, il a une excellente raison pour avoir annulé…
- Ah oui, et c'est quoi cette raison ? Si j'avais rendez-vous avec toi, il n'y aurait aucu….
- Pas même Fred ? dit Lavalya en riant. Ses beaux yeux bleus te feraient marcher jusqu'au bout du monde ! Enfin beau… pour toi ! Puis de toute façon techniquement on n'avait pas rendez-vous… pas officiellement…
- Tu veux dire que c'est vrai ce que Lia a dit… Tu…
- Non mais ça va pas, Mae', enfin ! C'est juste que moi, j'avais conscience de ce rendez-vous du destin et pas lui.
Pendant que sa cousine réfléchissait, Lavalya la laissa pour aller en cours d'Arithmancie… La journée de cauchemars continuait. Heureusement que Karim était là : pendant une heure, elle réussit à le faire parler de tout et de rien. Il avait bien senti qu'elle n'avait pas le moral. Alors il sacrifia une heure de cours pour elle. Dès que le professeur avait le dos tourné, leur complicité faisait plaisir à voir, comme quand ils étaient petits : ils riaient de tout et de rien.
Ils se séparèrent à la fin de l'heure et la brune monta directement dans sa salle commune. Elle l'aimait lorsqu'elle était vide, elle pouvait en profiter sans être la cible de Malefoy et sa clique, même si, heureusement, la plupart du temps un statut quo régnait. Elle choisit de se placer dans le canapé le plus proche du feu et joua avec son jeu d'échec version sorcier. Ce qui était bien avec cette version, c'est qu'elle n'avait pas besoin d'adversaire pour pouvoir se détendre. Mais ce fut de courte durée :
- Mais je t'ai cherchée partout ! Il faut que tu manges, enfin !
Lia était là également et Lavalya dit :
- Plutôt que de m'engueuler, tu ferais mieux d'aller avec ta cousine ! Il te reste une heure à peine pour te préparer .
La blonde eut un hoquet d'horreur et força Maena à monter les escaliers. Pendant une demi-heure, Lavalya et les autres élèves présents dans la salle commune, entendirent :
- MAIS TU VAS ENFILER CA OUI ?
- NON, c'est trop court !
- Alors ça !
- NON c'est une robe !
- Maeeeeeeeee', tu m'énerves à la fin !
Lavalya jubilait et elles n'en étaient pas encore au maquillage ! Ellarosa entra et de sa voix douce lui demanda :
- Comment tu vas ?! Tu n'es pas venue à la grande salle à midi.
- Ne t'inquiète pas pour moi, mais inquiètes-toi plutôt pour ta meilleure amie ! Maena lui fait vivre un enfer ! Je suis gentille, je partage.
- Valou, enfin, tu es mécha….
La voix de Lia retentit :
- OH ZUT ! J'en ai marre, c'est cette robe qui te va le mieux alors…
- TU N'AS PAS LE DROIT D'UTILISER LA MAGIE !
Ellarosa leva les yeux au ciel :
- Je crois que tu as raison, je vais y aller …
Lavalya attendit patiemment qu'elles aient finies de s'occuper de sa cousine et les quelques minutes de retard en valurent la peine : Maena était transformée. Elle portait une robe qui n'était pas de soirée mais d'été : blanche en dentelle doublée pour ne pas qu'il n'y ait de transparence. Un ruban noir lui serrait la taille et son décolleté était mis en valeur, sûrement ce qui gênait la jeune fille. Même pour la coiffure, Lia et Ella s'étaient surpassées : les longs cheveux roux habituellement en désordre et ondulés de Maena étaient attachés en chignon. C'était frais, estival, et comme il faisait doux, cela ne détonait pas avec la saison.
- Mae' ! Il va être bluffé ou je n'appelle pas Lavalya Marchombre …
- C'est ce qu'on se tue à lui répéter depuis une heure ! renchérit Cécilia qui était, elle, ébouriffée comme si elle c'était battue avec sa cousine.
- C'est bien, rougis ! Comme ça, tu auras des couleurs ! Allez, maintenant on y va ! Merci les filles, vous êtes géniales, dit-elle en prenant sa cousine par le bras.
- Mais je n'ai pas pensé à ce que je pourrais lui dire !
- Vois-tu, chère cousine, il est trop tard , répondit Lavalya.
Pendant encore quelques minutes, elles marchèrent en se chamaillant. Mais l'arrivée à leur point de rendez-vous fit taire la rousse, à cause du stress. Et le fait qu'un seul des deux jumeaux soit présent n'arrangea pas le problème.
- Franchement, c'est un miracle que tu ne te trompes pas !
- Non mais, Fred c'est Fred ! lui répondit Maena avec ce regard énamouré qu'elle détestait.
Par Merlin, si je regarde Severus comme ça, il doit savoir déjà tout…
- Chut, on s'approche, murmura Maena.
Et à haute voix :
- Salut Fred !
Le jeune homme eut un sourire éclatant, ce qui rendit Maena plus que troublée .
- Salut Mae' ! L'iceberg, dit-il malicieusement.
Avant que la brune intervienne, la rousse prit la parole :
- George n'est pas là ? Vous vous séparez rarement !
- Cela nous arrive. Il avait quelques-unes de nos expériences à finir et moi je me suis chargé de vous transmettre la notre.
- Pfeu, comme si on en…
Un coup de coude interrompit Lavalya :
- On t'écoute ….
La brune avait vraiment l'impression de tenir la chandelle : c'était évident que ces deux-là se plaisaient. Alors, distraite, elle se contenta de regarder par la fenêtre, sachant que si elle partait, sa cousine ne serait plus à l'aise. Perdue dans ses pensées, comme souvent ces derniers temps, elle n'entendit que des bribes de conversation :
- C'est dommage qu'on ne puisse pas faire un marécage portable ! Cela irait parfaitement avec cette face de crapaud rose …
Ce fut la première fois qu'elle entendit un vrai rire de Fred et pas seulement un ricanement moqueur. Mais une silhouette attira son attention auprès du lac… Il était revenu… Et il avait l'air d'aller bien, vu à quelle allure il marchait. Lavalya sourit et jeta un coup d'œil au deux tourtereaux. Il était de temps de les laisser tranquille et elle s'élança à la poursuive de son Enfer personnel. Mais quand elle arrivera à le conquérir, nul doute que cela deviendrait son Paradis.
