Chapitre 5 : Le rouge sied au teint

L'esprit libre et de bonne humeur, Lavalya prenait l'air autour du parc. C'était le premier week-end de l'année et elle faisait donc le bilan de la première semaine qui n'était pas si mauvaise. L'endroit était calme et le lac brillait sous les premiers rayons du soleil. Ce matin, elle était presque sortie en pyjama, simplement vêtue d'un jean et d'un petit débardeur. L'air frais lui faisait du bien. Tout naturellement, elle pensait à Severus, mais aussi à comment avait fini le rendez vous de la veille avec Fred.

Elle n'y aurait jamais cru, mais elle était tombée dans le panneau comme toute les autres filles : elle était obsédée par un homme.

Un hibou la fit sortir de sa rêverie. Il était brun et blanc comme les autres, mais sur son bec était présente une tâche de couleur bleue-noire. C'était celui de son père et il portait un petit paquet. Elle le réceptionna sur son bras, ce qui lui laissa une petite trace. La jeune fille ouvrit d'abord le paquet avant la lettre qu'elle fourra dans sa poche. Et donna un peu de Miamhibou - elle en a toujours dans ses poches, au cas où elle rencontrerait un pauvre hibou en perdition - à Aticus nommé ainsi en référence à un grand roman de la littérature moldue que son père appréciait.

Le paquet contenait un souvenir que sa mère avait ramené d'Asie. Elle voyageait souvent grâce à son métier. Malgré leurs métiers respectifs, ses parents étaient présents tous les soirs à la maison - ou presque. Au grand désespoir de Lia qui voulait absolument organiser une fête mémorable.

Sa mère lui avait envoyé une chaine de cheville. Elle lui écrivait que c'était un très joli bijou destiné à décorer le pied et dont les garçons raffolaient, et que comme le froid n'était pas encore revenu, elle pourrait le porter un peu. Elle essaya de l'attacher autour de son poignet, parce qu'elle se voyait mal porter des sandales, mais l'ouverture lui glissait des doigts engourdis par le froid.

- Rrrr.

Quand elle était contrariée, ça lui arrivait souvent de grogner comme un chat.

- Tu aurais dû prendre une veste ou un manteau…

Elle se figea quand elle le reconnut. Tomber sur lui par hasard, au milieu de presque nulle part, avec personne autour, c'est inespéré ! Elle chercha quoi lui dire et comment. Son cerveau pouvait presque en vibrer. Mais il anéantit tous ses efforts en lui arrachant presque le bijou des mains et en lui attachant autour du poignet.

- Tu sais que c'est censé se mettre à la cheville ? Je ne savais pas que tu essayais de te mettre à ce genre de choses.

Lavalya n'arrivait pas à y croire, elle avait enfin une conversation avec lui.

Surtout ne gâche rien.

- Un cadeau de ma mère ! Tout à fait son genre de penser à ce genre de débilité ! répondit-elle du tac au tac.

Pendant que ces mots sortaient de sa bouche, elle se rendait compte de l'absurdité de ce qu'elle disait. Ou du moins, elle aurait pu le dire autrement. Mais sa franchise dut plaire au maître des cachots puisqu'il esquissa un sourire. Pendant une seconde et demi, ce qui fit douter Lavalya mais elle préférait rester positive. Et tout aussi naturellement, elle enchaîna :

- Mais comment connaissez -vous si bien les bijoux féminins, Monsieur le professeur? dit Lavalya avec un sourire taquin (et elle espérait vivement qu'il n'en offrait pas à une autre).

- Peut-être parce que je suis un homme et que si l'on veut survivre, il faut savoir ce genre de choses ? dit Rogue avec ironie.

Ils restèrent là à marcher en silence côte à côte mais ce n'était pas un silence pesant. Lavalya était bien et se sentait à sa place. Mais le doute et la jalousie commençaient à prendre possession de son esprit. Quelle que soit celle à qui « son » Severus avait fais des cadeaux, elle la ferait souffrir. Elle espérait aussi que personne ne les croiserait et surtout pas Pucey… Mais de toute manière ce n'était qu'un professeur qui discutait avec son élève, rien de plus. Et en parlant de l'assistant :

- Dis-moi, Pucey t'a-t-il déjà fait d'autres remarques ? demanda-il en s'arrêtant, le regard sombre.

- Hum, non pas depuis la dernière fois. Mais je crois qu'il s'intéresse aussi à Mae'... Il faudrait que je lui demande pour en être sûre. Pourquoi ?

- Occupe-toi juste de vérifier, je n'aime pas trop l'idée qu'il t… tourne autour des élèves de Serpentard, féminines j'entends. Il est comme un Chartier, vulgaire et ignare !

Lavalya , bien que troublée était d'accord avec lui, la comparaison était plus qu'adéquate : Pucey à l'image de cette créature avait un comportement vulgaire. Elle se demandait si c'était elle qu'il voulait protéger ou simplement faire son devoir de professeur… et surtout, elle se demandait si son père le lui avait demandé. Elle décida que plutôt de chercher des réponses qu'elle n'aurait pas tout de suite, elle en aurait d'autres en restant fidèle à elle-même.

- Joli spécimen pour être nommé assistant, effectivement !

- Les raisons de cette nomination ne te concernent en rien !

- Si cette sangsue me tourne autour , et surtout autour de Maena, bien sûr que si ! J'aimerais bien connaître l'ennemi à qui j'ai affaire ! Je veux la protéger.

- Et ne pas savoir te défendre ? Ça ne sert à rien ! Reste loin de lui et fais ce que je te dis : rapporte-moi tout mouvement suspect.

- Je n'ai pas besoin d'être protégée, siffla Lavalya entre ses dents.

Elle commençait à être à la limite de la colère. Mais son visage restait de marbre et blanc comme un linge, surtout à cause de la fraicheur ambiante certainement. Les deux personnes restèrent là à se fixer méchamment. Chacun refusant de plier. Il faut dire que ces deux énergumènes avaient un sale caractère.

La jeune fille détestait être traitée comme une petite fille… et surtout par lui d'ailleurs.

- Tout ne tourne pas autour de toi ! Contente-toi juste de me rapporter ce qu'il peut te dire.

Sur ces mots, Rogue s'éclipsa sur ses envolées de cape dont il avait le secret comme il savait si bien les faire, laissant Lavalya comme deux ronds de flan à le regarder partir avec une expression mi-figue mi-raisin sur le visage. Elle hésitait entre la colère, l'exaspération et la joie d'avoir pu profiter un peu de lui, mais cette la première qui l'emporta fut :

- Et en plus il ne m'a même pas proposé sa cape !

Elle finit par lire la lettre de son père :

Ma petite Lavalou,

Déjà n'écoute pas ta mère ! Personne ne t'oblige à faire saliver les garçons, tel un loup-garou qui poursuivrait une proie ! Sans mauvais jeu de mot pour ton oncle !

Nous sommes occupés au ministère. Je ne sais pas quand tu recevras cette lettre, mais la gazette devrait relater une tentative de cambriolage. Tu devines donc que le ministère est en émoi et je dois faire des heures supplémentaires absolument pharaoniques. Heureusement que vous n'êtes plus à la maison.

Je suis ravi que tu ripostes face à cette Pansy qui est aussi vulgaire que l'est sa famille ! Les enfants sont le reflet de leurs parents et je me félicite de voir que tu es raffinée et brillante. D'accord, j'arrête là les compliments (bien que je le pense) parce que je ne suis pas totalement objectif, défaut que tu as hérité de moi, sans doute. Un comble pour un homme de loi, non ? Alors, ne fais pas de bêtises graves comme ça je n'aurais pas à te traquer.

En parlant de cela, évite de contrarier Ombrage ! J'ai eu vent de ta semaine de retenue. Bien sûr, je n'en ai pas fais mention à ta mère ! Elle aurait pu venir te punir elle-même. J'entends déjà tes arguments (plutôt des remarques assassines et des yeux qui me ferait mourir… Tu n'oserais pas ?) mais elle est dangereuse et tu t'en doutes !

C'est pourquoi j'ai confié aussi à Severus la tâche de vous surveiller, les filles et toi.

Papa

Loin de la calmer, cela l'énerva davantage. Maena avait eu raison l'autre soir ! Il la protégeait parce que son meilleur ami le lui avait demandé et pas pour un quelconque intérêt :

- Foi de Lavalya Marchombre, j'arriverais à le faire succomber ! dit elle en jetant rageusement une poignée d'herbe dans le grand lac, immédiatement aspirée dans le fond par on ne sait quelle créature magique ou non.

- Oh, mais je te fais confiance ! Mais l'herbe n'y est pour rien elle.

Julius venait de faire son apparition avec quelques toasts à la main. Et bien sûr, le plus naturellement du monde, il dit :

- Et qui veux-tu faire succomber ?

Lavalya essaya de trouver une parade, mais sa répartie légendaire était partie en vacances. Alors elle répéta ce qu'elle avait dit à Maena :

- C'est un secret ! Tu le sauras plus tard. Puis si je ne le dis pas en premier à ma chère cousine, elle va m'étriper ! dit-elle en faisant la grimace.

- Ahah ! Mais je suis muet comme une tombe, je ne lui dirais pas ! essaya-t-il de la soudoyer et il ne tira de sa meilleure ami qu'un regard cynique. Bon, reprit-il, il faut que je te dise une super nouvelle ! J'ai reçu mon journal ce matin ! Et pendant les vacances de Noël, il y a un super séminaire de deux jours sur les structures politiques des Géants !

- Ah oui, c'est fascinant en effet ! dit Lavalya et une remarque acerbe ne manqua pas de tomber : Parce que se fracasser la tête à coup de masse, c'est une structure politique ?!

- Valou, tu exagères ! dit-il de son air exaspéré qu'elle adorait ! Je suis sûr que ça sera super intéressant ! Regarde si tu veux.

Et il lui donna la brochure…

Elle était décorée de géants absolument hideux qui auraient bien voulu sortir de la photo pour transpercer leur spectateur avec leurs massues ou avec tout objet plus ou moins lourds. Elle était toutefois enjolivée de jolies arabesques violettes qui créaient un décalage curieux.

- Si ça peut te faire plaisir ! Mais tant que tu ne me demandes pas de t'accompagner !

Quand Lavalya eut dit ces mots, ce perfide Julius finit par lui faire ses plus beaux yeux pour l'amadouer :

- Ah non, même pas en rêve ! Demande à Karim !

- Karim ? Mais ça ne l'intéressera pas !

- Mais moi non plus ! Et qui plus est, lui, ça pourrait lui plaire : il est ouvert à toutes sortes de choses, pas moi ! En tout cas, pas sur ça... Quand tu auras une conférence sur l'apparition des fantômes et leurs conditions de vie sur cette terre, là je veux bien !

- Bon ok, je lui demanderai, espèce de lâcheuse ! Je voulais juste passer du temps avec toi.

- Non ! Tu m'aurais incendié à la moindre remarque que j'aurais pu faire, nuance. Mais si tu tiens absolument à me voir, tu es invité chez moi pour le Nouvel An. Comme tous les ans. Normalement tout le monde sera là.

Tout à leur discussion, ils s'étaient avancés vers le château, Lavalya grignotant, Julius parlant de son projet avec un grand enthousiasme. Ils se séparèrent pour aller à son entraînement de Quidditch pour elle, et à son club de débat pour lui, ce qui leur prendrait bien une grande partie de la matinée et même un peu l'après-midi.

Toujours à se prendre la tête ces futurs politiciens !

Elle regarda sa montre : il était presque l'heure de l'entrainement ! Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle était restée presque quatre heures dans le parc. Elle pressa le pas afin de ne pas être en retard et elle arriva la première puisqu'elle était seule dans les vestiaires. Elle commença par changer de tenue, elle mit son pull aux couleurs de l'équipe.

L'air était frais et elle avait l'habitude de voler à une assez grande allure pour poursuivre les cognards. Puis, elle passa ses protections quand sa cousine arriva enfin, suivie de près par les autres membres de l'équipe.

- Ah tu es là ! Tu aurais pu m'attendre pour le premier entraînement !

- Tu avais peur de te perdre ? lui répondit Lavalya avec un grand sourire destiné à l'accueillir.

Un coup d'épaule plus tard, Maena reprit :

- Regarde, ma mère m'a envoyé une nouvelle tenue aux couleurs de l'école ! Pour ne pas que j'en mette une dans lequel quelqu'un d'autre aurait transpiré. Elle est jolie !

- Bien sûr, puisqu'elle porte nos couleurs… mais dépêche-toi, on n'est pas du genre à discuter dans ce vestiaire.

Et en effet, le capitaine venait d'arriver, et attendait avec impatience que Maena termine de se préparer pour enfin aller sur le terrain. Mais avant, il fallait parler d'organisation :

- Bon on va commencer par s'échauffer un peu. Les poursuiveurs, vous, vous faites quelques passes. Les autres, quelques tours de terrain en allant de plus en vite pour réveiller vos réflexes. Normalement, les batteurs, vous devriez vous envoyer un cognard mais Sébastien est absent : le pauvre a réussi à se mettre sa batte dans l'œil sans même être sur son balai…

Le capitaine avait dis ça d'un ton si exaspéré qu'il faisait pitié à Lavalya.

- Ensuite, on fera un petit match, reprit-il . Maena contre moi, Nicholas gardien, Drago à ton poste. Lavalya, tu seras en charge de nous mettre des bâtons dans les roues. C'est parti !

Lavalya lança un sourire légèrement sadique à sa cousine, en signe d'encouragement. Elle allait enfin pouvoir prendre sa revanche. Elle s'élança vers les buts et fit des slaloms entre les poteaux, remonta et descendit. Quand, au bout de 10 minutes, elle alla au maximum de la vitesse qu'elle s'autorisait, elle fit une pause et regarda ce que faisait ses coéquipiers.

Malefoy avait fini ses exercices d'échauffement. Elle trouvait étonnant le fait qu'il puisse voler aussi vite et se décoiffer autant. En effet, le blond avait l'air de sortir du lit… et elle était sûre que même en sortant du lit, il n'avait pas cette tête. Il savait donc mettre sa vanité de côté de temps en temps.

Dommage qu'il vienne d'une famille aussi réactionnaire.

Sa cousine s'en sortait bien avec le capitaine et Nick. Et le gardien, lui, attendait patiemment que le match commence afin d'entrer dans le vif du sujet.

Lavalya alla se placer à l'extrémité du terrain et attendit que le sifflet retentisse pour commencer à voler et enfin prendre sa revanche. Ce fut, à son grand étonnement, sa cousine qui récupéra le souafle. Elle était vraiment douée quand elle n'était pas stressée. Avoir été élevée par une mère qui était une grande joueuse de Quidditch avait des avantages. Elle décida de ne rien laisser passer et de surtout de l'embêter. Voyant ses cheveux roux arriver à toute allure vers les buts, elle récupéra un cognard et l'envoya de toutes ses forces vers sa cousine. Si bien que le souafle fut récupéré par Romaric et le premier but fut marqué. Quand Malefoy attrapa le vif d'or, deux heures plus tard, c'était son équipe qui avait davantage de points.

Toute l'équipe rentrait au vestiaire en sueur afin de prendre une douche. Et Maena était très en colère contre sa cousine.

- Non mais, tu m'as massacrée ! dit-elle rageuse. C'est mon premier jour, tu aurais pu être gentille.

- Déjà, j'ai l'habitude d'humilier tout le monde au Quidditch, ça me défoule ! De deux, il faut bien te mettre dans le bain, parce que ton Fred est quand même un batteur de qualité ! Et de trois, tu n'avais qu'à pas me jouer une farce aussi stupide aux essais ! Allez, boude pas ! Je t'offrirai une glace en échange.

- Mais jamais il ne me fera du mal, dit-elle tout bas pour éviter que les autres ne l'entendent.

Parce que, bien sûr, les autres Serpentard ne savaient pas qu'elle était éprise d'un ennemi juré.

- Mais il ne te fera pas de cadeaux, rajouta la brune.

Elle avait réussi son coup : dès qu'elle mentionnait le prénom du rouquin, sa cousine se calmait subitement. Elle put ainsi prendre sa douche tranquillement.

Quelques minutes plus tard, elles se retrouvèrent bras dessus bras dessous dans le parc. Des petites altercations, elles avaient tous les jours et même plusieurs fois. Elles croisèrent alors les Gryffondor qui allaient s'entraîner eux aussi. Elle vit justement Fred leur faire un clin d'œil. Ce qui fit ricaner la brune car, aussitôt, sa cousine rougit jusqu'aux oreilles :

- Un jour, il va falloir que tu arrêtes de rougir ! Sois plus imperturbable pour lui montrer que tu maîtrises la situation.

- Non mais, j'aimerais bien t'y voir moi !

- Mais tu m'y as déjà vu justement, rétorqua Lavalya.

Elle adorait donner des raisons à sa cousine de réfléchir, mais elle n'eut en retour qu'un tirage de langue en règle.

En chemin, elles croisèrent aussi Pansy Parkinson et sa bande de babouins, mais la rencontre se résuma en un échange de regards, un sourire satisfait de la Pékinoise et cette phrase de Lavalya :

- Non mais, c'est pas vrai, on s'en débarrassera jamais !

Suivi de celle de Maena :

- Bizarre, elles n'ont rien tenté.

Oubliant vite la peste, elles allèrent déjeuner tranquillement, le repas étant déjà servi.

Lorsque la gazette lui tomba sous la main, Lavalya pensa à la lettre que son père lui avait envoyée le matin même. Elle regarda s'il parlait du cambriolage :

- Etrange.

Ce qui attira un haussement de sourcil suspicieux de la part de Julius, Ella' , 'Lia et Maena.

- Papa m'a prévenu ce matin qu'il y avait eu un cambriolage, mais c'est bizarre car cela fait à peine une colonne dans le journal.

Julius lui prit le journal des mains:

- Effectivement, c'est bizarre… En plus, je ne connais pas cet Elphias Dodge…

Cécilia, qui était d'un naturel plus joyeux, ramena la conversation sur un autre sujet : les licornes. En effet, elle et Ellarosa les avaient étudiées durant la semaine avec le professeur Gobe-planche, et avaient pu les caresser. Elles étaient aux anges , surtout Ellarosa :

- Elles sont tellement pures, tellement blanches, tellement adorables, tellement gentilles, dit-elle les yeux remplis d'étoiles. Je n'en reviens pas d'avoir pu en toucher une ! Heureusement que ces balourds de garçon ne peuvent pas !

- Hey, dit Julius, merci pour moi !

- Mais non, essaya de se rattraper Ellarosa, toi tu es bien trop délicat. D'ailleurs, je suis sûre que tu pourrais arriver à en toucher une. Tu acceptes ta part de féminité, toi, au moins, rajouta-t-elle.

- Dis tout de suite que j'ai des manières !

- Mais non, enfin non ! Mais franchement, Lavalya et toi, vous déformez toujours ce que je dis !

- On a été à la même école, répondirent les deux meilleurs amis ensembles, ce qui fit rire le reste de l'assemblée mais n'empêcha pas Ellarosa de continuer sur les licornes :

- Elles ont un poil tellement doux !

Mais elle ne prit pas garde à Julius qui ajouta perfidement :

- Oh, mais moi aussi j'en connais qui ont le poil doux, mais qui ne sont pas purs vu là où je les ai touché !

- JULIUUUS ! Par Merlin, dit Maena, choquée.

- Tu peux pas me laisser rêver tranquillement à mes niaiseries, rajouta Ellaraosa d'un ton boudeur.

- Ah ça oui, c'est des niaiseries, rajouta Julius.

- 'Fin bref, reprit la blonde, j'adore leurs sabots d'or, leurs robes blanches immaculées, comme si elles avaient mangé des nuages.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Lia de répondre :

- Et pourquoi pas avoir des ailes, voler dans le ciel et s'appeler Pégase tant que tu y es ! Ma pauvre Choupy, faut arrêter la poudre de mandragore !

- Mais ça n'a rien à voir, répliqua Ellarosa, outrée.

- Le fait qu'elles soient blanches et qu'elles mangent des nuages non plus, répliqua Lia.

- Enfin, reprit Maena, non pas que ce débat soit inintéressant, mais regardez : Sirius Black aurait été aperçu à Londres !

Lavalya lut vaguement l'article :

- Boarf, je pense que le ministère cherche juste à se faire mousser en annonçant qu'un prisonnier est sur le point d'être capturé. Et c'est d'ailleurs pour la même raison qu'il nous a envoyé cette pseudo-sorcière ! Rien que pour ça, je serais prête à aider Sirius Black !

Et, comme elle s'en doutait, Maena répondit la première, car c'était toujours elle qui se chargeait de la recadrer :

- Valou enfin !

Mais la susnommée ne lui laissa pas le temps de répondre :

- Non mais, tu ne sais même plus faire la différence entre une blague et une phrase sérieuse.

Ce qui lui valu un haricot sur le nez. Le repas se termina dans la bonne humeur et ils allèrent retrouver Karim pour une ballade dans le parc.

Mais il fut temps de se séparer car le samedi après-midi se réunissaient d'autres clubs. Julius ayant déjà participé au sien, il alla à la bibliothèque avec Maena. Lavalya et Karim, eux, allèrent au club de duels. Enfin c'était évident pour la première mais dans le cas du second c'était pour améliorer ses résultats scolaires. Le professeur Flitwick en avait eu vent et il valorisait les notes de Karim ainsi que ses efforts. Le 7ème année qui les supervisait était d'ailleurs un Poufsouffle et il était déjà présent lorsque les deux comparses arrivèrent dans la salle de classe prévu pour ce rassemblement. Derek Morgan, le président du club, prit des nouvelles de Lavalya car il avait vu Karim il y a peu, vu qu'ils partageaient la même salle commune. Il était assez beau, se dit-elle. Et lorsqu'elle se retrouva seule avec son ami, elle lui posa la question :

- Alors, c'est lui que tu trouves craquant ?

Karim la regarda comme s'il était devenu un poisson hors de l'eau :

- Derek ? Mais pas du tout ! Il n'est pas gay qui plus est !

- Ah, je ne savais pas que c'était marqué sur le front, rétorqua Lavalya. Je tentais juste ma chance.

Elle n'eut pas le temps de parler davantage : les élèves suivants firent leur entrée.

Hermione, bien sûr, accompagnée de Ginny et de Vicky Frobisher. Cette dernière était également de Gryffondor et surtout une acharnée de l'associatif et de club en tout genre… à se demander quand elle dormait !

Hermione, qui était bien décidée à se faire une amie de Lavalya, arriva vers eux, la bouche en cœur :

- Bonjour, comment allez-vous deux ?

Lavalya la regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes… Tout comme Ginny d'ailleurs.

Alors ce n'était pas une blague, elle veut vraiment faire ami-ami.

Karim répondit avant elle :

- Oh bien, merci c'est gentil de demander, hein Valou ?

- Oui, bien, répondit-elle. Désolée j'étais perdue dans mes pensées.

- Oh, ça nous arrive à tous, répondit la première de la promo, je me demandais si, pour une fois, tu voulais faire équipe avec moi pour le club ?

Lavalya répondit assez vite et peut-être assez sèchement :

- Hors de question, je dois aider Karim !

Ce qui eut l'air de vexer Hermione, à en juger par son expression.

Karim, lui, ajouta :

- Mais enfin Valou, je peux me mettre avec Derek. Il faut l'excuser, dit-il , elle est parfois un peu abrupte et protectrice… elle est persuadée que je peux faire une catastrophe si je m'exerce sans son aide.

- Hey oh, je suis là et elle pense que ce n'est pas forcément faux d'ailleurs. Mais c'est vrai, dans le fond, ça ne me dérange de mettre avec toi, dit Lavalya en regardant Hermione qui avait retrouvé le sourire.

Avec un pincement au cœur, la brune regarda Karim s'éloigner et regarda sa nouvelle partenaire. Lavalya lui demanda plus doucement :

- Je voulais savoir pourquoi tu tiens tant à te rapprocher de moi ?

- Parce qu'il faut fraterniser avec les autres maisons, bien sûr. Tu n'as pas entendu le Choixpeau ? répondit la Miss-je-sais-tout .

Elle avait parlé d'un ton intellectuel.

- Ahah, dit Lavalya. Et tu m'as choisi, moi, pour commencer, répondit-elle. Maena aurait été un meilleur choix, elle est, comment dirais-je… plus abordable.

- Oui, je l'aime beaucoup. On a discuté ensemble en métamorphose. Mais j'ai remarqué que toi non plus, tu n'avais pas les mêmes préjugés que tout le monde.

- Euh… là, va falloir que tu m'expliques…

- Tu n'aimes pas les Gryffondor juste parce qu'ils sont ennemis des Serpentard par hérédité….

- Surtout parce que je ne comprends pas certains de vos traits de caractère…

- Mais chez les Serpentard, vous n'êtes pas tous des meurtriers en puissance ! Et tu as commencé à discuter avec moi… Par contre, tu n'as pas les préjugés habituels des sangs purs envers moi. Je me dis que ça veut le coup, alors de me rapprocher. Et puis, je suis sûre que l'on pourrait être de bonnes amies.

Ce qui provoqua un haussement de sourcil de la part de Lavalya.

- C'est clair que si c'était Ron qui était venu, ça n'aurait pas eu le même effet ! dit-elle en souriant en voyant Hermione se préparer à le justifier.

Puis elle ajouta :

- Il va falloir t'habituer à mon second degré !

Ce qui entraîna un sourire de la brune.

Le reste du temps, elles le passèrent à s'affronter et comme elles avaient sensiblement un niveau équivalent, cela faisait du bien à Lavalya : elle pouvait progresser un peu plus vite.

Epuisée, elle dit au revoir aux membres du club et à Karim pour repartir seule dans sa salle commune. Mais elle fit tout de même un détour pour rejoindre Cécilia qui n'était pas trop loin. Elle avait créé un club de mode.

Comme si on avait besoin de ça.

Mais pour le moment, c'était celui qui avait le plus de succès : il comptait 7 membres et que des filles ! Tchetchilia avait bien proposé à Julius de s'y rendre, mais il s'y était toujours refusé jusqu'à présent pour on ne sait quelle raison. La brune marchait tranquillement dans les couloirs, profitant de la fraicheur ambiante, pensant au livre qu'elle avait envie de lire. Elle avait repéré dans un magasin du Chemin de Traverse un livre traitant de sa matière préférée: Sortilèges : Théorie de la création. Il avait l'air bien compliqué, mais elle se sentait prête à se lancer dans la vraie création et pas à de simple modifications de sorts existants.

Puis ça m'aidera sûrement à me faire repérer pour mon apprentissage.

Elle était arrivée au club de mode, elle poussa la porte. L'endroit était assez convivial pour le peu qu'elle en voyait, il fallait l'admettre. Et surtout, il n'y avait pas de bruit, ce qui laissait penser que personne n'était là. Elle faillit rebrousser chemin, mais finit par entrer dans la pièce dans laquelle des morceaux de tissus étaient éparpillés dans un soigneux désordre. Soudain, elle entendit des bruits et se retourna et la scène qu'elle vit la laissa sans voix.

Sa petite sœur était assise à califourchon sur Nicholas, l'un des poursuiveurs de l'équipe de Serpentard, et l'embrassait à plein bouche. Entre deux baisers, elle riait et Lavalya se réveilla quand le jeune homme, passa la main sous le chemisier de Cécilia.

- NON MAIS, JE NE VOUS DERANGE PAS !

A l'évidence si, mais ce n'était qu'une pure question rhé hurlement soudain provoqua un tel trouble chez les deux jeunes tourtereaux que Lia fit un bond en arrière d'au moins trois mètres et que Nick s'enfuit en courant hors de la salle.

Tant mieux pour lui je m'en occuperais plus tard.

Lavalya posa son regard furieux sur Lia qui avait les cheveux décoiffés et qui ne savait plus quoi dire. Mais son mutisme ne dura pas longtemps car elle essaya tant bien que mal de résister à la fureur de sa grande sœur :

- Non mais, on frappe avant d'ent…

- TU VEUX UN SORT CUISANT ? lui hurla-t-elle dessus.

Sa baguette commença à lancer des étincelles.

- Non mais, je rêve ! En public, dit-elle un ton plus bas mais tout de même assez fort. N'importe qui aurait pu vous voir. Que tu t'amuses, je veux bien, mais que tu es le feu aux fesses, hors de question !

Lia rougit sur le coup, parut vexée et en eut presque les larmes aux yeux. Mais Lavalya était trop en colère pour s'en apercevoir.

- Avec un garçon plus vieux que toi en plus ! Tu lui parles depuis combien de temps, cinq minutes ?

Le boucan avait attiré du monde. D'ailleurs, un professeur entra et pas n'importe lequel : Severus Rogue .

Comme par hasard.

De part sa présence, il calma l'ainée tout de suite. Mais il ne s'empêcha pas de dire :

- Encore toi ! Décidément, tu te fais remarquer cette année.

- Mais elle...

- Je sais merci, répondit–il, imperturbable. Toute l'école est au courant vu les hurlements que vous poussez depuis dix minutes.

Ce qui choqua Cécilia, qui voyait sa côte de popularité baisser ou sa réputation en prendre un coup. Le professeur Rogue reprit :

- Sors Lavalya, je m'en occupe. Et vous, Miss Marchombre, venez avec moi.

Quand il prononça son prénom, elle eut des fourmis dans les jambes, mais obéit sans discuter pour une fois. Elle prit le chemin de sa salle commune sur des jambes pas très sûres.

A cause de la colère ou de lui ? Si c'est lui ça devient vraiment grave.

Tant bien que mal, elle arriva dans son dortoir qui, bizarrement, était vide au milieu de l'après midi. Elle se sentait perdue car elle ne voulait pas trahir sa petite sœur, mais elle se demandait s'il fallait en parler aux parents ou non.

En faire tout un foin ou non ? Lui faire la morale ou non ? Tuer ce sale con ou non ? Lui faire très mal à la place ? Tiens, je vais prendre un fondant au chaudron pour la peine.

Elle en avait dans sa table de chevet. Quand elle eut croqué dans une de ces sucreries, elle sentit un bien-être l'envahir, comme une vague de chaleur qui la parcourait. Cela n'effaçait pas sa colère, mais c'était comme si plus rien n'avait plus d'importance, ni Lia, ni Severus, la seule personne qui lui venait en tête, c'était Maena. Elle essaya bien de repenser aux derniers événements, mais non, décidément il fallait retrouver sa cousine. C'était important, primordial !

J'ai besoin d'être avec elle.

Elle se leva, comme dans un état second, et ne bougea plus.

Je ne sais même pas où elle est ! Je pourrais tourner en rond pendant des heures… C'est décidé, je l'attends ici. Oh Mae', tu es vraiment la plus géniale de toutes les filles du monde.

Il vaut mieux interrompre ici les pensées de Lavalya. Elle n'eut d'ailleurs pas longtemps à attendre puisque sa cousine entra comme une furie dans le dortoir :

- Valou ? Qu'est-ce qui s'est pas...

Elle ne termina pas sa phrase : une brune d'un mètre quatre-vingt venait de lui sauter dessus et l'étouffait en la prenant dans ses bras, ce qui devait être légèrement déstabilisant pour elle. De plus, la brune n'arrêtait pas de répéter :

- Oh Mae', tu m'as manqué ! Je t'aime, tu m'as manqué ! Reste, je veux faire ma vie avec toi …

Vu la tête de la rousse, elle ne comprenait plus rien. Et encore moins avec une Lavalya qui continuait à l'étouffer aussi bien par ses paroles et que par ses gestes. Quand elle essayait de s'en débarrasser, la brune en avait les larmes aux yeux. Puis elle parlait d'avenir, de mariage… elle devenait complètement folle. Jamais elle ne lui avait de telle déclaration d'amour en public. Et encore heureux que personne n'était encore arrivé. Avec son pot de glue de cousine, elle essaya de réfléchir à une solution.

On lui avait peut-être jeté un sort ? A elle, peu probable. Puis, quel sort imitait ce genre de sentiments ? Soudain, elle avisa les chocolats en vrac sur la table de chevet et essaya de s'en approcher. Elle sentit d'abord l'odeur du cacao, puis quelque chose de plus douceâtre que Lavalya n'avait pas dû remarquer…

- Un philtre d'amour… Elle n'a pas osé ! dit Maena

Bien sûr, cela ne pouvait être que cette garce de Pansy Parkinson. Au moins, sa cousine la suivait elle partout, même si elle l'étouffait.

La brune fut amenée dans la salle de bain et enfermée le temps que, dans le dortoir, sa cousine trouve tous les ingrédients et les accessoires nécessaires pour réaliser un antitode. Elle ferma également la porte du dortoir. Elle se ferait tuée si jamais Lavalya apprenait qu'elle l'avait laissé comme ça, à la vue de tous. D'ailleurs, on entendait cette dernière hurler derrière la porte pour qu'elle la laisse sortir. Maena espérait que ça n'attirerait pas le professeur Rogue. Il avait déjà probablement fort à faire. Sous pression, la rousse réfléchissait deux fois plus vite et la mixture fut bientôt préparée.

Elle se prépara à ouvrir la porte de la salle d'eau et pensa, cette fois-ci, à emprisonner sa cousine dans des liens. Jamais elle n'avait été aussi douée en sortilèges que maintenant.

- Allez, tient, bois ça ! Pour me faire plaisir.

Lavalya obtempéra sans discuter et, peu un peu, son esprit revint à la normale. Elle s'apaisa mais très vite, s'énerva aussi.

- Non mais, je vais la tuer !

Et d'un sortilège informulé, elle se détacha des liens.

- Non mais tu te rends compte ? Un philtre d'amour ! Pour toi ! Oh, je vais me venger, dit -elle en grognant presque.

Mais maintenant que la crise était désamorcée, Maena ne pouvait s'empêcher d'en rire et elle réussit à dire, entre deux gloussements :

- Va peut-être falloir réussir à t'éloigner de moi alors!

- Oh, mais arrête toi ! Ça va, hein !

Mais cela ne fit qu'amplifier les rires de Maena et la colère de Lavalya qui, finalement, se mit à rire aussi avec elle. Après tout, c'était une bonne blague, mais jamais elles n'iraient le dire à cette Parkinson. Elles préparaient plutôt leur prochaine vengeance.

oOo

La journée du dimanche était bien avancée, mais après une grasse matinée et une longue pause détente à jouer aux échecs version sorcier avec Maena il était temps de se remettre au travail et en particulier aux devoirs. La pile était déjà très haute, année de B.U.S.E oblige.

Lavalya ne prit même pas la peine de réviser son sortilège d'attraction, elle le maîtrisait depuis l'année dernière, mais elle aida sa cousine pendant près d'une heure. Elle était sur le lit de sa cousine et ce fut un laps de temps rempli de cris de frustration lorsque Maena ratait son sort, de rire lorsque Lavalya devait rattraper la trajectoire des objets que sa cousine attirait pour éviter qu'elle ne se retrouver le nez cassé et enfin de cris de joie lorsqu'elle arrivait à faire ce qu'elle voulait. Lavalya était très dure avec elle, elle voulait qu'elle ait au moins un Effort Exceptionnel en sortilèges à la fin de l'année ! Et si elle n'avait pas un Optimal, elle n'aurait plus qu'à se noyer dans le lac ! Ou alors se perdre dans la forêt interdite… ?

Elle n'avait besoin de réviser en runes puisqu'elle avait fini sa traduction lors du dernier cours. En arithmancie, elle n'avait même pas envie de remettre ses notes en ordre. Elle recopia le dessin de Mae' sur les botrucs en-dessous de sa rédaction, et ce à l'aide d'un sortilège, bien sûr. C'était de la triche mais Maena était une véritable artiste.

La suite des devoirs se porta donc sur celui de potion : il fallait écrire vingt-cinq centimères de parchemin sur la pierre de lune. Lavalya l'avait déjà presque fini en retenue et Mae', forcément, en avait écrit toute une tartine. Dans cette matière, elle en faisait plus qu'Hermione. Comme c'était facile, Lavalya en profita pour lui des questions sur la théorie des potions auxquelles la rouquine répondit avec patience et rigueur.

Après ce devoir, il ne restait plus que l'astronomie à finir, mais elles n'avaient plus le courage… elles le finiraient mardi soir à la dernière minute. Ne pas être sérieuse de temps en temps, ça fait du bien. Il fallait donc trouver quelque chose à faire. Après être descendues manger, elles se retrouvèrent ensemble dans le dortoir. Elles avaient bien proposer à Lia et Ella' de venir avec elles, mais elles aussi étaient assez exclusives. Et naturellement, la discussion se porta sur les affaires de cœur… à croire qu'il n'y avait que ça !

- Non mais, tu ne le croiras pas : j'ai vu Lia à califourchon sur Nick hier !

- Je le sais, je t'ai entendu de la tour d'astronomie, dit Maena en riant. Mais c'est vrai qu'elle est un peu trop entreprenante… enfin pour son âge !

Lavalya, qui éprouvait des idées pas très catholique à l'égard de Severus, ne dit rien sur l'âge, mais ça la dérangeait que sa petite sœur, bien qu'elle n'ait qu'un an de moins, fasse ce genre de choses avant elle.

- La tour d'astronomie… ? souligna soudainement Lavalya. Mais enfin, qu'est-ce que tu faisais là-bas ? Tu étais avec Fred ? Il s'est passé quelque chose ?

En voyant sa cousine rougir, elle se dit qu'elle avait peut-être tapé juste :

- Alors dis-moi ! Puis d'abord, commence par me raconter ce qu'il s'est passé avec lui vendredi soir.

- Déjà je peux dire que mon rendez-vous a été presque gâché par l'intervention de ce Pucey de malheur ! Non mais, qu'est-ce que qu'il nous veut, à la fin ?

- Quoi, il t'a touché ? dit Lavalya qui s'était redressée sur ses genoux avec une expression meurtrière sur le visage.

- Mais non, ne t'inquiète pas. Fred m'a sauvée. Tu vois qu'il est parfait ! dit Maena avec un tel sourire sur le visage que Lavalya s'en laissa tomber sur le lit, la tête dans l'oreiller.

On put quand même l'entendre dire :

- Au moins, il te protège… on n'aura pas tout perdu ! Mais tu devrais envoyer un courrier à oncle Alec quand même, dit-elle plus sérieusement. On ne sait jamais, il tourne autour de nous d'une façon étrange. Puis, un mec qui drague deux filles, même aussi exceptionnelle que nous, ça ne se fait pas !

- Oui, exactement, répondit Maena avec ferveur. Mais justement, il a fait une allusion qui m'a fait penser à papa ! Ça m'a fait peur… tu as raison je lui parlerai.

- Mais revenons-en à Fred. Alors qu'avez-vous fait ? Il t'a embrassé ? dit Lavalya avec un sourire en coin

- Non mais ça ne va pas, c'est trop tôt ! Enfin ! Toi, tu te vois embrasser ton amoureux directement ?

- Déjà, d'une ce n'est pas encore mon amoureux et, Merlin m'en préserve, j'espère que je ne l'appellerai jamais comme ça. Puis, pour répondre à ta question, oui… et je me verrais même faire plus, répondit Lavalya qui se mit à rire en voyant la moue de Maena, puis elle continua : Allez tu ne vas pas me dire que tu n'as jamais fait de rêves qui fasse bouillir le chaudron concernant Fred ?

Visiblement si, puisque Maena devint rouge comme une tomate. Ce qui entraina forcément un fou rire de Lavalya. Décidément, les nouveaux sujets de conversation de l'année l'amenaient à rire beaucoup. Puis, tout à coup, elle lui posa une question qui lui trottait dans la tête depuis longtemps.

- Hey, dit Mae', j'ai le même regard moi aussi ?

- Comment ça ?

- Bah, tu sais, ce regard plein de guimauve que tu as parfois ? dit la brune avec sourire en coin avant d'ajouter : J'ai pas besoin de te faire un dessin quand même ?

- Ah non tu n'as pas besoin de me faire un dessin et oui, tu l'as… je dirais même que ce regard m'a suffit pour découvrir le prétendant de ton cœur ! dit Maena en continuant sur le même ton.

Lavalya la regarda, horrifiée et lui balança l'oreiller sur la tête lorsqu'elle vit qu'elle plaisantait. Heureusement, elle ne s'était pas trahie… il allait falloir faire attention à ce genre de remarques et autres fourberies de son alter-ego, à l'avenir. D'ailleurs, celle-ci revint à la charge très rapidement :

- Tu devrais déjà me parler davantage de lui pour que je voie quel regard tu as, « Miss je cache mes sentiments à tout le monde ». D'ailleurs, où étais-tu passée, vendredi soir ?

Lavalya sourit à cette évocation et se dit qu'il valait mieux raconter un mensonge. Mais d'un autre coté, elle en avait marre de ne rien pouvoir dire à sa cousine !

Puis comment pourrait-elle deviner que l'on parlait de Severus Rogue,la « terreur des cachots » ?

Elle se décida à répondre :

- J'étais partie voir mon Adonis, si tu veux tout savoir !

Bien sûr, Maena sauta sur l'occasion :

- Hiiiiiiiiiiii ! Allez raconte-moi tout ! Vous aviez rendez-vous ! Où ? Je parie que tu as fait exprès de choisir cette heure pour que je sois avec Fred ! Ah mince, je n'ai pas pu t'espionner…

Avant qu'elle ne continuât sa tirade, Lavalya l'interrompit :

- Oh, oh, minute ! Je n'ai pas dit que j'avais un rendez-vous, j'ai dis que je l'avais vu et c'est vrai je l'ai juste vu ! Par la fenêtre, sous la grande horloge plus exactement. Alors j'ai fait d'une pierre deux coups : je t'ai laissé profiter et j'ai pu croiser Slus ! Cherche pas, il est tard ! dit Lavalya en riant. Sinon, euh… comment dire… l'objet de mon attirance.

Merde j'ai faillis dire Severus

Elle avait essayé de camoufler le son 'S' qu'elle avait commencé à prononcer par un charabia complètement indéfinissable pour éviter que sa cousine ne puisse remonter jusqu'au son initial car rien qu'avec un petit « s », elle serait capable d'éplucher tout les registres de l'école pour trouver.

C'est pas qu'elle risquerait de trouver justement, et c'est ça qui lui mettrait la puce à l'oreille.

Maena, perplexe, voyant bien qu'il y avait quelque chose à saisir dit, quand même :

- Mais, tu sais que tu es adorable !

- Adorable moi ?!

- Mais oui ! Tu vas jusqu'à te dépêcher pour pouvoir se retrouver sur son chemin ! Je trouve ça d'un romantique ! J'avais fais la même chose, dit elle, les yeux brillants et les mains sous le menton, l'air admirative

- Non mais, ça va, hein. Je n'ai jamais fait ça, c'était plus pour te laisser seule d'abord…

- Tu es de mauvaise foi, na !

- Roh, tu ne vas pas commencer ,hein !

Ce fut au tour de Maena d'avoir un fou rire irrécupérable : voir Lavalya Marchombre rouge pivoine, gênée et vexée d'avoir été démasquée était un fait mémorable !

Mais, peut-être que ce qui faisait rougir Lavalya n'était pas seulement le fait d'avoir été un peu niaise comme toutes les personnes amoureuses, mais aussi ce qu'elle avait vu ce vendredi après-midi là …