Bonjour à tous ! Ce chapitre n'est pas ma grande fierté mais il en faut des comme ça, n'est-ce pas ? Je vais faire avancer le temps plus vite à l'avenir mais là c'est la première semaine alors voilà. Sur ce, bonne lecture.

PS : il faut bien que je l'avoue, j'ai horreur de tout ce qui est guimauve et amour à l'eau de rose mais je vais faire un effort pour faire transparaître ce sentiment malgré tout ( beurk )

N'hésitez pas à me dire si j'en fais trop ou pas assez.

Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer

Beaumarchais

II) Ainsi s'installe la routine

Le lendemain, pour ne pas déroger à leurs habitudes acquises depuis le temps qu'elles étaient au château, Roxanne et Shaïla se levèrent les premières lorsque le réveil sonna alors que Sasha et Eva durent réveiller respectivement Sarah et Maelis. Ces dernières avaient le sommeil très lourd, et ce n'était pas pour rien que, dans leur dortoir respectif, elles se faisaient toutes deux surnommer « la marmotte ».

« Lève-toi jolie demoiselle ou je te jette un seau d'eau glacé dessus, murmura sournoisement Sasha à l'oreille de Sarah. Tu sais que j'en suis capable, et si tu ne me crois toujours pas, rappelle-toi que je l'ai fait pas plus tard que l'an dernier ! »

Le souvenir du réveil que lui avait imposé Sasha revint à l'esprit de Sarah et elle se leva bon gré mal gré avant que son bourreau ne mette la menace à exécution. Depuis le temps qu'elles se connaissaient, Sasha avait mis en place tout une technique pour réveiller Sarah, et ça marchait à tous les coups.

Une fois qu'elles se furent préparées, Jane, Sasha et Sarah sortirent du dortoir en direction de la Grande Salle. Elles s'assirent à leur table et mangèrent avec appétit les toasts grillés et les pancakes disposés devant elles sur des plats en or. Puis Sarah dût se lever pour distribuer les emplois du temps aux élèves de Serpentard. Cela venait à peine de commencer que son rôle de préfète lui pesait. Pour se remonter le moral, Sarah songea aux archives des années mille neuf cent quatre vingt dix et au nom de jeune fille de sa mère qui s'afficherait dessus.

« Comment t'appelles-tu ? Demanda-t-elle à un élève de première année.

- Jake Curtis, se présenta le jeune brun. »

Sarah chercha parmi les emplois du temps et lui tendit le sien. Lorsqu'elle arriva finalement aux élèves de son année, elle cacha l'emploi du temps et le distribua aux autres Maelis, Shaïla, Roxanne et elle avaient décidé de ne regarder leur emploi du temps qu'en présence les unes des autres. Une fois qu'elle eut tout distribué, Sarah rejoignit la table des Gryffondors et s'assit sur un des bancs. Si les élèves de cette maison l'avaient regardé bizarrement lorsqu'elle l'avait fait pour la première fois, ils avaient fini par s'y habituer à force de l'y voir. Maelis s'installa en face d'elle peu de temps après et elles regardèrent chacune leur emploi du temps respectif.

Sarah soupira de détresse quand elle se rendit compte qu'elle commencerait cette année-la à huit heures tous les jours excepté le jeudi où, une semaine sur deux, elle aurait l'incommensurable honneur de commencer une heure plus tard. L'emploi du temps de ses amies étaient à peu près similaire mais cela ne l'empêcha pas d'implorer théâtralement le ciel, de supplier Merlin et Morgane et de se lamenter en argumentant qu'il lui serait absolument impossible de se lever tôt tous les matins.

« Oh pauvre de moi ! Gémissait-elle. Quelle pire torture que de se lever tôt ? - excepté le fait d'être privée de nourriture, naturellement, ajouta-t-elle après réflexion. Comment pourrais-je survivre sous pareilles règles, autant me laisser mourir tout de suite, m'accordant le repos éternel dont je ne me réveillerai jamais, et ainsi...

- Tu devrais faire dans le mélodramatique Sarah, tu recevrais un oscar, commenta Maelis en levant les yeux au ciel.

- D'ailleurs, tu as déjà un large public, ajouta Roxanne. »

Et en effet, Sarah se rendit compte que beaucoup de personnes autours d'elle la regardaient en ricanant à ses dépends et, s'empêchant de rougir de honte, elle releva le menton et toisa du regard quiconque osait rire jusqu'à ce que plus aucun bruit ne parvienne à ses oreilles. On ne se moquait pas impunément d'un Serpentard et ça, Sarah s'en était vite rendu compte. Il lui avait fallu très peu de temps pour l'appliquer. Après tout, cela l'arrangeait bien.

« C'était pas mal, Feli, railla James, qui arrivait à l'instant. Tu pourrais monter un numéro de clown, ah oui j'oubliais... au temps pour moi. »

James Potter faisait référence au moment où, en troisième année, chacun des élèves avait dû se présenter devant un épouvantard et que ledit épouvantard était apparu devant Sarah sous la forme d'un clown. Nombreux étaient ceux qui avaient rigolé mais, Sarah, elle, n'avait pas eu la moindre envie de rire, se pétrifiant sur place et sentant des gouttes de sueur froide suinter le long de son dos. Il lui avait fallu tout son courage pour pouvoir lancer le sortilège ridikulus sur le pauvre clown.

« Va te faire voir chez les chaporouges, Potter, grinça Sarah pour toute réponse. »

Elle aussi avait fait référence à la plus grande peur de James Potter, les chaporouges, comme il le leur avait involontairement dévoilé le même jour où Sarah avait rendue publique sa phobie des clowns. Les chaporouges étaient des créatures qui tuaient des humains, les égorgeaient et trempaient leur chapeau dans le sang. Ils attendaient que le chapeau sèche puis partaient à la recherche d'autres humains à tuer.

« Seulement si tu m'accompagnes, plaisanta James, pas le moins du monde agacé.

- Je n'ai pas spécialement envie de me faire tuer par des créatures sadiques, répliqua Sarah. Quoique, je pourrais peut-être te donner en offrande en échange de la vie sauve...

- Très sympathique, commenta John Ross qui s'était assis en face de James, à côté de Roxanne.

- C'est tout moi, plaisanta Sarah.

- C'est bien de bavarder, les interrompit Maelis, mais le temps presse et les cours commencent dans cinq minutes.

- On ferait bien de se dépêcher, approuva Tom. Le vieux professeur Yard ne nous fera pas de cadeaux si on arrive en retard.

- Et cette vieille courge de professeur Leavey non plus, grommela Sarah. »

Les Gryffondors et Serdaigles avaient cours commun avec le premier professeur tandis que les Serpentards et Poufsouffles rejoindraient la classe du deuxième. Monsieur Yard était leur professeur de potion et également le directeur de la maison des Serpentards. C'était un vieil homme strict et austère, mais juste et impartial cependant. Madame Leavey, elle, était une femme qui adorait punir les élèves et enseignait les sortilèges. Il allait sans dire que le silence régnait durant ses cours mais cela n'empêchait pas les élèves de l'insulter sans cesse dans son dos. Si elle avait gagné le silence des élèves, elle n'avait pas obtenu leur respect.

Ceux qui devaient aller en cours de potion arrivèrent aux cachots juste au moment où le professeur se présentait à la porte de sa salle et, si ils reçurent de sa part une moue réprobatrice, ils ne reçurent pas de punition ni d'avertissement.

Sarah, quant-à elle, rejoignit ses amis de Serpentard et ils se dirigèrent ensembles en cours de sortilèges. Le cours était en commun avec les Poufsouffles et les trois filles adressèrent des discrètes salutations à leurs camarades Alice Londubat, Lola Dabon et Sylvia Carter, réparties à Poufsouffle et un signe de tête à Valentin Udan et à Louis Weasley, également membres de la maison jaune et noire.

Lola Dabon était une fille à la peau noire, aux yeux noirs et aux cheveux bouclés et noirs. Elle était charmante, et John Ross, son petit ami, était bien de cet avis. Elle était née d'une mère et d'un père originaires d'Afrique du Sud. Si elle était parfois assez lunaire, elle était très sympathique et d'une compagnie très agréable.

Sylvia Carter était un peu garçon manqué avec ses cheveux bruns coupés courts et ébouriffés, ses gestes assez brutaux, ses paroles crues, son teint blafard et sa le fait que ses seuls amis étaient des garçons. Les mauvaises langues disaient qu'elle n'était pas hétérosexuelle mais jamais personne n'en avait eu la preuve. Elle était jolie et agréable.

Valentin Udan était le frère jumeau de Jane Udan qui, d'ailleurs, s'empressa de s'asseoir à ses côtés. Il avait des yeux bleus clairs et des cheveux bruns aux reflets blonds, à l'égal de sa sœur. Plus grand ami de Louis Weasley, il partageait avec lui sa passion pour la fainéantise, même si il avait malgré tout de bonnes notes.

Louis Weasley était le cousin de Roxanne, le frère de Dominique et Victoire et le fils de Bill et Fleur Weasley. Il avait des cheveux roux et épais et une mèche tombant sur son front. Ses yeux étaient d'un bleu saisissant. Il avait un charme irréfutable hérité de sa mère, demi-Vélane de son état, et savait s'en servir pour séduire toutes les filles qu'il voulait. Il collectionnait d'ailleurs ces dernières, qui étaient toutes à ses pieds. Louis était peut-être un peu lourd mais sympathique.

Sarah s'assit à côté de Sasha et le cours se passa sans anicroches. Ils ne firent pas grand chose, le professeur préférant leur faire tout un discours sur les B.U.S.E.S. qui les attendraient à la fin de l'année. Il en fut de même lors du cours de potion, que les Serpentards partagèrent également avec les Poufsouffles. Enfin, pour le cours d'histoire de la magie, ils se retrouvèrent en concubinage avec les Serdaigles et Sarah s'assit à côté de Maelis tandis que Sasha se mettait à côté de Jane et que les autres filles de Serdaigle s'organisaient entre elles. Si cela posait problèmes aux filles d'être ainsi mises de côtés lorsque les deux amies se retrouvaient dans la même classe, elle ne le montraient plus les moments où elles étaient ensembles étaient suffisamment rares pour qu'elles en profitent. Le professeur Binns leur parla, pendant tout le temps que dura le cours, d'un certain Ulfric le Teigneux. Il allait sans dire que très rares étaient ceux qui avaient suivi un traître mot de ce que le professeur fantôme leur avait expliqué de sa voix monocorde. En vérité, Maelis et Sarah avaient discuté pendant toute l'heure de leur rentrée et de leurs amitiés. C'était un des sujets qui les passionnaient le plus, leurs amis. Comme elles n'avaient pas les mêmes, la conversation en était d'autant plus passionnante. Contrairement à ce que son apparence sage et posée laissait à penser, Maelis était loin de passer outre le physique pour ne se concentrer que l'intérieur de la personne, et Sarah avait été vraiment choquée le jour où Maelis s'était moquée devant elle du physique disgracieux de Eva, alors que les deux étaient pourtant amies. Pas qu'elle-même ne l'aurait jamais fait – au contraire, elles en avaient bien rigolé avec Sasha – mais voir Maelis se moquer de ses amis semblait tellement impossible.

À la fin du cours, les élèves de toutes les maisons confondues se rendirent à la Grande Salle pour manger le repas du midi. Ils avaient une heure devant eux avant de rejoindre leur prochain cours. L'après-midi, les Serpentards se rendirent à leur double cours de Défense contre les forces du mal avec le professeur Wolf, une femme d'une trentaine d'année à l'allure sympathique qui savait avec aisance maintenir l'ordre dans sa classe. Le cours étant partagé avec les Gryffondors, Sarah s'assit à côté de Roxanne tandis que Shaïla prenait place à côté de Leonora, à son plus grand dépit. Heureusement pour elle, le professeur les fit rapidement se lever et aller à l'arrière de la salle de classe, interrompant ainsi le long monologue de Leonora qui portait sur les rouges à lèvre de marque Chic&magic, qu'elle déconseillait fortement.

« Je vous réserve aujourd'hui une surprise, expliqua le professeur Wolf avec un grand sourire satisfait. J'ai décidé que, chaque année, à la première heure de cours que nous aurons, vous vous présenterez chacun devant ce grand miroir et nous direz ce que vous verrez. Qui peut me dire comment il s'appelle ? »

Le miroir était très grand, entouré d'un cadre d'or et soutenu par deux pattes serties de griffes. Silver Islock fut le seul à lever la main et le professeur s'empressa de l'interroger.

« Il s'appelle le miroir de Risèd, répondit-il de sa voix rauque, un sourire suffisant fixé sur ses lèvres charnues.

- Très bien, s'enthousiasma le professeur. Cinq points pour Serpentard ! Pouvez-vous me dire quelle est son utilité ?

- Il montre à celui qui se regarde ce qu'il souhaite le plus au monde, expliqua arrogamment Silver.

- Excellent ! Le félicita le professeur. J'ajouterai cinq autres points à Serpentard. Vous allez chacun à votre tour vous mettre en face du miroir et dire à haute voix ce que vous voyez. N'ayez aucune honte et restez en confiance ! »

James Potter fut le premier à se présenter devant le miroir et ses yeux étincelèrent tandis qu'il dépeignait ce qu'il voyait.

« Je suis pris dans l'équipe de Quidditch d'Angleterre lors de la coupe du monde ! S'enthousiasma-t-il. »

Les élèves passèrent chacun à leur tour et, quand Shaïla expliqua qu'elle voyait son père, décédé alors qu'elle avait quatre ans, Sarah ressentit une imminente envie de la consoler, mais se retint. Roxanne passa également et se vit reprendre le magasin de son père en maîtresse incontestée de la farce. Lorsque vint son tour, Sasha se vit sur un balai, volant au dessus des nuages. Cette espérance pouvait sembler dérisoire mais Sarah savait que Sasha avait le vertige et le vivait très mal, souhaitant à tout prix vaincre sa phobie. Jane, quant-à-elle, se vit porter une tenue de guérisseuse. C'était sa grande ambition et elle ferait tout pour y parvenir. Sarah, lorsqu'elle se dirigea vers le grand miroir, se vit entourée de tous les gens qu'elle aimait, que ce soit amis, famille ou simples connaissances. Lorsque le cours fut terminé, chacun était songeur et Sarah, Sasha et Jane se rendirent dans un état second au cours de botanique, le dernier de la journée. Le professeur Londubat eut cependant tôt fait de les réprimander et elles revinrent brusquement sur terre. Lors de la journée de cours du lendemain, les élèves de Serpentard eurent également un cours de métamorphose avec les Gryffondor, un cours de potion avec les Serdaigles et un cours d'options. Les options avaient été divisées en plusieurs heures de cours et n'avaient pas lieu toutes en même temps : étant donné que chaque élève avait choisi deux options, il était évident qu'il leur était impossible de participer à deux cours en même temps. Les heures de cours des uns donnaient donc une heure de libre aux autres, et inversement. Les cours d'options étaient composés d'élèves de toutes maisons confondues. Maelis, Sarah, Shaïla et Roxanne avaient toutes les quatre pris l'option divination car, d'après les ce qu'elles avaient pu entendre des élèves des années supérieures, cette illuminée de Madame Trelawney était sujette aux moqueries. Elles avaient toutes quatre eu envie de rire alors elles s'y étaient inscrites. Elles le regrettaient cependant parce que, dès le premier jour où elles pénétrèrent dans la salle surchauffée où la « mouche humaine », comme l'appelait Roxanne, donnait ses cours, elle dévoila à Shaïla son futur : « ta vie ne sera ni longue, ni fructueuse et les douleurs de ton départ, tant mentales que physiques, seront atroces, avait-elle dit de sa voix rocailleuse. Tu quitteras la terre en laissant derrière toi beaucoup de cœurs aimants. Tu seras vénérée et louée, mais, par une amie proche, ton meurtrier sera sauvé. » Elle avait dit le tout avec un air lointain, comme si une personne s'était emparée de son corps et tout chez elle avait dissuadé les quatre filles de rire. Shaïla avait mis un long moment à s'en remettre et cela avait été un réel soulagement lorsque elles avaient passées l'année suivante avec Firenze, qu'elles retrouveraient en septième année. À peine furent-elles entrées dans la salle de cours où régnait une chaleur étouffante qu'elles eurent envie de partir en courant, de s'enfuir d'ici. Au lieu de ça, elles s'assirent toutes quatre autours d'une table ronde et attendirent que la mouche humaine arrive. Sarah adressa à Sasha et Jane un signe de la main et un grand sourire. Ses deux serpents d'amies également regrettaient d'avoir fait l'erreur de prendre cette matière. Enfin, une vieille femme squelettique, avec des rides profondément marquées, de longs cheveux gris couverts d'un voile épais et des lunettes énormes fit son apparition dans la pièce, et le silence se fit.

« Je sens, dit-elle de sa voix spéciale devineresse, comme l'appelaient les quatre filles, que vous avez beaucoup à apprendre de cet art qu'est de prédire l'avenir. Vous avez sûrement perdu un peu de vos facultés avec cet homme-cheval méprisant et méprisable qu'est cet imposteur de professeur Firenze, cracha-t-elle avec un dédain non dissimulé. Donc, se reprit-elle, nous allons devoir tout reprendre depuis le début. Vous allez prendre chacun une tasse de thé, la boire jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un fond, mélanger les résidus de la tasse trois fois dans le sens contraire des aiguilles d'une montre avec votre main gauche, renverser la tasse jusqu'à ce que la dernière goutte de thé soit restée sur la soucoupe et enfin donner la tasse à votre voisin, qui se chargera de l'interpréter grâce au manuel interprétation des figures mentholées, de la célèbre voyante Charla Tan. Enfin, vous écrirez l'avenir de vos camarades, le mettrez à côté de la tasse concernée et je vérifierai ensuite. Au travail ! »

Elle servit à chacun une tasse de thé et les élèves burent le liquide avec peine, se retenant pour certains de ne pas vomir devant le goût atroce qu'apportait la prédominance du clou de girofle. C'est avec un soulagement manifeste que Sarah mélangea les résidus de menthe, renversa les quelques gouttes qui restaient sur la soucoupe et donna la tasse à Roxanne, qui offrit la sienne à Maelis, qui la donna à Shaïla, qui offrit la sienne à Sarah. Il y avait un manuel pour deux personnes. Sarah se mit avec Shaïla et Roxanne avec Maelis. En ouvrant leur manuel respectif, elles se rendirent bien vite compte que les indications de cette Charla Tan étaient très étranges.

« En tout cas, elle porte bien son nom, maugréa Sarah. »

Avec tous les efforts du monde, elle ne parvint pas à voir autre chose dans la tasse de Shaïla que des bouts de feuilles de menthe mouillés. Elle écrivit ce qui lui passait par la tête et, lorsqu'elle eut fini, le lut à la concernée.

« Shaïla Sayda, tu auras un avenir radieux, c'est certifié par le soleil, une force morale assez extraordinaire, c'est le taureau qui me l'a dit, aucun problème avec la nourriture, la carotte le prouve, et beaucoup d'affection, m'avoue le petit cupidon, lut Sarah. Ah oui, il y a aussi une espèce de raton laveur mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

- Et au niveau de l'argent, il ne dit rien ? S'amusa la concernée.

- Non, je suppose que tu seras fauchée, ironisa Sarah en lui tirant la langue.

- Lis l'avenir de Sarah, Roxanne, demanda sournoisement Shaïla.

- Je suppose qu'elle aimera beaucoup le thé, répondit Roxanne, prise au dépourvu. Je ne vois rien d'autre. »

Les trois autres pouffèrent, attirant de la même manière le professeur, et Roxanne s'empressa d'écrire n'importe quoi sur sa feuille pour faire croire qu'elle travaillait. Madame Trelawney passa derrière le rousse et regarda son parchemin avant d'acquiescer, visiblement satisfaite. Elle corrigea les écrits de Maelis et de Shaïla de manière imperceptible et, lorsqu'elle vit la tasse de Shaïla, faillit s'écrouler d'horreur.

« Ma pauvre enfant, gémit-elle. Ma pauvre enfant ! Je vois le sinistros ! Il vous reste moins d'un an à vivre ! »

Shaïla ne répondit rien et manifesta son inquiétude par un levé de son sourcil droit un peu trop épais. Puis le professeur repartit vers les tables voisines.

« Je peux savoir ce que tu as écrit à mon sujet qu'elle ait approuvé ? Demanda Sarah à Roxanne.

- Ne t'inquiète pas, la rassura Roxanne. Tu vas mourir décapitée par un elfe de maison puis carbonisée par un dragon. Mais, comme l'atteste le phénix, ajouta-t-elle, tu feras de grandes choses !

- C'est très rassurant, en effet, sourcilla Sarah. »

C'est avec un soulagement manifeste qu'elles quittèrent la salle de torture, comme elles aimaient à l'appeler, regrettant déjà la magnifique clairière artificielle où le centaure Firenze leur faisait observer les étoiles. Elles rejoignirent chacune leurs amis, avec qui elles se rendirent à leurs cours de l'après-midi. Le professeur Sinistra attendait les élèves de Serpentard et de Poufsouffle dans la tour d'astronomie. De tous les cours, c'était un des préférés de Sarah elle avait toujours aimé tout ce qui concernait les étoiles. Comme beaucoup d'autres professeurs avant elle, le professeur Sinistra leur fit durant toute l'heure un discours sur l'importance des B.U.S.E.S. qu'ils auraient en fin d'année. Le mercredi, Sarah et Maelis se rendirent en Arithmancie alors que leurs amis avaient une heure de libre. Elles avaient été les seules de leur maison, excepté Stephen Ziou – au plus grand déplaisir de Sarah – et Cedric Donco, certainement l'élève le plus ennuyeux que Poudlard ait jamais abrité, à choisir cette option qui était reconnue pour être très compliquée. Et les cours du professeur Vector ne les avaient en rien détrompés. Cependant, elles possédaient toutes deux la logique propre aux mathématiques et n'avaient pas de grandes difficultés. Juste après, elles eurent une heure de libre tandis que Shaïla, Leo, Sasha, Jane, Eva, et Ashley se rendaient au cours de Runes anciennes. Elles restèrent avec Roxanne qui, elle aurait cours d'étude des Moldus, pour faire plaisir à son grand-père. Mile resta avec elles trois. Il était sûrement le seul Serpentard à avoir pris l'étude des Moldus comme option et, pourtant, il n'était pas le seul à vouloir savoir comment ils vivaient. Il était juste le seul à avoir osé y aller, quitte à ce qu'on le traite de traître à son sang. Cette insulte, si elle était moins répandue qu'à une époque plus ancienne, existait encore. Sarah en avait été à plusieurs reprises traitées, de par ses relations amicales avec une Weasley et une Née-Moldue. Heureusement pour elle, tous n'étaient pas pareils et Mile, Sasha, Jane et même, à l'occasion, Anna acceptaient sa « traîtrise », qu'ils ne considéraient d'ailleurs pas comme telle. Le jeudi, enfin, ils auraient cours de Soins aux créatures magiques avec le demi-géant prénommé Hagrid. Si certains des élèves – dont Sarah – avaient entendus dire par leurs parents que les cours du demi-géant laissaient à désirer à leur époque, il était visible qu'il avait fait des progrès manifestes dans l'art d'enseigner. Dès le premier jour de cours, il avait su passionner ses élèves en parlant avec une dévotion non-feinte de toutes sortes d'animaux extraordinaires. Depuis ce jour, les élèves ne juraient que par lui.

« Les enfants, dit joyeusement Hagrid, j'ai une surprise pour notre premier cours ! S'enthousiasma-t-il. Suivez-moi dans la forêt mais, rassurez-vous, nous n'irons pas bien loin, ajouta-t-il devant l'air soudainement angoissé de ses élèves. »

Le cours regroupait les Serpentards et les Serdaigles et ni les uns ni les autres n'étaient reconnus pour être téméraires. Ils pénétrèrent cependant dans la forêt, restant constamment sur leurs gardes. Ils arrivèrent pourtant dans une grande clairière fleurie sans qu'aucun monstre ne leur ait sauté dessus et ils soupirèrent de soulagement. Hagrid les fit venir dans un coin de la clairière et ce qu'ils y virent les laissa sans voix. Il y avait, attachés à un arbre, une licorne adulte et son poulain. La licorne semblait plus blanche que la neige, sa crinière gris perle ondulant sur son encolure et sa corne torsadée brillant d'un éclat lumineux à son front. Son poulain, par contre, avait une robe de couleur brune et n'avait pas de corne. C'était, leur expliqua Hagrid, en grandissant que la robe changeait et que la corne apparaissait. Il leur donna de brèves explications puis permit aux filles de caresser les deux animaux, laissant les garçons en arrière. Les licornes préféraient la douceur féminine à la brutalité masculine, même si ces deux traits de caractère n'étaient que des stéréotypes. Les filles fondirent devant les deux animaux et s'empressèrent de les caresser. C'est avec regret qu'elles durent les quitter lorsque Hagrid le leur demanda.

La journée se passa agréablement et le lendemain également. Le samedi, Sarah se leva après que 10 heures eurent sonnées. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle serait restée dans son lit bien davantage, mais le week-end était le seul moment où elle pouvait rester avec ses trois amies et dormir avec elles dans leur pièce secrète. Elles se donnaient toujours rendez-vous après le repas du midi, vers 14 heures, et il était impératif qu'elles aient fait leurs devoir avant. Sarah leva brusquement Sasha et Jane et toutes trois descendirent dîner après s'être préparées. Elles mangèrent rapidement et allèrent à la bibliothèque pour travailler. Une fois qu'elles eurent bouclé leurs devoirs – il y en avait peu, c'était la première semaine – elles se rendirent à la Grande Salle pour manger le repas du midi et elles allèrent toutes trois dans le parc pour discuter un peu en s'amusant et en se racontant les derniers potins, comme elles savaient si bien le faire. Elles s'installèrent près du lac, sous un saule pleureur absolument gigantesque.

« Et donc, conclut Sasha en pouffant, Emma Levis a foutu au petit Conrad Davies le plus gros râteau du siècle !

- En même temps, gloussa Sarah, il est en première année et elle commence sa troisième.

- Ne dit-on pas que l'amour n'a pas d'âge, ricana Jane.

- Il est sacrément pressé, celui-la, fit remarquer Sarah. Dès sa première semaine, il a déjà demandé à une fille de sortir avec lui !

- N'oublies pas qui est son frère, lui rappela Jane. Il paraît que ça se transmet dans la famille ! Si le petit Conrad finit comme Maxwell, c'est Emma qui viendra ramper à ses pieds dans quelques années. »

Maxwell Davies était un élève de septième année et, pour beaucoup, il était le plus beau garçon de l'école. Ses yeux bleus lumineux, ses cheveux bruns frisés dont quelques mèches retombaient constamment sur son front, ses pommettes saillantes, ses lèvres relativement fines et les fossettes qui apparaissaient sur son visage lorsqu'il souriait faisaient soupirer toutes les filles, pratiquement.

« En même temps, s'il me demandait de sortir avec lui, soupira Sasha avec un grand sourire niais, je ne lui dirais pas non ! Affirma-t-elle.

- Tu m'étonnes, gloussa Jane.

- A mon avis, si il venait te voir pour te dire ça, rétorqua Sarah, il aurait avalé un philtre d'amour ce garçon viendrait éventuellement te voir pour te demander de venir dans son lit – et encore, t'aurais de la chance, la plupart finit dans un placard - mais alors sortir ! Il ne connaît pas ce mot, ou presque !

- Tu ne comprends rien au pouvoir de l'amour, grommela Sasha, retombant manifestement de son petit nuage.

- L'amour, je n'ai aucune envie de le comprendre, rétorqua Sarah, et encore moins de l'expérimenter.

- Ça, c'est ce que tu affirmes, dit sournoisement Jane. Et puis tu sais, dit-elle à l'attention de Sasha, si tu veux des beaux garçons, les Fraudeurs ne sont pas mal non plus.

- Tu veux rire ? Se redressa subitement Sarah, qui s'était allongée dans l'herbe verte du parc.

- Pas du tout, rétorqua Jane, nombre de filles seraient prêtes à se damner pour les beaux yeux de James Potter, ou encore de Tom Lunch, ou même de John Ross, et...

- Et de Frederick aussi ? Ironisa Sasha.

- Euh... non, fit semblant de réfléchir Jane.

- Et ne me parle pas de Johnattan, grommela Sarah. Ce type est une vraie ordure.

- Tu dis ça à cause de ce qu'il a fait à Roxanne ? Sourcilla Sasha. Ce n'est pas parce qu'il l'a fait une fois qu'il faut établir des généralités...

- Si tu veux être la suivante, tu n'as qu'à aller le voir, maugréa Sarah. Tu ne pourras pas dire que je ne t'ai pas prévenue.

- De toute façon, conclut Sasha avec espièglerie, les rouquins, c'est pas mon genre. »

Les deux autres pouffèrent puis, à 13h55, elles rentrèrent au château pour que Sarah retrouve ses amies. Maelis, Shaïla et Roxanne étaient déjà là et l'attendaient. Elle les rejoignit après avoir adressé deux bises sonores à Sasha et Jane. Ces deux dernières approuvaient ses disparitions hebdomadaires bon gré mal gré, même si Sasha lançait toujours aux quatre fille un regard empreint d'amertume, au grand dépit de Sarah. Elle aurait beaucoup aimé pouvoir passer tout son temps avec toutes ses amies mais elles avaient fait le serment et, si il avait su préserver leur amitié, il était toujours un peu encombrant. Sarah se demandait combien de temps cela allait encore durer. Elle adorait ses amies, mais elle avait l'impression de sacrifier son amitié avec les filles de Serpentard pour elles, et la réciproque était vraie aussi. Il aurait été tellement plus simple que toutes restent tout le temps ensembles. Sarah s'aperçut que Maelis avait visiblement les mêmes pensées et elle lui prit la main, lui adressant un sourire compatissant. Roxanne et Shaïla ne pensaient pas la même chose pour la simple et bonne raison qu'elles ne s'entendaient pas vraiment avec les filles de leurs maisons respectives. Comme cela avait toujours été le cas depuis que, en deuxième année, elles l'avaient découverte, elles se rendirent à leur salle secrète. Elles montèrent au septième étage et pénétrèrent dans une espèce de galerie des glaces, très peu fréquentée. Elles firent pivoter un miroir à l'aide d'un mécanisme très discret et pénétrèrent à l'intérieur. Elles avancèrent rapidement dans le couloir sombre et, deux minutes plus tard, elles furent face à un mur qui leur bloquait le passage. Roxanne, qui marchait la première, repéra rapidement un mécanisme sous son index et appuya dessus. Une alcôve étroite s'ouvrit et les filles pénétrèrent une à une dans l'embouchure. Il y avait là un tunnel encore plus sombre et miteux, également très bas de plafond. Elles entrèrent à l'intérieur. Le tunnel était poussiéreux et un liquide vaseux et malodorant coulait sous leurs pieds. Elles étaient pratiquement pliées en deux et l'avancée était laborieuse. Même Roxanne, qui ne mesurait pourtant pas plus d'un mètre cinquante, ne tenait pas debout. Après plus de cinq minutes de marche douloureuse, elles arrivèrent dans une pièce et les quatre filles se hâtèrent d'étirer leur dos courbatu. C'était une pièce lumineuse. Il y avait une commode, en chêne, semblait-il, et de grandes fenêtres tout au long d'un des quatre murs. Une grande armoire en bois d'if se dressait sur la façade nord. Les façades étaient peintes en blanc avec quelques motifs sculptés tout autour du plafond et la peinture s'écaillait à cause de la trop longue absence des quatre filles. Il y avait beaucoup de poussière et la pièce sentait le renfermé. Les quatre filles nettoyèrent la pièce en trois coups de baguette, rétablirent la peinture des murs en quelques secondes et ouvrirent la grande fenêtre. Ensuite, elles se dirigèrent vers l'armoire et en sortirent des meubles miniaturisés qu'elles s'empressèrent d'agrandir. Bientôt, la pièce fut meublée d'une confortable moquette argentée, de deux sofas couleur de bronze et de quelques meubles dorés. Le résultat n'était pas fameux mais cela avait l'avantage de les faire se sentir chez elles. Au début, chacune avait voulu ajouté la deuxième couleur de leur maison respective mais le résultat avait été désastreux. Elles s'assirent sur les sofas et commencèrent à discuter. Leurs lits miniaturisés, répliques exactes des lits de leur maison, étaient restés dans l'armoire. La pièce étant petite, elles la transformaient à volonté, la faisant devenir à leur tour un salon et une chambre. Le seul inconvénient de cette pièce, c'était qu'elle ne possédait pas de toilettes ni de salle de bain et elles étaient obligées de sortir la nuit pour aller dans ceux situés deux couloirs plus loin. Heureusement pour elles, elles ne s'étaient jamais fait prendre et avaient acquis une certaine manière de faire qui leur permettait de sortir discrètement : elles mettaient un chapeau venant de la boutique Weasley&Weasley qui rendait leur tête invisible, donc méconnaissable, prenaient sur elles de la poudre d'obscurité instantanée, issue de la même boutique, et elles se faufilaient dans l'ombre à la manière de James Bond. Dans un sursaut d'énergie, Roxanne se leva, ouvrit un tiroir de la commode en chêne et en sortit des gros paquets de bonbons.

« Vérifie la date de péremption, prévint Maelis.

- Ne t'inquiète pas, ça tient, se moqua Roxanne après qu'elle se fut néanmoins assurée du bon état des sucreries. »

Elle sortit de l'armoire une table basse, l'agrandit et posa les bonbons dessus. Les trois autres s'empressèrent de se jeter dessus, puis Maelis sembla prise d'une idée lumineuse.

« Shaïla, Sarah, vous parlez couramment arabe, non ? Fit-elle remarquer.

- Oui, répondit Sarah, ne sachant pas où elle voulait en venir.

- Alors vous pouvez vous inscrire en tant que professeurs ! Comprit Roxanne.

- Je ne suis pas sûre, refusa Sarah.

- Entièrement d'accord, ajouta Shaïla. Avec Sarah, précisa-t-elle devant l'air vainqueur des deux persécutrices.

- Allez, tenta de les convaincre Maelis. Il faut bien que nous apprenions la langue arabe avant d'aller au Maroc pendant les vacances d'été ! Argumenta-t-elle.

- On peut très bien vous l'apprendre à toutes les deux, rétorqua Shaïla.

- Mais les membres de ma famille alors ? Répliqua Roxanne. Ils vont rien comprendre une fois là-bas, il faut qu'ils apprennent ! Pleurnicha-t-elle faussement.

- Tu n'es même pas encore sûre d'y aller ! Fit remarquer Shaïla. De plus, tu es vraiment une très mauvaise actrice, ajouta-t-elle devant l'air faussement défait de la rousse.

- Oh que si ! Répondit Roxanne. Je vais envoyer dès ce soir une lettre à mon oncle. De plus, James est prêt à appuyer ma demande ! Apparemment, il a envie de vous embêter, ajouta-t-elle sournoisement. Et puis si, je suis une très bonne actrice ! Na !

- Attends, interrompit soudain Sarah, tu veux dire que tu voudrais qu'on donne des cours d'arabe à toute ta famille ? S'affola-t-elle.

- Oui, répondit simplement Roxanne.

- Mais tu es folle ?! S'écrièrent en chœur Sarah et Shaïla.

- Pensez aux points bonus, rétorqua Maelis. Vous donnerez ces cours, point final ! Si ça ne marche pas, vous pourrez toujours arrêter. »

Elles ponctuaient toutes quatre leur conversation de bouchées de chocogrenouilles, de patacitrouilles, de dragées surprises de Bertie Crochue ou encore de Ballongommes du Bullard. Souvent, elles se lançaient la réplique la bouche pleine, ce qui n'était pas particulièrement ragoûtant à voir. Au prix d'un effort de persuasion considérable et de menaces, Roxanne et Maelis obtinrent que leur deux amies inscrivent leurs noms sur la liste des présumés enseignants. En contrepartie, Maelis, qui parlait un peu le Portugais, devrait s'inscrire en tant qu'assistante auprès des personnes voulant enseigner cette langue. Et Roxanne serait à leur service et ferait taire les élèves trop bavards. Au final, les quatre filles n'étaient pas satisfaites de leur sort respectif mais rien au monde n'aurait pu les convaincre de renoncer. Elles allèrent dîner aux cuisines puis regagnèrent leur salle secrète. Elles miniaturisèrent les sofas et s'assirent à même la moquette, dans une ambiance plus propice aux confidences.

« Vous avez quelqu'un en vue ? Demanda suspicieusement Roxanne, décryptant à tour de rôle le visage de ses amies pour voir si l'une d'entre elles voulait mentir il s'avéra que non.

- Priorité aux rouquines, décréta Maelis.

- Personne, assura-t-elle.

- Je vais faire semblant de te croire, dit Shaïla. Et toi, Maelis ? »

Roxanne se remettait tant bien que mal de sa rupture avec Johnattan et c'est pourquoi ses amies n'insistèrent pas davantage.

« Euh... balbutia Maelis. Anthony, Anthony Fondor, marmonna-t-elle enfin.

- Ouh ! Siffla Roxanne. »

Anthony Fondor, c'était un jeune garçon de Poufsouffle de taille moyenne, à la peau bronzée, aux cheveux noirs et lisses et aux yeux marrons. Il avait une démarche assez étrange et des délires fort singuliers mais il était sympathique et joli garçon. Beaucoup étaient étonnés de la ressemblance entre Anthony et Leo Axan, mais ce dernier était plus grand, plus musclé, avait les cheveux plus longs et, sincèrement, était plus beau.

« Et toi, Sarah ? Se détourna Maelis.

- Moi ? S'étonna Sarah. Je trouve Cedric Donco très amusant, ironisa-t-elle. »

Les trois autres pouffèrent Cedric était certainement le garçon le plus ennuyeux de tout Poudlard.

« Non, sincèrement, se reprit Sarah, personne... pour le moment, ajouta-t-elle dans un clin d'œil.

- Pour le moment étant le mot clé de ta phrase, analysa Maelis. Quant-à toi, Shaïla, ajouta-t-elle, on n'a même pas besoin de te demander, on sait toutes que tu as un petit penchant pour Leo ! »

Elles finirent par se coucher très tardivement. Le lendemain, elles ne se levèrent pas avant midi et ne purent donc pas manger le petit déjeuner dans la Grande Salle. De toute manière, elles mangeaient toujours dans la cuisine pendant le week-end elles pouvaient manger toutes les quatre ensembles malgré leur appartenance à des maisons différentes. Elles s'y rendirent puis, comme elles en avaient l'habitude, arpentèrent le château à la recherche de nouveaux passages secrets durant tout l'après-midi. La recherche ne s'avéra cependant pas fructueuse on ne trouve pas facilement des passages secrets.

« Je vais vous quitter là, les prévint Sarah aux alentours de 17 heures. Je dois aller à la bibliothèque.

- On avait dit qu'on faisait notre travail avant, objecta Roxanne en fronçant les sourcils.

- Ce n'est pas du travail, marmonna Sarah. C'est pour connaître le nom de ma famille maternelle, ajouta-t-elle.

- Tu veux qu'on t'aide ? Proposa Maelis.

- Ça ira plus vite, ajouta Shaïla.

- Non, non, ça ira, sourit Sarah. J'ai attendu quatre années, je peux bien attendre encore quelques heures. De plus, à part Maelis, vous n'avez pas accès aux archives.

- Très bien, concéda Roxanne. On t'accompagne à la bibliothèque, ordonna-t-elle cependant. »

Sarah sourit, amusée, et partit joyeusement en direction de la bibliothèque. Cette journée était pour elle un peu solennelle et elle appréhendait autant qu'elle avait hâte de connaître le nom de la famille qu'elle n'avait jamais connu. Évidemment, aux dires de sa mère, ladite famille n'était pas très recommandable étant donné qu'elle était obsédée par la pureté du sang mais c'était indispensable pour elle de savoir d'où elle venait. Ils avaient juste fait l'erreur de croire à la pureté du sang, ils avaient juste été convaincus l'ignorance attise la discrimination, on déteste ce que l'on ne connaît pas. Et puis, qui sait, elle se découvrirait peut être des cousins et des cousines ! Elle salua ses amies et pénétra dans la bibliothèque, se dirigeant directement à la rencontre de la bibliothécaire, qui lui adressa un haussement de sourcil étonné, peu habituée à ce qu'on vienne la voir au lieu de l'éviter. Madame Pince était peut-être âgée mais elle n'avait pas perdu de sa sévérité elle était la terreur de la bibliothèque, vénérant les livres comme certains vénéraient Merlin.

« Que voulez-vous ? Demanda-t-elle sèchement.

- Consulter les archives, répondit Sarah en exhibant son insigne de préfet.

- Quelle année ? Renifla Madame Pince. »

Sarah réfléchit d'après l'âge de sa mère, il s'avérait qu'elle avait été à Poudlard au même moment.

« L'année 1995, ajouta finalement Sarah. »

Elle était à peu près sûre que sa mère était à Poudlard à ce moment-la. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était les trois énormes classeurs que lui tendit Madame Pince, comme à regret.

« Ils regroupent les élèves de chacune des sept années et donnent beaucoup de détails sur la scolarité et quelques autres informations personnelles complémentaires, expliqua sèchement Madame Pince, comme à regret. Les élèves sont classés par années et les élèves de la même année sont classés par ordre alphabétique. J'en profite pour vous rappeler que je veux les revoir en bon état et que la bibliothèque ferme à 21 heures, juste le temps pour vous de rejoindre votre salle commune avant le couvre-feu, même si je vous conseille de ne pas manquer le dîner, ajouta-t-elle.

- Vous n'avez pas... commença Sarah, une simple liste ? Reprit-elle avec une hésitation en voyant les trois gros classeurs.

- Le seul autre classement que nous ayons, dit la bibliothécaire en pinçant les lèvres, c'est une encyclopédie magique contenant 26 livres – un pour chaque lettre de l'alphabet –, qui se remplit magique chaque année et qui regroupe le nom de tous les élèves depuis la création de Poudlard !

- Je... balbutia Sarah, je vais peut être partir avec les trois classeurs finalement...

- Faites donc, jeune fille, faites donc, la congédia Madame Pince. »

Sarah empila et transporta tant bien que mal les trois classeurs jusqu'à une table reculée de la bibliothèque et les posa en soupirant. Elle se rendit compte en voyant leur épaisseur qu'elle ne possédait en toute et pour toute information que le prénom de sa mère assurément, cela lui prendrait plusieurs soirées. Il allait falloir qu'elle trouve toutes les Daphné des sept années. Elle enfila ses grandes lunettes, s'attela à la tâche et commença par le premier classeur qui regroupait les trois premières années. Après trois heures de recherche, elle n'était arrivée qu'à la moitié du premier classeur et avait déjà répertorié trois Daphné. Daphné Stream, en première année, avait été répartie à Gryffondor et ses parents étaient moldus, ce ne pouvait donc pas être elle. Daphné Gray, en deuxième année, avait été répartie à Poufsouffle et était issue d'une mère sorcière et d'un père moldu, ce n'était pas elle non plus. Daphné Valley, également en deuxième année avait, elle, été répartie à Serpentard et avait deux parents sorciers. Il était plus vraisemblable que ce soit elle mais Sarah ne s'arrêterait pas là, voulant trouver toutes les Daphné des sept années pour savoir laquelle était vraiment sa mère. Malheureusement, les gargouillements de son ventre la forcèrent à rendre les classeurs à Madame Pince et à rejoindre la Grande Salle pour manger le dîner. Elle avait les yeux gonflés par la fatigue et une expression déçue. Elle s'assit à la table des Serpentard et se servit de la nourriture à profusion, rejetant sa déception sur la nourriture.

« Tu as l'air d'un zombie, fit remarquer Mile dans un haussement de sourcil étonné.

- Je déduis que les recherches n'ont pas été fructueuses ? Interrogea Sasha.

- Et comment ! Maugréa Sarah. »

Elle avait mis ses amis au courant de toute façon, ils pourraient s'avérer utiles pour l'aider à l'occasion.

« Je compatis, sourit doucement Jane. Mais pour te réconforter, rien de tel que ces steaks hachés, digne des meilleurs cuisinier ! Rima-t-elle.

- Quelle poétesse, gloussa Sasha, j'en ai la larme à l'œil ! »

Ils terminèrent le repas en parlant de choses et d'autres puis rentrèrent dans leur dortoir respectif. La dernière pensée que Sarah eut avant de s'endormir, alors qu'elle recherchait désespérément le sommeil depuis près d'une heure et demi, ce fut que retrouver le nom de famille de sa mère ne serait manifestement pas de la tarte !

ooo

Voilà, c'est un style un peu différent du prologue mais, évidemment, ils évoluent. Je ne voulais pas les rendre parfaits, avec une vie parfaite et des amis parfaits. Je veux de l'intrigue, des amitiés tumultueuses, des histoires d'amour compliquées et du saaaannnng ! Vous verrez de quoi je veux parler en disant ça en temps voulu. Quelques fautes peuvent subsister.

Bisous à tous,

A la prochaine.