Bonjour bonjour, me revoilà ! Ce chapitre est un peu différent des autres, mais il est réellement très important. C'est là que vous découvrez l'ampleur des relations – très cordiales bien sûr – entre Sarah et James ( moment que je me suis bien amusée à écrire ) et les sentiments de Leo et Shaïla. Je rentre également dans la tête des autres personnages. C'est moi le patron !
Sur ce, bonne lecture !
PS : comme j'ai à peine commencé le chapitre suivant, je ne pense pas qu'il puisse être publié en temps et en heure. Et si jamais il l'est, je ne suis pas convaincue qu'il soit très très intéressant...
J'ai le défaut d'être un peu plus sincère en cela qu'il ne faut
Molière
III) On paye durement les conséquences de ses actes !
Cela faisait désormais une semaine qu'Iris partageait son dortoir avec Lily Potter et Dawn Oggen. Une amitié l'avait liée à Lily dès la première rencontre mais Dawn... c'était une autre affaire. La jeune fille avait de longs cheveux noirs épais qui retombaient en boucles sur ses frêles épaules, une peau blanche comme de la porcelaine, des traits fins comme une sculpture grecque, des yeux en forme d'amande d'une couleur étrangement violette, une silhouette menue et un charme qui, décidément, ne laissait personne indifférent. Malheureusement, son physique n'était pour ainsi dire que la partie émergée de l'iceberg. Son comportement était lui aussi plutôt original : elle était asociale, ne parlait jamais, chantonnait sans cesses des chansons d'une langue inconnue, faisait léviter les objets à la seule force de ses pensées, pratiquait la légilimancie et adressait à tous ceux qui venaient la voir des sourire énigmatique qui les invitaient à disposer. Lily et Iris avaient elles-aussi reçu ledit sourire et, si Lily affirmait que c'était la fatalité en utilisant une voix tragique, Iris bouillonnait de rage à l'idée de se faire ainsi rejeter. Plus les jours passaient, plus elle ressentait une profonde antipathie à l'égard de Dawn, qu'elle essayait néanmoins tant bien que mal d'étouffer.
« Allô la Terre ? Ici Lily Potter ! L'appela ladite Lily Potter. Cesse de la regarder comme ça, on dirait que tu veux l'avada kedavriser du regard, plaisanta-t-elle.
- La quoi ? S'exclama Iris.
- Ah oui, il m'arrive parfois d'oublier que tu es une ignorante ! Émit Lily en levant les yeux au ciel – ou plutôt au plafond du dortoir. Avada kedavra, c'est le sortilège de mort, ajouta-t-elle plus sérieusement.
- Ah bon ? S'étonna Iris.
- 'Ris, il va falloir qu'on mette en place un plan pour la faire parler !
- Tu as une idée ? Sourcilla 'Ris.
- C'est très simple, commença Lily. On va... »
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Pendant le cours d'histoire de la magie, alors que l'échéance approchait, Iris s'assit entre Laury Manchester, avec qui elle avait gardé le contact, et Lily Potter, juste derrière Dawn, et commença à parler avec ses deux amies. De toute façon, le cours d'histoire de la magie n'était écouté par personne, y compris de Dawn qui s'amusait à faire voler sa plume devant elle tout en chantonnant. Iris l'épia du regard, se donnant une contenance. Le plan était très simple, et c'était elle qui devait s'y atteler. D'après Lily, 'Ris savait posséder un calme qui serait plus à même de plaire à Dawn que l'impulsivité de la rousse. Le cours suivant était celui de métamorphose et, les rangées verticales ne permettaient qu'à deux élèves de s'asseoir l'un à côté de l'autre. Comme prévu, Lily s'assit à côté de Hugo, son cousin, tandis que 'Ris rejoignait les deux tables situées au premier rang, où Dawn s'était déjà installée, comme à son habitude.
« Dawn ? Interrogea doucement Iris d'une voix faussement assurée. »
Pour toute réponse, les yeux violets de la concernée s'encrèrent dans ceux, bleus, d'Iris tandis qu'un sourire énigmatique étirait ses lèvres, se chargeant de la congédier. Iris ne se laissa pas abattre et continua ce qui ressemblerait à un monologue.
« Je peux m'asseoir ? Demanda-t-elle en faisant fit du sourire qui s'agrandissait sur les lèvres de sa voisine de dortoir. Merci, ajouta-t-elle après que Dawn ait hoché la tête, comme à regret. Tu n'es pas très bavarde, remarqua-t-elle après une dizaine de minutes silencieuses. »
Le sourire, qui avait disparu des lèvres de Dawn, réapparut tout à coup. La remarque lui déplaisait, et Iris gardait de plus en plus difficilement son calme devant l'attitude taciturne de sa camarade.
« Tu sais, continua-t-elle, si je ne t'entendais pas chanter à longueur de journée, je croirais que tu es muette, finit-elle sur un ton boudeur. »
Dawn émit un sourire amusé et l'agacement de 'Ris fondit comme neige au soleil. Elle fut encouragée et, si Dawn lui sembla après cela moins antipathique, elle ne parvint cependant pas à lui soutirer un seul mot.
Et après, au fil du temps, cette place au premier rang devint officiellement sienne.
ooo
Le mardi au soir, une annonce fut affichée dans la salle commune des Serpentards, annonçant que les sélections de Quidditch auraient lieu le samedi de la semaine suivante. Si Sarah, en tant que batteuse, Sasha, en tant que poursuiveuse et Thomas Spencer, attrapeur et capitaine, gardaient leur place, il fallait trouver deux nouveaux poursuiveurs, un batteur et un nouveau gardien. Le jour J, tous durent se lever à l'aube et, membres officiels comme prétendants aux postes restants se retrouvèrent à 7h30 précises devant le terrain de Quidditch.
« Pourquoi faire les tests aussi tôt ? S'insurgea Sarah.
- Parce que c'est ainsi que l'on constate quels sont les candidats les plus motivés, rétorqua pour la énième fois Thomas, habitué au jérémiades de Sarah.
- Oui mais c'est très méchant pour moi ! Maugréa Sarah. Ça fait déjà trois ans que je dois me lever aussi tôt un samedi ! Un samedi ! Est-ce que tu te rends compte ?
- Sarah, tais-toi et va poser la nourriture que tu as cherché à la cuisine sur la table là-bas, ordonna Thomas.
- Et la galanterie alors ? Bougonna Sarah pour la forme. »
Elle se rendit néanmoins au lieu indiqué et disposa la nourriture sur la table, séparant les pancakes des muffins.
« Deux candidats au poste de gardien sont priés de s'avancer vers la table, suivis par six éventuels poursuiveurs, de manger quelque chose et de saisir un des balais pour montrer tour à tour ce qu'ils valent. On va organiser des imitations de match, tout d'abord sans puis avec les cognards. Exécution ! »
Il avait été décidé par l'équipe des Serpentards que les postulants devaient manger quelque chose devant les autres avant de jouer car nombreux étaient ceux qui ne s'alimentaient pas à cause du stress. Sarah avait d'ailleurs été, aussi loin que Thomas s'en souvienne, la plus difficile à alimenter ces jours-là. Il avait fallu faire des menaces, du chantage et des récompenses pour qu'elle consente à ingurgiter le quart d'un toast. Les deux premiers matchs servirent à faire une pré-sélection, puis quatorze candidats durent jouer un match, séparés en deux équipes : le cobra et la vipère. Le cobra gagna largement mais le batteur de la vipère était décidément le meilleur. C'est ainsi que fut pris Terrence Flint, un élève de sixième année qui n'avait jamais eu le courage de se présenter auparavant. Scorpius Malefoy endossa le rôle de poursuiveur, aux côté de Meredith Clark, une septième année fraîchement débarquée de Beauxbattons, et qu'Andy Thompson, un garçon de l'année de Sarah, devint le nouveau gardien. Apparemment très satisfait de sa nouvelle équipe, Thomas Spencer décida que le premier entraînement aurait lieu l'après-midi même.
« Ah non ! Protesta Sarah. Le samedi, c'est journée entre amies !
- Elles n'ont qu'à venir te regarder, rétorqua l'attrapeur en levant les yeux au ciel.
- Tu n'aimerais pas qu'elles espionnent notre technique, releva Sarah avec un petit sourire amusé.
- Tu parle de celles-la, comprit Thomas. Il n'en est absolument pas question, affirma-t-il alors.
- Alors je me vois dans l'obligation de refuser ton, ô combien désirable, invitation, ironisa Sarah.
- Hors de question, tu viens ! S'insurgea-t-il. Si tu ne peux pas occuper ton poste, je trouverai sans doute quelqu'un de bien mieux que toi pour l'occuper définitivement ! Menaça-t-il.
- Impossible, rétorqua Sarah avec un petit air suffisant. Tu ne trouveras pas mieux je suis la meilleure !
- Cela reste encore à prouver, se permit-il de douter. Tu viens cet après-midi, que tu le veuilles ou non ! Clôt-il alors la conversation. »
Sa réponse ne souffrait aucune réplique et ça, Sarah l'avait bien compris. Le capitaine, si grand et mince qu'il soit, ne manquait pas de muscles et il n'hésitait pas à s'en servir. Heureusement pour elle, il mettait un point d'honneur à ne pas frapper les filles, sans quoi Sarah aurait sûrement fini à l'infirmerie à de multiples reprises.
L'après-midi, c'est donc en bougonnant qu'elle rejoignit le terrain de Quidditch, et l'air plus que satisfait de Thomas n'arrangea en rien son humeur. La séance se passa sans accrocs. Si elle manquait encore d'entraînement, la nouvelle équipe de Serpentard avait un potentiel indéniable. Comme elle l'avait si crânement affirmé le matin-même, Sarah n'avait été choisie au poste de batteur pour rien elle voulait toujours se déchaîner et l'adrénaline lui donnait toujours de la force, elle protégeait à merveille les autres joueurs de son équipe car elle maîtrisait parfaitement son balai, avec ou sans les mains, et elle visait avec précision. Mais elle ne méritait pas non plus le titre de meilleur joueur de Serpentard le capitaine et attrapeur la battait toujours à plate couture, à son plus grand regret.
La première confrontation n'aurait de toute manière pas lieu avant le mois de Novembre. C'est éreintée que Sarah rejoignit Maelis, Roxanne et Shaïla dans leur salle secrète. Le pire dans tout ça, c'était qu'elle n'avait même pas fait ses devoirs. Elle les fit donc rapidement en compagnie de ses amies et, enfin, elles purent commencer leur séance hebdomadaire. Le lendemain, Sarah ne trouva, lors de ses recherches, aucune autre fille du nom de Daphné en troisième année, à son plus grand désespoir. Après trois heures d'intense concentration, elle retira ses lunettes, rendit les classeurs à la bibliothécaire et se rendit à la Grande Salle. Alors qu'elle était au milieu d'un escalier qui l'emmènerait au premier étage, une tornade rousse d'un mètre cinquante à peine surgit devant elle et s'arrêta, essoufflée, mais un sourire ravi étirant ses lèvres. Sarah eut le temps de remarquer la lettre que tenait Roxanne dans sa main droite et sourcilla, se demandant si il s'agissait d'excuses en bonnes et dues forme de Johnattan, auquel cas elle irait dire sa façon de penser au rouquin. Mais elle n'eut pas le temps de préparer son discours mentalement que Roxanne lui avait déjà sauté au cou, hystérique.
« J'ai reçu la réponse de mon oncle ! S'écria-t-elle. Il est d'accord pour qu'on parte tous au Maroc pendant les vacances d'été ! Tous mes cousins se sont inscrits à votre cours d'arabe ! »
Sarah grimaça Roxanne venait très gentiment de lui rappeler que les cours d'arabe commenceraient le lendemain. Une source de stress en vue.
« Enseigne-nous tout ton savoir ! S'enflamma Roxanne théâtralement. Lorsque les vacances d'été arriveront, nous serons parfaitement bilingues, nous, Weasley de notre état ! Continua-t-elle avec empressement.
- Tu mets le carrosse avant le sombral, la corrigea Sarah. Ce serait déjà un exploit si vous arrivez à formuler quelques phrases de circonstance.
- Arrête de briser mes rêves, la contra avec colère la rouquine. T'es trop terre-à-terre Sarah ! Laisse-moi m'évader de temps en temps de ton monde si attiré par la gravisation, comme tu aimes tant le dire.
- Gravitation, Roxanne, gravitation, corrigea Sarah avec une moue exaspérée. Maintenant, je me vois dans l'obligation de me séparer de ton agréable compagnie. Mon ventre me hurle d'aller me sustenter.
- Tu n'es pas obligée d'employer un vocabulaire si soutenu, rétorqua Roxanne. Après tout, ce n'est que moi ! »
Sarah leva les yeux au ciel et continua son chemin. Elle n'avait plus tellement envie de manger tout à coup. Elle rejoignit cependant la table des Serpentards et savoura les quelques crevettes qu'il restait sur le plateau en songeant au lendemain. Le dimanche étant le jour où elle faisait ses rondes, elle rejoignit ensuite John Ross, son homologue de Gryffondor, lequel ne cessait jamais, d'après ce qu'elle avait pu en juger, de commenter tout ce qu'il trouvait trop drôle dans le château. Cette fois-ci ne fut pas l'exception qui confirmait la règle, malheureusement.
« Ah ah ah ! Explosa de rire John. Tu as vu, il est pendu au plafond par les pieds, ah ah ah ! »
En effet, un jeune élève de Serdaigle était suspendu au lustre par les pieds et les regardait en les suppliant du regard de le délivrer. Son visage tout rouge témoignait de l'afflux de sang qui lui montait à la tête. Il était là depuis au moins deux heures, analysa Sarah. En effet, la scène était risible, vraiment risible. Elle camoufla du mieux qu'elle put son rire tout en se demandant pourquoi le jeune garçon n'appelait pas à l'aide. Avait-il été victime d'un sortilège ? Quoiqu'il en soit, Sarah le détacha d'un coup de baguette et, alors que son visage retrouvait une couleur plus naturelle, Sarah le reconnut avec horreur. Tout envie de sourire lui partit et elle adressa à son homologue masculin un violent coup de coude dans les côtes pour faire cesser son rire. John poussa un cri étouffé en se tenant lesdites côtes tout endolories.
« Tu ne vas pas bien ? S'indigna-t-il, vaguement en colère.
- Tais-toi, lui intima froidement Sarah d'une voix qui ne souffrait aucune réplique. Tu es bien Kerwan Gordon ? Demanda-t-elle à l'attention du jeune garçon. »
Pour toute réponse, ledit Kerwan hocha la tête. John le regarda, mécontent, se demandant pourquoi il ne prenait pas la peine de répondre et s'apprêtant à faire une réflexion désagréable au jeune homme. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Sarah lui adressa un nouveau coup de coude dans les côtes et, trop préoccupé par la douleur, John ne s'occupa plus de faire la moral au jeune Serdaigle.
« Tu es en deuxième année ? Interrogea encore Sarah. »
Deuxième hochement de tête approbateur. Merlin qu'il était énervant, songea John.
« Tu es bien muet, n'est-ce pas ? Demanda doucement Sarah. »
Nouveau hochement de tête. John comprit enfin.
« Qui t'a fait ça ? Questionna avec colère Sarah. »
Le garçon la fixa sans ciller, lui faisant comprendre qu'il n'était pas une balance, et Sarah fronça les sourcils.
« Très bien, dit-elle froidement. Je vais tenter d'apprendre la légilimencie le plus rapidement possible et je vais entrer dans ta tête pour découvrir tes pires cauchemars. »
Le jeune garçon déglutit mais tint bon.
« Et je pars du principe que c'est Potter, finit Sarah avec un sourire satisfait. Maintenant retourne dans ton dortoir, lui intima-t-elle.
- Tu es obligée de toujours tout mettre sur le dos de James ? Interrogea furieusement John.
- Ose me dire que ce n'est pas lui ! Lui ordonna Sarah.
- Mais je n'en sais strictement rien, moi ! S'énerva le jeune homme.
- Eh bien voilà, la question est réglée, sourit diaboliquement Sarah. »
Et rien, ni dans son sourire ni dans ses gestes n'indiquait qu'elle avait changé d'avis. James Potter allait souffrir. Le pauvre !
Alors qu'elle parcourait les couloirs sombres du château en compagnie du brun, présumé intelligent, Maelis rejoignait Anthony Fondor à leur lieu de rendez-vous, une salle désaffectée située dans le couloir Est du troisième étage. Il avait, lui avait-il dit, quelque chose de très important à lui dire. Maelis sentait son cœur s'emballer dans sa poitrine tandis qu'elle s'approchait du lieu de rendez-vous. Sa raison lui soufflait qu'il était vain d'espérer quoique ce soit qui ne soit purement amical, mais le cœur de la jolie blonde divaguait sans répit, imaginant mille et unes version de l'hypothétique déclaration que lui ferait éventuellement Anthony. Enfin, elle arriva devant la porte, s'arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle et se donner une contenance avant de pénétrer dans la vieille salle de cours qu'Anthony avait très certainement nettoyée magiquement avant son arrivée. Le brun était là, assis nonchalamment sur une table préalablement dépoussiérée et l'attendait probablement depuis quelques minutes déjà. Pourtant, un rapide coup d'œil à sa montre magique lui apprit qu'elle avait elle-même plusieurs minutes d'avance et le fait qu'il soit déjà là la fit fondre. Il releva ses yeux d'ébène sur elle et elle sourit avant de s'avancer vers lui de sa démarche maladroite habituelle. Ce léger handicap, le fait qu'elle boite à cause d'une jambe nettement plus courte que l'autre, ne semblait pas déranger ses prétendants et – sans fausse modestie - Merlin savait qu'il y en avait eu beaucoup. Elle se campa sur ses jambes devant lui et attendit qu'il prenne la parole. Il se laissa glisser de sa table, passa une main dans ses longs cheveux brun foncés et la fixa, semblant attendre quelque chose. Après quelques secondes de silence pesant, Maelis décida d'entamer elle-même la conversation et le salua d'une voix rouillée par la nervosité.
« Salut, dit-elle.
- Salut, lui répondit simplement le jeune homme. »
Alors que Maelis envisageait déjà le lourd silence pesant qui les assaillirait à nouveau, Anthony poursuivit :
« Je... J'aimerais que tu m'aide pour quelque chose, commença-t-il.
- Vas-y, l'incita prudemment à continuer Maelis.
- Je voudrais dire à une fille que je suis amoureux d'elle, continua-t-il, s'insufflant du courage à chaque mot. »
Le sourire de Maelis se fana et elle dut se ressaisir, grimaçant un sourire très peu convaincant.
« Et en quoi je peux t'aider ? Grinça-t-elle.
- Comment je fais pour le lui faire savoir ? Demanda-t-il.
- Je sais pas, moi, s'emporta malgré elle la blonde, tu l'invite dans une salle désaffectée disons... du couloir Est du troisième étage et tu l'embrasses, et surtout tu me laisse en dehors de ça ! S'écria-t-elle. »
Alors qu'elle sentait la culpabilité et la honte poindre en elle, le sourire amusé qu'afficha Anthony transforma sa honte en une colère noire. Non seulement elle avait dévoilé ses sentiments non réciproques, mais en plus il osait s'en moquer ! Avant qu'elle n'ait pu le frapper, elle sentit les lèvres du jeune homme se poser délicatement sur les siennes. Lorsqu'il les décolla, il affichait un sourire triomphant.
« Tu veux sortir avec moi ? L'interrogea-t-il.
- Imbécile ! Fut la seule réponse de Maelis avant qu'elle n'attire violemment la tête de son nouveau petit ami vers la sienne pour unir de nouveau leurs lèvres.
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« Tu quoi ? Manqua de s'étouffer Sarah.
- Je sors avec Anthony, répéta avec enthousiasme Maelis. Depuis hier, précisa-t-elle.
- Eh bien tu ne fais pas dans la demi-mesure, blondi, affirma la brune. Tu ne pense pas que c'est un peu tôt pour que vous vous fondiez dessus comme des rapaces en vous lançant des 'je t'aime' à tout va ?
- D'abord, je ne l'ai dit qu'une fois, protesta Maelis, ensuite, je suis sûre de mes sentiments pour lui, et de trois, on se connaît depuis quatre ans et presque un mois !
- Non, mais tu es vraiment trop naïve ! S'exclama Sarah. Te rappelles-tu qu'en fin d'année dernière, tu te remettais tant bien que mal de ta séparation d'avec cet idiot de Roger Smith ? Et là, tu vas me faire croire que tout à coup, tu as eu la révélation du siècle et tu as été traversée par la flèche de Cupidon et pouf, tout à coup, tu es tombée follement amoureuse de Anthony ? Ironisa-t-elle.
- Sarah, ce n'est pas du tout la même chose... protesta la blonde. Anthony est différent, il n'est pas comme...
- … cet abruti qui t'a brisé le cœur deux fois ? Je l'espère pour toi, Mae, termina Sarah.
- Je te promets que je ferai attention, assura Maelis.
- Bien, concéda Sarah. Cela dit, je te souhaite tout le bonheur possible, lui dit-elle enfin. Tu l'as dit aux autres ?
- Non, je veux les voir avant qu'on rende notre couple officiel, expliqua Mae. Tu es juste la première que j'ai trouvé. Il faut d'ailleurs que j'aille les retrouver, disposa-t-elle. »
En vérité, Maelis avait choisi d'aborder Sarah la première car elle savait que cette dernière aurait la réaction la plus excessive. D'après Sarah, on ne sortait qu'avec quelqu'un en qui on avait une absolue confiance et une fois qu'on était sûrs de ses sentiments. Et surtout, Sarah affirmait qu'il était impossible de tomber amoureux d'une personne du jour au lendemain et que le coup de foudre n'existait pas. C'est le cœur plus léger que Maelis partit à la recherche de ses deux autres amies, tandis que Sarah se rendait dans la Grande Salle en bougonnant.
Comme Maelis l'avait prévu, la réaction de Shaïla et Roxanne fut beaucoup plus mesurée que celle de Sarah et ses deux amies se contentèrent d'être heureuses pour elle.
Vers 17 heures, Sarah et Shaïla se rejoignirent devant la salle commune des Gryffondors et commencèrent à marcher vers la salle qui leur avait été attribuée pour leurs cours d'arabe. Alors qu'elles marchaient dans un des couloirs principaux de Poudlard, elles croisèrent la bande des Fraudeurs et Sarah ne résista pas à l'envie de se moquer de leur leader qui semblait draguer une fille prénommée Tanya Spencer, élève de Gryffondor de quatrième année. La rouge et or semblait d'ailleurs plus que réceptive aux avances de James Potter.
« Cesse-donc de te pavaner comme un coq, Potter, lui reprocha Sarah.
- Tu es jalouse ma poule ? Ironisa le Gryffondor.
- Jalouse de quoi ? S'enquit Sarah.
- De moi, bien sûr, rétorqua crânement l'aîné de la fratrie des Potter.
- Tu sais ce qu'elle te dit la poule ? Sourcilla Sarah.
- Non, mais je serais ravi de le savoir, plaisanta James.
- Cot cot cot ! Imita-t-elle la poule en s'avançant vers lui, un grand sourire amusé fixé sur ses lèvres devant l'ébahissement plus que perceptible de James Potter. »
Les personnes autours d'elle rigolèrent de son imitation, peut-être plus par moquerie qu'autre chose mais Sarah n'en avait cure. Elle continua d'avancer sans un autre regard en arrière, suivie par Shaïla qui tentait tant bien que mal d'arrêter de rire.
« C'était très pertinent, Feli ! La félicita finalement Potter.
- Naturellement, crâna Sarah. »
Puis elle accéléra l'allure et tourna à une embouchure du couloir avant que le brun n'ait pu répondre quoi que ce soit. Sarah Feli aurait toujours le dernier mot !
Une fois arrivées devant leur salle, elles s'arrêtèrent devant la porte et, comme elles l'avaient décidé depuis quelques jours déjà, elles firent apparaître un écriteau couleur or où serait écrit en vert « cours d'arabe ». Elles entrèrent ensuite dans la salle, dépoussiérèrent d'un coup de baguette puis transformèrent les tables et les chaises en fauteuils confortables, nettoyèrent le tableau à craies situé à la gauche de la salle, dupliquèrent les quelques livres qu'elles avaient apporté en autant d'exemplaires qu'il y aurait d'élèves, posèrent leur matériel sur leur bureau, firent les derniers aménagements à la pièce puis attendirent leurs élèves. Ceux-ci arrivèrent à la demi et, s'empêchant de stresser, les deux nouvelles enseignantes les accueillirent avec un sourire crispé.
« Hou la ! S'écria James Potter en entrant. On dirait la salle de cours de Trelawney ! Vu les professeurs, je suppose que le contenu sera également très intéressant, ironisa-t-il.
- Cesse de raconter des âneries, James, intervint Dominique, qui entrait dans la pièce à sa suite, en lui donnant une taloche sur la tête. Les cours d'arabe ne sont pas comparables avec la divination, Sarah et Shaïla n'ont rien à voir avec cette vache de Trelawney et la salle n'est pas étouffante. »
Dominique était une fille mince et grande, avec une couronne de boucles couleur cuivre et des yeux d'un bleu envoûtant. Surtout, elle semblait avoir une aura qui faisait effet sur tous les garçons et pouvait sans doute être considérée comme l'une des plus belles filles de Poudlard. Cependant, Sarah ne l'appréciait pas elle avait la mauvaise manière de jouer la justicière dans toutes les affaires qui ne la regardaient nullement, et surtout, elle n'avait aucun sens de l'humour. Sarah lui adressa cependant un signe de tête en guise de remerciement, même si le fait que Weasley l'ait appelée par son prénom ne lui plaisait pas du tout. Elle avait l'impression qu'elle le souillait. La Serpentarde reçut un coup de coude dans les cotes et elle se retourna vers Shaïla qui leva les yeux au ciel à son attention. Sarah savait très bien ce que la Gryffondor pensait de son antipathie envers Dominique. Sarah haussa les épaules pour signifier à Shaïla qu'elle n'y était pour rien et qu'elle ne pouvait rien y faire, et cette dernière leva à nouveau les yeux au ciel tout en souriant, amusée. Enfin, lorsque la salle de classe fut remplie, les deux jeunes enseignantes vérifièrent vite fait leur liste et constatèrent avec plaisir qu'il ne manquait personne. Maelis et Roxanne, installées au fond de la salle, levèrent leurs deux pouces pour les encourager. Le sourire qu'émit Sarah était diabolique puisque ses amies l'avaient forcée à donner des cours, elles payeraient le prix. Ce ne serait pas de tout repos d'être son élève, foi de Sarah Feli !
« Bien, commença la Serpentarde d'une voix doucereuse qui n'augurait rien de bon. »
Elle faisait fit de la partialité à elle les joies du pouvoir ! Et Potter serait le premier à s'en rendre compte. Kerwan Gordon, l'hypothétique victime de Potter ( bien qu'elle n'en ait aucune preuve ) serait vengé. En vérité, c'était plus une excuse pour embêter son camarade de Gryffondor qu'autre chose.
« La plupart d'entre vous se connait déjà, continua-t-elle innocemment, mais je vais vous demander de vous présenter chacun à votre tour. Potter... James, corrigea-t-elle en grimaçant après qu'elle se fut rendu compte que cette appellation pouvait aussi désigner Lily et Albus Potter, également élèves de son cours. Tu commences, ajouta-t-elle avec un sourire diabolique.
- Pourquoi moi ? Protesta le brun.
- Parce que j'ai envie, rétorqua Sarah. Tu oses déjà contester mes ordres ? Sourcilla-t-elle. Tu pourrais bien recevoir la première punition que je donnerai... menaça-t-elle enfin. »
Si Dominique Weasley semblait atterrée par la partialité de son nouveau professeur, les autres élèves de la classe semblaient grandement amusés de la situation. Voir James Potter ainsi maîtrisé avait quelque chose de... jouissif.
« Pffff, se résigna le brun, se promettant qu'il lui ferait bientôt payer cet affront. Bonjour, commença-t-il d'une voix affreusement hypocrite, je suis James Potter, le fils du célèbre Harry Potter, vous savez, celui auquel vous m'associez toujours parce qu'il a tué cette face de serpent de Voldemort, continua-t-il, faisant hoqueter de stupeur la presque totalité de la salle.
- Abrège, le coupa sévèrement Sarah. Je ne t'ai pas non plus demandé une biographie complète, personne ne s'intéresse à ta vie ! Asséna-t-elle. »
Un sourire amusé se peignit sur les lèvres de ses trois amies, et elle reçut du concerné un regard noir qui manqua de la faire exploser de rire.
« Je suis un élève de cinquième année à Gryffondor et j'ai quinze ans, ça va comme ça ? Ironisa-t-il, obéissant malgré lui aux ordres de sa nouvelle enseignante.
- C'était très médiocre, mais je vais m'en satisfaire. Je ne saurais attendre de toi meilleure performance, asséna de nouveau Sarah. Quelles sont tes motivations ?
- Comme si tu ne le savais pas, bougonna le Gryffondor, bafoué dans son amour propre.
- Je veux t'entendre le dire à toute la classe, ordonna Sarah. »
Voir Potter se couvrir de ridicule lui procurait un bonheur incommensurable.
« Je souhaite parler arabe afin de communiquer avec les personnes quand je partirai au Maroc pendant les vacances, expliqua-t-il de mauvaise grâce. Et d'ailleurs, continua-t-il, je crois que je regrette déjà mon choix ! Affirma-t-il avec un regard noir vers son bourreau qui semblait s'étouffer dans son propre rire.
- Ah bon ? Se reprit-elle. Je ne vois vraiment pas pourquoi, poursuivit-elle innocemment. Faites cela chacun votre tour, maintenant, ordonna-t-elle à toute la classe, se détournant enfin de Potter, qui en soupira d'aise. »
Chacun se présenta à son tour et, à la fin, Sarah décida de se présenter elle-même.
« Moi, commença-t-elle, c'est Sarah Feli, une Serpentard de cinquième année d'origine marocaine qui parle couramment l'arabe et qui est là pour vous l'enseigner – je crois que vous avez remarqué. J'ai décidé d'enseigner l'arabe parce que, je ne vais pas vous mentir, je me suis fais harcelée par des soit disant amies, asséna-t-elle, faisant s'étouffer de rire les deux fautives, au fond de la classe. Mais au final, je ne regrette pas. C'est une bonne idée.
- Et ça rapporte des points ! Railla James.
- Exactement, rétorqua Sarah.
- Moi, je m'appelle Shaïla, je suis une Gryffondor de cinquième année, marocaine également. J'ai également été très gentiment sollicitée par des traîtresses et je me retrouve devant vous ! Ironisa-t-elle. »
Shaïla n'était pas vraiment intervenue depuis le début du cours. À vrai dire, voir Sarah maltraiter James Potter la faisait beaucoup trop rire pour qu'elle puisse seulement songer à l'interrompre.
« Nous avons pensé, avec Sarah, continua-t-elle d'un ton strictement professionnel – qui faisait bien rire Maelis et Roxanne -, que nous commencerions par vous apprendre quelques informations indispensables sur le Maroc et son histoire. Nous n'aurons cependant pas le temps de finir aujourd'hui et continuerons pendant la première demi-heure du cours de jeudi avant de commencer à vous apprendre la langue et l'écriture arabe. Nous allons commencer par quelques photos, expliqua-t-elle. »
D'un mouvement de baguette, Sarah fit venir à elle une photo qu'elle agrandit avant de la fixer sur le mur magiquement.
« Celle-ci représente Mahomé, aussi appelé Mohammed, le prophète. Allah, le dieu musulman, lui apparut à multiples reprises pour lui dicter les règles que Mahomé devrait enseigner. Le prophète, simple nomade à la base, commença par rassembler ses semblables puis finit par convaincre une multitude d'autres personnes. L'hégire, aussi appelé le début du calendrier musulman, débute le 16 Juillet 622, alors que Mahomé quittait la Mecque pour rejoindre Médine, alors appelé l'oasis de Yathrib. Selon les croyances musulmanes, Dieu aurait donc fait de Mahomé son orateur et, dès lors, naquit une nouvelle religion. Qu'as-tu à demander, Rose ?
- Pourquoi commencez-vous par parler de la religion musulmane alors que vous expliquez l'histoire Arabe, et non pas sa religion ? Demanda-t-elle.
- Parce que les deux sont liés la religion musulmane fait partie intégrante de l'histoire Arabe, expliqua Sarah. Si vous avez d'autres questions, vous feriez mieux de les poser maintenant, leur conseilla-t-elle.
- C'est quoi un Dieu ? Demanda innocemment une jeune fille aux nattes blonde et aux multiples tâches de rousseurs.
- Un Dieu, commença Sarah, c'est une entité toute puissante qui a le contrôle sur nous et nous est supérieur, étant aussi notre créateur, à nous les humains, et pouvant décider de notre vie et de nos actions à sa guise, expliqua-t-elle. C'est du moins ce que croient les musulmans, ou les croyants de quelconque autre religion.
- Pourquoi les personnages sur les photos ne bougent pas ? Interrogea un garçon prénommé Jake Curtis, élève de Serpentard de première année.
- Très bonne question, sourit Shaïla, c'est parce que les photos moldues restent fixes. »
Voyant que plus personne ne levait la main, Sarah afficha une seconde photo et commença à parler à son tour.
« Cette seconde image évoque les nombreux combats que menèrent et gagnèrent les musulmans, guidés par leur prophète. C'est ainsi qu'ils conquirent de multiples territoires, dont une grande partie de l'Europe actuelle. Ils furent cependant repoussés des dizaines d'années plus tard, gardant malgré tout un important territoire en Afrique du Nord, qui serait divisé en plusieurs pays quelques années plus tard. C'est à eux que nous devons nos chiffres actuels, étant donné qu'avant eux, nous comptions à l'aide de chiffres romains. N'oublions pas qu'à l'époque, le monde Arabe était un des plus cultivés et des plus ouverts n'ayant jamais existé. Ils nous ont permis d'améliorer la médecine, l'écriture, l'astronomie et diverses autres sciences, expliqua Sarah. »
Les deux jeunes enseignantes continuèrent leur cours ainsi jusqu'à ce que l'heure soit entièrement passée. Personne ne s'était endormi, c'était un bon signe, non ? Ils sortirent tous de la salle et Sarah et Shaïla, bonnes dernières, fermèrent la porte à clé derrière elles.
« Alors, ce n'était pas si compliqué ! Piailla Roxanne, qui les avait attendues avec Maelis.
- J'aurais bien aimé t'y voir, rétorqua simplement Sarah. Mais j'avoue que je me suis bien amusée, sourit-elle.
- On a vu ça, pouffa Maelis.
- Pauvre Potter, gloussa Shaïla. Il ne savait pas dans quoi il s'engageait ! »
Elles rirent encore puis rejoignirent leurs amis respectifs, ayant encore un peu de temps à tuer avant d'enfin pouvoir grignoter quelque chose dans la Grande Salle. Sasha insista pour que la nouvelle enseignante lui fasse un récit détaillé de son insertion dans la vie de professeur, et elle insista tant et si bien que Sarah lui promit de tout lui raconter le soir-même, dans leur dortoir, commentant simplement d'une phrase :
« Pauvres profs ! »
Sasha pouffa et la traîna pratiquement dans les dortoirs des Serpentards de cinquième année, aidée de Jane qui, malgré les supplications désespérées de sa victime, ne l'aida pas ah, que la curiosité était un vilain défaut !
Sarah finit par leur raconter l'intégralité de son cours, et en particulier ses altercations avec James Potter, dont elle retirait de si bons souvenirs qu'elle pourrait certainement invoquer un patronus. Elle tenta d'ailleurs l'expérience, se redressa sur son lit, dégaina sa baguette, ferma les yeux, se laissant complètement immerger dans ce si bon souvenir et prononça la formule : « Spero Patronum » souffla-t-elle, un sourire extatique fixé sur ses lèvres closes.
Une lumière blanche très vive sortit de sa baguette mais, malheureusement, elle ne put pas définir la silhouette floue, qui arpenta gaiement la pièce avant de s'éteindre et de disparaître dans le néant.
« Eh zut, j'étais pourtant sûre, maugréa-t-elle. »
Cela faisait désormais un an qu'elle essayait désespérément d'invoquer son patronus, profitant de tous les bons souvenirs qu'elle vivait pour essayer d'en créer un. Malheureusement, ce n'était jamais suffisant.
« Cesse de désespérer, ce n'était pas si mal ! La réconforta Jane.
- Mais je ne sais même pas ce que c'est comme animal ! Rétorqua Sarah.
- Non, concéda Sasha joyeusement, mais en tout cas il a quatre pattes.
- C'est vrai que ça réduit immensément les possibilités, ironisa la brune avec aigreur.
- Peut-être pas, concéda de nouveau Sasha, mais au moins, ce n'est pas une limace ! Plaisanta-t-elle. »
Sarah ne put que sourire, s'imaginant avec dégoût un mollusque sortir de sa baguette. Peut être devrait-elle se concentrer davantage sur son entourage pour essayer d'invoquer son patronus. Si ses amies ne suffisaient pas, alors rien ne serait suffisant. Mais elle essayerait plus tard là, elle était vraiment trop fatiguée pour réussir à quoi que ce soit. Mine de rien, c'était fatigant d'être prof !
Pendant qu'elle se couchait, deux personnes se promenaient sur les rives désertes du lac noir.
« Et donc, conclut une voix féminine, je crois que je ne me suis jamais autant amusée de ma vie. »
Un sourire réjoui apparut sur son visage bronzé.
« Tu m'étonnes, ricana le jeune homme qui l'accompagnait. J'aurais payé cher pour être là, continua-t-il de rire. Ah la la, après tout, rien d'étonnant, c'est Sarah, ajouta-t-il comme une évidence. »
Et apparemment, c'était également une évidence pour elle car elle acquiesça :
« N'empêche, sans elle, il y aurait nettement moins d'animation dans Poudlard, ricana-t-elle.
- Assurément, appuya le jeune homme. »
Un silence tranquille prit ses aises et, sans qu'ils ne s'en rendent compte, leurs mains se lièrent d'elles-mêmes.
« La lune est très jolie, ce soir, constata alors Shaïla.
- Oui... elle est pleine, commenta Leo. »
Ces quelques mots semblèrent faire sur la jeune fille un effet assurément démesuré :
« Leo, on ferait mieux de rentrer, le pressa-t-elle.
- Pourquoi donc ? Sourcilla ledit Leo.
- Qui dit lune pleine dit loups garous, s'inquiéta la jeune fille. »
Devant son inquiétude presque palpable, le brun accepta de la suivre à l'intérieur du château, entourant ses épaules de son bras. Elle se tourna vers lui et lui adressa un sourire, qu'il lui rendit. Cela faisait quelques jours qu'ils se rejoignaient près du lac tous les soirs. Ils n'avaient jamais essayé de s'embrasser ils n'étaient pas encore prêts et tous deux le savaient très bien. Ils voulaient tout d'abord apprendre à se connaître. Sarah aurait été contente d'eux si elle avait été au courant. Ils avaient décidé d'un commun accord qu'ils apprendraient à se faire pleinement confiance avant d'envisager quoi que ce soit d'autre. Et même si, chaque jour davantage, cette décision était de plus en plus difficile à respecter, ils tenaient bons parce qu'ils savaient qu'ils voulaient tous deux que leur couple s'inscrive dans la durée. Et traverse les années. C'était compliqué, ils le savaient, mais rien ne serait jamais impossible. Ils atteignirent les portes du château et, en gentleman, Leo conduisit Shaïla jusque devant la tour des Gryffondors, où ils restèrent quelques secondes silencieux avant que Shaïla ne se redresse et l'embrasse doucement sur la joue. Là encore, il faillit l'embrasser, mais se retint. Tiens bon, se dit-il alors qu'elle s'éloignait dans un dernier sourire. Il resta quelques instants planté là, puis commença une très discrète progression vers la tour des Serdaigles, située à l'autre extrémité du château. Par chance, il ne croisa personne et put se coucher tranquillement. Le couvre feu était dépassé depuis une bonne heure mais ses camarades de dortoir ne dormaient pas. Serdaigle ne voulait pas dire ennuyeux, ennuyant et trop sérieux – peut être que la définition s'appliquait cependant à Cédric Donco. Leo rejoignit donc ses amis et discuta avec eux quelques minutes avant d'aller se préparer et se coucher.
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Pendant ce temps-la, dans le dortoir des troisièmes années de Serdaigle, Rose Weasley s'opiniâtrait à apprendre par cœur ses cours d'arabe et à avancer dans le programme. Cependant, l'enseignement de l'arabe, s'il se faisait très bien par oral, était immensément difficile à apprendre à l'écrit, et c'est pourquoi Rose restait devant son livre à tenter désespérément d'apprendre la signification de l'alphabet arabe. Mais que signifiaient ces lettres, quelle était leur prononciation ? C'est à ce moment-la de ses réflexions qu'une chouette hulotte vint taper à un carreau du dortoir. Elle reconnut sans mal la chouette de Albus et s'empressa de la laisser entrer, lui donnant quelques granulés de miamhibou qu'elle avait en réserve pour sa chouette Moyen-Duc, prénommée Léto, un nom d'une déesse de l'antiquité Grecque, période qui la fascinait tout particulièrement depuis l'enfance. Le billet d'Albus était court et concis il n'y avait en réalité que deux mots : « tu dors ? »
Elle s'empressa de répondre avec ironie ce n'était pas parce qu'elle était sérieuse qu'elle devait obligatoirement être dépourvue d'humour !
« Oui, je suis même plongée au beau milieu d'un rêve mais je t'écris quand même ! Quand bien même j'aurais été endormie, ta chouette m'aurait réveillée ! »
Le hibou revint quelques instant plus tard, délivrant un message très pertinent :
« Ah ah ah ! C'est pas faux ! Plus sérieusement, j'ai entendu dire que Collin Boot, le garçon de Poufsouffle, t'avait demandé de sortir avec lui. Je ne connais pas ta réponse, par contre. »
« Il est mon petit ami, à toi de le déduire... »
« Rose, c'est merveilleux, depuis le temps que je te dis que tu travailles trop ! Tu vas enfin pouvoir te concentrer sur autre chose ! »
« Tu pense pouvoir m'éviter ton discours de papa gâteau s'il-te-plaît ? »
« Bref, ( je boude ) c'est bien pour toi, mais fais attention quand même. »
« Oui papa. »
Elle ne reçut pas de réponse et en déduisit qu'Albus était vexé. Si elle ressentit une pointe de culpabilité, elle l'étouffa bien vite en se disant que le cadet des Potter méritait bien d'être remis à sa place de temps en temps. Sinon, il devenait trop encombrant. Quant-à sa relation avec Collin Boot, elle n'avait tout simplement pas envie de la dévoiler au grand jour. Entre eux, ce n'était pas à proprement parler de l'amour, le jeune garçon était juste attirant, et quoi de mieux pour résister à la tentation que d'y succomber ? Elle doutait qu'il reste en couple avec elle très longtemps. Malgré tout, Rose avait conscience qu'elle ennuyait son entourage. Oui, c'était cela même : elle était ennuyeuse. Alors qu'une pointe de désespoir s'emparait d'elle, elle retourna à son travail, occultant toute pensée externe. Elle devait réussir à comprendre cet alphabet, alors tout autre pensée viendrait après, elle n'avait tout simplement pas le temps pour ça maintenant. C'était ça qu'elle appréciait dans le travail : pouvoir se déconnecter du monde entier, vivre dans un monde parallèle où plus rien ne vous atteint, s'abreuver de la sciences de ce monde pour espérer un jour en connaître l'intégralité. Alors Collin, qu'il la quitte ou non, elle n'avait aucun problème le travail était sa plus fidèle amie.
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Voilà, je suppose que vous l'avez remarqué, mais j'ai décidé dans ce chapitre de m'intéresser à la psychologie de mes autres personnages, parce que quitte à les créer et à les faire vivre, autant en profiter, non ? ^^
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, ça me fera plaisir. J'ai un peu l'impression que le monde tourne autours de Sarah mais, rassurez-vous, c'est juste pour créer un lien et pour trouver une raison de m'intéresser aux autres personnages. Après tout, Sarah est mon personnage principal.
Peuvent subsiter quelques fautes et incohérences, malgré ma relecture assidue.
Merci de votre lecture,
bisous, à la prochaine !
