Coucou ! J'ai finalement réussi à écrire ce chapitre – bon, avec un jour de retard ! Par contre, je ne vous promets rien du tout pour le prochain, mais pour compenser, je vais essayer de faire le plein de chapitres pendant les vacances de la Toussaint. Plus qu'une semaine ! Je balance deux bombes dans ce chapitre, bien que je pense que vous vous étiez tous doutés de la première, j'ose espérer que vous ne vous doutiez pas de la deuxième. ( en fait non, vous pouviez pas deviner ^^ )
Merci à Barbiemustdie !
J'espère que ça vous plaira. À vrai dire, j'ai beaucoup d'idées pour cette fiction mais rien qui puisse se passer tout de suite, c'est triste. Alors je me contente de meubler les chapitres du mieux que je peux pour pas faire de trop grandes ellipses, j'espère tout de même que ça ne se sent pas trop. Il y a des passages dont je ne suis pas fière parce qu'ils sont absolument stupides, d'autres que je n'ai pas aussi bien écrit que ce que j'avais espérer.
Bref, bonne lecture !
( PS : j'avais perdu l'habitude d'écrire de tels pavés en intro ^^ )
La mort ne me concerne pas puisque, tant que je vis,
la mort n'est pas et que, quand la mort est,
je ne suis plus.
Epictète
IV) Toute une généalogie de Sangs-Purs
Le deuxième cours d'arabe eut lieu, comme prévu, le jeudi suivant. Il avait été décidé qu'il y aurait deux heures par semaine et, même si bon nombre de personnes trouvaient cela insuffisant, il était vrai que c'était plus facile pour les professeurs improvisés. Le seul problème était que les cours de français, que Shaïla et Sarah avaient choisis, avaient lieu le jeudi exactement à la même heure. C'était très pénible. Durant la deuxième demi-heure, ayant terminé avec le chapitre historique, elles purent enfin entamer l'apprentissage de la langue arabe.
« Bien, commença la Serpentard. Comme vous le savez sans doutes, le mot Islam est un dérivé du mot Salam, qui signifie la paix, en Arabe. Si je vous dit Salam Alikum, qui est la manière la plus fréquente de se saluer, cela a donc également une signification pacifique, puisque ça veut littéralement dire 'Que la paix soit sur vous'. »
Un geste de la baguette et la craie s'envola pour écrire au tableau Salam Alikum et sa signification. Cela avait bien valu le coup, toutes ces heures d'entraînement pour maîtriser les sortilèges informulés. Les efforts avaient payé et c'était d'une praticité incroyable. Le reste de l'heure permis aux élèves d'apprendre à dire merci, au revoir, comment tu vas et s'il-te-plaît. C'étaient tout de même les mots de base pour apprendre une langue correctement. Les cours s'enchaînèrent de cette manière, jusqu'à ce que les élèves sachent compter jusqu'à 10, puis apprennent la signification des lettres de l'alphabet. Si les deux professeurs ne faisaient pas montre d'impartialité, il était incontestable qu'elles étaient efficaces. Et, de plus, personne ne s'aventurait à parler les menaces faisaient leur petit effet.
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Malgré tous ses efforts – et Merlin savait qu'elle en faisait –, Iris ne parvenait ni à renouer avec Camelia, qui faisait tous les efforts possibles et imaginables pour l'éviter, ni à se lier d'amitié avec Dawn – encore aurait-il fallu que cette dernière ouvrît la bouche pour faire autre chose que chantonner. Tout cela était affreusement contrariant et, ça tombait bien d'ailleurs, Iris était affreusement contrariée. Elle en avait fait beaucoup, mais au bout de presque un mois et demi, elle commençait réellement à perdre espoir. Et pourtant, de cet espoir, elle en avait eu à revendre : elle se disait que si Camelia essayait de l'éviter, c'était parce qu'elle ne voulait pas être obligée de lui dire des obscénités pour garder la face avec ses amies Lucy Zabini et Leah Robinson, deux filles qui méprisaient au plus haut point tout ce qui concernait les Gryffondors, et venant toutes deux de familles puristes au possible. Elle avait également eu de l'espoir toutes les fois – elle en avait comptabilisé trois – où Dawn avait commencé à se détendre en sa présence. Malheureusement, à chaque fois que cela arrivait, la brune se tendait et partait sans afficher une quelconque émotion. Oui, contrariant était le mot, et Iris et son courage de Gryffondor décidèrent d'aller parler à l'une et à l'autre, seule à seule de préférence, et de leur balancer leur quatre vérités. La première qu'elle croisa fut Dawn. Saisissant sa chance, et avant qu'elle ne change d'avis, Iris s'avança vers la jeune fille et lui demanda de la suivre. Si elle refusa au début, Dawn fut bientôt convaincue et elles entrèrent toutes deux dans un placard à balai vide. Iris sentait tout son courage partir en fumée et, se dissuadant mentalement de faire demi-tour en courant, s'apprêta à ouvrir la bouche. Sauf qu'elle avait l'air d'avoir oublié que sa camarade de dortoir savait lire dans les pensées d'autrui. Pour la première fois, Dawn lui fit entendre sa voix, un joli soprano qui, s'il aurait pu être agaçant, semblait plutôt être une mélodie.
« Tu crois souffrir,
tu crois chercher des réponses,
mais tu ne connais rien.
Tu crois connaître la douleur,
tu crois avoir des questions,
Mais tu ne comprends rien.
Tu crois être malheureuse,
Tu crois avoir des raisons de l'être,
Mais tu n'as rien.
Tu pourrais profiter de la vie,
Tu pourrais te contenter d'être heureuse
Mais tu trouves ça trop simple.
Tu crois que toutes les réponses te viendront
Sans que tu n'aies rien à chercher,
Mais tu te trompes.
Il y a des choses qui nous sont apprises,
Il y a des choses qu'il nous faut chercher,
On ne m'apprend pas, on me cherche.
On ne m'acquiert pas, on a mon amitié. »
Iris prit un certain temps à comprendre qu'elle chantait. La chanson semblait avoir été inventée à l'instant-même. Encore choquée, elle ne put pas réagir lorsque Dawn quitta la pièce d'un pas rapide. Que voulait-elle dire par là ? Vaste question en vérité.
ooo
« Alors, ils vont faire quoi pour Halloween ? Demanda Sasha, extatique.
- Rien qui ne te concerne pour le moment, chaton, marmonna Sarah pour la énième fois.
- Pourquoi chaton ? S'étonna la jeune fille.
- Sa sha, chat, chaton, expliqua Sarah, désormais tout sourire.
- J'aime bien, apprécia Sasha. Mais tu ne me détourneras pas l'esprit comme ça, petite vicieuse de Serpentarde, menaça-t-elle en revenant dans le vif du sujet.
- Tu en es une également, lui rappela Sarah en levant les yeux au ciel.
- Je sais, je sais, concéda-t-elle. Alors, qu'est-ce que vous avez organisé pour Halloween ? Supplia-t-elle à nouveau.
- Tu verras bien demain, asséna Sarah.
- A quoi ça te servait de devenir préfète si tu ne peux même pas trahir tes fonctions pour aider tes amis, maugréa Sasha.
- Mais je l'aurais fait très volontiers, contra Sarah, si ce n'était pas si plaisant de te voir à genou !
- Je vais aller voir Miles, lui au moins il va tout me dire, menaça Sasha.
- Oh, perds ton temps si tu le veux, affirma Sarah. Nous, les préfets, sommes des êtres d'une honnêteté irréprochable, mentit-elle. »
Sasha ne put que glousser. La fête prévue pour Halloween aurait lieu le lendemain et les préfets avaient eu le jour-même une longue réunion pour parler de l'organisation. Sasha n'avait pas de quoi s'enthousiasmer même si les décorations étaient toujours aussi somptueuses, elles ne changeaient pas d'une année sur l'autre. Le thème avait été divulgué à tous : venir déguisé.
« Aller, Sarah, dis-moi ! Insista encore Sasha.
- Non, chaton, et j'aimerais dormir, ajouta Sarah, s'allongeant dans son lit et fermant les yeux, prête à sombrer dans le sommeil.
- Non ! S'écria Sasha, la faisant sursauter. Je veux mes réponses, insista-t-elle.
- Très bien, tu ne m'auras pas laissé le choix, affirma Sarah d'une voix doucereuse, que son sourire diabolique ne rendait pas moins terrifiante.
- A ce tarif là, tu n'auras même pas besoin de te déguiser, toi, fit remarquer Sasha. Tu es déjà monstrueuse naturellement. »
Sarah saisit prestement sa baguette et, en deux mouvements vifs, elle cloua Sasha au lit et coupa la parole magiquement à son amie. Enfin, elle soupira devant le calme ambiant, ravie de pouvoir enfin savourer ce qui lui restait de sa nuit.
La veillée de Halloween avait toujours lieu un jour de cours, c'en était une malédiction ! Le professeur Wolf avait décidé que, lors de leur double cours de défense contre les forces du mal, ils auraient un petit travail approfondi sur tous les monstres de Halloween. À vrai dire, c'était assez tentant, même si bon nombre d'élèves tentaient tant bien que mal de retenir des petits frissons de frayeur à cette idée. C'était le cas de Sylvia Carter qui, seule dans son lit, tremblait de frayeur en se répétant mentalement : « personne ne doit savoir, personne ne doit jamais savoir ! » Sylvia gardait un secret depuis déjà quelques années et était terrifié à l'idée qu'il soit un jour découvert. Quelle serait la réaction de ses amies ? La renieraient-elles ? C'était un risque qu'elle ne pouvait pas prendre. Et Sylvia avait si peur que le résumé sur les êtres maléfiques ne mette la puce à l'oreille de ses proches. Monstrueuse, elle ne l'était pas. Non, elle était juste différente...
Les élèves de Gryffondor et Serdaigle de cinquième année se rendirent à leur double cours de potion, leur premier cours de la journée. Le vieux professeur Yard les fit entrer à l'heure précise où la sonnerie magique retentissait. Les élèves se répartirent autours des tables de quatre, comme à leur habitude. Shaïla s'assit à côté de Leo tandis que Roxanne s'asseyait en face de la jeune marocaine et que Maelis prenait la dernière place, celle en face de Leo. La première heure se passa sans anicroches, chacun trop occupé à réaliser son élixir d'euphorie mais, lors de la deuxième, Shaïla fit exploser, comme à son habitude, sa mixture, répandant le liquide poisseux à quelques mètres de l'explosion en éclaboussant les élèves les plus proches, qui se mirent à exploser de rire. La potion était le point faible de Shaïla. De plus, le problème avec l'élixir d'Euphorie, c'était que, avant qu'elle ne soit atténuée par le Sysimbre, elle était beaucoup plus concentrée et les élèves explosaient de rire sans discontinuer. Malheureusement, l'un des élèves touchés, Frederick, tenait dans ses mains quelques œufs de Serpencendre qu'il versa, sans le faire exprès, dans le chaudron de son voisin, dans un éclat de rire incontrôlé. Malheureusement, John n'était pas à la même étape que Frederick et la potion explosa à son tour, répandant davantage de potion sur davantage d'élèves. Une giclée brûlante atteignit le nez d'Ashley qui, brûlée, donna sans le faire exprès un grand coup de genou dans son chaudron qui se renversa, éclaboussant encore quelques autres élèves. À ce stade la du cours, tout le monde riait, y compris le professeur. La seule personne qui n'avait pas été touchée était James Potter, ce qui ne l'empêchait pas de se rouler par terre devant le comique de la situation. Il fallut que le professeur Leavey soit attirée dans la salle et appelle l'infirmière pour que tout le monde se calme enfin. Après une heure, chacun d'entre eux aurait pu jurer ressentir des courbatures à cause d'avoir trop ri. C'est un James toujours hilare qui se rendit au cours de DCFM que les Gryffondors partageaient avec les Serpentards. Il fut cependant rapidement calmé par le professeur Wolf et le cours commença.
Le professeur leur fit la liste de toutes les créatures de Halloween, comprenant les loups-garous, les vampires, les fantômes, esprits frappeurs et toutes sortes de monstres, y compris les... sorciers. Heureusement pour elle, personne ne se rendit compte que le teint de Sylvia, qu'elle avait habituellement pâle, était désormais aussi blanc que celui des vampires sur la photo que désignait leur professeur.
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Dominique Weasley et sa meilleure amie Shannon Fox, deux élèves de Serdaigle de sixième année, sortirent du cours de métamorphose du professeur Graad. Ils avaient à l'occasion étudié un sortilège qui permettait de transformer des vêtements en habits démoniaques. Avec ce sortilège, les élèves de sixième année n'auraient pas forcément besoin d'acheter leur déguisement pour le soir-même. Et cela tombait bien parce que, malgré ses recherches, Shannon n'était pas parvenue à trouver vêtements à son goût. Métamorphose étant le dernier cours de leur journée, elles avancèrent en direction de leur salle commune avec Nellie et Dyna Farell, des jumelles qui partageaient leurs dortoirs. Alors qu'elle allait pénétrer dans l'entrée que l'aigle avait ouverte après que Maelis Delware et Ashley Hasbrook aient répondu à l'énigme, elle sentit une poigne retenir son bras et la tirer en arrière. Trop habituée pour être étonnée, elle adressa à ses amies un regard désolé et partit avec son frère aîné.
« Tiens, c'est bon à savoir, railla d'ailleurs ce dernier, tu suivrais n'importe qui !
- Cesse de raconter des âneries, j'ai reconnu ton odeur ! Répondit Shannon comme si c'était une évidence.
- Mon odeur ? S'étonna Gale.
- Ton odeur ! Répéta Shannon. »
Elle plongea son regard ambre dans les yeux, identiques au siens, de son grand frère, et lui adressa un sourire qu'il lui rendit. Gale Fox, Serpentard de septième année.
« On va se promener dans le parc ? Proposa-t-il. »
Shannon hocha vigoureusement la tête et ils sortirent. Le frère et la sœur avaient toujours été vraiment très proches. Beaucoup trop proches, disaient les mauvaises langues. Leur relation était pratiquement fusionnelle, à vrai dire. Et les regards qu'ils se lançaient étaient tout sauf anodins.
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Une heure avant que le dîner ne soit officiellement servi dans la Grande Salle – aux alentours de vingt heures en ce jour d'épouvante – pratiquement tous les élèves étaient dans leurs dortoirs à essayer de se préparer pour la veillée. Alors que beaucoup de filles avaient penché pour des tenues de vampires sexy, cinq garçons, dans leur dortoir rouge et or, enfilaient tant bien que mal les déguisements de Trolls, identiques, qu'ils avaient choisi. Le tout était absolument affreux et les bombabouses à retardement qu'ils répandaient sur leur passage ne les rendaient pas plus attrayants. Heureusement méconnaissables derrière leurs masques, les cinq Fraudeurs faisaient fuir toutes les personnes sur leur passage. À leur plus grand plaisir. Qui ne connaissait pas l'histoire de la première veillée de Halloween du célèbre Harry Potter ?
« VIVE LES TROLLS ! S'écrièrent-ils alors qu'ils arrivaient devant la porte de la Grande Salle. »
Seules quelques personnes étaient déjà dans la Grande Salle et tournèrent vers les opportuns un regard surpris, absolument hilarant. La salle était somptueuse, méconnaissable et irréelle. Des milliers de chauves-souris volaient de part et d'autre de la Grande Salle, se précipitant de temps en temps sur les tables, effrayant les élèves, avant de redresser soudainement. De gigantesques citrouilles évidées était posées çà et là, suffisamment grandes pour abriter trois personnes en position assises. Les chandelles, qui apportaient habituellement clarté et luminosité, semblaient plutôt absorber la lumière et répandre de l'ombre dans la pièce. Pour compléter le tableau, les élèves déguisés qui affluaient en débit plus important de minute en minute, apportaient à la pièce un côté monstrueux, dans tous les sens du terme. Les cinq trolls s'assirent à la table des Gryffondors et attendirent que les mets apparaissent sur les plats en or. Lorsque ceux-ci apparut enfin, il s'avéra qu'ils avaientt la forme de têtes de mort, d'araignées, de citrouilles maléfiques et autres créatures terrifiantes. Si quelques sensibles blêmirent, c'est en rigolant que James Potter plongea la cuiller en bois la plus proche au centre d'un plat de gratin de citrouille qui avait la forme d'un fantôme. Il se servit une part conséquente et fut contraint de soulever légèrement son masque pour pouvoir se sustenter, perdant momentanément la vue au profit de l'accès de la nourriture à sa bouche, les trous du masque n'étant plus au niveau de ses yeux.
Il manqua par conséquent l'entrée de trois filles de Serpentards de cinquième année, qui regagnèrent leur table. La rousse était vêtue d'une robe noire très moulante, sur laquelle des dessins de flammes vacillaient, et était munie de cornes, déguisée en diablesse la blonde avait sur elle un voile blanc presque transparent et une chaîne munie d'un poids, déguisée en fantôme, et la brune avait un affreux déguisement de... cafard ?! Il allait sans dire que Sasha Thomas ne manquait singulièrement pas d'humour – ou avait une très faible estime d'elle-même, c'est selon. Quoiqu'il en soit, son arrivée à la table des Serpentards provoqua de nombreux cris apeurés très amusants. La soirée se passa sans anicroches, sans incident majeurs. Si ce n'est que, à la table des Serpentards, on faisait passer parmi les élèves plus âgés une gourde dans laquelle il y avait du whisky pur feu à la liqueur de myrtille, légèrement écœurant mais provoquant une brûlure agréable dans la gorge. Sasha but une gorgée puis tendit la bouteille à Jane qui la donna à Sarah sans en boire une goutte - mais où la perfection de Jane s'arrêtait-elle ? - qui en but trois longues gorgées successives – mais où l'inconvenance de Sarah s'arrêtait-elle ? - avant de la tendre à Miles. Et qu'on n'ose pas dire que les Serpentards n'étaient pas généreux ! C'était certainement la seule maison où les élèves se partageaient l'alcool sans arrière pensée. Les élèves furent conviés à rejoindre leurs dortoirs relativement tôt, bien trop tôt, d'ailleurs. C'est pourquoi la fête continua dans les salles communes des quatre maisons. Il n'était, après tout, que 23 heures. Et le plus malheureux dans l'histoire, c'était tout de même qu'il y aurait également cours le lendemain.
Comme on aurait facilement pu le prévoir, les élèves, le lendemain, ressemblèrent davantage à une armée de zombies.
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Depuis qu'elle était allée voir Dawn, Iris n'osait pas aller trouver Camelia à son tour. Allait-elle lui faire la danse des Trolls ? Iris ne pensait pas survivre si cela se passait vraiment. Qu'avaient-ils tous à être si bizarres ? Et puis, somme toute, elle n'avait pas été méchante, impolie ou quoi que ce soit avec Dawn, alors pourquoi tant de haine ? Le seul point positif dans l'histoire c'est que la plus mystérieuse élève de Poudlard lui avait enfin adresser la parole. Certes pour lui faire une leçon de moral musicale mais elle avait parlé quand même. En choisissant de ne pas parler à Camelia, Iris faisait une erreur de taille, dont les conséquences néfastes lui retomberaient dessus des années plus tard. Cependant, elle se décida à faire des recherches sur les origines de Dawn. Après tout, c'était ce que cette dernière lui avait demandé, n'est-ce pas ? C'est pourquoi elle tint compagnie à sa sœur aînée en ce dimanche après-midi, recherchant activement les différentes « créatures » magiques, tandis que sa sœur parcourait en diagonale les longues listes de noms des élèves. Alors qu'elle terminait enfin son livre, après près de trois heures à le lire, sans qu'elle n'ait rien relevé de concluant, Iris releva ses yeux fatigués sur sa sœur. Sarah traînait avec elle deux énormes cernes, dues à la veillée de Halloween, et sa peau était d'une blancheur vampirique à cause des heures passées enfermée dans le château.
« Tu t'es couchée à quelle heure exactement jeudi soir ? L'interrompit finalement Iris.
- Tu veux dire quand est-ce que je me suis couchée vendredi matin ? Corrigea Sarah en relevant ses yeux cernés de la liste.
- Oui, acquiesça Iris avec un petit sourire amusé.
- Crois-moi, tu ne veux pas le savoir, soupira Sarah. »
Iris sut alors qu'il serait vain d'insister. Elle connaissait sa sœur, tout de même ! Sarah ôta ses lunettes, les nettoya d'un coup de chiffon et les remit sur son nez. Puis, jetant un petit coup d'œil à sa montre magique, dit :
« Je pars dans moins d'une demi-heure. J'en ai vraiment marre de cet endroit, je me sens emprisonnée, se plaignit-elle.
- Je persiste à croire que maman s'appelait, avant de se marier avec papa, Daphné Valley ! Répliqua Iris, semblant revenir sur un débat ultérieur.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Demanda Sarah en levant les yeux au ciel.
- Elle est à Serpentard, son année de naissance correspond à celle de maman, la famille est célèbre et puriste, je ne vois pas ce qui te dérange dans tout ça ! Tout correspond !
- Tu te bases sur des suppositions sans aucunement prêter attention aux preuves, répliqua froidement Sarah, énervée par le manque de précision de sa cadette. Si je partais de ce principe, je pourrais également croire que Daphné Greengrass correspond !
- Et qu'est-ce que tu fais de l'année de naissance ? Rétorqua Iris.
- Maman est née en Avril, argumenta Sarah.
- Et alors ?
- Et alors il est tout à fait possible que Daphné Valley soit née la même année, mais des mois allant de Septembre à Décembre, puisque ne sont admis que les élèves qui sont nés avant le mois de Septembre. Tu ne vois pas le problème ? Exposa Sarah d'une voix glaciale. L'année correspond peut-être mais pas le mois !
- Mais donc, se résigna Iris, Daphné Greengrass correspond ! »
Sarah soupira, exaspérée à nouveau par le manque d'exactitude de la benjamine. Mais, dans un sens, elle avait raison.
« Je vais aller me renseigner auprès de Madame Pince sur cette fameuse Daphné Greengrass. Et puis, justifia-t-elle sa démarche, il fallait que je sois certaine qu'il n'y avait pas d'autre Daphné en troisième année ! »
Sarah enleva à nouveau ses lunettes, les mit dans un étui, referma le classeur et alla le rendre à la bibliothécaire.
« Que voulez-vous encore ? Demanda avec agacement cette dernière en voyant que Sarah ne partait pas.
- Pourriez-vous m'indiquer un livre sur les familles Sang-Pur du vingtième siècle ? Demanda-t-elle.
- Il me semble que vous en avez beaucoup sur ce sujet dans la salle commune des Serpentard, répliqua froidement Madame Pince en s'écartant.
- Suis-je bête ! Marmonna Sarah en manquant de peu de se taper le front avec le plat de sa main. »
Évidemment qu'il y avait des livres de ce genre dans la salle commune des Serpentards, il n'y avait même que ça ! Sarah s'empressa de rejoindre sa sœur et lui exposa son plan. Iris acquiesça sans relever la tête de son livre et Sarah partit. D'ailleurs, se dit-elle alors qu'elle marchait dans les couloirs du château, elle ne savait toujours pas ce que recherchait sa sœur dans la bibliothèque. Iris n'était pourtant pas du genre à travailler beaucoup. S'avançant vers le pan de mur en brique, Sarah prononça distinctement « Sanguini », et pénétra dans sa salle. Elle s'orienta directement vers la bibliothèque murale et saisit un livre intitulé « Toute une généalogie de Sangs-Purs ». Sarah le lut attentivement pendant près d'une heure, cherchant la famille Greengrass. Et enfin, elle la trouva. La famille faisait près d'une trentaine de pages et disposait apparemment d'une grande richesse. Enfin, la brune trouva le nom qu'elle cherchait.
« Daphné Greengrass, née le 26 Avril 1980, a pour génitrice Romilda Greengrass et pour géniteur Harrison Greengrass. Elle fait ses études à partir de 1991 à l'école Poudlard, répartie dans la prestigieuse maison de Serpentard.
Elle semble avoir disparu de la circulation. Des rumeurs colportent qu'elle aurait été déshéritée pour traîtrise à son sang. »
La date de naissance correspondait. Tout correspondait, en vérité. Il semblait désormais évident pour Sarah que Daphné Feli s'était autrefois appelée Daphné Greengrass. Elle chercha avidement l'arbre généalogique correspondant et, quand elle l'eut trouvé, faillit faire une crise cardiaque, ferma les yeux et reprit lentement sa respiration. Était-il normal que le nom de Scorpius Malefoy soit indiqué, relié à celui d'Astoria Malefoy... sa tante ?! Ça, c'était une nouvelle ! Sarah se ressaisit tant bien que mal et se redressa, se dirigeant tranquillement vers Scorpius Malefoy, qui se trouvait dans le coin opposé de la salle commune. Elle se planta devant lui et se campa sur ses jambes. Malefoy lui lança un regard surprit puis aperçut son insigne de préfète.
« Non, c'est pas moi ! Nia-t-il avant même de savoir ce dont on l'accusait.
- Euh... s'étonna Sarah. De une, tu viens toi-même de te dénoncer et ensuite je ne venais pas te punir, se reprit-elle finalement.
- Quoi donc ? Demanda-t-il, surpris.
- Eh bien, je viens juste saluer mon cousin ! S'exclama Sarah. »
C'était maintenant évident, cette fille était complètement folle. Scorpius la regarda avec compassion, quoiqu'un peu effrayé. Et, à bien réfléchir, agacé, aussi. Pourquoi c'était lui qui payait les frais alors qu'elle avait tout de même des amis pour ça ?
« Tu vas bien ? Demanda-t-il de sa voix traînante après avoir émit un claquement de langue agacé.
- Très bien, merci de me le demander, cousin ! Sourit Sarah, semblant s'amuser du désappointement de son camarade.
- Bon, tu m'expliques ? S'énerva finalement le blond.
- Ma mère est la sœur de la tienne, expliqua Sarah.
- Tu dois faire erreur, s'énerva Scorpius. Ma mère est fille unique. Elle n'a pas de sœur ! Argumenta-t-il.
- Ah non ? S'étonna Sarah. Et qu'est-ce que tu dis de ça ? Interrogea-t-elle en lui mettant sous le nez l'arbre chronologique de la famille Greengrass. »
La réaction de Scorpius ne se fit pas attendre. Apprenant l'existence d'une certaine Daphné, il sentit sa peau blêmir. Pourquoi, par Merlin, sa mère ne lui avait-elle pas dit qu'elle avait une sœur ? À cette question il ne voyait que deux, voire trois solutions.
« Ma mère ne m'en a jamais parlé probablement parce qu'elle est morte et que la douleur lui est insupportable, énuméra-t-il, ou qu'elle a été déshéritée. Ou alors, réfléchit-il, elle n'a jamais existé et le livre a fait une erreur.
- J'espère bien que tu te rends compte de la bêtise que tu viens de dire ? Soupira Sarah. Tu penses bien que ce livre a été vérifié une bonne dizaine de fois, si ce n'est plus.
- Très bien, alors l'une des deux autres raisons est la bonne, annonça nonchalamment Scorpius, ne semblant pas penser une seule seconde que Sarah puisse bel et bien être sa cousine.
- Scorpius, interrompit Mandy Curtis, une fille de son année. Pourquoi t'obstines-tu à croire que ce que Sarah dit est faux ?
- Parce qu'il est absolument impensable que ma mère ne m'ait rien dit ! S'écria Scorpius, à bout de nerf.
- Alors, de une, il est tout à fait probable que ta mère ne te dise pas tout sur sa vie, et de deux, tu vas baisser d'un ton immédiatement si tu ne veux pas une retenue ! Menaça froidement Sarah en exhibant fièrement son insigne.
- Mais elle me l'aurait dit, non ? Se calma finalement Scorpius.
- Eh bien il faut croire que non, rétorqua Sarah. Et si tu ne me crois pas, parles à ta mère d'une certaine Daphné Greengrass et attends de voir le résultat. Maintenant, je te laisse, disposa-t-elle. »
Scorpius ne se le fit pas dire deux fois. Sans plus tarder, il saisit un parchemin neuf et commença à écrire d'une écriture droite et soignée.
« Mère,
Une de mes camarades, une dénommée Sarah Feli, m'a évoqué aujourd'hui l'existence d'une sœur que tu aurais, et qui serait soi-disant sa mère. Si elle existe, pourquoi ne m'as-tu jamais parlé de Daphné Greengrass, maritalement renommée Feli. On oublie pourtant rarement sa sœur ! Pourrais-tu m'apporter un complément d'information, ou un témoignage ? Le pire, dans tout cela, c'est que je ne peux pas prétendre que c'est une illuminée vu qu'elle m'a présenté une preuve incontestable : un arbre généalogique ! J'attends ta réponse avec impatience.
Scorpius. »
La réponse ne se fit pas attendre, puisqu'il ne fallut que trois heures à la chouette des Malefoy pour apporter la lettre.
« Bonsoir Scorpius,
Daphné Feli, dis-tu ? Te serait-il possible de recueillir le plus d'informations possible au sujet de ce qu'elle est devenue ? En effet, c'est ma sœur. T'expliquer pourquoi je ne te l'ai pas dit serait trop laborieux alors nous attendrons de nous voir, aux vacances de noël.
Astoria,
PS : Dis bonjour à ta cousine pour moi. »
Dès qu'il eut reçu la lettre, Scorpius ouvrit de grands yeux ébahis puis, lorsqu'il se fut remis, s'empressa d'obéir aux ordres de sa mère. Le couvre-feu était déjà dépassé mais la préfète avait pour habitude de rester tard le soir dans la salle commune. Il descendit les escaliers de son dortoir et rejoignit les fauteuils de cuir vert autours de l'une des deux cheminée principale.
« Tu as quelque chose à me dire ? Demanda Sarah quand elle se rendit compte qu'il était devant elle depuis déjà quelques secondes sans ouvrir la bouche.
- Apparemment, tu avais raison, marmonna-t-il.
- Naturellement, affirma crânement Sarah, faisant pouffer Sasha.
- Où vis ta mère ? Demanda Scorpius sans préambule.
- Pourquoi ? Interrogea Sarah, méfiante.
- Comme ça, marmonna le blond.
- Pour que vous puissiez la déshériter officiellement ? S'énerva Sarah. Il n'en est pas question !
- Très bien, renonça Scorpius. »
Il se rendait compte, un peu tardivement, qu'il avait peut-être mis les pieds dans le plat. Pour récolter des informations, c'était un peu raté. Il n'avait réussi qu'à braquer la préfète contre lui. Elle en avait de bonnes, sa mère, mais que pouvait-il récolter comme informations ?
« Tu es vraiment très pessimiste, dit-il en partant.
- Yep, et fière de l'être ! S'exclama Sarah, tout sourire. »
Elle était un peu bipolaire sa... cousine. Et puis, maintenant qu'elle connaissait le nom de famille, il serait facile à Astoria de retrouver le logement de sa sœur. Il envoya à sa mère une lettre l'informant de son manque d'informations.
Une semaine plus tard, Sarah reçut de sa mère une lettre pour le moins étrange :
« Coucou chérie,
Puisque tu en es la responsable, je suppose que tu sais que j'ai une sœur qui s'appelle Astoria, n'est-ce pas ?
Quoiqu'il en soit, il s'avère que, en rentrant à la maison hier après-midi, j'ai retrouvé Astoria dans le salon en train de taper du pied, semblant m'attendre. Ensuite, elle m'a sauté dans les bras en me hurlant dessus, me faisant la moral comme jamais elle ne l'avait fait. Si j'avais su que notre retrouvaille se passerait comme ça, crois-moi, je l'aurais fait depuis longtemps. Quand je pense à tout ce temps que j'ai perdu. J'ai toujours eu peur de la réaction de ma famille mais j'aurais du deviner qu'Astoria n'était pas comme ça. Elle a toujours été si compréhensive ! Elle m'a blâmée un nombre incalculable de minutes mais je sais qu'au fond elle comprend mon choix. Je te parlerai de ça une autre fois, en face à face.
Maman. »
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On était vendredi, près de deux semaines après Halloween. Jeanne Delaware rentrait de sa journée de travail. Elle avait la rude tâche d'assister son mari dans ses affaires. Ils possédaient tous deux une fameuse entreprise de fabrication de potions, de renommée mondiale. Malheureusement, son mari était vieillissant et toutes les tâches lui revenaient désormais. Jean-François approchait les soixante-cinq ans et son corps âgé ne supportait plus les rythmes de travail qu'il s'imposait auparavant.
Les elfes de maison avaient préparé le dîner et son mari l'attendait dans le petit salon. Tous deux s'assirent à table et commencèrent à parler de l'actualité.
« La nouvelle réforme n'est pas acceptée par tous les employés, expliquait gravement Jeanne. Le but était de gommer les inégalités entre les différents membres mais les employés qui ont les plus grands revenus sont complètement opposés à l'idée et ils ont tellement d'influence...
- Ne t'inquiète pas, ils s'en remettront. Tu y mets trop du tiens, tu t'empêches de vivre, la calma son mari.
- Tu as raison, se résigna Jeanne en se concentrant davantage sur le contenu de son assiette.
- J'ai un peu mal à la tête, dit-il soudainement.
- Ah bon ? S'étonna vaguement Jeanne, l'air ailleurs.
- Je vais aller me coucher, expliqua-t-il en sortant de table.
- Je te rejoins bientôt, ajouta Jeanne. »
Elle ressentait davantage de tendresse pour son mari que d'amour. Il s'agissait d'un mariage arrangé, et Jeanne se trouvait particulièrement satisfaite de cet arrangement. Comme elle l'avait prévu, elle se leva rapidement de la table et se prépara dans la salle de bain avant de rejoindre son mari dans la chambre. En tant que chef d'entreprise, Jean-François ne travaillerait pas le lendemain. En revanche, Jeanne devait se lever tôt pour assister à une association luttant contre la faim dans le monde.
Après une nuit assez courte, Jeanne se leva discrètement, laissant son mari dormir encore, et sortit rapidement hors du manoir. Rien n'était trop difficile pour cette femme d'à peine quarante ans. Lorsqu'elle fut arrivée, ses collègues de l'association lui assignèrent des tâches à accomplir. Après avoir travaillé toute la matinée, elle put déjeuner durant la petite pause qu'elle avait. Elle avait pour mission de distribuer des tracts qui inciteraient les gens à donner de l'argent, de la nourriture ou des vêtements aux nécessiteux. D'après son amie Cynthia, elle serait plus persuasive car Jeanne avait un visage harmonieux et très charmant. Après que sa pause fut terminée, la mère de Maelis reprit son travail et tendit aux passants les tracts magiques. Après deux heures, elle dut remplacer Dewey aux comptes. Ils avaient récupéré plusieurs vingtaines de Gallions, trois caisses de vêtements usagés et deux valises pleines de diverses choses. Aux alentours de dix-sept heures, elle aida à replier bagages et rentra enfin chez elle. Dès qu'elle eut pénétré dans la maison, elle se rendit compte que quelque chose clochait les rideaux étaient tous fermés, plongeant le salon principal dans le noir. Jean-François, adorant la lumière, les ouvrait toujours le matin dès son réveil. De plus, il semblait que son mari ne s'était pas du tout réveillé, n'avait rien fait aujourd'hui. Tout était impeccable, à l'identique de ce qu'elle avait laissé en partant le matin même. Avec appréhension, elle pénétra précautionneusement dans sa chambre en faisant le moins de bruit possible. Le vieil homme était allongé en position fœtale et avait le visage paisible. Jeanne s'approcha doucement de son mari et ôta la couverture. Aucun mouvement. Elle s'assit au bord du lit et secoua doucement l'épaule de son époux. Elle était inexplicablement rigide. Jeanne s'inquiéta : avait-il refait un infarctus ? Plus il vieillissait, plus Jean-François était sujet aux troubles cardiaques. Elle murmura doucement son nom, essayant de le réveiller. Très inquiète, elle se décida à laisser son mari seul quelques instants, saisit la poudre de cheminette, en lança une poignée dans la cheminée du salon bleu et prononça distinctement « Hôpital Sainte-Mangouste ». Quelques secondes de tournoiement plus tard, elle arriva enfin au lieu souhaité et s'empressa de rejoindre le guichet d'urgence. Il y avait une longue queue. Affolée, Jeanne ne savait que faire. S'apercevant de son état, un des hommes du guichet s'avança vers elle. Il était très élégant dans son habit de guérisseur secouriste et ne semblait pas avoir plus de quarante-cinq ans.
« Que puis-je pour vous, Madame ? S'enquit-il gravement, se doutant quelque peu de la situation.
- Je... je vais attendre, comme tout le monde, balbutia Jeanne. Ils ont peut-être besoin de vous...
- La plupart de ces personnes sont là pour des broutilles, assura-t-il. Vous semblez avoir besoin d'aide. »
Alors qu'elle allait inciter cet homme à respecter l'ordre d'arrivée de tout le monde et de ne pas faire de préférences, une petite voix en elle retentit. Elle qui avait toujours refusé l'égoïsme, il y avait désormais la vie de son mari entre ses mains. C'était comme si il l'appelait. Elle l'avait laissé seul trop longtemps.
« Oui, bredouilla-t-elle. »
Ils empruntèrent la cheminée à nouveau et avancèrent vers la chambre. Jeanne marchait comme un robot, vidée de son énergie, et voyait les choses autours d'elle comme si elles n'existaient pas. Cette photo représentant leur mariage attira cependant son attention. Le sang pulsait dans ses oreilles à un rythme effréné.
Les parents de Jeanne avaient toujours trouvé la vie française plus sophistiquée. De là venait d'ailleurs son prénom. Elle était issue d'une famille dont tous les membres avaient fait leurs études à Serdaigle. Jeanne avait dérogé à la règle le choixpeau l'avait envoyée à Poufsouffle. Pas qu'elle ne soit pas suffisamment intelligente, au contraire, mais il y avait en elle une telle bonté que cette qualité avait surpassé toute son intelligence. À partir de ce moment-la avait commencé la décadence. Déjà, elle n'avait pas été répartie dans la bonne maison mais, en plus, elle n'avait pas semblé regretter ce fait. Jeanne avait eu d'excellentes notes. Elle avait même été la meilleure de tous, de tous ceux de son année. Elle avait réussi à faire cesser les racontars, à faire remonter Poufsouffle dans l'estime populaire. Du moins durant sa dernière année. Les années précédentes, personne n'avait jamais fait attention à elle, trop obnubilé par Harry Potter, le Survivant, son aîné d'un an.
Jeanne avait aimé un homme. Il l'avait aimée en retour. Malheureusement, ses parents lui avaient organisé un mariage avec un veuf riche, Jean-François. Alors qu'elle était détruite par cet arrangement, Jean-François s'avéra être la seule figure fraternelle qu'elle ait jamais eu. Il avait été le seul à lui témoigner de l'affection, le seul à avoir su panser la déchirure de son cœur. Et maintenant, il partait.
Le guérisseur secouriste faisait l'examen de Monsieur Delaware. Il le laissa en position fœtale, pour qu'il ne s'étouffe pas avec sa langue, tâta son corps, testa la rigidité de ses muscles et enfin lui prit le pouls.
Jean-François était allongé dans le grand lit carmin, replié sur lui-même. La chambre était d'un blanc éclatant, avec çà et là quelques ornements rouges, la couleur préférée de Jeanne. Il y avait du parquet sur le sol, et des cadres pleins de photos sur le buffet en ébène. Il y avait une grande fenêtre murale dont la lumière était atténuée par un rideau blanc et fin. C'était Jean-François qui avait insisté pour ne pas investir dans un rideau plus opaque lui qui aimait tant le Soleil voulait se réveiller au même rythme que sa lumière.
Le Guérisseur la regarda avec appréhension et, d'une voix affreusement rauque et emplie de compassion, il émit distinctement trois mots qui sonnèrent comme le glas :
« Il est mort. »
ooo
Bouhouhou, je ne sais pas faire des passages tristes... c'est bête.
Vos reviews sont la plus grande des motivations alors n'hésitez pas, que ce soit positif ou négatif.
Je crois que j'avais quelque chose d'autre à dire mais j'ai oublié :-P
Ce chapitre est un peu plus court mais j'espère qu'il vous plaira quand même !
Bisous !
