Hi Everybody.
Un tout nouveau chapitre, tout frais, tout beau, vous attend ci-dessous. Celui-là est un peu plus long que les autres.
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Anthracite
Du haut des marches, serrant dans une main la bouteille de Whisky pur feu Jack Daniel's et dans l'autre le flacon contenant la potion anti-stress endormissante, Bellatrix contemplait l'escalier spacieux qui grimpait vers la salle commune de Serpentard plongé dans la pénombre.
Elle avait entamé le whisky dans sa chambre et même avalé une première gorgée de la potion, puis avait aussitôt songé que Narcissa ne devait surtout pas être la première à la trouver. Elle entendit d'ici son effroi pour la réputation familiale, ses hurlements perçants, excessifs. Elle préférait de loin qu'un inconnu de retour de vacances la découvre dans la salle commune.
Elle vacilla légèrement et frôla la rampe de l'escalier elle n'avait pourtant pas l'impression d'être ivre. Dès que son pied toucha la terre ferme du palier, la jeune fille fut brutalement ramenée à la réalité. Elle demeura un instant immobile, puis traversa le vestibule, en direction de la porte en arcade.
D'une élégance victorienne défraîchie, la longue pièce servait de salle commune. Sensible au fardeau du passé qui imprégnait les lieux, Bellatrix, s'arrêta sur le seuil. Derrière des étagères encastrées dans des pans de mur teints en verts foncés, on avait balafré ces derniers de graffitis. Une cheminée sculptée se trouvait à moitié cachée par un assemblage de vieux canapés défoncés, deux espaces distincts selon que l'on voulait travailler ou se détendre. Quelques lampes hideuses à l'abat-jour vert répandaient une lumière tamisée sur le pourtour de la pièce. Elles étaient toujours allumées, à la manière de veilleuses, peut-être pour guider les étudiants soûls qui rentraient tard dans la nuit.
D'un pas mal assuré, Bellatrix traversa la pièce qui lui semblait immense. Ses chaussures s'enfonçaient dans le tapis élimé. Elle s'arrêta près de la cheminée et, frappée d'inertie, se laissa glisser dans un confortable fauteuil rembourré qui l'engloutit aussitôt.
Le regard perdu dans l'âtre vide, elle déboucha la bouteille de whisky pur feu et avala d'un trait une grande gorgée. Le liquide ambré qui la parcourut à toute allure lui fit l'effet d'une brûlure. Elle refoula quelques larmes et but à nouveau. Elle s'enfonça davantage dans le fauteuil, le corps pesant, et examina d'un air rêveur le flacon en verre qui reposait dans sa main. Elle l'agita légèrement. Bientôt libre.
Bellatrix posa la bouteille à ses pieds et déboucha le flacon avec peine. Elle se redressa légèrement et prit une profonde inspiration. Un vers noté dans une large de son manuel d'Histoire ancienne, flottait dans son esprit : « J'aime, je brûle, et seul l'amour pourra apaiser le feu ardent… »
Elle déglutit, la gorge douloureuse, puis porta la potion à sa bouche.
A l'autre bout du salon, quelqu'un toussa.
Bellatrix se redressa d'un bond. Au fond de la pièce, dans la pénombre, elle distingua un jeune homme mince et pâle il était incliné devant un des bureaux, plusieurs piles de livres éparpillées autour de lui.
Le choc fût tel que son ivresse se dissipa sur-le-champ et, malgré son trouble, reconnut son visage : le garçon qui courait comme un lapin, celui qui suivait le même cours de divination qu'elle hier matin. Et sans pouvoir se l'expliquer, un nom lui traversa l'esprit soudain : Severus.
Elle referma la main sur la potion et la glissa derrière son dos.
_ Je croyais que… j'étais seule ici…, dit-elle avec embarras.
Severus la détaillait sans rien dire. Avait-il deviné ce qu'elle s'était apprêtée à faire ? Avait-il toussé exprès ? Pour l'avertir de sa présence, ou bien pour l'arrêter ? A cette idée, elle se sentit rougir.
Dans la pénombre, ses yeux restaient invisibles. Comment savoir ce qu'il avait en tête ? Bellatrix lança des coups d'œil désemparés autour d'elle et s'arrêta sur les ouvrages empilés devant lui. Tous étaient de l'étude des potions. Mais aucun ne figurait sur la liste de lectures obligatoires pour le cours. Sûrement un passionné, se dit-elle. Afin de donner un tour moins insolite à la situation, elle chercha ses mots et tâcha de ne pas parler d'une voix trop pâteuse :
_ Je t'ai aperçu dans la salle de divination.
_ En interprétation ?, demanda-t-il en la regardant fixement.
Elle ne comprit pas immédiatement sa question et cligna des paupières.
_ Oh… j'en sais rien… se reprit-elle. C'est pas ma matière principale… Je suis les cours, c'est tout.
Severus lui adressa un coup d'œil indifférent puis, sans rien ajouter, se replongea dans son livre.
Bellatrix eut le sentiment d'avoir été congédiée. Elle lui tourna le dos, reboucha d'une main moite la potion et le glissa discrètement dans la poche de sa jupe. Elle lança un coup d'œil à Severus, tout entier à sa lecture. Elle avait envie de s'enfuir, mais ne savaient si ses jambes pourraient la porter jusqu'à la porte, qui semblait hors d'atteinte. A court d'idées, elle balaya la pièce du regard et avisa la cheminée obscure. Un feu. Pourquoi pas ? Ca, au moins, j'en suis capable.
Prenant appui sur l'accoudoir du fauteuil, elle s'agenouilla devant l'âtre en pierre noirci par la fumée, prit quelques bûches qui étaient entassées dans un panier et les disposa avec soin sur les barres de métal au centre du foyer. Elle jeta un regard furtif en direction de Severus, mais le garçon paraissait avoir bel et bien oublié sa présence.
Me voilà invisible, une fois encore, songea-t-elle avec tristesse. Oubliée.
Tandis qu'elle coinçait du papier journal entre les bûches, une torpeur mélancolique l'envahit à nouveau, mais ses gestes l'obligèrent à rester éveillée. Elle s'accroupit et chercha des yeux une boîte d'allumettes.
Juste derrière elle, à hauteur d'oreille, une voix s'éleva :
_ Prends ça.
Interloquée, Bellatrix se tourna. Un jeune homme était étendu de tout son long sur un canapé défoncé en similicuir, un livre relié en cuir ouvert sur la poitrine. Il ne se redressa pas, se contentant de la scruter froidement de ses yeux sombres et ternes, un briquet à la main.
_ Bon sang. Je t'avais pas vu, dit Bellatrix dans un souffle.
_ Fallait mieux regarder, lança-t-il impassible.
Bellatrix dut se résoudre à tendre le bras pour prendre son briquet, qu'elle alluma et approcha du papier journal. Sa main trembla.
A son grand soulagement, le feu prit très vite.
Tâchant d'agir avec naturel, elle rendit son briquet au garçon. Il le garda à la main, sortit de sa poche de chemise un paquet de cigarettes tout froissé et, sans un mot, le tendit à Bellatrix, qui fit non de la tête. Il en alluma une et se mit à fumer, sans lui prêter aucune attention.
Elle posa à nouveau les yeux sur les flammes dansantes. Plus tôt dans la soirée, la présence de la maison l'avait presque rassurée, mais ce sentiment s'était évanoui pour céder la place à une angoisse mêlée d'une certaine méfiance envers ces deux intrus elle se sentait aussi un peu honteuse. Le salon silencieux, qu'elle avait pris pour un lieu paisible et protecteur, grouillait en réalité d'une foule de gens et elle était à présent coincée ici, à essayer d'oublier qu'elle était descendue là pour… Elle se hâta d'écarter cette idée, malgré le flacon de potion qu'elle sentait tout contre sa cuisse, et jeta un coup d'œil discret à la bouteille de whisky par bonheur dissimulée derrière le fauteuil. Elle ne croyait pas que les garçons l'avaient vue faire – encore aurait-il fallut qu'ils s'en soucient.
Elle regarda à la dérobée celui qui était sur le canapé. Les yeux dans le vague, il avait l'air préoccupé, absorbé. Un beau visage. Aux traits si réguliers, presque nobles.
Il avait de longs bras et des cheveux couleur charbon impeccablement peignés. Elle ne pouvait se détacher de la sensation qu'elle l'avait déjà vu. Une vision aux contours très nets traversa l'esprit de Bellatrix - le teint pâle, chevelure sombre et regard envoûtant. Elle en eut la certitude, il était le préfet de serpentard.
Fascinée, elle observa le jeune homme, grand et mince la pâleur de son visage, ses yeux noirs mais qui tiraient sur une couleur étrangement rouge, et ses cheveux mi-longs lui donnaient l'air d'un… revenant. Mais surtout, il avait l'air d'un grand sorcier, songea-t-elle, c'était ses mains qui lui en donnaient l'impression. Un sorcier manie sa baguette par ses mains. Ses paumes étaient larges, presque trop grandes pour son corps souple, mais elle voyait à sa façon de tenir sa cigarette, que ses doigts étaient vivants, ses gestes mesurés, précis et élégants.
Elle leva les yeux et vit qu'il la dévisageait avec sérieux ; les joues de la jeune fille s'empourprèrent aussitôt. Avant même de pouvoir échanger un mot, ils furent interrompus par une voix au timbre chaleureux qui retentit depuis l'entrée du salon – une voix qu'elle connaissait bien.
_ Salut, les orphelins ! Joyeuse fête de Thanksgiving.
Bellatrix, stupéfaite, sentit son cœur s'emballer en voyant Lucius débarquer dans la pièce vêtu d'un sweet bleu marine et d'un survêtement, il tirait derrière lui une énorme glacière montée sur des roulettes grinçantes. L'autre garçon secoua à peine la tête avant de se replonger dans son livre. Au fond de la pièce, Severus se raidit, puis courba davantage le dos sur ses livres, tandis que Lucius traversait le salon d'un pas incertain en direction du vieux poste de retransmission magique.
_ Que le match commence !
Dès qu'il aperçut Bellatrix agenouillée devant la cheminée, il s'arrêta net et une expression indéfinissable passa sur son visage. Il semblait tout aussi surpris qu'elle.
_ Salut Bella ! Toi non plus, t'es pas partie ? demanda-t-il en affichant un air un rien coupable.
Bellatrix repensa au sac marin qu'il portait sur l'épaule le jour précédent ainsi, il avait fait semblant de quitter Poudlard avec Narcissa… Il est resté mais ne veut pas qu'elle le sache.
D'une chiquenaude, le garçon ouvrit la glacière et y plongea la main pour en sortir une bière-au-beurre dégoulinante qu'il tendit à Bellatrix avec un geste galant.
_ Bois-moi ça, lança-t-il d'un ton sans réplique. J'ai déjà une bonne longueur d'avance.
La jeune fille secoua légèrement la bouteille couverte de gouttelettes de glace fondue et se servit du bord de son pull pour la dévisser. Consciente d'être observée, elle but trop vite, mais la bière la réchauffa en un instant. Elle s'assit contre le bas du fauteuil et fut frappée de constater que ses idées noires battaient en retraite. Le feu brûlait avec ardeur et, dans la pièce à présent remplie de garçons, il lui semblait que de nouveaux horizons s'ouvraient à elle.
Lucius attrapa sa baguette et d'un mouvement fluide du poignet alluma la connexion. Le match allait commencer et le son envahit la pièce à plein volume tandis que des joueurs en trois dimensions prenaient forme à l'intérieur d'un cadre métallique. Agacé, Severus releva la tête. Lucius se tourna aussitôt vers lui.
Il a des yeux dans le dos, se dit Bellatrix, qui avait déjà eu l'occasion de s'en faire la remarque.
_ On te dérange pas trop, grand chef ? demanda-t-il à Severus d'un ton aimable.
Tous savaient que le Quidditch allait être à l'ordre du jour – personne n'allait pouvoir y couper. Severus, le visage éclairé par la lumière de la lampe de bureau fit mine de ne pas l'entendre et reprit sa lecture. La bonne vieille hostilité entre intellos et sportifs, songea Bellatrix. Elle but une nouvelle gorgée de bière-au-beurre, mais l'amertume de la mousse la fit grimacer.
Lucius, qui cherchait visiblement à attirer l'attention du Préfet étendu sur le canapé, adressa un clin d'œil à Bellatrix, qui rougit, et haussa la voix.
_ Le Nebraska contre le Minnesota ! Qui prend les paris ?
_ Sans moi, répondit l'autre, en daignant à peine lever la tête de son livre, sa plume grattant le papier.
Lucius l'observa de plus près et parut le reconnaître.
_ Tu es le Préfet, pas vrai ?
_ Non. Préfet-en-chef, rétorqua le garçon d'une voix sèche et sans timbre.
_ Comme tu veux, mec, concéda Lucius en lui décochant un sourire décontracté.
Mieux vaut ne pas faire de connerie, où on risque d'être tous consigné, pensa Bellatrix. Le blond coupé court sortit une autre bouteille de la glacière et la lança en direction du canapé. Le Préfet la rattrapa d'une seule main, avec dextérité. Bellatrix, qui savait que cette manœuvre était une épreuve typiquement masculine, un test visant à déterminer l'habileté du jeune homme, fut contente que ce dernier l'ait réussi. Pourtant, celui-ci avait un regard sombre, presque dangereux quand il l'avait rattrapé.
_ Et toi, ça te dit, mon pote ? Tu te mets de la partie ? reprit Lucius en agitant une bière dans la direction de Severus.
Ce dernier, sans relever la tête, se contenta de pousser un soupir qui en disait long. Lucius s'installa alors dans un large fauteuil face à la télévision, puis considéra Bellatrix, assise par terre près du feu et se pencha soudain vers elle – si près qu'elle en eut le vertige, saisissant au vol une odeur de bière et d'après-rasage.
_ Narcissa a pas à savoir ça, tu vois ce que je veux dire ? Je… c'est juste que j'avais pas envie de rentrer chez moi, ajouta-t-il avec sérieux, les yeux suppliants.
Elle éprouva pour lui un élan de sympathie – le désir de le protéger. Elle savait ce que c'était. Elle non plus n'avait aucune envie de rentrer. Elle leva son visage vers lui et, à son regard, vit qu'il la comprenait. Une intimité muette échangée, qui la laissa tout étourdie. Au même moment, une voix féminine les interpella depuis l'entrée du salon.
_ Tiens tiens… sur quoi je tombe ? C'est l'île des âmes errantes, ici ?
Bellatrix se retourna à contrecœur.
La fille de la salle de bains, Mary ou plutôt Mimi, se tenait appuyée contre le chambranle de la porte, dans une pose sensuelle, les yeux charbonneux, son pull effiloché et sa minijupe dévoilant des kilomètres de peau nue. Bellatrix, l'esprit embrumé, n'était pourtant pas étonnée de la revoir. Depuis l'instant où elle l'avait croisée, elle avait eu le pressentiment qu'elles se retrouveraient.
Mimi s'écarta de l'embrasure de la porte et traversa la pièce d'un pas tranquille, en étouffant un bâillement. Elle s'approcha du fauteuil de Lucius, se pencha vers lui et désigna sa bière du doigt.
_ Tu m'en ouvres une ?
Il s'exécuta et lui tendit une bouteille avec un sourire indolent, comme s'il trouvait la situation amusante. Mary lui effleurait la main et laissa ses doigts s'attarder sur les siens. Bellatrix, qui s'en était aperçue, comprit qu'avec cette fille dans la pièce, elle n'avait plus la moindre chance d'attirer l'attention de quiconque elle se sentit mise à l'écart, une nouvelle fois vouée à l'oubli. Mary s'éloigna de Lucius et examina avec insistance le grand garçon aux cheveux d'un noir profond, qui lui jeta un regard indifférent.
_ T'as pas une clope ?
Le garçon lui lança son paquet.
_ Madame a-t-elle besoin d'autre chose ? ironisa Lucius.
Mimi coinça une cigarette entre ses lèvres et lui sourit d'un air énigmatique. Elle expira une bouffée.
_ T'inquiète, je manquerai pas de t'en informer, lui répondit-elle en braquant ses yeux sur lui.
Bellatrix revoyait les longues cigarettes raffinées que sa mère fumait, dans les rares moments où elle était sobre, et les gros cigares de son père. Mary relança le paquet à son propriétaire et se mit à déambuler dans la pièce avec nonchalance - elle devait être sous l'emprise d'une drogue, Bellatrix en était persuadée.
Mary se dirigea d'abord vers le bureau de Severus et, sans dire un mot, l'observa attentivement, avant de se pencher pour examiner ses livres. Le garçon, visiblement gêné par cet examen, se crispa, mais la jeune fille s'éloigna de lui en silence. La cigarette à la main, elle revint sur ses pas, s'approcha de Bellatrix et la jaugea un long moment. Un regard si direct que Bellatrix blêmit.
_ T'habites au même étage que moi. Ils t'ont collée avec cette pétasse…
_ Hé là ! De qui tu veux parler ? réagit Lucius.
Bellatrix surprit une lueur malicieuse tapie dans les pupilles de Mary – et saisit que cette dernière prenait un malin plaisir à faire enrager le garçon… Elle joue avec le feu.
_ Du calme, cow-boy. Je suis sûre que c'est une fille super sympa… malgré tout le reste… répondit-elle en le dévisageant d'un air ingénu.
Le brun, depuis son canapé, s'empara de sa baguette et monta le volume un geste machinal, destiné à couvrir le bruit de la dispute, qui en disait long sur son expérience de la vie en collectivité.
_ T'es pas censée être Mainline, en train de donner un cours ? lança Lucius d'un ton belliqueux.
L'allusion choqua Bellatrix qui sentit ses joues s'empourprer. Le Mainline était un motel discret et décrépi situé à la périphérie de Pré-au-Lard, fréquenté par les étudiants en quête d'un peu d'intimité. Un lieu dont le nom à lui seul la faisait frémir de volupté. En revanche, Mary ne parut nullement désarçonnée par ce sous-entendu.
_ Justement, j'en reviens, riposta-t-elle d'une voix sirupeuse. Et j'y ai vu ta petite demoiselle qui défilait devant l'équipe de Quidditch au grand complet.
Bellatrix vit le cou de Lucius se raidir et les muscles de son dos saillir sous son polo. Elle est allée trop loin, se dit-elle avec inquiétude, sachant de quoi le garçon était capable quand il piquait une colère. Il s'avança vers Mary mais Bellatrix s'interposa sur-le-champ et leva les yeux vers le visage furibond de Lucius.
_ Elle ne connaît pas Narcissa. Elle cherche juste à s'amuser.
Le brun dirigea ses yeux de serpent sur elle et lui jeta un regard légèrement intrigué.
_ La petite souris rugit, maintenant ? J'aurais pas cru que vous étiez copines, la Narcissa et toi, lança Mary en s'adressant à Bellatrix.
Elle la dévisagea d'un air calculateur, puis lui lança un sourire en coin qui semblait dire qu'elle avait saisi ce qui se tramait entre elle et Lucius.
_ C'était juste un petit jeu, mon chou… susurra-t-elle en se rapprochant furtivement du garçon.
Elle fit mine de lui caresser la joue mais s'esquiva avant qu'il ait le temps de réagir. Hors de portée, elle sortit de son corsage une petite boîte émaillée.
_ De l'Aconit ! Quelqu'un en veut ? demanda-t-elle avec gaieté.
Lucius, chez qui le dégoût l'emportait déjà sur l'irritation, lui tourna le dos, s'affala à nouveau devant la télévision et prit une autre bière qu'il but d'un trait.
Après avoir avalé un morceau, Mary parcourut la pièce d'un long regard circulaire, en quête d'une nouvelle proie. Elle fixa son attention sur Severus, toujours silencieux. La jeune fille se rapprocha lentement, les yeux brillants d'impatience et s'arrêta devant lui, son ventre dénudé à hauteur des yeux du garçon.
_ T'as pas envie de faire la fête, toi aussi ? s'enquit-elle d'un ton radieux.
La mâchoire de Severus se crispa mais, imperturbable, il poursuivit sa lecture. Bellatrix éprouvait pour lui un sentiment vague, presque de l'affection. Lisa se pencha de manière suggestive en le frôlant de sa poitrine, et fit semblant de s'intéresser à ce qu'il étudiait.
_ Des potions ? …
Severus leva vers elle un visage impassible.
_ Il serait peut-être temps que tu mettes la main à la pâte, non ? ajouta-t-elle d'un joli sourire en agitant devant ses yeux la petite boîte émaillée.
Dehors, le tonnerre gronda et un éclair illumina la pièce d'une clarté blanche et bleutée depuis l'entrée de la pièce qui pourtant était sous terre. Une nouvelle averse s'annonçait :
_ Oh, bon dieu ! marmonna Mary avec agitation.
Cette fois, son trouble n'était pas feint. D'un pas ferme, elle se dirigea droit vers le mur er jeta dessus qu'elle se mit à tambouriner de la main.
_ Si ça s'arrête pas, je crois que je vais devenir folle ! s'écria-t-elle.
_ Folle ? Elle l'est pas déjà? murmura tout bas le jeune Préfet.
Bellatrix, qui l'avait entendu, éprouva tout de même une pointe de sympathie pour l'autre fille.
Un autre roulement de tonnerre les fit sursauter au même moment, les lampes et la retransmission magique s'éteignirent et la pièce se retrouva plongée dans le noir. Mary poussa un cri les autres, effrayés, retinrent leur souffle un instant. Soudain tous éclatèrent de rire.
A la lueur du feu de cheminée, Bellatrix contemplait les visages de ses compagnons. Le salon baignait dans une atmosphère chaleureuse, amicale. Tous avaient baissé la garde et, comme par miracle, le nœud d'angoisse qui oppressait Bellatrix s'était desserré. Les rires s'évanouirent et les cinq jeunes gens se regardèrent tour à tour.
_ Voyons si ça revient… suggéra le Préfet.
Ils attendirent quelques minutes, le reflet des flammes ondulant sur leurs visages. Mais la pièce resta dans l'obscurité et le poste de retransmission muet.
_ J'y crois pas ! Le Minnesota allait marquer… se plaignit Lucius.
_ C'est pas de veine, mon vieux, fit remarquer l'autre garçon.
_ Bon, puisque nous sommes tous réunis ici, mesdames messieurs, qu'allons-nous bien pouvoir faire dans le noir ? dit Mary, un sourire malicieux aux lèvres.
Lucius retira de sa poche arrière un petit sachet de plastique rempli d'herbe, d'où il sortit du papier à cigarette.
_ Tenir bon.
Il y a un problème d'époques : Tom Jedusor n'a jamais été à Poudlard en même temps que Lucius ou Severus.
Ma fic ne respecte pas les dates originelles instaurées par J.K Rowling, désolée. En espérant que ça vous choque pas trop.
Don't forget to put the blue button! Txs a lot.
A.
