NOTE DE L'AUTEUR/ (pour se remettre dans l'ambiance, mieux vaut lire quelques passages des chapitres d'avant)
Le chiffre 11 est mon chiffre fétiche. Et comme je suis de bonne humeur, j'ai cru bon de le souligner pour ce chapitre n°11 !… Alors j'ai mis la dose. Je crois que ça faisait longtemps que vous l'attendiez ce chapitre, alors ladys and gentleman j'ai l'honneur de vous présenter le chapitre... 11!
Il est grand, il est beau, il est magnifique.
MUWAHAHAa. Bref.
… A vos marques... Prêt ? Bonne lecture.
La porte de la chambre de Tom s'ouvrit lentement sur le couloir plongé dans le noir. La silhouette massive de Lucius s'encadra sur le seuil. La baguette semblant être le prolongement de sa main - il regarda d'un côté puis de l'autre.
Personne.
Il remarqua à mi-parcours, une armoire posée le long du mur qui pouvait dissimuler quelqu'un. Lucius considéra le meuble et lança un coup d'œil à Severus, qui acquiesça, la mine sévère. Les quatre jeunes gens sortirent groupés. Lucius en tête, ne cessait de diriger ses yeux de droite et de gauche. Toujours pressés les uns contre les autres, ils avancèrent en direction de l'armoire. Lucius fit signe à ses compagnons de s'arrêter et, à pas feutrés, se rapprocha du meuble qu'il contourna précipitamment, la main crispée sur sa baguette, prêt à tirer. Bellatrix retint son souffle. Le garçon se détendit légèrement et se tourna vers les autres, leur indiquant qu'ils pouvaient le rejoindre.
Ils reprirent leur progression jusqu'à la porte qui donnait sur la cage d'escalier tandis que ses amis patientaient, Lucius vérifia que la voie était libre. Il leur fit à nouveau signe d'avancer et, sans un bruit, ils montèrent prudemment les marches – Lucius à l'avant, Severus fermant la marche, les yeux braqués sur l'étage supérieur. Ils paraissaient respirer avec difficulté, et leurs souffles résonnaient de façon anormalement forte dans la chambre d'écho que formait l'abrupte cage d'escalier. Bellatrix jeta un coup d'œil vers le haut des marches de béton. Ils étaient presque arrivés mais s'arrêtèrent comme un seul homme. Lucius inspira avant de lancer un coup de pied dans la porte palière qui s'ouvrit en allant claquer contre le mur du couloir. Baguette en main, il se précipita sur le palier, fit un tour complet sur lui-même, sur le qui-vive.
Nulle âme en vue.
_ C'est bon, chuchota-t-il en reculant vers ses compagnons.
Ils avancèrent jusqu'au grand escalier qui remontait vers le rez-de-chaussée.
_ On monte, murmura Severus d'une voix faible. Il faut l'obliger à venir jusqu'à nous.
Il s'interrompit la tête penchée vers le sol. Ses cheveux noirs cachaient son visage. Bellatrix suivit son regard et aperçut des éclats de bois sur la moquette.
Juste derrière eux, la porte s'ouvrit violemment. Terrorisés, ils firent volte-face. Une silhouette sombre surgit à toute volée de la cage d'escalier. Bellatrix entraperçut deux pupilles noires frappées de folie et le scintillement d'un sort fonçant dans les airs comme un éclair.
Dans un silence absolu, le tranchant du sort s'enfonça dans l'épaule de Severus. La jeune fille poussa un hurlement, puis un second, à la vue du garçon qui basculait en arrière et dégringolait les marches.
Lucius brandit sa propre baguette et jeta trois sorts rapides, mais l'attaquant fit brusquement demi-tour et se réfugia dans l'ombre d'un corridor latéral, pendant que les sorts vibrants de couleur se perdaient dans le mur. Le garçon attrapa Mary et l'entraîna dans la cage d'escalier, laissant Bellatrix seule, tétanisée, sur le palier. Elle les regarda partir et son cœur cognait à tout rompre. Elle baissa les yeux et vit le corps de recroquevillé de Severus qui gisait à terre, au fond de l'escalier.
D'un seul élan, elle descendit quatre à quatre la volée de marches et tomba à genoux près de lui.
/ / / /
Lucius et Mary s'étaient réfugiés dans les escaliers, blottis contre la porte, incapables de reprendre leur souffle, quand une voix tonitruante s'éleva au-dessus d'eux – un son étrange, sifflant et railleur qui se réverbérait dans l'espace-temps, paraissant traverser les cloisons.
_ Les enfants de la lumière auraient-ils peur ? Redouteraient-ils les ténèbres ?
Epouvantés, ils se retournèrent aussitôt et levèrent les yeux vers les étages d'au-dessus. L'écho de la voix résonna autour d'eux dans l'obscurité, puis fût suivi d'un ricanement âpre et rauque.
_ T'as envie de jouer, espèce de connard ? se mit à hurler Lucius, comme enragé. Moi aussi, je peux m'amuser, en t'envoyant un doloris dans ta petite tête vide !
_ Ne fais pas ça… chuchota Mary, affolée, le suppliant du regard.
Lucius la dévisagea. La jeune fille, le regard vitreux, était parcourue de violents frissons. Il lui saisit le menton et la fixa attentivement.
_ Descends, va rejoindre les autres. Si vous m'entendez pas crier que je l'ai chopé, vous foutez le camp d'ici.
_ Luc… non…, le supplia-t-elle, les yeux agrandis par la peur.
Il se pencha rapidement vers elle et l'embrassa brutalement.
_ Vas-y maintenant.
Tremblante, elle se laissa retomber contre le mur, tandis que le garçon s'engageait dans l'escalier, l'arme au poing.
/ / / / /
Severus était pâle comme la mort. Des veines bleues saillaient sur son front à moitié caché par ses mèches noires et du sang coulait en abondance d'une profonde entaille, située dans la partie supérieure de son épaule. Désemparée, Bellatrix le toucha avec précaution.
Au contact des doigts de la jeune fille, il s'agita. Quand elle le vit ouvrir les paupières elle poussa un soupir de soulagement.
_ Bon sang…
_ C'est pas…trop grave, parvint-il à dire. J'ai légèrement esquivé le coup.
Bellatrix ôta son blouson et l'enroula fermement autour de la blessure du jeune homme. Elle tremblait si fort qu'elle parvient tout juste à articuler :
_ Il faut que… je te fasse sortir d'ici…
/ / / / /
Lucius gravit les marches. La voix de Tom flotta jusqu'à lui et l'enveloppa, singulièrement méprisante il avait adopté un accent moqueur et strident, pareil au cri des loups en chasse.
_ Le grand garçon a lancé les sorts de son petit papa ?
A ces mots, il tressaillit, éprouvant le sentiment d'avoir été brutalement giflé. Il avait reconnu cette voix… une lueur de stupéfaction apparut dans son regard. Il braqua les yeux vers le haut de la cage d'escalier, où la voix d'un fauve susurra.
_ Viens faire du bien à ton petit Papa… comme j't'ai appris… et applique-toi, fiston, si tu veux pas que j'te fouette jusqu'au sang… articula Tom en baissant d'un ton, tandis que son timbre se faisait guttural, bourru.
Un rire se mit à retentir dans toute la montée d'escalier.
Lucius, enragé, étouffa un grognement et grimpa les dernières marches à toute allure. Il déboucha sur le palier du premier et pivota sur lui-même, tenant la baguette des deux mains, les bras tendus devant lui.
Le ricanement s'était brusquement tu. Le couloir silencieux était, à l'exception de la lueur provenant du rez-de-chaussée qui se reflétait sur les marches de l'escalier et d'une lueur bleuâtre qui s'échappait de la buanderie.
_ Où tu te caches, espèce de fils de pute ? hurla-t-il.
Il cracha par terre, serra plus fort son arme et s'avança dans le corridor. Un son lui parvint depuis la buanderie, un gémissement sourd et animal. Il se retourna, se rua vers la porte ouverte et s'arrêta net sur le seuil.
Tom était affalé dans le coin le plus reculé de la pièce, plié en deux couvert de sang, il se tenait le côté en pleurant. Il leva des yeux hébétés vers l'autre garçon.
_ T'as raison… je ne suis qu'un fils de pute… au sens propre comme au figuré.
Les mains du garçon agrippaient le manche d'une baguette dont l'embout semblait s'être enfoncée dans sa poitrine.
_ Merde. Tom… souffla Lucius, le cœur soulevé.
_ Je me suis blessé… je… je crois que je vais mourir. Ce n'est pas grave.
Lucius s'approcha, sa baguette braquée sur Tom.
/ / / / /
Un étage plus bas, Bellatrix aida Severus à s'adosser contre la rampe de l'escalier et serra davantage son blouson autour de l'épaule du garçon pour faire un garrot. Elle avait essayé tous les sorts de soin qu'elle connaissait, mais aucun n'avait réussi à guérir la blessure. Elle ne connaissait que très peu de sorts de soin, tout ce qu'on lui avait appris était justement, comment faire du mal aux autres. Malgré la peur panique qui l'étreignait, elle s'obligeait à respirer calmement. Il faut juste que je l'aide à monter les marches et à sortir au niveau du rez-de-chaussée… la voie est libre… on va s'échapper.
Mais… Tom ?
Avait-il seulement un jour existé le garçon qu'elle pensait avoir rencontré ? Elle revit à nouveau la silhouette surgir devant eux. Cette apparition l'avait bouleversée, mais elle savait que derrière ces pupilles noires, elle avait vu bel et bien le jeune homme, brandissant son arme avec jubilation.
Trois sortilèges projetés retentirent à travers les dortoirs, la ramenant brutalement à la réalité. Severus et elle se figèrent et levèrent les yeux en direction des détonations, déjà remplacées par un terrible silence.
_ Oh non… murmura-t-elle.
/ / / /
Dans la cage d'escalier, Mary se retourna.
_ Luc… appela-t-elle vers le haut des marches.
Rien ni personne ne lui répondirent.
_ Lucius ! cria-t-elle.
Les yeux levés vers l'étage du dessus, elle ne vit pas la porte s'ouvrir lentement derrière elle… ni la main s'approcher.
Au contact des doigts qui se posèrent sur elle, elle fit volte-face en poussant un hurlement perçant.
_ Chut… lui dit Bellatrix en lui saisissant le bras.
_ Bon sang… souffla l'autre jeune fille en s'écroulant contre le mur.
Bellatrix lui planta ses ongles dans le bras pour l'obliger à se taire et leva les yeux.
_ J'l'ai eu, l'enfant de salaud ! leur cria soudain Lucius depuis le premier.
Les deux filles, soulagées, se sentirent revivre au même instant, prenant conscience de ce que cette nouvelle sous-entendait, Bellatrix, horrifiée, sentit soudain son pouls s'accélérer. A-t-il abbattu Tom ? Est-ce qu'il est mort ? Elle entendit alors une petite voix lui souffler distinctement : c'est un piège.
Déjà Mary grimpait précipitamment les marches.
_ Attends !
Bellatrix s'empressa de la suivre, sa baguette à la main, et émergea sur le palier du premier, où elle fut accueillie par un profond silence. Le couloir était plongé en profondeur dans les ténèbres. La lumière bleue qui venait de la buanderie luisait faiblement.
_ Mary ? lança-t-elle, la gorge nouée.
Elle scruta le corridor, vide, puis parcourut rapidement la distance qui la séparait de la buanderie où elle se cogna contre Mary, qui avait fait halte sur le seuil, comme pétrifiée. Bellatrix jeta un coup d'œil vers l'intérieur de la pièce.
Lucius gisait sur le lino, une baguette ressortant de son flanc. Une flaque de sang se formait autour de lui. Tom, accroupi négligemment au-dessus du corps du garçon, le doigt machinalement appuyé sur la baguette, les regardait arriver – un être à l'esprit dérangé, qui n'avait plus rien d'humain.
Ce n'est plus Tom, parvint à se dire Bellatrix.
Clouée sur place, elle fixait néanmoins avec fascination le garçon dont la profonde malveillance arrivait par vagues jusqu'à elle.
Tom se redressa de tout son long d'un mouvement fluide, il retira la baguette du corps de Lucius et se tourna vers Mary.
A la vue de l'arme qui s'élevait sur elle, celle-ci poussa un hurlement et leva à son tour sa baguette vers lui. Le jeune homme, les yeux étincelants, se mit à hurler à son tour en singeant le cri de la jeune fille.
_ Expelliarmus, jeta-t-il avec hargne.
Avec horreur, Bellatrix sentit sa baguette lui échapper des mains. Puis quand elle rencontra le visage affolé de Mary, elle comprit qu'aucune des deux filles n'avaient plus de baguette.
Bellatrix perçut un mouvement sur le sol et leur assaillant fut brutalement tiré vers l'arrière. Bellatrix attrapa son amie et la tira vers elle, hors de portée du Préfet. Poussant un grognement, Tom se jeta sur les deux filles mais chancela à nouveau.
Lucius, toujours allongé par terre, avait refermé une main épaisse autour de la jambe de Tom et l'empêchait d'avancer, tandis que le sang continuait de s'écouler de sa blessure. Le jeune blond ouvrit les paupières et leva les yeux vers Bellatrix.
_ Partez, chuchota-t-il.
Tom se retourna vivement vers lui, baguette brandie.
Tandis que la baguette laissait échapper un filet noir étiré, retombant sur leur ami, les deux jeunes filles s'enfuirent hors de la pièce.
Dans le couloirs, elles trébuchèrent, se bousculèrent, puis, recouvrant l'équilibre, se précipitèrent dans la cage d'escalier en ravalant leur peur. Soudain, une porte palière s'ouvrit et vint claquer contre le mur. Tom surgit en travers de l'ouverture, leur coupant la route vers le bas.
En une fraction de seconde, stimulées par la décharge d'adrénaline qui s'était emparées d'elles, Bellatrix et Mary choisirent de rebrousser chemin et s'engagèrent dans un autre escalier aussi sombre qu'un tunnel, la respiration sifflante. Le rire du Préfet de Serpentard, aussitôt parti à leur poursuite, résonnait derrière elles.
Les jeunes filles arrivèrent en trombe sur un des paliers du second étage, qui s'ouvrait sur un long couloir exigu de l'aile réservée aux garçons. Chacune tira frénétiquement l'autre dans une direction opposée.
_ Le couloir qui part de la cuisine vers la Grande Salle, chuchota Mary d'une voix brisée.
Ses pupilles dilatées recouvraient presque entièrement ses iris et Bellatrix devinait jusqu'aux battements de son cœur qui cognait dans sa poitrine.
_ Et si c'est fermé ? demanda-t-elle prudemment.
Mais Mary se dégagea d'un geste brusque et s'éloigna en courant dans le couloir.
Entendant des pas approcher bruyamment, Bellatrix, paniquée, regarda les portes closes qui l'encerclaient. La cuisine lui semblait à des kilomètres. D'instinct, elle se dirigea à la hâte vers la salle de bain commune. Elle tira la porte battante derrière elle mais sentit son cœur s'affoler en s'apercevant qu'elle ne pouvait pas se verrouiller. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle et avisa une corbeille qu'elle plaça devant l'entrée, tout en sachant que son poursuivant n'aurait aucun mal à la repousser. Fébrile, elle examina la pièce garnie de miroirs, à la recherche d'un autre objet, n'importe lequel, qui pourrait lui servir à lui bloquer l'ouverture.
/ / / /
Mary arriva précipitamment au-rez-chaussée mais ne prit pas le temps de regarder le jardin de Poudlard derrière les fenêtres. Les fenêtres étaient indestructible, protégées par les sorts. Elle courut vers la pièce la plus proche : la cuisine. Elle se jeta contre la porte, dans le coin de la pièce, qui donnait sur l'escalier dérobé et tourna la poignée.
Bouclée.
Elle se mit à secouer violemment la porte et à griffer le bois en sanglotant.
_ Merde, merde, merde…
Un peu plus loin dans le corridor, une voix sensuelle et froide s'éleva.
_ Maaryy… Maaaryy… tu me veux, je le sais…
La jeune fille pivota, les yeux vitreux, et se rua vers le plan de travail elle ouvrit un tiroir et fouilla à tâtons, dans l'espoir d'y dénicher un couteau, à défaut d'une baguette.
Rien que des cuillères en plastique, des spatules et des bouts de ficelle emmêlés.
_ J'adooore ça, la façon dont tu penses à ton frère quand tu prends ton pied… soupira la voix glaçante qui se rapprochait.
La jeune fille plaqua les mains sur ses oreilles et poussa un hurlement.
Une ombre apparut dans l'embrasure de la porte.
Tom, titubant, la baguette sanglante entre les mains, lui décocha un sourire féroce, leva la baguette vers sa bouche et en lécha le bord.
Mary s'empara de la cafetière et la lui jeta à la tête. Le récipient allait heurter le visage du garçon, quand d'un geste brusque de la main, Tom envoya valser le récipient contre le mur, à l'aide d'un simple sort. Les éclats de verre retombèrent bruyamment sur le sol. Mary se mit à lui lancer n'importe quel objet qui lui tombait sous la main – les verres, les plats à sauce, la boîte de café… Aucun ne parvinrent à atteindre Tom, qui les envoyait se fracasser contre les murs… rien ne paraissait pouvoir l'arrêter et il approchait toujours, presque sur elle.
Tremblante, tapie contre le plan de travail, elle était acculée…
Une voix s'éleva derrière eux.
_ Tom.
Le Préfet fit volte-face en vacillant légèrement.
Bellatrix, indécise, se tenait dans le couloir, pâle comme un linge.
_ On m'a appelé ? demanda le jeune homme en souriant légèrement.
Elle déglutit, écœurée par son regard vide, et son visage ensanglanté. Prise de vertige, elle faillit tourner de l'œil. Il faut juste que je l'éloigne de Mary, pensa-t-elle en se ressaisissant.
Elle se força à lui lancer un sourire séduisant avant de s'éloigner vivement dans le couloir d'un air espiègle.
La silhouette chancelante de Tom apparut sur le seuil de la cuisine, tenant mollement la baguette entre ses mains. Il tourna la tête en direction de Bellatrix. Ils restèrent immobiles un instant, les yeux rivés l'un sur l'autre.
Une terreur instinctive submergea si brutalement la jeune fille qu'elle se sentit partir à la dérive. Il y avait quelque chose dans ses yeux, dans un recoin où l'ombre se tapissait, au cœur de ses pupilles noires cerclées de rouge, qui semblait à Bellatrix être l'antichambre des ténèbres. Elle réprima la nausée qui la gagnait et garda les yeux braqués sur son visage souriant, tâchant de dissimuler sa terreur. Arrête un peu de réfléchir. Parle-lui. Maintenant.
Sans prévenir, il s'avança d'un pas.
Elle tressaillit.
_ Que crains-tu, douce Bellatrix ? susurra-t-il.
Elle redressa le menton et le fixa à nouveau.
_ De quoi j'aurais peur ? Tu n'as pas l'intention de me tuer. C'est autre chose que tu veux.
Elle fit prudemment un pas en arrière, leva les mains à hauteur de son cou et se mit à déboutonner son chemisier.
Tom hésita comme déstabilisé, mais se rapprocha avant de passer la langue sur ses lèvres.
Elle recula à nouveau, au ralenti, tout en essayant d'ouvrir son vêtement avec des gestes maladroits. Tom la regardait faire, comme envoûté.
_ Mais je suis là, à présent, reprit Bellatrix, en empruntant un ton qui se voulait charmeur et en s'efforçant de lui sourire. Nous pouvons faire tout ce que tu désires, promit-elle en reculant imperceptiblement d'un autre pas.
Tom inclina la tête de côté.
_ Tu ne me l'avais pas demandé. Je serais venu plus tôt, si tu me l'avais dis. Il faut toujours demander.
Bellatrix ôta son chemisier.
_ Eh bien maintenant, je te le demande.
A ces mots, Tom se rua sur elle à une incroyable vitesse. Aussitôt, la jeune fille se retourna et détala en direction des escaliers. Déjà sur ses talons, il gagnait du terrain elle l'entendait courir à grands pas, sentant un souffle chaud et sifflant dans son coup. Lorsqu'il lui agrippa les cheveux, une douleur fulgurante la traversa. Il la tira brusquement vers l'arrière. Elle hurla.
Le garçon la plaqua contre le mur près de la porte palière et, d'un geste brutal, l'immobilisa à l'aide de ses bras, posant la baguette tout contre son visage elle flaira le sang qui recouvrait le bois. Le sang de Lucius. Le visage de Tom, en colère et déformé, se colla au sien. Son corps dégageait une atroce senteur de brûlé.
_ Douce Bellatrix…, lui chuchota-t-il à l'oreille. C'est grâce à toi, tu sais. C'est toi qui m'a ouvert la voie.
Elle riva soudain ses yeux à ceux noirs cerclés de rouge du garçon, qui la fixait attentivement, avec une avidité à peine retenue, et elle sentit sa raison défaillir.
_ Mon journal se nourrit généralement du désespoir et de l'angoisse des gens autour de lui, pour grandir .Tu voulais mourir, le soir de Thankgiving. Ce soir-là, il a absorbé la noirceur de ton esprit… Mais, mon journal c'est moi.
La gorge nouée, elle sentit les larmes jaillir.
_ Non… chuchota-t-elle.
Il se détacha d'elle et la fixa durement.
_ Si. Tout ça à cause de toi.
Son esprit s'obscurcit, happé par le néant. Ses jambes se dérobèrent sous elle. Tom la rattrapa, mais la jeune fille sentit qu'elle perdait lentement conscience, lorsque soudain, le garçon tourna vivement sur le côté.
_ Pas un pas de plus, siffla le jeune homme avant de brandir la baguette droit devant lui.
Bellatrix aperçut Mary, immobile, la main serrée autour d'un couteau à découper ses yeux dilatés étaient braqués sur elle.
Aucune des deux filles ne bougeaient. Tom déposa délicatement le corps de la jeune Bellatrix, à moitié inconsciente, sur le sol. Il se releva et le jeune homme fit face à Mary.
_ La partie est finie, énonça-t-il en la regardant droit dans les yeux.
Il laissa ses paroles pénétrer dans les airs, puis il se pencha vers Bellatrix qui s'était reculée contre le renfoncement du mur et, posa sa baguette couverte de sang à ses côtés. Son geste signifiait la fin du jeu.
Il se redressa de tout son long, froidement, et s'en alla dans le couloir. Mary, éberluée, suivit des yeux la démarche fluide et assurée de Tom, qui s'éloignait - de légers tournoiements de sa cape autour de lui. Dès qu'il disparut à un angle du couloir, Mary se précipita vers Bellatrix et la voix entrecoupée lui demanda.
_ Bellatrix… Reveille-toi ! Je t'en supplie, réveille-toi, sanglota-t-elle.
Bellatrix s'assit contre le mur en des gestes maladroits et leva son regard vers Mary.
_ Il faut que tu ailles retrouver Severus et Lucius, déclara vivement Bellatrix en repensant aux deux garçons grièvement blessés. Vas voir comment ils vont, poursuivit-elle d'une voix hachée. S'il le faut, emmène-les à l'infirmerie. Tous les soins sont là-bas.
En entendant le nom de Lucius, Bellatrix la sentit se redresser.
_ Hein ? s'exclama Mary qui revenait à la raison. Mais je ne sais même pas à quoi sert une morue. J'y connais rien en potions… ou quoique ce soit !
Face à la panique de la jeune fille, Bellatrix tâcha de prendre une voix calme et rassurante.
_ Trouves Severus, il saura, lui indiqua-t-elle.
Mary se releva et regarda en direction de la buanderie et reposa son regard sur Bellatrix.
_ Mais et toi ? Tu ne viens pas ?
Quand Bellatrix tenta de se relever, suivant le mouvement de Mary, elle chancela. Mary la rattrapa, d'une main ferme et la força à la regarder droit dans les yeux. Mary voulait sa réponse.
_ Moi j'ai quelque mots à dire à Tom avant, lui annonça Bellatrix. Je vous retrouve là-bas, à l'infirmerie.
_ Tu ne devrais pas y aller, répliqua Mary.
Bellatrix s'éloigna dans le couloir.
_ A toute à l'heure…
Houu.. mais on dirait que ça devient une affaire personnelle entre Bella et Tom.
Vu que je ne sais pas si vous avez aimé le chapitre, si vous voulez bien dîtes en moi un mot.
En revanche, ce que je sais c'est que plus vous cliquerez sur le beau bouton bleu juste en-dessous, plus les chapitres suivants arriveront rapidement.
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