Alors voici le chapitre tant attendu ! TAH DAH ! Je sais je sais, ça ma prit plus de temps que prévu, mais j'ai eu beaucoup de choses à faire ces derniers mois…Bref, trève de blabla ! Je suis sûre que vous avez hâte de lire la suite ;) Alors, allez y ! Bonne lecture !
(Présent)
Harry soupira en jouant distraitement avec le sable sur le sol. Il se sentait exténué. Maintenant qu'il approchait de la fin de son histoire, il sentait sa propre fin approcher…Son amour pour Ginny n'était-il pas assez fort pour survivre encore un peu ? Pour triompher une fois de plus ? En lui, la défaite sonnait au creux de son âme. Il allait mourir. Mourir. Et Ginny qui avait souffert….Peut-être était-elle morte ? Il avait toujours chassé cette idée depuis qu'il s'était réveillé, pris au piège dans ce cachot, partageant sa sombre vie avec des rats et le silence. Ginny, sa douce femme, avait changé sa perception des choses, elle l'avait sauvé…Car c'était bien elle qui lui avait permit de tuer Voldemort. Alors pourquoi sentait-il en lui ce sentiment de tout perdre tout d'un coup ? Pourquoi sentait-il la mort gruger son corps pour enfin l'achever ? Mais ce n'était pas terminé. Il lui restait encore la fin de l'histoire à raconter. C'est avec nostalgie qu'Harry poursuivit son récit, sa voix se faisant de plus en plus faible.
-'Je me suis ensuite réveillé dans ce maudit endroit, seul dans l'obscurité. La magie qui scellait la porte était toujours présente, et l'est toujours, et je n'ai jamais pu l'ouvrir. Je me suis premièrement battu, refusant de croire qu'après avoir gagné contre l'ennemi du monde mon destin était de mourir ici, isolé de tous. Et sans avoir revu ma Ginny. Puis, peu à peu, je me suis calmé. J'ai essayé de penser lucidement, mais la survie était difficile. Cela fait une éternité que je suis ici, que je te compte mon histoire, toi, un être imaginaire, et me voilà à la fin...Et je crois que j'ai enfin compris. Ce n'est pas la peine de me battre. Peut-être que ma vie me conduit par elle-même sur le chemin de la mort pour rejoindre celle que j'aime ? Quoi qu'il en soit, je n'en peux plus…'
Sa tête dodelina un peu et le jeune homme tomba dans une transe. Mi-vivant, mi-mort, il repensa à toute cette vie de lutte contre le mal, contre lui-même. Il se remémora tous ses bons moments avec Ginny, si peu soient-ils, et sourit. Ou du moins, pensa sourire. Ses muscles ne lui obéissaient plus. Il était réellement en train de mourir. Il se demanda si la vie s'était rétablit après la mort de Voldemort, une idée qui ne lui avait jamais traversée l'esprit auparavant. La paix avait-elle reprit sa place ?
Il n'arrivait plus à penser. Une fumée blanche l'entoura, le faisant sombrer dans un néant immaculé…
Harry ouvrit faiblement les yeux, contemplant le ciel nuageux pendant un bon moment. Était-il au paradis ? Il se sentait si léger, si vide…La lumière lui brûlait le regard et il du fermer les paupières pour se protéger. Au loin, un léger son de cloche résonnait régulièrement, au même rythme. Ding….Ding…Ding…Son esprit s'envola une nouvelle fois.
Lorsqu'il se réveilla de nouveau, Harry sursauta en entendant des voix. Les anges lui parlaient-ils ? Il essaya de se lever, mais n'y arriva pas. Une longue plainte s'échappa de ses lèvres alors qu'il sentit une vive douleur lui traverser le corps. Quelqu'un s'agita près de lui, il pouvait sentir sa présence à ses côtés.
-'Vous pouvez m'entendre ?'
L'Auror ouvrit les yeux. Il ne rêvait pas ! Un homme se tenait près de lui, le regardant avec des yeux inquiets.
-'Il est vivant !' s'exclama t'il à l'adresse d'une personne qu'Harry ne voyait pas. 'Bon sang, vous nous avez fait une de ces peurs !'
L'homme avait un fort accent. Sa peau était légèrement foncée et ses yeux étaient d'un bleu turquoise qui ressemblait à l'océan.
-'Où je suis ?' balbutia Harry d'une voix usée. 'Suis-je…suis-je mort ?'
Il éclata de rire, l'aidant doucement à se redresser.
-'Non, mais il en a fallut de peu !'
Il l'appuya contre un rocher et lui apporta de l'eau. Harry but à vive gorgée, sentant son corps reprendre vie alors que le liquide frais coulait dans sa gorge. Une petite assiette de fruit fut ensuite déposée devant lui par ce qui semblait être la femme de celui qui l'avait aidé. Elle lui fit un timide sourire, puis l'avertit.
-'Ne mangez pas trop vite…Vous allez être malade. Commencez par de petites quantités.'
Elle était très jolie. Ses longs cheveux bruns étaient de la même couleur que ses yeux. Harry obéit et mangea peu.
Il ne savait pas où il était. Comment avait-il pu atterrir à cet endroit ? Confus, il regarda le soleil avec des yeux avides, comme s'il ne l'avait jamais vu de sa vie. Puis, il observa le ciel, la nature, le monde verdoyant qu'il l'entourait. Il ressentait quelque chose au fond de son cœur, mais n'arrivait pas à le déterminer. Il essaya de se rappeler ce que c'était mais tout son passé semblait s'être effacé de sa mémoire.
Il passa plusieurs semaines dans ce petit endroit isolé du monde. Il apprit que l'homme était en fait un berger, ayant une centaine de moutons un peu partout sur ses terres. Il parlait plusieurs langues, dont le Fourchelang.
-'C'est lui qui m'a permis de te retrouver,' dit-il un jour alors que les deux hommes marchaient sur le bord du lac près de la maison.
Il caressa doucement le serpent qu'il tenait dans ses mains. La créature siffla, fixant Harry de ses yeux d'ambres. L'Auror ne comprit pas.
-'Vous m'avez trouvé ?' demanda t'il en lançant une pierre dans l'eau. '…où ?'
L'homme sourit.
-'Plus loin dans la vallée. Je ne sais pas s'il est prudent de vous y amener maintenant…vous avez subi un grand choc.'
Harry se raidit. Un grand choc ? De quoi pouvait-il bien parler ? Depuis ces quelques semaines, il n'avait aucune pensée qui lui traversait l'esprit. Il avait l'impression de tout redécouvrir. Il se sentit soudainement frustré de ne plus savoir. Il avait bien eu un passé ! Il pouvait sentir en lui des émotions, des sentiments qui se débattaient pour refaire surface !
-'Je veux y aller maintenant,' dit le Survivant, les yeux brillants. 'Ma tête bourdonne de pensées…je peux le sentir en moi. Je dois me rappeler de quelque chose. Je…qui suis-je ? Pour qui je ressens cet…cet espoir immense présentement ?'
Il avait prit l'homme par les épaules, l'obligeant à plonger son regard dans le sien.
-'Conduisez-moi…' insista t'il désespérément. 'Je dois me rappeler !'
L'homme se résigna. Il le conduisit en silence à travers la plaine, puis, lorsque le soleil se coucha à l'horizon, ils arrivèrent dans une vallée très profonde. Harry vit des ruines de pierre au fond, sombre parmi le vert du gazon. Il s'avança lentement et hésita un bon moment avant de franchir la porte de bois. À son contact, il sentit un violent frisson le parcourir. Harry leva sa main pour dire que tout allait bien et descendit les quelques marches qui le séparait du cachot. Il fixa l'obscurité, sans comprendre…Pourquoi n'arrivait-il pas à se souvenir de cet endroit ?
-'Je vous ai trouvé juste ici,' dit l'homme en pointant le coin de la pièce. 'Vous étiez en train de délirer. Quelques heures de plus et je serais arrivé trop tard…Mais Izara, mon serpent, vous observait depuis un long moment. Il est revenu et m'a raconté votre histoire. Je me suis empressé de venir jusqu'ici et de vous ramener à ma maison pour vous soigner…'
Harry ne répondit pas. Il se pencha vers le mur, où des gravures étaient profondément taillées dans la pierre. Il ne les déchiffra pas tout de suite, l'obscurité étant trop intense.
-'Savez-vous seulement ce que vous représentez? Ne pouvez-vous pas vous rappeler que vous êtes celui qui nous a tous sauvé ?'
L'Auror sursauta. Sauvé ? Lui ? Comment avait-il pu s'il avait supposément était enfermé dans cet endroit ?
-'Vous êtes Harry Potter. Le Harry Potter.'
Le jeune homme ferma les yeux. Il savait qu'il le savait, mais sa mémoire refusait de s'en souvenir. Il frappa le mur de son poing tellement il se sentit en colère contre lui-même. Lorsqu'il ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit fut les gravures, plus nette à présent. Il s'approcha un peu, posa ses doigts sur les profondes entailles, puis pu lire : Ginny.
D'un seul coup, sa mémoire lui revint. Il poussa un cri en appuyant ses mains sur ses tempes, harcelé par des centaines de bruits à la fois. Des millions d'images lui traversèrent l'esprit, une à une, brèves, aveuglantes. Le Survivant serra les dents en gémissant, la douleur de ces souvenirs lui pesant sur l'esprit. Puis, tout s'arrêta. Harry se tenait à genoux, haletant, mais la mémoire bien en place. La guerre…Voldemort. Ce cachot ! Ginny !
En se rappelant ce nom, le cœur d'Harry fit un bond. Il se leva rapidement, chancelant sous l'effort, puis essaya tant bien que mal de s'enfuir. L'homme l'en empêcha, inquiet qu'il soit redevenu fou.
-'Il faut que je la retrouve !' s'écria le jeune homme en se débattant. 'Il faut que je la retrouve !'
-'Calmez-vous ! Vous vous épuisez à agir comme ça ! Je ne pourrai pas vous aider si vous refusez de m'expliquer ce qui se passe.'
Cette idée le fit se détendre. Ils sortirent des ruines puis remontèrent le chemin jusqu'à la maison. Harry raconta son histoire et chaque fois qu'il mentionnait le nom de Ginny, son cœur semblait s'emporter.
-'Je dois la retrouver,' termina t'il gravement en fixant le ciel maintenant étoilé. 'Je la chercherai jusqu'à ma mort s'il le faut, mais je la retrouverai.'
L'homme approuva.
-'Nous sommes bien loin de la Grande-Bretagne. Il vous faudra prendre des forces d'abord. Allez vous coucher et demain nous parviendrons à une solution.'
Harry obéit. Ginny. Il allait retrouver Ginny. Sa Ginny.
L'Auror dormit d'un sommeil agité. Les images de son passé le hantèrent sans cesse, lui torturant la tête. Il était content d'avoir retrouvé la mémoire, mais il regretta soudainement ses nuits sans rêves où il arrivait à se reposer. Au lever du jour, il ne fut plus capable de fermer les yeux. Il rejoignit l'homme qui attendait en fixant le ciel.
-'Que faites-vous ?' demanda Harry dans un bâillement. 'Vous êtes bien matinal.'
-'Vous savez,' dit-il finalement après un long moment. 'Lorsque je vous ai découvert, je ne pouvais pas en croire mes yeux. Harry Potter. Le grand et célèbre Harry Potter. Ce fut un grand honneur pour moi de vous sauver, après tout ce que vous avez fait. Mais vous n'étiez pas près. Votre esprit n'était pas près à découvrir la vérité. J'ai donc gardé pour moi votre existence, à grande peine, puisque tout le monde vous cherche depuis maintenant deux ans. Le jour de la mort du Seigneur des Ténèbres, le ciel s'est soudainement illuminé, en pleine nuit, dessinant dans les nuages des formes de lions et de serpents. Ils se battaient. Le lion a finalement vaincu le serpent, puis, dans un grand souffle, un hurlement s'évanouit dans l'air. Nous savions que c'était lui qui hurlait. Les Mangemorts se sont tous mit à gémir en se tenant les bras, où était gravé la marque des ténèbres, puis ils sont disparus. Je suis retourné auprès de ma femme et nous avons emménagé ici. Mais ce détail est sans importance, je m'égare.'
Il rit doucement.
-'Vous avez insufflé la vie à tous ceux qui avait perdu espoir. Vous avez vengé le bien, rétablit l'ordre et la paix. Ceci vous donne encore plus de popularité. Tout le monde vous acclameras et voudra vous rencontrez !
Harry sentit la panique l'envahir. Il prit l'homme par le bras, aussi fort que sa faiblesse le lui permettait, puis lui dit :
-'Non ! Il ne faut surtout pas !'
Surpris, l'homme fronça les sourcils.
-'Mais…tout le monde voudra voir le grand Harry Potter, le Survivant, le Vainqueur !'
-'C'est justement ce qui m'inquiète,' répondit le jeune homme en soupirant. 'J'ai été connu toute ma vie…ne pouvez-vous pas comprendre que j'aimerais qu'on me laisse un peu en paix ? La gloire ne m'intéresse pas…pour une fois dans ma vie, j'aimerais être tranquille…'
-'Mais –' protesta son sauveur, bouche bée.
-'Comprenez-moi….je vous en prie…j'ai besoin de vivre ma vie. Si on veut toujours me voir, me féliciter, m'honorer, je n'aurai jamais de temps pour moi.'
Un silence s'installa quelques secondes, puis Harry poursuivit.
-'Ne voyez pas ça comme un geste égoïste. J'ai consacré tout ce temps jusqu'à maintenant pour sauver le monde. N'aie-je pas droit, moi aussi, à un peu de bonheur ?'
L'homme sourit, puis hocha la tête. Harry su qu'il pouvait lui faire confiance.
-'Je vous dois ma vie, monsieur, et je vous en remercie du fond de mon cœur…'
-'Cela m'a fait plaisir, Mr Potter. C'était un grand honneur.'
L'Auror sourit. Il prit une grande respiration, un premier grand souffle de vie. Il leva la tête au ciel puis ferma les yeux. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne les ouvre.
-'Je dois retrouver ma femme.'
L'homme approuva, puis sortit un objet de sous sa cape. Il l'activa d'un coup de baguette et lui tendit.
-'C'est un Portauloin. Allez, filez et surtout, profitez de votre vie.'
Le jeune le remercia puis lui serra la main. Un seul regard et il su que l'homme savait à quel point il lui était reconnaissant. Il prit la boite de cigarette qu'il lui tendait et attendit. Bientôt, il reverrait sa Ginny. Bientôt, tout serait redevenu normal. Bientôt, il pourrait enfin avoir une vie.
Harry réapparut au centre d'un terrain boueux. Il venait de pleuvoir car le ciel, encore gris, laissait à peine entrapercevoir le soleil. L'herbe était humide sous ses pieds et le jeune homme se délecta de cette sensation. Tout lui avait manqué. L'air frais, les rayons du soleil contre sa peau…Il admira le paysage longuement, ébahi par la beauté de la nature qu'il n'avait jamais prit le temps d'observer. Il pivota sur lui-même et remarqua une maison au loin, cheminée fumante. Il plissa les yeux. Il sentit ses entrailles se contracter, sa joie étant trop forte. Le Terrier ! Il se mit à courir du plus vite que ses jambes faibles le pouvait, et s'arrêta soudainement devant la porte, la main sur la poignée. Sans savoir pourquoi, il se sentait incapable d'entrer. Et si Ginny était maintenant avec un autre homme ? Le supporterait-il ? Et s'il n'y avait plus de famille Weasley…
-'EVAN ! REVIENS ICI TOUT DE SUITE !'
Harry sursauta en entendant la voix d'Hermione résonner dans la maison. Il sentit les larmes perler à ses yeux tellement il était content. Elle était vivante !
-'EVAN ! NE COURS PAS TU VAS TE FAIRE MAL !'
Le jeune homme entendit un rire de gamin, puis un bruit sourd suivit de pleurs. Il sourit. Il semblait que son filleul était aussi sage que son père ! L'Auror leva la main, hésitant, puis frappa contre la porte trois fois. Son cœur cognait fortement dans sa poitrine alors que quelqu'un s'approchait pour venir ouvrir. Harry pouvait entendre les pas lourds sur le plancher craquant de la cuisine.
-'Maman te l'avait dit Evan, il ne faut pas courir dans la –'
La porte s'était ouverte, Ron se tenant dans l'embrasure. Lorsqu'il vit Harry, il se tu aussitôt. Le rouquin le fixa avec un regard intense, impassible. Plusieurs secondes passèrent et l'atmosphère se remplit de malaise.
-'Ça va, ne me regarde pas comme ça,' dit Harry, agacé. 'C'est assez stressant de venir cogner à ta porte sans avoir à supporter ton regard vide et neutre.'
Ron broncha. Il recula d'un pas, presque effrayé. Toujours, il ne pipa mot.
-'Hum, peine perdue, je parle à un mur…' soupira le jeune homme en croisant les bras.
Il se raidit soudainement en pensant à ce pourquoi il était venu.
-'Où est Ginny ?' s'empressa t'il de demander, plein d'espoir.
Sur ce, le rouquin se mit à grogner et ferma la porte derrière lui.
-'Toi, pas plus qu'aucun de tes petits copains stupides, n'approcherai ma sœur, c'est compris ?' dit-il d'une voix tranchante.
Harry sursauta. Qu'est-ce qui lui prenait, tout d'un coup ? Ce n'est pas la réaction à laquelle il s'attendait venant de son meilleur ami…
-'Maintenant, dégage, et si je te vois encore errer par ici, je t'expédie en Bulgarie avec un bon coup de pied dans le derrière !'
-'Ron ! C'est moi !' s'exclama l'Auror, hébété. 'Tu ne me reconnais pas ?'
Il posa un bras sur son épaule. Le jeune père le repoussa avec un air de dégoût.
-'Tu n'es pas Harry Potter. Il est mort. Mort et enterré. Tu vois sa tombe, là-bas ?' dit-il en pointant un jardin fleurissant d'où une pierre tombal émergeait, blanche et lisse, parmi les plantes. 'Eh bien, c'est la preuve qu'il est bien parti pour l'autre monde. Alors arrêtez de nous harceler, pour l'amour du ciel ! C'est déjà assez pénible de devoir supporter son départ, n'avez-vous donc pas de cœur au point de nous rappeler chaque jour qu'il est parti ? Fous le camp, c'est la dernière fois que je te le dit.'
Il avait élevé la voix et son visage avait rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. Il était vraiment enragé, Harry le sentait prêt à lui sauter dessus. Il recula d'un pas, effrayé par la conduite de son meilleur ami.
-'Mais…Ron…' balbutia t'il, désespéré. 'Tu ne me reconnais vraiment pas ?'
Pour toutes réponses, le rouquin se retourna, ouvrit la porte et la lui claqua au nez. Jamais dans sa vie Harry n'avait songé que Ron, son ami depuis avant même sa rentrée à Poudlard, son compagnon d'aventures, son confident, son fidèle collègue, ne le reconnaitrait pas. Cette perception lui enleva tout courage. Jamais il ne s'était jamais senti aussi abandonné, rejeté par son meilleur ami. Pas même le fait d'avoir été seul pendant très longtemps n'égalait le sentiment de solitude qu'il ressentait. Au moins, lorsqu'il était livré à lui-même, il croyait que son retour allait susciter des larmes de joie et des tas de question….mais ça ? Ça, il ne l'avait jamais envisagé ! Ron croyait qu'il était un imposteur. Quelle idée ! Harry n'avait pas fait autant de chemin pour se faire fermer la porte au nez de cette manière et, pire encore, refuser l'accès jusqu'à Ginny. Il ne fallait pas qu'il laisse les choses ainsi ; il fallait qu'il lui prouve que c'était bien lui.
Il cogna de nouveau contre la porte, plus fort cette fois. Il attendit en croisant les bras, résigné à lui faire comprendre quel imbécile il était de ne pas le croire. Cela le frustrait de voir combien il s'était démené à survivre pour les revoir tous alors que l'accueil qu'il recevait était le rejet et le mépris.
Ron ouvrit brusquement la porte. Avant même qu'Harry ait pu prononcer un mot, il explosa.
-'Ça suffit ! Tu dégages et si jamais je te croise dans la rue, je te jure que je t'explose sans même en sentir des remords !'
Le jeune homme haussa un sourcil, impassible.
-'Les Aurors défendent le Bien,' dit-il calmement. 'Jamais je n'aurais cru que tu pourrais être aussi cruel et sadique envers ton meilleur ami. Tu me déçois, Ron.'
Le rouquin ouvrit la bouche, outré. Son visage sembla s'enfler tellement il était rouge de colère.
-'Quel culot tu as de venir jusqu'ici,' siffla t'il d'un air méprisant. 'Et pour qui te prends-tu à venir me faire la leçon sur le Bien ? N'as-tu pas lu les journaux ? Je me suis battu pendant deux ans pour rétablir la paix, pour diminuer les dégâts que Voldemort laissait sur son passage ! J'y ai presque laissé ma vie ! J'ai mis en jeu ma femme et mon enfant ! J'ai perdu mon meilleur ami au combat ! J'ai du consoler mes proches de cette perte en terrant mon désespoir en moi ! Tu n'as pas souffert autant que nous, ayant perdu ta fortune et essayant de la refaire en te faisait passer pour Harry Potter ! Tu devrais alors te poser la question : qui, ici, est sadique et cruel ? Toi qui viens déranger ma paix si durement acquise, ou moi qui essaie de protéger ma famille d'un mal perpétuel ?'
Harry resta silencieux un moment. Il réalisa à quel point Ron avait souffert pendant ces années si loin de lui. Sa peine lui semblait même moins pénible à présent. Certes, il avait été torturé et il avait du survivre dans les pires conditions ; mais qu'est-ce que c'était comparé à tout ce que ses amis avaient vécus de leur côté ?
-'Je…je ne savais pas,' reconnut-il sombrement en baissant les yeux. 'J'ai été parti pendant si longtemps…Si tu savais ce que c'est de se savoir responsable du malheur de ceux qu'on aime…'
Ron se figea. Il ne s'attendait certainement pas à cette réponse, ni même une telle obstination venant de la part de ce supposé imposteur. Il ne répondit rien, mais continua de le regarder avec méfiance.
-'Écoute, je n'ai pas à prouver qui je suis. Je n'en ai pas la force. J'ai été enfermé pendant tant de temps dans un cachot à l'autre bout du monde, dans un endroit où je n'arrive même pas à prononcer le nom ! C'est un miracle si je m'en suis sorti. Tout ce que je voulais, c'était retrouver Ginny. Cet espoir m'a donné la force de survivre, et me voilà aujourd'hui devant toi en te demandant de me juger avec ton cœur. Et ce…même s'il est blessé.'
Le rouquin eut un rictus.
-'C'est la pire histoire qui m'est été raconté,' dit-il avec indifférence. 'Et tes talents d'acteurs sont excellents, je l'avoue. Mais tu m'as déjà fait perdre assez de temps. Maintenant, dégage.'
Harry en eut assez. Alors que Ron refermait la porte de nouveau, il s'interposa violement.
-'Écoute moi bien, ça ne me fait pas plaisir de te dire ça, mais tu commences sérieusement à me faire chier. Ton scepticisme et tes doutes, tu peux te les mettre où je pense ! Tu penses vraiment que j'ai fait tout ce chemin, que j'ai repoussé la mort et le temps pour me faire claquer la porte au visage ? Non. Alors, comme tu sembles trop borné pour me croire et que, comme je te l'ai dit tout à l'heure, je n'ai pas à prouver qui je suis, tu n'as qu'à me dire où je peux trouver Ginny et je vais disparaître de ta vie aussitôt ! Tout ce que je veux, c'est la retrouver !'
Ce peu d'effort lui avait coûté beaucoup. Son souffle était saccadé et il se sentait si faible qu'il était content d'avoir la porte pour le retenir. Ses jambes tremblaient sous lui et il espérait que cette querelle se terminerait bientôt.
Ron ne sembla pas être convaincu. Il ne repoussa pourtant pas Harry et le fixa d'un œil nouveau.
-'Qu'est-ce qui me prouve que c'est toi ?' dit-il finalement, la fatigue trahissant sa voix. 'Je n'ai aucune preuve…'
L'Auror soupira. Il avait vraiment besoin de s'assoir.
-'Je n'ai rien à offrir, sauf ma parole, Ron. Que voudrais-tu que j'aille ? Des souvenirs ? J'ai assez parlé de ma vie comme ça…Si tu as une idée, propose.'
Le rouquin soupira à son tour en se passant une main dans les cheveux.
-'C'est ridicule, pourquoi je m'entête à te parler…Tu es mort, Harry.'
Il y avait enfin une amélioration. Ron avait prononcé son nom ! Harry sentit un peu d'espoir naître en lui.
-'Et où as-tu trouvé mon corps ? Dans le Ministère, peut-être ? Entre la fontaine et la porte d'entrée ?'
Ron broncha. Il fronça les sourcils en entendant son ton sarcastique.
-'La guerre a partiellement détruit le ministère,' répondit-il suspicieusement. 'La fontaine n'existe plus…Tu as été sous notre commandement ? Pourquoi fais-tu allusion à cet endroit ?'
-'J'ai commandé cette guerre avec toi, idiot. Et si j'y fais allusion, c'est parce que c'est le seul endroit qui m'est resté dans la mémoire au moment de ce fichu combat.'
Tous deux restèrent silencieux un moment. Puis, Ron ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt.
-'C'est ridicule,' marmonna t'il en hochant la tête. 'Complètement ridicule…'
Il fit les cents pas, plongé dans ses pensées, puis s'arrêta soudainement en maugréant.
-'Je ne peux pas te croire ! Non, c'est impossible. Tu es mort. Mort… Mais bon sang, combien je souhaiterais pouvoir accepter que c'est toi !'
Sa voix se brisa. Il baissa les yeux et soupira.
-'Au fond de moi, je te crois, du moins, je pense te croire…mais j'ai toujours ce doute. Je…je ne peux pas l'accepter, ce serait trop dure de subir une autre déception…'
Il fit une petite pause. Harry retint son souffle. Ron devait le reconnaître. Après tout ce temps, il ne pouvait pas croire qu'une si vieille amitié pourrait s'oublier aussi facilement.
Le rouquin ouvrit de nouveau la bouche, hésitant.
-'Tu es différent des autres,' dit-il lentement. 'Mais j'ai besoin d'une preuve…Je sais que ça peut te paraître stupide, mais ne te fâche pas, ce n'est que pour m'assurer que mon cœur a bien raison…'
Harry eut un léger sourire.
-'Tu as toujours été trop méfiant, mon vieux…' s'exclama t'il doucement en s'appuyant un peu plus contre la porte. 'Mais si c'est ce que sa te prend…vas-y, questionne moi.'
Ron se mit à réfléchir. Puis, son visage s'éclaira.
-'Je sais !' fit-il en se redressant. 'Lorsqu'on s'est rencontré, dans le Poudlard Express, quelles chaussettes je portais ?'
-'Quoi ?!? C'est ça, ta question ?' s'étonna le jeune homme. 'C'est stupide ! Tu crois vraiment que j'ai regardé tes pieds ? Et puis, tout le monde peut avoir vu tes chaussettes alors ce n'est pas une question qui prouve que je suis moi.'
Son meilleur ami fit la moue.
-'Tu crois que c'est facile trouver une question, comme ça, sans prendre le temps d'y réfléchir correctement ? Mais c'est vrai, elle était stupide cette question, je vais trouver mieux.'
Il se remit à réfléchir, le visage déformé par la concentration. Harry sourit intérieurement. Il avait l'impression de revoir le jeune Ron des années de Poudlard devant un devoir de métamorphose particulièrement compliqué. Alors qu'il ouvrait la bouche pour poser sa question, Hermione apparut à côté de lui.
-'Je te jure, Ronald Weasley, que la prochaine fois, TU lui fais prendre son bain !' s'exclama t'elle d'une voix dure.
Elle était mouillée de la tête aux pieds. Elle tenait Evan dans ses bras, enroulé dans une serviette. Harry sursauta. Bon dieu qu'il avait grandi ! Maintenant, il pouvait nettement voir les traits de ses parents dans son visage. Il avait les cheveux si roux que même le feu aurait de quoi être jaloux ! Mais on pouvait remarquer la ressemblance des traits durs et sévères de sa mère lorsqu'il fronçait les sourcils. Hermione fit une moue à son mari, puis se tourna vers lui pour le saluer, par politesse. Son visage s'effondra lorsqu'elle le vit. Elle dû se tenir au bras de Ron, qui l'empoigna fermement par les épaules, surpris. Elle fixa intensément le nouveau venu, bouche bée.
-'Oh…mon…dieu…' murmura t'elle en sentant les larmes lui monter aux yeux. 'Harry…tu…tu es vivant ?'
Elle avait prononcé ces derniers mots d'une voix hésitante, comme si personne n'était devant elle et qu'elle l'imaginait là, se tenant sur le perron de sa maison.
Le jeune homme sourit.
-'Oui, je suis vivant…Enfin de retour !'
Hermione posa Evan sur le sol. Celui-ci ne bougea pas et continua de le fixer intensément, le front plissé par l'incompréhension. Ce n'est qu'à ce moment qu'Harry remarqua un renflement au niveau du ventre d'Hermione. Cette vue lui brisa le cœur en pensant que s'aurait pu être Ginny avec ce bébé en elle.
-'Tu ne peux pas…c'est…mon dieu…Ron ? Tu es ici depuis un temps fou et tu ne l'as pas fait entrer !'
Elle jeta un regard noir à son mari, qui, surprit, la regarda sans comprendre.
-'Comment peux-tu être sûr que c'est lui ?' lui murmura t'il à l'oreille. 'C'est peut-être un autre imposteur…'
-'Ne sois pas ridicule,' répliqua t'elle sèchement. 'C'est lui. Je sais que c'est lui. Sinon, comment aurait-il pu trouver la maison, hein ? Il est un des seuls à connaître l'emplacement du Terrier ! Et de toute manière, je le sais. Mon cœur le sait et je suis très étonné que tu aies pu douter une seule seconde que ce ne soit pas lui !'
Ron ouvrit la bouche bêtement, assommé. Il n'avait pas pensé à ça. Il avait souvent rencontré des gens sur la rue qui se disait être le Harry Potter, mais il était vrai que c'était la première fois que quelqu'un venait cogner chez lui. La colère avait aveuglé sa raison au point d'en oublier ce petit détail. Il rougit jusqu'à la racine des cheveux, honteux d'avoir pu douter de lui.
-'Aller, entre Harry ! Ne reste pas là, tu dois être épuisé !' s'empressa t'elle d'ajouter en poussant le jeune homme à l'intérieur du Terrier, Evan à ses talons. 'Assied toi et fais comme chez toi !'
L'Auror obéit. Ron ferma doucement la porte derrière lui et vint s'assoir sur la chaise opposée. Il le fixa d'un air impassible, mais Harry savait très bien qu'il réfléchissait à toute allure et qu'il mourrait d'envie de poser des questions.
-'Vas-y,' fit-il en agitant une main, agacé. 'Cesse de me regarder comme si j'étais un fantôme et pose moi tes questions.'
Le rouquin eut un bref sourire. Il détourna les yeux et attendit un bref instant avant de prendre la parole.
-'Pour moi, tu es un fantôme, Harry…Il y a si longtemps, tu…oh, qu'importe, maintenant tu es là, en chair et en os.'
-'Du moins, ce qu'il peut en rester,' soupira le Survivant en s'étirant. 'Il ne me reste plus grand-chose, moi qui était si séduisant !'
-'Ah, ne t'inquiètes pas pour ça !' l'encouragea Ron avec un sourire. 'Tu es dans la norme. Tout le monde a maigri. On recommence peu à peu à prendre les mauvaises habitudes ! Quoique la cuisine d'Hermione n'égale pas du tout la fantastique cuisine de ma mère,' ajouta t'il en chuchotant pour ne pas que sa femme l'entende.
-'Je t'ai entendu, Ronald Weasley !'
La voix stridente d'Hermione avait retentit depuis la cuisine alors qu'elle s'affairait à préparer du thé. Le concerné se contenta de sourire en haussant les épaules.
-'Quoi qu'il en soit, sa fait du bien de voir les gens se relever et reprendre confiance en eux.'
Il marqua une légère pause puis ajouta :
-'Il y a beaucoup de gens qui savent que tu es vivant ?'
Harry hocha de la tête en signe de négation.
-'Seulement ceux qui m'ont sauvé de ce trou à rat.'
Son meilleur ami soupira. Il passa sa main dans ses cheveux à plusieurs reprises alors qu'une forte expression de réflexion peignait son visage.
-'Cela va faire du chahut,' admit-il après un moment. 'Tout le monde voudra te voir. Ce qui n'est pas, je dois dire, une très bonne chose…À tes funérailles, nous avons tellement été harcelé que nous avons été obligé de faire un second service près de Hampshire. On tenait absolument à avoir le monument original ici, dans notre jardin, à l'abri de tous. Mais le peuple a protesté. Ils voulaient venir se recueillir sur ta tombe en déposant des fleurs et tout le tra-la-la. Tu vois, tu dois être un des seuls au monde à posséder deux tombes alors que tu es encore vivant !'
Il eut un petit rire nerveux. L'émotion trahissait sa voix. Harry fit comme si de rien n'était, mal à l'aise. Tous deux savaient combien leur orgueil était fort ; il n'était pas question de pleurer comme une mauviette, ils étaient des Aurors tout de même. Ron s'éclaircit la gorge, feignant une toux soudaine.
-'Ce n'est pas grave,' poursuivit-il d'une voix plus juste. 'L'important c'est que tu sois de retour. Nous supporterons tous les tonnes de paparazzi pour-'
-'Ron,' coupa l'Auror d'une voix grave. 'Je ne tiens pas à ce que l'on me dévoile au grand jour. Je veux rester dans l'ombre.'
Un silence s'installa.
-'Je vois…' songea le rouquin. 'C'est compréhensible. Et beaucoup plus pratique, si tu veux mon avis. Ce n'est pas pour être égoïste, mais…c'est une excellente idée. On va tous avoir la paix ! Surtout toi…tu le mérites depuis trop longtemps déjà.'
Hermione revint dans le salon avec la théière et les tasses. Ses yeux étaient rougis mais un grand sourire illuminait son visage.
-'Bois !' l'incita t'elle chaleureusement en lui servant un thé de couleur jaune pâle. 'L'Angleterre doit t'avoir manqué pendant tout ce temps !'
Elle s'assit à ses côtés, puis, prenant Evan sur ses genoux, observa ses moindres gestes. Harry but avec joie et se réjouie du goût tendre de ce breuvage. C'est vrai ; tout lui avait vraiment manqué. Il poussa un soupir de contentement lorsqu'il reposa sa tasse et se servit une seconde fois.
-'Allez, raconte. Que s'est-il passé ?' l'incita son meilleur ami.
-'Ron ! Tu pourrais être un peu plus délicat !' s'objecta Hermione, outrée d'un aussi grand manque de tact.
Son mari la regarda en haussant les sourcils. Il jeta un coup d'œil à Harry, qui s'amusait de voir qu'ils n'avaient pas changés d'un poil.
-'Ça va, Herm. Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne suis pas un enfant.'
Lorsqu'il raconta ce qui lui était arrivé, du combat au Ministère jusqu'à sa sortie du cachot, il sentit une paix intérieure l'envahir. Parler à ses meilleurs amis lui faisait plus de bien qu'il ne l'avait imaginé…Il se sentit soudainement honteux de ne pas avoir songé plus souvent à eux. Ginny avait si souvent occupé ses pensées qu'il en avait presque oublié ses vieux amis…
-' Mais c'est affreux !' s'objecta Hermione, horrifiée. 'C'est…c'est cruel ! Dire que personne ne t'a trouvé ! On ta cherché pendant si longtemps sans avoir de nouvelles…Oh Harry ! Je suis désolée…si j'avais su, je me serais battue pour qu'on poursuive les recherches…'
L'Auror sourit en posant sa main sur la sienne.
-'Tu ne pouvais pas savoir. Voldemort n'est pas fou ; il a choisi un endroit où il était sûr que personne allait me trouver.'
La jeune maman approuva, la mine triste. Ron, à ses côtés, pressa sa main pour la rassurer. Il n'avait pas dit un mot depuis qu'Harry avait commencé à raconter son histoire. Il s'éclaircit enfin la gorge puis parla :
-'L'important est que tu es en vie. Nous avons tous vécus de durs moments, mais maintenant tout est fini. Nous allons pouvoir reconstruire ce qui a été détruit et respirer de nouveau. Pendant tout ce temps, nous avions ta mort sur notre conscience, mais c'est aujourd'hui avec une nouvelle confiance que nous reprenons nos cheminements. Je…je suis…très heureux que tu sois de retour, Harry.'
Il baissa les yeux alors qu'Hermione éclatait en sanglots. Le Survivant fut reconnaissant de ce petit discours et il comprit, malgré le peu de signes d'affection qu'ils se montraient, combien Ron était touché. La gorge serrée, il hocha la tête, sans pouvoir ajouter un mot. Un silence s'installa pendant un instant, chacun profitant de la présence de l'autre, puis le rouquin rompit le silence.
-'Il est maintenant temps pour toi de voir Ginny, je crois,' dit-il d'un ton grave.
Le cœur d'Harry se serra à un point tel qu'il pensa que celui-ci allait exploser sous la pression. Ses mains se mirent à trembler et il du les cacher sous la table pour que personne ne le remarque. Hermione se mordit la lèvre sans oser regarder le jeune homme dans les yeux. Ron le fixait de son air impassible et Harry devina tout de suite que quelque chose l'attendait.
-'Qu'est-ce qui se passe ?' demanda t'il, suspicieux.
Il s'était attendu à ce que tout ne soit pas comme avant, bien sûr. Il n'avait aucun doute sur le fait que les séquelles seraient profondes et graves, mais de savoir qu'il s'était passé quelque chose le torturait plus qu'il ne l'avait imaginé.
-'Que lui est-il arrivé ?' s'empressa t'il d'ajouter en se crispant sur sa chaise.
-'Calme toi, vieux,' répondit doucement Ron. 'Elle va bien. Je…j'aimerais t'en dire plus, mais je crois que tu dois voir par toi-même.'
Il lui dit alors que Ginny avait déménagé dans une petite maison près du Terrier. Il lui indiqua le chemin, et comme Harry voulait immédiatement aller la rejoindre, Ron et Hermione le reconduirent jusqu'à la porte. La jeune maman le serra fortement dans ses bras en le faisant promettre de revenir et Ron lui fit une légère accolade.
-'Ne saute pas trop vite aux conclusions, d'accord ?'
Harry ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire. Il avait tellement hâte de rejoindre Ginny que son cerveau ne semblait plus fonctionner. Il fit un dernier signe et voulut tourner les talons pour s'engager sur le chemin de terre lorsque Ron l'arrêta.
-'Bienvenu chez toi,' lui dit-il en souriant.
Sur un dernier signe d'adieu, Harry marcha pour rejoindre la femme de sa vie.
De voir la maison de Ginny, petite et blanche, Harry se mit à douter de ce qu'il faisait. Comment réagirait-elle ? Lui sauterait-elle dans les bras ? S'effondrerait-elle au sol en remerciant le ciel ? Peut-être même ne le reconnaîtrait-elle pas…Il est vrai qu'il était terriblement mince et faible, beaucoup moins beau que lorsqu'ils s'étaient mariés, au moment où il était encore au commande de l'armée. Ses muscles auparavant bien évident s'était dégonflés, son corps était d'une maigreur effrayante et ses traits beaucoup plus durs…
Son cœur battait à tout rompre alors qu'il s'avançait sur le petit chemin de terre qui menait à la maison. Il en avait mal au cœur. Ce n'était pas un rêve, il le savait. Il était effrayé à l'idée de ce qu'il pourrait voir. Lorsqu'il atteignit la maison, il fit une courte pause. Avait-il le courage d'aller cogner à sa porte ?
Il fit quelque pas et il la vit, là, par la fenêtre. Il sentit son corps s'amollir, son âme exploser d'une joie indescriptible. Elle était là. Juste devant lui. Elle lui tournait le dos et elle s'affairait sur un chaudron, au dessus de la cuisinière. Il la vit repousser ses cheveux, coupés aux épaules en un joli dégradé, d'un geste rapide du poignet. Il l'observa avec avidité, les yeux fixés sur elle. Son ange…que c'était bon de la revoir ! Il ne bougea pas pendant un long moment, incapable de détacher son regard. Elle était si belle…Il était si concentré à la regarder qu'il sursauta violement lorsqu'il la vit se pencher et prendre un enfant dans ses bras. Il recula, horrifié, et trébucha contre la plate-bande. Il tomba lourdement sur le sol, sonné. Un enfant…elle avait un enfant ! Son cœur s'arrêta complètement. La douleur était si intense qu'il agrippa sa poitrine en serrant les dents. Non ! Non !!! Ce ne pouvait pas être vrai ! Elle ne pouvait pas….
Ron et Hermione avait bien fait de ne rien lui dire. Que Ginny ait refait sa vie aussi vite le chamboula complètement. Comment avait-elle pu ? Il sentit une grande déception l'envahir, comme si le soleil ne pourrait plus jamais briller et que la pénombre assombrirait son âme pour le reste de sa vie. Comment avait-il seulement pu croire qu'il pouvait être heureux ?
Il se releva, tranquillement, puis regarda une dernière fois par la fenêtre. Elle n'était plus là. Tant mieux. La regarder, maintenant qu'elle avait refait sa vie, était un blasphème. C'était mieux pour elle qu'il parte en croyant qu'il était mort, pour qu'elle puisse continuer de vivre sans remords. Il tourna le dos à la fenêtre et s'en fut sur le chemin. Mais il ne pu aller bien loin. Il se retourna une dernière fois pour regarder la maison, puis il la vit. Ginny. Son visage s'était défini avec la guerre, plus sombre, plus mince, et ses traits s'étaient étirés. Les cernes sous ses yeux trahissaient son manque de sommeil… Mais elle était toujours aussi belle. Le cœur brisé, Harry la fixa sans retenu, transmettant par son seul regard quel mal il avait de partir et de la laisser vivre sa vie.
Il ne pouvait pas partir comme ça. Ses pieds, cloués au sol, refusaient de lui obéir. Maintenant qu'elle était là, il n'avait plus le choix. Il allait devoir ravaler sa peine et venir lui annoncer son retour. Il s'avança lentement vers elle, sans la quitter des yeux, puis monta les quelques marches qui les séparaient. Il vit des larmes perler à ses yeux. L'enfant qu'elle tenait dans ses bras l'observait de ses yeux bleus, sans comprendre. Harry n'osa pas parler. Ce garçon captait toute son attention. Il avait des cheveux en bataille d'un noir de jais, des traits qui lui semblait familiers.
-'Comment…comment s'appelle t'il ?' demanda le Survivant d'une voix rauque.
Ginny eut un petit sourire en regardant son fils.
-'James.'
Le cœur du jeune homme cognait douloureusement dans sa poitrine. Le nom de son père.
-'Écoute Gin…Je ne resterai pas longtemps, je vais te laisser vivre ta vie heureuse, sans te déranger…Je venais juste te dire que j'étais de retour et que…enfin…je voulais te remercier.'
La rouquine fronça les sourcils, sans comprendre.
-'Grâce à toi, j'ai pu survivre. L'amour que j'éprouvais, et que j'éprouve toujours, était trop fort pour mourir. Grâce à toi, j'ai pu de nouveau voir la lumière.'
Sa bien-aimée broncha. Elle le regarda, perplexe. Sa bouche s'entrouvrit, comme si elle voulait répliquer.
-'Non, ce n'est pas la peine de t'expliquer. Tu es une très belle femme, il est normal que tu te sois remarié et que tu es voulu fonder une famille. Je te souhaite une belle vie.'
Il l'embrassa rapidement sur le front puis tourna rapidement des talons. Il devait partir, cela lui faisait trop mal de devoir la laisser.
-'Harry !'
Il était trop tard. Le jeune homme l'ignora et se mit à courir sans regarder en arrière.
Voilà ! Je suis sûre qu'il y en a certain d'entre vous qui serons choqué par ce long chapitre qui se termine si mal ! Ne vous inquiètez pas ! Un autre chapitre est en route ! J'ai eu une idée de dernière minute et voici le résultat hihi J'espère que vous n'êtes pas trop fâchés ! Je remercie tout ceux qui me lisent et qui laisse des reviews, j'apprécie vraiment. Alors, on se revoit bientôt (et c'est vrai cette fois, la suite viendra très bientôt) Reviews please !!!!
