Comme promis, je vous donne le chapitre 19 dans les plus brefs délais ! J'espère que vous l'apprécierez autant que j'ai eu de fun à l'écrire Alors bonne lecture !
Dans les ruelles sombres de Londres, qui se remettaient peu à peu de la guerre, était accroupi un jeune homme. Sale et puant, il empestait le whisky à des kilomètres à la ronde. À cette heure tardive de la nuit, on aurait bien pu, autrefois, le regarder avec un drôle d'air en murmurant et en hochant la tête, mais après toutes ces années de souffrances, nombreux étaient les gens devenus fous. Toutes ces pertes d'êtres chers, toute cette pauvreté et privation, voilà les causes d'autant de malheur. Mais peu à peu, le pays s'en remettait. Le peuple se relevait péniblement, mais avec la conviction que Voldemort était parti pour de bon. On voyait un ciel clair le jour et les étoiles la nuit. On pouvait sentir la fraîcheur de la liberté en humant l'air humide du matin et une brise d'espoir lorsque venait le soir. Chacun et chacune persévéraient à remettre dans l'ordre leur ville, s'entraidant, travaillant d'arrache-pied, parfois même sans être payé ; mais que valait l'argent ? Absolument rien. La valeur monétaire avait chuté depuis longtemps ! On s'échangeait alors services, nourritures, vêtements ou mêmes animaux en guise de remerciements. C'était un nouveau départ.
L'homme, ivre et assoupi, gémit dans sa demi conscience. La nuit était fraîche et il n'avait qu'un léger manteau sur le dos. Peu lui importait ; tant qu'il arrivait à oublier sa vie, tout était pour le mieux. Peut-être vous demandez-vous pourquoi il n'y a pas mit fin, tant qu'à vivre dans l'alcool et la folie ? La réponse est bien simple : il a essayé, plusieurs fois, sans jamais y parvenir. Une force semblait l'en empêcher lorsque venait le moment crucial. Cela le mettait en colère, au point de tout détruire autour de lui jusqu'à ce qu'il s'effondre, épuisé. Il avait constamment cette rage en lui, bouillonnante, chauffant son sang à vif et parcourant ses veines à une vitesse incroyable. L'alcool diminuait cet effet pendant un moment, mais lorsqu'il reprenait le contrôle sur son esprit, son enfer semblait encore plus noir. Il était perdu. Perdu au plus profond de ses souvenirs.
Tassé contre le mur de brique, l'homme essaya tant bien que mal de se relever. Vainement. Il abandonna en soupirant après quelques secondes. Son corps lui faisait atrocement mal, mais pas plus que sa tête qui semblait sur le point d'exploser. Il sortit un flacon de sa poche et but plusieurs gorgées en grimaçant. Il expira ensuite bruyamment, soulagé, puis retomba dans son sommeil comatique. Il ne vit pas un homme, grand et mince, s'approcher de lui. Ron se pencha vers lui et, retenant un haut-le-cœur, soupira.
-'Oh Harry…' dit le rouquin tristement en voyant dans quel état était son meilleur ami. 'Qu'est-ce que tu as fait ?'
Il essaya de le relever, mais Harry se réveilla soudainement et se débattit.
-'Fou le camp, j'ai pas besoin de ton aide,' maugréa t'il sauvagement en retombant contre la brique. 'Je vais parfaitement bien. Retourne voir ta petite famille et laisse moi tranquille.'
Ron le fixa un bon moment, sans bouger. Harry grogna et voulut le frapper au visage ; le jeune père l'esquiva en faisant un pas sur le côté. Le jeune homme tomba lourdement sur le sol et cela ne fit que le mettre plus en colère. Il se releva péniblement et tenta une nouvelle fois de frapper son meilleur ami, encore sans succès. Ce manège dura quelques minutes, jusqu'à ce que Ron se fâche à son tour et le cogne fortement sur la mâchoire. Le Survivant s'effondra au sol en grognant. Il s'assit maladroitement, cracha du sang par terre et fixa Ron avec un regard noir.
-'Que me veux-tu, hein ?' demanda t'il sèchement en s'essuyant la bouche d'un revers de main. 'Rire de mon malheur ?'
-'Jamais de la vie, pauvre idiot,' répondit le rouquin en fronçant les sourcils. 'Tu me connais mieux que ça, voyons.'
Harry eut un rictus.
-'Je ne te connais pas. Tu n'es rien pour moi.'
Le jeune se recroquevilla contre le mur en riant bêtement. Il tira son flacon de sa poche et dévissa le bouchon en regardant Ron droit dans les yeux.
-'Retourne donc à ta vie parfaite, ' se moqua t'il méchamment. 'Retourne baiser ta femme pendant que ton gosse s'amuse au rez-de-chaussée.'
Ron sembla doubler de taille et son visage tourna au rouge. Il s'approcha de lui à une vitesse hallucinante et lui arracha son flasque avant de le jeter au bout de ses bras et d'agripper violement Harry par le collet de sa chemise.
-'Ça suffit,' siffla t'il d'une voix menaçante. 'Je t'interdis de parler de ma famille de cette façon ! Acharne toi sur moi tant que tu veux, mais laisse ma femme et mon enfant en dehors de tout ça !'
Il le laissa ensuite tomber, dégoûté.
-'Il est grand temps que tu te reprennes, ça fait des semaines que je te cherche,' ajouta t'il d'un air sévère. 'Il faut que tu vois Ginny.'
Harry tressauta. Entendre son nom lui était si pénible…
-'Jamais,' s'exclama t'il d'une voix butée. 'Elle a une belle vie sans moi, qu'elle la garde ! Je n'en ai rien à cirer !'
-'Ouais, c'est ça, cause toujours,' répondit sarcastiquement son ami. 'Maintenant, ferme la et suis moi.'
Le jeune homme éclata de rire.
-'Non.'
-'Non ?'
-'Non. C'est clair, il me semble. Ne me dis pas que la guerre ta rendu stupide à ce point là !'
Harry attendit sa réaction. Sans savoir pourquoi, provoquer Ron lui apportait un réconfort et une force qu'il n'avait pas soupçonnés. Il savait qu'il touchait des points faibles et cela le rendait jubilant.
-'Ça suffit. Tu es complètement ivre et certainement pas dans l'état de juger ce qui est bon pour toi.'
-'T'es qui, toi ? Ma mère, peut-être ? Je suis assez grand pour décider tout seul ce que je fais de ma vie. Et pour l'instant, elle me convient parfaitement. Alors dégage, tu perds ton temps. Je ne bougerai pas.'
Les poings de Ron se serrèrent. Ses jointures blanchirent sous la force alors qu'il essayait de se contrôler. Il prit quelques inspirations pour se calmer puis essaya de nouveau.
-'Suis moi, tu as besoin d'un bon bain.'
-'Je n'ai besoin de rien, t'es sourd ! Va t'en et laisse moi en paix !'
Ron soupira en croisant les bras. Il réfléchit un moment puis sortit sa baguette avec un air faussement désolé.
-'Tu ne me donnes pas le choix, alors !'
D'un bref mouvement de main, Ron fit déverser des litres d'eau sur la tête de son meilleur ami. Le survivant hoqueta alors que le liquide glacial lui martelait le corps. Il s'ébroua en jurant, complètement éveillé à présent. Une douce odeur de jasmin flottait dans l'air et c'est avec horreur que Harry se rendit compte que cette odeur émanait en fait de lui.
-'Très utile avec Evan,' commenta Ron, satisfait de lui-même. 'Il déteste prendre des bains.'
Harry fixa le rouquin, scandalisé. Puis, il se détendit et baissa la tête pour ne pas rencontrer son regard. Ses souvenirs venaient une fois de plus le hanter.
-'J'ai gâché ma vie,' murmura t'il sombrement. 'Complètement fichu en l'air tout ce que j'avais…'
Ron lui tapota l'épaule maladroitement.
-'Ce n'est pas si grave…' l'encouragea t'il d'une voix qui se voulait sincère. 'Tu n'as pas tout compris, voilà pourquoi tu en es rendu là…'
L'Auror leva des yeux embués vers lui. Normalement, il n'aurait jamais pleuré devant Ron ; mais il était saoûl, triste et désespéré.
-'Ne comprends-tu pas, Ron ? Ne vois-tu pas que je suis perdu ? Je me suis battu pendant des mois et des mois interminables pour la retrouver ! J'ai gardé espoir quelle soit vivante et maintenant que je reviens, en vie, prêt à ouvrir mes bras pour la serrer encore et encore, je découvre qu'elle a refait sa vie ! Aussi facilement que ça, en claquant des doigts ! Comment réagirais-tu, toi, si jamais le seul but certain que tu t'étais fixé dans ta vie venait de s'effondrer à tout jamais ? Je suis partie, que voulais-tu que je fasse ? Que je la félicite ? J'avais si mal, Ron, si mal ! Ginny était ma vie ! Et de la voir, heureuse avec quelqu'un d'autre que moi, avec des enfants qui ne sont pas les miens, ça m'est insupportable ! Mais je l'aime tellement ! Je ne suis même pas foutu de me tuer pour abréger mes souffrances ! J'en suis incapable ! En plus d'être abandonné, je suis trop lâche pour mettre fin à cette vie de merde…Je suis destiné à vivre seul, errant et détruit dans ce monde d'injustice qui m'a toujours rejeté…'
Il frappa le mur avec son poing et jura en voyant sa main se mettre à saigner sous la rudesse de son coup. Il essuya rapidement les larmes sur ses joues de sa main libre et serra l'autre contre son cœur.
-'Harry…'
-'Non, Ron. Je suis né avec cette malédiction. J'étais destiné à me battre toute ma vie et de voir les gens autour de moi heureux alors que moi je ne le suis pas. Te…te voir, toi, Herm et Evan, ça me brise le cœur. J'aurais tellement souhaité une vie comme ça…Lorsque je l'ai vu, j'ai cru que le monde chavirait. Cet enfant…Oh, il était si beau ! Je voyais en lui la force de Ginny, ses traits ! Il me fixait avec de grands yeux et ce regard, c'était un regard plein de courage et d'entêtement…'
Il soupira. Il en avait assez.
-'Maintenant, pars. S'il te plaît.'
-'Je…je ne peux pas…' balbutia Ron, mal à l'aise.
Il avait la gorge nouée tant ce qu'Harry lui avait dit l'avait touché. Tout dans son regard, ses mots, sa peine, démontrait son immense amour pour ceux qu'il aimait. La vie avait été tellement injuste envers lui…
-'S'il te plait…ne perds pas ton temps avec moi. Tu as une femme, des enfants…Va les rejoindre, c'est mieux pour tout le monde.'
Ron hocha de la tête, incapable de faire quoi que ce soit. Il aurait voulu le serrer dans ses bras, comme il prenait Evan quand il était triste, et apaiser sa peine. Mais l'orgueil l'en empêchait. Il se maudit intérieurement de tant de faiblesse ; il avait combattu avec bravoure, affronté les pires dangers, mais il n'était pas capable de serrer son meilleur ami dans ses bras.
-'Je ne peux pas te laisser comme ça, Harry,' répondit le rouquin d'une voix sombre. 'Je suis ton ami, alors écoute moi. Je suis venu pour te ramener et je compte bien le faire. Ginny est venu chez moi il y a un mois. Elle pleurait. Elle m'a dit que tu étais venu la voir, mais que dès que tu as vu l'enfant, tu t'es enfui. Elle avait si peur d'avoir rêvé…lorsque nous lui avons annoncé que tu étais bel et bien vivant, elle a remercié le ciel des centaines de fois. Jamais je ne l'avais vu plus heureuse depuis tant de temps. Si tu savais à travers quoi elle est passée ! Ta perte a été la plus dure à encaisser pour elle, surtout après…bref. Elle m'a fait promettre de te retrouver et de te ramener à elle. Comme il se doit. Tu es son mari, Harry, tu as des responsabilités envers ta femme. Alors, tu peux comprendre que je ne peux pas t'abandonner ici.'
Un lourd silence s'installa. Harry se mit à réfléchir à toute vitesse. Elle voulait le revoir, le ramener auprès d'elle. Qu'est-ce que tout cela signifiait ? Était-il vraiment encore considéré comme son mari ? Elle avait été déclaré veuve, elle avait la liberté de faire ce qu'elle voulait.
-'Je…je ne sais pas si j'ai la force,' finit-il par admettre après un moment. 'Cet enfant…il me hante. Il hante mes pensées et mes rêves…'
Ron baissa les yeux en se mordant la lèvre.
-'Écoute…' dit-il d'une voix hésitante. 'Ce n'est pas à moi de te dire ça…mais si c'est si nécessaire, je vais le faire. J'aurais cru que tu comprendrais par toi-même, mais bon...'
Il joua avec un bouton de son manteau, puis prit une grande inspiration.
-'Ce n'est pas facile à dire, tu auras sûrement un grand choc et je…je ne sais pas si c'est…enfin…je…'
-'Arrête de tourner autour du pot, Ron,' maugréa le Survivant, agacé. 'Tu sais que je déteste quand tu fais ça.'
Le rouquin eut un faible sourire.
-'Écoute…James a des traits qui te sont familiers, non ?'
-'Oui, il ressemble beaucoup à Ginny. Si c'est ça ta nouvelle, eh bien, elle ne me choque pas vraiment…'
-'Mais non, laisse moi finir. Il ressemble à Ginny, c'est vrai. Mais à qui d'autre ?'
-'À son père, sûrement, quelle question !'
-'Exactement. Et qui serait son père d'après toi, si tu te souviens bien de son visage ?'
Harry leva les yeux au ciel, exaspéré.
-'Mais comment tu veux que je le sache ! J'ai été loin pendant si longtemps ! Ça peut être n'importe qui ! Si tu voulais tourner le fer dans la plaie, bravo, tu as réussis. Je n'ai pas le goût d'apprendre qui est son père, et –'
-'Harry ! Calme toi, tu ne comprends rien !'
-'Ben alors explique mieux parce que tu ne me convainc pas beaucoup présentement !'
Tout deux se turent pendant un moment. Ron soupira en se passant une main dans les cheveux, puis poursuivit.
-'Tu lui donnes quel âge ?'
-'Quoi ?'
-'Combien d'année tu lui donnes ?
-Ça, je savais,' répliqua sèchement Harry en croisant les bras. 'Mais je ne vois pas à quoi ça me sert de le savoir.'
-'Répond, s'il te plaît.'
-'Bon, bon…je lui donne pas plus de deux ans…'
-'Exactement !' s'exclama Ron en souriant. 'Et qu'est-ce que cela implique ?'
-'Quelle a trouvé un homme dès que je suis partie en guerre…,' répondit Harry en haussant les épaules.
Lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de dire, son cœur sembla s'arrêter.
-'Ron…Tu…tu veux dire que…que…'
Harry resta bouche bée. Non ! C'était impossible ! Elle ne le lui avait jamais dit…elle n'avait montré aucun signe ni rien…était-elle si malheureuse avec lui pour se prendre un amant ?
Voyant la mine horrifiée de son meilleur ami, Ron resta suspicieux quant à la compréhension du message qu'il avait voulu passer. Il le regarda s'asseoir, les yeux perdus dans le vide, la bouche entrouverte.
-'Elle…elle me trompait déjà avant que je parte à la guerre ?' murmura Harry d'une voix aigu. 'Et tu le savais ? Tu ne me l'as jamais dit ? Comment as-tu pu-'
-'Non !' s'empressa d'intervenir Ron. 'Ce n'est pas ça du tout !'
-'Non…non, tout est clair maintenant. J'ai compris…T'es un vrai pote, Ron, de m'avoir ouvert les yeux…'
-'Non, mais tu ne comprends rien ! C'est ton enfant, Harry !'
Le temps sembla s'arrêter pendant un moment. La voix de Ron résonna dans la ruelle en répercutant ses derniers mots contre les murs de briques. La nuit devint soudainement silencieuse, attentive. Harry, figé, fixait le jeune père d'un air ahuri.
-'Quoi ?'
Eh voila ! Il était court, je sais, mais c'est que le dernier chapitre, donc le chapitre 20, sera réellement le dernier et je me dois de finir le 19 là :P Ne vous inquietez pas ! Je n'aurais jamais osé laisser finir mon histoire de cette manière ! Ma vie aurait été en danger :P Alors, c'est sa, n'oubliez pas les reviews !
