Titre : Les Choses Qui Changent 2/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profile pour le lien vers le site de l'auteur).
Résumé : Après Poudlard, tout change.
Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.
Béta : Elentári.
1.
Ce n'est pas le Chaudron Baveur, mais le bar dans lequel Harry s'est traîné ce soir est aussi chaleureux, si ce n'est plus simple. C'est un peu plus loin dans le Chemin de Traverse. Il a été remarqué une fois ou deux de trop cette semaine, donc Ron a suggéré le Bec de Chauve-souris à la place.
Il mange ses frites et son curry en regardant les clients entrer et sortir. Les affaires de ce bar semblent aller bon train, peut-être encore plus du au froid qu'il fait dehors. Quand la porte s'ouvre, le courant d'air arrive sur Harry. Son curry s'est solidifié et ses frites sont devenues toutes dures, mais la Bièreaubeurre est toujours correcte.
Il la boit et fait signe pour demander un autre verre. Il attrape une nouvelle frite et la trempe dans le curry, le cassant pour mieux pouvoir la tremper. Il mâche et mâche et il est reconnaissant de pouvoir être tranquille.
Ne serait-ce que pour un instant, apparemment.
Quelqu'un se glisse à côté de lui, à la table où il est assis, seul. Le serveur dépose deux verres de Bièreaubeurre. L'autre personne en prend un et pousse le deuxième vers Harry.
« Harry Potter ? » demande une voix basse.
Harry ferme les yeux et soupire. « A votre avis ? »
Il y a un petit tintement. L'autre personne glousse. « C'est ce que je pensais… »
2.
Etre un Auror signifie, entre autre, vigilance constante, n'importe quand et n'importe où. Etre un Auror requiert le désir de se dépasser, toujours.
Il y a une chose qui travaille Harry, alors qu'il s'assoit dans son box, remplissant des dossiers. C'est là, dans le fond de son esprit. C'est là depuis des mois. Il marche pour rentrer chez lui, les mains dans les poches, il donne des coups pieds dans les feuilles, et ça ne quitte jamais vraiment son esprit.
Il y pense quand il passe devant le Bec de Chauve-souris. Il y pense quand il passe les portes du Chaudron Baveur pour aller dans le Londres moldu. Il y pense même quelquefois quand il est dans le métro.
Cette nuit – dont il n'a aucun souvenir.
Il n'a également aucun souvenir de la défaite de Voldemort, détruisant le dernier Horcruxe, dans la bataille où Neville a tué Bellatrix Black, où Hermione et Ron ont donné chasse à Pettigrew jusqu'au manoir des Malfoy et l'ont capturé pour Harry. Il ne se rappelle pas de ça, mais il a ses amis pour lui raconter ce qui s'est passé, il a vu leurs souvenirs dans une Pensine, aussi affreux qu'ils soient. Il n'a pas besoin de plus.
Mais cette nuit, cette même nuit où il est allé au Bec de Chauve-souris – il n'en a aucun souvenir.
Il n'y fait pas attention, parce qu'il se dit que ce n'est rien. Il a déjà eut des nuits où il avait trop bu. Il est assez vieux pour le regretter, mais pas assez pour arrêter. Vingt ans et il est à la fleur de l'âge. Un bon travail – des bonnes perspectives d'évolutions. Un appartement décent dans une banlieue de la ville qui ne craint trop, mais pas complètement pleine de mamans et de landaus, non plus.
Il mange au dîner un repas Mexicain à emporter qu'il ramène à son appartement, a des maux d'estomac au moment de se coucher, et se glisse à minuit entre des draps froids et froissés.
3.
Quand Harry rêve, il rêve qu'il fait l'amour à une femme. Elle est brouillée, ses lunettes étant tombées et sa peau est comme une peinture de Monet – tâches de rouges sur ses joues, des étendues de peinture épaisse, pâle et irrégulière, s'élevant ici, chutant là, les huiles toujours malléables sous ses mains. Ses tétons sont les parties les plus raffinées faites par un pinceau en poil de chameau, petits et foncés.
Elle le chevauche, ses hanches bondissant et ondulant. Son sexe pulse à l'intérieur d'elle. Il descend ses mains vers ses plis, dans l'intention de lui donner du plaisir, mais elle les repousse, donc elles restent sur ses hanches, malaxant la peau fine qui recouvre ses os. Elle est mince, mais elle pèse quand même.
« Tu aimes ça ? » murmure-t-elle. « Tu aimes être à l'intérieur de moi ? »
Jamais il ne répond, jamais. Il veut, mais ses mots sont des grognements incompréhensibles quand elle bouge ses hanches, serre ses cuisses et resserre son vagin autour de lui. Sa chemise est ouverte, étalée sur son torse où ses mains explorent. Elle presse ses mains sur son sternum, son souffle chaud dans son cou.
Elle ne l'embrasse jamais. Il ne peut pas l'embrasse en retour. Il essaye de l'atteindre, mais elle rit de lui, de façon basse et moqueuse, parfois de façon plus riche et lente.
Les seuls mots qu'il dit sont « Pourquoi moi ? Pourquoi moi ? » Il se réveille avec une érection, et l'odeur indéniable de fleurs et d'eau de Cologne s'attarde dans son esprit. Sa gorge lui fait mal à cause des burritos et sa bouche a le goût de haricots réchauffés et de la bière bon marché qu'il garde dans son frigo.
Il rampe jusqu'aux toilettes, penche sa tête au-dessus de la cuvette puis se traîne jusqu'au boulot.
4.
C'est début Décembre et Harry rentre chez lui en marchant, comme il en a l'habitude. Il n'aime pas transplaner directement du Ministère à chez lui. Il préfère, le premier Lundi de chaque mois, transplaner sur le Chemin de Traverse, chercher sa paye chez Gringott's et s'acheter le nouveau numéro du Quidditch Illustré dans le magasin du Chemin de Traverse. Il prend plaisir à se balader tranquillement le long de l'allée zigzagante, son col relevé et sa capuche baissée.
Après tout, il vit seul. Ses nuits sont consacrées à regarder le foot à la télé, ou peut-être aller dîner chez Ron et Hermione, dans leur maison du Devon, mais généralement, il s'ennuie. Il a tout le temps du monde, maintenant qu'il n'y a plus de Seigneur des Ténèbres à ses trousses.
Une ombre passe. Harry cille et lève les yeux de son magasine. Il soupire et pense, Pas encore un photographe.
Mais ce n'était pas le cas.
Les ombres ne se traînent pas lentement comme ça. Les ombres ne se précipitent pas sur une poubelle comme ça. Les ombres n'ont de robes épaisses qui volent et s'enroulent autour leurs chevilles comme ça.
Harry fourre son magasine dans sa poche et suit. Ce n'est pas difficile de suivre quelque chose qui se déplace aussi lentement, même si ça essaye de se précipiter dans les allées entre les boutiques. Il y a des flaques se formant entre les pavés et les traces de pas qui en ressortent en disent long à Harry. Lourd, avec des pieds de taille moyenne. L'espacement des pas lui fait penser que la personne est mâle, pourtant ils ne sont pas réguliers, comme si… l'homme boitait.
Il se demande si Crabbe et Goyle sont toujours vivants. Il n'avait jamais pensé à eux, même durant la guerre, mais c'est le genre de choses qu'ils pourraient faire.
Les flaques éclaboussent ses baskets tandis qu'il se déplace, traquant un suspect comme s'il était sur le terrain. Il sourit, l'excitation faisant battre rapidement son cœur et bouillir son sang. C'est exaltant, avec l'air froid et sec sur son visage. Il est proche, assez proche pour saisir le suspect ; Harry le retourne rapidement, mais il pèse plus qu'il ne l'avait imaginé.
Il reste figé un instant en voyant la chevelure blonde mal coiffée et sans vie, et les yeux gris écarquillés.
« - Toxicodendrus ! »
Harry crie lorsqu'une irritation brûlante envahit son corps. Son visage se boursoufle alors qu'il essaye de griffer sa peau, se grattant furieusement. Il tombe à terre, se tordant et gémissant de douleur, essayant d'arracher ses vêtements de façon à pouvoir frotter son corps sur les pierres rugueuses. Tout, tout brûle, comme si une centaine de fourmis le mordaient toutes à la fois.
Il n'a pas le temps de regretter le fait d'avoir perdu de vue Malfoy avant qu'il soit allongé à Ste Mangouste, couvert de cataplasmes de la tête aux pieds.
