Titre : Les Choses Qui Changent 3/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profile pour le lien vers le site de l'auteur).

Résumé : Après Poudlard, tout change.

Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.

Béta : Elentári.


1.

Cela a pris une semaine avant que les médicomages de Ste Mangouste ne lui donnent ses papiers de décharge et une autre longue semaine de soirées passées dans la salle des archives avant que Harry ne trouve une liste de chaque propriétaire sur le Chemin de Traverse et les 10 pâtés de maison alentour, toute direction confondue, dans Londres. Bien sûr, la plupart de ces propriétaires sont de louches créatures squelettiques avec beaucoup trop de chats et de temps ; et seulement quelques uns d'entre eux donnent la liste de leurs locataires lorsque Harry leur montre sa carte d'Auror.

S'il y avait un moment où il aimerait pouvoir utiliser une Carte des Maraudeurs du Chemin de Traverse, ce serait maintenant.

Il n'y a simplement aucune trace sur Draco Malfoy, pas depuis 1998, lorsqu'il fut aperçu dans le Lincolnshire en compagnie d'un homme grand et aux cheveux noirs qui, Harry savait, était Rogue. Après cela, plus rien. Le Ministère a des vagues mandats et déclarations lui demandant de se rendre devant le tribunal du Magenmagot, mais vu que personne ne sait où il est, ni s'il est encore vivant, rien n'a été fait.

Harry fait quelque chose maintenant. Le Niffleur tire sur sa laisse, poussant une sorte de reniflement geignant. Il soupire et donne un coup sur la laisse, disant doucement, « J'espère que cette fois ça y est. » Il a du remplir des papiers pendant toute une semaine avant que le Département des Autres Usages de Créatures Magiques pour de Bonnes Raisons (comptant en tout une vieille sorcière) ne l'autorise à emprunter le Niffleur pisteur.

Il n'y a aucune porte ici. Les trois derniers logements de cet immeuble délabré n'ont rien donné. Une harpie qui a menacé d'utiliser un sortilège pour le départir de ses boules, un vieil homme qui a demandé à combien été les barres de chocolat (aux dernières nouvelles Harry n'en vendait pas) et une fille avec un bébé sur la hanche et un gamin attaché à son tablier qui lui rappelait fortement Daphné Greengrass de Poudlard et il espère que ce n'était pas elle, mais quelque part il pense que si.

« Je suis pas sûr, » murmure-t-il au Niffleur, qui lève la tête pour le regarder, les yeux brillants. Il dessine un carré dans le vide à l'aide de sa baguette et murmure l'incantation. Cela rebondit vers lui, passant derrière l'oreille, et allant se crasher en bas de la cage d'escalier tout en bourdonnant.

« Et bien, » dit-il, « je vois qu'il y a une barrière ici. » Il donne au Niffleur une petite bague dorée. Le Niffleur saute et la chope dans ses mâchoires, la mâchonnant comme un chien avec son os. « Je suppose que tu avais raison. »

Il jette un sort de Soudure sur sa baguette et coupe à travers le mur, des éclats irréguliers et de la poussière volent. C'est un travail difficile et long, il sue assez pour que le sel lui brûle les yeux, mais il force son passage dans la pièce.

C'est bon signe.

Cependant, entendant les pleurs d'un bébé, Harry réalise que ce n'est pas bon signe. Pas du tout. Son cœur bat rapidement. Il ne sait pas du tout utiliser ses capacités d'Auror en situation réelle. Il découpe son passage dans l'appartement d'une pauvre sorcière juste parce qu'il pensait-

Il y a du sang, partout. Recouvrant les tapis bon marché. Des tâches et traces sur le sol, marron séché et sombre. Tout dans cet appartement sent le sang, et la merde, aussi. Harry inspire et cela faillit le submerger.

Le Niffleur Pisteur est assis sur ses pattes de derrière et geint. Il commence à secouer son arrière-train comme s'il voulait sortir, et s'éloigner de cette… cette scène de crime.

Il se refroidit soudainement. Il brandit sa baguette et lâche la laisse. Il jette un sortilège de Bouclier sur l'appartement et bouche le trou au milieu du mur. Il soupçonne l'existence d'une porte, mais elle doit être cachée par la magie. Apparemment assez noire.

Il y a toujours des sorciers criminels en liberté et quelques Mangemorts introuvables. Amycus Carrows. Rabastan Lestrange. Et maintenant, Harry a vu les rapports, probablement Draco Malfoy.

Il s'avance silencieusement dans l'appartement, suivant les traces de sang. Un corps a été traîné. D'après l'odeur, Harry soupçonne que ce soit récent. Ses yeux bougent constamment alors qu'il se déplace, allant et revenant avant qu'il ne fasse un pas silencieusement, tout comme à l'entraînement. Son pouls s'accélère et son cœur bondit dans sa poitrine. Il n'y a pas plus excitant que la première mission sur le terrain, disent-ils, et ceci est ce qui s'en rapproche le plus pour Harry.

Les sons d'un bébé qui pleure augmentent. Harry essaye de ne pas se focaliser sur les pleurs – le son est étrange, très… différent des sons qui produit la fille de Bill et Fleur, et elle a bientôt un an. Quel bâtard dérangé kidnappe des enfants et les torture comme ça ? Son estomac se contracte. L'odeur métallique du sang est oppressante. Le sol grince sous le poids de Harry. Il s'approche d'une porte fermée. Les traces de sang continuent derrière la porte.

Il respire un grand coup et ouvre la porte.

2.

C'est tout de suite évident que cela, cela est l'endroit où le bâtard a amené le corps. Harry recule devant l'odeur de merde, de pisse, de corps sales et du sang, sang, sang. Il y a également autre chose derrière l'odeur. Quelque chose que fait penser à Harry au talc de la salle de bain des Weasley au Terrier.

C'est ici que le bâtard retient aussi le bébé. Aussitôt que Harry pousse la porte d'un geste rapide, les pleurs recommencent, des cris perçants, qui semblent ne faire qu'augmenter. « Saleté de bâtard ! » crie Harry, s'élançant et-

Il faillit tomber à la renverse et glisse sur les draps ensanglantés tombés au sol.

Malfoy est allongé sur le lit, roulé en boule, petit et le teint gris, dans un nid de serviettes et de draps ensanglantés, tenant un bébé dans ses bras. Les bras rouges du bébé s'agitent, en contraste complet avec la pâleur de Malfoy, son regard délavé clignant lentement et apercevant Harry.

« Tu m'as donc trouvé, » dit-il, lent et léthargique, comme s'il était sous sédatifs. Ses yeux se ferment, de lourdes cernes violacés les entourant. Il bouge un peu, ajustant ses bras autour du bébé emmailloté.

« Saleté de bâtard- à qui est le bébé que tu as kidnappé ? » fulmine Harry. Il avance rapidement vers Malfoy, pointant sur sa gorge sa baguette. « Dis-le maintenant ou j'appelle des renforts. »

Malfoy ne semble pas trop perturbé par la baguette pressée sous son menton. A la place, il commence à rire, un toussotement sec et rauque venant de ses lèvres desséchées. Il bouge à nouveau, se relevant, et grimace. « Je me demandais combien de temps cela prendrait à l'Elu pour me trouver. »

Harry enfonça plus profondément sa baguette, suffisamment pour que Malfoy se recule vivement et ricane. « Je vais appeler des putain de renforts si tu ne me donnes pas le bébé, Malfoy, de façon à ce que je puisse le rendre aux parents que tu as assassiné. »

Et c'est à ce moment que tout a mal tourné.

Harry s'attend inconsciemment à ce que Malfoy retrousse sa lèvre et marmonne un maléfice, quelque chose de non verbal peut-être, attrape grâce à un Accio sa baguette et commence un duel, mette de côté l'enfant, écrase peut-être sa cervelle sur le mur, et qu'il s'enfuie en transplanant, comme la dernière fois que Harry l'avait vu. La pitié qu'il avait à une époque pour Malfoy, et qui s'était transformée en colère, ne réapparut que lorsque Malfoy éclata en sanglots.

Il se remit droit, sentant sa résolution commencer à faillir devant la vision inconfortable qu'était Malfoy, les larmes coulant le long de son visage pale, pleurnichant, reniflant et serrant près de son corps le bébé. « D'accord – Malfoy, je vais passer un marché avec toi. Donnes-moi le bébé et je n'appellerai pas de renforts. » Harry s'approche d'un pas.

« C'est – le mien, » renifle Malfoy.

« Quoi ? »

Ses yeux sont rouges ; des larmes perlant sur ses joues et son menton. « J'ai dit – c'est le mien. »

« Quoi ? »

« Bébé – c'est la mienne, Potter et -» Malfoy hoquette. Le bébé commence à pleurer plus fort. Malfoy le berce dans ses bras, mais les bras s'agitent et la bouche hurle. Le tas de tissu contre son torse se tortille de plus en plus alors qu'il essaye de le calmer avec des mots étranglés que Harry ne peut comprendre.

« Tu- » Harry secoue la tête, regardant la pièce, le sang, partout. « Mais – qui voudrait – avec toi ? Qu'as-tu fait, assassiné la mère ? »

Il a finalement la réaction qu'il attendait de Malfoy, qui lève les yeux vers lui avec un sourire sournois vacillant. « C'est ce que tu penserais, n'est-ce pas, Potter ? »

« Je pense que tu ferais mieux de venir avec moi au Ministère avec- »

« NON ! »

La lampe derrière Harry explose. Il se met à couvert, mais les morceaux se plantent dans sa nuque et il peut sentir le sang qui commence à perler, comme de la sueur. Le son résonne dans ses oreilles, au-dessus et par delà les cris du bébé. Malfoy lui parle doucement, lui murmurant des choses et Harry se sent, à raison, inconfortable. Harry remue nerveusement sur ses pieds.

« Donc c'est le tien ? » demande-t-il. « Alors pourquoi y a-t-il… du sang partout ? »

Malfoy lève la tête et cligne des yeux lentement, ceux-ci étant lourds et épuisés. Il s'est arrêté de pleurer, mais il renifle. « Ne peux-tu pas deviner ? » dit-il d'un ton traînant, mais sa voix se brise en chemin et Harry doit tendre l'oreille pour l'entendre.

« De quoi tu parles, Malfoy ? » dit-il, soupirant. Si lui avait grandit depuis son départ de Poudlard, vainquant le Seigneur des Ténèbres et obtenant un vrai travail, Malfoy a stagné en tant que complet imbécile. Mais un qui fait que les entrailles de Harry se nouent avec une pitié réticente.

Malfoy pose le bébé sur le lit près de lui. Il bouge ses jambes, les croisant sous une pile de couvertures, et ferme fort les yeux pendant un moment. Harry peut voir son souffle dans l'air et il a lui-même froid. Dehors, il peut entendre les griffes du Niffleur qui claquent alors qu'il se balade dans le reste de l'appartement. « Est-ce que tu crois que quelqu'un coucherait avec moi, maintenant ? Bon Dieu, je suis un putain de criminel maintenant et le monde le sait ! Je suis recherché par le Ministère, si tu ne l'avais pas remarqué, Potter. »

Harry se retient de jeter un sort sur Malfoy pour le commentaire. « Et donnes-moi une raison pour laquelle je ne devrai pas leur dire pour toi ? »

Ses yeux se posent sur le bébé. Ses doigts bougent au-dessus de la couverture dans lequel il est emmitouflé et il lève lentement les yeux vers Harry, ses yeux embués et sombres. « Elle est tout ce qu'il me reste maintenant, Potter, » murmure-t-il. « Le reste de ma famille – s'il te plaît… »

Harry s'avance suffisamment pour que ses jambes touchent le bord du lit. Ca sent fort ici, la pisse et le sang. « Alors pourquoi, » dit-il prudemment, « est-ce que tous les coins de ton appartement sont ensanglantés ? »

« Oh, le fond de la cuisine est propre, » rétorque Malfoy, un léger sourire narquois aux lèvres.

« Malfoy- » Harry le prévient entre ses dents.

Malfoy le fixe pendant un long moment. Son visage est figé, ses lèvres sont une fine ligne pale et sa mâchoire est crispée. Son torse s'élève et retombe, sa pomme d'Adam saute alors qu'il déglutit. « Parce que c'est mon sang, » dit-il finalement.

Le Monde Sorcier est connu pour ses choses étranges. Des choses non-naturelles, même, qui arrivent à des humains qui savent se servir de la magie et jeter des sorts, et même à ceux qui ne savent pas. Harry, cependant, a maîtrisé beaucoup de cette magie au cours des années, Poudlard lui a appris beaucoup, et le monde réel encore plus.

Ce qu'il ne lui a pas appris, c'est comment réagir quand Malfoy ajoute, « Car qui me toucherait ? » parce qu'il sait, il sait à propos de cette femme blonde de ses rêves, la nuit au Bec-de-Chauve-Souris et il peut lui-même compter, les neuf mois qui se sont écoulés depuis.