Titre : Les Choses Qui Changent 6/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profile pour le lien vers le site de l'auteur).

Résumé : Après Poudlard, tout change.

Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.

Béta : Elentári.

NdA : Merci à tous ceux qui ont reviewé et à Elentári pour son travail de correction :)


1.

Il déménage dans la chambre de Potter, et Pyrrha prend la chambre d'ami. Dans la journée, il boutonne sa robe jusqu'en haut, le col de sa chemise tout aussi haut. Le bébé le garde occupé, mais elle fait ses nuits (même si maintenant elle fait rarement la sieste). Potter n'achète plus autant de nourriture à emporter, à la place il cuisine des sandwiches au bacon au dîner, du poulet et des pommes de terre ou autre chose qu'il trouve à l'épicerie. Il ramène des gâteaux au chocolat et Draco est plus que content d'en manger la moitié lorsque Potter est au Ministère.

L'autre moitié, lui et Potter la mangent au lit.

Il ne veut pas que Potter le touche. Il ne veut pas que Potter le vois nu, pas comme ça, ou qu'il le baise comme il baiserait une femme, ou même des fois par derrière. Mais les mains de Potter le touchent constamment lorsqu'ils sont seuls. Potter est constamment en train de déboutonner ses robes, ses chemises et ses pantalons, sa langue est partout, goûtant, revendiquant, ses mains sont partout, touchant, taquinant.

Il laisse faire Potter parce qu'il le veut. Parce qu'il en a envie. Des fois, il est à la maison, Pyrrha jouant dans son parc, et il se met à rougir en pensant aux mains de Potter, serrant son sexe la nuit d'avant, le branlant jusqu'à ce qu'il jouisse. Des fois lorsqu'il jouit, il a le nom de Potter sur les lèvres. Il grogne le nom de Potter lorsque ses lèvres se referment sur la verge du brun, chaude, pleine et amère dans sa bouche, l'étouffant et le brûlant, mais lorsque Potter crie son nom, il frissonne et son sexe explose aussi.

Draco a arrêté d'être embarrassé. Il trouve toujours cela un peu pédé que les mains de Potter n'aient de cesse de le peloter. Des fois, après qu'il ait couché Pyrrha, ils sont en train de regarder cette affreuse boîte parlante, et la main chaude de Potter se faufile dans son pantalon, et Potter sait qu'il peut très rapidement le faire se trémousser, gémir, mouiller et supplier de se faire baiser.

Ils se douchent ensemble le matin, et il lève une jambe autour de la hanche de Potter, s'appuyant contre le mur carrelé et Potter le baise. L'eau assourdit les sons qu'ils font, alors que Potter va et vient à l'intérieur de lui, prenant son rythme avant de s'enfoncer avec un grognement et ses dents s'enfonçant dans l'épaule de Draco. Les gémissements résonnent et la preuve disparaît dans la bonde avec l'eau et les bulles brillantes du savon.

C'est le premier anniversaire de Pyrrha. Draco regrette qu'aucun de ses parents ne soient là pour la voir, leur unique petite-fille, leur unique héritière. Elle, elle s'en fiche complètement. Elle sourit, du chocolat tout autour de la bouche. Elle appelle Draco Papa et Potter, et bien, Draco ne sait pas comment l'appeler, mais elle l'appelle Popa. Draco s'imagine que ce n'est pas grave.

Il brosse ses doux cheveux blonds. Ils sont plus foncés que les siens quand il était bébé, mais sont quand même très clairs. Ses yeux sont passés graduellement de cette couleur boueuse à vert, comme ceux de Potter. Il les regarde parfois. Elle fait de grands sourires et lui babille des choses incompréhensibles, et il se dit qu'il est content qu'elle ait les yeux de Potter, car ils sont beaucoup plus beaux que les siens, qui sont gris.

Weasley, Granger, la sœur de Weasley et quelques uns des amis de Potter, notamment Londubat et une fille aux cheveux blonds filasse et aux yeux globuleux, viennent rendre visite et souhaiter un bon anniversaire à Pyrrha. Elle sourit à tout le monde, de la même façon qu'elle lui sourit à lui, et Draco est jaloux. Il ne prend même pas la peine de cacher son envie et jette un regard noir à Granger lorsqu'elle prend le bébé dans les bras.

« Pourquoi sont-ils tous venus ? » siffle-t-il à Potter, qui sert le punch dans la cuisine. « Pourquoi les as-tu tous invités ? »

« Suis-je censé la garder secret ? » demande Potter.

« Et bien… et pour moi ? » insiste Draco. « Tu les a tous mis au courant et si le Minis- »

« Ils ne vont rien raconter au Ministère, Malfoy, » dit Potter alors qu'il enchante une ligne de verres de punch pour qu'ils dansent dans les airs jusqu'au salon. « De plus, Hermione est le Gardien du Secret. Ils devront lui demander à elle, pas à Neville ou à Ginny ou à Luna. »

« J'aime pas tes amis, » marmonne Draco. Un an plus tôt, il aurait ajouté qu'il n'aimait pas Potter non plus. Mais Potter sait que la vérité est autre, même si Draco ne veut pas l'admettre.

Potter hausse les épaules. Cela énerve Draco et il boude dans la cuisine le reste de la soirée jusqu'à ce que les derniers, Weasley et Granger, soient partis et que Pyrrha soit couchée.

« Alors, » dit Potter d'une voix basse. Il se tient dans l'embrasure de la porte de cuisine, les bras croisés alors qu'il s'appuie contre le mur. Il se propulse pour se décoller du mur et s'avance vers Draco. « Tu as l'intention de te cacher dans la cuisine à chaque fois que des amis à moi viennent, Malfoy ? »

Draco ne dit rien. Il fusille Potter du regard et renifle dédaigneusement.

« Cela ne veut peut-être rien dire pour toi, » dit Potter, « mais j'ai passé toute la soirée à penser à toi, là-dedans, la porte fermée, et comment j'aurais pu te prendre juste ici, avec eux dans la pièce d'à côté, et tu m'aurais laissé faire. »

« Non, je- » commence à dire Draco, mais l'effleurement des doigts de Potter contre son oreille le stoppe, il frissonne et peut sentir son membre se gonfler car Potter lui murmure des mots à l'oreille, le souffle chaud et les suggestions encore plus chaudes.

« Je pourrais te prendre ici et maintenant, et te montrer que je veux que tu restes. Que je m'en fous complètement que tu aimes ou pas mes amis parce que moi j'aime que tu cries mon nom quand tu… quand tu jouis, » Potter soupire et Draco se mord la lèvre parce qu'il va bientôt gémir si Potter n'arrête pas de le tourmenter. « Draco… »

Il gémit et un 'Potter' essoufflé lui échappe. Il se sent mis à nu et idiot, mais juste un court instant car Potter l'embrasse, le poussant avec violence contre le plan de travail, et ses mains se battent avec le pantalon de Draco, tirant furieusement sur les boutons alors que leur baiser va et vient, baveux, mouillé avec un goût de gâteau au chocolat et de jus de fruits.

Potter le baise à même le sol, avec juste leurs pantalons baissés et leurs robes ouvertes, ses membres sont pris dans un enchevêtrement d'habits et Potter, il s'accroche à Potter lors de son orgasme, se répandant sur le ventre du brun, grognant et ondulant sous Potter tandis que ce dernier s'enfonce profondément, vite et fort et ce serait presque douloureux si ce n'était pas autant plaisant, s'il ne se sentait pas autant rempli, s'il ne sentait pas autant désiré.

2.

C'est déjà le printemps lorsqu'il réalise. Les jours s'allongent progressivement, deviennent plus ensoleillés et plus chauds, tout comme Draco, durant tout ce temps. Les giboulées de Mars sont remplacés par les fleurs de Mai, un épanouissement éclatant de rouges, de jaunes et de tulipes perroquets arrondies, sortant dans les jardins de chaque maison de la rue, sauf celle de Potter parce que ni lui ni Draco ne jardine, bien que Potter paye un moldu pour qu'il vienne de temps en temps tailler la haie.

Le Manoir Malfoy serait inondé de pâquerettes odorantes à cette saison, et de jonquilles canari, de lavande parfumée, de lilas, et d'aigrettes que sa mère utiliserait pour décorer la maison, jusqu'à ce que son père se plaigne qu'il y est allergique, mais parce qu'elles sont si jolies et que sa mère les adore, il la laisse les mettre dans des vases, tant qu'elles sont sous Petrificus. Les roses viendraient plus tard, mais pour l'instant, ce sont les hortensias bleus et les crocus qui poussent à ras le sol et que leurs pieds écrasent lorsqu'ils se baladent dans les jardins.

Draco n'aimait alors pas les fleurs, mais ses mains lui démangent de vouloir gratter la terre et de planter quelques gros bulbes avant que la saison ne se termine, lorsque ses mains se sont pas en train de se faufiler vers son ventre.

Au départ, il ne le remarque pas. Cela durait un jour ou deux, du lait tourné ou du pain moisi, et il vomissait, la tête au-dessus de la cuvette, du lavabo, ce qu'il y avait de plus près. Mais l'empoisonnement alimentaire ne passa pas, pas même lorsqu'il utilisa le sort anti-nausée, cela ne fit qu'empirer, jusqu'au point où il sortait précipitamment du lit de Potter, chaque matin, pour avoir les toilettes avant Potter parce que ses entrailles se retournaient tellement qu'il avait l'impression de ne jamais pouvoir guérir.

Puis se fut ses mains, cherchant constamment son ventre. La première fois, il détestait toucher son ventre. Il évitait de toucher la peau gonflée, de regarder les déformations que cela causait à son corps, les cicatrices se sont effacées, mais jamais assez. Même maintenant, plus d'un an et demi après. Il se surprend à le faire partout, n'importe quand, après que la nausée soit passée, habituellement en milieu d'après-midi. Il peut être en train de regarder jouer Pyrrha avec ses jouets, le petit balai que Potter lui a acheté, et ses doigts sont posés sur son ventre.

Et il doit toujours faire pipi.

Ce n'est pas une réalisation fulgurante, mais une longue série de petits changements. Lorsque Potter touche son corps, ses tétons, ils sont toujours ultra sensibles, il siffle lorsque Potter ne fait que les effleurer de son souffle et gémit « Non », prenant les mains de Potter et les guidant entre ses cuisses où il veut être touché, où c'est moins sensible. Il ne se réveille pas un matin et trouve que ses hanches sont plus larges – parce qu'elles ne le sont pas. Elles ne sont pas féminines, elles sont étroites et garçonnes comme celles de Potter, mais Potter n'a pas de faibles traces de vergetures comme lui.

Qui maintenant reviennent.

Son anniversaire est dans une semaine, il le dit à Potter un samedi, un matin ensoleillé passé à se prélasser au lit tandis que le bébé regarde les images sur la télé. Il ne veut plus attendre, il ne peut plus attendre. Ses doigts sentent son ventre grossir, presque imperceptible sous ses robes, ses chemises et ses pantalons, mais il peut le sentir maintenant, et Potter le sentira aussi bientôt.

« Potter, » dit-il. Draco a un discours préparé, prêt depuis des jours, pour autant qu'il souhaitait que les crampes et les coulées de sang reviennent, rien n'est venu. Je suis de nouveau enceint et c'est le tien, tu en veux vraiment un autre ? Le premier était prévu, mais celui-ci est un accident parce qu'apparemment tu préfères me baiser comme une fille, plutôt que par derrière, donc vraiment, c'est plus ta faute que la mienne.

Sauf, que ça ne se passe pas comme ça. Il ouvre sa bouche pour finir, mais de la bile monte dans sa gorge, brûlante et acide, lui soulevant le cœur, et il se précipite aux toilettes. Il vomit dans la cuvette et il peut sentir les doigts de Potter lui dégager les cheveux du front, même si son vomit a éclaboussé partout et que l'odeur ne fait qu'empirer les choses, il ne peut pas s'arrêter, jusqu'à ce que, finalement, il se mette en boule sur le carrelage froid de la salle de bains, les muscles de son estomac douloureux.

Potter le fixe, l'air triste, mais souriant, seulement avec sa bouche. « Je ne pensais pas que tu pouvais encore, » dit-il lentement, remontant ses lunettes sur son nez et expirant. « Je pensais – je veux dire, n'as-tu pas utilisé de potions de fertilité la première fois pour Pyrrha ? »

Draco gémit, et hoche légèrement la tête. « Ce n'était pas censé recommencer, » marmonne-t-il. « Je n'ai pas – comme les femmes, tous les mois. »

« Mais c'est arrivé une fois ou deux, » dit Potter.

« Juste des traces, » insiste Draco, s'asseyant lentement. « Pas grand-chose. » Il frissonne au souvenir bien trop réel. Une ou deux fois étaient largement suffisants ; se réveiller avec du sang entre les jambes, des crampes à l'estomac, et l'impression qu'il allait mourir. Mais cela ne durait pas autant que les saignements qu'il a eu après la naissance de Pyrrha. Il ne pensait pas que quelqu'un puisse saigner autant et survivre. Il était impressionné que son sexe fonctionne encore après ça, devant toujours utiliser…

Il frissonne encore.

Potter soupire de nouveau, mais son sourire s'est agrandi. Il s'assoit le dos contre la porte de douche à côté de Draco, et étire ses jambes. « J'imagine que je ne devrais pas te croire, » dit-il. « Parce que je n'ai jamais pensé à avoir des enfants. Pas avant Pyrrha, et depuis je n'ai pas pensé à en avoir plus. »

« Les Potter ne sont pas comme les Weasley, n'est-ce pas ? » demande Draco. Potter roule des yeux, mais Draco est sérieux. « Ils n'ont pas de maisons remplies de Sauveurs binoclards aux cheveux noirs, n'est-ce pas ? »

« Pyrrha a les cheveux blonds, » dit Potter. « Comme toi. »

Draco replonge la tête dans les toilettes.

3.

Cette fois c'est différent.

Cette fois il n'est pas tout seul. Il a l'impression d'être une baleine. Il a honte à chaque fois que Potter essaye de le toucher, de mettre une main sur son ventre, de toucher son bras ou sa jambe. Personne n'était là pour le voir dans cet état pour Pyrrha. Ca lui manque, parce qu'il n'avait pas de miroir, personne pour voir ses pieds gonflés, son dandinement, ses grimaces, son gros ventre. Il ne supporte pas de ne pas pouvoir voir ses pieds. Il ne supporte pas de toujours se sentir nul, alors il finit allongé dans le lit de Potter avec un pot de glace et une petite cuillère, et elle disparaît dans l'heure. Il ne sait pas comment il peut manger autant en une fois ou comment fait Potter pour supporter les traces de chocolat sur les draps.

Cette fois il n'a pas faim. Tout ce qu'il a à faire c'est de pleurnicher à Potter qu'il veut du chinois à emporter, du beurre de cacahuète, du pouding au tapioca avec des chips au maïs et de la mayonnaise, et Potter va en acheter. Draco aime ça, ne pas avoir à se demander s'il s'effondrera de faim chez lui, ne pas avoir à se demander comment il nourrira le bébé s'il ne peut pas se nourrir lui-même.

Et toute la nourriture que Potter lui achète lui donne encore plus envie de manger. Et le fait grossir. Et se plaindre encore plus.

Pyrrha tire sur son pantalon. « A bras, à bras, » et Draco ne peut que secouer la tête car il ne peut pas la prendre, premièrement, et deuxièmement, il ne peut pas se pencher pour la prendre. Il ne peut rien atteindre par delà son ventre. Elle lui lance un regard noir, le parfait petit regard mauvais typiquement Malfoy filtrant à travers les yeux de Potter, et intérieurement il en est content car il peut voir toute sa famille à travers elle et il en est fier.

Granger vient les mardi et vendredi après-midi, des fois toute seule, des fois avec la belette. « Les femmes – euh, personnes – enceintes ne doivent pas faire de magie trop éprouvante, » dit-elle, se déplaçant dans la maison de Potter comme si c'était la sienne. Elle joue avec Pyrrha, lui lisant des livres ou jouant à « Ainsi font les petites marionnettes » et d'autres étranges choses moldues, comme la boîte parlante que Potter semble toujours autant aimer. Granger fait la vaisselle et ramasse les sous-vêtements sales de Potter qui les laisse toujours traîner dans les couloirs. Draco s'assoit et fusille Granger du regard, surveillant chacun de ses mouvements parce qu'il n'a pas confiance en elle. Et aussi, parce qu'il ne veut pas toucher après son départ ce qu'elle aura touché.

Mère avait l'habitude de dire que les moldus étaient porteurs d'étranges maladies et les propageraient par leurs mains sales. Draco, étant enceint, sait que s'il tombe malade, le bébé pourrait en souffrir. C'est simplement une façon de penser très pragmatique, même si la fois où il a essayé de l'expliquer à Potter, le brun l'a accusé d'être un raciste et un connard.

Draco hausse les épaules et se retourne dans le lit. Il n'arrive pas à trouver une position confortable. D'habitude, il aime dormir sur le ventre, mais depuis Pyrrha, soit il est trop gros, soit sa poitrine le fait souffrir. « Tu continueras quand même à coucher avec moi, » marmonne-t-il.

La chaleur du contact de la main de Potter sur sa main le fait frissonner, encore plus maintenant. Lorsque Potter le touche de cette façon, il est encore plus conscient de chaque sentiment, de chaque sensation. Son corps tout entier est comme de l'eceltricité moldue – il vibre et bourdonne d'énergie.

« Laisses-moi te toucher ce soir, » murmure Potter dans son oreille après manger. Draco lève les yeux au ciel et sourit narquoisement, mais Potter reste assis, souriant alors qu'il donne à manger à Pyrrha.

« Pourquoi ? » demande Draco, après que Potter ait fermé les portes et éteint les lumières de la maison, à part sa lampe de chevet.

Les lèvres de Potter parcourent son cou. Draco a le souffle coupé. Ces baisers brûlants le font frissonner, chaque pore de son corps respire Potter. Potter rit contre sa peau, ses dents pressant gentiment. « Simplement parce que j'en ai envie, » murmure-t-il.

Potter connaît son corps et il sait où le toucher pour le faire gémir. Il sait que Draco aime qu'on lui touche les tétons, parce qu'ils sont encore plus sensibles que d'habitude. Il se mord une lèvre alors que la langue de Potter les lapent, et il agrippe les draps de ses mains, ses pieds se contractant et enserrant les jambes de Potter.

Ce n'est pas du sexe, pas toujours. Des fois Potter le déshabille, le touche, le fait jouir, puis vient s'allonger à ses côtés, sa main posée sur le ventre de Draco. Ce dernier n'apprécie pas que Potter le touche là. Il peut sentir les cicatrices de sa grossesse de Pyrrha, il peut sentir sa peau se distendre à nouveau. Il voit les horribles marques dans le miroir, pas naturelles et extrêmement visibles, et il les déteste. Mais il déteste se sentir comme s'il devait quelque chose à Potter pour lui faire ressentir ça.

Draco est allongé sur le lit. Potter s'est faufilé à côté de lui, ses doigts traçant paresseusement des huit sur son ventre sous les draps. Il n'arrive pas à dormir. Le bébé donne encore des coups de pieds – cela semble ne jamais finir. Pyrrha avait la décence de le laisser dormir la nuit, mais ce bébé est affreux. Il lui tape la vessie, ses intestins reçoivent des coups. Il se sent nauséeux la moitié du temps et il a l'impression qu'il va mouiller son pantalon l'autre moitié.

« Prétends-tu que je suis une femme comme ça ? » demande Draco.

La main de Potter arrête ses mouvements un moment, puis les cercles reprennent, mais plus appuyés. « Que veux-tu dire ? »

« Je veux dire, est-ce que tu imagines baiser quelque d'autre quand tu me baises, ou que tu dors avec moi ? Comme la fille Weasley ou la fille blonde aux yeux d'insectes ? »

« Luna ? »

« Peu importe son nom. Alors ? »

La main de Potter stoppe complètement et il s'assoit, fronçant les sourcils. « De quoi tu parles ? » demande-t-il lentement. « Je ne – je sais que tu es un mec, Malfoy. C'est toi qui a pris une potion pour avoir un v- »

« Tais-toi ! » le coupe sèchement Draco. « Je ne savais pas que cela ne – je pensais que – tais-toi ! Réponds juste à ma putain de question, Potter, est-ce que tu imagines que je suis une fille ? »

« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? » Potter sort du lit et met ses lunettes. « D'où est-ce que ça sort ? Je sais que tu as une bite ! Je ne suis pas aveugle, Malfoy ! »

Se faire appeler Malfoy fait mal. Draco grimace. « Je ne suis pas une fille, » dit-il finalement.

Potter le fixe, la mâchoire crispée, pendant un long moment avant de secouer la tête et de quitter la pièce.

Juste avant l'aube, Draco peut entendre Potter bouger dans la chambre d'ami.

4.

Il est en colère contre Potter. Il est en colère contre Potter parce que Potter est en colère contre lui et il se sent d'humeur méchante, donc il ne dit pas à Potter qu'il se sent vraiment mal, il ne dit pas à Potter qu'il a vu du sang sur les draps ce matin, et il ne contacte pas Potter par cheminette au travail pour lui dire que ce matin il était assis dans la cuisine, mangeant un morceau de pizza à emporter froide et du beurre de cacahuète et qu'il a senti ce fluide dégoûtant et perturbant couler le long de ses jambes.

De plus, Potter est au Ministère, et si quelqu'un voyait Draco dans les flammes de la cheminée, eh bien – Draco préfère ne pas penser à ça maintenant car il a des contractions.

« A bras, » dit Pyrrha, se hissant sur le lit à côté de Draco. Elle pose ses petites mains sur son ventre et sourit, posant des questions sur le bébé avec ses mots d'enfant.

« Ne – me dérange pas… maintenant, » lui dit-il, haletant. « Va jouer avec tes jouets, bébé, » dit-il. Il veut être plus gentil, mais il veut lui crier dessus et lui dire de sortir parce qu'il va bientôt avoir une nouvelle contraction, et il préfèrerait rester allongé là et crier en paix sans qu'une fillette de presque deux ans lui pose des questions idiotes. Ca, et parce qu'elle sait comment utiliser la poudre de cheminette parce la belette et Potter lui ont montré il y a quelques semaines.

Je les emmerde, pense-t-il. Je les emmerde je les emmerde je les emmerde.

« S'il te plaît, va jouer, » l'implore-t-il. « Va allumer la boîte parlante, d'accord ? »

Lorsqu'elle finit par partir, Draco a juste le temps de soupirer avant qu'une contraction ne l'atteigne. Pyrrha ne doit pas l'entendre crier, puisqu'elle ne fait rien.

Il ne veut pas faire ça tout seul de nouveau, mais il est trop têtu et trop fier. Il jette un regard à l'horloge, mais plus il le fait, plus il s'inquiète de savoir quand viendra la prochaine contraction, et cela ne rend que pire la douleur. Il essaye d'enlever sa robe – il a trop chaud, il transpire – mais ses doigts tremblent et de frustration il n'arrive qu'à arracher un bouton.

Sa baguette est posée sur la table de chevet, tentatrice. Cela ne serait pas compliqué de jeter un sort pour soulager la douleur. Il l'avait lancé une fois la dernière fois, et Pyrrha n'en avait pas été affectée, même si elle n'a pas encore fait de magie.

« Potter, où es-tu ? » gémit-il, fermant les yeux.

Il se lève après la suivante douleur fulgurante, essayant de marcher dans la chambre, de passer le temps, de soulager la douleur, n'importe quoi. Il attrape sa baguette et la tient dans son poing, mais à ce moment une nouvelle contraction arrive et avant qu'il n'ait pu lancer le sort, il serre ce fichu bâton si fort qu'il le casse en deux.

« Non, » gémit-il, tombant à genoux, essayant de recoller les morceaux. « Bon Dieu, non… » Draco s'allonge sur le sol, souhaitant se rouler en boule et mourir. Il pensait que cela était censé être plus facile la deuxième fois, mais à la place il a l'impression d'avoir un dragon à l'intérieur de lui, essayant de forcer le passage à travers son ventre à coups de griffes et de crocs. « Potter, où es-tu bon sang ? »

Il reste allongé là, pleurnichant et s'accrochant au tapis. A la contraction suivante, il fit exploser l'ampoule de la lampe, et celle d'après, se fissurer la fenêtre. Sa magie est erratique, volant dans la pièce avec des flashs violets, bleus et rouges. S'il n'avait pas eu autant mal, il serait déjà aveuglé par cette magie naturelle.

Quelque chose le secoue. Il ouvre les yeux et voit des flashs vert brillant, énormes et éclatants derrière deux verres. Il met un moment à réaliser que Potter est là. La bouche de Potter bouge, il dit quelque chose, mais Draco n'entend pas ce que c'est et il s'en fiche.

« Fais quelque chose, » gémit-il, s'accrochant aux bras de Potter alors que ce dernier le soulève du sol.

« Dis-moi ce que je dois faire, » dit Potter. « Dis-moi ce que je dois faire, Malfoy. »

« Fais quelque chose, » répète-t-il. Il secoue la tête. « Ca vient, » murmure-t-il, s'appuyant contre le matelas.

« Je ne sais pas quoi faire. Dis-moi ce que je dois faire, » dit Potter. « Dis-moi ce que je dois faire, Draco. »

Draco n'en sait rien. Il s'en fiche. Il émet un bruit, étrange à ses propres oreilles, comme le gémissement d'un animal. S'il n'y avait pas le bourdonnement de sa gorge, il ne croirait pas que c'était lui qui avait fait le bruit.

Potter retire sa robe. Potter tient sa main et ne grimace pas trop lorsqu'il la serre et crie lors d'une nouvelle contraction. Potter a dû contacter Granger par cheminette, parce que entre deux contractions, il peut l'entendre parler en bas avec Pyrrha. Il serre les dents, fusille Potter du regard et dit, « Qu'est-ce qu'elle fait là ? » mais Potter ne fait que secouer la tête et lui dit « Pousse, Draco. »

Draco veut frapper Potter. Potter ne sait pas quoi faire, Potter n'a jamais fait ça auparavant, mais alors que la dernière poussée arrive et que Draco ressent ce soulagement engourdi, étonné par ce vide plus bas, c'est lui qui pleure, pas Potter.

Plus tard, peut-être le lendemain matin, parce que de la lumière passe à travers les rideaux de la chambre tandis que Draco reste allongé là, épuisé et son corps douloureux, Potter lui demande, « Pourquoi tu ne m'as rien dit ? »

Draco ferme les yeux. Il n'a pas le courage de répondre. Son corps lui donne l'impression d'être enfoncé dans un trou et de tomber sans fin, mais son esprit est ailleurs, flottant, flottant.

« Tu pensais que je serais en colère ? Dis-moi ces choses-là, Malfoy- Draco, » dit-il. « Je t' – je veux que tu sois en bonne santé et le bébé aussi. »

Il prend la main de Draco et la tient, la touchant à peine mais suffisamment pour que Draco entrouvre un œil et dise « D'accord. »